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Cosmic Dancer

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Tsahal et les trafics d'organes : de l'intox à l'info - (avec Zélote) | 21 novembre 2009

La mort du jeune Bilal Ghanem en mai 1992 a été à l'origine d'un nouveau « hoax » sur Israël. Relatée par Carl Donald Boström dans le journal suédois Aftonbladet le 17 août 2009, elle est rapidement et mondialement devenue l'emblème d'un prétendu trafic d'organes commis par Tsahal sur de jeunes Palestiniens. Circulant sur internet à la vitesse de la lumière, cette légende urbaine n'a été véritablement remise en cause que par... Boström lui-même.
 Ne serait-il pas temps d'en parler ?

Nul n'a oublié l'article du journaliste suédois Carl Donald Boström paru le 17 août dernier dans Aftonbladet. Nul ne l'a oublié, non parce que l'auteur et le titre du journal seraient universellement connus pour leur rigueur et leur intérêt, mais parce que M. Boström, avec son article « On pille les organes de nos fils », a été à l'origine d'une légende urbaine de plus démonisant l'Etat d'Israël.
 Cet article, aux sources non recoupées, avec pour unique « preuve » une photographie morbide, a circulé sur Internet comme une vérité révélée. Mais ce que personne ne s'est empressé de révéler depuis, c'est que le reporter est revenu sur ses déclarations.

Journalisme ou militantisme ?
Tout professionnel de l'information se renseigne sur ses sources pour évaluer leur taux de fiabilité et comprendre leurs orientations éventuelles. Cet acte déontologique a singulièrement été mis de côté par la multitude de sites « d'information » qui ont repris l'article en boucle et les forums qui se sont répandus en accusations dignes des diatribes anti-juives du Moyen Âge.
A l'été déjà, pourtant, les détracteurs de Bolström tels que Barry Rubin, par exemple, avaient d'ailleurs qualifié ce dernier
« d’activiste anti-israélien travaillant pour un tabloïd radical » et déploré qu’on s’attache à le dénigrer plutôt qu'à étudier la validité des témoignages rapportés.
Un panorama rapide de la production du journaliste suédois indiquait déjà de quel point de vue se plaçait... son objectivité :
·
 Tårgas & Oliver, ABF, 1992 (Gaz lacrymogènes et olives).
· 
Faces of Jerusalem, Libris, 1993 (traduit en anglais) (Visages de Jérusalem).
· 
Inshallah, Ordfront, 2001 (traduit en arabe) (Inchallah).
· 
Muren, Leopard förlag, 2005 (Le Mur).
· 
Salam, Arena förlag, 2007.

Des origines romanesques d'une information...
Le texte relatant l’histoire des prélèvements d'organes sur Bilal Ghanem est extrait du livre Inshallah publié en 2001. A cette époque, l’accusation de crimes crapuleux de l’armée israélienne pour alimenter un tel trafic était passée inaperçue. C'est seulement huit ans plus tard, et grâce à une actualité américaine « providentielle », cette « information » romanesque devient un buzz mondial.
Arguant qu'il n'y a pas de fumée sans feu, Boström a habilement intriqué son expérience littéraire de 2001 avec l'opération
Big Rig conduite par le FBI, à l'issue de laquelle, en juillet 2009, 44 personnes ont été arrêtées pour corruption, blanchiment d’argent et trafic d’organes.
Dans le sillage de ces arrestations, Boström entame une enquête, rencontre « 
un grand nombre de familles en Cisjordanie et à Gaza  » et raconte « comment les organes de leurs fils ont été prélevés avant qu'ils ne soient tués.  » Ces témoignages, selon lui, illustrent le cas du jeune Bilal, mort dix-sept ans plus tôt. Estimant qu'aux rumeurs la preuve est apportée, il se lance...

L'article accusateur décrit donc une scène digne des romans de guerre américains : Bilal, le jeune « lanceur de pierres, caché dans les montagnes de Naplouse parce qu’il menait la vie dure aux soldats israéliens », la cigarette que l’on éteint, la canette de Coca que l’on pose et les tirs des snipers, une balle en pleine poitrine et une dans chaque jambe avant d'achever le jeune homme d’une balle dans le ventre pour enfin l'évacuer, « grièvement blessé », dans une Jeep.
Les détails ajoutent à la tonalité dramatique du récit une puissance d'évocation digne des expressionnistes. De quoi enflammer l'imagination, et provoquer la levée de boucliers indignés que l'on sait.

La preuve est à l'accusation
Peu importe, pour le journaliste, que les trois actes d’accusation américains, bien que faisant partie de la même opération, ne soient pas liés entre eux. La corruption concerne des hommes politiques du New Jersey ; le blanchiment d’argent concerne des Juifs de Brooklyn qui sous couvert de dons à des associations caritatives israéliennes organisaient des évasions fiscales ; et le trafic d’organes concerne un seul homme : Itzhak Rosenbaum.
 Le business immoral du rabbin Rosenbaum consistait à convaincre des Israéliens nécessiteux de faire don d’un de leurs reins contre la somme de 10 000 dollars. Pour ce faire, il faisait voyager avec lui les donneurs, leur faisait passer toute une série de tests de compatibilité et organisait dans des cliniques privées le prélèvement et la transplantation simultanément. 
Aussi abjects que soient ces actes, il convient de noter que les donneurs étaient Israéliens et non Palestiniens, qu’ils étaient consentants, qu’ils n’ont pas été tués et que le seul organe prélevé était un de leurs reins.
Si le diable loge dans le détail, ces faits cruciaux n'intéressent pas le moins du monde le romancier suédois. Rien de tel, en effet, pour un scoop sulfureux que d'associer les mots « rabbins, Juifs, Israël, argent » et « trafic d'organes sur des Palestiniens ».
Pas plus, d'ailleurs, que ne l'intéresse de recouper les « informations » qui lui auraient été fournies dix-sept ans plus tôt par « 
du personnel de l'ONU » (à 90 % palestinien en Cisjordanie) et selon lesquelles « des vols d’organes avaient certainement lieu, mais qu’ils étaient empêchés d’agir contre cela ». Pas un nom, pas une situation, pas un récit circonstancié : du vrai journalisme d’investigation !
Pourtant, en pleine tourmente, le journaliste israélien Khaled Abou Toameh avait rencontré les parents de Bilal. Ces derniers avaient certifié n'avoir jamais dit ce que le journaliste rapportait dans son article. Pire : ils n’avaient jamais parlé à Boström !

Mais cela n’avait pas suffit à établir le moindre doute : la rumeur avait pris corps, l’accusation s’était répandue dans le monde entier comme une preuve supplémentaire de l'immoralité des Israéliens, ternissant une fois encore l’image d’Israël. La Ligue arabe, l’Organisation de la conférence islamique et l’Autorité Palestinienne déclarèrent en chœur qu’il fallait condamner sans réserve les crimes commis par les « sionistes » sur les corps de ces jeunes Palestiniens.

Un hoax peut-il avoir une fin ?
Invité à une conférence sur le journalisme à Dimona, le journaliste suédois s’est dit surpris mais ravi de pouvoir défendre son travail devant un public pas toujours attentif à ses explications peu convaincantes.
A la suite de cette conférence, Boström a été interviewé à la télévision israélienne par le journaliste Yair Lapid.
Lors de cette interview, il a clairement dit qu’il ne croyait pas que les soldats israéliens se livraient à un trafic d’organes sur les Palestiniens. Il a de plus déploré l’exploitation antisémite de son article, arguant que la traduction anglaise n’était pas fidèle à ce qu’il avait écrit…
Enfin, il a affirmé qu’aujourd’hui il écrirait son article différemment, signifiant par là qu’il était allé trop loin dans ses affirmations.
De retour en Suède, Donald Boström a donné une autre interview à un journal télévisé israélien dans laquelle il a expliqué qu’il ne se rendrait pas à une conférence sur le journalisme prévue à Beyrouth
parce que « j’ai compris que, cette fois-ci, il ne s’agit pas d’un événement journalistique professionnel, mais également d’un événement politisé. Je n’avais pas envie d’être associé aux déclarations de ces groupes politiques ».
Il convient de reconnaître à Donald Boström un grand courage, car non content de revenir sur les déclarations de son article, il refuse les honneurs qui l’attendent dans des conférences destinées à exploiter la moindre « information », si peu glorieuse soi-elle, concernant Israël à des fins politiques plus ou moins avouables. Il reste à espérer que cet exemple sera suivi par d’autres, tel Charles Enderlin pour l'affaire Al-Dhoura dont on aimerait enfin qu'elle soit tirée au clair.

Publié par Cosmic Dancer à 16:08:57 dans Il n'y a pas que la littérature dans la vie | Commentaires (1) |

CSA et Diversité - Mon emploi | 20 octobre 2009

Madame, Monsieur, bonjour

Un article du Figaro vient de m'alerter, signifiant que le CSA, par la voix de son président, juge "honteux pour la France" la représentation insuffisante de la Diversité.

Je me permets donc de postuler relativement à mes diversitudes ignoblement sous-représentées.

Etant une personne de petite taille, je souffre de discrimation à chaque défilé de mode. Il est temps, j'en suis persuadée, de remonter les bretelles aux stylistes qui, par ailleurs, devraient faire la part belle aux représentants de l'Obésité, lesquels seraient, selon les chiffres, de plus en plus nombreux au sein de la population française.

Originaire du Sud-Ouest de la France, je dispose d'un accent fort peu représenté, que ce soit dans les séries policières ou les informations nationales. Il est assez humiliant de ne devoir la reconnaissance de ma spécificité régionale qu'à la cuisine de Maïté (qui n'est pas de petite taille).

Ma religion est discriminée. En effet, je suis cathare et les massacres qui frappèrent mes ancêtres devraient, sinon être commémorés, du moins respectés par une embauche exemplaire qui serait des plus rassurantes pour notre communauté.

Le rapport souligne que la parité n'est pas établie entre hommes et femmes non plus. Je tiens à vous signaler que ma sensibilité hermaphrodite (et bisexuelle) s'en trouve terriblement blessée.

De surcroît, je suis un peu blanche, un peu marron, un peu jaune et un peu noire, mes ancêtres ayant probablement fauté. Mon taux de mélanine ne correspond à aucune représentation actuelle dans le PAF.

Forte de ces particularismes, je n'ai pas terminé mes études mais je ne doute pas que mon patronyme soit accueilli comme il se doit par vos services. Je me nomme en effet France, de prénom et de nom. France France.

Il me semble que cela suffit.

Espérant, Madame, Monsieur, que ma candidature aura retenu votre égalitariste attention, je vous prie d'agréer la présente.

Publié par Cosmic Dancer à 21:59:50 dans Inaimables humeurs | Commentaires (3) |

Nicolas Sarkozy institutionnalise le népotisme | 19 octobre 2009

Non. Légalité n'est pas légitimité, ainsi que le rappelle Gil Milhaely dans son excellent article sur le sujet sur Causeur.

Plus encore, ce victimisme indigne du "dauphin" ironisant tristement sur les "requins" qui le dénigrent. Certes, Jean Le Fils fut indûment montré du doigt, en tant que Fils du Père par la majorité votante élue. Certes, il eut à subir le lot d'opprobre et d'injustices dont les hommes politiques font leur pain quotidien, et lui peut-être plus qu'un autre eu égard à son patronyme.

Il n'en demeure pas moins que légalité n'est pas légitimité. Même si les quatre représentants de l'Etat s'abstiennent au nom du "Peuple". Quelle ironie, ce "peuple" dont le mandat vaut patte blanche. C'est d''ailleurs probablement ce qui, dans ce scandale républicain somme toute transparent - parce que les dynasties ont succédé au mérite vanté par not'président deux ans et demie plus tôt - est le plus désopilant. Arguer de la légitimité des élus, tandis que des milliers de Jeunes de l'âge de l'Elu, plus diplômés à défaut d'être plus aguerrris sur la scène politique, voire plus photogéniques, suent d'angoisse pour leur vie courte et celle que n'auront sans doute pas les enfants qu'ils ne mettront pas au monde.

Comment peut-on oser en appeler au principe démocratique en de telles circonstances, alors que sont minés les fondements de la République, au vu et au su des votants. Ne nous voilons pas la face, le népotisme n'a rien de nouveau, les enfants d'ouvriers vous le diront, qu'ils s'appellent Duchmoll ou Ben Younès. La nouveauté, c'est la transparence éclatante. C'est l'affirmation décomplexée. Nicolas Sarkozy n'invente pas le népotisme, il le légalise, le légitimise.

Au nom du suffrage universel, il l'institutionnalise.

Et ce refrain victimaire Père et Fils, "à travers lui c'est moi qu'on vise", qu'est-il donc advenu du Saint-Esprit ?

Les arguments sont tout aussi moroses que la gueule triste de Marianne. Jean, élu au Conseil régional, n'a pas le temps d'obtenir son diplôme de droit. Ma copine femme de ménage, si elle était élue, n'aurait pas le temps non plus.

J'abhorre le populisme. Et je l'abhorre qu'il surgisse de bas-fonds ouvriéristes ou des Hauts-de-Seine.

Le cinquième homme, selon Le Monde, serait favorable à la candidature de Jean. Saint Jean, priez pour nous du haut de votre patronyme. Décidément, Sarkozy est juste sarkozyste. Ma France, ma République, mon moral et mes espoirs ont pris l'eau.

Publié par Cosmic Dancer à 22:35:42 dans Il n'y a pas que la littérature dans la vie | Commentaires (0) |

Ils sont votre épouvante et vous êtes leur crainte | 18 octobre 2009

Ali Abdane ne s'était pas remis de la séance d'humiliation que lui avait infligée son fils à la suite de la découverte des revues pornographiques. Il passait son temps à bafouiller des excuses, et, s'il n'osait avaler ouvertement le moindre verre d'alcool devant Lakdar, il se rattrapait par ailleurs. Lakdar n'avait pas encore découvert la planque où il dissimulait ses réserves, mais ça n'allait pas tarder. La cave, sans doute. Tous les soirs, Ali descendait soi-disant faire un tour en bas de l'immeuble, ce qui n'était pas dans ses habitudes antérieures. Il rentrait une heure plus tard, d'une démarche légèrement titubante. A quoi bon s'acharner ?
Dès que le téléphone sonnait, même si c'était rare, Ali se mettait à trembler, le front imprégné de sueur, dans la crainte que Lakdar ne raconte tout à la cousine Zora. La cousine, elle avait la langue bien pendue. Et bien fourchue. D'ici à ce que ça se sache, au bled, qu'Ali se tripotait en regardant des photos de putains alors que sa femme Cherifa croupissait recluse dans une petite chambre, la tête agitée de cauchemars incessants, et ce serait la catastrophe.

Thierry Jonquet - Ils sont votre épouvante, et vous êtes leur crainte, Le Seuil, octobre 2006.

Publié par Cosmic Dancer à 11:29:49 dans Ce goût des autres | Commentaires (0) |

Mon avocat ne se prive pas | 16 octobre 2009

Les arcanes de la justice étant ce qu'elles sont, c'est dix minutes avant l'audience que mon avocat nous avait conviés - Maître Mimi, son jeune associé et moi-même, pénible plaignante - à une surprise party dans les salons d'un hôtel chic. Conciliant, il se proposait de m'offrir un café.

Mais à chaque geste son revers. Me tendant une lettre dactylographiée, pâle comme une icône de cador des prétoires et visiblement amaigri (je m'en inquiète en silence, on ne retient pas la bonté), il s'explique :
- Chère Madame, certes, vous m'avez déjà versé la somme de deux mille euros correspondant à notre accord initial, lequel prévoyait en outre que me reviendraient vingt pour cents des gains.
- Tout à fait, Maître. J'imagine que cette petite lettre fraîchement imprimée et que vos doigts malingres me présentent n'est pas là pour me le rappeler.
- Vous êtes très perspicace.
- Je suis assez rôdée.
- Nous avons énormément travaillé sur votre dossier.
- Certes. J'y ai passé quelques heures innombrables ces dernières années.
- Vous n'allez tout de même pas me demander des honoraires !
- Si je pouvais, la question se poserait.
- Cessez de plaisanter. Vous nous avez fait réécrire les conclusions.
- En effet, elles correspondaient à un copier-coller. Qui plus est sans tenir compte de ma demande initiale. Je les ai donc conçues, argumentées et dictées.
- Oui, enfin, il ne faut pas rêver ! Donc je monte à 30 pour cents hors taxe des gains, et un forfait de deux mille encore.
- Donc je constate que, étant donné ce que vous facturez, si j'ajoute la tévéha correspondante, nous partageons les gains à 50-50.
- Plaignez-vous ! Dans certaines contrées, j'en aurais récolté 75 pour cents !
- Ai-je d'autre choix que de signer ?
- A vous de voir, c'est l'heure de l'audience.
- Bien. Et ce petit alinéa concernant l'article 700 qui est censé revenir au cabinet d'avocat ?
- C'est souvent le cas.
- Si je peux me permettre, Maître, je suis la seule à m'être déplacée.
- Je concède. Je raye.
- Jolie règle. Quelle valeur juridique, ce petit trait ?
- Vous êtes vraiment procédurière, je vais parapher.
- Je vous en sais gré. Et pour le recouvrement des sommes ? Combien devrai-je encore payer ?
- Nous ne sommes pas des huissiers, ma chère. Je n'augmenterai pas mes honoraires. Mais il faudra sûrement payer.


Je sens que j'ai envie d'un petit retour de bâtonnier.

Publié par Cosmic Dancer à 21:13:14 dans Inaimables humeurs | Commentaires (2) |

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