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DISTORSIONS

sensorielles et dimentionnelles

ABANDON | 19 juillet 2008

Je m'abandonne, je ferme les yeux et me laisse guider par cet élan de légèreté.

Il m'a capturée, captivée, accaparée, appropriée, apprivoisée.
Liberté absolue n'est pas gage de sérénité.  Liberté en errance conduit à la perte de vue de soi, de vue des autres.

Je lâche prise, je laisse le courant de mon élan m'emporter et m'égarer. Egarement sans perte de ma réalité. Egarement ou plutôt détournement des convictions.

Avouer. Avouer enfin. A soi, à autrui. Céder. Accepter, avancer, profiter, dépenser, qu'importe la perte, la dépense est plaisir.

Quitter la rive protectrice mais isolante. Quitter le désert et découvrir les obstacles. Suivre et avancer sans redouter. Redouter ne permet pas de protéger. Alors, je m'élance. Je cours, je vis. Je sors su sentier, je découvre ces nouveaux paysages, ces nouvelles couleurs, ces nouveaux parfums, ces nouveaux gouts.

Tous sens en éveil, emportée par le vent. Douce brise apaisante.

Souffle brise, souffle. Tu précèdes la tempête je le sais.  Je le sais. Je la laisserai passer, et je t'attendrai de nouveau.

En attendant, je m'étends, et je sens. Je prends. J'aime.  

Publié par fleurette à 21:51:53 dans Distorsion sensorielle | Commentaires (0) |

PENTE | 09 juillet 2008

Tout est cyclique.
C'est problématique.
La sérénité laisse place à la morosité.
La faim fait place au dégout.
Les rêves cèdent aux cauchemars.
La peur gagne l'amour.
Renverser la vapeur, avant qu'elle n'efface encore le paysage.

Publié par fleurette à 19:21:28 dans Distorsion sensorielle | Commentaires (0) |

RESURRECTION | 03 juillet 2008

J'ai longtemps patienté devant la porte, j'ai même franchi le seuil.
J'ai pénétré le couloir.
Et j'en ai été éjectée.

Me voilà de nouveau sur la scène.
Me voilà actrice, me voilà maîtresse de la tragédie.

Tragédie-comédie.
Sursis surtout.
Agréable sursis.

J'ai ouvert une porte. Et puis perdue, j'ai ouvert les autres.
Ces horizons encore inexplorés. D'autres espaces inconnus tant redoutés.

La découverte est délicieuse.
On se laisse aller au gré du vent.
On va là où la lumière éclaire la terre.
On sort du tunnel.

Sauvée ? Non. Apaisée ? Probablement.
Je n'ai peut être pas renoncé.
Mon dessein est le même.
Toujours.
S'il me semble inévitable, il reste néanmoins des choses immanquables.
De celles qui vous font stopper votre chemin pour les observer longuement.
De celles qui vous attirent inexorablement.
Je ne résisterai pas aux délices.
Je cèderai à la douceur.
Je laisserai ces parfums, ces images, ces caresses m'emporter.
Je laisserai l'écume me fouetter. Je laisserai la vague se retirer pour laisser le sable comme s'il n'avait jamais connu ma trace.

J'aime le goût des fruits. Ils possèdent une douceur acidulée qui excite et apaise l'âme à la fois. A l'instar de l'amour.
Fermez les yeux et sentez l'estomac se retourner pendant que l'esprit lâche toute prise.

Si mon dessein doit se réaliser, il le fera une fois que je serai apaisée.
Rassurée d'avoir goûté tous les fruits.

Publié par fleurette à 18:22:52 dans Distorsion sensorielle | Commentaires (0) |

DEPART | 06 mai 2008

On a dit au revoir à tout le monde.
On quitte les gens, on ne se retourne pas pour ne pas montrer les larmes.
Bref passage ici.
Il est temps de tourner la page. La dernière. Et d'entamer autre chose.


Publié par fleurette à 23:09:01 dans Distorsion sensorielle | Commentaires (2) |

IMPOSSIBLE | 04 mai 2008

Je sais que ces mots pourraient m'être adressés... Pensées tendres pour R...

 

DEUXIEME LETTRE DE MÉNAGE

J'ai besoin, à côté de moi, d'une femme simple et équilibrée, et dont l'âme inquiète et trouble ne fournirait pas sans cesse un aliment à mon désespoir. Ces derniers temps, je ne te voyais plus sans un sentiment de peur et de malaise. Je sais très bien que c'est ton amour qui te fabrique tes inquiétudes sur mon compte, mais c'est ton âme malade et anormale comme la mienne qui exaspère ces inquiétudes et te ruine le sang. Je ne veux plus vivre auprès de toi dans la crainte. J'ajouterai à cela que j'ai besoin d'une femme qui soit uniquement à moi et que je puisse trouver chez moi à toute heure. Je suis désespéré de solitude. Je ne peux plus rentrer le soir, dans une chambre, seul, et sans aucune des facilités de la vie à portée de ma main. Il me faut un intérieur, et il me le faut tout de suite, et une femme qui s'occupe sans cesse de moi qui suis incapable de m'occuper de rien, qui s'occupe de moi pour les plus petites choses. Une artiste comme toi a sa vie, et ne peut pas faire cela. Tout ce que je te dis est d'un égoïsme féroce, mais c'est ainsi. Il ne m'est même pas nécessaire que cette femme soit très jolie, je ne veux pas non plus qu'elle soit d'une intelligence excessive, ni surtout qu'elle réfléchisse trop. Il me suffit qu'elle soit attachée à moi. Je pense que tu sauras apprécier la grande franchise avec laquelle je te parle et que tu me donneras la preuve d'intelligence suivante : c'est de bien pénétrer que tout ce que je te dis n'a rien à voir avec la puissante tendresse, l'indéracinable sentiment d'amour que j'ai et que j'aurai inaliénablement pour toi, mais ce sentiment n'a rien à voir lui-même avec le courant ordinaire de la vie. Et elle est à vivre, la vie. Il y a trop de choses qui m'unissent à toi pour que je te demande de rompre, je te demande seulement de changer nos rapports, de nous faire chacun une vie différente, mais qui ne nous désunira pas.

Extrait de"L'ombilic des Limbes, Le pèse nerfs"

Publié par fleurette à 12:26:21 dans Distorsion sensorielle | Commentaires (2) |

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