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Vieux et illimités | 02 novembre 2009

Ça fait un bail que je voulais me le gratter celui-là. Non pas le sexe, ducon mais cet article qui suit… Sauf que le sujet est sensible, qu'il prête à confusion voire collusion des idéologies les plus nauséabondes, qu'il peut inciter à la discrimination. Surtout si Louis Nicollin ou tout autre abruti des carrés verts s’en empare. Enfin, on verra.

Au cours de mes animations, j'ai entendu plusieurs témoignages de jeunes homosexuels qui se laissaient embarquer dans des histoires d'amour, qui s'avéraient n'être que des histoires de cul pour leurs partenaires plus âgés, et qui passaient invariablement par la case soirée "sexo-psycho-active". Là, on leur proposait des rapports non protégés et advienne que pourra… Proposer est un bien grand mot car un ado en questionnement sur son orientation sexuelle, dans l'impossibilité de partager son ressenti en famille ou au lycée, donc fragilisé, va forcément accepter pour se sentir exister, introniser voire adopter par sa nouvelle famille, en l'occurrence, la communauté gay. Son consentement à une relation sexuelle est donc forcé, puisque plus subi à cause de son équilibre personnel précaire que véritablement choisi.

En France, depuis 2007, le nombre de nouvelles contaminations par le virus du sida augmente à nouveau et tout particulièrement chez les jeunes gays. Cette constatation, en général, on se la garde pour éviter le boomerang de la discrimination : "Encore les pédés qui baisent sans capotes. Le sida, c'est leur faute!". On craint le méchant raccourci du début de l'épidémie, 30 ans auparavant.

Vous allez me dire que les gamins sont avertis, depuis le temps qu'on leur en injecte de la prévention, à la limite de l'overdose. Certes. Mais en matière de sexualité, un homme averti n'en vaut pas plus qu'un autre, surtout quand la raison est légèrement anesthésié par une dose de GHB ou d'ecsta, quand le surmoi est retourné par le discours paternaliste d'un vieux vicelard prêt à tout pour se bouffer un cul tout neuf.

Ce qui me fait vomir dans tout ça, c'est que les plus âgés oublient l'essence même de leur rôle, le partage de l'expérience avec les plus jeunes, le passage de témoin d'une génération à l'autre, l'apprentissage et la volonté de défendre le plus faible, le plus fragile. Et pourtant, on en a vu mourir des mecs depuis 1981, et pas dans les meilleures conditions et états physiques. C’est la mort du collectif (incinéré depuis longtemps au Père Lachaise celui-là) et la célébration du chacun-pour-sa-bite.

Déjà, l'envie de chair fraîche me pose un problème. Cette course au jeunisme, qui pousserait les vieilles carnes à s'abreuver du sperme régénérant de jeunes éphèbes, comme un vampire  s'adonnant à l'ivresse du sang, est pathétique. Profiter de la naïveté des plus jeunes pour assouvir ses envies, est vil et ce n'est pas la peine d'aller chercher derrière mes affirmations, des relents de judéo-crétinisme. Je pense juste humanité. Hétéros ou homos, laissons le temps aux plus jeunes de grandir, s'épanouir, découvrir… N'est-ce pas, Mr Polanski ?

Que les militants d'Act-Up et consorts se rassurent, je suis contre la pénalisation des séropos mais entendre l'histoire d'un ado contaminé par un quadra, au fait de son statut sérologique et qui fait fi de sa responsabilité, ça m'empêche un peu de dormir.

La responsabilité partagée, ça concerne surtout des adultes qui ont mûri au fil des expériences de la vie.

Malheureusement, pendant que la pendule dit oui dit non, les vieux ne parlent plus ou alors seulement parfois du bout de leur queue…

 

Publié par didurban à 14:16:33 dans Prévention | Commentaires (4) |

Foin des bocks | 30 octobre 2009

 

En général, le duo change de place juste avant mon arrivée, profitant de l'absence du professeur pour se rapprocher géographiquement. C'est souvent LE couple officiel de la classe et tous ceux qui font l'amour buissonnier, probablement jaloux, les chambrent un peu. La sexualité, c'est l'option facultative qu'ils aimeraient tous rendre obligatoire au bac. Alors en seconde, il y a déjà la compétition, entre ceux qui maitrisent déjà et sont là uniquement pour réviser, ceux qui sont inscrits depuis peu et ceux qui sont sur liste d'attente.

Parfois, ces jeunes couples se tiennent maladroitement les mains sous la table, sous mon regard bienveillant et un rien ému. Ils sont dans l'attente de réponses concrètes. Je le lis dans leurs yeux et leurs postures, légèrement penchée vers l'avant, prête à l'écoute.

Et puis, j'aborde "la première fois", et je devine de la fierté dans le roulement d'épaules du mâle en devenir et par jeu de miroir, beaucoup de vénération dans le regard de la fille. Ils sourient malicieusement se remémorant ce moment de fièvre, ces gestes maladroits qui les ont fait mûrir de dix ans. Pourtant, les sourcils se froncent à la question des préliminaires et du temps qu'on doit se donner pour mieux se découvrir, se préparer à la rencontre des corps. Sûrement une expérience douloureuse de pénétration un peu trop rapide, de fantasmes trop vite assouvis, d'éjaculation trop rapide.

Et puis, je vois l'angoisse assombrir les visages face au tableau de la transmission des virus et plus particulièrement quand on s'attarde un peu sur le liquide séminal et les risques minimes mais bien réels de grossesse ou de contamination. L'inquiétude dans ce cas là, est surtout féminine et le garçon, lui, préfère laisser son esprit s'évader par la fenêtre. Rien de bien surprenant dans tout ça.

Et puis, l'autre jour, il y a eu un clash. Entre les lignes d'une des questions du garçon, la fille a entendu la possibilité d'une autre, avant ou pendant… Alors, elle a agité l'épouvantail du sida comme une seringue de penthotal, pour obtenir la vérité. Il lui a fait prendre des risques, à elle, qui était vierge, qui lui a tout donné. J'ai tenté de la calmer en lui signifiant que nous pourrions en reparler ensemble en aparté à la fin de l'animation. Mais elle n'entendait plus, s'imaginant contaminée, souillée par la tromperie, condamnée à mort  par son infamie. Les mains s'étaient déliées et devenaient poings, prêts à frapper, à venger. Lui, souriait, niaisement, ne voulant pas perdre la face devant les potes écroulés. Garder sa réputation intacte et perdre cet amour naissant, il avait visiblement choisi.

J'ai sorti la grosse artillerie avec le DVD des scénarios contre un virus. Le film allait occuper tout le monde. Dans le semblant d'obscurité cinématographique obtenu en baissant un peu les volets, j'entends le couple se déchirer à mi-voix. Elle lui présente l'addition.

A la fin des deux heures, je m'attends à jouer les conseillers conjugaux mais finalement, ils quittent la salle la main dans la main. Je leur souris. J'hésite à leur donner un dépliant sur les tests de dépistage et puis je me rétracte, ne voulant pas remettre de l'huile sur le feu.

"On n'est pas sérieux quand on à 17 ans…La sève est du champagne et vous monte à la tête…" Rimbaud était amoureux et ses sonnets faisaient rire sa promise. Aujourd'hui, foin des bocks et de la limonade, c'est souvent au planning familial que les rêves de l'adolescence s'évanouissent…

Publié par didurban à 11:07:54 dans Prévention | Commentaires (4) |

Apparition | 29 octobre 2009

 

Entendu à Ste Geneviève des Bois après un débat sur la nudité, le rapport au corps et les tabous familiaux :

" Si je devais apercevoir mon père nu, je me suicide"…

Comme quoi, une Bernadette sous biroute, c'est comme une grotte sous champis, on risque l'overdose.

Publié par didurban à 16:48:35 dans Verbatim | Commentaires (2) |

Spécial dédicace | 18 octobre 2009

Dix ans déjà. Le SIDA tue toujours.

Publié par didurban à 14:30:59 dans Pensées partagées | Commentaires (3) |

Dr Kpote - Saison 3 | 28 septembre 2009

La saison 3 du Dr Kpote reprend en exclu sur ce blog dès la semaine prochaine, mon producteur m'ayant signifié qu'il reconduisait mon contrat. Il y a des séries, qui au fil des saisons perdent de l'intérêt. Ainsi, je me souviens de mon engouement pour "Lost" et de ma désillusion lors de la troisième saison. A 400 passages/jour en moyenne sur ce blog, je suis aux antipodes des blockbusters américains mais j'espère quand même offrir aux lecteurs qui échouent ici, un témoignage digne de leur intérêt. Voilà pour la promesse commerciale.

A l'aube de ce nouveau départ, le sac de capotes déjà en bandoulière, je me pose la rituelle question de l'envie. Ce boulot, on ne le fait pas pour le fric. Seuls les travailleurs sociaux entrant en politique comme on passe à l'ennemi, peuvent espérer un jour, être assujettis à l'ISF.

La motivation sera-t-elle intacte après 7 années de salive préventive disséminée dans toute l'Ile-de-France, de branlettes sous latex, de queues mal lubrifiées dans des cantines surchargées, de moments de plaisir partagé aussi courts qu'un SMS, de transports trop longs pour être bons ?… Il me semble qu'il y a un semblant de réponse dans la question…

J'ai fini la saison dernière dans le dur, le moral usé par les témoignages de violences sexuelles, les propos homophobes ou les raccourcis religieux. Mais les vacances m'ont ressourcé pour la simple et bonne raison que j'ai tout fait pour éviter les distributeurs de préservatifs, les planning familiaux, les lieux de culte, les coins à putes et les meetings de droite, les escadrilles de chlamydiae (à ne pas confondre avec le Rafale, plus aquatique dans son mode de locomotion). J'ai aussi banni de mon itinéraire estival les nids de jeunes, leur préférant le quadra bedonnant, entouré d'une progéniture plus encline à jouer aux pâtés de sable qu'au docteur.

Aussi, si en terme de militantisme social, ça fait bien longtemps que j'ai perdu ma virginité, c'est avec une motivation aussi finement recousue qu'un hymen perdu, que je repars débattre, informer, prévenir, écouter.

Les nouvelles du front sont mitigées : on a un début de semblant d'espoir concernant un vaccin contre le VIH, la future contraception d'urgence sera disponible uniquement sur ordonnance à un prix prohibitif, les fous de Dieu se reproduisent comme un nuage de sauterelles sur l'Egypte des pharaons, Sarko 1er est toujours vivant et mon banquier, après s'être renfloué sur mes impôts, m'a sucré pour me remercier, 85 euros d'agios.

De plus, je me demande si le masque de catcheur est suffisant pour éviter toute contagion à la grippe H1N1.

Bienvenue sur le "tout-à-l'égout de la démocratie", comme l'a dit si connement Denis Olivennes, patron du Nouvel Obs.

Publié par didurban à 15:49:58 dans Pensées partagées | Commentaires (9) |

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Sous le masque

Monsieur sexuel... Il n'y a rien de présomptueux dans le choix de ce titre. N'y voyez pas non plus une quelconque référence au Doc des ondes radios. J'ai été ainsi baptisé par des élèves que j'avais eu en séance de prévention sur le thème de la sexualité et les IST (Infections Sexuellement Transmissibles) dans un lycée pro de Bagnolet. Je les ai croisé une semaine après l'intervention alors que j'étais avec mon fils dans sa poussette. Ils se sont mis à hurler en pleine rue : "Mr Sexuel, Mr Sexuel... il vous reste des capotes." Puis en s'approchant tout en fixant mon fils : "Ah, on peut dire que les capotes, vous ne les utilisez pas trop, vous !" Quel vieux con a dit que les jeunes manquaient d'humour ?

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Le Buzz autour du Dr

Lisabuzz.com parle de Dr Kpote et Mr Sexuel : Nous autres français sommes bien égoïstes. Lorsqu un pays dispose d un blog comme Dr Kpote et Mr Sexuel, il devrait le traduire en anglais, italien, espagnol, japonnais, chinois etc... que le reste du monde en profite. D ailleurs, Didurban mérite un auditoire bien plus large que 60 millions d internautes (plus quelques belges, suisses, quebecois). En tous cas, j adore Dr Kpote et Mr Sexuel et je suis loin d être seule ! signé http://blog.lisabuzz.com

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