C'est sympa un Blog : On peut aller au bout de son monologue sans risquer d'être interrompu. On n'est même pas obligé de lire les commentaires d'autrui.
Non, je rigole, si j'écris c'est pour être lu, pardi. Alors, bonne lecture. Vous pouvez zapper, je ne m'en offusquerai pas.
En fait, si je suis là, c'est parce que je cherche surtout à me souvenir de l'anniversaire du jour. Que s'est-il passé aujourd'hui ? On oublie trop le passé. L'histoire nous apprend pourquoi nous en sommes arrivés là. J'évite quand même de choisir un événement anniversaire qui sera bien médiatisé.
Depuis le 27-12-2007 :
347496 visiteurs
Depuis le début du mois :
19675 visiteurs
Billets :
272 billets
Chers lecteurs blogeurs. J'ai reçu plusieurs messages me disant que vous avez des difficultés pour mettre des commentaires à la suite de mes billets. Beaucoup d'entre vous ne peuvent pas me répondre. Je n'y suis pour rien et n'ai pas mis de verrou. Merci de votre fidélité. Papyves.
Ayant décollé de l'aérodrome du Bourget, le 08 Mai 1927, à bord de leur biplan Levasseur, baptisé « L'Oiseau blanc », les deux As de l'aviation, héros de la première guerre mondiale, Charles Nungesser, 35 ans, et François Coli, sont aperçus au dessus de l'Irlande puis aux abords de Terre Neuve, au Canada, à l'issue d'une des toutes premières tentatives de traversée de l'océan Atlantique, sans escale. C'est un exploit et le journal parisien « La Presse » s'empresse déjà d'en faire sa Une du 09 Mai matin. Mais on guette longtemps leur arrivée à New York, en vain. Ils ont disparu. Sans doute, ont-ils consommé trop de carburant par la route Nord et avaient-ils l'intention de rejoindre Québec. Des débris et un moteur d'avion du même modèle seront retrouvés dans le Maine, quelques années plus tard. Le pari était à deux doigts d'être gagné.
C'est Charles Lindbergh, 25 ans, qui aura les honneurs, 13 jours plus tard, en réussissant cette traversée, dans l'autre sens, de New York au Bourget, à bord de son célèbre « Spirit of Saint-Louis ». 6.300 km à la vitesse de 180 km/h, seul et sans radio, il y a de quoi s'ennuyer.
C'est aussi un 08 Mai, en 1991 cette fois, que le navire d'exploration sous-marine Deep See de la compagnie Scientific Search Project de New York signale qu'il a détecté la présence de plusieurs avions, dans le Triangle des Bermudes. Tout le monde en est sûr, ce sont les 5 Gruman Avenger TBM (Torpedo Bomber Medium) de l'Escadrille 19 qui ont disparu depuis leur dernière mission, le 05 Décembre 1945, au large de la Floride. Selon le Deep See, qui cherchait en fait un galion espagnol, les appareils sont groupés à l'intérieur d'un rayon de 1,5 km par des fonds de 250 mètres. Tout concorde.
Les cinq puissants appareils monomoteurs composant cette Patrouille 19 avaient décollé de la base de Fort Lauderdale, au Nord de Miami, pour un vol d'environ deux heures d'entraînement de bombardement , sur une épave de navire servant de cible, au large de la Floride. Le groupe d'élèves pilotes et mécaniciens, 14 au total, est dirigé par le lieutenant instructeur Charles Caroll Taylor qui est en contact radio avec la base. A 19 h 04, la patrouille envoie son dernier message, alors qu'il fait déjà nuit depuis longtemps. Puis plus rien.
Vingt minutes après cet appel, un hydravion Martin PBM Mariner décolle pour leur porter secours mais, au bout d'une demi-heure, il est victime d'une explosion et disparaît à son tour, sous les yeux de l'équipage du navire SS Gaines Mill qui rapporte l'incident mais ne trouvera qu'une flaque de carburant sur les lieux. Deuxième disparition au même endroit. Mais l'Armée américaine n'en fait pas la publicité.
La mésaventure de cette escadrille sera ensuite rapportée, en 1962, dans un article écrit par Allen Eckert, sous le titre « Le mystère de la patrouille perdue ». Voilà un beau titre pour la naissance d'une légende, car c'en est une. S'il y a bien une patrouille de 5 Avenger qui a disparu, la cause en est toute simple :
Les 5 bombardiers torpilleurs du lieutenant Taylor étaient équipés de manière rudimentaire, par rapport à ceux d'aujourd'hui et on naviguait encore au « Cap-montre » à l'époque. Or, l'instructeur ( on a peine à le croire ) avait oublié sa montre sur son lit et l'avion n'en possède pas. De plus, il a mal intégré la dérive du vent, 45 nœuds de travers, c'est beaucoup, et il a été chassé au large sans passer à la verticale de sa cible. Désorienté, il annonce une panne de compas et le survol des îles Key's, alors qu'il croise l'île Andros, aux Bahamas, très à l'Est. Il met alors le cap vers la Floride qu'il croit au Nord mais il l'a déjà dépassée et file vers les profondeurs de l'Atlantique. A court de carburant, il lance son dernier message et tente un amerrissage collectif, en vain.
Depuis, d'innombrables récits vont s'appuyer sur cette légende du triangle des Bermudes, joignant Floride, Porto-Rico et Bermudes où de nombreux accidents ont effectivement eu lieu. Triangle maudit pour les avions mais aussi pour les navires. Nombre de « vaisseaux-fantômes » vont peupler l'imaginaire d'écrivains peu soucieux de la réalité mais qui en relateront les tragédies avec force détails. De 1945 à 1975, une quarantaine d'avions et une cinquantaine de bateaux auraient disparu sans lancer d'appel de détresse, selon Gaddis d'Argosy Magazine. On parle d'extraterrestres ou de l'Atlantide. Il est facile d'attiser la peur et la naïveté du lecteur.
Les épaves repérées en 1991 sont celles d'appareils abîmés en mer, de façon séparée les uns des autres, et ne sont pas celles de la Patrouille 19 qui doivent s'être enfoncées dans les abysses.
Ce qui m'étonne le plus dans cette disparition collective n'est pas tant la panique qui a du gagner le leader que le manque de réaction incompréhensible des élèves de la patrouille, dont l'un au moins aurait du se rendre compte de l'erreur de navigation et s'imposer.
Publié par Papyves à 08:36:26 dans Aventures | Commentaires (0) | Permaliens
Publié par Papyves à 03:02:05 dans Conquêtes | Commentaires (0) | Permaliens
Dès la fin de la guerre, en 1945, le Général de Gaulle déclare son intention de restaurer l'autorité de la France en Indochine que les Japonais avaient investie pendant le conflit mondial, alors que les Français en assumaient la souveraineté depuis le traité avec l'Empereur Tu Duc, en 1862.
L'extrême orient asiatique était, au début du siècle, sous la domination britannique, pour la partie Ouest, du Siam (Thaïlande) jusqu'à l'Inde, et sous la domination française pour la partie Est, avec ce qu'on appelait « l'Indochine » et qui comportait le Laos, le Cambodge et le Viêt-nam, lui-même formé de trois provinces ( du Nord au Sud, Tonkin, Annam et Cochinchine ). L'insurrection du « Viêt-minh », parti communiste de Hô-Chi-Minh, aidé de la Chine, en Décembre 1946, déclenché après l'incident de Haiphong, contre le Corps expéditionnaire français, marque le début d'une guerre, où s'illustre le prestigieux général Jean de Lattre de Tassigny mais qui se terminera tragiquement, le 07 Mai 1954, par la défaite de Diên Biên Phù (DBP).
Au bout de sept ans de conflit, dont les politiques français se désintéressent, le général Raoul Salan, qui connaissait bien l'Indochine, est remplacé, en 1953, par le général Henri Navarre à qui l'on demande un succès militaire sur le terrain pour que le gouvernement français soit en position de force à la Conférence de Genève. Le plan de Navarre consiste à retarder les infiltrations Vietminh vers le Laos, soutenues par les Chinois au Nord, pour préparer une grande offensive au Sud en Cochinchine. Pour cela, il choisit une place forte, très loin des bases de ravitaillement ennemies ( pense-t-il ) où il va établir un verrou retranché. Ce sera DBP.
La grande plaine de DBP, qui s'étend sur 18km de long et 04 km de large, est bordée de collines boisées peu élevées. C'est, en réalité, une « cuvette » comme on l'appellera fréquemment. Le général Vo Nguyên Giap, qui en sera vainqueur, la matérialisera de façon expressive à ses officiers en mettant son poing dans son casque retourné : « les Français sont là et nous, nous sommes autour sur les bords ».
Les premiers bataillons para sautent sur ce morceau de jungle, le 20 Novembre 1953, et commencent à en transformer les abords en camp retranché, avec un terrain d'aviation à 10 km au Sud, en prévision des ponts aériens pour les ravitaillements. Avec un peu d'artillerie et quelques chars, la position semble sûre face à des « viêts » dont on sous-estime les capacités d'armement. En effet, Hô Chi Minh mobilise magistralement ses troupes et envoie à Giap, outre 700 camions Molotova, quelques 260.000 « coolies » qui poussent discrètement dans la jungle 20.000 bicyclettes chargées lourdement de ravitaillement, munitions et pièces d'artillerie de 105 mm qui créeront la surprise, le jour de l'attaque. « Là où une chèvre passe, un homme peut passer ; là où un homme passe, un bataillon peut passer » disait Napoléon.
Le 13 Mars 1954, après avoir encerclé la position par des tranchées invisibles dans la végétation, et réuni 60.000 « Bo-doï », soldats communistes, face aux 12.000 engagés du colonel Christian de La Croix de Castries ( lire de Castre ), le général Giap déclenche l'attaque en dévoilant son artillerie qui détruit en premier les pistes d'atterrissage. D'emblée, le sort de DBP est scellé. Le colonel Piroth, qui s'était complètement trompé sur l'analyse de l'artillerie ennemie, se suicide. Pour empêcher la défaite, Paris demande l'aide de l'aviation américaine qui combat en Corée mais le Président Eisenhower la refuse. Dès lors, on ne pourra plus compter que sur les parachutages, en limite d'autonomie de vol des Dakotas. Les vagues suivantes, comme celle du commandant Bigeard, seront prises sous le feu dès leur arrivée. Inférieurs en nombre mais plus vaillants, les paras, légionnaires et supplétifs tiendront 57 jours dans un enfer de bombardements et de tirs de tous types d'armement, même des orgues de Staline tirant en rafale.
Le 1er Mai, Giap déclenche l'attaque générale. Les points d'appui disposés sur les collines, dont le nom de baptême était féminin, tombent les uns après les autres. L'avant-poste Béatrice, au Nord, tombe en premier puis Gabrielle et Anne-Marie, le second fortin au Nord. Après plusieurs jours, Dominique, au centre tombe également. Enfin, Huguette et Claudine, à l'Ouest, ne peuvent pas tenir sous le nombre. Le 06 Mai, Eliane, la dernière colline de la cuvette tombe à son tour. Seule, le point d'appui Isabelle, plus au Sud, combattra une journée de plus. Les corps inertes et les blessés des deux bords s'entremêlent. Les médecins et infirmiers, dont Geneviève de Galard, seule femme de 29 ans à DBP, qui n'avait pu redécoller avec le dernier avion, font des miracles mais n'ont plus de médicaments, tombés chez l'ennemi, lors de largages de nuit hasardeux.
La bataille aura fait 25.000 victimes du côté Vietminh, 4.000 morts ou disparus du côté français et autant de blessés. Le calvaire des survivants n'était pourtant pas fini car 10.000 prisonniers furent traînés, dans la jungle, jusqu'à des camps de torture et d'avilissement d'où un tiers seulement reviendra.
A Paris, l'annonce de la défaite provoque l'arrivée au pouvoir de Mendès France qui veut rétablir la paix très vite. Fin Juillet, la conférence de Genève débouche sur des accords de paix reconnaissant l'indépendance de l'Indochine et la séparation du Viêt-nam, le long du 17° parallèle, en deux entités qui s'opposeront bientôt par les armes et l'idéologie.
Dans le monde, l'événement sera perçu comme un signal par tous les peuples en quête d'indépendance. Pour la première fois, une grande puissance avait été vaincue par un peuple décidé à se libérer d'une occupation étrangère. Les premiers à entendre ce message seront les Algériens qui enclencheront, dès le 1er Novembre 1954, une série d'attentats contre leurs colons français. En 1962, le leader nationaliste Ferhat Abbas écrit : " ...Cette bataille reste un symbole. Elle est le Valmy des peuples colonisés ".
Diên Biên Phù ne fut qu'une bataille mais le traumatisme et l'impact psychologique qui s'en suivirent furent immenses. Certains officiers français, qui se retrouvèrent dans les Aurès peu après, ne voulurent pas lâcher, sur le papier, ce qu'ils avaient obtenu par le succès de leur mission, sur le terrain. La blessure est toujours là, longue à se refermer. Avec le temps, peut-être ...
Voyez la vidéo : http://www.youtube.com/watch?v=th7tImvzutc&feature=related
Publié par Papyves à 03:00:34 dans Conquêtes | Commentaires (2) | Permaliens
Publié par Papyves à 02:54:47 dans Conquêtes | Commentaires (0) | Permaliens
<< |1| 2| 3| 4| 5| 6| 7| 8| 9| 10| 11| 12| 13| 14| 15| 16| 17| 18| 19| 20| 21| 22| 23| 24| 25| 26| 27| 28| 29| 30| 31| 32| 33| 34| 35| 36| 37| 38| 39| 40| 41| 42| 43| 44| 45| 46| 47| 48| 49| 50| 51| 52| 53| 54| 55| >>
| Di | Lu | Ma | Me | Je | Ve | Sa |
|---|---|---|---|---|---|---|
| 1 | 2 | 3 | 4 | 5 | 6 | 7 |
| 8 | 9 | 10 | 11 | 12 | 13 | 14 |
| 15 | 16 | 17 | 18 | 19 | 20 | 21 |
| 22 | 23 | 24 | 25 | 26 | 27 | 28 |
| 29 | 30 |
Vos Commentaires