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<copyright>Copyright 2008 Blogg</copyright>
<pubDate>Wed, 30 Dec 2009 07:04:01 +0100</pubDate>
<lastBuildDate>Wed, 30 Dec 2009 07:04:01 +0100</lastBuildDate>
<docs>http://www.blogg.org/blog-76490.html</docs>
<description>le drame de la conscience religieuse depuis trois siècles et demi est défini avec précision par les termes du Mémorial de Pascal du 23 novembre 1654 : entre le Dieu qui est celui d'Abraham, d'Isaac et de Jacob, et le Dieu qui est celui des philosophes et des savants, les essais de synthèse, les espérances de compromis, demeurent illusoires.</description>
<link>http://www.blogg.org/blog-76490.html</link>
<title>Le rire de la servante de Thrace</title>
<language>fr</language>
<category>Blogg</category>
<ttl>60</ttl>
<item>
<title>Idéalisme philosophique, physique et théorie de l'information</title>
<link>http://www.blogg.org/blog-76490-billet-1049495.html</link>
<description><![CDATA[<p>&nbsp;<strong>Brunschvicg</strong> , dans "H&eacute;ritage de mots h&eacute;ritage d'id&eacute;es", nous livre quelques cl&eacute;s pour comprendre ce que nous appelons id&eacute;alisme rationnel et math&eacute;matisant et qui ne d&eacute;signe rien d'autre que ce que nous avons compris de la philosophie de cet auteur, qui est notre boussole, voire notre "lampe", si j'en crois ce passage tir&eacute; de "Contrainte de lumi&egrave;re" de <strong>Paul Celan</strong> :</p>
<p><em><span style="text-decoration: underline;">"Je peux encore te voir : un &eacute;cho,</span></em></p>
<p><em><span style="text-decoration: underline;">palpable avec des mots</span></em></p>
<p><em><span style="text-decoration: underline;">tactiles, &agrave; l'ar&ecirc;te</span></em></p>
<p><em><span style="text-decoration: underline;">de l'adieu.</span></em></p>
<p><em><span style="text-decoration: underline;">Ton visage s'effarouche doucement,</span></em></p>
<p><em><span style="text-decoration: underline;">quand soudain fait <strong>une clart&eacute; de lampe</strong></span></em></p>
<p><em><span style="text-decoration: underline;"><strong>en moi, &agrave; l'endroit</strong></span></em></p>
<p><em><span style="text-decoration: underline;"><strong>o&ugrave; l'on dit le plus douloureusement Jamais</strong>."</span></em></p>
<p>cette lumi&egrave;re int&eacute;rieure, que nous cherchons dans la philosophie, elle n'a rien &agrave; voir avec la lumi&egrave;re physique, celle du dehors; elle r&eacute;clame une contrainte de fer, un effort, une conversion de tous les instants, nous for&ccedil;ant &agrave; nous tourner vers "cet endroit o&ugrave; l'on dit le plus douloureusement Jamais".</p>
<p>Elle est la lumi&egrave;re des id&eacute;es : n&eacute;e de notre effort honn&ecirc;te pour nous &eacute;clairer &agrave; nous m&ecirc;me nos id&eacute;es, puis intensifi&eacute;e en retour par celles ci, si du moins nous trouvons la juste approche de ce qui est notre "&ecirc;tre v&eacute;ritable", car Brunschvicg dit quelque part que "nous sommes nos id&eacute;es", ce qui ne diminue en rien l'exigence d'action qui est le propre de la lumi&egrave;re occidentale, car le propre des id&eacute;es v&eacute;ritables est d'&ecirc;tre directement agissantes, sinon ce ne sont que des vains r&ecirc;ves. Il dit aussi (dans l'introduction &agrave; "H&eacute;ritage de mots h&eacute;ritage d'id&eacute;es")</p>
<p><em><span style="font-size: small;">"<span style="font-family: ">C&rsquo;est en nous transportant dans l&rsquo;int&eacute;rieur de l&rsquo;id&eacute;e comme les microphysiciens ont p&eacute;n&eacute;tr&eacute; &agrave; l&rsquo;int&eacute;rieur de l&rsquo;atome, que nous aurons chance de parvenir au contact des questions v&eacute;ritables qui plongent par leurs racines dans l&rsquo;histoire de l&rsquo;esprit humain."</span></span></em></p>
<p><em><span style="font-size: small;"><span style="font-family: ">( <a href="http://classiques.uqac.ca/classiques/brunschvicg_leon/heritage_de_mots_idees/avant_propos">http://classiques.uqac.ca/classiques/brunschvicg_leon/heritage_de_mots_idees/avant_propos</a>&nbsp;)</span></span></em></p>
<p><span style="font-family: "><span style="font-size: small;">or&nbsp; cette phrase, qui nous ouvre tout un monde, est beaucoup plus qu'une belle image, chez le philosophe qui voit dans l'&eacute;mergence de la physique math&eacute;matique au 17 &egrave;me si&egrave;cle un "changement daxe de la vie religieuse", et nous allons ici bri&egrave;vement expliquer pourquoi.</span></span></p>
<p><span style="font-family: "><span style="font-size: small;">"comme les microphysiciens ont p&eacute;n&eacute;tr&eacute; &agrave; l'int&eacute;rieur de l'atome", cela sonne un peu comme une boutade, mais c'est justement ce qui doit nous mettre sur la voie : cela prend une tournure "r&eacute;aliste" pour consommer justement la ruine du r&eacute;alisme, qui n'est autre que la compr&eacute;hension na&icirc;ve et vulgaris&eacute;e, de la physique, au profit de l'id&eacute;alisme. </span></span></p>
<p><span style="font-family: "><span style="font-size: small;">Car nous savons bien que les physiciens, m&ecirc;me lorsqu'ils utilisent leurs microscopes ou leurs acc&eacute;l&eacute;rateurs de particules, n'ont pas p&eacute;n&eacute;tr&eacute; "r&eacute;ellement" au coeur du monde "subatomique", sinon nous serions dans un film de science fiction : "L'homme qui r&eacute;tr&eacute;cit".</span></span></p>
<p><span style="font-family: "><span style="font-size: small;">Ils y ont p&eacute;n&eacute;tr&eacute; "en esprit", au moyen de leurs &eacute;quations et de leurs groupes de sym&eacute;tries, qui sont autant d'organes (spirituels) pour mettre en &eacute;vidence d'autres sym&eacute;tries, invisibles &agrave; l'oeil nu.</span></span></p>
<p><span style="font-family: "><span style="font-size: small;">Or c'est exactement ce qu'affirme une nouvelle conception de la physique qui fait son chemin : celle de la nature informationnelle des entit&eacute;s de la physique.</span></span></p>
<p><span style="font-family: "><span style="font-size: small;">Ainsi par exemple John Weeler, cit&eacute; page 263 du livre extraordinaire de R W Carroll : "Fluctuations, information, gravity and the quantum potential":</span></span></p>
<p><span style="font-family: "><span style="font-size: small;"><strong><em>"toutes les entit&eacute;s physique trouvent leur origine dans la th&eacute;orie de l'information, notre univers est un univers de participation; la participation de l'observateur donne lieu &agrave; l' information, et celle ci &agrave; la physique".</em></strong></span></span></p>
<p><span style="font-family: "><span style="font-size: small;">Bien entendu, l'information dont il est parl&eacute; ici est de nature math&eacute;matique, d&eacute;finie selon des notions rigoureuses qui sont par exemple l'information de shannon ou de fisher, elle n'a rien &agrave; voir avec les informations, ou plut&ocirc;t pseudo-informations, que nous donnent les journaux ou le JT du soir.</span></span></p>
<p><span style="font-family: "><span style="font-size: small;">Mais c'est justement pourquoi je vois l&agrave; comme une "&eacute;chelle" f&eacute;conde pour nous &eacute;lever &agrave; la compr&eacute;hension sup&eacute;rieure de ce que dit Brunschvicg quand il parle de la philosophie et de l'id&eacute;alisme, et qu'il retrouve chez des penseurs aussi diff&eacute;rents que Descartes, Malebranche, Spinoza , Kant ou Fichte (et , ajouterai je, Husserl).</span></span></p>
<p><span style="font-family: "><span style="font-size: small;">C'est d'ailleurs chez Malebranche, et sa fameuse th&eacute;orie de la "vision en Dieu", que nous en trouvons les formulations les plus frappantes.</span></span></p>
<p><span style="font-family: "><span style="font-size: small;">L'esprit n'a pas affaire &agrave; des corps, mais &agrave; des sensations, et au niveau le plus &eacute;lev&eacute; &agrave; des id&eacute;es...</span></span></p>
<p><span style="font-family: "><span style="font-size: small;">en aucun cas les entit&eacute;s dont parle la physique n'existent "r&eacute;ellement" dans le monde, sinon o&ugrave; serait le progr&egrave;s par rapport au r&eacute;alisme na&iuml;f du sens commun qui croit que l'arbre que voici l&agrave; bas existe "absolument", (pas seulement pour nous autres humains, mais aussi pour "Dieu", dans l'absolu).</span></span></p>
<p><span style="font-family: "><span style="font-size: small;">eh non ! cet "arbre" est ma repr&eacute;sentation, il apparait pour moi, et pour les humains, constitu&eacute;s comme moi, pour m'indiquer que je peux effectuer certains actes le visant: mais il n'existe pas pour des &ecirc;tres diff&eacute;rents, minuscules, comme les fourmis...</span></span></p>
<p><span style="font-family: "><span style="font-size: small;">Et, en g&eacute;n&eacute;ralisant, nous arrivons &agrave; la fameuse citation de Schopenhauer, qui forme le d&eacute;but du "Monde comme volont&eacute; et comme repr&eacute;sentation", et qui est rigoureusement vraie : "Le monde est ma repr&eacute;sentation".</span></span></p>
<p><span style="font-family: "><span style="font-size: small;">C'est &agrave; dire : le monde dont nous sommes entour&eacute;s n'existe que comme repr&eacute;sentations dans son rapport avec un &ecirc;tre percevant, qui est l'homme lui m&ecirc;me... tel est l'id&eacute;alisme absolu qui est celui de Schopenhauer, comme de tout philosophe v&eacute;ritable... mais il y a des nuances, et nous laisserons l&agrave; le grand Schopenhauer, auquel nous pr&eacute;f&eacute;rons le criticisme math&eacute;matisant de l'&eacute;cole fran&ccedil;aise...</span></span></p>
<p><span style="font-family: "><span style="font-size: small;">donnons quelques r&eacute;f&eacute;rences pour illustrer de mani&egrave;re plus claire la mani&egrave;re dont la conception informationnelle de la physique illumine ces questions...</span></span></p>
<p><span style="font-family: "><span style="font-size: small;">Dans ce papier : <strong>"From information geometry to Newtonian dynamics</strong>" : <a href="http://arxiv.org/abs/0710.1071">http://arxiv.org/abs/0710.1071</a>&nbsp;,</span></span></p>
<p><span style="font-family: "><span style="font-size: small;">Caticha et Cafaro d&eacute;rivent toute la th&eacute;orie newtonnienne non pas de pr&eacute;tendues "lois de la Nature", mais de l'inf&eacute;rence statistique et de la dynamique de l'entropie fond&eacute;e qur le principe de "maximisation de l'entropie". ainsi (page 2) les notions famili&egrave;res comme masse, temps, &eacute;nergie, sont d&eacute;riv&eacute;es des lois de l'inf&eacute;rence, qui est une activit&eacute; spirituelle humaine. Le Temps absolu de Newton perd ainsi imm&eacute;diatement son "absoluit&eacute;", et Newton aurait compris son erreur s'il avait pu, de son temps, utiliser cette approche.</span></span></p>
<p><span style="font-family: "><span style="font-size: small;">Les &eacute;quations bien connues de la dynamique newtonienne pour une particule &eacute;l&eacute;mentaire sont d&eacute;riv&eacute;es page 6 (equations 20 et 21),et le param&egrave;tre temps trouve son explication dans l'equation 19, &nbsp;et page 7 les auteurs d&eacute;clarent :</span></span></p>
<p><span style="font-family: "><span style="font-size: small;">"si Newton, Lagrange et Jacobi avaient connu moins de physique et plus de th&eacute;orie de l'inf&eacute;rence statistique, ils auraient donn&eacute; &agrave; leurs th&eacute;ories la forme qui est illustr&eacute;e ici"...</span></span></p>
<p><span style="font-family: "><span style="font-size: small;">Dans cet autre papier :<strong> "Metric on a statistical space-time" : <a href="http://arxiv.org/abs/math-ph/0403043">http://arxiv.org/abs/math-ph/0403043</a></strong></span></span></p>
<p><span style="font-family: "><span style="font-size: small;">Jacques et Xavier Calmet d&eacute;rivent l'espace temps de Minkowski de la relativit&eacute; restreinte, &agrave; trois dimensions d'espace et une de temps, des m&ecirc;mes principes de l'inf&eacute;rence.</span></span></p>
<p><span style="font-family: "><span style="font-size: small;">Comme dans l'article pr&eacute;c&eacute;dent, et comme dans tous les travaux de cette nature, la "g&eacute;om&eacute;trie" ordinaire, euclidienne ou minkoskienne, voit ses "points" remplac&eacute;s par des distributions de probabilit&eacute;, ce qui correspond au caract&egrave;re "flou" ou "al&eacute;atoire" (fuzzy, random) de l'univers "participatif", et les varit&eacute;t&eacute;s diff&eacute;rentielles de la g&eacute;om&eacute;trie riemanienne deviennent des "vari&eacute;t&eacute;s informationnelles" (statistical manifolds).</span></span></p>
<p><span style="font-family: "><span style="font-size: small;">Celles ci ne sont rien d'autres que des "mod&egrave;les statistiques", c'est &agrave; dire des familles de distributions de probabilit&eacute;s index&eacute;es par un param&egrave;tre , qui joue le r&ocirc;le des coordonn&eacute;es de la vari&eacute;t&eacute;.</span></span></p>
<p><span style="font-family: "><span style="font-size: small;">Sur ces vari&eacute;t&eacute;s l'information de Fisher&nbsp; joue le r&ocirc;le du tenseur m&eacute;trique dans les g&eacute;om&eacute;trie riemanniennes. Et l'article d&eacute;rive (page 5) la m&eacute;trique lorentzienne de la relativit&eacute; restreinte &agrave; partir de distributions de probabilit&eacute;s complexes, et non plus r&eacute;elles.</span></span></p>
<p><span style="font-family: "><span style="font-size: small;">Ainsi espace, temps, tout comme les notions de la physique ordinaire : masse, &eacute;nergie, gravit&eacute;, etc... s'av&egrave;rent comme de nature ultime "informationnelle", ce qui est la marque du caract&egrave;re philosophique id&eacute;aliste de la physique math&eacute;matique.</span></span></p>
<p><span style="font-family: "><span style="font-size: small;">ainsi s'explique la conception de Brunschvicg, qui voyait une signification religieuse dans l'&eacute;mergence de la physique math&eacute;matique moderne.</span></span></p>
<p><span style="font-family: "><span style="font-size: small;">La philosophie, qui est la "science des id&eacute;es", se situe alors dans la continuit&eacute; de la physique : les entit&eacute;s math&eacute;matiques de l'information c&egrave;dent simplement la place &agrave; des entit&eacute;s plus "difficiles &agrave; saisir", abstraites si l'on veut, mais tout aussi bien spirituelles : les id&eacute;es.</span></span></p>
<p><span style="font-family: "><span style="font-size: small;"><em><span style="text-decoration: underline;">"les id&eacute;es, qui d&eacute;finissent les condtions du vrai et du juste, font &agrave; celui qui les recueille et qui s'abandonne &agrave; elles , une &acirc;me de v&eacute;rit&eacute; et de justice; la philosophie, qui est la science des id&eacute;es, doit au monde de telles &acirc;mes, et il d&eacute;pend de nous qu'elle les lui donne".</span></em></span></span></p>
<p><span style="font-family: "><span style="font-size: small;">Ces lignes qui constituent la fin de "L'id&eacute;alisme contemporain", datant du d&eacute;but du 20 &egrave;me si&egrave;cle, d&eacute;finissent et balisent encore aujourd'hui la t&acirc;che des "hommes de bonne volont&eacute;.</span></span></p>]]></description>
<category>Physique</category>
<pubDate>Thu, 02 Jul 2009 14:54:46 +0000</pubDate>
<guid>http://www.blogg.org/blog-76490-billet-1049495.html</guid>
</item>
<item>
<title>La triple impasse : du platonisme, de la philosophie et de la civilisation</title>
<link>http://www.blogg.org/blog-76490-billet-1048017.html</link>
<description><![CDATA[<p><span style="font-size: small;">Brunschvicg, dans les pages consacr&eacute;es &agrave; Platon au tome 1 du "Progr&egrave;s de la conscience dans la philosophie occidentale", pose en termes clairs le probl&egrave;me du platonisme, qui co&iuml;ncide avec une aporie , une impasse o&ugrave; s'est enlis&eacute;e toute la civilisation occidentale ,&nbsp;c'est &agrave; dire&nbsp;toute la civilisation:</span></p>
<p><a href="http://classiques.uqac.ca/classiques/brunschvicg_leon/progres_conscience_t1/brunschvicg_progres_conscience_t1.rtf"><span style="color: #9136ad;"><span style="font-size: small;">http://classiques.uqac.ca/classiques/brunschvicg_leon/progres_conscience_t1/brunschvicg_progres_conscience_t1.rtf</span></span></a></p>
<p><span style="font-size: small;">Le probl&egrave;me de la&nbsp;soci&eacute;t&eacute; ath&eacute;nienne , qui marque le d&eacute;but de la civilisation, est aussi le n&ocirc;tre, tel que l'analyse par exemple de fa&ccedil;on g&eacute;niale un romancier comme <strong>Hermann Broch</strong> &nbsp;: dissolution et d&eacute;clin des normes et des valeurs, intellectuelles-morales, sous les coups de boutoir de l'app&eacute;tit pour les biens sensibles, les richesses,&nbsp;les honneurs, les plaisirs;</span></p>
<p><span style="font-size: small;"><em><span style="text-decoration: underline;">"Tel est le probl&egrave;me qui donne naissance &agrave; l&rsquo;&oelig;uvre platonicienne. Les termes en sont admirablement pr&eacute;cis&eacute;s par un texte central de l&rsquo;Apologie&nbsp;: &laquo;&nbsp;Quoi, cher ami, ne cesse de r&eacute;p&eacute;ter Socrate &agrave; chacun de ses concitoyens, tu es Ath&eacute;nien, tu appartiens &agrave; une cit&eacute; qui est renomm&eacute;e la premi&egrave;re pour sa science <span style="font-size: 14pt; color: #993300; font-family: ">(&sigma;&omicron;&phi;&#943;&alpha;)</span> et sa puissance&nbsp;; et tu n&rsquo;as pas honte de consacrer tes soins &agrave; ta fortune pour l&rsquo;accro&icirc;tre le plus possible, et &agrave; ta r&eacute;putation et &agrave; tes honneurs, tandis que la pens&eacute;e <span style="font-size: 14pt; color: #993300; font-family: ">(&phi;&rho;&#972;&nu;&eta;&sigma;&iota;&sigmaf;)</span>, la v&eacute;rit&eacute;, tandis que l&rsquo;&acirc;me qu&rsquo;il s&rsquo;agirait d&rsquo;am&eacute;liorer sans cesse, tu ne leur donnes aucun soin, tu n&rsquo;y penses m&ecirc;me pas.&nbsp;&raquo; (29 d e.)</span></em><span style="font-size: small;"> </span></span>
<p><span style="font-size: small;">&nbsp;Ce probl&egrave;me, seul Platon le pose de fa&ccedil;on juste et en termes rigoureux, et &nbsp;c'est l&agrave; la grandeur &eacute;ternelle du platonisme, sa force d'impact encore aujourd'hui, et plus que jamais aujourd'hui (et Badiou a bien eu raison de consacrer encore cette ann&eacute;e son s&eacute;minaire &agrave; Platon). Les contemporains et les "suiveurs" de Platon r&eacute;gressent dans le mythe et la th&eacute;ologie d'inspiration militariste:</span></p>
<p><em><span style="text-decoration: underline;">"<span style="font-size: small;">C&rsquo;est &agrave; quoi les socratiques ne pouvaient r&eacute;ussir. Chez Antisth&egrave;ne comme chez Aristippe, l&rsquo;aspiration &agrave; l&rsquo;autonomie se retourne, contre l&rsquo;intention de Socrate, jusqu&rsquo;&agrave; &eacute;branler et l&rsquo;autorit&eacute; de la loi scientifique qui &eacute;tablit entre les esprits une liaison interne et solide, et le cr&eacute;dit de la loi politique qui maintient l&rsquo;ordre dans les communaut&eacute;s &eacute;tablies, tandis que X&eacute;nophon r&eacute;trograde jusqu&rsquo;au stade th&eacute;ologico-militaire, dont l&rsquo;empire perse lui avait offert l&rsquo;image, abaisse le jugement de la raison sous le double conformisme de la tradition religieuse et de l&rsquo;institution sociale."</span></span></em></p>
</p>
<p><em><span style="text-decoration: underline;"><span style="font-size: 12pt; font-family: Verdana; mso-fareast-font-family: 'Times New Roman'; mso-bidi-font-family: 'Times New Roman'; mso-ansi-language: FR; mso-fareast-language: FR; mso-bidi-language: AR-SA;">Les forces de discipline et de d&eacute;vouement auxquelles Ath&egrave;nes avait d&ucirc; sa prosp&eacute;rit&eacute; d&rsquo;ordre intellectuel et d&rsquo;ordre mat&eacute;riel, elle les a laiss&eacute;es se dissoudre par l&rsquo;effet m&ecirc;me de cette prosp&eacute;rit&eacute;, dans l&rsquo;app&eacute;tit de jouissance et d&rsquo;ambition qui s&rsquo;est d&eacute;velopp&eacute; avec la victoire sur l&rsquo;Asie. Ce qu&rsquo;il faut donc, c&rsquo;est susciter dans la cit&eacute; un amour fervent pour les valeurs spirituelles&nbsp;: </span><span style="font-size: 14pt; color: #993300; font-family: ">&phi;&rho;&#972;&nu;&eta;&sigma;&iota;&sigmaf;, &alpha;</span><span style="font-size: 14pt; color: #993300; font-family: ">&lambda;&eta;</span><span style="font-size: 14pt; color: #993300; font-family: ">&theta;&epsilon;&iota;&alpha;, &psi;&upsilon;&chi;&#942;</span><span style="font-size: 12pt; font-family: Verdana; mso-fareast-font-family: 'Times New Roman'; mso-bidi-font-family: 'Times New Roman'; mso-ansi-language: FR; mso-fareast-language: FR; mso-bidi-language: AR-SA;">, sans pourtant accentuer le divorce entre la vie <span style="font-size: 12pt; font-family: Verdana; mso-fareast-font-family: 'Times New Roman'; mso-bidi-font-family: 'Times New Roman'; mso-ansi-language: FR; mso-fareast-language: FR; mso-bidi-language: AR-SA;">politique, livr&eacute;e par l&rsquo;affaissement des m&oelig;urs d&eacute;mocratiques aux intrigues des tribuns ou des tyrans, et la vie morale, fond&eacute;e sur la conscience que l&rsquo;individu prend de sa puissance d&rsquo;affranchissement int&eacute;rieur.</span></span></span></em></p>
<p><span style="font-size: 12pt; font-family: Verdana; mso-fareast-font-family: 'Times New Roman'; mso-bidi-font-family: 'Times New Roman'; mso-ansi-language: FR; mso-fareast-language: FR; mso-bidi-language: AR-SA;"><span style="font-size: 12pt; font-family: Verdana; mso-fareast-font-family: 'Times New Roman'; mso-bidi-font-family: 'Times New Roman'; mso-ansi-language: FR; mso-fareast-language: FR; mso-bidi-language: AR-SA;"><span style="text-decoration: underline;"><em><span style="font-size: 12pt; font-family: Verdana; mso-fareast-font-family: 'Times New Roman'; mso-bidi-font-family: 'Times New Roman'; mso-ansi-language: FR; mso-fareast-language: FR; mso-bidi-language: AR-SA;">Platon se refuse &agrave; poser ainsi l&rsquo;alternative. Au point de d&eacute;part de sa pens&eacute;e, il y a cette intuition profonde et proph&eacute;tique&nbsp;: le salut d&rsquo;Ath&egrave;nes et l&rsquo;int&eacute;r&ecirc;t de la civilisation sont ins&eacute;parables. Ath&egrave;nes ne peut &ecirc;tre r&eacute;g&eacute;n&eacute;r&eacute;e que par des homme capables de faire servir aux disciplines de la vie collective la certitude incorruptible de la m&eacute;thode scientifique&nbsp;</span>"</em></span></span></span></p>
<p><span style="font-size: 12pt; font-family: Verdana; mso-fareast-font-family: 'Times New Roman'; mso-bidi-font-family: 'Times New Roman'; mso-ansi-language: FR; mso-fareast-language: FR; mso-bidi-language: AR-SA;"><span style="font-size: 12pt; font-family: Verdana; mso-fareast-font-family: 'Times New Roman'; mso-bidi-font-family: 'Times New Roman'; mso-ansi-language: FR; mso-fareast-language: FR; mso-bidi-language: AR-SA;">Mais, comme il arrive souvent, comme il arrive toujours, Platon est (ou plut&ocirc;t devient) l'ennemi de Platon, en ce qu'il s'arr&ecirc;te "au milieu du gu&eacute;" :</span></span></p>
<p><span style="font-size: 12pt; font-family: Verdana; mso-fareast-font-family: 'Times New Roman'; mso-bidi-font-family: 'Times New Roman'; mso-ansi-language: FR; mso-fareast-language: FR; mso-bidi-language: AR-SA;"><span style="font-size: 12pt; font-family: Verdana; mso-fareast-font-family: 'Times New Roman'; mso-bidi-font-family: 'Times New Roman'; mso-ansi-language: FR; mso-fareast-language: FR; mso-bidi-language: AR-SA;">"<span style="font-size: 12pt; font-family: Verdana; mso-fareast-font-family: 'Times New Roman'; mso-bidi-font-family: 'Times New Roman'; mso-ansi-language: FR; mso-fareast-language: FR; mso-bidi-language: AR-SA;"><span style="text-decoration: underline;"><em>La pens&eacute;e platonicienne semble ainsi achever son cycle en se retournant contre elle-m&ecirc;me. Elle avait eu pour ressort initial le souci de rigueur, le scrupule d&rsquo;intelligence, que cr&eacute;e la r&eacute;flexion sur les sciences exactes.....</em></span></span></span></span></p>
<p><span style="font-size: 12pt; font-family: Verdana; mso-fareast-font-family: 'Times New Roman'; mso-bidi-font-family: 'Times New Roman'; mso-ansi-language: FR; mso-fareast-language: FR; mso-bidi-language: AR-SA;"><span style="font-size: 12pt; font-family: Verdana; mso-fareast-font-family: 'Times New Roman'; mso-bidi-font-family: 'Times New Roman'; mso-ansi-language: FR; mso-fareast-language: FR; mso-bidi-language: AR-SA;"><span style="font-size: 12pt; font-family: Verdana; mso-fareast-font-family: 'Times New Roman'; mso-bidi-font-family: 'Times New Roman'; mso-ansi-language: FR; mso-fareast-language: FR; mso-bidi-language: AR-SA;"><span style="font-size: 12pt; font-family: Verdana; mso-fareast-font-family: 'Times New Roman'; mso-bidi-font-family: 'Times New Roman'; mso-ansi-language: FR; mso-fareast-language: FR; mso-bidi-language: AR-SA;"><em><span style="text-decoration: underline;">A l&rsquo;Id&eacute;e du Bien qui est la divinit&eacute; en esprit et en v&eacute;rit&eacute;, selon la science et selon la philosophie, va&nbsp; s&rsquo;opposer le Dieu de la dialectique synth&eacute;tique, le D&eacute;miurge, fabricant du monde, qui est lui-m&ecirc;me de fabrication mythologique."</span></em></span></span></span></span></p>
<p><span style="font-size: 12pt; font-family: Verdana; mso-fareast-font-family: 'Times New Roman'; mso-bidi-font-family: 'Times New Roman'; mso-ansi-language: FR; mso-fareast-language: FR; mso-bidi-language: AR-SA;"><span style="font-size: 12pt; font-family: Verdana; mso-fareast-font-family: 'Times New Roman'; mso-bidi-font-family: 'Times New Roman'; mso-ansi-language: FR; mso-fareast-language: FR; mso-bidi-language: AR-SA;"><span style="font-size: 12pt; font-family: Verdana; mso-fareast-font-family: 'Times New Roman'; mso-bidi-font-family: 'Times New Roman'; mso-ansi-language: FR; mso-fareast-language: FR; mso-bidi-language: AR-SA;"><span style="font-size: 12pt; font-family: Verdana; mso-fareast-font-family: 'Times New Roman'; mso-bidi-font-family: 'Times New Roman'; mso-ansi-language: FR; mso-fareast-language: FR; mso-bidi-language: AR-SA;">Platon se met &agrave; mythologiser (par exemple dans R&eacute;publique avec la fable d'Er, dans Tim&eacute;e...).&nbsp; Pourquoi ?</span></span></span></span></p>
<p><span style="font-size: 12pt; font-family: Verdana; mso-fareast-font-family: 'Times New Roman'; mso-bidi-font-family: 'Times New Roman'; mso-ansi-language: FR; mso-fareast-language: FR; mso-bidi-language: AR-SA;"><span style="font-size: 12pt; font-family: Verdana; mso-fareast-font-family: 'Times New Roman'; mso-bidi-font-family: 'Times New Roman'; mso-ansi-language: FR; mso-fareast-language: FR; mso-bidi-language: AR-SA;"><span style="font-size: 12pt; font-family: Verdana; mso-fareast-font-family: 'Times New Roman'; mso-bidi-font-family: 'Times New Roman'; mso-ansi-language: FR; mso-fareast-language: FR; mso-bidi-language: AR-SA;"><span style="font-size: 12pt; font-family: Verdana; mso-fareast-font-family: 'Times New Roman'; mso-bidi-font-family: 'Times New Roman'; mso-ansi-language: FR; mso-fareast-language: FR; mso-bidi-language: AR-SA;">on pourrait ici invoquer la notion d'entropie appliqu&eacute;e &agrave; la philosophie, souvenons nous des phrases bouleversantes de Nietzsche &agrave; la fin d'Aurore, quand il d&eacute;crit le destin des "a&eacute;ronautes de l'esprit", c&eacute;dant &agrave; la fatigue au milieu de leur travers&eacute;e de l'Oc&eacute;an et heureux de trouver un r&eacute;cif o&ugrave; se reposer : <strong>"&agrave; toi aussi cela arrivera, comme &agrave; moi".</strong></span></span></span></span></p>
<p><span style="font-size: 12pt; font-family: Verdana; mso-fareast-font-family: 'Times New Roman'; mso-bidi-font-family: 'Times New Roman'; mso-ansi-language: FR; mso-fareast-language: FR; mso-bidi-language: AR-SA;"><span style="font-size: 12pt; font-family: Verdana; mso-fareast-font-family: 'Times New Roman'; mso-bidi-font-family: 'Times New Roman'; mso-ansi-language: FR; mso-fareast-language: FR; mso-bidi-language: AR-SA;"><span style="font-size: 12pt; font-family: Verdana; mso-fareast-font-family: 'Times New Roman'; mso-bidi-font-family: 'Times New Roman'; mso-ansi-language: FR; mso-fareast-language: FR; mso-bidi-language: AR-SA;"><span style="font-size: 12pt; font-family: Verdana; mso-fareast-font-family: 'Times New Roman'; mso-bidi-font-family: 'Times New Roman'; mso-ansi-language: FR; mso-fareast-language: FR; mso-bidi-language: AR-SA;"><strong>Mais c'est aussi, et d'abord, parce que la science de son temps n'est pas assez d&eacute;velopp&eacute;e pour permettre l'&eacute;dification d'une mathesis universalis : il faudra pour cela attendre Descartes.</strong></span></span></span></span></p>
<p><span style="font-size: 12pt; font-family: Verdana; mso-fareast-font-family: 'Times New Roman'; mso-bidi-font-family: 'Times New Roman'; mso-ansi-language: FR; mso-fareast-language: FR; mso-bidi-language: AR-SA;"><span style="font-size: 12pt; font-family: Verdana; mso-fareast-font-family: 'Times New Roman'; mso-bidi-font-family: 'Times New Roman'; mso-ansi-language: FR; mso-fareast-language: FR; mso-bidi-language: AR-SA;"><span style="font-size: 12pt; font-family: Verdana; mso-fareast-font-family: 'Times New Roman'; mso-bidi-font-family: 'Times New Roman'; mso-ansi-language: FR; mso-fareast-language: FR; mso-bidi-language: AR-SA;"><span style="font-size: 12pt; font-family: Verdana; mso-fareast-font-family: 'Times New Roman'; mso-bidi-font-family: 'Times New Roman'; mso-ansi-language: FR; mso-fareast-language: FR; mso-bidi-language: AR-SA;"><span style="text-decoration: underline;"><em><strong>"</strong>Mais, une fois que le philosophe a pris conscience des conditions qui lui permettent d&rsquo;affirmer la validit&eacute; d&rsquo;un raisonnement ne lui devient-il pas impossible de passer par-dessus ces conditions pour pr&eacute;senter comme rigoureusement &eacute;tabli ce qui en r&eacute;alit&eacute; ne l&rsquo;est point&nbsp;? Savoir et dire qu&rsquo;en s&rsquo;appuyant sur les m&eacute;thodes infaillibles de la g&eacute;om&eacute;trie on a fond&eacute; le progr&egrave;s ascendant d&rsquo;une dialectique, qui d&rsquo;antith&egrave;se en antith&egrave;se, parvient &agrave; l&rsquo;Unit&eacute; de la th&egrave;se inconditionnelle, c&rsquo;est savoir en m&ecirc;me temps que ces m&ecirc;mes m&eacute;thodes font d&eacute;faut lorsqu&rsquo;il s&rsquo;agit de retourner le sens de la dialectique, et de faire concourir l&rsquo;intelligible &agrave; l&rsquo;explication du sensible. Or, ce que Platon sait, il le dit. La physique v&eacute;ritable doit &ecirc;tre une physique math&eacute;matique, capable de r&eacute;soudre effectivement l&rsquo;intuition m&eacute;caniste de D&eacute;mocrite en combinaisons de rapports g&eacute;om&eacute;triques qui affronteraient victorieusement l&rsquo;&eacute;preuve de la r&eacute;alit&eacute;. En utilisant &laquo;&nbsp;par un raisonnement assez insolite&nbsp;&raquo; les maigres ressources de la science de son temps, Platon fait &oelig;uvre de proph&egrave;te plus que de pr&eacute;curseur&nbsp;: il d&eacute;limite du dehors le terrain o&ugrave; s&rsquo;&eacute;l&egrave;vera l&rsquo;&eacute;difice de la pens&eacute;e moderne. Mais pr&eacute;cis&eacute;ment la forme mythique du Tim&eacute;e atteste &agrave; quel point Platon a eu la claire conscience des exigences inh&eacute;rentes &agrave; la m&eacute;thode scientifique, et de la distance qu&rsquo;elles mettaient entre l&rsquo;esquisse d&rsquo;une solution et la solution elle-m&ecirc;me."</em></span></span></span></span></span></p>
<div style="mso-element: footnote-list;"><span style="font-size: small;">Seulement, il semble que cette explication, assez rassurante, ne suffise pas : il s'agit dd'avoir le courage de regarder la r&eacute;alit&eacute; en face, et cette r&eacute;alit&eacute;, la n&ocirc;tre, celle de ces derniers jours, mois, ou ann&eacute;es, est rien moins que rassurante ou exaltante: depuis l'imb&eacute;cilit&eacute; galopante de ces foules abjectes qui pleurent le "pauvre, si pauvre Mickael Jackson" jusqu'&agrave; la r&eacute;v&eacute;lation de l'escroquerie g&eacute;n&eacute;ralis&eacute;e sur laquelle est fond&eacute; le capitalisme financier am&eacute;ricain, et donc mondial..</span></div>
<p><span style="font-size: small;">Posons une bonne fois la question : </span></p>
<p><span style="font-size: small;"><strong>comment se fait il que l'intelligence de la science moderne, qui quoiqu'on en dise est accessible, en Occident tout au moins, &agrave; tous ceux qui veulent bien faire l'effort d'y acc&eacute;der (ce qui certes repr&eacute;sente un effort consid&eacute;rable), que cette intelligence donc ait produit autant de b&ecirc;tise et de "passions tristes" ?</strong></span></p>
<p><span style="font-size: small;">C'est ici &agrave; mon sens que doit se situer la n&eacute;cessaire et difficile prise de conscience de l'aporie de la condition humaine, de toute condition humaine qui est, puisque l'homme est un &ecirc;tre social, celle de toute vie en soci&eacute;t&eacute; : l'inad&eacute;quation de la politique de masse et de la philosophie rationnelle. Brunschvicg la d&eacute;peint, de mani&egrave;re implicite , dans les d&eacute;veloppements regroup&eacute;s sous le titre "philosophie et politique" (27-28-29&nbsp; sq ):</span></p>
<p><span style="font-size: small;"><span style="text-decoration: underline;"><em>"<strong style="mso-bidi-font-weight: normal;">29</strong>. Mais voici, au-dessous du plan id&eacute;aliste, une question qui, tout &eacute;trang&egrave;re qu&rsquo;elle est &agrave; la pure philosophie, va s&rsquo;imposer au patriotisme de Platon, pour infl&eacute;chir la courbe de sa carri&egrave;re et de sa pens&eacute;e. La sagesse du philosophe qui s&rsquo;est retir&eacute; du monde pour vivre dans l&rsquo;imitation de Dieu a, comme contre-partie in&eacute;vitable, la maladresse et la gaucherie qui le mettent hors d&rsquo;&eacute;tat de s&rsquo;appliquer aux affaires de la vie pratique, qui font de lui, comme jadis de Thal&egrave;s, la ris&eacute;e d&rsquo;une servante thrace. (Th&eacute;&eacute;t&egrave;te, 174 a.) Est-il l&eacute;gitime de se r&eacute;signer &agrave; cette s&eacute;paration de la vertu philosophique et de la r&eacute;alit&eacute; sociale, qui s&rsquo;est traduite, dans l&rsquo;histoire d&rsquo;Ath&egrave;nes, par des &eacute;v&eacute;nements tels que la condamnation de Socrate&nbsp;? N&rsquo;est-ce point manquer &agrave; l&rsquo;int&eacute;r&ecirc;t de l&rsquo;humanit&eacute; que de l&rsquo;abandonner aux opinions absurdes et aux passions d&eacute;sordonn&eacute;es de la multitude&nbsp;? et la misanthropie n&rsquo;est-elle point, en d&eacute;finitive, un p&eacute;ch&eacute; contre l&rsquo;esprit, au m&ecirc;me titre que la misologie&nbsp;? (Ph&eacute;don, 89 b.)"</em></span></span>
<p><span style="font-size: small;"><strong></strong></span></p>
<div style="mso-element: footnote-list;"><span style="font-size: small;"><strong>En d'autres termes: comment aider la foule &agrave; quitter les dieux des religions tribales, ethniques, populaires, pour le Dieu-Raison des philosophes et des savants , sans non plus courir le risque de les faire tomber dans les rets de l'ath&eacute;isme et du nihilisme (qui est celui de l'Occident actuel) ?</strong></span></div>
<p><span style="font-size: small;"><strong>Or Platon n'a pas la r&eacute;ponse....et Brunschvicg non plus... pas plus que Confucius, Bouddha, Badiou, Mao,&nbsp;L&eacute;nine, Mussolini, Sarkozy &nbsp;ou Obama....personne ne l'a !</strong></span></p>
<p><span style="font-size: small;"><strong>"</strong></span><span style="font-size: small;"><span style="text-decoration: underline;"><em>Mais ici encore intelligence oblige&nbsp;: la rigueur de la m&eacute;thode sur laquelle Platon avait fond&eacute; l&rsquo;ensemble de ses vues th&eacute;oriques lui interdisait de fermer les yeux sur l&rsquo;exacte port&eacute;e des applications dont elles &eacute;taient encore susceptibles. De m&ecirc;me que l&rsquo;arithm&eacute;tique et la g&eacute;om&eacute;trie de son temps ne lui paraissaient pas en &eacute;tat de porter le poids d&rsquo;une physique positive, m&ecirc;me de limiter &agrave; sa zone de positivit&eacute; le syst&egrave;me des math&eacute;matiques, qu&rsquo;elles l&rsquo;obligeaient &agrave; le prolonger en une dialectique des Id&eacute;es, de m&ecirc;me il a &eacute;t&eacute; le premier &agrave; reconna&icirc;tre qu&rsquo;une doctrine sociale, fond&eacute;e sur une discipline de la raison, ne pouvait pas devenir d&rsquo;elle-m&ecirc;me populaire, en raison des caract&egrave;res internes qui en conditionnent la structure et en justifient la v&eacute;rit&eacute;. La p&eacute;dagogie platonicienne, de par la nature m&ecirc;me de son probl&egrave;me, est au rouet, puisqu&rsquo;elle demande &agrave; s&rsquo;appuyer sur les instruments qu&rsquo;elle &agrave; pour t&acirc;che de cr&eacute;er.</em></span></span></p>
<p><em><span style="text-decoration: underline;"><span style="font-size: 12pt; font-family: Verdana; mso-fareast-font-family: 'Times New Roman'; mso-bidi-font-family: 'Times New Roman'; mso-ansi-language: FR; mso-fareast-language: FR; mso-bidi-language: AR-SA;">D&egrave;s lors, s&rsquo;il est d&eacute;cevant d&rsquo;attendre que la justice proc&egrave;de spontan&eacute;ment de la sagesse, et s&rsquo;il est pourtant interdit de d&eacute;sesp&eacute;rer du salut de l&rsquo;humanit&eacute;, il faudra, bon gr&eacute;, mal gr&eacute;, consentir &agrave; se placer en dehors du centre lumineux de l&rsquo;intelligence, et se r&eacute;signer &agrave; escompter les moyens de fortune gr&acirc;ce auxquels peut-&ecirc;tre on verra converger vers l&rsquo;h&eacute;g&eacute;monie de la sagesse les conditions de la r&eacute;alit&eacute; physique et de la r&eacute;alit&eacute; sociale. &laquo;&nbsp;Toutes les grandes choses sont hasardeuses, ou, comme on dit, toutes les belles choses sont difficiles dans la r&eacute;alit&eacute;.&nbsp;&raquo; (R&eacute;p., VI, 497 d.) A moins que les souverains ne se trouvent convertis &agrave; la philosophie v&eacute;ritable par une inspiration venue des Dieux, l&rsquo;av&egrave;nement de l&rsquo;&Eacute;tat juste suppose qu&rsquo;une n&eacute;cessit&eacute; </span><span style="font-size: 14pt; color: #993300; font-family: ">(</span><span style="font-size: 14pt; color: #993300; font-family: ">&#7936;</span>&nu;&#940;&gamma;&kappa;&eta;) s&rsquo;exerce sur le sage, mais cette fois de bas en <span style="font-size: 12pt; font-family: Verdana; mso-fareast-font-family: 'Times New Roman'; mso-bidi-font-family: 'Times New Roman'; mso-ansi-language: FR; mso-fareast-language: FR; mso-bidi-language: AR-SA;">haut, et pour op&eacute;rer comme une conversion &agrave; rebours. Il ne s&rsquo;agira de rien moins que de le contraindre &agrave; devenir ouvrier divin </span><span style="font-size: 14pt; color: #993300; font-family: ">(&delta;&eta;&mu;&iota;&omicron;&upsilon;&rho;&gamma;&#972;&sigmaf;)</span><span style="font-size: 12pt; font-family: Verdana; mso-fareast-font-family: 'Times New Roman'; mso-bidi-font-family: 'Times New Roman'; mso-ansi-language: FR; mso-fareast-language: FR; mso-bidi-language: AR-SA;"> de temp&eacute;rance, de justice, de vertu politique en g&eacute;n&eacute;ral. (VI, 500 d.)"</span></span></em></p>
<div style="mso-element: footnote-list;"><span style="font-size: small;">Or, si du moins nous choisissons le Dieu des philosophes plut&ocirc;t que le Dieu d'Abraham (puisque nous savons apr&egrave;s avoir lu Brunschvicg qu'ils sont inconciliables) nous savons (et non pas nous croyons) qu'il est vain d'attendre une inspiration venue des Dieux : c'est &agrave; nous de faire tout le travail, c'est &agrave; nous de "faire &ecirc;tre" le Dieu v&eacute;ritable, c'est &agrave; dire le Dieu qui est la V&eacute;rit&eacute;, par notre travail infini de recherche de la V&eacute;rit&eacute; qui s'appelle philosophie v&eacute;ritable, ou mathesis universalis.</span></div>
<div style="mso-element: footnote-list;"><span style="font-size: small;">Car souvenons nous de la formule "magique" (il faut bien une magie quelque part, m&ecirc;me chez les rationalistes imp&eacute;nitents) de Brunschvicg, que nous gagnerions &agrave; nous r&eacute;p&eacute;ter tous les matins au lever et tous les soirs au coucher :</span></div>
<div style="mso-element: footnote-list;"><strong><span style="font-size: small;">&nbsp;</span></strong></div>
<div style="mso-element: footnote-list;"><strong><span style="font-size: small;"><span style="color: #ff0000;">"la v&eacute;rit&eacute; est, le bien est, Dieu est" : telel est la triple formule du scepticisme, de l'immoralisme et de l'ath&eacute;isme</span></span></strong></div>
<strong></strong></p>
<p><strong><span style="font-size: small;"><span style="color: #ff0000;"><span style="color: #333333;">Si nous comptions sur l'inspiration et l'aide divine c'est que Dieu serait : or Dieu n'est pas, il <span style="color: #ff0000;"><span style="font-size: medium;">doit &ecirc;tre </span></span>(de par notre travail infini).</span></span></span></strong></p>
<p><strong><span style="font-size: small;"><span style="color: #ff0000;"><span style="color: #333333;">L'acheminement vers le Dieu des philosophes et des savants, qui est pure lumi&egrave;re intellectuelle et pure int&eacute;riorit&eacute;, ne peut se faire que par un choix libre : le libre choix entre raison et violence.</span></span></span></strong></p>
<p><span style="font-size: small;"><span style="color: #ff0000;"><span style="color: #333333;">C'&eacute;tait d&eacute;j&agrave; la pr&eacute;misse-axiome d'Eric Weil dans "Logique de la philosophie".</span></span></span></p>
<p><span style="font-size: small;"><span style="color: #ff0000;"><span style="color: #333333;">La libert&eacute;, ce n'est pas le libre arbitre, ce n'est pas la libert&eacute; de "faire ce qui me plait" : la seule libert&eacute; qui ait sens, c'est le libert&eacute; de penser, c'est &agrave; dire la libre recherche de la v&eacute;rit&eacute;. Seul un &ecirc;tre faillible, libre de se tromper, peut rechercher, et donc d&eacute;couvrir, la v&eacute;rit&eacute;.</span></span></span></p>
<p><span style="font-size: small;"><span style="color: #ff0000;"><span style="color: #333333;">C'est l&agrave; la diff&eacute;rence abyssale entre le Dieu des philosophes et le Dieu des fables et des nu&eacute;es, , le Dieu d'Abraham....</span></span></span></p>
<p><span style="font-size: small;"><span style="color: #ff0000;"><span style="color: #333333;"><strong>On ne peut pas "convertir" les hommes &agrave; la V&eacute;rit&eacute;, c'est &agrave; dire &agrave; la libre et d&eacute;sint&eacute;ress&eacute;e recherche de la v&eacute;rit&eacute;, contre leur gr&eacute;. Sinon il y a violence , et c'est bien le diagnostic de Brunschvicg &agrave; propos du dernier platonisme :</strong></span></span></span></p>
<p><span style="font-size: small;"><span style="color: #ff0000;"><span style="color: #333333;"><em><span style="text-decoration: underline;">"</span></em><span style="font-size: 12pt; font-family: Verdana; mso-fareast-font-family: 'Times New Roman'; mso-bidi-font-family: 'Times New Roman'; mso-ansi-language: FR; mso-fareast-language: FR; mso-bidi-language: AR-SA;"><span style="color: #000000;"><em><span style="text-decoration: underline;">Ainsi appara&icirc;t, dans l&rsquo;ordre pratique, ce m&ecirc;me appel &agrave; la violence qui pr&eacute;lude &agrave; l&rsquo;&oelig;uvre de la synth&egrave;se sp&eacute;culative. Le d&eacute;miurge de la Cit&eacute;, comme le d&eacute;miurge de l&rsquo;univers, se souvient des Id&eacute;es pour les appliquer &agrave; une mati&egrave;re rebelle&nbsp;: il regarde vers les imaginations informes et les d&eacute;sirs tumultueux de la multitude, afin d&rsquo;y faire p&eacute;n&eacute;trer du dehors l&rsquo;harmonie. Le recours &agrave; la dialectique aura donc lieu, d&eacute;sormais, non plus pour l&rsquo;usage interne et pour la v&eacute;rit&eacute;, mais pour l&rsquo;usage externe et pour l&rsquo;autorit&eacute;. La math&eacute;matique, instrument de la lumi&egrave;re spirituelle, destin&eacute;e &agrave; &eacute;clairer et &agrave; ennoblir, est d&eacute;tourn&eacute;e de son application normale, utilis&eacute;e afin d&rsquo;&eacute;blouir et d&rsquo;aveugler. L&rsquo;homme qui aura le mieux d&eacute;jou&eacute; les pi&egrave;ges sans cesse renaissants de l&rsquo;imagination, rejet&eacute; les symboles illusoires de la po&eacute;sie, qui aura m&eacute;rit&eacute; par l&agrave; d&rsquo;&ecirc;tre promu, ou oblig&eacute;, &agrave; la dignit&eacute; de l&eacute;gislateur, va, une fois devenu magistrat, produire une mythologie artificielle, et pousser l&rsquo;ironie du philosophe jusqu&rsquo;&agrave; imiter la majest&eacute; du pr&ecirc;tre, pour mieux en imposer aux foules cr&eacute;dules. Comme aux yeux du peuple pr&eacute;cision vaut exactitude, il fera ce que font les auteurs de cosmogonies et d&rsquo;Apocalypses, il dissimulera l&rsquo;extr&ecirc;me fantaisie de l&rsquo;invention sous l&rsquo;extr&ecirc;me minutie du d&eacute;tail&nbsp;; il forgera dans la R&eacute;publique l&rsquo;&eacute;nigme auguste du nombre sacr&eacute;. Et ce dialogue, qui devait transmettre &agrave; l&rsquo;Occident l&rsquo;h&eacute;ritage d&rsquo;une m&eacute;thode o&ugrave; s&rsquo;appuient, sur la fermet&eacute; incorruptible de l&rsquo;intelligence scientifique, la puret&eacute; de la spiritualit&eacute; religieuse et la puret&eacute; de la pratique morale, a pour conclusion paradoxale l&rsquo;imagination, avou&eacute;e comme telle, d&rsquo;une justice cosmique qui suivrait les cadres, qui refl&egrave;terait au dehors les exigences, de la justice sociale. La d&eacute;g&eacute;n&eacute;rescence s&rsquo;accentue encore de la R&eacute;publique aux Lois qui marquent comme un renoncement de l&rsquo;&oelig;uvre platonicienne &agrave; l&rsquo;esprit du platonisme&nbsp;: &laquo;&nbsp;L&rsquo;id&eacute;al de la R&eacute;publique y semble abandonn&eacute;. Il n&rsquo;y est plus question, en effet, ni de l&rsquo;&eacute;ducation des philosophes, ni de leur gouvernement, qui rend les lois inutiles. Au contraire, comme dans le Politique, Platon proclame la n&eacute;cessit&eacute; de celles-ci, et il les &eacute;tablit jusque dans le plus minutieux d&eacute;tail, avec une recherche fr&eacute;quente de l&rsquo;exactitude math&eacute;matique... Enfin, en liant aussi &eacute;troitement qu&rsquo;il l&rsquo;a fait la loi &agrave; la religion, il ne satisfait pas seulement sa croyance profonde &agrave; l&rsquo;universalit&eacute; de l&rsquo;ordre divin, il veut donner &agrave; la contrainte de la loi un surcro&icirc;t d&rsquo;efficacit&eacute;, l&rsquo;autorit&eacute; propre d&rsquo;une chose sacr&eacute;e&nbsp;.&nbsp;&raquo;"</span></em></span></span></span></span></span></p>
<p><span style="font-size: small;"><span style="color: #ff0000;"><span style="color: #333333;"><span style="font-size: 12pt; font-family: Verdana; mso-fareast-font-family: 'Times New Roman'; mso-bidi-font-family: 'Times New Roman'; mso-ansi-language: FR; mso-fareast-language: FR; mso-bidi-language: AR-SA;"><span style="color: #000000;">
<div style="mso-element: footnote-list;"><br /></div>
</span></span></span></span></span>
<p>&nbsp;</p>
<p style="mso-element: footnote-list;">&nbsp;<span style="font-size: small;"><strong>Cette violence est toujours et encore notre destin humain trop humain !</strong></span></p>
<p style="mso-element: footnote-list;"><span style="font-size: small;">Car aucun r&eacute;gime politique, m&ecirc;me affranchi des anciennes "lois religieuses", n'a trouv&eacute; la clef magique, le S&eacute;same ouvre toi de l'affranchissement intellectuel et donc de l'amour universel entre les "fr&egrave;res et soeurs humains".</span></p>
<p style="mso-element: footnote-list;"><span style="font-size: small;">tout s'est effondr&eacute; : christianisme politique ou social, islam, boudhisme, hindouisme, communisme, fascisme, capitalisme...</span></p>
<p style="mso-element: footnote-list;"><span style="font-size: small;">Et nous nous retrouvons, h&eacute;b&eacute;t&eacute;s, au milieu du chaos et des ruines...</span></p>
<p style="mso-element: footnote-list;"><span style="font-size: small;">pouvons nous compter sur un rel&egrave;vement "miraculeux", par le libre choix de tous de la libre recherche rationnelle de la v&eacute;rit&eacute; ?</span></p>
<p style="mso-element: footnote-list;"><span style="font-size: small;">je ne le crois pas, car non seulement les conditions n'en sont pas r&eacute;unies, mais les conditions de l'attitude inverse, de l'asservissement g&eacute;n&eacute;ralis&eacute; aux instincts m&eacute;diocres,, r&egrave;gnent...</span></p>
<p style="mso-element: footnote-list;"><span style="font-size: small;">comme le disait Brunschvicg quelques temps avant la d&eacute;b&acirc;cle de 1940, o&ugrave; il fut emport&eacute; comme les autres, avant tous les autres :</span></p>
<p style="mso-element: footnote-list;"><span style="font-size: small;"><strong>"le sommet s'&eacute;l&egrave;ve, la base s'enfonce"</strong></span></p>
</p>]]></description>
<category>Philosophie</category>
<pubDate>Mon, 29 Jun 2009 14:16:59 +0000</pubDate>
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</item>
<item>
<title>Un manifeste pour refonder l'université française</title>
<link>http://www.blogg.org/blog-76490-billet-1025793.html</link>
<description><![CDATA[<p><em><strong><span style="color: #0000ff;">pour signer ce texte :</span></strong></em></p>
<p><em><strong></strong></em></p>
<p><em><strong><span style="color: #ff0000;">&nbsp;</span></strong></em><a title="http://petitions.alter.eu.org/index.php?petition=7" onclick="return top.js.OpenExtLink(window,event,this)" href="http://petitions.alter.eu.org/index.php?petition=7" target="_blank"><em><strong><span style="color: #ff0000;">http://petitions.alter.eu.org/index.php?petition=7</span></strong></em></a></p>
<p>&nbsp;</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>&nbsp;</p>
<h1><span style="font-size: x-large;">Refonder l'Universit&eacute; fran&ccedil;aise</span></h1>
<p>&nbsp;</p>
<h2><span style="font-size: large;">Pr&eacute;ambule</span></h2>
<p><strong>Il est d&eacute;sormais &eacute;vident que l'Universit&eacute; fran&ccedil;aise n'est plus seulement en crise. Elle est, pour nombre de ses composantes, &agrave; peu pr&egrave;s &agrave; l'agonie</strong>. Qu'on comprenne bien ce que cela signifie. L'Universit&eacute; n'est pas tout l'enseignement sup&eacute;rieur fran&ccedil;ais. Les classes pr&eacute;paratoires, celles de BTS, les IUT (lesquels font formellement partie des universit&eacute;s), et l'ensemble des petites, moyennes ou grandes &eacute;coles, publiques ou priv&eacute;es recrutent largement. Mais c'est au d&eacute;triment des formations universitaires, que les &eacute;tudiants d&eacute;sertent de plus en plus, et cela tout particuli&egrave;rement pour les &eacute;tudes scientifiques. Le secteur non universitaire de l'enseignement sup&eacute;rieur offre des formations techniques et professionnelles, parfois de qualit&eacute;, mais parfois aussi tr&egrave;s m&eacute;diocres. M&ecirc;me si la situation &eacute;volue depuis quelques ann&eacute;es pour sa fraction sup&eacute;rieure (les &laquo; grandes &eacute;coles &raquo;), ce secteur n'a pas vocation &agrave; d&eacute;velopper la recherche et &agrave; donner des outils de culture et de pens&eacute;e, et gu&egrave;re les moyens humains et scientifiques de le faire. C'est dans les universit&eacute;s que l'on trouve la grande majorit&eacute; des savants, des chercheurs et des professionnels de la pens&eacute;e. Pourtant, alors qu'on &eacute;voque l'&eacute;mergence d'une &laquo; soci&eacute;t&eacute; de la connaissance &raquo;, nos universit&eacute;s ont de moins en moins d'&eacute;tudiants et ceux-ci sont rarement les meilleurs. Une telle situation est absurde. Dans aucun pays au monde l'Universit&eacute; n'est ainsi le maillon faible de l'enseignement sup&eacute;rieur.</p>
<p>Le processus engag&eacute; depuis d&eacute;j&agrave; plusieurs d&eacute;cennies ne conduit pas &agrave; la r&eacute;forme de l'Universit&eacute; fran&ccedil;aise, mais &agrave; son contournement. Il ne s'agit pas en disant cela de d&eacute;noncer un quelconque complot, mais de prendre acte de la dynamique d'un syst&egrave;me &agrave; laquelle chacun contribue par ses &laquo; petites d&eacute;cisions &raquo; ou par sa politique : les &eacute;tudiants, leurs familles, les lyc&eacute;es, publics et priv&eacute;s, les entrepreneurs d'&eacute;ducation, les collectivit&eacute;s locales et, in fine, l'&Eacute;tat lui-m&ecirc;me. Le d&eacute;clin de l'Universit&eacute;, mat&eacute;riel, financier et moral, est d&eacute;sormais bien trop avanc&eacute; pour qu'on puisse se borner &agrave; repousser les r&eacute;formes propos&eacute;es. Si des solutions susceptibles de r&eacute;unir un tr&egrave;s large consensus parmi les universitaires et les chercheurs mais aussi au sein de l'ensemble de la soci&eacute;t&eacute; fran&ccedil;aise ne sont pas tr&egrave;s rapidement formul&eacute;es, la catastrophe culturelle et scientifique sera consomm&eacute;e. Or de qui de telles propositions pourraient-elles proc&eacute;der sinon des universitaires eux-m&ecirc;mes ? C'est dans cet esprit que les signataires du pr&eacute;sent manifeste, tr&egrave;s divers dans leurs choix politiques ou id&eacute;ologiques, y compris dans leur appr&eacute;ciation de la loi LRU, ont tent&eacute; d'identifier les points sur lesquels un tr&egrave;s large accord pouvait r&eacute;unir tous les universitaires responsables et conscients des enjeux. L'enjeu n'est rien moins que de refonder l'Universit&eacute; fran&ccedil;aise en la repla&ccedil;ant au centre de l'enseignement sup&eacute;rieur.</p>
<p>&nbsp;</p>
<h2>Propositions</h2>
<p><em>1. Quant &agrave; la place de l'Universit&eacute;</em></p>
<p>Une des principales raisons du marasme de l'Universit&eacute; fran&ccedil;aise est qu'elle se trouve en situation de concurrence d&eacute;loyale avec tout le reste du syst&egrave;me d'enseignement sup&eacute;rieur (classes pr&eacute;paratoires et de BTS, IUT, &eacute;coles de tous types et de tous niveaux), toutes institutions en g&eacute;n&eacute;ral mieux dot&eacute;es <em>per capita</em> et davantage ma&icirc;tresses du recrutement de leur public. On touche l&agrave; &agrave; un des non-dits r&eacute;currents de toutes les r&eacute;formes qui se sont succ&eacute;d&eacute; en France. Cette situation est d'autant plus d&eacute;l&eacute;t&egrave;re que la gestion de l'enseignement sup&eacute;rieur dans son ensemble d&eacute;pend d'autorit&eacute;s minist&eacute;rielles et administratives distinctes (l'enseignement secondaire pour les classes pr&eacute;paratoires et les STS, les minist&egrave;res sectoriels pour les &eacute;coles professionnelles diverses), voire &eacute;chappe &agrave; tout contr&ocirc;le politique. Imagine-t-on un minist&egrave;re de la Sant&eacute; qui n'ait que la tutelle des h&ocirc;pitaux publics ! La condition premi&egrave;re d'une refondation de l'Universit&eacute; est donc que le minist&egrave;re de l'Enseignement sup&eacute;rieur exerce une responsabilit&eacute; effective sur <em>l'ensemble</em> de l'enseignement sup&eacute;rieur, public ou priv&eacute;, g&eacute;n&eacute;raliste ou professionnel. C'est &agrave; cette condition imp&eacute;rative qu'il deviendra possible d'&eacute;tablir une v&eacute;ritable politique de l'enseignement sup&eacute;rieur en France et de d&eacute;finir la place qui revient &agrave; l'Universit&eacute; dans l'ensemble de l'enseignement sup&eacute;rieur.</p>
<p>Plus sp&eacute;cifiquement, un tel minist&egrave;re aura pour mission premi&egrave;re de cr&eacute;er un grand service public prop&eacute;deutique de premier cycle r&eacute;unissant (ce qui ne veut pas dire normalisant dans un cycle uniforme) IUT, BTS, classes pr&eacute;paratoires et cursus universitaires de licence. Il lui faudra &eacute;galement proc&eacute;der &agrave; une sorte d'hybridation entre la logique p&eacute;dagogique des classes sup&eacute;rieures de l'enseignement secondaire et des &eacute;coles professionnelles d'une part, et celle des universit&eacute;s d'autre part ; c'est-&agrave;-dire introduire davantage l'esprit de recherche dans les premi&egrave;res et, sym&eacute;triquement, renforcer l'encadrement p&eacute;dagogique dans les secondes.</p>
<p><br /><em>2. Quant aux missions de l'Universit&eacute;</em></p>
<p>La mission premi&egrave;re de l'Universit&eacute; est de produire et de transmettre des savoirs &agrave; la fois l&eacute;gitimes et innovants. Assur&eacute;ment, d'autres missions lui incombent &eacute;galement. Elle ne peut notamment se d&eacute;sint&eacute;resser de l'avenir professionnel des &eacute;tudiants qu'elle forme. Elle est par ailleurs responsable de la qualit&eacute; de la formation initiale et continue qu'elle d&eacute;livre et de la transmission des moyens intellectuels, scientifiques et culturels &agrave;-m&ecirc;me d'assurer une citoyennet&eacute; d&eacute;mocratique &eacute;clair&eacute;e.</p>
<p>Deux principes doivent commander l'articulation entre ces diff&eacute;rentes missions : d'une part, le souci primordial de la qualit&eacute; et de la fiabilit&eacute; des connaissances produites et transmises ; d'autre part, la distinction n&eacute;cessaire entre missions des universit&eacute;s et missions des universitaires, soit entre ce qui incombe &agrave; l'&eacute;tablissement consid&eacute;r&eacute; globalement et ce qui incombe individuellement aux enseignants-chercheurs et chercheurs.</p>
<p>Parce qu'une universit&eacute; doit &ecirc;tre administr&eacute;e, p&eacute;dagogiquement et scientifiquement, et se pr&eacute;occuper de la destin&eacute;e professionnelle de ses &eacute;tudiants, il est n&eacute;cessaire qu'elle dispose en quantit&eacute; et en qualit&eacute; suffisante de personnels administratifs et techniques sp&eacute;cialis&eacute;s dans ces t&acirc;ches. Il incombe en revanche &agrave; des universitaires volontaires d'en assurer le pilotage. D'importantes d&eacute;charges de service d'enseignement doivent alors leur &ecirc;tre octroy&eacute;es.<br /><br />Quant au service d'enseignement lui-m&ecirc;me, sauf heures compl&eacute;mentaires librement choisies, il ne saurait exc&eacute;der les normes pr&eacute;c&eacute;demment en vigueur. De m&ecirc;me, le r&eacute;gime d'ann&eacute;es ou semestres sabbatiques de recherche, qui est la norme dans toutes les universit&eacute;s du monde, doit &ecirc;tre &agrave; la hauteur de la vocation intellectuelle de l'Universit&eacute;, et non plus g&eacute;r&eacute; de fa&ccedil;on malthusienne.</p>
<p><br /><em>3. Quant aux cursus</em></p>
<p>Il convient de distinguer clairement l'acc&egrave;s &agrave; l'enseignement sup&eacute;rieur pour les bacheliers et l'acc&egrave;s aux masters.</p>
<p>En ce qui concerne l'entr&eacute;e en licence, il convient de rappeler que le principe du libre acc&egrave;s de tout bachelier &agrave; l'enseignement sup&eacute;rieur est, en France, un des symboles m&ecirc;mes de la d&eacute;mocratie, le pilier d'un droit &agrave; la formation pour tous. Il n'est ni possible ni souhaitable de revenir sur ce principe. Mais il n'en r&eacute;sulte pas, dans l'int&eacute;r&ecirc;t m&ecirc;me des &eacute;tudiants, que n'importe quel baccalaur&eacute;at puisse donner acc&egrave;s de plein droit &agrave; n'importe quelle fili&egrave;re universitaire. Pour pouvoir accueillir &agrave; l'Universit&eacute; les divers publics issus des baccalaur&eacute;ats, il faut y cr&eacute;er aussi des parcours diff&eacute;renci&eacute;s. Seule une modulation des formations pourra permettre de concilier les deux versants de l'id&eacute;al universitaire d&eacute;mocratique : l'excellence scientifique, raison d'&ecirc;tre de l'Universit&eacute;, et le droit &agrave; la formation pour tous, qui la fonde en tant que service public. Il convient donc &agrave; la fois de permettre une remise &agrave; niveau de ceux qui ne peuvent acc&eacute;der imm&eacute;diatement aux exigences universitaires par exemple en cr&eacute;ant des cursus de licence en 4 ans , et de renforcer la formation pour d'autres publics, par exemple en cr&eacute;ant des licences bi-disciplinaires qui incarnent une des traductions concr&egrave;tes possibles de l'id&eacute;al d'interdisciplinarit&eacute;, si souvent proclam&eacute; et si rarement respect&eacute;. Il convient du m&ecirc;me coup que l'Universit&eacute; puisse s&eacute;lectionner ses futurs &eacute;tudiants selon des modalit&eacute;s diverses, permettant d'identifier les perspectives d'orientation des &eacute;tudiants et d'y associer un cursus adapt&eacute;.</p>
<p>Une telle modification des r&egrave;gles du jeu universitaire ne peut toutefois &ecirc;tre introduite sans qu'elle s'accompagne d'une am&eacute;lioration substantielle de la condition &eacute;tudiante en termes de financement et de conditions de travail. Le refus actuel de regarder en face la vari&eacute;t&eacute; des publics &eacute;tudiants conduit en effet &agrave; leur paup&eacute;risation et &agrave; la d&eacute;gradation de leur situation mat&eacute;rielle et intellectuelle au sein des Universit&eacute;s. L'id&eacute;e d'un capital minimum de d&eacute;part attribu&eacute; &agrave; chaque &eacute;tudiant m&eacute;rite &agrave; cet &eacute;gard d'&ecirc;tre envisag&eacute;e.</p>
<p>En ce qui concerne les &eacute;tudes de master, il est, de toute &eacute;vidence, indispensable d'instaurer une s&eacute;lection &agrave; l'entr&eacute;e en premi&egrave;re ann&eacute;e et non en deuxi&egrave;me ann&eacute;e, comme c'est le cas actuellement en application de la r&eacute;forme des cursus de 2002 qui a cr&eacute;&eacute; le grade de master (syst&egrave;me &laquo; LMD &raquo;). La rupture ainsi introduite au sein du cycle d'&eacute;tudes de master a d'embl&eacute;e fragilis&eacute; ces nouveaux dipl&ocirc;mes, en comparaison des anciens DEA et DESS qu'ils rempla&ccedil;aient. Il faut &eacute;galement supprimer la distinction entre masters professionnels et masters recherche qui conduit paradoxalement &agrave; drainer vers les cursus professionnels les meilleurs &eacute;tudiants, ceux qui seraient pr&eacute;cis&eacute;ment en mesure de mener des &eacute;tudes doctorales.</p>
<p><br /><em>4. Quant &agrave; la gouvernance</em></p>
<p>Tout le monde s'accorde sur la n&eacute;cessaire autonomie des universit&eacute;s. Mais ce principe peut &ecirc;tre interpr&eacute;t&eacute; de mani&egrave;res diam&eacute;tralement oppos&eacute;es. Sur ce point la discussion doit &ecirc;tre largement ouverte, mais ob&eacute;ir &agrave; un double souci. D'une part, il convient de ne pas confondre autonomie de gestion (principalement locale) et autonomie scientifique (indissociable de garanties statutaires nationales). D'autre part, pour assurer la vitalit&eacute; d&eacute;mocratique et scientifique des collectifs d'enseignants-chercheurs, qui forment en propre l'Universit&eacute;, il est indispensable de concevoir des montages institutionnels qui assurent au corps universitaire de r&eacute;els contre-pouvoirs face aux pr&eacute;sidents d'Universit&eacute; et aux conseils d'administration, ce qui suppose des am&eacute;nagements significatifs de la loi LRU. Il faut, en somme, redonner au principe de la coll&eacute;gialit&eacute; universitaire la place d&eacute;terminante qui lui revient et qui caract&eacute;rise l'institution universitaire dans toutes les soci&eacute;t&eacute;s d&eacute;mocratiques. Le renouveau de ce principe de coll&eacute;gialit&eacute; doit aller de pair avec une r&eacute;forme du recrutement des universitaires qui permette d'&eacute;chapper au client&eacute;lisme et au localisme.</p>
<p>Par ailleurs il est clair que l'autonomie ne peut avoir de sens que pour des universit&eacute;s qui voient leurs ressources augmenter et qui n'h&eacute;ritent pas seulement de dettes. En ce qui concerne la recherche, cela signifie que les ressources de financement propos&eacute;es sur appels d'offre par les agences ne soient pas pr&eacute;lev&eacute;es sur les masses budg&eacute;taires ant&eacute;rieurement d&eacute;di&eacute;es aux subventions de financement des laboratoires, mais viennent s'y ajouter. De mani&egrave;re plus g&eacute;n&eacute;rale, en mati&egrave;re de recherche, il convient de mettre un terme &agrave; la concurrence g&eacute;n&eacute;ralis&eacute;e entre &eacute;quipes, induite par la g&eacute;n&eacute;ralisation du financement contractuel, lequel engendre souvent un v&eacute;ritable gaspillage des ressources, en garantissant aux laboratoires un certain volume de soutien financier inconditionnel accord&eacute; <em>a priori</em> et &eacute;valu&eacute; <em>a posteriori</em>, notablement plus important qu'il ne l'est aujourd'hui.</p>
<p>&nbsp;</p>
<h2>Conclusion</h2>
<p>Bien d'autres points m&eacute;riteraient assur&eacute;ment d'&ecirc;tre pr&eacute;cis&eacute;s. Mais les principes &eacute;nonc&eacute;s ci-dessus suffisent &agrave; dessiner les contours d'une Universit&eacute; digne de ce nom. Nous appelons donc tous ceux de nos coll&egrave;gues et nous esp&eacute;rons qu'ils repr&eacute;sentent la tr&egrave;s grande majorit&eacute; de la communaut&eacute; universitaire et scientifique &agrave; nous rejoindre en signant ce Manifeste &agrave; l'adresse internet suivante. Celui-ci pourrait servir de point de d&eacute;part &agrave; une v&eacute;ritable n&eacute;gociation, et non &agrave; des simulacres de concertation, et &ecirc;tre &agrave; la base d'une auto-organisation d'&Eacute;tats g&eacute;n&eacute;raux de l'Universit&eacute;.</p>
<p>&nbsp;</p>]]></description>
<category>actualit&#195;&#169;</category>
<pubDate>Wed, 20 May 2009 15:24:40 +0000</pubDate>
<guid>http://www.blogg.org/blog-76490-billet-1025793.html</guid>
</item>
<item>
<title>Mathesis universalis, totalité et savoir absolu</title>
<link>http://www.blogg.org/blog-76490-billet-990890.html</link>
<description><![CDATA[<p><strong>"La totalit&eacute;</strong>", de <strong>Christian Godin</strong>, est une somme consid&eacute;rable de savoir qu'il ne saurait &ecirc;tre question d'aborder de front, "par la face Nord", ici.</p>
<p>Il le faudrait pourtant bien, car elle repr&eacute;sente la pens&eacute;e exactement inverse de celle qui sous-tend les travaux effectu&eacute;s ici : h&eacute;g&eacute;lienne et "totalisante", alors que nous choisissons de "casser" toute totalit&eacute; ou ce qui se pr&eacute;tendrait tel, comme figure du sens commun non inform&eacute; du paradoxe de Russell, ou ne le prenant pas au s&eacute;rieux.</p>
<p>On l'abordera donc par petits bouts, et pour commencer, &eacute;videmment, par la "Mathesis universalis", celle de Descartes , Leibniz et des rationalistes de l'&acirc;ge classiques mais aussi leurs pr&eacute;decesseurs du Moyen age ou m&ecirc;me de l'antiquit&eacute;, puisqu' il est &eacute;vident que la Mathesis universalis ne sort pas toute arm&eacute;e du cerveau de Descartes lors de sa "nuit de songes" du 10 au 11 novembre 1618 dans son "po&euml;le" , telle Ath&eacute;na de la t&ecirc;te de Zeus...les projets de Pansophie et de "Clavis universalis" en sont &eacute;videmment les anc&ecirc;tres, l&eacute;gitimes ou ill&eacute;gitimes, c'est &agrave; voir...</p>
<p>Godin en parle surtout dans le tome 2 de son magnum opus, consacr&eacute; aux "pens&eacute;es totalisantes", et au tome 3, consacr&eacute; &agrave; la philosophie.</p>
<p>On trouve ces deux ouvrages sur Google en "affichage d'extraits limit&eacute;s", mais pour ce qui nous occupe ici, tout ce qu'il est important de lire est accessible, cela ne fait que quelques pages ; voici les liens :</p>
<p>Tome 2 : (les pages importantes &nbsp;&agrave; lire sont : 513 &agrave; 515, 517, 521, 524, 526, 528, 529, 532, 533 &agrave; 536, 539 etc...</p>
<p><a href="http://books.google.fr/books?id=KfVjQazUanUC&amp;pg=PA514&amp;lpg=PA514&amp;dq=mathesis+universalis+Godin&amp;source=bl&amp;ots=GSmgiHLRGx&amp;sig=gVr6UKaSoOgo5HJI4xexA5PTBA4&amp;hl=fr&amp;ei=PJW2SfW5CqTEjAeo0fCrCQ&amp;sa=X&amp;oi=book_result&amp;resnum=1&amp;ct=result#PPA513,M1">http://books.google.fr/books?id=KfVjQazUanUC&amp;pg=PA514&amp;lpg=PA514&amp;dq=mathesis+universalis+Godin&amp;source=bl&amp;ots=GSmgiHLRGx&amp;sig=gVr6UKaSoOgo5HJI4xexA5PTBA4&amp;hl=fr&amp;ei=PJW2SfW5CqTEjAeo0fCrCQ&amp;sa=X&amp;oi=book_result&amp;resnum=1&amp;ct=result#PPA513,M1</a></p>
<p>Tome 3 : (voir surtout le chapitre sur Descartes, page 534 &agrave; 545, certaines manquent sur google mais on arrive &agrave; se faire une id&eacute;e assez exacte de ce que godin a voulu dire&nbsp;)</p>
<p>&nbsp;<a href="http://books.google.fr/books?id=0yr554JtGzUC&amp;pg=PA239&amp;lpg=PA239&amp;dq=totalite+godin+mathesis+universalis&amp;source=bl&amp;ots=eDSDhc9hCH&amp;sig=VAAmTdTxp2T7cC6iwl-elcEfGHA&amp;hl=fr&amp;ei=-4C3Se-kMOTGjAeW1-SdCQ&amp;sa=X&amp;oi=book_result&amp;resnum=1&amp;ct=result#PPA241,M1">http://books.google.fr/books?id=0yr554JtGzUC&amp;pg=PA239&amp;lpg=PA239&amp;dq=totalite+godin+mathesis+universalis&amp;source=bl&amp;ots=eDSDhc9hCH&amp;sig=VAAmTdTxp2T7cC6iwl-elcEfGHA&amp;hl=fr&amp;ei=-4C3Se-kMOTGjAeW1-SdCQ&amp;sa=X&amp;oi=book_result&amp;resnum=1&amp;ct=result#PPA241,M1</a></p>
<p>Il y a deux mani&egrave;res d'envisager la notion de Totalit&eacute; : selon l'&ecirc;tre, ou selon le savoir. La premi&egrave;re est na&icirc;ve et pr&eacute;-philosophique, et l'on s'en rend facilement compte en observant qu'elle se ram&egrave;ne en somme &agrave; la seconde, au domaine du savoir, de la pens&eacute;e. Car pour former des totalit&eacute;s (selon certains crit&egrave;res sp&eacute;cifiques) il faut un &ecirc;tre qui pense, qui &eacute;value, qui compte, et qui juge. Et si le fameux "<strong>E&nu; &tau;&omicron; &pi;&alpha;&nu;</strong>"&nbsp; grec ("Un est le Tout") est juste, il doit &ecirc;tre interpr&eacute;t&eacute; sous la forme d'une &eacute;quation "conceptuelle" : Tout = Un (visible dans la th&eacute;orie ddes cat&eacute;gories avec l'axiome assertant qu'il existe un morphisme identit&eacute; en tout objet).</p>
<p>Nous sommes donc ramen&eacute;s &agrave; l'Un, au savoir et &agrave; la connaissance donc; l&agrave; encore, comme le fait remarquer Godin page 513 volume 2, il y a deux mani&egrave;res de prendre une vue compl&egrave;te d'un paysage : en le parcourant enti&egrave;rement, ou bien en montant sur une hauteur et en "embrassant d'un seul coup d'oeil", d'un "oeil d'aigle", la totalit&eacute; du paysage.</p>
<p>Ce qui correspond pour le domaine du savoir aux deux approches : <strong>encyclop&eacute;dique</strong>&nbsp; (faire un tour exhaustif des diff&eacute;rents domaines du savoir) , ou bien <strong>unitive</strong>:"saisir l'unit&eacute; profonde des connaissances et (par) la mise au jour des<br />principes".<br /><br />ou encore, ajoute Godin : d'un c&ocirc;t&eacute; ceux qui font pr&eacute;dominer totalit&eacute; sur unit&eacute;<br />(les encyclop&eacute;diques), de l'autre ceux qui privil&eacute;gient l'unit&eacute; (les<br /><strong>mathematikoi</strong>, les gens du math&egrave;me, ou plut&ocirc;t de la mathesis).<br /><br />Notre balisage sur unit&eacute; et totalit&eacute; quelques lignes plus haut nous force en<br />quelque sorte &agrave; choisir la seconde approche, qui est &eacute;videmment celle de la<br />Mathesis universalis : car totaliser c'est d&eacute;j&agrave; se placer sur le plan du savoir,<br />ou en tout cas de l'abstraction, et c'est d&eacute;j&agrave; unifier, comme le montre le cas<br />des ensembles math&eacute;matiques.<br /><br />C'est aussi ce que constate Descartes, voir volume 3 de Godin, pages 239 &agrave; 241)<br />qui refuse de fonder comme Aristote la totalisation unitaire sur l'ousia, mais<br />choisit de l'&eacute;difier sur l'humana sapientia, l'humaine sagesse, qui comme le<br />Soleil est partout et toujours la m&ecirc;me.<br /><br />Descartes est selon moi le plus grand penseur qui ait jamais paru sur la sc&egrave;ne<br />du monde, et il est aussi le penseur le plus important, celui qu'il faut<br />pr&eacute;f&eacute;rer &agrave; tous les autres, en nos temps de d&eacute;tresse nihiliste et<br />relativiste-multiculturaliste : je ne connais pas d'antidote plus fort que<br />l'unit&eacute; partout et toujours de l'humana sapientia, qui est la Mathesis<br />universalis, contre le poison post-moderne du relativisme multiculturel, qui est<br />en fait &agrave; l'origine du <strong>nazisme</strong>, comme sans doute demain de l'<strong>islamisme</strong> qui va<br />faire basculer l'Europe dans l'horreur sanglante, pour nos descendants des<br />ann&eacute;es 2050-2100. Seul Descartes peut encore nous sauver <img title="Clin d'oeil" src="http://www.blogg.org/admin/jscripts/tiny_mce/plugins/emotions/img/smiley-wink.gif" border="0" alt="Clin d'oeil" />.... mais h&eacute;las il est<br />de bon ton de nos jours de le rejeter dans les t&eacute;n&egrave;bres ext&eacute;rieures au "camp<br />des saints" : tout admirateur de Descartes est imm&eacute;diatement suspect&eacute;, voire<br />accus&eacute; sans autre forme de proc&egrave;s, d'eurocentrisme, autant dire de racisme...<br /><br />Descartes est aussi ce penseur qui refuse la conception encyclop&eacute;diste du savoir<br />au nom d'un savoir total : la Mathesis universalis, la science UNE de toutes les<br />sciences. Et il ne peut le faire qu'apr&egrave;s avoir r&eacute;fut&eacute;, dans les premi&egrave;re des<br />R&eacute;gles pour la direction de l'esprit, l'argument selon lequel une connaissance<br />totale serait impossible il est certes impossible de ma&icirc;triser tous les arts, ou<br />tous les m&eacute;tiers, parce qu'il ne sont pas reli&eacute;s entre eux, et que le temps de<br />vie est fini; mais les sciences, par contre, "vont ensemble", ou encore sont<br />organis&eacute;es comme une cat&eacute;gorie math&eacute;matique, avec des fl&egrave;ches les reliant toutes<br />l'une &agrave; l'autre.<br /><br />Les Regulae sont sans doute, avec le Discours et les Meditationes, l'ouvrage le<br />plus important de Descartes, le seul o&ugrave; il parle de la Mathesis universalis,<br />dont il avait eu la "r&eacute;v&eacute;lation" au cours de la nuit de songes (&eacute;voqu&eacute;e par<br />Godin au volume 3, page 238) de 1619. Je ne trouve sur Internet que la version<br />latine de cet ouvrage, par exmple &agrave; :<br /><br /><a href="http://pedagogie.ac-toulouse.fr/philosophie/descregulae.htm"><span style="COLOR: #9136ad; FONT-FAMILY: ">http://pedagogie.ac-toulouse.fr/philosophie/descregulae.htm</span></a><br /><br />Ce n'est pas du latin de Cic&eacute;ron, on arrive &agrave; lire en gros, mais je ne me<br />risquerai cependant pas &agrave; traduire la belle image qui assimile la sagesse<br />humaine au soleil, qui figure au commentaire de la R&egrave;gle 1 :<br /><br /><em><span style="text-decoration: underline;">"Nam cum scientiae omnes nihil aliud sint quam humana scientia, quae semper una<br />et eadem manet, quantumvis differentibus subjectis applicata, nec majorem ab<br />illis distinctionem mutuatur, quam solis lumen a reum, quas illustrat,<br />varietate, non opus est ingenia limitibus ullis cohibere: neque enim nos unius<br />veritatis cognitio, veluti unius artis usus, ab alterius inventione dimovet, sed<br />potius juvat"<br /></span></em><br /><br />La <strong>Mathesis universalis</strong> est donc un projet de totalit&eacute;, c'est son "atavisme" pr&eacute;-moderne (pr&eacute;-cart&eacute;sien, si l'on veut) , mais par l'unit&eacute; du savoir, c'est ce en quoi elle est moderne, cart&eacute;sienne. On la refusera en bloc si l'on consid&egrave;re, comme la majorit&eacute; de nos contemporains, et la quasi-totalit&eacute; des "scientifiques" que l'&eacute;quation <strong>totalit&eacute; = totalitarisme</strong>, est, certes un peu simpliste, mais en gros valide. Nous ne faisons pas ici ce choix l&agrave;...</p>
<p>mais il reste pas mal de choses &agrave; &eacute;claircir ! l'alternative de la Mathesis universalis, parmi les projets de totalit&eacute;, c'est &eacute;videmment le <strong>Savoir absolu h&eacute;g&eacute;lien</strong>. Godin semble dire (et m&ecirc;me dit explicitement) qu'il r&eacute;alise la synth&egrave;se des deux points de vue, encyclop&eacute;dique et unitaire. Et il semble avoir un avantage, &agrave; nos propres yeux, c'est qu'il est r&eacute;alisable ici et maintenant, dans une conscience singuli&egrave;re parvenant &agrave; s'universaliser compl&egrave;tement, ce qui signerait la fin de l'Histoire (impossible , selon certains autres interpr&egrave;tes de Hegel). Et l'on sait que Hegel place la math&eacute;matique, sinon la Mathesis, &agrave; une place subalterne par rapport au Logos&nbsp;, qu'il affirme incarner&nbsp;totalement pour la premi&egrave;re fois dans l'Histoire.&nbsp;</p>
<p>Christian Godin rappelle aussi opportun&eacute;ment , apr&egrave;s <strong>Courtine</strong>, que la r&egrave;gle 4 des Regulae interdit de confondre Mathesis universalis et math&eacute;matique universelle. La <strong>mathesis</strong> est la source, ou la condition de possibilit&eacute;,&nbsp; de la math&eacute;matique comme des autres sciences; elle ne retient comme objet que l'ordre et la mesure. Elle peut aussi &ecirc;tre consid&eacute;r&eacute;e comme la m&eacute;thode, ou plut&ocirc;t ce qui fonde et assure l'unit&eacute; de la m&eacute;thode dans les sciences, qui ne sont que branches de l'arbre, unique, &nbsp;de la science.</p>
<p>Par rapport &agrave; la Mathesis universalis cart&eacute;sienne, celle de Leibniz appara&icirc;t comme une d&eacute;ch&eacute;ance , une rechute dans le langage et les logo&icirc;, dont nous avons reconnu l'inanit&eacute; par rapport aux mathemata : Leibniz nomme cette d&eacute;g&eacute;n&eacute;rescence : <strong>characteristica generalis</strong>, vain fantasme d'une langue adamique universelle donnant directement acc&egrave;s myst&eacute;rieux aux "choses" qu'elle nomme (rechute dans la mentalit&eacute;&nbsp;primitive et tribale&nbsp;donc, avec sa confusion des noms et des &ecirc;tres, qui permet entre parenth&egrave;se la possibilit&eacute; du blasph&egrave;me) et <strong>calculus ratiocinator</strong>...ce qui a donn&eacute; l'informatique de nos jours.</p>
<p>Reprenant l'image du paysage dont on peut soit faire le tour, de fa&ccedil;on encyclop&eacute;dique, soit avoir une vue d'ensemble et panoramique en montant sur une hauteur, on pourra dire que la hauteur, la montagne, est la math&eacute;matique universelle. Mais cette montagne s'&eacute;l&egrave;ve bien plus haut que la Tour de Babbel, dont elel est d'ailleurs l'exact inverse : <strong>unit&eacute; de LA math&eacute;matique universelle</strong>&nbsp;contre confusion des langues et des "cultures" et "religions" (ethniques). Elle s'&eacute;l&egrave;ve bien plus haut parce qu'elle s'&eacute;l&egrave;ve...&agrave; l'infini...potentiellement parlant du moins. On n'en con&ccedil;oit pas le terme.</p>
<p>On peut donc dire que dans l'histoire , on atteint des sommets provisoires, &agrave; partir desquels on obtient une vision toujours plus large et panoramique. Le sommet actuel , l'&eacute;tat contemporain le plus unifi&eacute; de la math&eacute;matique universelle, c'est la th&eacute;orie des cat&eacute;gories. L'histoire dont on parle l&agrave;, c'est l'histoire du d&eacute;veloppement du savoir et de la connaissance v&eacute;ritable, ayant une valeur de v&eacute;rit&eacute;. Elle est infinie en droit sinon en fait, par contre l'autre histoire, celle des peuples, des guerres et de l'occupation progressive de la plan&egrave;te Terre par l'humanit&eacute; , est, quant &agrave; &nbsp;elle, finie, en droit et en fait.&nbsp;</p>
<p>Continuons notre image : si les sommets successifs sont les &eacute;tats progressifs , de plus en plus &eacute;lev&eacute;s, perfectionn&eacute;s et unifi&eacute;s, de la math&eacute;matique universelle, la Mathesis universalis, elle, est la lumi&egrave;re qui permet de voir, ou m&ecirc;me, la condition de possibilit&eacute; de la vision (car la lumi&egrave;re est encore une image trop mat&eacute;rielle et physique) : elle est donc, selon ce que dit Descartes, toujours une et la m&ecirc;me. C'est la math&eacute;matique universelle qui progresse, et avec elle la conscience de l'humanit&eacute;, d'o&ugrave; ce progr&egrave;s de la conscience dont parle Brunschvicg. Cette conscience n'est autre que la&nbsp; philosophie, qui est la conscience du juste et du g&eacute;om&egrave;tre, selon la formule de Brunschvicg. Elle n'est pas restreinte &agrave; quelques individus privil&eacute;gi&eacute;s ayant le droit de s'appeler "philosophes" ou m&ecirc;me "sages", mais appartient en droit &agrave; toute l'humanit&eacute;. La seule condition pour y acc&eacute;der est de mourir &agrave; soi m&ecirc;me et de renoncer &agrave; l'amour du fini, de "soi comme fini". C'est donc en passant par cette "mort", r&eacute;sultat de l'asc&egrave;se intellectuelle philosophique et math&eacute;matique, que l'on "renonce &agrave; la mort" (l&agrave; encore selon la belle formule de Brunschvicg dans "Introduction &agrave; la vie de l'esprit"). Car une fois que l'on a d&eacute;pass&eacute; d&eacute;finitivement l'emprise de l'ego, et que l'on s'est lib&eacute;r&eacute; totalement de l'amour du fini, que l'on s'est d&eacute;finitis&eacute;, comment pourrait on encore mourir ?</p>
<p>C'est l&agrave; le sens que je donne aux formules et promesses &eacute;vang&eacute;liques : "vous ne go&ucirc;terez pas de la mort". C'est aussi sans doute le sens de l'initiation (auto-initiation et illumination) de <strong>Ramana Maharshi</strong>.</p>
<p>Mais la philosophie occidentale ne parle pas en paraboles : elle donne une m&eacute;thode universelle, valable pour tout l'humanit&eacute;, pour obtenir ce r&eacute;sultat : devenir "&eacute;ternel" en cette vie m&ecirc;me en renon&ccedil;ant &agrave; la mort.... l'emprise heideggerienne est d&eacute;finitvement &eacute;cart&eacute;e par l&agrave; m&ecirc;me.</p>
<p>La philosophie n'est pas une discipline particuli&egrave;re : elle est l'humanit&eacute; m&ecirc;me des hommes,&nbsp;aussi ne &nbsp;devrait elle pas&nbsp;faire l'objet&nbsp;d' un enseignement s&eacute;par&eacute;. Et il ne devrait pas y avoir de philosophes professionnels.... mais comme toute notre civilisation a sombr&eacute; dans le chaos et la confusion !</p>
<p>Godin con&ccedil;oit aussi la mathesis universalis de Descartes comme mise au jour des principes du savoir. Mais ici se pose un difficile probl&egrave;me&nbsp; et appara&icirc;t un danger : refaire l'erreur d'Aristote, qui l'a plong&eacute; dans la confusion et avec lui toute la philosophie et la science occidentale qui l'a suivi, et qui consiste &agrave; confondre les principes du savoir scientifique et les axiomes d'une th&eacute;orie.</p>
<p>Seulement, ces principes, pourra t'on les "dire" ? en quel langage ? pas dans le langage de la math&eacute;matique universelle, ni dans celui de la logique, sinon ils seraient au m&ecirc;me rang que les axiomes. Ainsi la logique est aujourd'hui parfaitement axiomatis&eacute;e, comme le reste de la math&eacute;matique. Contrairement &agrave; ce que voulait le projet logiciste de Russell et whitehead, c'est la math&eacute;matique qui a aval&eacute; la logique, et non l'inverse.</p>
<p>il semble donc que ces principes soient "indicibles" : le vieux spectre de l'obscurantisme refait son apparition. Comment apparaissent ils alors ?&nbsp; peut on dire qu'ils se "montrent", comme le dit Wittgenstein &agrave; propos de l'&eacute;l&eacute;ment mystique et du bien ?</p>
<p>m&ecirc;me pas, car si l'on reprend notre image, la Mathesis universalis, qui comprend tous ces principes, est la lumi&egrave;re qui rend la vision et l'apparition possible : elle m&ecirc;me n'appara&icirc;t donc pas !</p>
<p>Godin, quant &agrave; lui, ne compte qu'un seul principe : <strong>"le cogito : tel sera le nom de l'unique principe de ce savoir universel</strong>" (page 241, volume 3).</p>
<p>Or le cogito &eacute;merge bien des ann&eacute;es apr&egrave;s les Regulae, dans ce que l'on appelle la m&eacute;taphysique de Descartes : les Meditationes de prima philosophia. Et d'ailleurs Descartes lui m&ecirc;me assigne &agrave; la m&eacute;taphysique, non &agrave; la mathesis, le r&ocirc;le de racines de l'arbre des sciences.</p>
<p>mais il convient aussi de rappeler les savants d&eacute;veloppements de Philonenko sur le jeu subtil des relations entre m&eacute;thode et m&eacute;taphysique, pour la compr&eacute;hension de Descartes aussi bien que de Fichte.</p>
<p><strong>Une compr&eacute;hension qui reste &agrave; venir</strong>, et conditionne ce que le professeur Reinhard Lauth, grand Ma&icirc;tre des &eacute;tudes ficht&eacute;ennes, appelle le "<strong>r&eacute;armement moral de l'Occident</strong>", qui seul lui permettra de vaincre le nihilisme et de faire face &agrave; l'agression islamique (ce dernier point, c'est moi qui le dis et j' en porte l'enti&egrave;re responsabilit&eacute;, devant Dieu et surtout devant les hommes <img title="Rigolant" src="http://www.blogg.org/admin/jscripts/tiny_mce/plugins/emotions/img/smiley-laughing.gif" border="0" alt="Rigolant" />).</p>
<p>Bornons nous ici &agrave; constater que le cogito est tout un monde , un monde spirituel qui s'ouvre devant le chercheur qui fait r&eacute;ellement l'effort de le vivre, de le mettre en acte et en pratique; il ne se limite pas &agrave; une simple formule inf&eacute;rentielle : "je pense, donc je suis, donc j'existe".</p>
<p>En fait, si l'on reprend le cheminement cart&eacute;sien, qui consiste &agrave; aller jusqu'au bout de la "folie" du Malin G&eacute;nie, ou Dieu tout-puissant trompeur, et de tenter de faire sombrer la raison, c'est &agrave; dire la mathesis universalis, pour ensuite voir clairement qu'elel est sauve et ne peut sombrer, voici , sommairement, le parcours que nous pouvons effectuer:</p>
<p>Que ce dieu me trompe sur tout, et notamment sur le raisonnement math&eacute;matique, je n'ai alors plus rien de sauf et de certain...sauf ceci : s'il me trompe sur tout, c'est que je puis &ecirc;tre tromp&eacute;. Or pour &ecirc;trte tromp&eacute; il faut que je sois...</p>
<p>oui mais &ecirc;tre tromp&eacute; suppose aussi que je pense selon le vrai et le faux : pens&eacute;e objective, math&eacute;matique...mathesis !</p>
<p>Ainsi la Raison, la Mathesis universalis, est insubmersible : elle r&eacute;siste &agrave; toutes les tentatives pour la faire sombrer.</p>
<p>Moi qui pense selon le vrai et le faux, selon la nouvelle valeur de v&eacute;rit&eacute; que Descartes introduit dans le monde et devant laquelle toutes les autres valeurs devront se prosterner d&eacute;sormais, j'obtiens alors toute une cascade de "v&eacute;rit&eacute;s", toutes contenues dans ce que l'on appelle "cogito" : je suis, j'existe, mais aussi : il y a une pens&eacute;e "absolue", une mathesis, selon le vrai et le faux, qui est assur&eacute;e d'elle m&ecirc;me par l'insucc&egrave;s de la tentative maximum de la "noyer" : l'imagination d'un Dieu trompeur.</p>
<p>Le cogito m&egrave;ne aussi&nbsp;&nbsp; &agrave; la certitude de Dieu , dans la m&eacute;ditation trois : "j'ai premi&egrave;rement la certitude de l'existence de Dieu que de moi m&ecirc;me".</p>
<p>Selon une lettre de Descartes &agrave; un correspondant, en 1637, ce Dieu doit &ecirc;tre envisag&eacute; comme "la nature intellectuelle qui, non limit&eacute;e, nous donne l'Id&eacute;e de dieu et limit&eacute;e, celle d'un ange ou d'une &acirc;me humaine".</p>
<p>Passons sur les anges, qui ne sont pas reconnus par la science moderne <img title="Clin d'oeil" src="http://www.blogg.org/admin/jscripts/tiny_mce/plugins/emotions/img/smiley-wink.gif" border="0" alt="Clin d'oeil" /></p>
<p>Il nous reste &agrave; ass&eacute;ner notre principe de "philosophie au marteau" : si la Mathesis est la condition de possibilit&eacute; de la math&eacute;matique universelle, et donc de la science, et si le Dieu des philosophes et des savants, comme "Nature intellectuelle infinie", et dont le Cogito nous donne l'intuition certaine et apodictique, est la condition de possibilit&eacute; de la Mathesis, ne devons nous pas appliquer une sorte de rasoir d'Ockham ?</p>
<p>et identifier Dieu, le Dieu-Raison, le Dieu des philosophes et des savants &agrave; la Mathesis universalis ?</p>
<p>il nous semble bien ....</p>
<p>&nbsp;</p><p class="ta_img"><img border=0 src="http://www.blogg.org/afficher_image.php?id=1085472&amp;img_x="></p>]]></description>
<category>Mathesis universalis</category>
<pubDate>Wed, 11 Mar 2009 16:05:01 +0000</pubDate>
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<item>
<title>Long et difficile est le chemin qui de l'Enfer conduit à la Lumière</title>
<link>http://www.blogg.org/blog-76490-billet-988440.html</link>
<description><![CDATA[&nbsp;<U><EM>«Mais d'abord qui enverrons-nous <STRONG><FONT size=3>à la recherche de ce nouveau monde</FONT></STRONG> ? Qui jugerons-nous capable de cette entreprise ? Qui tentera d'un pas errant le sombre abîme, infini, sans fond, et à travers l'obscurité palpable trouvera son chemin sauvage ? Ou qui déploiera son vol aérien, soutenu par d'infatigables ailes sur le précipice abrupte et vaste, avant d'arriver à l'île heureuse ? Quelle force, quel art peuvent alors lui suffire ? Ou quelle fuite secrète le fera passer en sûreté à travers les sentinelles serrées et les stations multipliées des anges veillant à la ronde ? Ici il aura besoin de toute sa circonspection ; et nous n'avons pas besoin dans ce moment de moins de discernement dans notre suffrage ; car sur celui que nous enverrons reposera le poids de notre entière et dernière espérance. " </EM></U>
<P><U><EM>Cela dit, il s'assied, et l'expectation tient son regard suspendu, attendant qu'il se présente quelqu'un pour seconder, combattre ou entreprendre la périlleuse aventure : mais tous demeurent assis et muets, pesant le danger dans de profondes pensées ; et chacun, étonné, lit son propre découragement dans la contenance des autres. Parmi la fleur et l'élite de ces champions qui combattirent contre le Ciel on ne peut trouver personne assez hardi pour demander ou accepter seul le terrible voyage : jusqu'à ce qu'enfin <STRONG><FONT color=#ff0000 size=3>Satan</FONT></STRONG>, qu'une gloire transcendante place à présent au-dessus de ses compagnons, <STRONG>dans un orgueil monarchique, plein de la conscience de son haut mérite, parla de la sorte, sans émotion : </STRONG></EM></U>
<P><U><EM>" Postérité du Ciel, trônes, empyrées, c'est avec raison que nous sommes saisis d'étonnement et de silence, quoique non intimidés ! <STRONG>Long et dur est le chemin qui de l'Enfer conduit à la lumière </STRONG>; notre prison est forte ; cette énorme convexité de feu, violent pour dévorer, nous entoure neuf fois : et les portes d'un diamant brûlant, barricadées contre nous, prohibent toute sortie. Ces portes-ci passées (si quelqu'un les passe), <STRONG>le vide profond d'une nuit informe</STRONG>, large bâillant, le reçoit, et <STRONG>menace de la destruction entière de son être celui qui se plongera dans le gouffre avorté</STRONG>. Si de là l'explorateur s'échappe dans un monde, quel qu'il soit, ou dans une région inconnue, que lui reste-t-il ? Des périls inconnus, une évasion difficile»</EM></U></P>
<P>Mais peut être tout le monde ne goûte t'il pas Milton ? alors Coleridge, dans ce merveilleux poème qu'est le récit du vieux marin, pourra t'il mieux nous introduire à notre situation-dans -le-monde (c'est à dire dans l'enfer) ?</P>
<P><A href="http://www.online-literature.com/coleridge/646/">http://www.online-literature.com/coleridge/646/</A></P>
<P><U><EM>He holds him with his skinny hand,<BR>"</EM></U><STRONG><U><EM>There was a ship," quoth he.<BR></EM></U></STRONG></P>
<P><U><EM>He holds him with his glittering eye - <BR>The Wedding-Guest stood still,<BR>And listens like a three years' child:<BR>The Mariner hath his will.<BR>.............................<BR>The Wedding-Guest sat on a stone:<BR><STRONG>He cannot choose but hear</STRONG>;<BR>And thus spake on that ancient man,<BR>The bright-eyed Mariner.<BR><BR>"</EM></U><U><EM><STRONG>And now the storm-blast came, and he<BR>Was tyrannous and strong</STRONG>:<BR>He struck with his o'ertaking wings,<BR>And chased us south along.<BR><BR><BR>And now there came both mist and snow,<BR>And it grew wondrous cold:<BR>And ice, mast-high, came floating by,<BR><STRONG>As green as emerald</STRONG>.<BR><BR>The ice was here, the ice was there,<BR>The ice was all around:<BR>It cracked and growled, and roared and howled,<BR>Like noises in a swound!<BR><BR>At length did cross an Albatross,<BR>Thorough the fog it came;<BR>As it had been a Christian soul,<BR>We hailed it in God's name.<BR><BR><BR>`</EM></U><STRONG><U><EM>God save thee, ancient Mariner,<BR>From the fiends that plague thee thus! - <BR>Why look'st thou so?' </EM></U><FONT color=#ff0000><U><EM>-"With my crossbow<BR>I shot the Albatross."<BR></EM></U></FONT><BR></STRONG><BR>Le vieux marin, c'est <STRONG>Coleridge</STRONG> lui même, qui raconte sa "traversée" de la vie, et l'enfer que celle ci a été : ceci est exprimé poétiquement par des tableaux saisissants où le navire est complètement immobilisé, pas un souffle de vent, et que toutes les profondeurs se mettent à pourrir....puis tous les compagnons du vieux marin le maudissent car c'est lui qui avec son arbalète a tué le bon Albatros, symbole du Christ, c'est à dire de la Totalité, ou, en termes jungiens, du Soi dans son intégrité androgyne.</P>
<P>Ils le maudissent puis meurent tous, et il reste seul....au milieu de l'épouvante des apparitions infernales...jusqu'à ce qu'enfin il réussisse à rentrer chez lui, et se trouve à la porte d'une église ou un mariage est célébré, et qu'il arrête un des convives et le force, par son regard hypnotique, à écouter... car :</P>
<P><U><EM>Since then, at an uncertain hour,<BR>That agony returns :<BR>And till my ghastly tale is told,<BR></EM></U><A class="" title=585 name=585></A><U><EM>This heart within me burns.</EM></U><U><EM> </EM></U></P>
<P><U><EM><STRONG>I pass, like night, from land to land ;<BR>I have strange power of speech ;<BR></STRONG></EM></U><A class="" title=588 name=588></A><U><EM><STRONG>That moment that his face I see,</STRONG></EM></U><BR><U><EM><STRONG>I know the man that must hear me :<BR></STRONG></EM></U><A class="" title=590 name=590></A><U><EM><STRONG>To him my tale I teach.</STRONG></EM></U></P>
<P>il doit raconter, transmettre, cette affreuse histoire qui est la sienne, sous peine de revivre l'agonie....</P>
<P>quel est le sens de ceci ? c'est que cette affreuse histoire, elle est universelle : c'est notre histoire à tous !</P>
<P><STRONG>"La vie-dans-la-mort et la mort-dans-la-vie</STRONG>" c'est la transcripition poétique du destin de Coleridge, qui a épousé une femme qu'il n'aimait pas et qui ne correspondait pas à son être profond, et a ensuite cherché, dans le drogue, à revivre l'inspiration de l'année miraculeuse, au cours de laquelle il a écrit tous ses grands poèmes...d'où les images d'arrêt total du navire (fin de l'inspiration poétique) et de pourrissement des profondeurs marines 'symbolisant la psyche profonde).</P>
<P>l'albatros est l'image du Soi, le "crime" originel (sans connotation chrétienne de péché) est de nature ontologique, nous le commettons tous et ne pouvons pas ne pas le commettre : c'est le "meurtre du Soi" par <STRONG>l'intellect analytique</STRONG> (l'arbalète).</P>
<P>Mais à partir d'ici le poème ne peut plus nous aider : car j'ai déjà dit, citant <STRONG>Brunschvicg</STRONG>, que nous devons absolument choisir entre vérité et poésie, et <STRONG>Platon</STRONG> ne disait pas autre chose quand il voulait chasser tous les poètes de sa république idéale, ni d'ailleurs <STRONG>Nietzsche </STRONG>: "les poètes mentent trop".</P>
<P>Les images poétiques, celle de la vraie poésie, sont absolument merveilleuses (et aussi très dangereuses, surtout celels, terrifiantes, de coleridge, car elles peuvent facilement entraîner les âmes non préparées au suicide ou à la drogue).</P>
<P>Mais nous ne devons pas dépasser le domaine des concepts, des logoï, en retournant en arrière, vers celui des images, qui porte la marque de l'enfance.</P>
<P>Nous devons dépasser les <STRONG>logoï </STRONG>par les <STRONG>mathemata</STRONG>.</P>
<P><STRONG>La Mathesis transcende le Logos poétique aussi bien que philosophique.</STRONG></P>
<P>Tel est en tout cas l'axiome, le principe fondateur&nbsp; pour tout ce qui est tenté sur ce blog...</P>
<P>bien sûr, des grands poètes comme Milton et Coleridge nous font prendre conscience, dans une illumination salutaire, du caractère infernal de notre vie naturelle : celle d'un être vivant, d'un animal caractérisé par la néoténie, c'est à dire qui est absolument inapte à vivre sans aide de son clan ou de ses proches pendant de longues années.</P>
<P>Mais un animal porteur d'un intellect qui n'est pas seulement à portée pratique et vitale.....un animal qui sait aussi qu'il va mourir, et qui, lorsqu'il réfléchit, s'aperçoit du caractère absolument contingent de son existence, alors que l'Intellect exige la nécessité et l'Absolu : ce caractère contingent, c'est la <STRONG>Geworfenheit</STRONG>, l'avoir-été-jeté-dans-le-monde....<BR></P>
<P>A partir de là, la poésie et ses merveilleuses images ne peuvent plus nous aider, contrairement à ce que disait Heidegger (qui d'ailleurs ne parlait pas d'aide, je reconnais que mon discours est ici très simpliste, mais c'est un blog, pas un livre de philosophie). Que la poésie soit l'achèvement de la métaphysique, je veux bien : mais la métaphysique occidentale est un cul de sac, et l'achèvement d'un cul de sac n'ouvre pas de chemin vers le ciel...</P>
<P>Brunschvicg définit un autre dépassement de la métaphysique, que le souci de l'Etre de Heidegger : un dépassement qui passe par la constation que toute la métaphysique n'est que manipulations verbales, constat analogue à celui de Carnap, pour qui les métaphysiciens sont des musiciens ou des poètes sans talent artistique. </P>
<P>Mais il y a bel et bien une autre possibilité de la métaphysique, qui consiste à limiter celle-ci à la théorie de la connaissance, la connaissance véritable, ayant une valeur de vérité, pouvant être vérifiée, confirmée, ou réfutée par des procédures régélées selon des normes rationnelles...</P>
<P>Oui, la merveilleuse poésie ne nous ment pas sur ce point : nous sommes bien les damnés dont parlent les mythes religieux, et l'enfer, nous y sommes...d'ailleurs tous les thèmes chrétiens comme baptême, communion, jugement dernier, seconde mort, résurrection doivent être démythologisés (comme l'a fait Abellio dans "La structure absolue") pour être interprétés de la seule manière possible : en cette vie d'ici bas, qui est la seule.</P>
<P>Mais à partir d'ici, le seul "espoir" (pour sortir de l'enfer et entreprendre le long et difficile chemin vers la lumière, dont parle Satan dans le poème de Milton) consiste à renoncer à tout espoir , c'est à dire à toute imagination poétique, mythologique et religieuse.</P>
<P>Et moi même je péchais dans l'article précédent par poésie, lorsque je parlais de la nature qui n'est pas une mère bonne mais une marâtre cruelle (image empruntée à Vigny d'ailleurs).</P>
<P>La nature n'est pas une mère ni rien d'humain : elle est tout ce qui n'a pas été fait par l'action et l'intelligence des hommes, elle est sans but, sans intelligence, sans volonté.</P>
<P>Et le constat de Schopenhauer, selon lequel ce monde est le pire qui soit compatible avec la vie, est exacte, mais je l'interprète d'une manière rien moins que poétique ou "morale".</P>
<P>Il me semble en effet que l'on pourrait faire entrer ici en ligne de compte un principe de minimum , analogue au principe de moindre action de la mécanique...</P>
<P>le principe en est simple, et montre à l'évidence qu'il n'y a aucune "intention malfaisante" de la "nature" envers les êtres vivants : lorsque le nombre des êtres vivants en concurrence vitale dans une certaine niche augmente, il y a moins de ressources accessibles à la consommation de chacun, et les moins aptes à se procurer les ressources vitales meurent...</P>
<P>on peut donc conjecturer que le nombre des êtres vivants s'adpte automatiquement aux ressources disponibles...</P>
<P>donc si ce "monde" devenait un peu "meilleur", c'est à dire s'il y avait un peu plus de ressources disponibles pour chacun, le nombre des vivants augmenterait et on reviendrait au minimum. Et donc au maximum de souffrance dans la lutte pour se procurer les ressources, au détriment des autres...</P>
<P>Ceci étant évidemment le cas pour la nature, c'est à dire ce qui n'est pas le résultat de l'action de l'homme...</P>
<P>La science moderne a en effet donné à l'humanité la capacité de faire croître considérablement les ressources (par l'agriculture, l'industrie, la technoscience) , et donc de faire croître le "bonheur", ou de diminuer la souffrance (mais hélas aussi d'augmenter celle des animaux, dans les abattages industriels)...</P>
<P>faire croître considérablement les ressources certes, mais pas indéfiniment : c'est ce que nous sommes en train d'apprendre....</P><p class="ta_img"><img border=0 src="http://www.blogg.org/afficher_image.php?id=1082810&amp;img_x="></p>]]></description>
<category>Mathesis universalis</category>
<pubDate>Fri, 06 Mar 2009 14:56:12 +0000</pubDate>
<guid>http://www.blogg.org/blog-76490-billet-988440.html</guid>
</item>
<item>
<title>L'armée des vivants et l'armée des esprits</title>
<link>http://www.blogg.org/blog-76490-billet-988037.html</link>
<description><![CDATA[<P>Cette&nbsp;observation fulgurante de Brunschvicg, tirée du chapitre final de "Raison et religion", me fait toujours le même effet, à chaque fois que je la lis ou que j'y pense : "sensation" contradictoire de feu et de glace, mais sensation intellectuelle, non pas vitale ni psychique ; c'est d'ailleurs la raison pour laquelle je la fais figurer en présentation du blog, et j'ai eu le plaisir, lors de la journée Brunschvicg du 6 février dernier, de constater que je ne suis pas le seul à ressentir cet effet, puisque Frédéric Worms l'a citée de manière admirative, ce qui a conduit un autre conférencier à souhaiter la publication d'un florilège de ces citations de Brunschvicg, qui orientent l'esprit de manière si spécifique et si profonde. La voici, cette citation :</P>
<P><FONT face=verdana,geneva>«<U><EM>Il est malaisé de décider si <STRONG>l'armée</STRONG> <STRONG>des</STRONG> <STRONG>vivants</STRONG> peut avoir l'espérance, suivant la magnifique image que nous a proposée&nbsp; <STRONG>Bergson</STRONG>, de "<STRONG>culbuter</STRONG> <STRONG>la</STRONG> <STRONG>mort</STRONG>"; mais, puisque <STRONG><FONT color=#ff0000>le salut est en nous</FONT>,</STRONG> n'est il pas assuré que <FONT color=#3333ff><STRONG>l'armée</STRONG> <STRONG>des</STRONG> <STRONG>esprits</STRONG></FONT> débouche dans l'éternité, pourvu que nous ayons soin de maintenir à la notion <STRONG>d'éternité</STRONG> sa stricte signification <STRONG>d'immanence</STRONG> <STRONG>radicale</STRONG> ?&nbsp;»</EM></U></FONT></P>
<P>Je décèle deux mouvements contraires dans cet admirable concerto philosophique de deux lignes: Brunschvicg joue d'abord "profil bas" , pour ne pas attaquer trop durement Bergson, qu'il admire....mais nous savons bien que l'espérance, la vie, la mort, ne représentent pas pour lui le domaine primordial : aussi se modère t'il prudemment, avec le "il est malaisé de décider"...pour un peu, on se croirait chez un <STRONG>nouveau philosophe</STRONG> à la BHL : crises et chochottements !<IMG alt="Mort de rire" src="http://www.blogg.org/admin/jscripts/tiny_mce/plugins/emotions/images/smiley-laughing.gif" border=0></P>
<P>Mais voici que le Brunschvicg véritable reprend le dessus, aussitôt après le "mais" : la forme interrogative : "<U><EM>n'est il pas assuré</EM></U> ...?" est là encore une concession à la politesse bourgeoise qui convenait à l'époque à ses lecteurs , nous sommes dans les années 30... mais en réalité, ce que veut dire Brunschvicg, en bon cartésien, et aussi en bon mathématicien,&nbsp;c'est que l'espérance, "<EM>ce qui est malaisé à trancher</EM>", voire impossible, ce qui se discute toujours, ce pour quoi on peut toujours trouver le pour et le contre, tout cela ne concerne pas le philosophe , tout au moins au niveau de la vie spirituelle, celui de l'engagement de toute une vie : c'est la certitude qu'il nous faut !</P>
<P>Cette phrase peut donc se retraduire ainsi, mais évidemment elle y perd toute sa fulgurance :</P>
<P>Il est certain, d'une certitude apodictique, qu'il existe une voie , et <STRONG>une seule</STRONG>, pour sortir de l' enfer de la Nature et de la vie naturelle, damnation qui est le lot de tous les vivants, &nbsp;et s'établir dans l'éternité véritable, qui est immanence radicale de l'esprit à lui même, identité de l'essence et de l'existence, et n'a absolument rien à voir avec cette fausse éternité, imaginative et délirante, que serait une "vie" , ou l'analogue d'une vie, qui ne finirait jamais !</P>
<P>notons d'ailleurs que cette "éternité" ne serait pas symétrique : elle s'étendrait indéfiniment dans le futur, mais dans le passé serait bornée par la naissance. C'est ce qui a conduit certains pseudo-penseurs à enfourcher le cheval de la réincarnation......</P>
<P>Cette déclaration de Brunschvicg est bien proche de celles du Bouddha, qui lui aussi affirme à ses disciples qu'il connait le remède aux souffrances du Samsâra, la voie de la méditation et de l'action qui mène à la délivrance, au Nirvana...mais la voie philosophique, que nous appelons ici celle de la <STRONG>mathesis</STRONG>, est entièrement différente de toutes les voies orientales, qui certes peuvent avoir leurs bienfaits, mais&nbsp;ne sauraient être valables pour nous autres qui venons après Descartes et Copernic, qui ont définitivement fait descendre la Vérité du ciel en terre.</P>
<P>L'armée des vivants ? mais il ne peut y avoir <STRONG>UNE</STRONG> armée des vivants, puisque par définition les vivants sont en lutte perpétuelle pour la survie. </P>
<P>Inutile de se voiler la face : la Nature n'est pas une mère bonne, mais une cruelle marâtre qui encourage ses enfants à se battre à mort et à s'entredévorer. Et Schopenhauer fait observer très justement que la thèse leibnizienne du "meilleur des mondes possibles" doit être inversée : le monde, la Nature, ce que nous n'avons pas fait, est la pire nature possible compatible avec l'existence d'êtres vivants. Pire&nbsp;au sens de dureté des conditions de vie et souffrance pour les vivants, en moyenne...car bien sûr, les forts, les gagnants du jeu de la vie, ont des conditions de vie nettement plus facile que la moyenne. N'est ce pas, Monsieur K. ? n'est ce pas Monsieur Julien D. ?<IMG alt="Clin d'oeil" src="http://www.blogg.org/admin/jscripts/tiny_mce/plugins/emotions/images/smiley-wink.gif" border=0>&nbsp;et le groupe de rap américain <STRONG>Fifty Cent</STRONG> traduit cette situation de&nbsp;manière limpide : "get rich or die trying". Telle est le domaine de la vie, c'est à dire de la lutte pour l'existence : &nbsp;la Nature.</P>
<P>Nous aimons nous promener en forêt, n'est ce pas, tous autant que nous sommes, écologistes ou non....comme il est bon de s'enfoncer dans l'ombre profonde des arbres centenaires, avec la bien aimée à son bras, écoutant le chant si poétique des oiseaux, les douces colombes, la tourterelle, l'alouette qui monte vers le ciel, ces oiseaux que tous les poètes ont chanté.... et c'est alors que les amants,&nbsp;faisant quelques pas vers la grotte de verdure où ils pourront abriter et cacher leurs amours "naturelles",&nbsp;se souviennent des beaux vers de Lamartine : "<STRONG>O Temps suspend ton vol</STRONG> !"</P>
<P>mais&nbsp;voici que les philosophes arrivent pour gâcher ce beau pique nique : <STRONG>Brunschvicg</STRONG> d'abord, qui déclare qu'entre Dichtung et Warheit, entre poésie et vérité, il&nbsp;faut choisir; et Schopenhauer, qui voit en ces forêts si douces aux amants le <STRONG>domaine du meurtre</STRONG>, où "le lierre s'enlace à l'arbre pour lui sucer son sang, sa sève". Et les poétiques oiseaux, ils sont d'une rapacité et d'une méchanceté inimaginable, car ils passent leur temps à chercher leur nourriture.</P>
<P>&nbsp;Et d'ailleurs, je vais essayer de ne pas devenir inconvenant, mais que fait d'autre la bien aimée à son amant que le lierre à l'arbre, sous la cachette de verdure propice aux ébats&nbsp;et aux transports&nbsp;de Vénus ? <IMG alt="Mort de rire" src="http://www.blogg.org/admin/jscripts/tiny_mce/plugins/emotions/images/smiley-laughing.gif" border=0>&nbsp;c'est ici le lieu de faire un petit salut amical a <STRONG>Abe Sada</STRONG>, cette geisha japonaise qui en 1936 à Tokyo a étranglé son amant (qui était d'accord) , lui a tranché les parties intimes et a erré plusieurs jours, ayant son "trophée"&nbsp;en "lieu sûr" <IMG alt="Mort de rire" src="http://www.blogg.org/admin/jscripts/tiny_mce/plugins/emotions/images/smiley-laughing.gif" border=0><IMG alt=Embarrassé src="http://www.blogg.org/admin/jscripts/tiny_mce/plugins/emotions/images/smiley-embarassed.gif" border=0>, avant d'être arrêtée. Aux policiers et juges éberlués et&nbsp;secrètement admiratifs, elle a déclaré qu'elle avait tué&nbsp;par amour, pour avoir son amant éternellement pour elle et avec elle, malgrés la mort inéluctable, et qu'elle connaissait maintenant le bonheur absolu, car elle était certaine qu'il était avec elle pour l'éternité. Elle est morte bien plus tard, vers 1989. Et elle a donc pu voir le film "L'empire des sens" (Ai no corrida : la corrida de l'amour) sorti en 1976, qui raconte son histoire..</P>
<P><A href="http://en.wikipedia.org/wiki/Sada_Abe">http://en.wikipedia.org/wiki/Sada_Abe</A></P>
<P>Telle est l' armée des vivants ! Ah l'amour, l'amour, le saint amour qui meut les cieux...quel blasphémateur voudrait s'en prendre à ce dieu si cher au coeur des hommes et des femmes ?</P>
<P>mais après tout nous devons être tolérants : peut être est ce la voie d'Abe Sada qui est la bonne pour accéder à l'éternité, et pas la voie de la mathesis ? si vous en êtes persuadés, en tout cas, ne perdez plus votre temps à lire ce blog écrit par et &nbsp;pour des petits rationalistes frustrés et mesquins, privilégiant la pensée sèche et morte par rapport aux "élans du coeur et du corps", et dont se moquent les belles servantes thraces, avant d'aller danser enlacées aux bras de l'amant du jour...<IMG alt="Mort de rire" src="http://www.blogg.org/admin/jscripts/tiny_mce/plugins/emotions/images/smiley-laughing.gif" border=0></P>
<P>L'armées des vivants ne saurait exister : il y a <STRONG>des armées</STRONG> de vivants, contingentes, se formant au gré des alliances temporaires, dans la lutte perpétuelle pour la survie.</P>
<P>Et tout ce qui vient atténuer les duretés de cette lutte vitale, les "droits de l'homme" par exemple vient d'une autre sphère : celle de l'esprit.</P>
<P>L'armée des esprits, elle, ne saurait par contre être qu'unique... elle n'existe pas d'ailleurs, et n'existera jamais, ce serait l'humanité réconciliée, ayant échappé aux contraintes de la nature (extérieure, mais aussi intérieure : pulsions, sentiments, élans du coeur, envie de tuer le bien aimé, ou la bien aimée,&nbsp;pour le ou la posséder "éternellement") et de la vie, et unifiée non pas sous le règne de l'Esprit (formulation de forme trop monothéiste-religieuse) mais tout simplement dans l'esprit.</P>
<P>Elle n'existera jamais dans le temps, et Brunschvicg nous en prévient d'ailleurs, car il ne saurait être question pour la philosophie de parler d'autre chose que des conditions actuelles, et d'ailler ainsi faire un tour à "Coucouville les nuées", comme dit Schopenhauer, ou dans le "Monde intelligible et transcendant".</P>
<P>Et dans les conditions d'existence humaine incarnée, il y aura toujours des esprits, incarnés dans des corps, toujours susceptibles donc de recommencer la guerre vitale, ne fût ce que pour souffler la bien aimée du voisin...</P>
<P>Et pourtant....et pourtant la certitude promise par Brunschvicg n'est pas une illusion, car toute illusion est de l'ordre du vital, et il y a un domaine qui n'est pas de l'ordre du vital, qui est supérieur au domaine de la nature et de la vie : l'ordre de l'esprit.</P>
<P>il n'y a rien au dessus : pas de Dieu personnel, pas d'ordre de la charité : "<STRONG>l'esprit se refuse au Dieu du mystère comme au Dieu des armées</STRONG>" dit encore Brunschvicg (les armées, ce sont les armées de vivants). </P>
<P>Il n'y a rien au dessus, parce que c'est l'esprit qui devrait abdiquer sa souveraineté pour "reconnaître" cet "au delà" : or l'esprit ne peut être que libre, et un être qui abdique librement sa souveraineté pour se soumettre à un autre être est supérieur à cet autre être; car il peut toujours reprendre sa liberté.</P>
<P>Il n'y a rien au delà de l'ordre de l'esprit, mais il y a un ordre de l'esprit, qui est au dessus de l'ordre de la matière et de la vie, ne serait ce que parce qu'il la juge. Tout homme qui se suicide vraiment, non pas pour fuir la misère ou par folie ou détresse passagère, mais parce qu'il juge que sa &nbsp;dignité exige ce suicide, <STRONG>prouve </STRONG>l'existence de cet ordre de l'esprit supérieur à la vie et à la Nature.</P>
<P>De ces deux ordres l'Inde avait eu le pressentiment dans le <STRONG>Sâmkhyâ</STRONG>, avec la dualité de Purusha immobile (l'esprit, le soi) et Prakriti la danseuse Nature, qui danse éternellement pour le spectacle du Purusha.</P>
<P>Mais c'est <STRONG>Descartes</STRONG> qui a trouvé la voie d'accès universelle à cet ordre de l'esprit, avec le cogito....</P>
<P><BR>&nbsp;</P><p class="ta_img"><img border=0 src="http://www.blogg.org/afficher_image.php?id=1082408&amp;img_x="></p>]]></description>
<category>DIEU</category>
<pubDate>Thu, 05 Mar 2009 17:35:22 +0000</pubDate>
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<title>Le rationalisme : oui mais quel rationalisme ? Mathesis vs Logos</title>
<link>http://www.blogg.org/blog-76490-billet-987003.html</link>
<description><![CDATA[<P>Le livre de Jean-Louis Léonhardt évoqué dans l'article précédent : "Le rationalisme est il rationnel ?" est certes tout à fait intéressant, en particulier par la synthèse philosophique de la logique et de la théorie de la science d'Aristote qu'il présente, mais il souffre à mon sens d'une déficience qui condamne&nbsp; à rester lettre morte les pistes qu'il propose comme alternatives à ce qu'il appelle&nbsp; improprement "modèle rationaliste de la raison", et que j'appellerais pour ma part plutôt modèle dogmatique, ou naïf, ou positiviste, etc...</P>
<P>Cette déficience, c'est qu'il ignore, ou plutôt qu'il minimise, l'importance de la révolution épistémologique, scientifique, philosophique, humaine, et pour tout dire spirituelle, qu'a&nbsp;été le 17 ème siècle européen&nbsp; (précédé et annoncé par certains penseurs de la fin du Moyen age, comme Nicolas de Cuse).</P>
<P>Il est très clair sur ce point, je cite ce qu'il dit au début du Chapitre 2 "Modèle de la raison rationaliste chez Aristote" page 23 :</P>
<P>"tout travail historique impose un choix difficile : où commencer ? cette question est d'autant plus ardue à résoudre que ce livre est consacré à l'étude des modèles de la raison&nbsp; sur la longue durée, plus de 2000 ans...je vais essayer de démontrer que la rupture de la Renaissance, avec l'introduction du langage mathématique&nbsp;, l'usage d'instruments d'observation et l'invention de la méthode expérimentale n'est pas une rupture significative du point de vue qui nous occupe, alors que de nombreux historiens des sciences y voient l'origine même de la science"</P>
<P>certes il est toujours méritoire de tenter de s'opposer à une thèse majoritaire, mais j'ai bien peur qu'ici ce soit peine perdue, et d'ailleurs les tenants du changement de paradigme (paradigm shift) cher à Thomas Kühn ne forment pas un&nbsp; camp homogène.</P>
<P>Ici en tout cas , les travaux des historiens des sciences certes nous intéressent, mais notre point de vue est un peu différent : il est philosophique et religieux (sans aucun rapport avec ce que l'on nomme improprement "religions", qui n'ont rien de religieux).</P>
<P>Voici ce que dit Brunschvicg au début du chapitre "L'univers de la raison" dans "Les âges de l'intelligence", et qui répond définitivement et réfute tous les essais de "démonstration" de Léonhardt :</P>
<P>"<U><EM><FONT face=verdana,geneva><SPAN>On ne détruit que ce qu'on remplace. A l'instrument universel qu'avait l'ambition de constituer l'Organon d'Aristote, comme le Novum Organum de François Bacon, Descartes oppose, dans le Discours d'introduction à ses Essais de 1637, une méthode qui n'a plus rien à faire avec l'ontologie de la déduction ou avec l'empirisme de l'induction, qui l'éclaire entièrement, il nous en avertit, par la révolution que sa Géométrie accomplit à l'intérieur même de la mathématique&nbsp;: «&nbsp;J'ai seulement tâché par la Dioptrique et par les Météores de persuader que ma méthode est meilleure que l'ordinaire, mais je prétends l'avoir démontré par ma Géométrie&nbsp;.&nbsp;» Déjà dans les Regulæ ad Directionem Ingenii Descartes avait pris conscience du caractère propre à l'intelligence, tel qu'il se manifeste par une théorie des proportions et des progressions rendue totalement indépendante de la figuration spatiale, et qui consiste (suivant une formule mémorable, car elle est la clé de la science moderne et de notre civilisation) dans le mouvement continu et nulle part interrompu de la pensée&nbsp;. De cette transparence de l'esprit à lui-même se conclut «&nbsp;cette connaissance de la nature des équations qui n'a jamais été que je sache (écrit Descartes) ainsi expliquée ailleurs que dans le troisième livre de ma Géométrie</SPAN> "</FONT></EM></U></P>
<DIV><FONT face=verdana,geneva>La révolution philosophique , qui est tout aussi bien scientifique puisque science et philosophie n'étaient alors pas encore disjointes, de Copernic, Galilée, Descartes et Spinoza s'oppose tout aussi bien au dogmatisme aristotélicien qui était celui de la scolastique qu'à l'empirisme naissant définissant la "méthode expérimentale" de Bacon, qui aboutirait au scepticisme de Hume, et rendrait nécessaire le redressement kantien.</FONT></DIV>
<DIV>&nbsp;</DIV>
<DIV>Mais Brunschvicg ne cesse non plus de nous avertir de l'ambiguïté du mot "<STRONG>raison</STRONG>", comme d'ailleurs de nombreux mots importants en philosophie, comme celui de Dieu, d'amour, d'âme, d'expérience ; le langage, les mots doivent être dépassé vers la sphère des idées, qui ne saurait non plus être réifiée de manière réaliste en un prétendu "monde intelligible" :</DIV>
<DIV>&nbsp;</DIV>
<DIV>"<SPAN><FONT face="Times New Roman"><FONT size=3><U><EM>La raison délimitée par les principes et les cadres de la logique formelle, qui offre, comme disait Montaigne, «&nbsp;certaine image de prudhomie scolastique&nbsp;», rencontre le dynamisme constructeur de l'intelligence cartésienne, la fécondité infinie de l'analyse mathématique. Semblablement, en face de l'expérience telle que l'empirisme pur la conçoit, expérience passive dont l'idéal serait de rejoindre les données immédiates et de s'y borner, s'est constituée l'expérience active de la méthode expérimentale. Quand nous prononçons le mot de liberté, il importe de savoir ce que nous entendons par là, le mouvement de révolte contre la loi ou le labeur méthodique en vue de créer les conditions d'un ordre plus juste. Si l'amour implique dévoûment et sacrifice, il aura pour contraire moins la haine que l'amour encore en tant qu'instinct de convoitise et de jouissance. Dieu lui-même livre combat à Dieu, lorsqu'un Blaise Pascal, au moment crucial de sa vie religieuse, nous somme de nous décider entre le Dieu de la tradition judéo-chrétienne et le Dieu d'une pensée universelle&nbsp;: «&nbsp;Dieu d'Abraham, Dieu d'Isaac, Dieu de Jacob, non des philosophes et des savants.&nbsp;» Et comment ne pas nous rendre compte que notre destinée est engagée dans la manière dont nous nous comportons envers notre âme, selon que nous en rejetons l'image statique dans un au-delà inaccessible à nous-même ou que nous travaillons effectivement pour intégrer à la conscience claire le foyer de notre activité spirituelle&nbsp;?"</EM></U></FONT></FONT></SPAN></DIV>
<DIV><SPAN><FONT face="Times New Roman"><FONT size=3><U><EM></EM></U></FONT></FONT></SPAN>&nbsp;</DIV>
<DIV><SPAN><FONT face="Times New Roman"><FONT size=3>Or la sphère des idées est le domaine de la guerre, de la guerre véritable, qui est aussi une aventure d'idées : car le déchirement intérieur qu'induit la pratique de la philosophie, qui est&nbsp; et ne peut être que révocation de l'amour du fini, <STRONG>définitisation</STRONG>, pour trouver le "vrai bien" de Spinoza qui est le Dieu des philosophes et des savants, ce déchirement inévitable et salutaire, ne peut mener qu'à la guerre de soi contre soi même, mais aussi, ne nous le cachons pas, contre les autres, contre le monde entier s'il le faut :</FONT></FONT></SPAN></DIV>
<DIV><SPAN><FONT face="Times New Roman" size=3></FONT></SPAN>&nbsp;</DIV>
<DIV><SPAN><FONT face="Times New Roman" size=3><EM><U>"celui qui cherche la vérité sera l'ennemi des gens de sa maison....nul n'est prophète en son propre pays</U></EM>"</FONT></SPAN></DIV>
<DIV><SPAN><FONT face="Times New Roman" size=3></FONT></SPAN>&nbsp;</DIV>
<DIV><SPAN><FONT face="Times New Roman" size=3>de cette guerre véritable, le <STRONG><EM>jihad an-nafs islamique</EM></STRONG> offre une image trompeuse et travestie,&nbsp; puisque l'idolâtrie coranique n'avait aucunement affaire avec la sphère &nbsp;des idées, mais à celle des préjugés collectifs tribaux et ancestraux.</FONT></SPAN></DIV>
<DIV><SPAN><FONT face="Times New Roman" size=3></FONT></SPAN>&nbsp;</DIV>
<DIV><SPAN><FONT face="Times New Roman" size=3>Brunschvicg consacre principalement deux ouvrages, d'une portée philosophique et humaine incalculable , à ce travail de redressement du langage et de es ambiguïtés: "Les âges de l'intelligence", et, à la fin de sa vie : "Héritage de mots, héritage d'idées".</FONT></SPAN></DIV>
<DIV><SPAN><FONT face="Times New Roman" size=3></FONT></SPAN>&nbsp;</DIV>
<DIV><SPAN><FONT face="Times New Roman" size=3>Voici ce qu'il dit dans ce dernier ouvrage, qui est en quelque sorte son testament pour la postérité, et dont celle ci visiblement n'a tenu aucun compte sinon nous n'en serions pas là où nous en sommes : la citation se trouve au chapitre "Raison" :</FONT></SPAN></DIV>
<DIV><SPAN></SPAN>&nbsp;</DIV>
<DIV><FONT face="Times New Roman"><FONT size=3><SPAN>"</SPAN><SPAN><SPAN><U><EM>Jamais ne s'est appliquée de façon plus juste et plus sinistre à la fois la parole que Vigny prête à son Chatterton, et qu'il serait utile de rappeler à chaque page, presque à chaque ligne, de notre étude&nbsp;: le mot entraîne l'idée malgré elle. Le Logos ne souffrait pas seulement de l'ambiguïté que nous avons eu l'occasion d'indiquer, signifiant indistinctement parole et pensée&nbsp;; les Grecs y recouraient encore pour désigner le calcul d'un rapport déterminé&nbsp;; d'où résulte que la grandeur incommensurable, une fois rejetée hors du domaine numérique, va encourir l'infortune d'être implicitement, inconsciemment, d'autant plus implacablement, réprouvée en tant qu'ineffable et en tant qu'irrationnelle. La confusion du langage menace de rendre irrémédiable le désordre des idées</EM></U>."<BR></SPAN></DIV></SPAN></FONT></FONT>
<DIV><SPAN><FONT face="Times New Roman" size=3></FONT></SPAN>&nbsp;</DIV>
<DIV><SPAN><FONT face="Times New Roman" size=3>Voilà qui explique sans doute la déchéance chrétienne, puis "romantique" du Logos, qui cesse d'être verbe intérieur, accessible uniquement à l'attention tournée vers l'intérieur, pour devenir un "Dieu" qui règne, à qui l'on obéit ou désobéit, une Personne divine : <STRONG>LE Logos</STRONG>.</FONT></SPAN></DIV>
<DIV><SPAN><FONT face="Times New Roman" size=3></FONT></SPAN>&nbsp;</DIV>
<DIV><SPAN><FONT face="Times New Roman" size=3>La même mésaventure arrive au mot <STRONG>&#957;&#959;&#965;&#962; </STRONG>qu'Aristote<STRONG> </STRONG>considère comme le "principe des principes" , et que l'on traduit généralement chez les modernes par "intuition", voire "intuition intellectuelle" chez les fichtéens; mais les mdoernes, à la suite de Kant, concluent à l'impossibilité d'une telle intuition....</FONT></SPAN></DIV>
<DIV><SPAN><FONT face="Times New Roman" size=3></FONT></SPAN>&nbsp;</DIV>
<DIV><SPAN><FONT face="Times New Roman" size=3>Jean-Louis Léonhardt propose quant à lui de la traduire par "intelligence", ce qui est une bonne initiative ; ce mot correspond effectivement à ce que tente de signifier Brunschvicg quand il parle de la méthode d'intelligence&nbsp;inventée &nbsp;par Descartes (qui ainsi trouve ce qu'Aristote a vainement cherché), et il correspond aussi à ce que Brusnchvicg appelle "esprit".</FONT></SPAN></DIV>
<DIV><SPAN><FONT face="Times New Roman" size=3></FONT></SPAN>&nbsp;</DIV>
<DIV><SPAN><FONT face="Times New Roman" size=3>Mais ce même mot de <STRONG>&#957;&#959;&#965;&#962;</STRONG> connaît la même mésaventure que le Logos, au début d'Hermès Trismégiste cette fois, où il est évoqué en termes réalistes sous la forme d'un personnage divin gigantesque que rencontre le "disciple" dans une "vision" !</FONT></SPAN></DIV>
<DIV><SPAN><FONT face="Times New Roman" size=3></FONT></SPAN>&nbsp;</DIV>
<DIV><SPAN><FONT face="Times New Roman" size=3>Nous proposons donc quant à nous de fonder le rationalisme véritable sur le fondement (à chercher dans une exploration infinie) de l'idée correspondant au &nbsp;mot de <STRONG>Mathesis.</STRONG></FONT></SPAN></DIV>
<DIV><SPAN><STRONG><FONT face="Times New Roman" size=3></FONT></STRONG></SPAN>&nbsp;</DIV>
<DIV><SPAN><FONT face="Times New Roman" size=3>On peut indifféremment employer la forme développée de <STRONG>Mathesis universalis,</STRONG> qui est celle de Leibniz et Descartes, mais le mot universalis est en quelque sorte superflu....</FONT></SPAN></DIV>
<DIV><SPAN><FONT face="Times New Roman" size=3></FONT></SPAN>&nbsp;</DIV>
<DIV><SPAN><FONT face="Times New Roman" size=3>Il ne faut pas y voir une doctrine transcendante et ésotérique , mais l'idée et la notion même qui est visible derrière l'effort incessant de normativité rationnelle, à l'oeuvre depuis les premiers mathématiciens grecs, puis depuis 4 siècles, qui se trouve dans les travaux de la mathématique et de la physique mathématique (notamment depuis Fermat, en passant par Lagrange, Euler, Galois, Hilbert, et bien d'autres).</FONT></SPAN></DIV>
<DIV><SPAN><FONT face="Times New Roman" size=3></FONT></SPAN>&nbsp;</DIV>
<DIV><SPAN><FONT face="Times New Roman" size=3>La <STRONG>mathesis</STRONG> est la source, ce qui règle la production incessante des <STRONG>mathèmes</STRONG> (<STRONG>mathemata</STRONG>) et des <STRONG>théorèmes</STRONG>.</FONT></SPAN></DIV>
<DIV><SPAN><FONT face="Times New Roman" size=3></FONT></SPAN>&nbsp;</DIV>
<DIV><SPAN><FONT face="Times New Roman" size=3>J L <STRONG>Toussaint Desanti</STRONG>, dansune conférence de 1971 intitulée : "<STRONG>Remarques sur la notion de mathesis</STRONG>" met en doute l'unicité de celle ci : il y aurait selon lui,&nbsp; ou du moins il y aurait probabilité que l'on puisse trouver, plusieurs mathesis au cours de l'histoire des mathématiques, et la mathématique des Egymtiens, ou des Hindous, ne serait peut être pas superposable à celle des Grecs ou des modernes.</FONT></SPAN></DIV>
<DIV><SPAN><FONT face="Times New Roman" size=3></FONT></SPAN>&nbsp;</DIV>
<DIV><SPAN><FONT face="Times New Roman" size=3>Mais les raisons qu'il invoque pour ce doute sont tellement faibles (pour ne pas employer une autre terminologie) que nous ne retenons pas ses objections : j'apprécie énormément Borgès, mais la fable de cet auteur sur la Bibliothèque de Babel qu'il invoque pour appuyer sa thèse ne me semble pas déterminante...</FONT></SPAN></DIV>
<DIV><SPAN><FONT face="Times New Roman" size=3></FONT></SPAN>&nbsp;</DIV>
<DIV><SPAN><FONT face="Times New Roman" size=3>certes il est vrai (tous les professeurs de mathématiques consciencieux le savent ) que certaines démonstrations de théorèmes classiques considérées comme valables au 19 ème siècle ne correspondent plus à nos normes de rigueur aujourd'hui. Toussaint Desanti en cite un exemple en l'accompagnant de cette remarque d'un mathématicien : "cette démonstration nous serait incompréhensible aujouird'hui".</FONT></SPAN></DIV>
<DIV><SPAN><FONT face="Times New Roman" size=3></FONT></SPAN>&nbsp;</DIV>
<DIV><SPAN><FONT face="Times New Roman" size=3>Mais je n'en tire absolument pas les mêmes conclusions quant à la prétendue pluralité de mathesis : il y a certes évolution, progrès incessant vers plus de rigueur et de perfection, dans la mathématique, mais ceci correspond justement à la trace historique d'une Mathesis de l'ordre du transcendantal.</FONT></SPAN></DIV>
<DIV><SPAN><FONT face="Times New Roman" size=3></FONT></SPAN>&nbsp;</DIV>
<DIV><SPAN><FONT face="Times New Roman" size=3>Ce que j'appelle Mathesis (ou Mathesis universalis) prend ainsi la place du Logos comme du concept (<STRONG>Begriff)</STRONG> hégélien, et je ne saurais mieux terminer cet article qu'en reprenant sous une forme modifiée la fameuse citation de <STRONG>Hegel</STRONG> sur le Temps : </FONT></SPAN></DIV>
<DIV><SPAN><FONT face="Times New Roman" size=3></FONT></SPAN>&nbsp;</DIV>
<DIV><SPAN><FONT face="Times New Roman" size=3><U><EM>"Le temps est le Concept existant empiriquement " ("Der Zeit ist der daseiende Begriff")</EM></U></FONT></SPAN></DIV>
<DIV><SPAN><FONT face="Times New Roman" size=3></FONT></SPAN>&nbsp;</DIV>
<DIV><SPAN><FONT face="Times New Roman" size=3>qui dvient donc :</FONT></SPAN></DIV>
<DIV><SPAN><FONT face="Times New Roman" size=3></FONT></SPAN>&nbsp;</DIV>
<DIV><SPAN><FONT face="Times New Roman" size=4><STRONG>Le Temps est la Mathesis (universalis) existant empiriquement</STRONG></FONT></SPAN></DIV>
<DIV><SPAN><FONT face="Times New Roman" size=3></FONT></SPAN>&nbsp;</DIV>
<DIV><SPAN><FONT face="Times New Roman" size=3></FONT></SPAN>&nbsp;</DIV>]]></description>
<category>Philosophie</category>
<pubDate>Wed, 04 Mar 2009 10:31:29 +0000</pubDate>
<guid>http://www.blogg.org/blog-76490-billet-987003.html</guid>
</item>
<item>
<title>Le rationalisme par gros temps</title>
<link>http://www.blogg.org/blog-76490-billet-986591.html</link>
<description><![CDATA[<P>Par ces temps de crise, des scientifiques et des philosophes dynamitent le peu qui reste de l'aventure occidentale de la rationalité, mais leurs brûlots passent généralement inaperçus, ce qui est dommage.</P>
<P>Car cette "crise" est d'abord une crise de la raison, et la première tâche pour en "sortir" (peut être ?) est de déblayer la route des ruines qui l'encombrent ....</P>
<P>Le livre de <STRONG>Jean-louis Léonhardt</STRONG> : <STRONG>"Le rationalisme est il rationnel ? l'homme de science et sa raison"</STRONG> est important, et doit être lu et étudié patiemment, ici j'entends m'aider de certains de ses thèmes pour faire certaines mises au point.</P>
<P>L'auteur est docteur en physique et mathématiques, et a travaillé au CNRS , sur la modélisation informatique de processus cognitifs complexes, comme l'apprentissage et le language. C'est l'échec et l'impossibilité de la modélisation de la pensée , qu'il a dû admettre, qui l'ont conduit vers la philosophie et l'étude du modèle aristotélicien de la science, déjà étudié par Granger.</P>
<P>La conclusion du livre est claire et sans ambiguîté : le modèle dit rationaliste de la raison&nbsp;, inventé par Aristote et adopté par le monde occidental pendant près de 24 siècles, jusqu' à l'émergence de la physique quantique au vingtième siècle, ce modèle est insatisfaisant et doit être révoqué. Voici la phrase qui clôt le livre :</P>
<P>"<EM><U>le modèle de la raison rationaliste est irrationnel en ce sens qu'il ne permet pas de décrire le monde tel qu'il nous apparaît à travers l'expérience. Le rationalisme reste une croyance encore commune et il s'agit d'un croire incroyable !</U></EM></P>
<P><EM><U>ce que nous appelons science a changé radicalement de signification : la structure du discours scientifique contemporain impose une interprétation post-prédicative qui fait revenir la science dans le cadre de la philosophie. Grâce à l'interprétation ou herméneutique, voici que l'étonnement est de nouveau concevable...."</U></EM></P>
<P>certes nous ne pouvons que nous réjouir avec l'auteur de cette bonne nouvelle selon laquelle la science rejoindrait le cadre de la philosophie, qu'elle a quitté il y a 2 siècles....mais l'étonnement est il bien le premier moteur de la philosophie ? nous ne le croyons pas, c'est selon nous plutôt la déception, devant l'existence dite "naturelle", qui l'est...</P>
<P>Je dois faire aussi d'emblée une remarque : c'est que si le rationalisme adopté par l'Occident depuis 24 siècles est refusé par l'auteur parce qu'il est irrationnel, il me semble que l'on ne peut voir là une condamnation du rationalisme en général, mais au contraire d'un renforcement et d'une adoption définitive de celui ci !</P>
<P>refuser l'irrationnel, voilà ce qui définit le rationalisme ; et je puis donc rejoindre l'auteur en un rationalisme modifié, renforcé, purgé de toutes ses scories, et qui oblige à révoquer le faux rationalisme qui a régné jusqu'ici !</P>
<P>Mais je dois souligner qu'il est dangereux et ambigü d'appeler le modèle révoqué "rationaliste", puisque c'est justement au nom du rationalisme véritable (toujours à trouver ou perfectionner) que nous le refusons !</P>
<P>et une telle ambiguïté risque de faire le lit de l'irrationalisme ...</P>
<P>Le modèle proposé par l'auteur comme alternative au modèle aristotélicien, appelé par lui (improprement à mon sens) "rationaliste", est le modèle dit "de la raison antagoniste" (il serait intéressant d'analyser ceci en relation avec ce que propose Stéphane Lupasco), qui émerge peu à peu grâce à la prise en compte de systèmes axiomatiques semblant contradictoires, après les différentes "crises de la raison".</P>
<P>ainsi l'affaire des parallèles (à propos du postulat d'Euclide qu'il a reufsé de considérer comme un théorème : "par tout point il est possible de tracer une parallèle et une seule à une droite donnée ne passant pas par ce point") , qui dure depuis Euclide, se termine par la naissance des géométries non euclidiennes, au 19 ème siècle.</P>
<P>Alors que l'humanité croyait naïvement, jusqu'à Kant y compris, que la logique avait été définitivement fixée par Aristote et la géométrie par Euclide, voici que le 19 ème siècle mathématique (et non pas philosophique) vient tout renverser de par l'émergence des géométries non euclidiennes (rendant faux le postulat d'Euclide) et celle des logiques mathématiques modernes, qui sont caractérisées par le formalisme, le relationnalisme, et le pluralisme du "principe de tolérance" de Carnap : il y a une infinité de logiques possibles, en choisir une est affaire de convention et d'utilité pratique.</P>
<P>Puis arrive le 20 ème siècle et les révolutions en physique : relativité et quantas, qui viennent confirmer et renforcer les révolutions précédentes, en logique et géométrie : primauté de la relation sur la substance et la prédication, et mise en évidence d'une dualité irréductible, entre onde et corpuscule, donc d'un caractère antagoniste, sinon contradictoire, du réel lui même.</P>
<P>Il est évidemment impossible de résumer ici même sommairement ce livre, qu'il est important de lire, ne serait ce que pour avoir une vue panoramique de la logqiue et de la philosophie de la science d'Aristote, qui ont imprégné je ne dirais pas la totalité de la philosophie occidentale (l'exemple de Brunschvicg est là pour le prouver) mais en tout cas la très grande majorité des scientifiques jusqu'à aujourd'hui, en tout cas dans leur "philosophie de la science" implicite et non éclaircie.</P>
<P>Mais il est dommage que Brunschvicg ne soit pas une seule fois cité dans ce livre, alors qu'il s'agit du penseur qui a élaboré une critique implacable de l'aritotélisme et de son réalisme , notamment dans sa doctrine de la vérité-correspondance et dans sa conception réifiée de la raison, que met bien en lumière d'ailleurs le livre de Léonhardt : Aristote pense rendre compte du "réel-raison" grâce aux principes de sa logique (tiers exclus, principe de contradiction, etc..); en termes modernes, il mélange les axiomes (qui sont les premiers théorèmes, non démontrés, dont sont dérivés touts les autres) d'une théorie, et les principes comme fondement de l'activité théorétique, qui ne rentrent évidemment pas dans le formalisme de la théorie.</P>
<P>Le changement de modèle (du modèle "rationaliste" au modèle antagoniste) correspond selon Leonhardt à un déplacement de la frontière entre énoncés rationnels et énoncés irrationnels).</P>
<P>dans la conception de Brunschvicg, ceci est remplacé par l'opposition entre le logicisme, dogmatique et qui prétend enfermer l'activité de la raison dans un système fixe d'axiomes et de principes, et analyse mathématique, permettant d'inventer, de créer sans cesse du nouveau, sans pouvoir être enfermé dans un système rigide : la raison est cet acte intellectuel pur qui fait éclater tous les cadres qui prétendent l'enfermer.</P>
<P>Alors quel est il, ce rationalisme par gros temps que nous essayons de caractériser ?</P>
<P>le gros temps c'est d'abord la crise, qui n'est certainement pas contemporaine, en totu cas dans ses fondements ultimes, mais est là depuis toujours.</P>
<P><STRONG>l'Occident est crise..</STRONG></P>
<P>et j'aime ici à rappeler, comme toujours, l'étymologie du mot <STRONG>krisis</STRONG> (d'oû vient le mot "crise") :&nbsp; du verbe krinô ; juger, discriminer.</P>
<P>Donc, si comme nous le pensons à la suite de Brunschvicg, l'acte même de la raison est le jugement et l'analyse, alors il est clair que la raison est crise, et que si l'Occident véritable doit être fondé sur la raison comme refus et mise en doute des grands récits mythologiques et des rites orientaux, alors l'Occident est crise : il est donc vain de vouloir "sortir de la crise", bien au contraire il faut approfondir celle ci, s'enfoncer en elle jusqu'à son coeur : la vérité du cogito.</P>
<P>Mais "par gros temps", cela vise à rappeler la fameuse petite fable d'<STRONG>Otto Neurath</STRONG> (créateur avec <STRONG>Carnap</STRONG> du <STRONG>Cercle de vienne</STRONG>) sur la civilisation scientifique vue comme un navire en haute mer, par tempête, qui fait eau de toutes parts : il est impossible d'espérer rentrer au port pour réparer en cale sèche, c'est donc en pleine tempête, "par gros temps", qu'il faut colmater au mieux les brèches...</P>]]></description>
<category>Philosophie</category>
<pubDate>Tue, 03 Mar 2009 11:27:15 +0000</pubDate>
<guid>http://www.blogg.org/blog-76490-billet-986591.html</guid>
</item>
<item>
<title>In dubious battle on the plains of Heaven (Milton)</title>
<link>http://www.blogg.org/blog-76490-billet-986206.html</link>
<description><![CDATA[<P>Dans ce poème magnifique du "Paradise lost", Milton a donné une illustration frappante de ce qui est dit dans l'article précédent ...</P>
<P>bien sûr, comme Dostoïevsky, il ne peut assumer la nature profonde de son désir, de son idée : l'homme de foi en lui recule. Il écrit "Paradis reconquis", l'odyssée de Jésus après celle de Satan.</P>
<P>Mais ses vers parlent pour lui : tous les commentateurs ont noté la nature mièvre, un peu méprisable, qu'il donne à Jésus, alors que Satan , dans le Paradis perdu, est admirable, courageux, fier, &nbsp;risque-tout, refusant de supplier, de mendier.... un homme quoi, pas une lavette !</P>
<P>Quel est le sens de ce poème ? on va le dire ici brièvement. </P>
<P>Satan en révolte contre "Dieu", dans "Paradise lost", c'est l'homme en guerre, en rébellion contre la Nature !</P>
<P>il arrive donc que Satan est le Dieu véritable, l'Idée de l'Homme, et Jésus le faux Dieu, le lâche...tout s'explique ! telle était la volonté profonde de Milton, et c'est ce que tous les "croyants de la vraie foi" lui ont reproché à demi-mot.</P>
<P>Mais bien entendu, nous sommes ici dans le poème, dans l'image de la vérité, pas la vérité (qui est&nbsp; l'objet&nbsp;du mathème, pas du mythème ou du poème). </P>
<P>La Nature n'est pas créée, il n'y a pas de "Dieu" créateur de la Nature, ni de Jésus : il n'y a que Satan, c'est à dire l'Homme-Dieu en lutte contre la Nature, jusqu'à ce qu'il la détruise complètement pour la remplacer par sa création...</P>
<P>illustrons ces vues par quelques vers admirables du Livre 1 de Paradise lost...en anglais d'abord, puis traduction, voir :</P>
<P><A href="http://www.dartmouth.edu/~milton/reading_room/pl/book_1/index.shtml">http://www.dartmouth.edu/~milton/reading_room/pl/book_1/index.shtml</A></P>
<P><A href="http://visualiseur.bnf.fr/Visualiseur?Destination=Gallica&amp;O=NUMM-101389">http://visualiseur.bnf.fr/Visualiseur?Destination=Gallica&amp;O=NUMM-101389</A></P>
<P>La Nature extérieure où l'Homme Dieu (Satan) est "jeté" : une fournaise, un cachot : l'Enfer même :</P>
<P>"<U><EM>At once as far as Angels </EM></U><A href="http://www.blogg.org/admin/notes.shtml#kenn" target=notes><EM>kenn</EM></A><U><EM> he views<BR>The dismal Situation waste and <SPAN class=varspell title=wild>wilde</SPAN>,<SPAN class=line id=line60> [ 60 ]</SPAN><BR>A Dungeon horrible, on all sides round<BR>As one great Furnace <SPAN class=varspell title=flamed>flam'd</SPAN>, yet from those flames<BR>No light, but rather darkness visible<BR><SPAN class=varspell title=Served>Serv'd</SPAN> <SPAN class=varspell title=only>onely</SPAN> to discover sights of woe,<BR>Regions of sorrow, doleful shades, where peace<SPAN class=line id=line65> [ 65 ]</SPAN><BR>And rest can never dwell, </EM></U><A href="http://www.blogg.org/admin/notes.shtml#inferno" target=notes><EM>hope never comes</EM></A><BR><U><EM>That comes to all; but torture without end<BR>Still urges, and a fiery Deluge, fed<BR>With ever-burning Sulphur <SPAN class=varspell title=unconsumed>unconsum'd</SPAN>:<BR>Such place Eternal Justice had <SPAN class=varspell title=prepared>prepar'd</SPAN><SPAN class=line id=line70> [ 70 ]</SPAN><BR>For those rebellious, here </EM></U><A href="http://www.blogg.org/admin/notes.shtml#thir" target=notes><SPAN class=varspell title=their><EM>thir</EM></SPAN></A><U><EM> Prison <SPAN class=varspell title=ordained>ordain'd</SPAN><BR>In utter darkness, and <SPAN class=varspell title=their>thir</SPAN> portion set<BR>As far <SPAN class=varspell title=removed>remov'd</SPAN> from God and light of <SPAN class=varspell title=Heaven>Heav'n"</SPAN></EM></U></P><SPAN class=varspell title=Heaven>
<P><SPAN class=varspell title=Heaven>traduction :</SPAN></P>
<P>"<U><EM>D'un seul coup d'oeil, et aussi loin que perce le regard des anges, il voit le lieu triste dévasté et désert : ce donjon horrible, arrondi de toutes parts, comme une grande fournaise flamboyait. De ces flammes point de lumière, mais <STRONG>des ténèbres visibles</STRONG> servent seulement à découvrir des vues de malheur ; <STRONG>régions de chagrin, obscurité plaintive, où la paix, où le repos ne peuvent jamais habiter, l'espérance jamais venir, elle qui vient à tous</STRONG> ! Mais là des supplices sans fin, là un <STRONG>déluge de feu, nourri d'un soufre qui brûle sans se consumer</STRONG>. </EM></U></P>
<P><U><EM><STRONG>Tel est le lieu que l'Eternelle Justice prépara pour ces rebelles</STRONG> ; ici elle ordonna leur prison dans les Ténèbres extérieures ; elle leur fit cette part, trois fois aussi éloignée de Dieu et de la lumière du ciel que le centre de la création l'est du pôle le plus élevé. Oh ! combien cette demeure ressemble peu à celle d'où ils tombèrent !"</EM></U></P>
<P>Satan, l'Homme-Dieu, l'homme libre et fier tel que n'avons plus les couilles de l'être, nous autres les pauvres ombres post-modernes occidentales, va t'il pleurnicher, réclamer les jupes de sa mère, se plaindre d'être victime de discrimination , réclamer ses "droits", une augmentation de salaire, un peu de confort pour supporter son horrible sort (qui est le nôtre, dans cette "Nature" que les écologistes veulent "protéger") ?</P>
<P>NON ! voici le discours qu'il tient : les paroles d'un Homme fier, refusant de se prosterner, acceptant le malheur et plus tard le risque de l'anéantissement éternel et de la perte de son immortalité donc (puisqu'il a une nature angélique, donc immortelle ) :</P>
<P>il interpelle d'abord l'un des ses compagnons, le premier qu'il entrevoit : <STRONG>Beelzebub</STRONG> (le Seigneur des mouches, celui qui a donné son titre au roman de <STRONG>William Golding):</STRONG></P>
<P>"<U><EM>If thou <SPAN class=varspell title=be>beest</SPAN> he; But O how <SPAN class=varspell title=fallen>fall'n</SPAN>! how <SPAN class=varspell title=changed>chang'd</SPAN><BR>From him, who in the happy Realms of Light<SPAN class=line id=line85> [ 85 ]</SPAN><BR><SPAN class=varspell title=Clothed>Cloth'd</SPAN> with transcendent brightness <SPAN class=varspell title=did>didst</SPAN> out-shine<BR>Myriads though bright: If he Whom mutual league,<BR>United thoughts and counsels, equal hope<BR>And hazard in the Glorious <SPAN class=varspell title=Enterprise>Enterprize</SPAN>,<BR><SPAN class=varspell title=Joined>Joynd</SPAN> with me once, now misery <SPAN class=varspell title=has>hath</SPAN> <SPAN class=varspell title=joined>joynd</SPAN><SPAN class=line id=line90> [ 90 ]</SPAN><BR>In equal ruin: into what Pit thou <SPAN class=varspell title=see>seest</SPAN><BR>From what <SPAN class=varspell title=height>highth</SPAN> <SPAN class=varspell title=fallen>fall'n</SPAN>, so much the stronger <SPAN class=varspell title=proved>prov'd</SPAN><BR>He with his Thunder: and till then who knew<BR>The force of those dire Arms? yet not for those,<BR>Nor what the Potent Victor in his rage<SPAN class=line id=line95> [ 95 ]</SPAN><BR>Can else inflict, do I repent or change,<BR>Though <SPAN class=varspell title=changed>chang'd</SPAN> in outward <SPAN class=varspell title=luster>lustre</SPAN>; that <SPAN class=varspell title=fixed>fixt</SPAN> mind<BR>And high disdain, from sence of <SPAN class=varspell title=injured>injur'd</SPAN> merit,<BR>That with the mightiest <SPAN class=varspell title=raised>rais'd</SPAN> me to contend,<BR>And to the fierce contention brought along<SPAN class=line id=line100> [ 100 ]</SPAN><BR>Innumerable force of Spirits <SPAN class=varspell title=armed>arm'd</SPAN><BR>That <SPAN class=varspell title=dared>durst</SPAN> dislike his reign, and me preferring,<BR>His utmost power with adverse power <SPAN class=varspell title=opposed>oppos'd</SPAN><BR><STRONG><FONT color=#0000ff>In dubious <SPAN class=varspell title=Battle>Battel</SPAN> on the Plains of <SPAN class=varspell title=Heaven>Heav'n</SPAN>,<BR></FONT></STRONG>And shook his throne. What though the field be lost?<SPAN class=line id=line105> [ 105 ]</SPAN><BR>All is not lost; the unconquerable Will,<BR>And study of revenge, immortal hate,<BR>And courage never to submit or yield:<BR>And what is else not to be overcome?<BR>That Glory never shall his wrath or might<SPAN class=line id=line110> [ 110 ]</SPAN><BR>Extort from me. To bow and sue for grace<BR>With suppliant knee, and <SPAN class=varspell title=deify>deifie</SPAN> his power,<BR>Who from the <SPAN class=varspell title=terror>terrour</SPAN> of this Arm so late<BR>Doubted his Empire, that were low indeed,<BR>That were an ignominy and shame beneath<SPAN class=line id=line115> [ 115 ]</SPAN><BR>This </EM></U><A class="" title=downfall name=downfall></A><U><EM>downfall</EM></U><U><EM>; since by Fate the strength of </EM></U><A href="http://www.blogg.org/admin/notes.shtml#gods" target=notes><EM>Gods</EM></A><BR><U><EM>And this Empyreal substance cannot fail,<BR>Since through experience of this great event<BR>In Arms not worse, in foresight much <SPAN class=varspell title=advanced>advanc't</SPAN>,<BR>We may with more successful hope resolve<SPAN class=line id=line120> [ 120 ]</SPAN><BR>To </EM></U><A class="" title=eternalwar name=eternalwar></A><U><EM>wage</EM></U><U><EM> by force or guile </EM></U><A href="http://www.blogg.org/admin/notes.shtml#eternalwar" target=notes><EM>eternal <SPAN class=varspell title=War>Warr</SPAN></EM></A><BR><U><EM>Irreconcileable, to our grand Foe,<BR>Who now triumphs, and in <SPAN class=varspell title=the>th'</SPAN> excess of joy<BR>Sole reigning holds the Tyranny of <SPAN class=varspell title=Heaven>Heav'n</SPAN>."</EM></U></P>
<P><U><EM></EM></U>&nbsp;</P>
<P><U><EM><STRONG>So spake <SPAN class=varspell title=the>th'</SPAN> Apostate Angel</STRONG></EM></U></P>
<P>soit en français :<U><EM>" Si tu es celui... mais combien déchu, combien différent de celui qui, revêtu d'un éclat transcendant parmi les heureux royaumes de la lumière, surpassait en splendeur des myriades de brillants esprits !... Si tu es celui qu'une mutuelle ligue, qu'une seule pensée, qu'un même conseil, qu'une semblable espérance, qu'un péril égal dans une entreprise glorieuse, unirent jadis avec moi et qu'un malheur égal unit à présent dans une égale ruine, tu vois de quelle hauteur, dans quel abîme, nous sommes tombés ! tant il se montra le plus puissant avec son tonnerre ! Mais qui jusque alors avait connu l'effet de ces armes terribles ? Toutefois, malgré ces foudres, malgré tout ce que le Vainqueur dans sa rage peut encore m'infliger, je ne me repens point, je ne change point : rien (quoique changé dans mon éclat extérieur) ne changera cet esprit fixe, ce haut dédain né de la conscience du mérite offensé, cet esprit qui me porta à m'élever contre le Plus Puissant entraînant dans ce conflit furieux la force innombrable d'esprits armés qui osèrent mépriser sa domination : ils me préférèrent à lui, opposant à son pouvoir suprême un pouvoir contraire ; et dans une bataille indécise, au milieu des plaines du Ciel, ils ébranlèrent son trône. </EM></U></P>
<P><U><EM>" Qu'importe la perte du champ de bataille : tout n'est pas perdu. Une volonté insurmontable, l'étude de la vengeance, une haine immortelle, un courage qui ne cédera ni ne se soumettra jamais, qu'est-ce autre chose que n'être pas subjugué ? Cette gloire, jamais sa colère ou sa puissance ne me l'extorquera. Je ne me courberai point, je ne demanderai point grâce d'un genou suppliant ; je ne déifierai point son pouvoir, qui par la terreur de ce bras a si récemment douté de son empire. Cela serait bas en effet, cela serait une honte et une ignominie au-dessous même de notre chute, puisque par le destin, la force des dieux, la substance céleste ne peut périr ; puisque l'expérience de ce grand événement, dans les armes non affaiblies, ayant gagné beaucoup en prévoyance, nous pouvons, avec plus d'espoir de succès, nous déterminer à faire, par ruse ou par force, une guerre éternelle, irréconciliable, à notre grand Ennemi, qui triomphe maintenant, et qui, dans l'excès de sa joie, régnant seul, tient la tyrannie du Ciel. "</EM></U></P>
<P>et plus loin : Satan accepte sans broncher sa situation de proscrit : <EM><STRONG>là du moins nous serons libres, sans seigneur, sans chef, sans devoir obéir et servir...</STRONG></EM></P>
<P><U>ou, comme le dit <STRONG>Brunschvicg</STRONG></U> <STRONG><EM>:</EM></STRONG></P>
<P><U><EM><STRONG>"</STRONG>Dira-t-on que nous nous convertissons à l'évidence du vrai lorsque nous surmontons la violence de l'instinct, que nous refusons de centrer notre conception du monde et de Dieu sur l'intérêt du moi ? ou sommes-nous dupes d'une ambition fallacieuse lorsque <STRONG>nous prétendons, vivants, échapper aux lois de la vie</STRONG>, nous <STRONG>évader hors de la caverne</STRONG>, pour respirer dans <STRONG>un monde sans Providence et sans prières, sans sacrements et sans promesses</STRONG> ?"</EM></U></P>
<P>la caverne c'est la Nature, l'enfer de Milton, ou Dante (un romancier noir américain avait décrit les USA dans un roman appelé "Le système de l'enfer de Dante")</P>
<P>la philosophie, la Mathesis, nous permet d'échapper vivants aux lois de la vie, d'échapper, êtres naturels, aux lois de la nature....en les prescrivant comme "lois de la physique mathématique".</P>
<P>On a beaucoup glosé sur la fameuse thèse cartésienne de la "création par Dieu des vérités éternelles"...</P>
<P>dans notre système, il s'agit tout simplement de la création de la Mathesis universalis, donc des vérités éternelles de la mathématique et de la physique, par le Dieu-Raison, l'Homme -Dieu...</P>
<P>tout s'éclaire...et le Dieu infini et incompréhensible de Descartes (resté trop chrétien) doit être réinterprété comme l'Idée (infinie) de l'Homme et de sa tâche infinie : la Mathesis universalis (la "<EM><STRONG>science admirable</STRONG></EM>" de Descartes)...</P>
<P>mais lisons ces vers de Milton , les plus beaux sans doute en langue anglaise...</P>
<P><U><EM>"Is this the Region, this the Soil, the </EM></U><A href="http://www.blogg.org/admin/notes.shtml#clime" target=notes><EM>Clime</EM></A><U><EM>,<BR>Said then the lost Arch-Angel, this the seat<BR>That we must change for <SPAN class=varspell title=Heaven>Heav'n</SPAN>, this mournful gloom<BR>For that celestial light? Be it so, since he<SPAN class=line id=line245> [ 245 ]</SPAN><BR>Who now is </EM></U><A href="http://www.blogg.org/admin/notes.shtml#sovran" target=notes><SPAN class=varspell title=Sovereign><EM>Sovran</EM></SPAN></A><U><EM> can dispose and bid<BR>What shall be right: <SPAN class=varspell title=farthest>fardest</SPAN> from him is best<BR>Whom <STRONG>reason</STRONG> <SPAN class=varspell title=has>hath</SPAN> <SPAN class=varspell title=equalled>equald</SPAN>, force <SPAN class=varspell title=has>hath</SPAN> made <SPAN class=varspell title=supreme>supream</SPAN><BR>Above his equals. <STRONG><SPAN class=varspell title=Farewell>Farewel</SPAN> happy Fields<BR>Where Joy for ever dwells: Hail <SPAN class=varspell title=horrors>horrours</SPAN>, hail<SPAN class=line id=line250> [ 250 ]</SPAN><BR>Infernal world, and thou profoundest Hell<BR>Receive thy new Possessor: One who brings<BR>A mind not to be <SPAN class=varspell title=changed>chang'd</SPAN> by Place or Time.<BR></STRONG></EM></U><A href="http://www.blogg.org/admin/notes.shtml#selfhell" target=notes><EM><STRONG>The mind is its own place</STRONG></EM></A><U><EM><STRONG>, and in it </STRONG></EM></U><A class="" title=mindhell name=mindhell></A><U><EM><STRONG>self</STRONG></EM></U><BR><EM><U><STRONG>Can make a <SPAN class=varspell title=Heaven>Heav'n</SPAN> of Hell, a Hell of <SPAN class=varspell title=Heaven>Heav'n</SPAN>.</STRONG><SPAN class=line id=line255> [ 255 ]</SPAN><BR>What matter where, if I be still the same,<BR>And what I should be, all but less <SPAN class=varspell title=than>then</SPAN> he<BR>Whom Thunder <SPAN class=varspell title=has>hath</SPAN> made greater? Here at least<BR>We shall be free; <SPAN class=varspell title=the>th'</SPAN> Almighty <SPAN class=varspell title=has>hath</SPAN> not built<BR>Here for his envy, will not drive us hence:<SPAN class=line id=line260> [ 260 ]</SPAN><BR>Here we may reign secure, and in my <SPAN class=varspell title=choice>choyce</SPAN><BR><STRONG>To reign is worth ambition though in Hell</STRONG>:<BR>Better to reign in Hell, <SPAN class=varspell title=than>then</SPAN> </U></EM><A href="http://www.blogg.org/admin/notes.shtml#servitude" target=notes><EM>serve in <SPAN class=varspell title=Heaven>Heav'n</SPAN></EM></A><EM><U>."" Est-ce ici la région, le sol, le climat, dit alors l'archange perdu, est-ce ici le séjour que nous devons changer contre le Ciel, cette morne obscurité contre cette lumière céleste ? Soit ! puisque celui qui maintenant est souverain peut disposer et décider de ce qui sera justice. Le plus loin de lui est le mieux, <STRONG>de lui qui, égalé en raison, s'est élevé au-dessus de ses égaux par la force.</STRONG> Adieu, champs fortunés où la joie habite pour toujours ! Salut, horreurs ! salut, monde infernal ! Et toi, profond Enfer, reçois ton nouveau possesseur. <STRONG>Il t'apporte un esprit que ne changeront ni le temps ni le lieu. L'esprit est à soi-même sa propre demeure ; il peut faire en soi un Ciel de l'Enfer, un Enfer du Ciel.</STRONG> Qu'importe où je serai, si je suis toujours le même et ce que je dois être, tout, quoique moindre que celui que le tonnerre a fait plus grand ? Ici du moins nous serons libres. Le Tout-Puissant n'a pas bâti ce lieu pour nous l'envier ; il ne voudra pas nous en chasser. Ici nous pourrons régner en sûreté ; et, à mon avis, régner est digne d'ambition, même en Enfer ; <STRONG>mieux vaut régner dans l'Enfer que servir dans le Ciel."</STRONG></U></EM></P>
<P>L'esprit est à soi même sa propre demeure : ce que peut m'apporter la Nature extérieure n'est rien, ne vaut rien, seul compte l'esprit, mon esprit....mon jugement !</P>
<P>on n'a guère de peine à reconnaitre ici tout ce qui a été développé dans les articles précédents....</P>
<P>le Dieu&nbsp; "égalé en raison" mais que la force a rendu suprême : c'est tout simplement la Nature extérieure, ce que nous n'avons pas fait par nous mêmes (et qui n'a été créée par aucun Dieu)</P>
<P>Nature qui peut certes toujours nous détruire (mais n'a aucun but ni désir ni volonté), un astéroîde fracassant notre planète y suffit amplement...Nature, Univers qui nous écrase...</P>
<P>mais <STRONG>Brunschvicg</STRONG> nous dit alors :</P>
<P>"<U><EM>de la vie qui fuit avec le temps la pensée a fait surgir un <STRONG>ordre du temps</STRONG> qui ne se perd pas dans l'instant du présent, qui permet d'intégrer à notre conscience toutes celles des valeurs positives qui se dégagent de l'expérience du passé, celles là même aussi que notre action réfléchie contribue à déterminer et à créer pour l'avenir. Rien ici qui ne soit <STRONG>d'expérience et de certitude humaines</STRONG>. Par la <STRONG><FONT color=#ff3300>dignité de notre pensée</FONT></STRONG> nous comprenons <STRONG><FONT color=#ff3300>l'univers qui nous écrase</FONT></STRONG>, nous dominons le temps qui nous emporte; nous sommes <STRONG>plus qu'une personne</STRONG> dès que nous sommes capables de remonter à la source de ce qui à nos propres yeux nous constitue comme personne...."</EM></U></P>
<P>la raison, la pensée nous "égale" en dignité à la Nature qui nous écrase...</P>
<P>nous égale ? non, il faut ici quitter le poème !</P>
<P><STRONG>nous rend infiniment supérieurs à la Nature,</STRONG> qui peut certes nous anéantir, qui le fera, mais qui jamais ne peut nous enlever la dignité de notre jugement, de notre raison !</P>
<P>Dieu, Idée de l'Homme, est Esprit, Pensée infinie !</P>
<P><STRONG>Mathesis universalis</STRONG> !</P>
<P>nous ne devons pas être des cartésiens honteux : oui, <EM>la science , la philosophie nous rend maîtres et possesseurs de la Nature</EM> , ce qui veut dire :</P>
<P><STRONG><FONT color=#ff3333>La Nature est jugée</FONT></STRONG></P>
<P><FONT color=#000000>celui qui juge est infiniment supérieur à la chose jugée.... même s' il arrivera que la "chose" le fracasse et l'anéantisse...</FONT></P>
<P><STRONG>"j'ai vu le ciel s'éteindre comme une Pensée" (Kazantzaki)</STRONG><BR><BR>&nbsp;</P></SPAN>]]></description>
<category>Mathesis universalis</category>
<pubDate>Mon, 02 Mar 2009 16:43:28 +0000</pubDate>
<guid>http://www.blogg.org/blog-76490-billet-986206.html</guid>
</item>
<item>
<title>La guerre</title>
<link>http://www.blogg.org/blog-76490-billet-986172.html</link>
<description><![CDATA[<P><FONT size=4><STRONG>Nous sommes en guerre.</STRONG></FONT></P>
<P><FONT size=4><STRONG>Nous sommes en guerre depuis toujours.</STRONG></FONT></P>
<P>Qui ça, <STRONG><EM>"nous</EM></STRONG>" ? s'agit il d'un n-ième avatar du choc des civilisations ? non, rassurez vous ! </P>
<P>ou plutôt ne vous rassurez pas ! car ce n'est pas mon but de "rassurer".</P>
<P>"Nous" c'est l'humanité ! l'humanité n'est pas unifiée mais elle est <STRONG>UNE</STRONG>, en droit.</P>
<P>C'est, si vous voulez, l'homme en compréhension plutôt qu'en extension. Pas les misérables pleutres qui vacillent et gémissent sur la terre de souffrance, et dont je fais partie tout comme vous, <U><EM><STRONG>cher lecteur, hypocrite lecteur, mon semblable, mon frère en désespoir et en déréliction</STRONG></EM></U>.</P>
<P>C'est l'homme conçu comme idée de l'homme. </P>
<P>Idée partielle, provisoire, car <STRONG><FONT size=3>l'Idée parfaite de l'Homme, c'est Dieu</FONT></STRONG>. Ceci est une définition, la première de toutes... la plus importante bien sûr.</P>
<P>On comprendra dans ces conditions que je reste évasif sur les différentes humanités (Néanderthal, sapiens, etc...), ou plutôt espèces humaines, qui se sont succédées. </P>
<P>La théorie de l'évolution darwinienne est&nbsp; "vraie", en ce sens que c'est la seule théorie scientifique dont nous disposons sur ce sujet. </P>
<P>Et quant aux neuneus créationnistes qui se révoltent contre le darwinisme, qui veulent faire entendre leur voix "alternative" (pour le moment, car s'ils avaient un jour le pouvoir, nul doute qu'ils changeraient de ton), <STRONG>il faut leur interdire de s'exprimer</STRONG>. Car ils pourrissent la jeunesse avec leurs thèses immondes et infantiles, voir :</P>
<P><A href="http://www.rebelles.info/article-28494198.html">http://www.rebelles.info/article-28494198.html</A></P>
<P><STRONG>voilà ma façon d'être démocrate !</STRONG> </P>
<P>je suis franc moi, et pour cause : je ne brigue aucun suffrage , aucun portefeuille , aucun poste avec "jetons de présence" et juteux bonus, aucun "fromage", comme on dit&nbsp;!</P>
<P>les hommes se sont fait la guerre depuis toujours parce qu'ils ont toujours refusé d'accepter cette vérité, terrible il est vrai, et réservée aux âmes bien trempées, que l'homme est en guerre avec la Nature, et qu'il se définit ainsi. C'est bien pour cette raison que je reste évasif sur les différentes espèces humaines : je les admet toutes avec nous, sapiens, car il me semble qu'elles aussi étaient en guerre avec leur environnement, leur "être là".</P>
<P>Nous sommes en guerre contre la Nature, extérieure et intérieure !</P>
<P>La Nature c'est ce que nous n'avons pas fait, pas créé nous mêmes ! nous n'en voulons pas ! nous voulons le détruire pour mettre à la place notre création.</P>
<P>La Nature a été assez étudiée, il faut maintenant la transformer, c'est à dire la détruire pour la (re) créer : pour créer une <STRONG>Non-Nature, une Mathesis universalis</STRONG>.</P>
<P>L'Homme, l'Homme-DIEU, l'Homme ayant l'idée de l'Idée de l'Homme qui est Dieu , est, veut être, le Créateur du Monde. Pas du monde naturel se trouvant là, et que nul n'a créé. Le monde futur.</P>
<P>Tel est le seul sens possible (non infantile) des mythes de création.</P>
<P>Et maintenant faisons parler le fantôme de <STRONG>Dostoïevsky</STRONG>...via ce texte magnifique de la fin du <STRONG>"Sous-sol"</STRONG> :</P>
<P>"<U><EM>regardez y bien : nous ne savons même pas, aujourd'hui, où se niche la vie, ce que c'est, comment cela s'appelle. si l'on nous abandonne, si l'on nous retire nos livresn nous nous embrouillerons, nous ne saurons plus où aller, comment nous diriger, ce qu'il faut aimer, ce qu'il faut haïr, ce qu'il faut respecter, ce qu'il faut mépriser. Il nous est même pénible d'être des hommes, des hommes possédant un corps bien à eux et du sang; nous en avons honte, nous considérons cela comme un opprobre et rêvons de devenir des espèces d'êtres abstraits, universels. Nous sommes des êtres mort-nés,et il y a déjà longtemps que nous ne naissons plus de pères vivants, ce qui nous plaît fort; nous y trouvons goût.</EM></U></P>
<P><EM><U>Bientôt nous trouverons le moyen de naître directement de l'idée"</U></EM></P>
<P>Ces lignes ont été écrites au 19 ème siècle, et préfigurent selon certains le communisme :&nbsp; Dostoïevsky, en bon chrétien, considère ces paroles de son "anti-héros" avec horreur bien sûr. Mais Dostoïevsky vaut mieux que Dostoïevsky....ce qui est d'ailleurs notre cas à tous...enfin espérons le, parce que sinon, je ne vois plus comme solution que le revolver.</P>
<P><STRONG>aujourd'hui nous y sommes</STRONG> : bientôt nous naîtrons directement de l'idée, de l'éprouvette veux je dire, en laboratoire. Ceci correspond aussi au verset de Bereschit 1 (Genèse), où Dieu parle de l'homme : "et maintenant, qu'il ne puisse pas étendre la main et se saisir aussi de l'arbre de vie, et vivre à jamais comme l'un des Elohim, connaissant le Bien et le Mal".</P>
<P>Nous y sommes ! notre science est en train de se saisir de l'Arbre de Vie, et de le (re) façonner à notre gré ! nous sommes l'Homme-Dieu ! pas nous bien sûr ! pas nous autres les pleutres "se trouvant là" ! NOUS ! que ceux qui ont des oreilles entendent !</P>
<P>Cela fait peur à Finkielkraut, Axel Kahn et d'autres grincheux pétochards ? tant mieux !</P>
<P>Ils devraient se rappeler la Geworfenheit de Heidegger&nbsp; : tous tant que nous sommes, nous <STRONG>avons-été-jetés</STRONG>, et ce mode d'être n'est pas historique , factuel, mais historial-transcendantal : <STRONG>nous sommes depuis toujours et pour toujours jetés</STRONG>.</P>
<P>Ou, si vous préférez : <STRONG>nous sommes tombés d'un vagin</STRONG> ! la belle affaire ! le beau destin !</P>
<P>Est ce cela que nous voulons conserver ? ne rêvons nous pas d'un "être" plus haut, différent ? </P>
<P><STRONG>Si ! nous ne voulons plus sortir d'un vagin, mais directement de l'Idée, de l'Esprit, et nous y arriverons !</STRONG></P>
<P><STRONG>A mon tour de réclamer la tolérance :</STRONG> vous voulez continuer à vous reproduire comme les hommes et les femmes l'ont toujours fait, en se promettant (mensongèrement) un amour éternel,&nbsp; etc..etc... on connaît la chanson, et elle nous ennuie. <STRONG>O Mort vieux capitaine, il est temps, nous voulons plonger dans l'inconnu pour trouver du nouveau !</STRONG></P>
<P>libre à vous de continuer : mais laissez ceux qui veulent trouver autre chose libres de réaliser leurs "expériences", libres de se saisir de l'Arbre de Vie ! de toutes façons vous ne pourrez pas nous en empêcher ! la liberté pousse un cri !</P>
<P>Comme l'a dit <STRONG>Cioran</STRONG>, pour le coup bien inspiré, ce qui est rarement le cas : </P>
<P>"<STRONG><EM><U>il ne saurait convenir au fils de Dieu, à l'Homme Dieu, de résulter d'une gymnastique de 5 minutes couronnée d'un grognement béat"</U></EM></STRONG></P>
<P>&nbsp;</P>
<P>&nbsp;</P>
<P>&nbsp;</P>]]></description>
<category>Mathesis universalis</category>
<pubDate>Mon, 02 Mar 2009 15:39:23 +0000</pubDate>
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</channel>
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