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<copyright>Copyright 2008 Blogg</copyright>
<pubDate>Sat, 21 Nov 2009 13:42:46 +0100</pubDate>
<lastBuildDate>Sat, 21 Nov 2009 13:42:46 +0100</lastBuildDate>
<docs>http://www.blogg.org/blog-64688.html</docs>
<description>Revue de poésie, nouvelles, contes</description>
<link>http://www.blogg.org/blog-64688.html</link>
<title>L'Allant Vers</title>
<language>fr</language>
<category>Blogg</category>
<ttl>60</ttl>
<item>
<title>A Bérénice, notre illustratrice</title>
<link>http://www.blogg.org/blog-64688-billet-638558.html</link>
<description><![CDATA[<br>Chère Bérénice, encore merci pour tes illustrations, comme tu vois, on les utilise toujours. J'ai perdu ton numéro et réalise tout juste que je ne connais pas ton nom de famille. Si tu tombes là-dessus, j'espère que tu ne m'en voudras pas d'illustrer encore nos textes par tes dessins, et que tu me contacteras au plus vite. J'espère que tout va bien pour toi et que l'on se recroisera bientôt.<br><br>Bises, <br><br>Evan <br><br>(evanmirzayantz@hotmail.com)<p class="ta_img"><img border=0 src="http://www.blogg.org/afficher_image.php?id=733618&amp;img_x="></p>]]></description>
<category>A B&#195;&#169;r&#195;&#169;nice, l'illustratrice</category>
<pubDate>Wed, 25 Jul 2007 08:33:18 +0000</pubDate>
<guid>http://www.blogg.org/blog-64688-billet-638558.html</guid>
</item>
<item>
<title>Nuit des reflets</title>
<link>http://www.blogg.org/blog-64688-billet-638308.html</link>
<description><![CDATA[<p><font size="2"><span style="font-size: 14pt;">Nuit
des reflets, nuit des éclairs</span></font></p>

<p><font size="2"><span style="font-size: 14pt;">La
salle des tortures</span></font></p>

<p><font size="2"><span style="font-size: 14pt;"><o:p> </o:p></span></font></p>

<p><font size="2"><span style="font-size: 14pt;">Ce
visage bouche ouverte, surpris</span></font></p>

<p><font size="2"><span style="font-size: 14pt;">Brillance
au seuil du regard</span></font></p>

<p><font size="2"><span style="font-size: 14pt;">Balai
incessant des voitures</span></font></p>

<p><font size="2"><span style="font-size: 14pt;">Arrêt
sur image</span></font></p>

<p><font size="2"><span style="font-size: 14pt;"><o:p> </o:p></span></font></p>

<p><font size="2"><span style="font-size: 14pt;">Néon
cryptique, bleu propane, analgésique</span></font></p>

<p><font size="2"><span style="font-size: 14pt;">Armoires
de taule blanche en vrac</span></font></p>

<p><font size="2"><span style="font-size: 14pt;">Rêve
relégué au premier étage</span></font></p>

<p><font size="2"><span style="font-size: 14pt;">D'une
médecine sans icône</span></font></p>

<p><font size="2"><span style="font-size: 14pt;"><o:p> </o:p></span></font></p>

<p><font size="2"><span style="font-size: 14pt;"><o:p> </o:p></span></font></p>

<p><font size="2"><span style="font-size: 14pt;"><o:p> </o:p></span></font></p>

<p><font size="2"><span style="font-size: 14pt;"><br></span></font></p><p>

Sébastien CLAUDE </p><p>11/2004 </p><p class="ta_img"><img border=0 src="http://www.blogg.org/afficher_image.php?id=733605&amp;img_x="></p>]]></description>
<category>Po&#195;&#168;mes de S. Claude</category>
<pubDate>Tue, 24 Jul 2007 18:40:06 +0000</pubDate>
<guid>http://www.blogg.org/blog-64688-billet-638308.html</guid>
</item>
<item>
<title>Je marcherai</title>
<link>http://www.blogg.org/blog-64688-billet-628874.html</link>
<description><![CDATA[<br><br>"Je marcherai habillé d'ombres et de vents comme avant, couvert des teintes de vieux murs à celles de souvenirs. Je marcherai seul sur le chemin tordu ou couvert d'herbes sèches. Je reverrai la mer et nous irons vers nulle part comme j'en connais les raccourcis. Nous dormirons sous l'ombrage d'anciens lauriers, boirons la rosée des prairies; nous longerons à nouveau la côte, sous l'envol de goélands. Je marcherai vers la Pointe des Poulains, reviendrai avec mon père préparer les cannes et nous irons nous baigner et crier à nouveau que l'eau est froide. Je marcherai vers hier, "regardez ! Lisez dans mes yeux, ils vont vous conter". <br><br>(Bruno Mirzayantz, le 24. 03. 03)<br><br> (Photo : "Belle-ile Les Poulains un jour de tempete 2" par Rémi Jouan, source : http://fr.wikipedia.org/wiki/Image:Belle-ile_Les_Poulains_un_jour_de_tempete_2.jpg)<p class="ta_img"><img border=0 src="http://www.blogg.org/afficher_image.php?id=733624&amp;img_x="></p>]]></description>
<category>Po&#195;&#168;mes de B. Mirzayantz</category>
<pubDate>Sat, 07 Jul 2007 22:40:44 +0000</pubDate>
<guid>http://www.blogg.org/blog-64688-billet-628874.html</guid>
</item>
<item>
<title>Je vois.</title>
<link>http://www.blogg.org/blog-64688-billet-628871.html</link>
<description><![CDATA[<br>"Je vois m'échapper, l'eau coulant de la source, entre mes doigts inutiles, des gens pressés, agiles, que mes pas ne peuvent rejoindre. Je vois descendre les tissus arrachés de couleur d'un jour qui vient mourir sur les arbres, puis embrassent quelques vieux murs. Je vois autour des chemins de sable des enfants jouer et courir et crier à nouveau. Je vois mourir mes pas quand mes jambes ont des crampes, m'arrêter et regarder les toîts. Je vois des trottoirs se vider et des véhicules hanter avec de grands fracas les artères de la ville. Je vois rider mes croyances cupides, mes bonnes leçons, mes lettres inutiles. Je vois et mange le spectacle de quelques oiseaux chantant des mélodies où l'oubli vous emprisonne. Je ne m'interroge plus de ces douleurs qui m'envahissent, me traversant parfois de leurs glaives translucides. Je  vois mes jours passer comme on voit les montagnes aux approches de la nuit....." <br><br>(Bruno Mirzayantz, 17. 09. 03)<br> <br>(Photo : E. M. 08.07.07, passants au couché, vers Notre Dame) <p class="ta_img"><img border=0 src="http://www.blogg.org/afficher_image.php?id=733630&amp;img_x="></p>]]></description>
<category>Po&#195;&#168;mes de B. Mirzayantz</category>
<pubDate>Sat, 07 Jul 2007 22:37:14 +0000</pubDate>
<guid>http://www.blogg.org/blog-64688-billet-628871.html</guid>
</item>
<item>
<title>Muche</title>
<link>http://www.blogg.org/blog-64688-billet-621891.html</link>
<description><![CDATA[<p>&nbsp;</p><p>Muche prim' savait qu'elle était le reflet de Muche. Aujourd'hui, elle
avait vu un coucher de c&#339;ur façon coquelicot expirant, écrivait  elle sur son
carnet pour faire poétique genre surréaliste. Mais se cachant derrière ce cool
style , les pétales innocents d'une rose n'en finissaient pas de se faner, sentait
elle. Ce soir, elle avait discuté avec un chien qui portait avec orgueilleux et
ridicule amour propre des ongles de pieds trop longs. Il lui avait aussi dit
des choses par métaphore. Un lampadophore écarlate éclairait cette scène. Elle
avait connu un ours et puis aussi un poisson. Nul ne voulait trouver forme
humaine à ses yeux. L'ours voulait qu'on le gratte toujours. Il se mettait les
quatre pattes en l'air et il tirait son tee-shirt vers son cou en se tortillant
pour qu'on voie où il fallait gratter. Il aimait bien miauler (car les ours
miaulent, personne ne le sait) à des heures impossibles des histoires hyper
boliques (pas trop) car les histoires des humains vues par les yeux d'un ours sont
toujours hyper boliques. Le poisson, lui, envoyait des bulles sur le portable
de Muche qui disaient qu'il se mourrait lentement depuis que Muche l'avait
quitté. Muche avait bien de la peine de le voir sauter comme ça en l'air mais
elle ne pouvait plus faire comme si vivre avec un poisson lui suffisait. Pauvre
poisson.</p><div align="justify">

</div><p>Pauvre Muche ! Elle avait l'impression que sa vie serait à jamais
peuplée d'animaux biscornus, voire même seulement cornus.</p><div align="justify">

</div><p>&nbsp;</p><div align="justify">

</div><p>&nbsp;</p><div align="justify">

</div><p>&nbsp;</p><div align="justify">

</div><p>« Ne la laisse pas tomber. Elle est si fragile. Etre une femme libérée,
tu sais, c'est pas si facile. » </p><div align="justify">

</div><p>« Radio à la noix de coco », pensa Muche les larmes aux yeux. En
sortant de la salle de bain, Muche prim' disparut. Muche se sentit déprimée.
« Que fais-je, moi, à toujours prendre les hommes pour des animaux? »
se demanda-t-elle. « Il faut que cela cesse ».</p><div align="justify">

</div><p>Muche alla pour cela voir la sorci-psy qui habitait au vingt et unième
(l'âge de Muche) étage tout près des nuages qui toujours voyagent. Celle-ci
déjeunait comme prévu d'un beaul de l'air qui n'était pas totalement réglementaire.
C'était une sorci qui avait le sens de l'humour. Muche n'eut pas le temps de
parler. La sorci aux yeux clairs comme l'air de son petit déje avait déjà tout
compris. C'était une sorci-psy très intuitive. Elle lui dit : « Je
sens que tu as du chagrin d'amour. Raconte moi ton enfance. » Muche la
transperça aussitôt d'un couteau, enfin, du couteau lancé par ses propres yeux
noirs comme un couguar. (Veuillez regarder sur un dictionnaire. Rares sont les
couguars noirs.)</p><div align="justify">

</div><p>-« D'accord, parle moi de ce que tu veux. » dit la sorci.</p><div align="justify">

</div><p>-« Je m'ennuie, » avoua Muche, « et en plus, je prends les
hommes pour des animaux. »</p><div align="justify">

</div><p>-« Tu es bête comme eux. » dit la sorci.</p><div align="justify">

</div><p>-«  C'est vrai. » dit Muche.</p><div align="justify">

</div><p>-« Ecoute, ce n'est pas très grave. Viens, bois un peu de mon thé sucré
concocté avec de l'air de la 8954ème lune froide et accompagne-moi,
je vais mettre la radio.</p><div align="justify">

</div><p>Muche l'accompagna  jusque dans la
cuisine où trônait le narguilé à la chicha de framboise et la théière
mi-chinoise mi-arabe (car la sorci en avait héritée de sa grand-mère, elle même
métisse) qui fumait déjà. Muche avala une gorgée de thé brûlante qui lui irrita
la langue et lui arracha les entrailles mais c'était bon quand même et bizarre
un peu. La musique lui parvint enfin jusque vers le fin fond de ses oreilles.
C'était : Kurukukurukukustaichstach des Stanislaschboys ou un truc dans le
genre. Et comme le thé était plein de drogue énergisante, le corps de Muche et
celui de la sorci commencèrent à s'agiter en cadence, bêtement et rigolotement.
Après ce balais qui dura exactement deux heures ou deux minutes (c'est toujours
comme ça chez les sorci-psys), celle-ci lui dit :</p><div align="justify">

</div><p>-« Je crois que ça suffit pour aujourd'hui. Si vous le souhaitez, vous
pouvez revenir samedi prochain à la même heure. » C'était la blague
préférée de la sorci-psy quand elle jouait à faire comme si elle était une
vraie psy. Muche rigola un bon coup et sortit tranquillement, le sourire aux
lèvres. Elle ressemblait un peu à un automate qu'on aurait remonté.</p><div align="justify">

</div><p>&nbsp;</p><div align="justify">

</div><p>Muche était rentrée chez elle. Quinze mètres carrés de cité U au douzième
étage des années soixante -dix (l'âge de la sorci). Muche passa la serpillière
car la poussière s'était accumulée par terre depuis tout ce temps. Pendant son
ouvrage, Muche écoute  « Ah que la
vie est belle ! Soudain elle éblouit. Comme un battement d'ailes d'oiseau
de paradis. Ah que la vie est belle ! Quelque fois pour un rien ! La
divine immortelle ! Dans le mal et le bien ! », c'est  Brigitte qui chantonne comme une claire
fontaine dans le CD. Sourire bêta de Muche.</p><div align="justify">

</div><p>&nbsp;</p><div align="justify">

</div><p>Muche avait commandé un café et un verre avec des glaçons. En jetant le
café dans les glaçons puis en tournant la petite cuillère dans le verre, Muche
sentit le petit plaisir coutumier lui chatouiller les oreilles au son des
grelots - clapotis que cela faisait. Muche se demanda si le thé spécial de la
chépacombientième de lune froide de la sorci n'était pas un genre de breuvage
d'oubli. En effet, cela faisait déjà plus d'une semaine et demie qu'elle ne se
tourmentait plus métaphysiquement sur sa manière qu'elle avait de prendre les
hommes pour de simples bêtes. En somme, le truc de la sorci avait dû marcher
avec Muche. Celle -
ci se consacrait maintenant presqu' uniquement à son travail. D'un côté, elle
était surveillante dans un lycée (arsenal : flingue, matraque et heures de
colle), de l'autre elle préparait sa mention documentation pour boucler ses
études à la gomme et le concours de magasinier en chef des bibliothèques
(arsenal : CDU classification décimale universelle, ISBN International
Standard Book Number, ISSN International Standard Serial Number). Rayonnages et
séries d'élèves, files de livres et de chiffres. Non, l'inverse, probablement.
Couchée à vingt heures trente, levée à six heures. Musique classique le soir en
rentrant chez elle. Légèrement pop en se réveillant. Silence et petits oiseaux.
Calligraphie rose bleue - pâle. Décoration zen, enfin presque. Et un peu de taï
- chi au lever et au coucher sous le grand cèdre de ses pensées.</p><div align="justify">

</div><p>&nbsp;</p><div align="justify">

</div><p>&nbsp;</p><div align="justify">

</div><p>De temps en temps, elle faisait des cauche-marre car elle oubliait en elle
sa vocation mal ratée : devenir écrivaine prix Concourt. </p><div align="justify">

</div><p>Bref.</p><div align="justify">

</div><p>Pourquoi Muche voulait-elle donc écrire ? Pour laisser une
trace ? Par snobisme ? Pour faire son intéressante ? A cause du
complexe des sommets (elle ne sera reconnue par son père que lorsqu' elle aura
rejoint le sommet de la littérature, montagne du haut de laquelle elle pourra
planter son drapeau : Aimez-moi !)</p><div align="justify">

</div><p>Pour rien ? Pour quoi ? Juste comme ça ? Pour faire
joli ? « J'écris parce que c'est joli »... c'est de qui,
ça ?</p><div align="justify">

</div><p>Bref.</p><div align="justify">

</div><p>Muche</p><div align="justify">

</div><p>Muche...</p><div align="justify">

</div><p>&nbsp;</p><div align="justify">

</div><p>&nbsp;</p><div align="justify">

</div><p>Les pensées sortaient par les oreilles de Muche. Difficile de les retenir.
Car laquelle ? Y avait-il une raison d'être ? Je crois, ou plutôt
Muche croit qu'il était temps d'aller se coucher. La musique faisait des croches occitanes dans un petit coin du salon. Muche prim' telle une
clé et Muche telle un vieux moteur récalcitrant et barbotant. Et puis, au
moment où plus personne n'y croyait plus, au moment où plus personne ne comprenait
quoique ce soit, elle démarrait. Mais maintenant un petit ronron faisait la
fête tout seul dans son coin.</p><div align="justify">

</div><p>Ronron.</p><div align="justify">

</div><p>« Tiens, encore une histoire sur quelqu'un qui écrit. » Muche
feuilletait les journaux et les émissions de radio bourdonnantes.</p><div align="justify">

</div><p>L'histoire de Muche est un peu, juste un peu, chiante, chuchota Muche prim'
en se bouchant les oreilles. Elle se raconte ses trucs débiles sans rien se
raconter. Aucune volonté, cette pauvre fille. Elle pourrait au moins s'exercer
à raconter ne serait- ce qu'un petit truc. Non. Rien de rien, les lignes se
remplissaient pour remplir. Trucs bidules etcetera. Tout à fait Muche à la
prune. Et ça pouvait continuer longtemps : tout à fait Muche à la con.
Elle pourrait faire une liste de mots, de lettres, de cacatrouilla, ce serait
presque toujours aussi chiant banane coq fraise roi roucoucou etcetera et
pourquoi ceci et pourquoi moi et lui etcetera et les lignes et les débiles et
les souvenirs et les objets et les choses et les bidules et les sacs qui
s'entassent, les murs qui baisent et qui disent l'ennui et le tien le vrai, le
fort, le roi, le quoi, le pois, le point final, le punkt (tiens de l'allemand)
chiant. </p><div align="justify">

</div><p>&nbsp;</p><div align="justify">

</div><p>                                                 . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .<br style=""></p><div align="justify">

</div><p>C'est fini, Muche s'est envolée, comme un ballon et comme une bulle de
savon. On ne pouvait pas faire semblant très longtemps. Finalement, c'était un
peu comme une histoire de séduction, elle était devenue un personnage presque
parfait, son petit côté femme - enfant, 
rigolo, etcetera. Un jour ou l'autre, la vraie nature reprend ses
droits.</p><div align="justify">

</div><p>Crotte de nez, Muche s'enlevait aussi parfois les crottes de nez.</p><div align="justify">

</div><p>Muche.</p><div style="" class="" align="justify">

Ah, Muche, Muche prim' te cause de l'autre côté du
miroir - papier. Elle te fait vivre du bout de son &#339;il - stylo, ou plutôt
survivre car tu tremblotes, ton image semble parfois trouble, prise dans les
brumes, vapeurs chaudes de bain parfumé (huiles essentielles bleu turquoise).
Jolie marionnette qui voudrait se détacher, dont l'âme prend parfois conscience
qu'elle n'est que jouet.</div><div align="justify">

</div><p>C'était une parenthèse.</p><p> L'histoire de Muche ou sa non - histoire peut reprendre.</p><p>
« Je n'aime pas du tout les histoires où l'écrivain se met à donner son
avis » chuchota Muche à sa conscience prim'. Muche prim' sourit
mélancoliquement.</p><div align="justify">

</div><p>Muche sortit de son bain parfumé à l'huile essentielle de coquelicot bleu
couchant. Avec ses mains, elle fit un espace net sur le flou du miroir et
aperçut ses deux yeux noirs comme les billes d'un chat noir dans la nuit noire.
« Bingo ! » fit- elle en s'enveloppant de sa serviette rose
crème avant de partager ses cheveux couleur marmelade en deux avec la raie au
milieu. Dans un coin de la chambre, on entendait Boris et sa trompette. Muche
fredonnait « j'suis snob » et ricanait gaiement.</p><div align="justify">

</div><p>&nbsp;</p><div align="justify">

</div><p>&nbsp;</p><div align="justify">

</div><p>Le premier mot toujours. Impossible. Des pavés. Ça y est. Des
pavés. Hop, ça commence. Des pavés, des dalles bleues grises avec parfois un
peu de roux, pas de rouille, sur quelques unes, cela faisait comme un ciel à
observer. Un ciel de pavés. Comme c'est lourd.</p><div align="justify">

</div><p>_ ?</p><div align="justify">

</div><p>_Les deux. L'image, le style et le ciel de pavés.</p><div align="justify">

</div><p>Le ricanement du miroir au fond du miroir. Encore un écrit sur l'écrit de
celui qui écrit et qui est écrit. C'est quoi ?</p><div align="justify">

</div><p>Ça doit être
dans une case de la mémoire du miroir qui refuse de s'ouvrir dans la tête de
Muche. Cristal.</p><div align="justify">

</div><p>Ça doit être
la case des choses sans importance. </p><div align="justify">

</div><p>Totaud a dit (c'est pas Dieu, pas papa mais Artaud) : « A bas
ceux qui ont des mots qui veulent dire exactement quelque chose de
précis ! » A bas les dé - finisseurs. Vive les trafiqueurs de mots.</p><div align="justify">

</div><p>Non.</p><div align="justify">

</div><p>Ça, c'est
Muche qui rajoute.</p><div align="justify">

</div><p>Bref, parfois oui. Parfois non.</p><div align="justify">

</div><p>Car l'expérience amuse Muche et ce qui amuse Muche, ce sont les idées
platoniciennes. Ça y est : les nuages. On y voit plus rien au milieu de Bullepart. Dans
la voiture, Muche cherche à balayer la buée qui reparaît juste à côté. Tiens,
encore un poisson - chat qui traverse la rue comme si de rien n'était. Même pas
un sourire. Mauvaise éducation.</p><div align="justify">

</div><p>« Recherche frénétique d'une feuille. Le stylo, elle l'a. C'est
comparable au tabac, l'écriture de Muche.</p><div align="justify">

</div><p>Ça lui prend
comme ça soudain. Elle ne sait même pas quoi écrire. Dès que c'est prêt, elle
se retrouve comme une idiote et rien à écrire. » C'était un petit
paragraphe de Muche prim' chuchoté à l'oreille et écrit par la main de Muche.</p><div align="justify">

</div><p>Elle n'écrivait pas souvent et d'ailleurs pas longtemps. Muche prim'
estimait sans doute que Muche avait un petit truc « space » ou
spécial sinon elle lui aurait certainement interdit tout simplement l'acte
d'écrire. Seulement le truc space se nourrit de passion. Sluirp miam. Et Muche
ne possédait plus de passion, tout juste un peu de fantaisie. Passage du
journal de Muche au zard- ha :</p><div align="justify">

</div><p>« Je suis dans un train, embarquée comme tant d'autres vers un destin
ou une absence de destin qui me fatalise l'abstraction patacrasse de ma
réalité.</p><div align="justify">

</div><p>J'avais, dans mon antiquité, le sentiment aigu de mon étrange unicité. Toujours
l'impression d'être à part, légèrement à côté. « Bizarre », « à
l'est » ou « à l'ouest », c'est comme ça que j'étais vue. Et
cela se mariait parfaitement à l'allure introvertie de mon adolescente
silhouette. Mais quelque chose est arrivé. « Something happened »,
par un processus encore non entièrement élucidé par la raison, une histoire
trop longue pour être ici racontée, je suis devenue l'inverse. L'image renvoyée
par mon miroir a changé. Ou j'ai changé. De zarbi, je suis passée à seulement bizarre.
Beaucoup plus humaine, commune.</p><div align="justify">

</div><p>Voyons, introspectons :</p><div align="justify">

</div><p>Un sentiment de confiance venu d'une conscience d'être en réalité proche de
l'humanité, de « fonctionner » à partir des mêmes grandes lignes.</p><div align="justify">

</div><p>Conviction à la con ou basée sur une « intuition de la réalité »
(mots non élucidés), celle - ci a fait de moi un personnage ouvert quoique
cynique, nostalgique d'une image de la pureté, de la clarté, de la lumière.</p><div align="justify">

</div><p>&nbsp;</p><div align="justify">

</div><p>?</p><div align="justify">

</div><p>Tourbillon.</p><div align="justify">

</div><p>Le présent.</p><div align="justify">

</div><p>Adesso.</p><div align="justify">

</div><p>Maintenant.</p><div align="justify">

</div><p>Je me réveille avec l'impression de tomber de très haut. Ce personnage
blasé semblable à moi - même a perdu le sens de la magie, de la séduction, le
goût aux confessions, aux profondeurs intimes, parfois même le sens de
l'amitié. »</p><div align="justify">

</div><p>Pauvre petit être décadent.</p><div align="justify">

</div><p>Tiens, cela est étrange comme une orange : me sentir proche du genre
humain ne me rend pas ces émotions si chères pourtant que sont la tendresse,
l'amitié. Je ne sais pas. Je m'enfonce dans le paradoxal : je me sens
souvent pétrie de tendresse et puis souvent aussi d'effroi lorsque j'observe en
autrui et en moi la confusion, le sentiment d'abandon, l'abandon des autres,
l'abandon de soi - même face à la complexité impensable des choses. »</p><div align="justify">

</div><p>« Joli petit charabia » chuchota Muche prim' à l'oreille de
Muche.</p><div align="justify">

</div><p>&nbsp;</p><div align="justify">

</div><p>« Truc comme ça », exactement Muche.</p><div align="justify">

</div><p>L'imprécision de précisément Muche. Les polyptotes, ah,
ah ! ! ! Cela faisait bien rire Muche les polyptotes. Et puis
tous ces savants - mots qui servent à rendre l'homme pédant.</p><div align="justify">

</div><p>« Précis, aussi, il est vrai... » La pensée de Muche était bien
fille des lumières, bien fille de la série littéraire au grand complet :
thèse, antithèse, synthèse, oui - non - merde, comme disait le prof de philo en
terminale. Il ne fallait pas se perdre dans toutes ces contradictions.
« Suis- je pour ou contre les polyptotes ? « Vanité,
vanité, tout est vanité. » Muche s'assit à ce moment là tout à fait flou
et imprécis de la narration non ancrée dans le réel mais dans la pensée de
l'auteur (étudiez le rapport Muche prim' - auteur) à une terrasse de café. Elle
prit une glace à la vanité. </p><div align="justify">

</div><p>« Qu'est ce que cela veut dire ? » demanda le lecteur (soit
Muche seconde''). « Est - ce que cela aurait un sens profond caché que je
n'aurais point perçu percé ? » Muche se pencha sur son épaule, lui
chatouilla l'oreille droite (non, l'autre) et soupira : « Qu'est ce
qu'on s'en fout !  Pourquoi veux- tu toujours tout comprendre,
maîtriser, abstraire ? »</p><div align="justify">

</div><p>Arrêt du train.</p><div align="justify">

</div><p>(Muche était dans le train).</p><div align="justify">

</div><p>Muche prim' quitta Muche à toute vitesse.</p><div align="justify">

</div><p>&nbsp;</p><div align="justify">

</div><p>&nbsp;</p><div align="justify">

</div><p>Muche s'est endormie il y a un an dans un sommeil profond. Son auteur alias
moi - même ou le « je qui écrit »est semblable à une sorcière qui l'a
endormie profondément.</p><div align="justify">

</div><p>Pourquoi ?</p><div align="justify">

</div><p>Voici la page des explications (qu'on n'est pas obligé de lire mais qu'on
lit quand même). Voici venue la solution de l' énigme, la dernière partie du
conte, la page désagréable qu'on ne veut pas lire ou alors au ralenti, en même
temps qu'une bouchée de chocolat. On va dire adieu à Muche.</p><div align="justify">

</div><p>Parce que Muche, à la conscience Muche prim', n'avait pas de destin.</p><div align="justify">

</div><p>Pas d'autre destin que de raconter sa vie en déroulant le fil des jours au
fur et à mesure. En somme, il n'est presque jamais rien arrivé à Muche. Je l'ai
aimée. Je lui ai donnée du temps, toute ma folie et ma liberté que l'on cache
un peu aux autres dans la vie réelle pour ne pas les choquer.</p><div align="justify">

</div><p>Pourquoi Muche n'avait pas de destin ?</p><div align="justify">

</div><p>Ce n'est pas que la sorcière sa mère en avait simplement décidé ainsi...
Muche, vois - tu, était perdue dans sa vie, entre les lignes, tout comme son
auteur, elle ne percevait que le défilé de ses jours comme un paysage embrumé ou
ensoleillé aperçu à travers les grandes vitres ciné d'un TER à travers la
cambrousse.</p><div align="justify">

</div><p>Elle n'avait rien à dire vraiment sauf que la vie c'est bien compliqué
quand on attend trop des hommes et qu'ils sont bêtes comme...des choses.</p><p>&nbsp;</p><div align="justify">

</div><p>Sinon, elle avait les yeux noirs comme un chat noir dans la nuit noire,
aimait bien dire des choses absurdes comme « Bingo ! » au détour
d'un chemin.</p><div align="justify">

</div><p>Muche, c'est la beauté folichonne et sauvageonne du rire, de la morsure de
la vie.</p><div align="justify">

</div><p>Muche, je l'ai endormie. Elle est devenue une toute
petite fille, celle qu'elle a toujours été, au fond de son corps de jeune -
femme. Muche s'est endormie en moi. Dans ma vie de tous les jours, je pense
parfois à elle et je la réveille de temps en temps. Je fais attention à ce
qu'elle ne se couche pas trop tard et ne dise pas trop de bêtises. Muche
m'appartient et t'appartient aussi un peu depuis ce jour. Il m'appartient et à
toi aussi de la réveiller de temps en temps. Qu'elle rêve un peu.</p><p>&nbsp;</p><div style="" class="" align="justify">


Sterenn Le Noach (écrit en 2001-2002)</div>]]></description>
<category>Nouvelles de S. Le Noach</category>
<pubDate>Tue, 26 Jun 2007 15:31:07 +0000</pubDate>
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<title>Trouée de lumière</title>
<link>http://www.blogg.org/blog-64688-billet-617252.html</link>
<description><![CDATA[<br>"Le soir tombe sur la cité, efface en moi bien des années. Comme mes pas, d'autres enjambées de gens parlant haut, peut-être un peu fort, quand moi-même, je retrouve me mêlant aux ombres projetées, parfois violemment, je retrouve un réconfort dans des habits d'ombres, uniquement. 
Je me mêle aux effluves, aux chants lointains, aux mauvaises gens et aux poètes isolés. J'imprime de mes pas de lointaines victoires. Je vous cache tout sourire au dehors, mon âge avancé, et marche autour de jeunes personnes. Je suis un magicien, je réconforte des pleurs ; peut-être un sorcier de l'âme. J'offre de nouvelles forces, aux couchants - bien entendu -. La nuit tombée, sur les trottoirs, résonnent mes pas, et quelques autres perdus. La nuit venue j'arrive à me sourire dans une quelconque vitre, bien éclairée de par le meilleur réverbère. 
J'aime ce pardessus noir que je porte, je souris, un peu ivre, et feint à me croire grand, heureux et riche, envié tel un prince qui marcherait au travers son armée. Et flotterai en la présence des sirènes de cette humble contrée, des plus séduisantes qui rejetèrent tant d'autres, car elles ne vivaient que par l'enveloppe du fruit, par l'illusion, par l'immense solitude de ceux qui refusent toute approche. 
Donc, je marchais seul alors et je ne vous parle plus, peut-être occasionnellement ; de mes grandes promenades nocturnes, enveloppé par la brume, et dans cette funeste jeunesse, priant Dieu que sur mes chemins d'alors, je puisse rencontrer le plus triste des réverbères, celui qui n'offre que peu de lueurs, mais que j'embrasserai peut-être un jour, pour ces nuits de totale solitude et de grand froid. Il fut le seul à m'indiquer maladroitement le chemin qui m'offre de vous écrire aujourd'hui." <br><br>(Mirzayantz Bruno, sans date)
]]></description>
<category>L'Allant Vers</category>
<pubDate>Wed, 20 Jun 2007 11:28:18 +0000</pubDate>
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</item>
<item>
<title>Le vent... Assurément...</title>
<link>http://www.blogg.org/blog-64688-billet-617251.html</link>
<description><![CDATA[<br><br>"Le vent a emporté les vagues et les rochers, les images confuses et bleues des tempêtes de mon passé, les couleurs des paysages, mes années d'ivresses, mes conquêtes féminines, félines, mes danses endiablées. La courbe de leurs étoffes et leurs parfums bien sûr... Le vent a déroulé sur mes épaules des chevelures d'ombres, de brisants qui cachaient qu'au fond de mes poches, tremblaient mes mains.
Le vent parfois a tout emporté, même le mouchoir blanc, que rempli des flots d'écumes, de grandes averses rageuses, de grandes sueurs parfois, de ces chemins mal parcourus, de ces sentiers tordus, où je perdis mes pas dans leurs enchevêtrements, et, quand ces mêmes instants souffla le vent, qui soutenu ma solitude, et, quand ces mêmes pas, inconsciemment, je posais peut-être maladroitement ces derniers dans ceux de mon père, en cherchant comme lui à ne point trop se perdre." <br><br>(Bruno Mirzayantz, 25 décembre 2001) 
<p class="ta_img"><img border=0 src="http://www.blogg.org/afficher_image.php?id=733607&amp;img_x="></p>]]></description>
<category>Po&#195;&#168;mes de B. Mirzayantz</category>
<pubDate>Wed, 20 Jun 2007 11:27:39 +0000</pubDate>
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</item>
<item>
<title>Nuits</title>
<link>http://www.blogg.org/blog-64688-billet-617248.html</link>
<description><![CDATA[<br>"Dans les nuits confuses où je me perds dans les draps ; flots lents où passent quelques mouvances, une mer à peine éclairée par la lune au travers des volets, deux yeux mi-clos dans des ombres immenses où le corps vacille, rendant ses armes aux portes de l'inconscient. Je me retrouve dans des couloirs lumineux, puis des jardins fleuris. Les femmes aux longs cheveux et finement vêtues, sombres, blanches, lançant à mon passage inquiet des pétales de roses au devant de cascades perlées. Des arbres vieux aux lourds troncs tordus laissent bruisser autour leurs feuillages assombris. L'herbe est haute soudain ! Je traîne les pas, accrochant des tiges enlacées, avançant, je rejoins alors une allée de sable. Au loin je vois la mer, elle est fâchée, et frappe des roches déchiquetées, devant des voiliers qui courent, penchés au travers de flots en colères. Sur le côté d'une bien vieille maison aux murs sales, écaillés, toiture verte, volets clos ; des amis viennent vers moi. Je reconnais le boucher du coin, David, le torero, une cliente aux yeux bleus, habillée de dentelles grises, un homme inconnu en peignoir bariolé me tendant un chapeau haut de forme." <br><br>(Bruno Mirzayantz, sans date)      ]]></description>
<category>Po&#195;&#168;mes de B. Mirzayantz</category>
<pubDate>Wed, 20 Jun 2007 11:25:50 +0000</pubDate>
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</item>
<item>
<title>Sortir</title>
<link>http://www.blogg.org/blog-64688-billet-617246.html</link>
<description><![CDATA["Brûlantes émotions, inutiles démarches, les rayons sont ardents où demeure l'illusion ; les rêves sont puissants que l'on croirait chuter, dévaler bien des pentes, et, des chemins de gouffre, oubliant pour un peu la bouillante démarche, d'une jeune après-midi, les façades et les murs fumants sous l'été. Ma solitude traînant son ombre, le long de ces chemins menant à nulle part." (Bruno Mirzayantz, 13 août 2003)]]></description>
<category>Po&#195;&#168;mes de B. Mirzayantz</category>
<pubDate>Wed, 20 Jun 2007 11:23:29 +0000</pubDate>
<guid>http://www.blogg.org/blog-64688-billet-617246.html</guid>
</item>
<item>
<title>Aux quelques témoins... Bouteille à la mer</title>
<link>http://www.blogg.org/blog-64688-billet-617245.html</link>
<description><![CDATA["De nouveaux jours glissent, eux sous les ponts de notre présent, et loin sera ainsi la mer de notre vécu. 
Je surprend à nouveau le chant des merles. Je suis semblable aux vieux murs disjoints, leurs peaux d'écorce blanche sont autant de cicatrices, de rides et de paupières fermées.
Le vent a bientôt emporté les parfums envoûtants, les chants, les musiciens, les soirées aux lampions, famille et amis. Dans le repli qui pour tant d'autres semble à nouveau inutile, j'erre prisonnier de la destinée, les montées de fièvre, et mes rêves incessants, me conduisent aux marais de la ville. Là où le sol se dérobe, où il n'y a plus d'image, où le corps, les murs, les vieux troncs se rejoignent, là où par bonheur, les souvenirs semblent absents."
(Bruno Mirzayantz, 11 août 2003)
]]></description>
<category>Po&#195;&#168;mes de B. Mirzayantz</category>
<pubDate>Wed, 20 Jun 2007 11:21:57 +0000</pubDate>
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