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<copyright>Copyright 2008 Blogg</copyright>
<pubDate>Sat, 28 Nov 2009 02:15:46 +0100</pubDate>
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<docs>http://www.blogg.org/blog-63787.html</docs>
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<title>abolkjpsdfk</title>
<language>fr</language>
<category>Blogg</category>
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<title>911 videos</title>
<link>http://www.blogg.org/blog-63787-billet-775289.html</link>
<description><![CDATA[<p>PENTA<br><span style="background-color: rgb(51, 204, 255);" name="textmarker_2" id="textmarked_1"></span><span style="background-color: rgb(51, 204, 255);" name="textmarker_1" id="textmarked_0"></span>http://fr.youtube.com/watch?v=SjcoPEGRXjo<br>http://fr.youtube.com/watch?v=WVwOs1RVnzA<br>http://fr.youtube.com/watch?v=wlygvqFLio8<br><br>WTC7<br>http://fr.youtube.com/watch?v=deys8AxfVQw<br><br>Explosions<span style="background-color: rgb(51, 204, 255);" name="textmarker_1" id="textmarked_0"></span><br>http://fr.youtube.com/watch?v=-VRqSpBtceg<br>http://fr.youtube.com/watch?v=j9bFm7xRwbY<br><br>Power-down<br>http://killtown.blogspot.com/2005/12/scott-forbes-interview.html<span style="background-color: rgb(51, 204, 255);" name="textmarker_1" id="textmarked_0"></span><br></p>]]></description>
<category>koba</category>
<pubDate>Fri, 14 Mar 2008 09:34:59 +0000</pubDate>
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</item>
<item>
<title>Les micro-ondes liées à la fatigue chronique ?</title>
<link>http://www.blogg.org/blog-63787-billet-773635.html</link>
<description><![CDATA[<div class="cartouche">http://www.newsoftomorrow.org/spip.php?article3605
			
			
			
            
				<p>
				mercredi 5 mars 2008
				par 
				<a href="http://www.newsoftomorrow.org/spip.php?auteur1">Jurian Sterk</a>
				
				</p>
				
      </div><!-- cartouche -->


		<div class="chapo">Ces
fameuses ondes électro-magnétiques seraient-elles le facteur causal
principal de ce syndrome&nbsp;? Plusieurs liens sont mis en évidence par un
chercheur.</div>
		
		<p><span class="spip_document_1811 spip_documents spip_documents_left" style="float: left; width: 200px;">
<img src="http://www.newsoftomorrow.org/local/cache-vignettes/L200xH140/pict_121706-ae1c2.jpg" alt="" style="height: 140px; width: 200px;" class="" height="140" width="200"></span>Et
si les micro-ondes, ces fameuses ondes électromagnétiques de longueur
d'onde intermédiaire entre l'infrarouge et les ondes de radiodiffusion,
s'avéraient être le facteur causal principal dans les SFC/EM, ou
syndromes de fatigue chronique/encéphalomyélite myalgique&nbsp;?</p>

<p>Telle est la question, certes pertinente, à laquelle a tenté de répondre un certain P<sup class="typo_exposants">r</sup>
Paul Doyon, de l'Université Kyushu au Japon. Pour lui, la réponse
semble ne faire aucun doute&nbsp;: c'est oui. En 31 points, il avance ainsi
une série de preuves. En voici quelques-unes.</p>

<p>Il fait ainsi remarquer que les manifestations de SFC
se sont répandues au milieu des années 80, époque à laquelle des
réseaux de téléphonie cellulaire s'installaient aux Etats-Unis puis un
peu partout dans le monde. C'est d'ailleurs dans les pays où il y a
pléthore de réseaux et où plane le nuage électromagnétique
("électrosmog") de téléphonie cellulaire que le SFC est le plus
répandu. Dans des pays tels le Népal ou le Bhutan où l'équipement fut
plus tardif, la pathologie serait quasi inexistante, d'après l'auteur
de l'article paru sur www.next-up.org. Tout aussi rare se ferait le
syndrome parmi les Amish, cette communauté qui refuse l'usage de
l'électricité.</p>

<p>Au niveau physiologique, "il est de notoriété que
l'exposition aux micro-ondes et autres champs électro-magnétiques (CEM)
affecte anormalement le flux de calcium dans et hors des cellules",
affirme encore ce professeur, soulignant que cette anomalie se retrouve
également chez les personnes souffrant de SFC/EM, de même qu'un
dysfonctionnement des mitochondries, dont il a été démontré qu'il
pouvait être induit par les micro-ondes.</p>

<p>"Des globules rouges sont altérés et leur nombre diminué par l'exposition au rayonnement des micro-ondes, avance encore le P<sup class="typo_exposants">r</sup>
Doyon, les globules rouges sont responsables du transport de l'oxygène.
[...] Or un manque d'oxygène au cerveau ainsi qu'à d'autres organes
peut avoir des conséquences comme le brouillard mental, l'incapacité à
se concentrer, le vertige, les nausées... autant de symptômes trouvés
dans le SFC."</p>

<p>Et ce n'est pas tout. Toujours selon l'auteur de
l'article, "il a été démontré que l'exposition aux CEM favorise
l'augmentation des virus, des bactéries, des moisissures, des parasites
et des levures dans le sang de l'hôte humain, microbes pathogènes
fréquents chez ces patients". Il s'en réfère également à des études
ayant démontré que" l'exposition aux micro-ondes induit le stress
'subliminal' provoquant l'excrétion par les glandes surrénales de plus
de cortisone et d'adrénaline conduisant par la suite à l'épuisement de
l'adrénaline, facteur important du SFC".</p>

<p>De même, la production de mélatonine serait altérée par
l'exposition aux micro-ondes. "Or cet antioxydant est nécessaire au
sommeil", souligne l'auteur, et l'on pense que la mélatonine est
altérée chez les patients souffrant de fatigue chronique. Malgré ces
problèmes de sommeil, il semblerait en outre que ces derniers se
sentent mieux la nuit alors que l'usage des téléphones portables est
réduit. Et dire que ce ne sont là que quelques-unes des preuves
avancées...</p>]]></description>
<category>Sant&#195;&#169;</category>
<pubDate>Tue, 11 Mar 2008 10:59:53 +0000</pubDate>
<guid>http://www.blogg.org/blog-63787-billet-773635.html</guid>
</item>
<item>
<title>Encyclopedy of life</title>
<link>http://www.blogg.org/blog-63787-billet-768212.html</link>
<description><![CDATA[http://www.eol.org]]></description>
<category>Avenir</category>
<pubDate>Sat, 01 Mar 2008 15:17:00 +0000</pubDate>
<guid>http://www.blogg.org/blog-63787-billet-768212.html</guid>
</item>
<item>
<title>Alex le perroquet</title>
<link>http://www.blogg.org/blog-63787-billet-767069.html</link>
<description><![CDATA[<p><b>Alex</b> (né en <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/1976"  title="1976">1976</a> et mort le <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/7_septembre"  title="7 septembre">7 septembre</a> <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/2007"  title="2007">2007</a>), est un <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Perroquet_gris"  class="mw-redirect" title="Perroquet gris">perroquet gris</a> du <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Gabon"  title="Gabon">Gabon</a> qui, de <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/1977"  title="1977">1977</a> à sa mort, faisait l'objet d'une <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Exp%C3%A9rience"  title="Expérience">expérience</a> <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Scientifique"  title="Scientifique">scientifique</a> menée par l'<a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/%C3%89thologue"  class="mw-redirect" title="Éthologue">éthologue</a> <a href="http://fr.wikipedia.org/w/index.php?title=Irene_Pepperberg&amp;action=edit&amp;redlink=1"  class="new" title="Irene Pepperberg (article à créer)">Irene Pepperberg</a> visant à étudier les capacités <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Cognitive"  class="mw-redirect" title="Cognitive">cognitives</a> des <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Animal"  title="Animal">animaux</a> et en particulier les capacités du perroquet à comprendre le <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Langage_humain"  title="Langage humain">langage humain</a>. Le nom <i>Alex</i> est en effet un <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Acronyme"  class="mw-redirect" title="Acronyme">acronyme</a> du nom du projet : <i>Avian Learning EXperiment</i> (Expérience d'<a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Apprentissage"  title="Apprentissage">apprentissage</a> <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Oiseau"  title="Oiseau">aviaire</a>).<br><br></p>

<p>Alex possèdait un vocabulaire de 100 <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Mot"  title="Mot">mots</a> d'<a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Anglais"  title="Anglais">anglais</a>
qu'il utilisait à bon escient et comprenait plus de 1000 mots. Ce qui
rendait Alex si exceptionnel n'était pas tellement le nombre de mots
qu'il connaissait (le record en la matière pour un perroquet est de
800) mais le fait qu'il les comprenait réellement et pouvait même les
utiliser de manière constructive dans le cadre d'une conversation. Il
était, par exemple, capable de donner la couleur d'objets qu'on lui
désignait et de les retenir. Par ailleurs, des travaux publiés en <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/2006"  title="2006">2006</a> semblent montrer qu'il maîtrisait également les <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Nombre"  title="Nombre">nombres</a> jusqu'à <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/6_%28nombre%29"  title="6 (nombre)">6</a>, y compris le <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Z%C3%A9ro"  class="mw-redirect" title="Zéro">zéro</a>.</p>

<p>Alex est mort le 7 septembre 2007.<br><br></p>

<p>Alex possèdait un vocabulaire de 100 <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Mot"  title="Mot">mots</a> d'<a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Anglais"  title="Anglais">anglais</a>
qu'il utilisait à bon escient et comprenait plus de 1000 mots. Ce qui
rendait Alex si exceptionnel n'était pas tellement le nombre de mots
qu'il connaissait (le record en la matière pour un perroquet est de
800) mais le fait qu'il les comprenait réellement et pouvait même les
utiliser de manière constructive dans le cadre d'une conversation. Il
était, par exemple, capable de donner la couleur d'objets qu'on lui
désignait et de les retenir. Par ailleurs, des travaux publiés en <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/2006"  title="2006">2006</a> semblent montrer qu'il maîtrisait également les <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Nombre"  title="Nombre">nombres</a> jusqu'à <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/6_%28nombre%29"  title="6 (nombre)">6</a>, y compris le <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Z%C3%A9ro"  class="mw-redirect" title="Zéro">zéro</a>.</p>

<p>Alex est mort le 7 septembre 2007.<br><br><span class="mw-headline">Accomplissements</span><span style="font-size: xx-small; font-weight: normal; float: none;" class="editsection"></span></p>

<table id="toc" class="toc" summary="Sommaire" height="26" width="23"><tbody>
<tr>
</tr>
</tbody></table>


Pepperberg a listé les accomplissements d'Alex en 1999. Alex pouvait
identifier cinquante objets différents et reconnaitre les quantités
jusqu'à six. Il pouvait distinguer aussi sept couleurs et cinq formes,
comprendre des concepts comme "plus gros que...", "plus petit que...",
"pareil que...", ou "différent de...", il apprenait aussi "au dessus"
et "en dessous"<sup id="_ref-smith_0" class="reference"><a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Alex_le_perroquet#_note-smith"  title=""><span class="cite_crochet">[</span>1<span class="cite_crochet">]</span></a></sup>. Alex possédait aussi un vocabulaire d'environ 150 mots,<sup id="_ref-Carey_0" class="reference"><a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Alex_le_perroquet#_note-Carey"  title=""><span class="cite_crochet">[</span>2<span class="cite_crochet">]</span></a></sup>
mais ce qui était exceptionnel, était le fait qu'il comprenait le sens
de ce qu'il disait. Par exemple, lors d'expériences, des objets étaient
montrés à Alex, et il lui était demandé de les décrire par leur forme,
couleur et sur leur matière; et Alex répondait correctement. Si il lui
était demandé la différence entre deux objets, il donnait les réponses,
et s'il n'y avait pas de différence entre les objets présentés, il
disait "none", ce qui en français peut être traduit ici comme "aucune".
Quand il était fatigué de ces expériences, il disait:"I'm gonna go
away" (en français "Je vais partir")et si le chercheur montrait alors
de l'énervement ou une réaction, Alex essayait de dédramatiser en
disant "i'm sorry" ("Je suis désolé"). Alex savait aussi ce qu'il
voulait, ainsi, quand il disait "Wanna banana" (pour dire "je veux une
banane")et que les chercheurs lui donnaient des noix, Alex restait
alors silencieux et demandait à nouveau une banane, ou prenait la noix
et la jetant sur le chercheur. Durant les tests de recherche, il
répondait correctement à environ 80% des questions.<br><br>Vidéo :<br>http://vvi.onstreammedia.com/cgi-bin/visearch?user=pbs-saf&amp;template=template.html&amp;query=pepperberg&amp;category=0&amp;viKeyword=pepperberg&amp;submit=Search<br><br>Source wiki :<br>http://fr.wikipedia.org/wiki/Alex_le_perroquet<br>]]></description>
<category>Psychologie</category>
<pubDate>Thu, 28 Feb 2008 16:37:51 +0000</pubDate>
<guid>http://www.blogg.org/blog-63787-billet-767069.html</guid>
</item>
<item>
<title>Paname Fo Photo</title>
<link>http://www.blogg.org/blog-63787-billet-752076.html</link>
<description><![CDATA[<p><a href="http://www.flickr.com/photos/arthur-jarreau/sets/72157603802461557/">Arthur Ja</a></p><p><a href="http://picasaweb.google.fr/estellegerard/TournagePanameFollieSPhotosJulie?authkey=ZzjTwObduZg">Julie (déco)</a> </p>]]></description>
<category>Kino</category>
<pubDate>Tue, 05 Feb 2008 09:03:58 +0000</pubDate>
<guid>http://www.blogg.org/blog-63787-billet-752076.html</guid>
</item>
<item>
<title>Web html</title>
<link>http://www.blogg.org/blog-63787-billet-635349.html</link>
<description><![CDATA[<p><a href="http://meiert.com/en/indices/html-elements/">Tag Index html</a>  <br><br><a href="http://www.designsnack.com/">The most sylish sites</a> </p><p><a href="http://www.jobalize.com/%20">Find Web 2.0 workers</a> <br></p>]]></description>
<category>Avenir</category>
<pubDate>Wed, 18 Jul 2007 15:28:27 +0000</pubDate>
<guid>http://www.blogg.org/blog-63787-billet-635349.html</guid>
</item>
<item>
<title>DZOGCHEN ET MAHAMUDRA - AU-DELÀ DE LA PRATIQUE</title>
<link>http://www.blogg.org/blog-63787-billet-612482.html</link>
<description><![CDATA[<p><font face="arial,helvetica,sans-serif" size="3"><a href="http://www.soupir.org/article.php3?id_article=472">source</a> <br><br>1
Après avoir examiné les traditions bouddhistes «&nbsp;orthodoxes&nbsp;», nous
allons maintenant nous intéresser aux écoles «&nbsp;hétérodoxes&nbsp;», qu'il
serait tout aussi légitime d'illustrer par le Dzogchen, le Mahamudra ou
certains aspects du Ch'an/Zen primitif. La similitude de ces traditions
fut en effet reconnue dès le XIIe siècle par des maîtres appartenant
aux écoles Kadam et Sakya du bouddhisme tibétain. Plusieurs de ces
maîtres accusèrent les adeptes du Dzogchen et du Mahamudra de débaucher
leurs propres élèves [xv]. Le grand érudit sakyapa Sakya Pandita, en
particulier, accusa d'illégitimité aussi bien le Dzogchen que le
Mahamudra, arguant du fait qu'ils ne s'appuyaient pas sur des
traditions tantriques indiennes. Il les critiqua aussi pour leurs
similitudes doctrinales avec le Ch'an [xvi]. </font></p>
<p><font face="arial,helvetica,sans-serif" size="3">Nous
traiterons des aspects hétérodoxes du Zen dans le chapitre suivant et
dirons dans celui-ci quelques mots sur le Mahamudra. Nous allons
cependant surtout nous intéresser au Dzogchen, car cette tradition est
devenue pour les pratiquants occidentaux la principale voie d'accès à
la perspective hétérodoxe. Non seulement le Dzogchen est actuellement
très en vogue en Occident, mais la moindre référence à cette tradition
constitue pour de nombreux chercheurs un point favorable - le Dzogchen
semble en effet avoir également le pouvoir de se présenter comme une
expression du «&nbsp;discours de l'immédiateté&nbsp;» plus pure et plus nette que
celle du Mahamudra ou du Zen. </font></p>
<p><font face="arial,helvetica,sans-serif" size="3">Peut-être
n'est-il pas inutile de préciser ici la signification des termes
«&nbsp;Dzogchen&nbsp;» et «&nbsp;Mahamudra&nbsp;». «&nbsp;Dzogchen&nbsp;» est souvent traduit par
«&nbsp;Grande Perfection&nbsp;» (respectivement chen et dzog), mais nous
pourrions tout aussi justement dire «&nbsp;Plénitude Totale&nbsp;», ou Complète.
Ces deux traductions énoncent une expérience de la réalité qu'il est
tout simplement impossible d'améliorer, car elle transcende toutes les
notions de perfection ou d'imperfection. Le mot «&nbsp;Mahamudra&nbsp;» peut
quant à lui être expliqué de diverses manières, mais est généralement
traduit par «&nbsp;Grand Sceau&nbsp;» (respectivement maha et mudra) car il
«&nbsp;scelle&nbsp;», par la sagesse libératrice de l'ouverture, toute expérience
imaginable - objective et subjective, spirituelle et ordinaire. Ce
«&nbsp;sceau&nbsp;» du Mahamudra relie et transcende les catégories dualistes. Il
est «&nbsp;libre d'entraves&nbsp;», car il englobe et le samsara, et le nirvana.
Et il ne peut être limité par aucune expérience ou idée. </font></p>
<p><font face="arial,helvetica,sans-serif" size="3">2
Pour commencer, nous devons noter que ni le Dzogchen, ni le Mahamudra
n'existent réellement à l'heure actuelle en tant que traditions à part
entière. </font></p>
<p><font face="arial,helvetica,sans-serif" size="3">Bien
que tous deux soient des produits du paysage spirituel indien, on ne
peut aujourd'hui y avoir accès que par, respectivement, les traditions
Nyingma et Kagyu du bouddhisme tibétain. Et comme ils y sont
étroitement intégrés aux systèmes «&nbsp;orthodoxes&nbsp;» du Tantrisme tibétain,
il est désormais impossible d'en trouver des expressions pures. Il n'en
a cependant pas toujours été ainsi. En Inde, par exemple, du temps du
grand siddha Saraha [xvii], il existait une tradition Mahamudra bien
distincte, qui laissait explicitement de côté les pratiques de
transformation du Tantrisme et prônait à la place une appréhension
directe de l'esprit, fondée sur l'abandon de toute activité spirituelle
fabriquée [xviii]. Dans une ode à Maitripa, le traducteur tibétain
Marpa désigne cette tradition par l'expression «&nbsp;Mahamudra Nu&nbsp;» [xix].
On la dénomme aussi «&nbsp;Voie du Milieu de non-fabrication&nbsp;». Selon Gam po
pa, cette forme rigoureusement non duelle du Mahamudra était supérieure
tant au sutra qu'au tantra [xx]. Tout pareillement, le pratiquant
n'approche le Dzogchen dans les traditions tibétaines qu'après avoir
acquis une expérience approfondie des pratiques tantriques. </font></p>
<p><font face="arial,helvetica,sans-serif" size="3">Une
tradition cachée Paradoxalement, le Dzogchen est à la fois l'une des
traditions bouddhistes les plus profondes et les moins en vue. Cette
obscurité peut en partie s'expliquer par sa nature même - le Dzogchen
se fonde profondément sur l'expérience vécue - et par le fait que son
enseignement a toujours été extrêmement ésotérique et complexe. Ses
adeptes tibétains ne le transmettaient en effet qu'à un petit nombre
d'élèves, les seuls jugés aptes à le mettre en &#339;uvre et l'incarner sans
le fausser. </font></p>
<p><font face="arial,helvetica,sans-serif" size="3">À
strictement parler, il n'existe aucun texte, aucune position
philosophique, aucun rituel spécial ni aucune institution particulière
permettant de définir le Dzogchen. Certes, la tradition tibétaine a
bien produit tout un corpus d'écrits et de pratiques méditatives, mais
ceux-ci sont considérés comme de simples accessoires puisque, en
essence, le Dzogchen se résume simplement à comprendre la nature
fondamentale de l'esprit - laquelle transcende la pensée et le langage,
sans pour autant exclure leur fonctionnement. </font></p>
<p><font face="arial,helvetica,sans-serif" size="3">Le
Dzogchen se présente lui-même comme une perspective spirituelle à
laquelle ont puisé, depuis des temps sans commencement, des yogins et
yoginis cachés qui ont pu dépasser les structures cognitives et
émotionnelles divisant la réalité en sublime et matériel, en plaisir et
souffrance, en véridique et illusoire, sans par la suite ériger cette
révélation en un quelconque accomplissement spirituel. La tradition
Dzogchen appelle cela «&nbsp;la vision non fabriquée des choses telles
qu'elles sont&nbsp;». Cette expérience dépasse le besoin de toute pratique
et de toute institution puisqu'il n'y a rien qui doive être maintenu,
et rien qui doive être détruit. Ainsi, dit-on symboliquement, les
racines du Dzogchen résident-elles dans la nature de bouddha
primordiale et éternelle, samantabhadra, que seuls quelques rares
individus parviennent à voir comme étant leur propre nature
essentielle. </font></p>
<p><font face="arial,helvetica,sans-serif" size="3">Sur
le plan historique, le Dzogchen est apparu sur une période s'étendant
du VIIe au Xe siècles, au sein des traditions mystiques tantriques du
nord-ouest de l'Inde et du Tibet [xxi]. Le premier maître associé à
cette école fut Vajraprahé, mieux connu sous son nom tibétain Garab
Dorjé [xxii]. Le Dzogchen fut ensuite transmis par divers maîtres
indiens tels que Manjushrimitra, Vairochana, Padmasambhava,
Vimalamitra, Shrisimha et Jnanasutra [xxiii]. </font></p>
<p><font face="arial,helvetica,sans-serif" size="3">3
C'est au cours du XVIIe siècle, lors de la première «&nbsp;Transmission&nbsp;»
[xxiv] des enseignements bouddhistes, que la tradition du Dzogchen est
entrée au Tibet, où elle fut intégrée aux pratiques du Nyingma ou
«&nbsp;Vieille École&nbsp;» du bouddhisme tibétain. La tradition du Mahamudra
s'est développée à la même époque, par l'intermédiaire d'une autre
lignée de maîtres indiens dont Saraha (VIIIe ou début du IXe siècle),
Savaripa (VIIIe siècle), Tilopa (988-1069) et Maitripa (1010-1087).
Elle a été introduite au Tibet par Marpa, puis transmise à Naropa
(1016-1100), Milarepa (1040-1123) et Gam po pa (1079-1153), qui
figurent parmi les fondateurs de l'école Kagyu. </font></p>
<p><font face="arial,helvetica,sans-serif" size="3">Comme
nous l'avons déjà mentionné, les deux traditions - Dzogchen et
Mahamudra - furent intégrées aux pratiques de transformation du
Tantrisme. L'école Nyingma considère le Dzogchen comme le couronnement
du système de développement fort complexe et très détaillé
s'échelonnant du Hinayana [xxv] jusqu'aux différents niveaux du
Tantrisme [xxvi], en passant par le Mahayana&nbsp;; le Mahamudra occupe une
position similaire au sein de l'école Kagyu. </font></p>
<p><font face="arial,helvetica,sans-serif" size="3">Même
ainsi, ces traditions tendent à se situer en dehors des institutions
religieuses orthodoxes. Les textes hagiographiques indiens et tibétains
abondent en récits inspirants relatant comment des adeptes du Dzogchen
et du Mahamudra, après avoir commencé leur vie spirituelle en tant que
moines ayant fait v&#339;u de célibat, ont quitté leur monastère pour aller
rejoindre le monde extérieur où ils se firent les chantres indépendants
- et, dans certains cas, fortement controversés - de la voie de la
liberté naturelle. </font></p>
<p><font face="arial,helvetica,sans-serif" size="3">De
nombreux grands pratiquants du Dzogchen étaient des reclus et des
ermites anonymes, vivant dans des grottes de la montagne, tandis que
d'autres étaient des nomades qui partageaient la vie de leur tribu et
veillaient sur des troupeaux de yaks dans les steppes du plateau
tibétain. D'autres encore étaient politiciens, administrateurs,
commerçants ou même mendiants - ou bien occupaient un poste élevé dans
la hiérarchie religieuse du Tibet, tant au sein du Nyingma que d'autres
traditions. Le cinquième Dalaï-lama, par exemple, était un adepte du
Dzogchen bien qu'il appartînt, non pas à l'école Nyingma mais, comme
tous les Dalaï-lamas, au Gelug, courant plus scolastique qui tendait
parfois à décrier la tradition du Dzogchen. </font></p>
<p><font face="arial,helvetica,sans-serif" size="3">Le
Dzogchen ignore plus que toute autre tradition bouddhiste tibétaine les
différences sociales, religieuses et économiques. Il fait également fi
des ségrégations sexistes&nbsp;: tandis que certaines traditions bouddhistes
ont de temps à autre manifesté des tendances misogynes, le Dzogchen,
lui, a toujours attiré les femmes - c'est même probablement lui qui a
produit le plus grand nombre de maîtres de sexe féminin. La nature
communautaire et non institutionnelle du Dzogchen n'y est certes pas
étrangère, comme le souligne Tsultrim Allione&nbsp;: «&nbsp;Les communautés du
Dzogchen tendent à être non hiérarchiques, à se fonder sur la
coopération plutôt que sur la compétition&nbsp;; ce sont des communautés de
familles ou de vagues regroupements d'ermites des deux sexes, qui n'ont
aucune "organisation" particulière mais dont les membres s'entraident
et se soutiennent sans instituer la moindre hiérarchie [xxvii].&nbsp;» </font></p>
<p><font face="arial,helvetica,sans-serif" size="3">4
Les traditions du Dzogchen et du Mahamudra sont uniques à de nombreux
titres. Dans leurs expressions les plus pures, elles rejettent toute
tentative de favoriser l'éveil par une quelconque pratique - étude,
rituel, prière et même méditation. Ces écoles déconstruisent
systématiquement les discours validant ces méthodes, professant que les
expériences pouvant être induites de telle manière n'ont aucune valeur
spirituelle, et peuvent même être nuisibles. Ces méthodes n'ont aucune
valeur, affirment-elles, car l'état ultime est dépourvu de toute
structure et ne peut donc constituer une expérience spécifique. </font></p>
<p><font face="arial,helvetica,sans-serif" size="3">Du
fait qu'elles se fondent sur une expérience intemporelle et
transpersonnelle de la conscience non structurée, ces deux traditions
sont également transculturelles et transhistoriques - nous entendons
par là qu'il n'existe pas forcément un lien entre le Dzogchen et le
bouddhisme. Le Dzogchen existait et existe toujours indépendamment du
bouddhisme, tout comme certains pratiquants du Zen ne se sentent
aucunement affiliés au bouddhisme. </font></p>
<p><font face="arial,helvetica,sans-serif" size="3">Le
Dzogchen lui-même, qui a de tout temps été cultivé au sein de la
tradition indigène Bön [xxviii], professe n'avoir avec le bouddhisme
qu'une relation contingente [xxix]. L'affiliation historique du
Dzogchen au bouddhisme peut être imputée au fait que le bouddhisme
place lui aussi l'accent sur la primauté de l'expérience directe,
constituant ainsi un fondement très fertile et très conducteur pour
étayer l'exploration d'une expérience spirituelle transcendant le
besoin de croyances, de rituels et même d'Écritures. </font></p>
<p><font face="arial,helvetica,sans-serif" size="3">Rien
à faire Niguma, une femme qui enseignait au XIe siècle, nous fournit
une description dépouillée du Mahamudra qui peut également s'appliquer
au Dzogchen&nbsp;: </font></p>
<p><font face="arial,helvetica,sans-serif" size="3">Ne
fais jamais rien avec ton esprit - Demeure dans un état naturel et
authentique. Ton propre esprit, qui ne vacille pas, est le Dharmakaya.
La clé est de méditer ainsi, sans vaciller&nbsp;; L'expérience est la grande
[réalité] au-delà des extrêmes. Sur l'océan translucide Des bulles
apparaissent et disparaissent. Il en va de même des pensées Qui ne
diffèrent en rien de la réalité ultime. Ne te sens donc pas coupable,
détends-toi. Ce qui monte, ce qui se produit, Ne cherche pas à t'en
saisir, Laisse-le immédiatement repartir. Les apparences, les sons et
les objets Sont ton propre esprit&nbsp;; Il n'existe rien hormis l'esprit.
L'esprit est au-delà des extrêmes De la naissance et de la mort. La
nature de l'esprit, la conscience transcendante, Utilise les objets des
cinq sens Mais ne s'égare pas hors de la réalité. </font></p>
<p><font face="arial,helvetica,sans-serif" size="3">Dans l'état d'équilibre cosmique Il n'existe rien à abandonner ou pratiquer, Ni méditation, ni après-méditation [xxx]. </font></p>
<p><font face="arial,helvetica,sans-serif" size="3">5
Selon les traditions hétérodoxes, il n'y a donc rien à accomplir et
nulle part où aller, car nous sommes déjà ce à quoi nous aspirons. La
nature de bouddha n'est en rien différente de l'esprit d'un individu
vivant dans l'illusion. Il n'existe par conséquent aucune différence
entre la nature des pensées illusoires et la qualité de la présence
éveillée [xxxi]. Les trois aspects de la bouddhéité sont notre «&nbsp;état
naturel&nbsp;», d'où il s'ensuit que tout ce que nous pourrions souhaiter
atteindre se trouve déjà en nous de façon immanente. </font></p>
<p><font face="arial,helvetica,sans-serif" size="3">Dans un autre texte de la tradition Mahamudra, nous pouvons ainsi lire&nbsp;: </font></p>
<p><font face="arial,helvetica,sans-serif" size="3">La
nature intrinsèque de l'esprit ordinaire est le fruit suprême. Si elle
est maintenue inébranlablement, C'est le triple éveil [trikaya]&nbsp;; Si
elle est abandonnée, C'est la conscience transcendante ultime. (...)
C'est la mère des bouddhas Tout au long des trois périodes [xxxii]. </font></p>
<p><font face="arial,helvetica,sans-serif" size="3">Chose
intéressante, nous trouvons des précurseurs de cette optique dans les
plus anciens enseignements bouddhiques connus. Ainsi, le canon pali
fait-il dire au Bouddha&nbsp;: </font></p>
<p><font face="arial,helvetica,sans-serif" size="3">Lumineux,
ô moines, est l'esprit, et il est souillé par des impuretés
accidentelles. Lumineux, ô moines, est l'esprit, et il ne connaît pas
les impuretés accidentelles [xxxiii]. </font></p>
<p><font face="arial,helvetica,sans-serif" size="3">La
première phrase se réfère à la condition de l'esprit non éveillé,
tandis que la seconde évoque l'état lumineux naturel de l'esprit. </font></p>
<p><font face="arial,helvetica,sans-serif" size="3">6
La notion que ces impuretés constituent des voiles «&nbsp;accidentels&nbsp;»
venant recouvrir un esprit intrinsèquement pur est plus explicitement
développée dans certains textes mahayaniques - le Srimaladevi et le
Ratnagotravibhaga (Mahayanuttaratantra shastra) décrivent tous deux ces
impuretés comme étant de même nature que l'esprit. Ces impuretés n'ont
pas le pouvoir de souiller l'esprit, car celui-ci est déjà en lui-même
complet et parfait - d'où l'inutilité de suivre un chemin ou
d'éradiquer les impuretés mentales. </font></p>
<p><font face="arial,helvetica,sans-serif" size="3">Comme le déclare le Ratnagotravibhaga&nbsp;: </font></p>
<p><font face="arial,helvetica,sans-serif" size="3">«&nbsp;Il
n'y a absolument rien à retirer, et absolument rien à ajouter.
Véritablement contempler la vraie nature - lorsque celle-ci est
véritablement vue - accomplit la libération [xxxiv].&nbsp;» </font></p>
<p><font face="arial,helvetica,sans-serif" size="3">Des notions similaires figurent dans la littérature de la Sagesse Suprême. </font></p>
<p><font face="arial,helvetica,sans-serif" size="3">C'est
toutefois dans les traditions hétérodoxes que les implications de cet
enseignement sont le plus pleinement mises en pratique. </font></p>
<p><font face="arial,helvetica,sans-serif" size="3">Selon
ces traditions, nous n'avons pas besoin de faire quoi que ce soit pour
fabriquer l'éveil, car notre état naturel est totalement pur depuis le
tout début. Comme le dit Longchenpa, l'un des grands maîtres du
Dzogchen&nbsp;: </font></p>
<p><font face="arial,helvetica,sans-serif" size="3">«&nbsp;Dans
l'Esprit sans racine, pur depuis toujours, il n'y a rien à faire et
personne pour le faire - quelle satisfaction [xxxv]&nbsp;!&nbsp;» </font></p>
<p><font face="arial,helvetica,sans-serif" size="3">Contrairement
aux approches «&nbsp;orthodoxes&nbsp;» examinées au cours des précédents
chapitres, le Dzogchen ne propose donc pas de chemin. Il n'existe dans
cette approche aucun territoire à traverser - mais cela ne signifie pas
pour autant que nous avons atteint le terme du voyage spirituel. </font></p>
<p><font face="arial,helvetica,sans-serif" size="3">Ainsi, l'un des premiers textes du Dzogchen, le Kunjed Gyalpo, décline-t-il cette tradition en «&nbsp;Dix Absences&nbsp;»&nbsp;: </font></p>
<p><font face="arial,helvetica,sans-serif" size="3">Absence
de vue sur laquelle méditer. Absence d'engagement, ou samaya, à
respecter. Absence de faculté particulière à développer. Absence de
mandala à créer. Absence d'initiation à recevoir. Absence de chemin à
suivre. Absence de niveaux de réalisation (bhumis) à franchir en se
purifiant. Absence de comportement à adopter ou abandonner. Depuis le
tout début, la sagesse qui s'élève d'elle-même n'a été entravée par
aucun obstacle. La perfection du soi est au-delà de l'espoir ou de la
peur [xxxvi]. 7 Il n'y a ici rien à gagner ou à perdre, car
l'expérience transcende le besoin de fuir la souffrance ou atteindre la
libération. Rien ne vient contredire ou menacer cette expérience, car
tout ce que l'individu a jamais pu penser, accomplir ou ressentir est
une expression d'un état d'accomplissement total. </font></p>
<p><font face="arial,helvetica,sans-serif" size="3">Tout
pareillement, il n'existe pour le Mahamudra rien à atteindre, car
l'état de réalisation est intrinsèquement présent dans «&nbsp;l'esprit
ordinaire&nbsp;». Gam po pa décrit l'esprit ordinaire comme une conscience
pure se connaissant elle-même, qui n'a jamais été souillée par la
conscience empirique ou la pensée conceptuelle, et où n'existe aucun
précepte philosophique [xxxvii]. Cet esprit ordinaire est
«&nbsp;impermanent&nbsp;», car ce n'est pas une entité. Il ne peut pas être situé
et l'on ne peut dire ni qu'il existe, ni qu'il n'existe pas. </font></p>
<p><font face="arial,helvetica,sans-serif" size="3">Comme le chante Maitripa dans ses Chants sur la vue, la méditation, l'action et le fruit&nbsp;: </font></p>
<p><font face="arial,helvetica,sans-serif" size="3">Le
Dehors et le Dedans naissent simultanément. Ce yoga non conceptuel est
comme le flux d'une rivière. Le seul endroit où chercher étant
l'esprit, Le chemin du Mahamudra est la non-activité de l'esprit. Si tu
ne nourris aucun espoir pour le fruit, c'est mahamudra, Si tu ne
nourris aucune pensée de non-pensée, les pensées sont comme les nuages
dans le ciel. Si tu comprends cela, leur nature est vide. La vue, la
méditation, l'action et le fruit son inséparables et naissent
simultanément, Si tu réalises la non-dualité, c'est le fruit suprême -
la bouddhéité [xxxviii]. </font></p>
<p><font face="arial,helvetica,sans-serif" size="3">8
Libération naturelle La tradition Dzogchen affirme que les émotions
réactives et les pensées perturbantes se libèrent, ou disparaissent,
d'elles-mêmes. Contrairement aux voies orthodoxes&nbsp;: «&nbsp;On ne façonne ou
conditionne pas [son esprit] en supprimant [ses expériences] ou en
[appliquant] des remèdes, mais en laissant [l'esprit] demeurer
naturellement [dans la condition où on le trouve] [xxxix].&nbsp;» </font></p>
<p><font face="arial,helvetica,sans-serif" size="3">Le maître contemporain Namkhai Norbu Rimpoché nous en dit un peu plus&nbsp;: </font></p>
<p><font face="arial,helvetica,sans-serif" size="3">Dans
la voie de la libération spontanée, il n'existe ni concept de
renonciation - car si c'est toujours mon énergie qui se manifeste, elle
peut le faire de nombreuses manières&nbsp;-, ni concept de transformation -
car nous partons du principe que je me trouve déjà dans un état de pure
présence, de contemplation. Si je me trouve un instant dans un état de
contemplation, je vois que la colère et la compassion ne sont qu'une
seule et même chose. Le bien et le mal ne font qu'un. Dans cet état, il
n'y a rien à faire&nbsp;; nous nous libérons, parce que nous nous trouvons
dans notre propre dimension énergétique sans rien fuir et sans renoncer
à quoi que ce soit. Tel est le principe de la libération spontanée
[xl]. </font></p>
<p><font face="arial,helvetica,sans-serif" size="3">La
libération spontanée, ou disparition naturelle des émotions réactives,
survient comme une conséquence naturelle de notre identification à la
présence-telle-qu'elle-est. Quand notre conscience cesse d'être
conditionnée par notre propension compulsive ou consciente à connaître
et fuir différentes sensations, les pensées et les sentiments flottent
dans notre présence comme les nuages dans le ciel. Les émotions fondent
comme neige au soleil au contact de notre conscience panoramique. </font></p>
<p><font face="arial,helvetica,sans-serif" size="3">Ni
saisir, ni réprimer aucune des pensées, émotions ou perceptions qui se
présentent - telle est la clé pour libérer spontanément les émotions
entravantes et les pensées compulsives. </font></p>
<p><font face="arial,helvetica,sans-serif" size="3">Comme l'écrit Longchenpa&nbsp;: </font></p>
<p><font face="arial,helvetica,sans-serif" size="3">«&nbsp;On
ne rejette pas [certaines expériences] ni ne cultive [d'autres]. [Que
nos expériences soient] dynamiques ou stables, laissons-les aller là où
elles ont envie d'aller.&nbsp;» </font></p>
<p><font face="arial,helvetica,sans-serif" size="3">«&nbsp;Quand
l'esprit se trouve dans un état dynamique ou d'expansion, ne nous
décourageons pas, et quand il est calme et stable, renonçons à désirer
[qu'il le reste] [xli].&nbsp;» </font></p>
<p><font face="arial,helvetica,sans-serif" size="3">Par
conséquent, l'on ne juge pas certaines expériences sublimes et
d'autres, bassement matérielles. On ne tire pas de ce qui est vécu
davantage que ce qui est donné dans l'instant présent. On n'amplifie ou
n'accentue pas ce que l'on vit, comme dans le Tantrisme, mais on ne le
banalise ou dévalorise pas non plus. Fondamentalement, on n'intervient
pas, on n'interfère en aucune façon. L'expérience est naturelle, non
affectée, non manipulée. Cette pratique s'intitule «&nbsp;Laisser ce qui se
présente tel qu'il est&nbsp;». </font></p>
<p><font face="arial,helvetica,sans-serif" size="3">9
Conscience pure, non structurée Dans les traditions hétérodoxes, la
seule pratique - mais qui ne peut pas être «&nbsp;pratiquée&nbsp;» - consiste à
simplement être présent et conscient dans l'instant présent [xlii]. Ce
strict vécu de l'instant présent est souvent dénommé
«&nbsp;non-méditation&nbsp;», car il est naturel et non fabriqué. Comme l'écrit
le siddha indien Savaripa dans son Recueil de chants sur les
enseignements oraux du Mahamudra&nbsp;: </font></p>
<p><font face="arial,helvetica,sans-serif" size="3">Kye
Ho&nbsp;! La non-méditation est non-activité de l'esprit. L'état naturel de
l'esprit ordinaire Est souillé par la concentration forcée. Dans
l'esprit naturellement pur, l'effort est inutile. Quand tu ne t'empares
pas de lui ou ne le laisses pas vagabonder, il se met de lui-même au
repos. Si tu ne comprends pas cela, il est inutile de méditer. En
comprenant cela tu transcendes le méditant et l'objet de la méditation.
Quand une pensée monte, vois simplement sa nature. Ne conçois pas l'eau
et les vagues comme deux choses différentes. Dans le Mahamudra de la
non-activité de l'esprit Il n'existe même pas un atome sur lequel
méditer. Ne pas être séparé de la non-méditation est la méditation
suprême [xliii]. </font></p>
<p><font face="arial,helvetica,sans-serif" size="3">Il
n'existe dans ces traditions ni concentration méditative, ni attention
délibérée, car toute forme de concentration mentale ou
d'intentionnalité consciente ne fait que déformer et remplacer la
nature non fabriquée de la conscience non structurée. </font></p>
<p><font face="arial,helvetica,sans-serif" size="3">Dans le Mahamudra, par exemple&nbsp;: </font></p>
<p><font face="arial,helvetica,sans-serif" size="3">«&nbsp;Ce
que l'on appelle "méditation", c'est simplement faire connaître à
l'esprit la signification de l'état naturel. Votre méditation ne doit
jamais consister à fabriquer mentalement une chose, comme par exemple
un objet concret doté d'une certaine forme ou couleur. Vous ne devez
pas non plus intervenir délibérément en supprimant la pensée ou les
perceptions de l'esprit, comme lors d'une méditation sur un vide
construit. Méditer, c'est simplement entretenir l'état naturel de votre
esprit sans rien fabriquer [xliv].&nbsp;» </font></p>
<p><font face="arial,helvetica,sans-serif" size="3">Nul
besoin non plus de réfuter ou établir la moindre opinion, vérité ou
thèse, car l'expérience n'est pas influencée par nos croyances. Nous
nous libérons ainsi de la dualité cognition-connaisseur, et demeurons
dans un état ouvert et libre, exempt de tout jugement. Il n'est pas
davantage nécessaire de supprimer les pensées ou les émotions pour
connaître la liberté. Une chose est cependant requise&nbsp;: ne plus être
conditionné par les pensées et les émotions. </font></p>
<p><font face="arial,helvetica,sans-serif" size="3">10 Comme l'écrit Namkhai Norbu Rimpoché&nbsp;: </font></p>
<p><font face="arial,helvetica,sans-serif" size="3">Si
nos passions développent une emprise sur nous, c'est uniquement parce
que nous ignorons l'état de pure présence et ne pouvons de ce fait que
leur obéir. Mais lorsque nous nous trouvons dans l'état de pure
présence des passions, nous ne sommes pas dominé par elles et nous
n'éprouvons pas davantage le besoin de les réprimer, car elles sont
comme les ornements de notre état primordial. Nos passions se libèrent
ainsi naturellement chaque fois qu'elles s'élèvent, et retrouvent leur
état véritable [xlv]. </font></p>
<p><font face="arial,helvetica,sans-serif" size="3">Une
fois cette conscience vierge activée, les pensées et les émotions ne
fonctionnent plus comme des agents de conditionnement&nbsp;: elles existent
toujours, mais ne déterminent plus les états mentaux présents et
futurs. Elles ne sont plus qu'une simple présence, quelque chose qui
prend place au sein de la dimension réelle de l'être. </font></p>
<p><font face="arial,helvetica,sans-serif" size="3">Dans
le Dzogchen, la seule discipline consiste à se maintenir dans un état
de conscience naturel et non fabriqué. Il existe dans le Tantrisme une
notion très importante et à certains égards fort complexe&nbsp;:
«&nbsp;l'engagement&nbsp;» ou samaya, qui requiert entre autres choses de se
sentir en permanence relié à son maître et à sa lignée, ainsi que la
détermination profonde de poursuivre sans faillir la pratique dans
laquelle on est engagé. Dans le Dzogchen, en revanche, le seul
engagement consiste à être présent, tout en sachant que l'on ne peut
pas être l'acteur de cette présence consciente, et que cette dernière
n'est pas une chose qui existe. </font></p>
<p><font face="arial,helvetica,sans-serif" size="3">Voici ce qu'en dit Namkhai Norbu Rimpoché&nbsp;: </font></p>
<p><font face="arial,helvetica,sans-serif" size="3">Il
existe de nombreuses sortes [d'engagements]&nbsp;: le mahayoga, par exemple,
en compte quatorze principaux. Dans le Dzogchen, en revanche, le
principe est différent. Quand, dans la vie quotidienne, la personne se
maintient dans l'état naturel, demeurant dans la présence et la
conscience, il n'y a pas de règles à suivre, rien de spécifique à
faire&nbsp;: il suffit de ne pas se laisser distraire et de demeurer dans la
présence consciente. (...) Dans le Dzogchen, l'engagement n'est pas une
chose à maintenir par un effort, car la nature de la conscience est le
non né, au-delà de toutes les limitations [xlvi]. </font></p>
<p><font face="arial,helvetica,sans-serif" size="3">Des
préalables entrent néanmoins en ligne de compte dans le Dzogchen, car
c'est en évitant les deux états opposés de la somnolence et de
l'exaltation que l'on cultive et entretient cette présence.
Concrètement parlant, cela signifie que l'on évite les actions et les
environnements favorisant la dépression, l'ennui, la léthargie,
l'excitation, l'agitation et ainsi de suite. Mais, une fois que cet
état est présent, il n'y a rien que l'on puisse faire ni pour
l'intensifier, ni pour le détruire. Bien plus, on voit que tous les
efforts déployés pour connaître cette présence n'ont ni favorisé, ni
contrarié sa survenue puisqu'il s'agit là de la nature primordiale et
non conditionnée de la nature de l'Être. </font></p>
<p><font face="arial,helvetica,sans-serif" size="3">Le
Dzogchen présente donc une perspective qui transcende le besoin de
suivre une pratique spirituelle. Mais il va plus loin, car nous y
rencontrons une critique achevée et radicale du cadre orthodoxe sur
lesquels portaient les premiers chapitres de ce livre. Cette critique
frappant au c&#339;ur de toutes les formes de pratique orientées sur un
objectif, nous pouvons à juste titre la qualifier de «&nbsp;critique
anti-méthode&nbsp;». Tel sera le sujet du chapitre qui suit.</font></p>


<center><table cellpadding="0" cellspacing="10">

</table></center>


<font face="arial,helvetica,sans-serif" size="3">	<font size="2"><p>Extrait
de "Le Fil de la Certitude - Dilemmes de la voie bouddhiste" Traduit
par Véronique Massin, éditions du Relié, 2002 Publié dans le
Net-Journal Essence avec l'autorisation de l'auteur et de l'éditeur. </p></font></font>]]></description>
<category>Spiritualit&#195;&#169;</category>
<pubDate>Wed, 13 Jun 2007 15:12:31 +0000</pubDate>
<guid>http://www.blogg.org/blog-63787-billet-612482.html</guid>
</item>
<item>
<title>Bhavana et le Sentier Octuple</title>
<link>http://www.blogg.org/blog-63787-billet-612457.html</link>
<description><![CDATA[<a href="http://www.vipassana.fr/Textes/StephenBatchelorBhavanaEtLeSentierOctuple.htm">Source</a> <br><br><p><font color="#996600" face="Georgia, Times New Roman, Times, serif" size="3">Cet 
        après-midi, je vais vous parler de la signification du mot <b><i>Bhavana</i></b>, 
        <i>la pratique</i>. </font><font color="#996600" face="Georgia, Times New Roman, Times, serif" size="3"><br>
        Si on demandait à des bouddhistes, des gens comme nous par exemple, 
        "<i>quelle est votre pratique ?</i>". J'imagine que la plupart 
        des personnes interrogées répondraient : le <i>zen</i>, 
        ou le <i>dzogchen</i>, ou le <i>vajrayana</i> ou le <i>vipassana</i>. 
        De telle réponses montreraient que, spontanément, on pense 
        à la pratique sous la forme d'un exercice, d'une discipline spirituelle 
        intérieure, introspective, comme étant quelque chose que 
        l'on fait en soi-même : un travail intérieur.</font></p>
      <p><font color="#996600" face="Georgia, Times New Roman, Times, serif" size="3">Martine 
        et moi utilisons effectivement de telles idées dans nos propres 
        échanges. Mais je crois que cette façon de regarder la pratique 
        est un peu restrictive. Elle en réduit l'idée à des 
        exercices intériorisés et conduit à penser que, pour 
        se développer, il faut devenir un expert, un grand méditant, 
        quelqu'un capable de rester sur la respiration sans interruption pendant 
        des heures, sans distractions ; qui puisse vider son esprit de toutes 
        les pensées erronées et égarées, pour devenir 
        une sorte de saint.</font></p>
      <p><font color="#996600" face="Georgia, Times New Roman, Times, serif" size="3">Lorsque 
        le bouddhisme est arrivé en occident, il a rencontré une 
        culture tellement imprégnée de technologie, qu'on l'a regardé 
        comme une technologie spirituelle. Il m'est arrivé d'entendre des 
        gens dire : en Occident, la technologie nous a permis de maîtriser 
        le monde extérieur. En Orient, les bouddhistes, les hindous, les 
        taoïstes ont cultivé une technologie non pas extérieure, 
        mais intérieure. Ils sont parvenus à maîtriser leur 
        esprit, leur âme, leur conscience grace aux outils que sont la méditation, 
        la concentration, les yogas. </font></p>
      <p><font color="#996600" face="Georgia, Times New Roman, Times, serif" size="3">C</font><font color="#996600" face="Georgia, Times New Roman, Times, serif" size="3">ette 
        façon de voir nous séduit. Elle nous parle. Il peut nous 
        paraître évident que le bouddhisme constitue un complément 
        intérieur à notre capacité technologique extérieure. 
        Selon le philosophe allemand <b>Martin Heidegger</b>, à la base 
        de la crise de la société moderne, il y a ce qu'il appelait 
        <i>le piège technologique</i>. Nous en sommes tellement imprégnés 
        que nous n'y réfléchissons pas, nous ne le questionnons 
        pas, ni ne le critiquons.</font></p>
      <p><font color="#996600" face="Georgia, Times New Roman, Times, serif" size="3">Evidemment, 
        les bouddhistes orientaux ont joué avec cette tendance. Ils ont 
        présenté le bouddhisme comme une voie, un chemin avec plusieurs 
        étapes, dans un concept de développement personnel. On commence 
        comme un être totalement confus, dans l'ignorance. Puis, petit à 
        petit, si on pratique bien, on devient de moins en moins ignorant, on 
        est de plus en plus sage et compatissant. On effectue une sorte de progression, 
        qui se poursuit au cours de la vie, afin d'arriver à un certain 
        but, qu'on appelle l'Eveil, l'Illumination... qu'importe le nom qu'on lui 
        donne.</font></p>
      <p><font color="#996600" face="Georgia, Times New Roman, Times, serif" size="3">Cette 
        façon de voir n'est certainement pas erronée. Il y a une 
        partie de nous-même qui est capable de se développer, de 
        devenir moins ignorante, dont l'éducation permet de gagner en connaissance, 
        en calme, en concentration, en intelligence peut-être. Mais, cette 
        façon de voir la pratique me paraît nous enfermer dans le 
        schéma technologique. Si la méditation est comprise comme 
        étant le moteur principal qui conduit à l'Eveil, il est 
        normal de penser que c'est à l'intérieur de nous-mêmes, 
        avec cette capacité méditative, que nous parviendrons à 
        changer, à obtenir de grandes compréhensions, de grands 
        savoirs.</font></p>
      <p><font color="#996600" face="Georgia, Times New Roman, Times, serif" size="3">Et 
        pourtant, je crois que la pratique, telle qu'elle a été 
        utilisée par le Bouddha, ne peut être réduite à 
        de simples processus intérieurs. Cela ne signifie pas qu'ils soient 
        sans importance, surtout pour nous, en Occident, qui avons souvent été 
        élevés dans une culture séculière, sans relation 
        avec l'Eglise ou la religion. Nous avons perdu cette dimension de vie 
        intérieure, et le bouddhisme nous apporte des moyens pour la revitaliser, 
        l'épanouir... pour restaurer une vie intérieure beaucoup plus 
        riche et plus satisfaisante. Mais ce n'est qu'une partie de la chose.</font></p>
      <p><font color="#996600" face="Georgia, Times New Roman, Times, serif" size="3">Le 
        mot "<b>bhâvanâ</b>" utilisé par le Bouddha 
        est ordinairement traduit en français, comme en anglais, par "<i>méditation</i>". 
        On dit par exemple pour "<b>mettâ bhâvanâ</b>", 
        méditation de l'amour, de la bienveillance. Ici encore "<b>bhâvanâ</b>" 
        est compris comme une sorte de discipline intérieure, de technologie 
        intérieure. <br>
        A mon avis, cette traduction n'est pas juste. <b>Bhâvanâ</b>, 
        littéralement, veut dire amener à l'existence <i>(to bring 
        into being)</i>, faire naître, créer, cultiver quelque chose. 
        <i>Bhâva</i>, c'est l'existence. Sa racine sanscrite : <i>bha</i>, 
        est très proche de "be" en anglais. Etymologiquement, 
        il y a une liaison entre "<i>bhâva</i>" et "<i>being</i>". 
        Quant au suffixe "<i>na</i>", il apporte un sens actif , celui 
        de faire quelque chose, de donner naissance, de cultiver quelque chose 
        qui n'existait pas précédemment, de générer, 
        de donner vie...</font></p>
      <p><font color="#996600" face="Georgia, Times New Roman, Times, serif" size="3">L'idée 
        essentielle est donc que quelque chose qui n'existait pas à un 
        moment donné : une certaine compréhension des choses, l'amour, 
        l'Eveil, par exemple, commence à vivre, est maintenant présent 
        dans le monde. C'est un peu, pour prendre une image, comme dans le cas 
        d'un peintre, ou d'un écrivain, qui aurait à un moment une 
        vague idée et va créer quelque chose qui n'existait pas 
        antérieurement : il va le produire, le mettre en vie.</font></p>
      <p><font color="#996600" face="Georgia, Times New Roman, Times, serif" size="3">En 
        traduisant "<b>bhâvanâ</b>" par méditation, 
        ce sens est complètement perdu. C'est ce qui est arrivé 
        lorsque les tibétains l'ont traduit par <i>GOM</i>. Ce mot veut 
        dire devenir, s'habituer à quelque chose, devenir familier avec 
        quelque chose, intime. Ce sens correspond certainement à une partie 
        importante du processus de <b>bhâvanâ</b>, mais il n'en est 
        qu'une partie, de même que pour "<i>méditation</i>". 
        <b>Bhâvanâ</b> ne peut être réduit ni à 
        l'un, ni à l'autre.</font></p>
      <p><font color="#996600" face="Georgia, Times New Roman, Times, serif" size="3">Pour 
        moi, <b>bhâvanâ</b> a donc un sens beaucoup plus riche. Lorsque 
        le Bouddha utilisait ce mot, il est important d'avoir en tête qu'il 
        se référait explicitement à la voie, au chemin qu'il 
        s'agissait de cultiver, de créer, de faire vivre, de générer. 
        Dans cette optique, la voie n'est pas quelque chose sur quoi on marche, 
        mais un espace que l'on crée, qu'on fait vivre, qu'on génère 
        en soi-même et dans le monde que l'on habite.</font></p>
      <p><font color="#996600" face="Georgia, Times New Roman, Times, serif" size="3">Le 
        concept de "<b>voie</b>" est un symbole très puissant, 
        dont on perd pourtant souvent la puissance métaphorique, alors 
        qu'on l'utilise si fréquemment. "Je cherche une voie... je suis 
        sur un chemin spirituel." Qu'est-ce exactement qu'une voie, un chemin 
        ?</font></p>
      <p><font color="#996600" face="Georgia, Times New Roman, Times, serif" size="3">C'est 
        une image profondément imprégnée de l'expérience 
        humaine, car nous sommes tous des émigrés, des nomades, 
        des voyageurs. Nous sommes des êtres qui n'aimons pas rester dans 
        le même lieu, facilement frustrés, qui cherchent toujours 
        de nouveaux espaces, de nouveaux horizons. Nous sommes des êtres 
        vivants très curieux. Alors, un chemin est un processus qui mène 
        quelque part. Il y a toujours un but. Et un chemin spirituel, comme le 
        "<b>Chemin Octuple</b>" du Bouddha, a un but.</font></p>
      <p><font color="#996600" face="Georgia, Times New Roman, Times, serif" size="3">Au 
        plan pratique, un chemin, tel que nous le concevons, est un espace sans 
        obstruction, sans empêchement. Si on imagine un chemin, peut-être 
        aurons-nous en tête l'image d'un champ traversé par une ligne 
        de couleur différente, du brun sur le vert, par exemple. Mais, 
        si on s'approche pour voir exactement ce qu'est ce chemin et que l'on 
        s'assoie dessus, dans le champ, et que l'on cherche quelle est sa nature, 
        que trouve-t-on ? On trouve un espace entre les herbes, les buissons, 
        les arbres. Un espace libre, qui permet de marcher sans obstruction. Et 
        c'est bien agréable de pouvoir marcher ainsi, librement, sur un 
        petit sentier en pleine campagne ! Parfois, on rencontre un arbre tombé 
        sur le chemin et, tout à coup, on se sent bloqué. Il faut 
        passer par-dessus, ou en dessous. Là, on se rend compte que le 
        chemin est bloqué, obstrué. Après, on parvient à 
        le retrouver et on peut continuer à avancer.</font></p>
      <p><font color="#996600" face="Georgia, Times New Roman, Times, serif" size="3">Cette 
        conception du chemin en tant qu'espace ouvert, sans obstacle, est à 
        mon avis très importante. Notre chemin spirituel, de méditation, 
        est un peu comme cela : on médite pendant une demi-heure, par exemple, 
        puis après on se dit : "Ah ! c'était une très 
        bonne méditation". Mais, que veut-on dire par "<i>très 
        bonne</i>" ? En ce qui me concerne, je pense que cela se réfère 
        à l'impression d'avoir trouvé en moi-même un certain 
        mouvement, même si j'étais totalement immobile, sans bouger 
        extérieurement. Intérieurement, j'avais l'impression d'avoir 
        trouvé un courant, une sorte de mouvement ouvert, non bloqué, 
        non fixé, non interrompu. Dans ces moments-là, j'éprouve 
        aussi la sensation d'être beaucoup plus vivant, plus alerte. L'expérience 
        devient plus intense.</font></p>
      <p><font color="#996600" face="Georgia, Times New Roman, Times, serif" size="3">Souvent, 
        pourtant - peut-être est-ce même dans la plupart des cas - 
        je n'éprouve pas cette sensation. Au contraire. J'ai l'impression 
        d'être piégé, d'avoir la tête qui tourne en 
        rond, de n'aller nulle part, de rester toujours avec les mêmes pensées, 
        les mêmes émotions, les mêmes souvenirs, les mêmes 
        imaginations. Au lieu de marcher, d'aller au-delà de mes limites, 
        je reste coincé, à tourner en rond. Là, c'est vraiment 
        le contraire d'un chemin, d'une voie. C'est ce que les bouddhistes appellent 
        traditionnellement le "<b>samsâra</b>", qui littéralement 
        signifie aller en cercle... tourner en rond. Dans la philosophie indienne, 
        ce terme désigne le cycle sans fin des naissances et des morts 
        : on naît, on meurt, on renaît. Pour moi, c'est une image 
        très forte. Elle éclaire. L'expérience d'être 
        enfermé sur nous-même, qui est presque toujours la nôtre.</font></p>
      <p><font color="#996600" face="Georgia, Times New Roman, Times, serif" size="3">Pourtant, 
        nous sommes très actifs, nous faisons beaucoup de choses, mais 
        nous n'arrivons nulle part ! On se retrouve au même endroit, dans 
        le même état. D'où l'idée de libération 
        qui se trouve partout dans le bouddhisme. C'est une libération 
        du Samsâra, de cet encerclement, du "tourner en rond", 
        pour trouver un chemin.</font></p>
      <p><font color="#996600" face="Georgia, Times New Roman, Times, serif" size="3">En 
        anglais, on dit "<i>path</i>" pour chemin, mais on ne peut pas 
        dire "<i>to path"</i> pour cheminer ! C'est un processus dont 
        il s'agit, et non un "état", car nous sommes des êtres 
        impermanents, des organismes qui changent de moment en moment. Et ce chemin 
        est aussi un processus qui change ; il ne peut en être autrement. 
        La différence est qu'au lieu de tourner en rond, on va au-delà 
        de ce qui nous bloque.</font></p>
      <p><font color="#996600" face="Georgia, Times New Roman, Times, serif" size="3">Beaucoup 
        de choses pourraient être dites à ce sujet. Cultiver la voie 
        : "<b>mâgga bhâvanâ</b>", c'est mettre une 
        voie en vie. Mettre en vie, dans le sens d'être libre, d'avoir la 
        liberté de se diriger vers un but. But que nous ne connaissons 
        évidemment pas, mais qui donne à notre vie un repère 
        essentiel, auquel il est toujours possible de se référer.</font></p>
      <p><font color="#996600" face="Georgia, Times New Roman, Times, serif" size="3">Evidemment, 
        le chemin que nous suivons mène à l'inconnu. Sans aller 
        au-delà de nos limites, on ne sortira jamais de ce qui est familier. 
        Et c'est vraiment là que réside le défi. Un défi 
        qui n'est pas seulement spirituel, mais qui concerne tous les aspects 
        de notre vie.</font></p>
      <p><font color="#996600" face="Georgia, Times New Roman, Times, serif" size="3">Lorsque 
        le Bouddha disait qu'il faut cultiver le chemin, "<b>mâgga 
        bhâvanâ</b>", il se référait au <b><i>Chemin 
        Octuple</i></b>, de manière très explicite. C'est une des 
        premières choses qu'il ait dites, dès le premier sermon, 
        donné aux cinq ascètes à Sarnath, quand il commença 
        à enseigner. C'est un chemin complexe. Sa première étape 
        concerne notre vision des choses, de nous-mêmes et des autres - 
        notre façon de regarder le monde - de le "voir". C'est 
        la première branche du Sentier Octuple, <b>sammâ-ditthi</b>, 
        les vues justes. </font></p>
      <p><font color="#996600" face="Georgia, Times New Roman, Times, serif" size="3"> 
        La deuxième étape du chemin est <b>sammâ-samkappa</b> 
        (samkappa veut dire pensées). Comme je le disais ce matin, la méditation 
        comporte toujours une composante de pensées, car la pensée 
        est quelque chose d'essentiel à notre humanité. La façon 
        de voir les choses, de les regarder, d'y réfléchir, de les 
        analyser, de rationaliser peut-être libératrice ou névrotique. 
        Le choix existe.</font></p>
      <p><font color="#996600" face="Georgia, Times New Roman, Times, serif" size="3">Cette 
        pensée donne naissance à ce que nous disons, à la 
        parole. C'est la troisième étape : <b>sammnâ-vâcâ</b>, 
        la parole juste - la communication avec les autres : parler, discuter, 
        échanger.</font></p>
      <p><font color="#996600" face="Georgia, Times New Roman, Times, serif" size="3">Quant 
        à nos actions, elles sont aussi concernées : ce que nous 
        faisons avec notre corps dans le monde. Nos actes. C'est la quatrième 
        étape, ou le quatrième aspect du chemin :<b> sammâ-kammanta</b>, 
        l'action juste - en paroles bien entendu, mais avec le corps également. 
        C'est aussi essentiel pour cultiver la vie.</font></p>
      <p><font color="#996600" face="Georgia, Times New Roman, Times, serif" size="3">Cinquième 
        aspect, les moyens d'existence justes : <b>sammâ-âjiva</b>, 
        la juste manière de gagner sa vie. Notre travail. Ce que nous faisons 
        pour avoir assez à manger, un logement, une retraite...</font></p>
      <p><font color="#996600" face="Georgia, Times New Roman, Times, serif" size="3">Et 
        c'est seulement après avoir établi cette fondation que le 
        bouddha commence à parler de choses strictement intérieures, 
        avec la sixième étape : <b>sammâ-vâyâma</b>, 
        l'effort juste, qui consiste à mobiliser nos énergies pour 
        faire grandir ce qui est favorable à notre développement, 
        et éliminer ce qui lui est contraire.</font></p>
      <p><font color="#996600" face="Georgia, Times New Roman, Times, serif" size="3">On 
        arrive ainsi à ce que nous faisons ici, la septième étape 
        : <b>sammâ-sati</b>, être plus attentif, plus calme, plus 
        présent, jusqu'à une pleine conscience. Et puis, huitième 
        aspect du chemin, la concentration - <b>sammâ- samadhi</b>, la focalisation 
        de l'esprit.</font></p>
      <p><font color="#996600" face="Georgia, Times New Roman, Times, serif" size="3">Evidemment, 
        ce n'est pas la fin de la voie. Sur quoi se focalise t-on ? Sur quoi se 
        concentre-t-on ? A quoi est-on attentif ? On est attentif, on se concentre 
        sur la façon dont on se perçoit soi-même et dont on 
        perçoit le monde. C'est dire que l'on revient à la première 
        étape : la vue juste, la vision authentique.</font></p>
      <p><font color="#996600" face="Georgia, Times New Roman, Times, serif" size="3">Ainsi, 
        ce chemin octuple n'est pas linéaire. C'est un "<i>feedback 
        loop</i>", un processus qui s'auto-alimente. Quelle en est la conséquence 
        ? Que signifie le fait que ce chemin ne soit pas linéaire ? Cela 
        veut dire qu'il est possible de commencer n'importe où. Par exemple, 
        avec la manière dont on gagne sa vie : est-ce que je m'y prends 
        d'une façon juste, non violente, en respectant les droits et les 
        besoins des autres ? Ne suis-je pas trop avide ? Et comment puis-je faire 
        pour que cela me serve de fondation pour concentrer mes énergies 
        intérieures vers des buts plus ultimes ? On commence ainsi à 
        créer une base qui permettra de faire de la méditation. 
        Puis, méditation et concentration retournent à la vision, 
        à la "<i>vue pénétrante</i>" - vipassana.</font></p>
      <p><font color="#996600" face="Georgia, Times New Roman, Times, serif" size="3">A 
        chaque moment, la possibilité d'approfondir toutes les étapes 
        existe donc. Avec l'attention et la concentration on approfondit la possibilité 
        de voir, de se regarder soi-même, de regarder les autres et les 
        choses de manière plus claire, plus focalisée. On espère 
        parvenir à comprendre ce qu'on ne comprenait pas précédemment, 
        qu'on ne connaissait pas.</font></p>
      <p><font color="#996600" face="Georgia, Times New Roman, Times, serif" size="3">C'est 
        un processus qui prend vie et cette vision s'épanouit au fil du 
        temps. Mais, cette fois, c'est quelque chose qui se poursuit toujours, 
        jusqu'à la fin de l'existence, jusqu'à la dernière 
        respiration, au dernier soupir. Et ce processus ne se limite pas aux seuls 
        exercices et disciplines intérieures. C'est déjà 
        très clair, je pense, dans le premier enseignement du Bouddha.</font></p>
      <p><font color="#996600" face="Georgia, Times New Roman, Times, serif" size="3">Souvent 
        on se dit : oui, oui, c'est certainement exact, mais le plus important 
        est la méditation. Les autres aspects sont considérés 
        comme un peu secondaires, périphérique. On établit 
        une séparation entre la "<i>vraie pratique</i>", ce que 
        nous faisons sur le coussin, et les autres aspects de notre vie. Bien 
        entendu, on essaye d'être plus attentif, plus concentré, 
        mais la culture de la vision pénétrante - de l'<i>insight</i> 
        - dans la solitude de nous-même, nous paraît être l'essentiel.</font></p>
      <p><font color="#996600" face="Georgia, Times New Roman, Times, serif" size="3">A 
        mon sens, il est important de ne pas établir une telle séparation, 
        de comprendre et de vivre notre vie dans sa totalité, chaque partie 
        étant à égalité avec les autres, sans privilégier 
        l'une d'elles, de les inclure toutes également dans notre pratique. 
        A ce sujet, le symbolisme de la roue pourrait être utilisé. 
        Une roue comporte trois parties : le moyeu, situé au centre, est 
        le plus important. Mais, ce n'est pas le cas, car un moyeu séparé 
        des rayons et de la jante n'a aucune fonction. Seul, il est inutile. De 
        même, si on devient très accompli dans la méditation, 
        mais qu'elle demeure comme un moyeu sans rayon ni jante, elle est alors 
        inutile aussi.</font></p>
      <p><font color="#996600" face="Georgia, Times New Roman, Times, serif" size="3">Le 
        danger existe donc toujours de détacher le "<i>moyeu</i>" 
        de la méditation des autres aspects de la vie, car les paroles, 
        les actions, le gagne-pain... sont un peu comme les rayons et la jante de 
        la roue. Tous les aspects du chemin sont à cultiver ensemble. Bien 
        sûr, nous avons chacun nos propres dispositions, nos propres forces. 
        Certains sont très doués pour parler, d'autres pour méditer, 
        d'autres pour la philosophie... Les gens sont différents. Alors, 
        la bonne manière de pratiquer est à découvrir par 
        soi-même, selon nos capacités individuelles.</font></p>
      <p><font color="#996600" face="Georgia, Times New Roman, Times, serif" size="3">Cet 
        aspect, qui apparaît aujourd'hui avec la rencontre entre les idées 
        et pratiques bouddhiques asiatiques et la société occidentale 
        contemporaine, me paraît être assez nouveau. Dans notre société, 
        depuis l'époque des lumières, on a beaucoup mis l'accent 
        sur l'individu, sur le fait que chacun dispose de capacités qu'il 
        essayera de réaliser au cours de sa vie ; capacités qui 
        nous individualisent de plus en plus, à mesure qu'elles se développent, 
        nous rendent unique, distinct - non dans un sens d'égotisation 
        mais dans celui d'<i>individuation</i> pour rapprendre le terme utilisé 
        par <b>C.G. Jung</b>. C'est, à mon avis, une idée très 
        intéressante.</font></p>
      <p><font color="#996600" face="Georgia, Times New Roman, Times, serif" size="3">Je 
        crois que de nos jours, on recherche une pratique qui prenne en compte 
        les différences des uns et des autres. J'ai l'impression que le 
        Dharma aujourd'hui doit aussi commencer à s'individualiser, plutôt 
        que d'avoir de grands monastères, des écoles ayant d'abord 
        pour but de préserver ce qui s'est fait au cours des siècles 
        au Tibet, au Japon, en Thaïlande, et d'en préserver les structures 
        - bien que cela ait certainement une importance aussi. Mais, pour beaucoup 
        d'entre nous, je crois qu'il n'est pas totalement satisfaisant de répéter 
        simplement ce que les tibétains ou les japonais ont fait dans les 
        siècles précédents.</font></p>
      <p><font color="#996600" face="Georgia, Times New Roman, Times, serif" size="3">Il 
        faut trouver une pratique qui soit adaptée à notre état 
        individuel. Nous sommes beaucoup plus conscients du fait d'être 
        différents et que chacun cherche une façon de s'exprimer, 
        de vivre au maximum de ses potentialités. Cela veut dire qu'il 
        faut faire vivre un chemin, une voie compatible avec notre état 
        individuel. Je ne propose pas un individualisme, mais plutôt une 
        <i><b>individuation</b></i> qui respecte le processus d'<i>individuation</i> 
        des autres. Pour moi, c'est cela la fondation d'un <i>sangha</i>, d'une 
        communauté. <b>Sangha</b>, communauté, ne veut pas dire 
        que tout le monde doive être pareil. Pour nous, il est quelque peu 
        troublant de voir des groupes où tout le monde essaye d'être 
        plus ou moins le même ou comme le maître - le "clone" 
        de quelqu'un d'éveillé.</font></p>
      <p><font color="#996600" face="Georgia, Times New Roman, Times, serif" size="3">Peut-être 
        est-il utile de chercher ainsi à se conformer à un modèle, 
        à certaines périodes de notre vie. Mais, en fin de compte, 
        je crois qu'il faut y renoncer et revenir à soi-même, à 
        nos propres besoins, non dans l'isolement mais en relation avec les autres. 
        Alors pourrait s'établir une réciprocité dans laquelle 
        chacun essayerait de se développer, de se comprendre et, en même 
        temps, de soutenir les autres dans leur propre mouvement pour devenir 
        plus eux-mêmes, plus distincts.<br>
        <br>
        En ce cas, il n'y aurait aucune contradiction entre un processus d'individuation 
        et l'établissement d'une communauté. <b>Martin Buber</b> 
        fait une distinction qui me paraît très importante entre 
        les termes de collectif et de communauté. Un "collectif" 
        est un groupe qui cherche à uniformiser tout le monde, alors qu'une 
        communauté aide tout le monde à devenir soi-même.</font></p>
      
      <p><font color="#996600" face="Georgia, Times New Roman, Times, serif" size="3"><br>
        <b>Pour récapituler :</b><br>
        "On cultive une voie. La méditation, la vue pénétrante 
        en est une partie essentielle, mais ce n'est qu'une partie.<br>
        <br>
        "La culture de cette voie ne consiste pas à suivre de manière 
        presque aveugle les techniques de méditation. Il est important 
        de mettre en &#339;uvre une certaine créativité, une conscience 
        créative.<br>
        <br>
        "Cela veut dire que chacun de nous est responsable du processus de 
        notre voie. Evidemment, il est très utile de poser des questions, 
        de discuter, de parler de ses difficultés avec les autres. Mais, 
        en fin de compte, c'est à soi-même de décider. Et 
        je crois que la méditation peut nous aider à faire des choix, 
        à prendre des décisions. Elle n'est pas séparée 
        de nos vies quotidiennes. Elle commence par créer en nous-même 
        un espace où nous sommes moins sujets aux habitudes, aux comportements 
        névrotiques hérités de nos parents et de la société. 
        Elle nous ouvre un espace pour faire quelque chose de nouveau, différemment, 
        pour imaginer autre chose. <br>
        Pour moi, l'imagination, la créativité ont une place centrale 
        dans ce processus. Nous suivons peut-être exactement les mêmes 
        techniques de méditation mais l'expérience est individuelle 
        et la manière dont on l'utilise doit être en relation avec 
        les spécificités uniques de nos vies. C'est à chacun 
        de découvrir comment créer, soutenir et développer 
        cette voie qui est générée en nous et dans notre 
        monde.</font></p>
      <p><font color="#996600" face="Georgia, Times New Roman, Times, serif" size="3">Je 
        crois qu'en procédant ainsi, au sein d'une communauté où, 
        plus largement, dans une société, on créerait les 
        germes d'une <b>culture d'éveil</b>. Je ne suis pas très 
        intéressé par le bouddhisme en tant que religion, système 
        de croyance, pratique de rituels, cultuelle et dévotionnelle, mais 
        en tant que culture. Au départ, le bouddhisme n'était pas 
        une religion , au sens où nous comprenons ce mot aujourd'hui. En 
        lisant les textes pâli, c'est-à-dire les textes les plus 
        anciens, on n'a pas l'impression que des pratiques religieuses aient eu 
        lieu autour du Bouddha. Il n'y a pas de rituel. Les moines ne font pas 
        de récitations. Il n'y a pas d'autel, pas de cierges, pas d'encens. 
        Et certainement pas d'image du Bouddha.</font></p>
      <p><font color="#996600" face="Georgia, Times New Roman, Times, serif" size="3">Après 
        la mort du Bouddha, il était exclu de le représenter sous 
        des traits humains. On le symbolisait par un espace vide : un trône 
        seulement, des empreintes de pieds ou l'arbre de l'éveil, mais 
        sans personne. Au musée Guimet à Paris se trouve une formidable 
        représentation de l'Assaut de Mara. Elle date du IIeme siècle. 
        Tous les démons, qui symbolisent les forces diaboliques, sont autour 
        d'un trône sur lequel se trouve un coussin. Derrière le trône 
        il y a un arbre, mais personne sur le trône. </font><font color="#996600" face="Georgia, Times New Roman, Times, serif" size="3">Dans 
        notre perspective contemporaine, on pourrait croire que quelqu'un a volé 
        le Bouddha, car nous sommes tellement habitués à voir cette 
        image avec le bouddha au centre. Mais il n'y a personne. Le trône 
        est vide. Ce n'est qu'environ cinq cents ans après la mort du Bouddha 
        qu'apparurent des représentations figuratives du Bouddha, sous 
        l'influence des Grecs qui s'étaient convertis au bouddhisme autour 
        du deuxième siècle après J.C. Il y avait en effet 
        des communautés grecques en Inde, même à l'époque 
        du Bouddha. Et, après avoir perdu leur pouvoir en Europe avec l'arrivée 
        de l'empire romain, ces grecs sont devenus bouddhistes. Pour représenter 
        le Bouddha, ils se sont inspirés des images d'Apollon. Alors les 
        premières figurations du Bouddha, dans le style du Gandhara, sont 
        sur le modèle d'Apollon. Il y en a des exemplaires à Guinet.</font></p>
      <p><font color="#996600" face="Georgia, Times New Roman, Times, serif" size="3">Pour 
        conclure. Le Bouddha dit de cultiver la voie. En cultivant un champ, on 
        obtient une culture. En cultivant ensemble, à plusieurs, dans tous 
        ses aspects, le <b>Chemin Octuple</b>, on a le commencement d'une culture 
        bouddhiste. Je préfère dire simplement <i><b>une culture 
        d'éveil</b></i>. Alors, la pratique bouddhique deviendra plutôt 
        une pratique culturelle que religieuse.</font></p>
      <p><font color="#996600" face="Georgia, Times New Roman, Times, serif" size="3">Je 
        ne crois pas qu'il soit nécessaire d'être religieux pour 
        pratiquer le bouddhisme. On peut être un bouddhiste culturel plutôt 
        que religieux. En ce qui me concerne je n'ai pas vraiment en moi des sentiments 
        religieux ... parfois, peut-être. Ce qui m'intéresse c'est 
        d'avoir un "comportement culturel" dans mon monde, à 
        travers l'écriture, la photographie, les autres activités 
        : l'enseignement... sans aucune référence aux idées 
        ou aux pratiques explicitement religieuses. On ne trouve pas, du reste, 
        cette dévotion dans la communauté originelle, autour du 
        Bouddha. C'est venu beaucoup plus tard.</font></p>
      <p><font color="#996600" face="Georgia, Times New Roman, Times, serif" size="3">Peut-être 
        ces idées sont-elles un peu "radicales", mais, de mon 
        point de vue, elles constituent un retour aux premiers temps du bouddhisme, 
        en Inde. Je ne crois pas que le but du Bouddha ait été de 
        fonder une religion, mais de donner naissance à une culture qui 
        inclurait tous les aspects de la vie : sociale, politique, économique... 
        Malheureusement, ce projet n'a pas réussi en Inde. Le système 
        des castes, le pouvoir des brahmanes hindous, les puissances monarchiques 
        ont survécu et le projet de créer une <i>méritocratie</i> 
        d'individus - de gens qui se font eux-mêmes, se créent dans 
        la vie avec le chemin octuple - a échoué. Et, comme tout 
        le monde le sait, le bouddhisme a été anéanti en 
        Inde au douzième siècle.</font></p><br>]]></description>
<category>Spiritualit&#195;&#169;</category>
<pubDate>Wed, 13 Jun 2007 14:15:49 +0000</pubDate>
<guid>http://www.blogg.org/blog-63787-billet-612457.html</guid>
</item>
<item>
<title>La fin des batteries et des piles ?</title>
<link>http://www.blogg.org/blog-63787-billet-612398.html</link>
<description><![CDATA[
					<div class="auteur">Par Laurent Sacco, Futura-Sciences</div>
					<div class="le_contenu_type">
					<p><strong>Les
historiens du futur dateront-ils l'année 2007&nbsp;comme&nbsp;la fin d'un monde
basé sur le transport d'électricité par câbles et sur son stockage par
batteries et piles ? C'est possible si la technologie introduite par
une équipe de chercheurs du MIT peut être développée de façon
industrielle et pratique. Des membres des&nbsp; <em>MIT's Department of Physics, Department of Electrical Engineering and Computer Science</em> et&nbsp; <em>Institute for Soldier Nanotechnologies (ISN)</em>
viennent en effet&nbsp;d'allumer une source de lumière de 60W à partir d'un
dispositif distant de 2 m, sans connexion matérielle avec cette source</strong>.
</p>
<h6><img src="http://www.futura-sciences.com/uploads/RTEmagicC_wireless-grp1-enlarged.jpg.jpg" style="width: 404px; height: 283px;" alt=""></h6>
<h6>Premier rang en bas, Peter Fisher (gauche)&nbsp;et Robert Moffatt ;
second rang: Marin Soljacic ; troisième rang : Andre Kurs (gauche),
John Joannopoulos and Aristeidis Karalis (Crédit : MIT).</h6>
<p>L'idée et la réalisation d'un transfert d'énergie
électromagnétique sans fil ne sont pas nouvelles et cela fait longtemps
que les chercheurs s'interrogent sur le transfert d'énergie sous forme
de micro-ondes. En 1968, Peter Glaser&nbsp;avait d'ailleurs proposé un
scénario&nbsp;pour doter le monde d'une source d'énergie inépuisable et
propre.
</p>
<p>En ce temps d'optimisme, basé sur les progrès et
les prouesses de l'astronautique, Glaser avait donc fait campagne pour
que l'on construise dans un avenir proche d'immenses panneaux solaires
en orbite autour de la Terre.&nbsp; Le coût de lancement du matériel
nécessaire pour cela pouvait être abaissé en exploitant le sol lunaire
et en profitant de la gravité réduite pour satelliser&nbsp; les éléments de
ces gigantesques panneaux avec peu d'énergie au moyen de <a href="http://www.futura-sciences.com/fr/sinformer/actualites/news/t/astronautique/d/un-lanceur-spatial-par-levitation-magnetique_10451/" target="_blank">lanceurs magnétiques</a>.
La quantité d'énergie solaire, virtuellement inépuisable, captée par
ces stations géantes serait renvoyée sur Terre sous forme de faisceaux
micro-ondes concentrés tombant sur des antennes au sol,&nbsp;en forme de
grillages, couvrant des centaines de km<sup>2</sup>.
</p>
<p>Evidemment, il y a tout de suite un problème qui
vient à l'esprit. De tels faisceaux d'énergie sont très certainement
mortels pour des organismes vivants, et il ne suffirait pas de
construire les antennes au sol dans des régions inhabitées, comme les
déserts, pour garantir qu'aucune ville ne sera jamais exposée par
accident.
</p>
<p>C'est bien conscient d'un tel inconvénient, que
l'on retrouverait d'ailleurs dans toutes les applications simples de
transferts d'énergie sous forme d'ondes électromagnétiques dans la vie
de tous les jours, que Marin Soljacic et ses collègues Andre Kurs,
Aristeidis Karalis, Robert Moffatt, Peter Fisher, et John
Joannopoulos&nbsp;se sont tournés vers une variante de l'idée. </p>
<p>En effet, les risques que feraient porter sur les
organismes vivants des émissions massives d'énergie dans
l'environnement pour alimenter des téléphones portables, ou même des
voitures, sont évidents, car il ne s'agirait plus du tout de transferts
d'informations à très basse énergie. De plus, le gaspillage d'énergie
serait énorme du fait de sa diffusion tous azimuts.
</p>
<p>La solution est alors d'utiliser non pas un champ
électrique oscillant sous forme d'ondes radios mais bien plutôt de
créer un système d'ondes magnétiques stationnaires à l'aide d'une
bobine de cuivre. Cela a plusieurs avantages :</p><ul><li>&nbsp;le couplage d'un champ magnétique oscillant&nbsp;avec un organisme vivant est beaucoup plus faible et donc moins nocif ;</li><li>&nbsp;La
perte d'énergie par rayonnement est fortement réduite car seule une
autre bobine conçue pour être en résonance avec la fréquence
d'oscillation du champ magnétique sera capable de « pomper » l'énergie
du système d'ondes stationnaires.&nbsp;De plus, celui-ci&nbsp;reste localisé dans
l'environnement immédiat de la première bobine.</li></ul><p>En
fait, cette technique de couplage magnétique est similaire avec ce qui
se passe dans un appareil de radio lorsque l'on se place à la fréquence
d'émission de l'antenne émettrice. Un phénomène de résonnance se
produit alors et il y a transmission aussi bien d'information que
d'énergie.
</p>
<p>Ce que les chercheurs ont appelé la WiTricity (pour <em>Wireless elecTricity</em>,
c'est-à-dire l'électricité sans fil) permettrait donc d'alimenter sans
danger et sans fil des appareils électriques dans un bâtiment. Plus
besoin de brancher un aspirateur ou de penser à charger les batteries
de son téléphone portable de maison donc. Un rêve ? L'avenir nous le
dira bientôt.</p>
					</div>
					<div class="image_fin">
						<img src="http://www.futura-sciences.com/typo3temp/GB/edc9e466a7.jpg" alt="Image d'artiste de la station spatiale solaire de Peter Glaser renvoyant de l'énergie sous forme de micro-ondes sur Terre (Crédit : NASA)." title="Image d'artiste de la station spatiale solaire de Peter Glaser renvoyant de l'énergie sous forme de micro-ondes sur Terre (Crédit : NASA)." border="0" height="444" width="475">
						<div class="image_fin_legende">Image
d'artiste de la station spatiale solaire de Peter Glaser renvoyant de
l'énergie sous forme de micro-ondes sur Terre (Crédit : NASA).</div>
					</div>]]></description>
<category>Avenir</category>
<pubDate>Wed, 13 Jun 2007 11:50:31 +0000</pubDate>
<guid>http://www.blogg.org/blog-63787-billet-612398.html</guid>
</item>
<item>
<title>géométrodynamique</title>
<link>http://www.blogg.org/blog-63787-billet-610969.html</link>
<description><![CDATA[<br><p class="ta_img"><img border=0 src="http://www.blogg.org/afficher_image.php?id=703079&amp;img_x="></p>]]></description>
<category>Avenir</category>
<pubDate>Mon, 11 Jun 2007 12:20:42 +0000</pubDate>
<guid>http://www.blogg.org/blog-63787-billet-610969.html</guid>
</item>
</channel>
</rss>
