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<copyright>Copyright 2008 Blogg</copyright>
<pubDate>Thu, 26 Nov 2009 21:44:05 +0100</pubDate>
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<docs>http://www.blogg.org/blog-54233.html</docs>
<description>DOUBLE JEU A RIO       (A June & Gibet 's Story)</description>
<link>http://www.blogg.org/blog-54233.html</link>
<title>P.O.E.</title>
<language>fr</language>
<category>Blogg</category>
<ttl>60</ttl>
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<title>Chapitre II - Episode 4</title>
<link>http://www.blogg.org/blog-54233-billet-520647.html</link>
<description><![CDATA[<P><BR><BR>Abel ouvre la marche, Eden lui emboîte le pas. Elle n'est pas mécontente de trouver un peu de temps, hors de ce commissariat sinistre, pour questionner à son tour le charmant inspecteur. Quand ils se retrouvent dehors, sur l'avenida, le soleil de dix heures déjà les aveugle. Eden sort immédiatement ses lunettes noires de son sac à main, une bonne manière de cacher ses yeux cernés aussi ; l'inspecteur marche toujours devant d'un pas alerte, elle court presque derrière lui pour le suivre. Soudain il s'arrête, tout occupée à ranger son sac, Eden se cogne à lui, il se retourne et sourit : <BR>- Désolé, je marche trop vite ; et je suis impoli, je ne vous attends même pas. <BR>- Ce n'est rien.<BR>- Les habitudes de la profession, normalement c'est avec mes lieutenants que je sors de ce commissariat, pas avec de jolies femmes. J'ai perdu l'habitude des bonnes manières.<BR><BR>Eden lui sourit gentiment en haussant les épaules. Il lui prend le bras.<BR>- Marchons bras dessus, bras dessous.<BR>- Oui, nous nous soutiendrons mutuellement.<BR>- Vous n'avez vraiment pas dormi de la nuit ?<BR>- Pas un seul instant.<BR>- Cet homicide vous a impressionné ?<BR>- C'est le moins que l'on puisse dire.<BR>Elle n'ajoute pas que ce n'est pas la vue de cette femme qui l'avait tant troublée.<BR>- Ah, nous y sommes.<BR>Abel recule la chaise d'une petite table à l'écart, sur la terrasse de l'Antiqua Sappore ; Eden prend place. L'inspecteur commande immédiatement deux cafés Bourbon.<BR><BR>- Je ne sais pas si vous connaissez les cafés brésiliens. Le bourbon est d'une grande douceur. Je trouve que c'est un café très subtil. Celui qu'ils servent ici vient du Minais Gerais. Y êtes-vous déjà allée ?<BR>- Je suis allée plus au nord, dans le bassin amazonien, et à Sao Paolo...<BR>- Ce n'est pas grave, c'est le café qui vient à vous. Vous allez le goûter, c'est le meilleur, vous m'en direz des nouvelles. Comment connaissez-vous cet endroit ?<BR>- J'y suis venue avec des amis, qui voulaient me faire entendre de la bonne samba. Le soir il y a des groupes qui viennent jouer. Il y a une belle ambiance avec beaucoup d'amateurs.<BR>- A Rio je ne connais personne qui ne soit amateur de samba... Est-ce que vous avez aimé cette soirée ?<BR>- Oui, j'y suis même revenue seule. C'est très chaleureux et j'adore danser.<BR>- Comme hier soir... Vous avez été très imprudente le savez-vous ? Les abords du port sont un lieu particulièrement dangereux. Quand vous nous avez appelés nous avons fait le plus vite possible pour débarquer. J'ai bien enregistré le tremblement dans votre voix quand vous avez dit que vous aviez la trouille. A quelque minutes près la victime aurait pu être une jeune française un peu inconsciente...<BR>- Ne dramatisez pas. J'avais un peu exagéré côté caïpirinha. Je ne me suis pas sentie particulièrement en danger... avant la découverte du corps. Après, il est vrai que je n'en menais pas large.</P><br /><P><BR>&nbsp;</P><p class="ta_img"><img border=0 src="http://www.blogg.org/afficher_image.php?id=595803&amp;img_x="></p>]]></description>
<category>Ch. II</category>
<pubDate>Mon, 22 Jan 2007 16:34:56 +0000</pubDate>
<guid>http://www.blogg.org/blog-54233-billet-520647.html</guid>
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<title>Chapitre II - Episode 3</title>
<link>http://www.blogg.org/blog-54233-billet-515743.html</link>
<description><![CDATA[<P><BR>Sans hésiter, Eden répond<BR>- Non, pas du tout.<BR>- Bon, vous avez l'air épuisée. Je ne vais pas vous retenir très longtemps. S'il vous revient quelque chose en mémoire, n'hésitez pas à m'appeler ; lui dit-il sans la quitter des yeux.<BR>Sans sourciller, Eden sourit d'un air lasse et se lève.<BR>- Merci Inspecteur. En effet, je vais rentrer chez moi me reposer un peu.<BR>Abel se lève à son tour pour lui serrer la main. <BR>Eden sort du bureau. Abel ne peut s'empêcher de la suivre du regard, ni de penser qu'Eden est une très belle femme.<BR><BR>Le petit stratagème du billet a fonctionné. Abel connaissait l'identité de la victime, mais il voulait attendre d'avoir Eden face à lui pour connaître sa réaction à l'instant même de cette révélation. Abel est maintenant convaincu qu'Eden ne connaissait pas la victime. Bon, ce ne serait qu'une poussière de plus apportée dans un dossier qu'Abel imaginait bien poisseux. Qui pouvait avoir intérêt à nettoyer une poupée du genre de Nadia Carvalho. Femme bien mise, résidante d'un beau quartier, petite vie tranquille... en apparence. La qualité d'un bon flic c'est de voir ce que les apparences sont capables de dire. Abel était assez doué à ce petit jeu. De plus, il adorait se faire des films. Son imagination lui donnait souvent des fils bien réels qu'il se plaisait à suivre, fort de sa confiance en son intuition. Pour l'instant, c'était un peu le coaltar, chiffonné Abel avait besoin d'un bon café. Direction la cafeteria...<BR><BR>Dans le couloir les sinistres photos habituelles de trafiquants de toutes sortes recherchés sur Rio. Un défilé de gueules sinistres, qui ne dépareillaient en rien sur les murs gris du Commissariat. La peinture aurait dû être refaite depuis longtemps, mais les crédits se faisaient attendre. Ambiance rugueuse...<BR><BR>Mais un rayon de soleil attendait Abel près du distributeur de boissons à disposition du public. Eden accoudée sur l'appui de la fenêtre regardait d'un air songeur le trafic sur l'avenue, se passant le gobelet sous le nez, humant, manifestement pas convaincue du tout qu'il y ait une molécule du fruit du caféier dans ce breuvage. Abel s'approche d'elle.<BR>- Qu'est-ce que je fais ? Je m'impose la même torture que vous, ou je vous invite au bar d'à côté pour un bon Bourbon, bien serré. Je crois qu'après cette nuit courte nous en avons bien besoin tous les deux. En plus, dit-il ouvrant son porte monnaie, je n'ai plus de monnaie pour cette fichue machine... Je ne vais tout de même pas me faire inviter par mon suspect principal, non ?<BR>- Va pour le Bourbon. Vous connaissez le bistrot Antiqua Sappore à deux pas d'ici ? C'est charmant, un bistrot original, au milieux des antiquités avec un café à réveiller tout un commissariat !<BR>- Le gros de la troupe c'est moi. Ca vous suffira ? Laissons les autres dormir tranquillement si vous le voulez bien, dit-il en souriant. Oui, je connais le lieu. Dîtes-moi, j'ai vu que vous sentiez votre café tout à l'heure ; les odeurs semblent importantes pour vous ? J'ai aimé votre parfum... français ?<BR>- CK One de Calvin Klein, international, en vente dans tous les tax-free shops du monde entier... Nous y allons ou nous comparons nos connaissances de parfumeurs ici même sur ce banc de bois qui ne dépareillerait pas à l'Antiqua Sappore ?<BR><BR></P><p class="ta_img"><img border=0 src="http://www.blogg.org/afficher_image.php?id=590565&amp;img_x="></p>]]></description>
<category>Ch. II</category>
<pubDate>Mon, 15 Jan 2007 09:13:21 +0000</pubDate>
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<item>
<title>Chapitre II - Episode 2</title>
<link>http://www.blogg.org/blog-54233-billet-513901.html</link>
<description><![CDATA[<P><BR>Trente secondes plus tard, Eden fait irruption dans le bureau d'Abel. Celui-ci ne voit de prime abord que le tee-shirt serré sur des seins manifestement nus, un jean étroit, deux chevilles fines soulignées par les ballerines blanches aériennes avant de se ressaisir très vite pour la saluer banalement, tout en&nbsp;ne pouvant s'empêcher de planter ses yeux dans son regard sombre :<BR>- Bonjour Mademoiselle Clérie, prenez place je vous prie. Il fait le tour du bureau en lui présentant le siège d'un geste large de la main. En passant près d'elle, il sent son parfum frais et citronné. Certainement un parfum français pense-t-il. Pendant qu'Eden s'assied, en regardant alentour l'affligeante décoration du bureau, Abel récupère le dossier Carvalho sur le bureau de Ricardo et vient s'asseoir à son tour, face à elle.<BR><BR>- J'espère que vous n'avez pas passé une trop mauvaise nuit ? lui demande-t-il pour engager la conversation.<BR>- Je n'ai pas dormi, à tout avouer, je n'ai pas l'habitude des assassinats, répond-elle avec un sourire.<BR>- Oui, bien sûr. Vous aviez déjà vu la victime ?<BR>- Non. Et vous savez de qui il s'agit ?<BR>- Non, pas encore. Pour prendre votre déposition, je vais avoir besoin de quelques éléments d'identité, vos noms, prénoms, âge, adresse, profession.<BR>Eden se soumet gentiment à l'exercice.<BR>- Voilà, vous savez tout. Que voulez-vous savoir maintenant ?<BR>- Pas grand-chose de plus. Que faisiez-vous sur la promenade en cette heure tardive ?<BR>- Je rentrais du dancing.<BR>- Vous y étiez seule ?<BR>- Oui, mais j'y connaissais du monde et certains ont dû me voir partir.<BR>- Qu'avez-vous entendu exactement ?<BR>- Un bruit sourd, puis le bruit d'une moto qui part sur les chapeaux de roues.<BR>- Vous avez-vous vu quelque chose ?<BR>- Non, même pas une ombre ; il n'y avait personne sur la promenade et je n'étais pas rassurée pour tout dire.<BR>- Qu'avez-vous fait après avoir entendu le bruit sourd ?<BR>- Je me suis approchée, j'ai vu une personne allongée par terre ; je me suis penchée au-dessus d'elle, comme je ne la voyais pas bien, je l'ai touché pour voir si c'était grave. En la retournant, j'ai vu qu'elle était touchée au coeur.<BR>- Non, pas exactement, à l'abdomen.<BR>- Ah oui, d'accord ; donc qu'elle était déjà morte, par balle, à priori. Puis, je vous ai appelé avec mon téléphone portable et vous ai attendu, adossée à l'arbre un peu plus loin.<BR>- Parfait. Autre chose ?<BR>- Non, je ne vois pas.<BR>On frappe à la porte.<BR>- Entrez, dit Abel.<BR>- Excuse-moi de te déranger, Abel, bonjour mademoiselle.<BR>- Pas de problème Ricardo.<BR>- Bonjour Monsieur, répond Eden.<BR>Ricardo tend un papier à Abel, qui le lit immédiatement et se tourne vers Eden.<BR>- La jeune femme se prénommait Nadia Carvalho ; ça vous dit quelque chose ?<BR><BR><BR></P><p class="ta_img"><img border=0 src="http://www.blogg.org/afficher_image.php?id=588556&amp;img_x="></p>]]></description>
<category>Ch. II</category>
<pubDate>Thu, 11 Jan 2007 20:41:27 +0000</pubDate>
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<title>Chapitre II - Episode 1</title>
<link>http://www.blogg.org/blog-54233-billet-511734.html</link>
<description><![CDATA[<P><BR><BR>Quand il entre dans son bureau, son adjoint, Ricardo Gomez est déjà arrivé :<BR>- Alors, on en sait un peu plus, Ricardo ?<BR>- Oui Abel, la jeune femme vivait seule dans le très chic quartier de San Antonio, elle est divorcée depuis deux ans, d'un certain Brito Rosa da Silva, injoignable pour le moment. Il ne répond pas au téléphone, et la brigade qui s'est déplacée chez lui n'a trouvé personne<BR>- Bon, très bien. Et vous avez commencé à interroger les voisins de la victime ?<BR>- Oui, et j'ai envoyé Paulo et Juan sur le coup ; ils vont revenir d'une minute à l'autre<BR>- Mademoiselle Clérie ne va pas tarder, surtout durant son interrogatoire, vous ne me dérangerez sous aucun prétexte<BR>- Très bien Abel.<BR>- Dis-moi Ricardo, on a droit à une invasion de chinois aujourd'hui ? J'en ai vu une dizaine depuis que je suis entré, pas particulièrement rigolos. Ils n'ont pas l'air de touristes dévalisés pourtant. Alors ?<BR>- C'est ce lèche bottes de Carlos Veloso qui a eu l'idée excellente d'inviter une délégation de flics de Shanghai. Il y a de l'inauguration de plaque commémorative dans l'air, en présence du chef de la police de l'état de Rio. Tu sais que le patron aime beaucoup la Chine, et surtout les... petites chinoises, dit-il en se tirant le coin des yeux de la pointe de l'index. Ça lui donnera une occasion de faire un échange... culturel. Il parait que nous sommes un commissariat modèle, dit-il en s'esclaffant tout en se clouant son habituelle Camel au bec. Bon, je file aux archives voir si on a quelque chose sur ce Brito. Ah ! Encore... Il y a des gosses de riches qui ont fait du grabuge cette nuit dans un bar de ton quartier. Enquête cool... filée à qui, je te le demande ?<BR>- A Carlos ?<BR>- Dans le mille Chef, dit-il d'un air enjoué en disparaissant de sa démarche vive et sautillante, dans un nuage de fumée bleuâtre, puis, en se retournant, Chef, vous auriez dû mettre une cravate...<BR>- Dégage !<BR>- Au moins pour la plaque ! Et il poursuit, en éclatant d'un beau rire tonitruant.<BR><BR>Sacré Ricardo, pense Abel, il aurait mieux fait de faire du théâtre, ou de la musique. Mais flic... jamais. Il prend tout à la rigolade. Abel aime pourtant bien l'homme, même si le flic lui pose de temps à autres de sérieux problèmes.<BR><BR>Il commence à lire son courrier, en faisant un tri très rapide parmi les âneries usuelles des infos internes et des promotions. Une étude sur le développement de la prostitution à Rio attire son attention. Il la met de côté ; à lire plus tard. On frappe à sa porte.<BR>- Oui, entrez.<BR>- Bonjour Abel. Une certaine Eden pour toi.<BR>- Salut ! Fais-la entrer Paulo. Déjà de retour ? Des trucs intéressants dans le voisinage ?<BR>- Une voisine a entendu partir une moto, très tard le soir, il y a trois jours. Elle a regardé par la fenêtre. Elle pense que c'est l'ex mari de la victime qui partait, mais elle ne peut pas l'affirmer. On l'a convoqué pour qu'elle dépose son témoignage. Bon, je fais venir la dame...</P><BR><br /><P>&nbsp;</P><p class="ta_img"><img border=0 src="http://www.blogg.org/afficher_image.php?id=585751&amp;img_x="></p>]]></description>
<category>Ch. II</category>
<pubDate>Mon, 08 Jan 2007 17:03:58 +0000</pubDate>
<guid>http://www.blogg.org/blog-54233-billet-511734.html</guid>
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<title>Chapitre I - Episode 8</title>
<link>http://www.blogg.org/blog-54233-billet-504080.html</link>
<description><![CDATA[<BR>Ça a commencé par deux gamins retrouvés morts, une pute violée et payée à coups de couteaux, et puis ce crime de nuit sur le port. Pour les gamins, c'est certainement un coup des BOPE, la bataillon des opérations spéciales de la Police qui intervient dans les favelas à bord des caveirao, ces espèces de blindés destinés à lutter contre la criminalité dans les quartiers pauvres. Le problème est que les flics affectés à ces engins ont la détente facile. Un coup de haut parleur pour avertir de leur arrivée, et après on tire sur tout ce qui bouge. Carnages suivis d'autres carnages ! Abel est dégoûté de ces méthodes, qui font les choux gras d'Amnesty International.<BR><BR>Pour la pute, là aussi, c'est l'habituel cercle vicieux de la drogue. Le tapin ne peut plus payer ses doses. Son dealer lui donne à sa façon le reçu pour solde de tout compte, non sans s'être payé d'abord sur la bête. Pas de problème pour la Scientifique, le sperme a été prélevé... reste à savoir si c'est celui de l'assassin ou des clients, car la capote n'est pas très bien vue et les putes ne réussissent pas vraiment à l'imposer aux clients, malgré les conseils chèrement dispensés par les associations qui veillent sur leur santé. Ça craint !<BR><BR>Abel presse le pas après avoir traversé l'Avenue de Marco. Il pense à Eden. Cette femme est inconsciente. Il en tremble pour elle, après coup. Se promener, seule, de nuit, sur le Quai de Porto, c'est de la folie pure. Elle a eu une chance incroyable. Ah ces étrangers ! Ils se croient ici en sécurité, trompés par les annonces officielles. En réalité il n'en est rien. La femme assassinée s'appelait Nadia Carvalho, une très belle métisse indienne, bien vêtue. Ce n'était pas une pauvre, c'est certain. La Scientifique a dû avancer entre temps. Quand Abel a quitté la scène du crime, ses agents s'activaient à faire toutes sortes de prélèvements. Notamment sur les traces de sang, car il était étonnant d'en trouver de manière aussi disséminée.<BR><BR>Son père, il y a bien longtemps, l'avait prévenu, lui avait dit de ne pas entrer dans ses pas ; mais c'était plus fort que lui, une vocation et après son assassinat par les poulets véreux de la brigade des stupéfiants, c'est devenu une nécessité, faire comme lui et le venger peut-être. Durant deux ans, en parallèle à sa formation de jeune recrue, il avait enquêté sans relâche pour coincer les assassins de son père et y était parvenu au risque de sa vie ; depuis, le commissaire le plus populaire de Rio, Federico Ruiz de Mayor, moisissait derrière les barreaux, et Abel ne se retournait plus à chaque bruit suspect ; si le ripoux tentait de le faire tuer, comme il avait déjà essayer de le faire à maintes reprises, c'était la vie après tout, les risques du métier. Une menace qui avait empêché Abel de construire une vie de famille, il n'avait pas peur pour lui, mais il ne voulait pas s'inquiéter d'une femme et d'enfants. Ce matin-là, il sent bien qu'un mot d'Eden pourrait le faire basculer, l'embarquer dans une aventure qu'il s'était toujours refusé de tenter.<p class="ta_img"><img border=0 src="http://www.blogg.org/afficher_image.php?id=577430&amp;img_x="></p>]]></description>
<category>Ch. I</category>
<pubDate>Tue, 26 Dec 2006 13:46:55 +0000</pubDate>
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<item>
<title>Chapitre I - Episode 7</title>
<link>http://www.blogg.org/blog-54233-billet-501048.html</link>
<description><![CDATA[<BR>Décidément, c'est le jour des importuns, entre Joao et Mister Smith, Eden se trouve bien pourvue... Tout en marchant elle envisage comme vraisemblable que ce soit Brito qui ait fait le coup. Après tout il doit être à Rio, du moins y était-il hier, et la silhouette devinée sur la photo parait bien être la sienne. Eden ne se voit pas attaquer bille en tête l'inspecteur Pastor pour faire une enquête personnelle... On se calme.<BR><BR>Après tout, en d'autres circonstances, charmant comme il est... Abel. Ce prénom résonne bien sensuellement à son oreille. En raison de l'obscurité Eden n'avait pas pu regarder mieux Abel Pastor, mais c'était un homme séduisant : la petite quarantaine, le cheveu court et souple, brun, grand, d'une belle largeur d'épaule, et des yeux d'un bleu tendre qui lui donnaient l'allure d'un étudiant. Tout chez lui était bien, à part ses chaussures, qui n'ont certainement jamais vu ni l'Angleterre ni l'Italie. Avec lui elle aurait bien envisagé un petit séjour prolongé à Parati. Une soirée sur la terrasse du Margarida Café, une bonne dose de caïpirinha - pour changer, et, à la fin, un bon picanha grillé agrémenté d'excellent haricots noirs... en belle compagnie. Là, oui, aller à Parati aurait du sens ; tout le contraire d'une bousculade au milieu des touristes de la vieille ville. Quel serait le revers de la médaille ?<BR><BR>Lasse de rêver, Eden fouille dans son sac, regarde encore une fois la photo ; assurément la coiffure est bien celle de Brito, mais les vêtements ne lui disent strictement rien. Elle veut en avoir le c&#339;ur net ; elle sort son portable, s'embrouille un peu dans les touches et finit par composer le numéro de Brito... Son portable est éteint !<BR><BR>Abel Pastor est encore chez lui, il est en retard ce matin ; il n'a pas dormi de la nuit, encore un meurtre, une jeune femme dans la fleur de l'âge assassinée. Il en avait vu d'autres, mais il ne s'y faisait pas, ça le mettait toujours dans le même état ; même si cette fois, la vue d'Eden Clérie y était aussi pour quelque chose. Et son calepin, qu'il ne trouve pas ; mais où avait-il bien pu le poser cette nuit en rentrant. Dans la chambre, assez spartiate, un grand lit près du sol, une commode et un chevet en wengé ainsi qu'un immense dressing attenant où l'on trouve plus de disques que de vêtements, il ne le voit pas ; au salon, non plus, mais il y règne un capharnaüm épouvantable ; des journaux traînent sur la table basse, un plaid déployé recouvre le canapé en cuir brun, des livres jonchent le sol alors que la bibliothèque, en bois wengé également, ploie sous leur poids. Il désespère de le retrouver, et file dans la cuisine pour prendre un jus d'orange dans le réfrigérateur. Son calepin est posé en haut de ce dernier ; ah oui, il se souvient ; la bière, cette nuit. Il peut partir enfin, il se dépêche, il ne veut pas arriver après mademoiselle Clérie.<BR><BR>Arrivé en bas de son immeuble, Abel lit 8h40 à sa montre et se dit qu'il a malgré tout le temps de rejoindre à pied le Commissariat Avenue Gomes Freire. Cela lui fera une bonne balade depuis le quartier de la gare, où il habite. Les rues de Rio ne sont pas trop encombrées encore à cette heure, ce sera un plaisir de marcher, tout en se remettant les idées en place. Rude journée que celle d'hier ! Journée habituelle cependant pour Rio, où l'on meurt aussi rapidement que l'on attrape un coup de soleil à Leblon.<BR><BR><p class="ta_img"><img border=0 src="http://www.blogg.org/afficher_image.php?id=574198&amp;img_x="></p>]]></description>
<category>Ch. I</category>
<pubDate>Tue, 19 Dec 2006 20:52:36 +0000</pubDate>
<guid>http://www.blogg.org/blog-54233-billet-501048.html</guid>
</item>
<item>
<title>Chapitre I - Episode 6</title>
<link>http://www.blogg.org/blog-54233-billet-497085.html</link>
<description><![CDATA[<P><BR><BR>Elle décroche :<BR>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; - Eden Clérie.<BR>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; - Hé Ninha, c'est Joao, habille toi. Fais fissa ! Je passe te chercher dans un quart d'heure.&nbsp;Je t'emmène à Parati, ma s&#339;ur a loué un appartement près du fort, c'est ma-gi-que , <BR>dit-il en accentuant bien chaque syllabe.<BR>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; - Je ne peux pas t'accompagner Joao. As-tu vu Brito ces derniers jours ?<BR>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; - Je l'ai vu hier après-midi à la Praia da Bica, sur sa moto. Il est trop beau ! Quelle chance tu as Eden. Rio est trop petit...<BR>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; - Pas le c&#339;ur à plaisanter Joao. Et d'abord Brito et moi c'est fini. Je n'ai pas le temps, tu m'excuseras mais il faut que j'y aille...<BR>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; - Aïe aïe aïe ! Eden, qu'est-ce que tu nous fais là, ça n'a pas l'air d'aller bien fort ? Bouge pas, j'arrive.<BR>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; - Non, Joao, je pars. Salut !<BR><BR>Quel casse pied ce Joao ! Il a encore dû se faire larguer par son dernier petit chéri et cherche de la compagnie pour passer un week end à mourir avec sa soeur.<BR><BR>Deux minutes plus tard elle est dans la rue. Elle marche lentement, un peu inquiète. Elle a peur que l'on fasse pression sur elle. Des affaires récentes révélées par la presse à Rio montre que la Police n'est pas tendre. Il faut dire que la criminalité est en hausse, y compris au centre ville, et les autorités policières sont soumises à de fortes pressions de la part des politiques pour obtenir des résultats avant les élections. Paris ou Rio, c'est pareil, se dit-elle.<BR><BR>Elle reprend le même chemin que la veille, elle aurait pu prendre sa voiture, mais préfère marcher ; elle sera peut-être plus alerte devant l'inspecteur Pastor. Elle se demande comment elle va se présenter, si la police a déjà fait le lien entre Brito et la jeune femme, retrouvée morte ; elle se sent un peu perdue. Au loin, elle voit arriver un jeune homme qui la regarde avec insistance, elle n'y prête pas attention immédiatement. Il est vrai qu'elle est une très jolie jeune femme, aux cheveux châtains mi longs, de grands yeux noirs, assez grande, élancée, un port de tête majestueux. Il est assez rare qu'un homme la croise sans se retourner. A quelques mètres, elle remarque que le jeune homme arrivé à sa hauteur s'approche d'elle, lui tend la main.<BR>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; - Bonjour, Melle Clérie, comment allez-vous ?&nbsp;Ça fait longtemps qu'on ne s'est vu ?!<BR>Elle le regarde, dubitative<BR>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; - Bonjour... Monsieur ?<BR>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; - Jack Smith, nous nous sommes rencontrés&nbsp;chez le secrétaire d'Etat à l'environnement, Monsieur Brito da Silva.<BR>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; - Ah oui, bien sûr, comment allez-vous ?<BR>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; - Mais très bien, que faîtes-vous de bon matin&nbsp;sur la <BR>corniche ?<BR>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; - Je me rends à un rendez-vous.&nbsp;D'ailleurs il faut que je vous laisse.<BR>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; - Bien sûr, je ne vous retiens pas plus longtemps. Mais appelez-moi,&nbsp;je serai ravi de déjeuner avec vous pour que nous parlions de vos recherches<BR>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; - D'accord, j'en serai ravie également, je vous appelle en fin de semaine.<BR><BR>En la quittant, Jack Smith se dit qu'elle lui a promis de l'appeler pour s'en débarrasser ; depuis qu'il la connaît, il n'a jamais réussi à créer un contact réel avec elle, comme si elle s'empressait de tuer dans l'oeuf toute tentative d'approche. Elle ne parlait jamais d'elle, ni anecdotes, ni confidences. Mais Jack ne s'avoue pas vaincu, il la trouve tellement jolie, il aime sa douceur froide, son air emprunté qui cachait mal sa volonté de fer. Si, cette fois, elle ne tient pas sa promesse, lui, se fait le serment de la prendre par surprise un jour chez elle, de la convaincre avec une place de choix sur le plus beau char du Carnaval. Des rêves pleins la tête, il pénètre dans le consulat du Royaume-Uni.</P><br /><P>&nbsp;</P><p class="ta_img"><img border=0 src="http://www.blogg.org/afficher_image.php?id=569963&amp;img_x="></p>]]></description>
<category>Ch. I</category>
<pubDate>Wed, 13 Dec 2006 22:36:18 +0000</pubDate>
<guid>http://www.blogg.org/blog-54233-billet-497085.html</guid>
</item>
<item>
<title>Chapitre I - Episode 5</title>
<link>http://www.blogg.org/blog-54233-billet-494304.html</link>
<description><![CDATA[<P><BR><BR>Elle pleure à chaudes larmes, bruyamment, et petit à petit se calme, lentement... Ces quelques larmes lui ont fait du bien ; elle est sereine maintenant. Elle tiendra le mensonge, s'il le faut... le sac, des empreintes, mais parce qu'elle l'a poussé en voulant s'approcher de la victime ; elle ne veut rien dire à la police pour le moment ; elle veut voir Brito d'abord. Soudain, elle a envie de l'appeler, prend le téléphone, commence à composer le numéro... elle se reprend. Non. Elle veut être en face de lui quand elle lui annoncera qu'elle sait que la jeune femme morte le connaissait, elle veut lire dans ses yeux la vérité. Depuis un an, elle le connaît ; elle l'a vu quasiment tous les jours où il était à Rio durant cette longue année, elle a rencontré tous ses amis, ses collègues, est sortie avec lui dans tous les restaurants, bars, boîtes de nuit de la ville. Jamais, elle n'a rencontré cette femme, jamais elle n'a pu soupçonner le moindre problème dans sa vie personnelle. Leur rupture. Une anicroche. Elle voulait s'installer avec lui, il a refusé. Et Eden a fait son sac, un matin, il y a une semaine, en lui disant que s'il ne voulait pas s'engager, elle préférait le quitter que souffrir à vivre à côté de quelqu'un qui ne l'aimait pas assez pour vivre sous le même toit qu'elle.<BR><BR>Maintenant le soleil est levé, elle sait qu'elle ne dormira plus. Elle se prépare un café, de sa petite cafetière ramenée d'un voyage en Italie ; elle fait passer le café lentement, pour qu'il soit plus corsé, tout en écoutant la radio. Le flash d'actualité annonce qu'un cadavre a été découvert pendant la nuit sur le Quai de Porto. L'identité de la victime n'est pas révélée, il s'agit d'une jeune femme de trente ans, tuée par balle, découverte par une passante vers trois heures. La Police n'a pas donné plus d'informations. Trente ans, le même âge que moi, pense Eden. L'odeur du café envahit la cuisine, elle se précipite mais il est trop tard, un peu de café a débordé sur la cuisinière. Eden s'énerve, elle se sent fatiguée. De fait cette nuit n'a pas été reposante, c'est le moins que l'on puisse dire. Elle boit le café qui reste brûlant, retire son tee-shirt et va dans la salle de bain. Elle a la ferme intention de s'habiller au plus vite, de faire un tour sur le marché voisin, pour admirer les fleurs, et boire un jus de goyave frais, tout en se rendant au commissariat. En se douchant, elle éprouve la même sensation procurée par la douche de la nuit. Elle se sent sale, comme pénétrée par un serpent visqueux qui s'agite dans ses entrailles. Intérieurement sale, ce n'est pas cette eau qui va la purifier. Elle ressent, intuitivement, que Brito est lié à cette histoire et cela lui noue le ventre de rage.<BR><BR>Elle sort enfin de la douche, se sèche lentement le corps et les cheveux, puis se maquille légèrement pour masquer les marques de sa nuit blanche. Elle enfile un jean et un tee-shirt, une paire de ballerines, noue ses cheveux en chignon et retourne à la cuisine pour prendre une autre tasse d'un café bien serré. Cette nuit, elle n'arrivait pas à trouver le sommeil, mais là soudain, la lassitude l'envahit ; envie de dormir pour oublier. Il va bientôt être l'heure de rendre visite à l'inspecteur Abel Pastor. Elle ouvre la porte fenêtre, et s'installe sur la terrasse avec sa tasse de café ; au loin la mer est calme, en cette heure matinale la plage est encore déserte, hormis Pedro, son voisin, qui fait son jogging en compagnie de son labrador. Il lui fait un signe, elle lui répond en lui souriant ; Pedro est un adorable monsieur d'une soixantaine d'années, qui a tout fait dans sa vie, acteur de cinéma, agent de change, coiffeur de mannequins, photographe... elle le soupçonne d'avoir surtout été gigolo. Avec l'âge, et la richesse surtout, il vit seul dans une adorable maison, voisine de la sienne, en compagnie de son fidèle Nestor. Perdue dans ses pensées, elle regarde ses ongles. Elle aperçoit une petite tâche sombre, restée là après&nbsp;sa douche. Manifestement c'est un peu de sang. Dégoûtée elle va chercher une lime dans la salle de bain. Le téléphone sonne.</P><BR><BR><br /><P>&nbsp;</P><p class="ta_img"><img border=0 src="http://www.blogg.org/afficher_image.php?id=567343&amp;img_x="></p>]]></description>
<category>Ch. I</category>
<pubDate>Sat, 09 Dec 2006 17:31:21 +0000</pubDate>
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<title>Chapitre I - Episode 4</title>
<link>http://www.blogg.org/blog-54233-billet-492863.html</link>
<description><![CDATA[<P><IMG height=299 alt=" " src="http://perso.orange.fr/impolitis/photos/rio_night.jpg" width=430><BR></P><BR><br /><P>Elle ne répond rien, continue à fumer sa cigarette en essayant de paraître le plus calme possible. La voiture s'arrête enfin près de chez elle, elle ouvre la portière pour descendre. Abel lui attrape le bras :<BR>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; - Vous seriez aimable de venir faire votre déposition le plus tôt possible au 5ème Commissariat, avenue Gomes Freire. 9 heures, ça vous convient ?<BR>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; - Oui, ça ira, répond-elle dans un souffle.<BR><BR>Seule chez elle, elle se jette sous la douche. Elle a besoin de se séparer de toute cette salissure qui la souille. La nuit est étouffante à tous points de vue et elle laisse longuement pulser l'eau froide sur sa peau, jusqu'à ce qu'elle frisonne. La nausée qu'elle éprouve ne passe pas. De l'armoire à pharmacie elle extrait un tube de <EM>nux vomica</EM> 9CH. Cinq granules devraient arranger tout cela rapidement. Elle s'allonge sur le lit, lumières éteintes, fenêtre grande ouverte. A l'est le ciel commence à se teinter de rosé. La tranquillité ne vient pas et le sommeil l'ignore. Soudain une vague de dégoût l'inonde. Elle se précipite dans les toilettes pour vomir dans un seul et même trait, l'alcool, son angoisse et sa peur.<BR><BR>Elle n'arrivera pas à dormir ;&nbsp;elle se cale dans une couette et deux gros coussins devant la télé ; à 5 heures du matin pas grand-chose d'intéressant à regarder, tant mieux, parce qu'elle n'a pas la tête à ça, la dernière <EM>novela</EM> en vogue sur TV Globo ; Eden n'est pas une amatrice du genre mais ces séries télé font un carton au Brésil. Tout en essayant de trouver un peu de calme dans les histoires à l'eau de rose, de pièges et de trahisons de la série, elle pense à ce qu'elle vient de vivre cette nuit. Elle essaie de se rappeler tout ce que Brito a pu lui raconter, sur sa vie, ses anciennes petites amies ; mais rien de particulier. Evidemment, son poste de directeur du secrétariat au développement durable l'emmenait souvent loin de Rio, il partageait sa vie entre Brasilia et l'Amazonie ; c'est à l'occasion d'un de ses colloques sur le peuple Shuar, auquel participait Eden en tant qu'ethnologue, qu'ils s'étaient rencontrés.<BR><BR>Pour l'heure elle aimerait bien qu'un chamane Jivaro vienne lui réduire la tête, au moins ses connaissances amazoniennes lui seraient, pour une fois, de quelque utilité. Tout ça... au moment où elle hésitait à le contacter. Bon dieu, que de complications en perspective. Voilà bien la façon dont la vie sait repasser certains plats ! Que va-t-elle bien pouvoir raconter aux flics tout à l'heure ? Ils ne vont certainement pas se contenter d'approximations. Ils auront déjà le résultat d'analyses, ils auront déjà décortiqué le contenu du sac à main. Elle ne se souvient pas si elle a touché le sac. Si... peut-être légèrement lorsqu'elle s'est approché de la femme, mais pas quand elle a pris la photo, de cela au moins elle est sûre. En revanche, elle ne mettrait pas sa main à couper que son geste soit passé inaperçu. La télé achève de la saouler. Zap et stop ! Le film des événements continue dans sa tête. Elle n'en peut plus et fond en larmes.</P><BR><br /><P>&nbsp;</P>]]></description>
<category>Ch. I</category>
<pubDate>Thu, 07 Dec 2006 18:09:43 +0000</pubDate>
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<title>Chapitre I - Episode 3</title>
<link>http://www.blogg.org/blog-54233-billet-490211.html</link>
<description><![CDATA[<P><BR><BR>Tandis que les deux poulets vont chercher du matériel dans le coffre de leur véhicule, elle s'abaisse, vite, se saisit de la photo et l'enfouit dans la poche extérieure de son sac à main. Tu es folle Eden, pense-t-elle, à l'instant même où elle décide de ne rien dire. Elle affirmera que la femme lui semblait morte, c'est tout ; elle ne veut surtout pas le trahir. S'il était avéré que c'est lui, il sera toujours temps de rétablir la vérité. Ce n'est certes pas sans risques. Elle s'en moque comme de sa première clope, mais ne peut s'empêcher de penser qu'elle a un peu forcé sur la caïpirinha... Ce courage, ou cette inconscience, n'est pas d'elle. Abel Pastor se dirige à nouveau vers elle pour l'interroger, elle lui raconte ce qu'elle a entendu, comment elle a trouvé la jeune femme, où elle était avant, etc. Tout sauf la photo, elle serre fort son sac contre elle. Dès que cet interrogatoire sera terminé, elle rendra visite à Brito ; il faut qu'elle en ait le coeur net, elle saura lire dans ses yeux s'il l'a tué. Elle laisse son numéro de téléphone à l'inspecteur et s'apprête à repartir vers le port, l'inspecteur la hèle :<BR>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; - Mais je croyais que vous habitiez sur la jetée.<BR>Elle se retourne, interdite :<BR>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; - Heu... oui... mais je préfère retourner sur le port pour trouver un taxi.<BR>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; - Non, ce n'est pas la peine, je vous raccompagne.<BR><BR>Elle hoche la tête, elle ne peut qu'accepter ; elle monte dans la voiture d'Abel passablement dépitée, tirant au maximum sa robe courte sur ses genoux ; tout à coup elle se sent nue et fragile. L'autre enquêteur, en prenant place derrière Abel, offre son paquet de Camel à la ronde. Eden en prend une, l'allume avec son vieux Zippo récalcitrant, les deux pandores se bidonnent.<BR><BR>Eden essaie de remettre ses idées au clair, tout en avalant la fumée par de profondes inspirations. Retrouver son calme, voilà ce qu'il lui faut. Les cris... entendus, mais elle n'a rien vu. La femme allongée sur le ventre, la face au sol, le sang, la trace de pneu... et ce prénom, comme un couteau, Brito ! Abel interrompt le fil de ses pensées :<BR>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; - Vous n'auriez pas dû toucher cette femme. Le sang sur votre main... c'est pas génial quoi !<BR><BR>Evidemment, elle n'a pas pensé à cela, qu'on puisse la soupçonner, bien que peu avant qu'ils ne quittent la scène du crime, la Police scientifique avait pris ses empreintes et, ayant noté la présence de sang, l'avait immédiatement prélevé sur sa main droite.<BR>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; - Je l'ai touchée parce que je ne voyais pas si elle était inconsciente ou si c'était plus grave ; et je n'ai pas tout de suite compris qu'elle avait été agressée, je suis désolée. Vous ne pensez pas que c'est moi tout de même ? Abel lui sourit.<BR>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; - Non, bien sûr... pas pour le moment.</P><br /><P>&nbsp;</P><p class="ta_img"><img border=0 src="http://www.blogg.org/afficher_image.php?id=562197&amp;img_x="></p>]]></description>
<category>Ch. I</category>
<pubDate>Sun, 03 Dec 2006 22:54:23 +0000</pubDate>
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