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<copyright>Copyright 2008 Blogg</copyright>
<pubDate>Thu, 26 Nov 2009 14:20:56 +0100</pubDate>
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<description>La vie des peintres du temps passé</description>
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<title>S F U M A T O</title>
<language>fr</language>
<category>Blogg</category>
<ttl>60</ttl>
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<title>Le CARAVAGE vu par Dominique Fernandez</title>
<link>http://www.blogg.org/blog-36699-billet-380013.html</link>
<description><![CDATA[<div align="justify"> <blockquote>   <p>&nbsp;</p>   <hr width="100%" size="2" />      <div align="center"><font size="2"><font size="5" style="font-family: times new roman"><span style="font-weight: bold">Dominique FERNANDEZ : </span></font><span style="font-weight: bold"><font size="5" style="font-family: times new roman">La Course &agrave; l'ab&icirc;me</font></span></font><br />   <font size="2"><br />   <font size="2"><span style="font-weight: bold">Grasset, 2002 (et Livre de Poche n&deg;30317)</span></font><br />   <font size="2" /></font></div><font size="2"><font size="2"><font size="2">    </font></font></font><blockquote><font size="2"><font size="2"><font size="2">   </font></font></font><hr /><font size="2"><font size="2"><font size="2">        </font></font></font><div style="text-align: center"><font size="2"><font size="2"><font size="2"><br /> </font></font></font></div><font size="2"><font size="2"><font size="2">     </font></font></font><div style="text-align: center"><font size="2"><font size="2"><font size="2"><font color="#9966cc"><em>Voir le portrait du Caravage par Ottavio Leoni dans l'Album (Portraits-Autoportraits)</em></font><br />     </font></font></font></div><font size="2"><font size="2"><font size="2"> </font></font></font><hr /><font size="2"><font size="2"><font size="2"><font size="3" face="trebuchet ms,geneva"><br /></font></font></font></font></blockquote><font size="2"><font size="2"><font size="2">   </font></font></font><blockquote><font size="2"><font size="2"><font size="2"><font size="3" face="trebuchet ms,geneva">   </font><font size="3" face="trebuchet ms,geneva"> La &quot;Course &agrave; l'ab&icirc;me&quot;, gros roman de 786 pages, est une biographie haletante scind&eacute;e en quatre livres, o&ugrave; Dominique Fernandez, en sp&eacute;cialiste de la civilisation italienne, de la renaissance et du baroque, fait revivre un g&eacute;nie de la peinture dont tous les dictionnaires reconnaissent la vie agit&eacute;e : le <font color="#990033"><strong>CARAVAGE</strong></font>.</font></font></font></font></blockquote><font size="2"><font size="2"><font size="2"> </font></font></font><blockquote><font size="2"><font size="2"><font size="2"><font size="3" face="trebuchet ms,geneva"><font size="3" face="trebuchet ms,geneva"><br />   </font><font size="3" face="trebuchet ms,geneva">Le <span style="text-decoration: underline">Livre I</span> commence par rappeler les diverses th&eacute;ories &eacute;chafaud&eacute;es pour relater la mort du Caravage avant d&rsquo;entamer une biographie serr&eacute;e o&ugrave; l&rsquo;imagination de Dominique Fernandez et sa connaissance de l&rsquo;Italie du Cinquecento et du Seicento s&rsquo;en donnent &agrave; c&oelig;ur joie pour notre r&eacute;gal.<br />   <br />   </font><font size="3" face="trebuchet ms,geneva"> Le jeune <font color="#990033">Michelangelo Merisi, n&eacute; &agrave; Caravaggio en Lombardie le 29 septembre 1571</font>, se trouve bient&ocirc;t orphelin de p&egrave;re, sans doute assassin&eacute; pour avoir reproduit des tableaux du Vinci, pour la famille Sforza Colonna. Le jeune gar&ccedil;on est plac&eacute; comme apprenti dans l'atelier de Simone Peterzano &agrave; Milan. Arr&ecirc;t&eacute; pour avoir fr&eacute;quent&eacute; des peintres que l'Inquisition consid&egrave;re comme h&eacute;r&eacute;tiques, il est marqu&eacute; au fer rouge &agrave; l'&eacute;paule d'une fleur de chardon. En prison, il perfectionne son art d'apr&egrave;s les gravures qu'on lui fournit.<br />   <br />   </font><font size="3" face="trebuchet ms,geneva">    Le <span style="text-decoration: underline">Livre 2</span> nous conduit &agrave; Rome o&ugrave; le jeune peintre fait connaissances du cercle des disciples de Filippo Neri et travaille quelques ann&eacute;es &agrave; peindre des natures mortes pour le Cavaliere d'Arpino avant de devenir le prot&eacute;g&eacute; de personnalit&eacute;s proches du tr&ocirc;ne de Saint-Pierre. En m&ecirc;me temps s'affirment les amiti&eacute;s particuli&egrave;res de celui qu'on appelle encore Merisi. On est sous le pontificat de Cl&eacute;ment VIII, un Aldobrandini, puis de Paul V, un Borghese. <br />   <br />   </font><font size="3" face="trebuchet ms,geneva"> Le cardinal del Monte retire Merisi de l'atelier du Cavaliere et l'installe au palais Madama. Ainsi commence une carri&egrave;re de peintre religieux au service de la Contre-R&eacute;forme avec des &oelig;uvres dont la sensualit&eacute; provient de la pr&eacute;sence de Rutilio, puis de Mario et de Gregorio, les petits amis successifs de l'artiste, qui les fait poser, plus ou moins nus, pour ses tableaux. Il fait connaissance de Rome, de ses peintres, de ses r&eacute;seaux de pouvoir (les grandes familles, parti fran&ccedil;ais ou parti espagnol, qui font les <span style="font-style: italic">papabili</span>), et de ses bas-fonds d'o&ugrave; &eacute;mergent des figures de prostitu&eacute;es au grand c&oelig;ur, de bandits cruels et de mendiants photog&eacute;niques &mdash;si l'on peut dire. </font></font></font></font></font></blockquote><p><font size="2"><font size="2"><font size="2"><font size="3" face="trebuchet ms,geneva"><font size="3" face="trebuchet ms,geneva"> </font></font></font></font></font></p><font size="2"><font size="2"><font size="2"><font size="3" face="trebuchet ms,geneva"><font size="3" face="trebuchet ms,geneva">   </font></font>   </font></font></font><blockquote><font size="2"><font size="2"><font size="2">     </font></font></font><p><font size="2"><font size="2"><font size="2"><font size="3" face="trebuchet ms,geneva"><font size="3" face="trebuchet ms,geneva"> Les autorit&eacute;s pontificales veillent et &agrave; plusieurs reprises les peintures sont examin&eacute;es de mani&egrave;re critique notamment par la Congr&eacute;gation du Saint-Office. Les argumentations vont bon train et l'on rivalise de culture pa&iuml;enne autant que chr&eacute;tienne. Certains commanditaires refusent les tableaux en raison de d&eacute;tails ou de l'impression g&eacute;n&eacute;rale qui s'en d&eacute;gage. D'autres en profitent, des amateurs d&rsquo;art, comme Scipion Borghese, pour en augmenter leur collection. Sont-ils dupes de son penchant &eacute;rotique pour les jeunes gar&ccedil;ons ? Les querelles interpr&eacute;tatives les plus pointues n&rsquo;emp&ecirc;chent pas quelques uns d&rsquo;&ecirc;tre un peu perspicaces :<br />   <br />     &laquo; <span style="font-style: italic">Ce tableau montre trop cr&ucirc;ment le degr&eacute; de votre intimit&eacute;</span> &raquo; affirme le cardinal Del Monte. Ou encore : &laquo; <span style="font-style: italic">Merisi, tu n'as peint que des gar&ccedil;ons! Prends pour mod&egrave;les des femmes.</span>&raquo; Le Caravage refuse d'&eacute;pouser la servante du cardinal et les femmes qu'il fr&eacute;quente et choisit comme mod&egrave;le sont les prostitu&eacute;es du quartier. &laquo; <span style="font-style: italic">Quelle impi&eacute;t&eacute; ! Je reconnais les mod&egrave;les, ce sont deux cr&eacute;atures de la place Navona</span>&hellip;&raquo; affirme le cur&eacute; de San Agostino. L'enqu&ecirc;te qui prenait une mauvaise tournure est arr&ecirc;t&eacute;e par la nouvelle de la mort de Filippo Neri aussit&ocirc;t vou&eacute; &agrave; la canonisation. Mais le danger vient d'ailleurs : des fr&eacute;quentations des bas-fonds, des imprudences de Mario, le jeune &eacute;ph&egrave;be n'est effet qu'un criminel sicilien en cavale, menac&eacute; par un chef de bande romain. <br />   <br />     Avec le <span style="text-decoration: underline">Livre III</span>, Michelangelo Merisi voit sa fortune grandir. Il choisit de s'appeler Caravaggio. Il est &eacute;tabli avec Mario dans la maison de la ruelle du &quot;Divino Amore&quot; pr&ecirc;t&eacute;e par le cardinal del Monte. Le Caravage est amen&eacute; &agrave; d&eacute;couvrir le Palais Farn&egrave;se o&ugrave; Annibale Carracci multiplie les nus, tandis que Cl&eacute;ment VIII voudrait cacher toutes ces nudit&eacute;s, plus masculines que f&eacute;minines, aux p&egrave;lerins venus &agrave; Rome pour l'ann&eacute;e sainte. Le pape fait place nette et Giordano Bruno meurt sur le b&ucirc;cher dans la Ville &Eacute;ternelle. <br />   <br />     Pendant ce temps, le Caravage multiplie les tableaux religieux : <span style="font-style: italic">Judith et Holopherne</span>, la <span style="font-style: italic">Vocation de saint Matthieu</span>, la <span style="font-style: italic">D&eacute;position de Croix</span>, le <span style="font-style: italic">martyre de saint Pierre</span>, une <span style="font-style: italic">Madonne &agrave; l&rsquo;enfant J&eacute;sus avec sainte Anne</span>, etc. Il visite Florence. Il est de nouveau atteint par la malaria. Il assiste &agrave; <span style="font-style: italic">Orfeo ed Eurydice</span> de Monteverdi et trouve l&rsquo;op&eacute;ra ennuyeux. Le ron-ron du succ&egrave;s est cass&eacute; par la rencontre avec Gregorio. Celui-ci provoque la jalousie de Mario qui regagne sa Sicile natale et Antonietta sa promise. Le Caravage fait poser Gregorio pour quelques unes de ses toiles les plus c&eacute;l&egrave;bres, comme l&rsquo;<em>Amour victorieux</em>. <br />   <br /> Quand une commande d&rsquo;Acquaviva, le g&eacute;n&eacute;ral des J&eacute;suites, lui &eacute;chappe au profit de Baglione, le Caravage et ses amis voient rouge et multiplent les rixes contre lui et son parti. Le Caravage est plusieurs fois arr&ecirc;t&eacute; et jet&eacute; en prison, et puis, une rixe plus grave se traduit par la mort de Ranuccio Tomassoni, le bandit qui avait viol&eacute; Mario. Le Caravage avait promis de le venger. C&rsquo;est chose faite le 16 mai, jour anniversaire de l&rsquo;&eacute;lection du pape Paul V. Celui-ci, bien qu&rsquo;il ait fait faire son portrait par le Caravage, a d&eacute;cid&eacute; de le condamner &agrave; mort.<br />   <br />     Dans la derni&egrave;re partie (<span style="text-decoration: underline">Livre IV</span>), on suit les errances finales du peintre, ponctu&eacute;es jusqu&rsquo;&agrave; sa mort par la production de nombreux tableaux. Apr&egrave;s un bref refuge au sud du Latium chez un prince Colonna, la renomm&eacute;e le poursuit &agrave; Naples, &agrave; Malte et en Sicile. Le Caravage et Gregorio partent pour Naples chez le prince Carafa dont le cousin rentre de Malte. Une occasion pour Caravage de se d&eacute;barrasser de Gregorio : il est emmen&eacute; &agrave; Malte par Fabrizio devenu g&eacute;n&eacute;ral des gal&egrave;res maltaises. <br />   <br /> Le roman permet de rencontrer d&rsquo;&eacute;tonnantes figures comme le prince Venosa qui est connu pour avoir tu&eacute; sa femme et son amant, mais est rest&eacute; prieur de la chartreuse, ou comme le Grand-Ma&icirc;tre de l&rsquo;Ordre de Malte, un homme qui n&rsquo;aime pas les femmes, cet Alof de Wignacourt qui lui raconte sa guerre contre les Turcs, lui pr&eacute;sente son jeune page et le nomme chevalier de l&rsquo;Ordre. Naturellement Caravage a fait leur portrait. Mais la trag&eacute;die avance : le peintre enl&egrave;ve le mignon et se retrouve en prison. Peu apr&egrave;s, il en est d&eacute;livr&eacute; par le g&eacute;n&eacute;ral des gal&egrave;res en personne (masqu&eacute;, quand m&ecirc;me&hellip;) qui l&rsquo;exp&eacute;die &agrave; Syracuse. Et l&agrave;, devinez qui on retrouve ? Mario, bien s&ucirc;r. Devenu p&egrave;re de famille, il habite un vieux palazzo dans la &quot;giudecca&quot; et sa cave d&eacute;bouche sur les bains juifs datant de plusieurs si&egrave;cles (d&eacute;couverte arch&eacute;ologique r&eacute;cente).<br />   <br /> La traque continue. Mario et Caravage fuient en bateau en direction de Messine. Le temps de peindre une <em>R&eacute;surrection de Lazare</em> puis une <em>Adoration des Bergers </em>c&rsquo;est la fuite vers Palerme. D&rsquo;o&ugrave; un bateau de p&ecirc;che permet de rejoindre &agrave; Naples le 7 octobre, un an jour pour jour apr&egrave;s la fuite de Malte. L&agrave;, Gregorio repara&icirc;t et reprend bri&egrave;vement son r&ocirc;le de mod&egrave;le. Mais les agents de Wignacourt passent &agrave; l'attaque. Caravage est gravement bless&eacute; et transport&eacute; au palais Colonna. Une nouvelle bataille oppose les agents maltais et les domestiques du prince Carafa. <br />   <br /> Une derni&egrave;re fuite est organis&eacute;e : le Caravage, Gregorio et Mario se retrouvent le <font color="#990033">15 juillet 1610 en Toscane, &agrave; Porto Ercole</font> (Feniglia). Les notices biographiques nous disent que la malaria emporte Caravage. Le romancier, lui, parach&egrave;ve son &oelig;uvre inspir&eacute;e : une rixe oppose les amants du peintre. Les bras en croix, l&rsquo;artiste est poignard&eacute; par Mario tandis que les Maltais envoy&eacute;s par le Grand Ma&icirc;tre et les &eacute;missaires de Scipione Borghese vont capturer Gregorio. Et la chute : &laquo;<span style="font-style: italic"> La passion du Christ aurait-elle &eacute;t&eacute; compl&egrave;te sans les quolibets des soldats ?</span>&raquo;  </font></font></font></font></font></p><font size="2"><font size="2"><font size="2">     <font size="3" face="trebuchet ms,geneva"><font size="3" face="trebuchet ms,geneva">   </font>   </font>     </font></font></font><div align="center"><font size="2"><font size="2"><font size="2"><font size="3" face="trebuchet ms,geneva"><font size="3" face="trebuchet ms,geneva">********</font><font size="3" face="trebuchet ms,geneva"><br />   </font></font></font></font></font></div><font size="2"><font size="2"><font size="2">     <font size="3" face="trebuchet ms,geneva">   <font size="3" face="trebuchet ms,geneva">       </font></font><br />     <font size="3" face="trebuchet ms,geneva"><font size="3" face="trebuchet ms,geneva">   </font><font size="3" face="trebuchet ms,geneva"> Voil&agrave; un roman jubilatoire. D'autant plus que, comme le Caravage n&rsquo;a laiss&eacute; aucun texte, aucun essai th&eacute;orique, c&rsquo;est par petites touches diss&eacute;min&eacute;es dans son roman que Dominique Fernandez nous enseigne la mani&egrave;re du peintre, et donc nous d&eacute;voile le caravagisme. </font></font><br />     <font size="3" face="trebuchet ms,geneva"><font size="3" face="trebuchet ms,geneva">   </font></font><br />     <font size="3" face="trebuchet ms,geneva"><font size="3" face="trebuchet ms,geneva">   </font></font><br />     <font size="3" face="trebuchet ms,geneva"><font size="3" face="trebuchet ms,geneva">   </font><font size="3" face="trebuchet ms,geneva">Pour profiter des descriptions des tableaux, le lecteur a tout int&eacute;r&ecirc;t &agrave; se munir d&rsquo;un bon ouvrage d&rsquo;art consacr&eacute; aux peintures du Caravage, ou &agrave; une galerie en ligne [<a href="http://gallery.euroweb.hu/html/c/caravagg/01/index.html"> Galerie </a>&gt;].</font></font><br />     <font size="3" face="trebuchet ms,geneva">   </font></font></font></font></blockquote><font size="2"><font size="2"><font size="2"> </font></font></font><p><font size="2"><font size="2"><font size="2"><font size="3" face="trebuchet ms,geneva"><font size="2"><font size="2"><br /></font></font></font></font></font></font></p><font size="2"><font size="2"><font size="2"><font size="3" face="trebuchet ms,geneva"> <font size="2">   </font></font></font></font></font><hr width="100%" size="2" /><font size="2"><font size="2"><font size="2"><font size="3" face="trebuchet ms,geneva"><font size="2">   </font></font></font></font></font><p><font size="2"><font size="2"><font size="2"><font size="3" face="trebuchet ms,geneva"><font size="2"> </font></font></font></font></font></p><font size="2"><font size="2"><font size="2"><font size="3" face="trebuchet ms,geneva"><font size="2"> </font></font></font></font></font></blockquote><font size="2"><font size="2"><font size="2"><font size="3" face="trebuchet ms,geneva"><font size="2"> </font></font></font></font></font></div><p class="ta_img"><img border=0 src="http://www.blogg.org/afficher_image.php?id=428337&amp;img_x="></p>]]></description>
<category>LES PEINTRES ITALIENS</category>
<pubDate>Mon, 19 Jun 2006 15:51:53 +0000</pubDate>
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<title>Anselm KIEFER</title>
<link>http://www.blogg.org/blog-36699-billet-307103.html</link>
<description><![CDATA[<div align="center"><br /></div><br /><br /> <br /><br /><br /><blockquote>   <div align="justify"><font color="#660066" size="3"><font face="georgia,palatino">Anselm Kiefer (avec un seul "f" s.v.p.) est né en 1945 à Donaueschingen, dans le sud de l'Allemagne, au c&#339;ur de la Forêt Noire. Avant d'entamer une carrière artistique, il a étudié la linguistique, la littérature, le droit. Il a étudié les Beaux-Arts à Karlsruhe puis à Düsseldorf, devenant le disciple de Joseph Beuys.</font></font><font color="#660066"><br />   </font><font color="#660066" size="3"><font face="georgia,palatino">Depuis 1992, il vit et travaille généralement dans le sud de la France.</font></font><font color="#660066"><br />   <br />   </font><font color="#660066" size="3"><font face="georgia,palatino">Les tableaux de Kiefer sont passés par plusieurs périodes. En simplifiant, on a vu d'abord des sortes de vieux greniers avec des dominantes de bois brun un peu tristes. Ensuite, une réflexion sur la chute du IIIème Reich: il me semble que c'est ce qui est encore le plus reproduit, avec des voies ferrées au milieu des broussailles (on pense au chemin vers Auschwitz); des tableaux nostalgiques, beaucoup de gris, et déjà des "collages" de matériaux divers (on souhaite bien du plaisir aux conservateurs des musées...).</font></font><font color="#660066"><br />   <br />   <br />   </font><font color="#660066" size="3"><font face="georgia,palatino">Plus qu'un peintre au sens "classique" c'est un plasticien qui a innové de 36 façons, notamment en sculptant des avions déglingués qui m'évoquent plus la chute de l'empire soviétique que les Messerschmitt de la 2ème guerre mondiale comme je l'ai lu je ne sais où. J'ai découvert le travail de Kiefer il y a quelques années au musée de la gare de Hambourg à BERLIN. (Récemment à l'expo Mélancolie du Grand Palais on a vu un de ces avions...)</font></font><font color="#660066"><br />   <br />   </font><font color="#660066" size="3"><font face="georgia,palatino">Kiefer a aussi eu une inspiration tirée de la brique. Avec des murs qu'on dirait échappés d'un site de fouilles en Mésopotamie. Usure du temps.</font></font><font color="#660066"><br />   <br />   </font><font color="#660066" size="3"><font face="georgia,palatino">Et puis des sortes de bibliothèques de volumes en plomb. Archives qui semblent sortir d'un passé pré-nucléaire. Poussières encore.</font></font><br />   </div> </blockquote><br /><br /><br /><br /> <font color="#660066" size="3"> </font><div align="center"><font color="#660066" size="3">Le dernier livre : Andrea LAUTERWEIN</font></div><div align="center"><font color="#660066" size="3">Anselm Kieffer et la poésie de Paul Celan </font></div><div align="center"><font color="#660066" size="3"><font size="2">Éditions Regard, 2006</font><br /></font></div><div align="center">&nbsp;</div><div align="center">&nbsp;&nbsp;</div><p class="ta_img"><img border=0 src="http://www.blogg.org/afficher_image.php?id=419807&amp;img_x="></p>]]></description>
<category>LES PEINTRES ALLEMANDS</category>
<pubDate>Mon, 13 Mar 2006 07:54:38 +0000</pubDate>
<guid>http://www.blogg.org/blog-36699-billet-307103.html</guid>
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<title>PERUGINO</title>
<link>http://www.blogg.org/blog-36699-billet-287047.html</link>
<description><![CDATA[<br /><br /><br /><h1 style="font-weight: normal"><br /></h1><h1 style="font-weight: normal"><font size="4" face="georgia,palatino"><strong><em>The Lamentation Over the Dead Christ. </em></strong>1495.</font></h1><h1 style="font-weight: normal"><font size="4" face="georgia,palatino">Oil on wood. Palazzo Pitti, Florence</font></h1><h1 style="font-weight: normal"><font face="georgia,palatino"><br /> </font><font size="5" face="georgia,palatino">PERUGINO  (1448-1523)</font></h1><hr /><h1 style="font-weight: normal"><br /></h1><h1 style="font-weight: normal"><font size="2">&laquo; <span style="font-style: italic">Perugino [...] &egrave; il meglio mastro d'Italia</span> &raquo;, &eacute;crit en 1500 Agostino Chigi, et il ne fait qu'exprimer une opinion r&eacute;pandue parmi les contemporains : c'est Pietro Vannucci, dit il Perugino, que le jeune Rapha&euml;l a choisi pour ma&icirc;tre ; le pape, Ludovic le More, Isabelle Gonzaga font appel &agrave; lui ; il est si surcharg&eacute; de travail qu'il a deux ateliers (botteghe), l'un &agrave; P&eacute;rouse, l'autre &agrave; Florence, et ses compatriotes se disputent la gloire de poss&eacute;der ses &oelig;uvres. Mais c'est lui aussi que Michel-Ange juge avec s&eacute;v&eacute;rit&eacute; et que Vasari critique sans indulgence. Sa mollesse et sa facilit&eacute; lui seront maintes fois reproch&eacute;es, et il deviendra le symbole d'une certaine fadeur de la sensibilit&eacute; religieuse. Homme du Quattrocento finissant, il n'en a pas saisi ou n'a pas voulu en saisir toutes les audaces et s'est content&eacute; d'&ecirc;tre &laquo;<span style="font-style: italic"> le plus traditionnel des peintres modernes</span> &raquo;, comme le dit L. Venturi, qui ajoute imm&eacute;diatement, il est vrai, &laquo; le plus moderne des peintres traditionnels &raquo;.</font></h1><h1 style="font-weight: normal"><font size="2"><span style="font-weight: bold"> 1. Peintre ombrien ou peintre de l'Ombrie ?</span> </font></h1><h1 style="font-weight: normal"><font size="2">P&eacute;rugin est n&eacute; en Ombrie &agrave; Citt&agrave; della Pieve. P&eacute;rouse, la capitale, lui donne le surnom sous lequel il est connu. C'est l&agrave; qu'il a son premier atelier ; il peint pour les nobles et les marchands de la ville, pour les moines de Saint-Pierre et ceux de Saint-Augustin ; les magistrats le chargent de la d&eacute;coration du Collegio del cambio ; les derni&egrave;res ann&eacute;es de sa vie s'&eacute;coulent dans sa petite patrie. Les noms des villes ombriennes jalonnent son existence : &agrave; Corciano, il repr&eacute;sente l'Assomption, et &agrave; Panicale le martyre de saint S&eacute;bastien ; il travaille &agrave; Trevi (Santa Maria delle Lacrime), &agrave; Spello (Santa Maria Maggiore), &agrave; Fontignano et &agrave; Montefalco.</font></h1><h1 style="font-weight: normal"><font size="2">L'Ombrie n'est cependant pas seulement le lieu de son activit&eacute; ; elle est plus encore sa peinture m&ecirc;me. Les paysages de P&eacute;rugin, avec leurs &laquo; ciels d'or luisants &raquo; sur lesquels se d&eacute;tachent des personnages doucement extasi&eacute;s, ont form&eacute; pour toujours l'image d'une Ombrie de convention qui s'identifie au peintre qui porte le nom de sa capitale.</font></h1><h1 style="font-weight: normal"><font size="2">Mais les campagnes de Giotto, plant&eacute;es de petits cypr&egrave;s durs et d'oliviers l&eacute;gers, les villes de Benedetto Bonfigli, avec leurs palais carr&eacute;s et &laquo;<span style="font-style: italic">l'entassement des cubes et des tours</span>&raquo;, ne sont-elles pas plus proches de la r&eacute;alit&eacute; que les rochers bleut&eacute;s, les saules dor&eacute;s et les eaux courantes --plus r&ecirc;v&eacute;s que v&eacute;cus-- de P&eacute;rugin ? La v&eacute;rit&eacute; de la douce Ombrie, c'est aussi l'architecture aust&egrave;re de Spol&egrave;te et de Gubbio, les cit&eacute;s d&eacute;chir&eacute;es par les factions rivales, la le&ccedil;on exigeante d'un saint Fran&ccedil;ois d'Assise. L'Ombrie serait-elle prisonni&egrave;re de P&eacute;rugin et le peintre ne souffrirait-il pas d'&ecirc;tre enferm&eacute; dans les &eacute;troites fronti&egrave;res d'une province ?</font></h1><h1 style="font-weight: bold"><font size="2"> 2. Le plus moderne des peintres traditionnels</font></h1><h1 style="font-weight: normal"><font size="2">La formation de P&eacute;rugin est d'ailleurs florentine : c'est &agrave; Florence qu'il apprend son art (le Libro rosso de la compagnie de saint Luc de cette ville le mentionne parmi ses inscrits en 1472), Verrocchio et Piero della Francesca sont ses ma&icirc;tres. Fait paradoxal, ce sont les premi&egrave;res &oelig;uvres de P&eacute;rugin qui &eacute;chappent au sch&eacute;ma traditionnel. En 1473, la s&eacute;rie des Miracles de saint Bernardin (Galerie nationale de P&eacute;rouse), m&ecirc;me si elle est le r&eacute;sultat d'une collaboration avec Fiorenzo di Lorenzo et si sa conception est due &agrave; un inconnu, fervent d'Alberti et de Laurana, dessine de petits personnages pleins de gr&acirc;ce qui, tels des danseurs, sur des pavements g&eacute;om&eacute;triques color&eacute;s, animent des architectures de brique et de marbre. Ce trait aigu de ses ma&icirc;tres toscans, cette utilisation de l'espace, cette transposition picturale des probl&egrave;mes architecturaux se retrouvent &agrave; la Sixtine o&ugrave; le peintre, en 1481, repr&eacute;sente La Remise des clefs &agrave; saint Pierre sur une grande place claire o&ugrave; se dressent des arcs de triomphe antiques et un &eacute;difice &agrave; plan octogonal surmont&eacute; d'une coupole.</font></h1><h1 style="font-weight: normal"><font size="2">Homme de la Renaissance, l'Antiquit&eacute; lui est en effet famili&egrave;re. Lorsque, de 1496 &agrave; 1507, il peint la d&eacute;coration du Collegio del cambio, cette sorte de Bourse qui organisait la pr&eacute;voyance, la bienfaisance et la justice &agrave; P&eacute;rouse, il se conforme au programme trac&eacute; par l'humaniste Francesco Maturanzio et confronte la civilisation pa&iuml;enne symbolis&eacute;e par les sages, les dieux et les vertus au nouveau monde chr&eacute;tien (naissance du Christ, Transfiguration, l'&Eacute;ternel au milieu des anges). Mais l'opposition n'a rien de dramatique : Socrate, Pythagore, Camille sont align&eacute;s comme &agrave; la parade ; sybilles et proph&egrave;tes scrutent l'avenir sans angoisse. Et l'auteur &mdash;qui a fait ici son autoportrait&mdash; contemple, avec l'&eacute;quilibre du bon bourgeois, le triomphe de la religion dans le temple de l'argent.</font></h1><h1 style="font-weight: bold"><font size="2"> 3. Le plus traditionnel des peintres modernes</font></h1><h1 style="font-weight: normal"><font size="2">Cette absence de tension dramatique, d'&eacute;motion vraie indique la limite de P&eacute;rugin. Ce n'est pas un hasard s'il s'exprime de fa&ccedil;on privil&eacute;gi&eacute;e &agrave; travers les retables. Les montages artificiels de ces grandes machines (le retable de Saint-Pierre de P&eacute;rouse ne comportait pas moins de seize &eacute;l&eacute;ments malheureusement dispers&eacute;s) &eacute;vitent la complexit&eacute; d'une composition ; les colonnades rythment la narration et les personnages sont autant de coryph&eacute;es, de spectateurs et de non-acteurs. Quelle que soit l'aust&eacute;rit&eacute; du sujet, profane (Lutte d'Apollon et de Marsyas, mus&eacute;e du Louvre, &agrave; Paris) ou sacr&eacute;, les gestes sont mesur&eacute;s, les visages lisses. &Agrave; partir de 1505, les formes s'assouplissent encore, la douceur devient mollesse ; le peintre fait de plus en plus appel &agrave; ses &eacute;l&egrave;ves (d'o&ugrave; les difficult&eacute;s d'attribution, si fr&eacute;quentes). Puisque cette forme d'art pla&icirc;t au public, il &laquo;<span style="font-style: italic">fait du P&eacute;rugin</span>&raquo;. Jusqu'&agrave; sa mort, il multipliera les madones &eacute;l&eacute;gantes et les anges m&eacute;lancoliques, &laquo;<span style="font-style: italic"> travaillant dans la religion pour s'enrichir</span> &raquo;, comme le dit sans nuance &Eacute;lie Faure, reprenant apr&egrave;s tant d'autres les critiques de Vasari. On en vient rapidement &agrave; faire de Pietro Vannucci un cynique ath&eacute;e. Certes, il ne faut pas oublier d'authentiques chefs-d'&oelig;uvre, comme la s&eacute;rie des tableaux de Florence (Piet&agrave; du palais Pitti, Crucifixion de Santa Maria Maddalena dei Pazzi, Derni&egrave;re C&egrave;ne dite du C&eacute;nacle de Foligno), tous ex&eacute;cut&eacute;s d'ailleurs vers 1495, o&ugrave; la luminosit&eacute; des fonds agrandit le tableau &agrave; l'infini. Mais il faut constater, si l'on compare, par exemple, son Mariage de la Vierge du mus&eacute;e de Caen avec le m&ecirc;me sujet trait&eacute; par son disciple Rapha&euml;l, que l'&oelig;uvre de P&eacute;rugin n'est parfois que virtuosit&eacute; formelle et color&eacute;e.</font></h1><h1 style="font-weight: normal"><font size="2">Apr&egrave;s l'engouement des contemporains, c'est le silence du XVIIe et du XVIIIe si&egrave;cle (en Italie, presque aucun voyageur &eacute;tranger ne passe par P&eacute;rouse et ne mentionne le nom du peintre). Il est red&eacute;couvert au XIXe si&egrave;cle, avec les primitifs ; mais les modernes ont tendance &agrave; le juger s&eacute;v&egrave;rement en fonction du d&eacute;veloppement artistique ult&eacute;rieur. La peinture de P&eacute;rugin, tir&eacute;e en effet jusqu'&agrave; ses ultimes cons&eacute;quences, cautionne la religiosit&eacute; facile de l'art &laquo;Saint-Sulpice&raquo;. </font></h1><h1 style="font-weight: normal"><font size="2">&copy; Encyclopedia Universalis.</font></h1><p class="ta_img"><img border=0 src="http://www.blogg.org/afficher_image.php?id=306764&amp;img_x="></p>]]></description>
<category>LES PEINTRES ITALIENS</category>
<pubDate>Mon, 06 Feb 2006 06:56:53 +0000</pubDate>
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<title>MASACCIO</title>
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<description><![CDATA[<font size="2">Chapelle Brancacci - Florence<font size="6" face="georgia,palatino"><br /> </font></font><hr /><font size="6" face="georgia,palatino"><br /></font><h1 align="center" style="font-weight: bold"><font size="4" face="georgia,palatino">MASACCIO </font></h1><p><font size="4" face="georgia,palatino">1401-1429 environ</font></p><p><font size="2"><br /></font></p> <blockquote>   <p><font size="2">Auteur d'un petit nombre d'&oelig;uvres, Masaccio repr&eacute;sente dans la peinture ce bref moment de l'histoire de Florence au cours duquel, apr&egrave;s la terrible crise de 1348 et la lente reprise de la seconde moiti&eacute; du si&egrave;cle, la ville est en train de devenir la capitale d'un &Eacute;tat r&eacute;gional. Avec la conqu&ecirc;te de Pise (1406), Florence r&eacute;alise une aspiration s&eacute;culaire et peut se donner l'illusion, pour la derni&egrave;re fois, qu'elle constitue de nouveau, comme &agrave; la fin du XIIIe si&egrave;cle, le centre de d&eacute;cision de l'histoire. C'est alors qu'on assista &agrave; une surprenante reprise de cette confiance en la raison qui avait d&eacute;j&agrave; &eacute;t&eacute; au fondement de la r&eacute;volution de Giotto. La mort pr&eacute;matur&eacute;e du jeune artiste fit co&iuml;ncider presque exactement son destin avec ce moment particulier de l'histoire florentine. Elle lui permit de ne pas conna&icirc;tre les d&eacute;sillusions et les crises que les temps nouveaux et moins heureux r&eacute;serveront, par exemple, &agrave; son protecteur et ma&icirc;tre, Donatello.</font></p>   <h2 align="justify"><font size="2"> 1. Florence, l'humanisme et les &laquo; hommes nouveaux &raquo;</font></h2>   <p><font size="2">Tommaso di Ser Giovanni di Mone Cassai, dit Masaccio, est n&eacute; &agrave; Castel San Giovanni in Altura (aujourd'hui San Giovanni Valdarno, pr&egrave;s de Florence). Il est mort &agrave; Rome &agrave; une date qui est certainement ant&eacute;rieure de peu &agrave; novembre 1429. Il est le c&eacute;l&egrave;bre auteur d'une partie des fresques de la chapelle du cardinal Brancacci dans l'&eacute;glise de Santa Maria del Carmine &agrave; Florence , qui sont consid&eacute;r&eacute;es comme une des &oelig;uvres essentielles de l'histoire du naturalisme moderne en peinture (ces fresques ont &eacute;t&eacute; l'objet d'une remarquable restauration en 1990). Il est le seul peintre que cite Leon Battista Alberti, dans la d&eacute;dicace de son Trait&eacute; de la peinture (1436), parmi les grands novateurs de la Renaissance, avec l'architecte Filippo Brunelleschi et les trois sculpteurs Donatello, Lorenzo Ghiberti et Luca Della Robbia , artistes dont le g&eacute;nie est tel qu'on ne peut &laquo; les faire passer apr&egrave;s aucun artiste aussi ancien et fameux qu'il soit dans ces diff&eacute;rents arts &raquo;.</font></p>   <p><font size="2">Des initiateurs de la Renaissance, on peut parler, en effet &ndash; et c'est peut-&ecirc;tre pour la premi&egrave;re fois dans l'histoire de l'art &ndash;, comme d'un groupe homog&egrave;ne qui forme un mouvement dont les membres sont unis par des liens tr&egrave;s diff&eacute;rents de ceux qui r&eacute;gnaient dans l'atelier artisanal. En outre, ce groupe &eacute;labore et adopte une nouvelle id&eacute;ologie qui lui permet de justifier et de d&eacute;fendre sa propre diversit&eacute;.</font></p>   <p><font size="2">On peut m&ecirc;me reconna&icirc;tre dans le caract&egrave;re &laquo; intellectuel &raquo; du groupe un signe indirect, mais clair, du d&eacute;sir de ces novateurs de marquer la distance qui les s&eacute;pare des anciennes pratiques, ainsi que d'affirmer le nouveau statut, plus ind&eacute;pendant, de l'artiste dans la soci&eacute;t&eacute;. La preuve en est dans l'int&eacute;r&ecirc;t de Brunelleschi pour les exp&eacute;riences scientifiques, dans celui de Donatello pour la &laquo; philosophie &raquo;, et dans le style de vie &laquo; distrait &raquo; et &laquo; fantaisiste &raquo; qui a valu &agrave; Maso di Ser Giovanni le surnom p&eacute;joratif de Masaccio.</font></p>   <p><font size="2">&Agrave; cause de la citation d'Alberti on a consid&eacute;r&eacute; les novateurs du groupe de Brunelleschi comme &eacute;quivalents, dans les arts figuratifs, aux humanistes. Mais cela est loin d'&ecirc;tre d&eacute;montr&eacute;. Les recherches de Tanturli semblent plut&ocirc;t indiquer les liens de Brunelleschi avec la tradition litt&eacute;raire &laquo; volgare &raquo; et une sympathie des milieux humanistes (&agrave; partir de Leonardo Bruni) pour son rival &laquo; gothique tardif &raquo; Lorenzo Ghiberti. D'ailleurs &agrave; cette &eacute;poque, l'humanisme ne joue pas encore le r&ocirc;le de d&eacute;guisement id&eacute;ologique et rh&eacute;torique qui a pour fonction de cacher la d&eacute;cadence effective de la cit&eacute; italienne dans le domaine &eacute;conomique et politique. La d&eacute;couverte de l'antique s'est faite &agrave; Florence avec un esprit d'initiative proprement capitaliste et avec un r&eacute;alisme tout &agrave; fait bourgeois. L'art des Romains aide &agrave; retrouver le vrai et &agrave; rompre avec les habitudes stylistiques de l'art gothique. Le style &laquo; h&eacute;ro&iuml;que &raquo;, truff&eacute; de citations classiques, va de pair, en un certain sens, avec l'adoption du latin par les humanistes. Vers le milieu du si&egrave;cle, dans les fresques des Hommes illustres peintes par Andrea del Castagno, ce style aura d&eacute;j&agrave; des r&eacute;sonances fausses et ostentatoires. Mais, chez Brunelleschi, chez le jeune Donatello, chez Masaccio, ce style est encore parfaitement sinc&egrave;re parce que r&eacute;aliste ; il convient, en effet, &agrave; l'opinion que la classe dirigeante de Florence pouvait encore avoir l&eacute;gitimement d'elle-m&ecirc;me.</font></p>   <h2 align="justify"><font size="2"> 2. Le n&eacute;o-giottisme et la tradition gothique </font></h2>   <p><font size="2">En ce sens, le n&eacute;o-giottisme de Masaccio se distingue nettement des emprunts que beaucoup de ses contemporains font &agrave; des motifs du d&eacute;but du XIVe si&egrave;cle : depuis le Maestro del Bambino Vispo jusqu'&agrave; Giovanni Toscani, depuis le Maestro della Madonna Straus jusqu'&agrave; Paolo Schiavo. Cette tendance &agrave; un retour aux sources et &agrave; un historicisme pr&eacute;coce est certainement commune &agrave; toute la culture florentine. Elle plonge ses racines dans les faits &eacute;conomiques auxquels on faisait allusion plus haut. Mais les variations sur le clair-obscur, sch&eacute;matiques et acad&eacute;miques, d'un Niccol&ograve; Gerini sont une chose ; les &eacute;vocations nostalgiques et pr&eacute;cieuses des artistes qu'on vient de nommer en sont une autre ; et c'est encore tout autre chose que la nouvelle interpr&eacute;tation que Masaccio propose de cet &acirc;ge d'or de l'histoire florentine : il s'agit cette fois d'un retour &agrave; ce que Masaccio consid&egrave;re comme le &laquo; vrai &raquo; Giotto, dont la peinture est r&eacute;duite &agrave; son essence plastique, &laquo; pure et sans ornement &raquo;, ce que le Giotto de l'histoire ne r&eacute;alisa jamais (sinon, peut-&ecirc;tre, dans la chapelle Peruzzi). Dans le cadre de la perspective de Brunelleschi, les indications spatiales de Giotto retrouvent leur valeur d'organisation rationnelle de la r&eacute;alit&eacute;. Le sens du relief plastique, qui avait d&eacute;j&agrave; oppos&eacute; Giotto aux peintres de la g&eacute;n&eacute;ration pr&eacute;c&eacute;dente, prend des dimensions h&eacute;ro&iuml;ques gr&acirc;ce &agrave; l'adoption syst&eacute;matique des ombres port&eacute;es.</font></p>   <p><font size="2">Ce lien avec la peinture de Giotto n'est qu'un des aspects de l'importance que la tradition de la peinture m&eacute;di&eacute;vale eut pour Masaccio. Cette importance fut proportionnellement plus grande que celle que put avoir, respectivement, pour Brunelleschi et pour Donatello, la tradition de l'architecture et de la sculpture. La tradition gothique fut bris&eacute;e par les plus anciens novateurs, gr&acirc;ce &agrave; l'exemple qu'ils trouv&egrave;rent dans maints t&eacute;moignages de la sculpture et de l'architecture classiques. Ce ne fut pas le cas pour Masaccio. Les &oelig;uvres d'art qui lui permettaient d'imaginer l'aspect des h&eacute;ros de l'Antiquit&eacute; &eacute;taient en effet des sculptures. Ces mod&egrave;les, pour lui qui &eacute;tait peintre, appartenaient encore &agrave; la r&eacute;alit&eacute; mais non &agrave; l'art (bien que cette r&eacute;alit&eacute; f&ucirc;t de marbre et non de chair et d'os). Le probl&egrave;me du langage restait enti&egrave;rement &agrave; r&eacute;soudre pour lui, et ne pouvait l'&ecirc;tre que dans les termes de la langue vernaculaire gothique et moderne. C'est pourquoi la fa&ccedil;on dont il se distingue de la tradition est beaucoup plus subtile. C'est pourquoi aussi son rapport avec le gothique tardif contemporain est beaucoup plus complexe. Masaccio ne put certainement pas rester indiff&eacute;rent &agrave; la peinture dense et emp&acirc;t&eacute;e, d'un effet plastique certain, mais ne faisant gu&egrave;re appel au dessin, du giottisme &laquo; frondeur &raquo; qui va de Maso &agrave; Stefano, de Giusto de' Menabuoi &agrave; Giovanni da Milano et &agrave; Giottino. C'est de cette tradition aussi que se r&eacute;clament, &agrave; leur fa&ccedil;on, des contemporains, tels que Gentile da Fabriano , Arcangelo di Cola da Camerino et Masolino da Panicale (1383-1440), le ma&icirc;tre qu'une longue tradition historiographique assigne &agrave; Masaccio. Mais celui que la critique la plus r&eacute;cente semble pr&eacute;f&eacute;rer, son compatriote Mariotto di Cristofano, est un homme de culture encore plus traditionnelle, s'il est possible. Le clair-obscur sans hachures, peint et non dessin&eacute;, les figures &laquo; seulement illumin&eacute;es avec des ombres sans contours &raquo; dont parle Lomazzo ont leurs sources les plus directes, en tant que technique picturale, non pas chez les &eacute;pigones de la tradition giottesque florentine, mais dans les &oelig;uvres du plus c&eacute;l&egrave;bre peintre contemporain, Gentile da Fabriano (env. 1370-1427). Roberto Longhi a bien montr&eacute;, &agrave; propos de La Madone du Palazzo Vecchio et du Polyptique de Pise (1426) comment les outils linguistiques traditionnels ont chang&eacute; de fonction, et donc de sens, &agrave; l'int&eacute;rieur du discours de Masaccio : le fond d'or qui fait fonction de paysage, comme un ciel incendi&eacute; de soleil ; les aur&eacute;oles mises en perspective ; la bordure dor&eacute;e du manteau qui permet de d&eacute;tacher la masse plastique du fond ; le clair-obscur qui n'est plus discret et enveloppant mais qui met en contraste l'ombre et la lumi&egrave;re, qui est abrupt et cr&eacute;e le relief ; la ligne de contour, nettement marqu&eacute;e, qui ne fait pas ornement ni broderie, mais d&eacute;finit et d&eacute;limite les formes dans l'espace.</font></p>   <h2 align="justify"><font size="2"> 3. Masaccio et les peintres contemporains</font></h2>   <p><font size="2">Quel que soit l'artiste qui ait enseign&eacute; &agrave; Masaccio &agrave; emp&acirc;ter les couleurs, il faut bien garder pr&eacute;sent &agrave; l'esprit qu'il fut d&egrave;s le d&eacute;but l'enfant ch&eacute;ri du groupe des novateurs qui se r&eacute;unissait autour de Brunelleschi. Il faut se rappeler les dates des premi&egrave;res &oelig;uvres &laquo; renaissantes &raquo; de Brunelleschi et de Donatello pour comprendre comment, vers 1420, &agrave; l'&acirc;ge de dix-neuf ans, Masaccio &eacute;tait un artiste enti&egrave;rement form&eacute; et qu'il pouvait non seulement avoir son propre atelier, mais influencer d'autres jeunes peintres : le &laquo; Maestro del 1419 &raquo;, Giovanni Toscani, Fra Giovanni da Fiesole, Andrea di Giusto, Francesco d'Antonio, Paolo Schiavo. En 1422, Masaccio avait d&eacute;j&agrave; peint &agrave; fresque la grande sc&egrave;ne de La Cons&eacute;cration de l'&eacute;glise du Carmine (dite Sagra del Carmine) dans un style qui, comme l'attestent les documents, devait &ecirc;tre tout &agrave; fait moderne par le choix du sujet et par l'emploi de la perspective. La m&ecirc;me ann&eacute;e fut peint aussi le triptyque de l'&eacute;glise de San Giovenale &agrave; Cascia (Reggello) que, dans l'enthousiasme de la d&eacute;couverte, on consid&eacute;ra d'abord comme une &oelig;uvre de jeunesse de Masaccio lui-m&ecirc;me (L. Berti). Mais, plus tard, on l'attribua plus justement &agrave; son jeune fr&egrave;re Giovanni, dit le Scheggia (F. Bologna), qui est probablement le m&ecirc;me peintre que le Maestro del Cassone degli Adimari (L. Bellosi). On a l&agrave; un t&eacute;moignage indirect, mais tr&egrave;s pr&eacute;cieux, de l'accomplissement d&eacute;j&agrave; tout personnel qu'avait atteint &agrave; cette date le style du jeune artiste. En se fondant sur cette hypoth&egrave;se d'un Masaccio d&eacute;j&agrave; enti&egrave;rement form&eacute; et donc reconnaissable d&egrave;s avant sa rencontre avec Masolino, Roberto Longhi a pu, avec une exactitude parfaite, distinguer rigoureusement la part qu'ont prise les deux artistes dans des &oelig;uvres comme Sainte Anne, la Vierge avec l'Enfant et des anges et les fresques de la chapelle Brancacci.</font></p>   <h2 align="justify"><font size="2"><span style="font-weight: bold"> 4. Masaccio et Masolino</span></font></h2>   <p><font size="2">Masaccio put pr&eacute;cocement &eacute;chapper au syst&egrave;me humiliant de l'atelier pour s'installer &agrave; son compte. Cela entra&icirc;na pour lui des difficult&eacute;s financi&egrave;res, attest&eacute;es par les documents. Ce n'est pas l&agrave; un fait secondaire si l'on veut comprendre la conception nouvelle, individualiste, que Masaccio, en homme de la Renaissance, se fit de son m&eacute;tier d'artiste. Le nouveau statut social du groupe des novateurs implique la recherche de nouvelles formes d'organisation du travail et celle de nouveaux d&eacute;bouch&eacute;s sur le march&eacute; de la peinture. On sait par les documents historiques que Donatello, l'ami et le protecteur de Masaccio, choisit quant &agrave; lui les formes juridiques de la &laquo; compagnie &raquo;. Dans la &laquo; compagnie &raquo;, deux artistes ind&eacute;pendants se lient pour un temps d&eacute;termin&eacute; afin d'obtenir plus de commandes et contr&ocirc;ler plus facilement une grande partie du march&eacute;. Ce rapport de compl&eacute;mentarit&eacute; &eacute;conomique &eacute;largit &eacute;norm&eacute;ment l'horizon du vieil atelier. Dans la &laquo; compagnie &raquo;, les personnalit&eacute;s ne tendent pas &agrave; se fondre. Mais les deux artistes collaborent selon des m&eacute;thodes rationnelles de r&eacute;partition du travail. Donatello, bien qu'il soit le meneur de jeu, n'arrivera jamais &agrave; faire de Michelozzo son alter ego, pas m&ecirc;me d'un point de vue purement artistique. On ne conna&icirc;t pas aujourd'hui, par insuffisance de documents historiques, quel type de rapports &eacute;conomiques Masolino et Masaccio d&eacute;cid&egrave;rent d'instaurer entre eux, en cette m&ecirc;me ann&eacute;e 1425 qui a vu na&icirc;tre la &laquo; compagnie &raquo; de Donatello et de Michelozzo. Cependant, tout laisse croire que les deux peintres furent, en droit et en fait, sur un pied d'&eacute;galit&eacute; absolue. Il n'est pas douteux que l'&laquo; &eacute;tourdi &raquo; Masolino n'a jamais &eacute;t&eacute; capable de comprendre et de s'approprier les innovations de son jeune compatriote. Mais il faut aussi se demander jusqu'&agrave; quel point il a vraiment voulu le faire, et s'il a vraiment cherch&eacute; &agrave; d&eacute;passer un accord stylistique capable de donner &agrave; l'&oelig;uvre une coh&eacute;rence suffisante pour que les commanditaires ne voient pas la diff&eacute;rence de main. Il est vrai qu'en ce qui concerne les fresques de la chapelle Brancacci la pr&eacute;sence des deux mains sur le m&ecirc;me morceau de fresque (au centre de la sc&egrave;ne qui comprend La R&eacute;surrection de Tabita) montre que, au moins &agrave; un certain moment, les deux artistes travaill&egrave;rent c&ocirc;te &agrave; c&ocirc;te. Mais cela ne fut certainement pas le cas pendant toute la dur&eacute;e des travaux que Masolino commen&ccedil;a probablement seul en 1424 et qui furent continu&eacute;s en 1425-1427 par le seul Masaccio. Il en fut de m&ecirc;me pour les autres &oelig;uvres o&ugrave; les deux artistes collabor&egrave;rent : Sainte Anne, la Vierge avec l'Enfant et des anges (1424-1425, mus&eacute;e des Offices, Florence) ; les fresques de la chapelle Branda (1425-1431, Saint-Cl&eacute;ment, Rome) ; enfin, le triptyque &agrave; deux faces qui se trouvait autrefois &agrave; Sainte-Marie-Majeure &agrave; Rome (1425-1431 ; la partie centrale avec La Fondation de Sainte-Marie-Majeure et L'Assomption est actuellement au mus&eacute;e Capodimonte de Naples ; le panneau de gauche avec Saint J&eacute;r&ocirc;me et saint Jean-Baptiste et Saint Lib&egrave;re et saint Matthieu est &agrave; la National Gallery de Londres ; le panneau de droite avec Saint Pierre et saint Paul et Saint Jean l'&Eacute;vang&eacute;liste et saint Martin appartient &agrave; la Johnson Collection de Philadalphie). En ce qui concerne les fresques de la chapelle Brancacci, on a d&eacute;j&agrave; &eacute;tabli depuis longtemps que Masolino a travaill&eacute; aux deux figures d'Adam et d'&Egrave;ve &agrave; une &eacute;poque ant&eacute;rieure &agrave; sa rencontre avec Masaccio. Il continua ensuite, en cherchant &agrave; suivre comme il le pouvait les innovations de son compagnon. Il r&eacute;alisa la majeure partie de La Pr&eacute;dication de saint Pierre et de la double sc&egrave;ne avec La Gu&eacute;rison de l'infirme et la r&eacute;surrection de Tabita . &Agrave; la chapelle Branda de Saint-Cl&eacute;ment &agrave; Rome, ce sont au contraire les parties hautes, vraisemblablement les plus anciennes, l'arc d'entr&eacute;e, l'intrados, la vo&ucirc;te et la paroi du fond avec la Crucifixion, qui montrent ce clair-obscur tr&egrave;s dense et ces amples formes que peint Masolino quand il veut imiter Masaccio. Mais la distribution spatiale de la grandiose Crucifixion et l'ange de l'Annonciation ressortissent, comme on l'a observ&eacute;, &agrave; la conception moderne de la perspective qui fut celle du jeune ma&icirc;tre ; enfin l'on pense g&eacute;n&eacute;ralement que l'Histoire de sainte Catherine et de saint Ambroise, peinte sur les parois, est post&eacute;rieure &agrave; sa mort. Quant au triptyque de Sainte-Marie-Majeure, on sait ce qui a &eacute;t&eacute; peint par Masaccio lui-m&ecirc;me : Saint J&eacute;r&ocirc;me et saint Jean-Baptiste, &agrave; quoi nous proposerons d'ajouter certaines parties de Saint Pierre et saint Paul, les pieds et la main gauche de saint Pierre, toute la draperie bleue du bras droit de saint Paul et sa main gauche qui tient le livre. Masolino, pour sa part, ne cherche &agrave; imiter la grande mani&egrave;re de son jeune confr&egrave;re que dans les figures des saints des panneaux lat&eacute;raux, cependant que, dans la narration miraculeuse qui couvre les deux faces du panneau central, m&ecirc;me les traces de perspective renaissante qu'on y rel&egrave;ve appartiennent &agrave; une conception essentiellement &laquo; cosmopolite &raquo; de la peinture. Du point de vue de la chronologie, cela ne signifie pas que ces &oelig;uvres aient &eacute;t&eacute; r&eacute;alis&eacute;es &agrave; une date ant&eacute;rieure &agrave; la rencontre avec Masaccio. Selon toutes probabilit&eacute;s (comme pour l'Histoire de sainte Catherine et de saint Ambroise de Saint-Cl&eacute;ment), c'est le contraire qui est vrai. Cela est confirm&eacute; par les fresques splendides dont Masolino d&eacute;corera apr&egrave;s 1432, pour le m&ecirc;me commanditaire que celui de la chapelle de Saint-Cl&eacute;ment, le baptist&egrave;re de Castiglione d'Olona. Dans l'Histoire de saint Jean-Baptiste, Masolino reviendra en effet, avec beaucoup de naturel, au style doux et fleuri, &agrave; la lumi&egrave;re pure, &agrave; l'espace modul&eacute; jusqu'&agrave; l'infini de ses &oelig;uvres de jeunesse, ant&eacute;rieures &agrave; sa br&egrave;ve collaboration &ndash; qui ne durera pas plus de quatre ann&eacute;es (encore en passa-t-il la moiti&eacute; en Hongrie) &ndash; avec le jeune novateur.</font></p>   <p><font size="2">La logique qui pr&eacute;side &agrave; la distribution des parties ex&eacute;cut&eacute;es par les deux ma&icirc;tres dans toutes ces &oelig;uvres semblerait donc celle d'interventions successives. Ces interventions purent avoir lieu en des temps et en des lieux relativement espac&eacute;s, sur des &oelig;uvres qui sont rest&eacute;es longtemps en chantier et que continuait celui qui &agrave; ce moment-l&agrave; se trouvait sur place et avait le temps et la volont&eacute; d'y travailler. Si l'atelier m&eacute;di&eacute;val est en d&eacute;cadence, il est &eacute;vident que l'on est encore bien loin de l'&laquo; &oelig;uvre autographe &raquo;, au sens moderne du terme. L'&eacute;ventualit&eacute; qu'un peintre (ou une &eacute;quipe, ou une &laquo; compagnie &raquo; de peintres) puisse avoir en m&ecirc;me temps deux chantiers dans deux villes diff&eacute;rentes n'est nullement exclue. Sur ce point aussi, Giotto fut un pr&eacute;curseur. Il avait ouvert deux chantiers &agrave; la fois au temps o&ugrave; il peignait les fresques de Saint-Fran&ccedil;ois &agrave; Assise et de Saint-Jean-de-Latran &agrave; Rome. Aujourd'hui encore, c'est une pratique commune chez les artisans, en p&eacute;riode de p&eacute;nurie, que d'accepter n'importe quelle commande, ind&eacute;pendamment de toute possibilit&eacute; r&eacute;elle de les r&eacute;aliser. On commence imm&eacute;diatement les travaux, de fa&ccedil;on qu'ils ne soient pas confi&eacute;s &agrave; d'autres, sauf &agrave; les interrompre presque aussit&ocirc;t pour mener &agrave; terme les t&acirc;ches que l'on avait accept&eacute;es pr&eacute;c&eacute;demment.</font></p>   <p><font size="2">Le retour inattendu de Masolino, apr&egrave;s la mort de Masaccio, dans le groupe des peintres du &laquo; gothique tardif &raquo; constitue, si l'on y r&eacute;fl&eacute;chit bien, la meilleure preuve que la collaboration de deux hommes avait eu une base &eacute;minement pratique et qu'elle ne mettait pas profond&eacute;ment en cause les convictions artistiques des deux peintres.</font></p>   <p><font size="2">&copy; Encyclopedia Universalis</font></p> </blockquote><p class="ta_img"><img border=0 src="http://www.blogg.org/afficher_image.php?id=306763&amp;img_x="></p>]]></description>
<category>LES PEINTRES ITALIENS</category>
<pubDate>Mon, 06 Feb 2006 06:47:55 +0000</pubDate>
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<title>Paolo UCCELLO</title>
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<description><![CDATA[<br /><strong>Paolo Uccello.</strong> <strong><em>La bataille de San Romano.</em></strong><br />Panneau gauche. c. 1454-57. Tempera sur bois. National Gallery, Londres<br /><hr /><br /> <div align="center">Paolo di Dono dit <font size="5" style="font-weight: bold" /></div><font size="5" style="font-weight: bold"> </font><div align="center"><font size="5" style="font-weight: bold"><font size="5" style="font-weight: bold">Paolo Uccello</font><br /><font size="2" face="book antiqua,palatino">                        Pratovecchio, Florence 1397-1475<br /> </font> </font></div><font size="2" face="book antiqua,palatino" style="font-weight: bold"> <br /><br /> </font><blockquote><font size="2" face="book antiqua,palatino" style="font-weight: bold">   </font><div align="justify"><font size="2" face="book antiqua,palatino" style="font-weight: bold"><font color="#0033ff"><br /> Fils de Dono di Paolo, chirurgien et coiffeur pour hommes, et d'Antonia di Giovanni del Beccuto, il fait non seulement partie des grands peintres, tr&egrave;s justement acclam&eacute; au cours des si&egrave;cles, mais c'est &eacute;galement un artiste bien particulier et &quot;hors norme&quot; &agrave; Florence qui s'ouvrit &agrave; la Renaissance: ce n'est donc pas un hasard si ses oeuvres, fruit d'une exp&eacute;rimentation continue des voies empiriques et alternatives, se r&eacute;v&egrave;le avoir beaucoup de points communs aussi bien avec le Cubisme qu'avec le surr&eacute;alisme de notre si&egrave;cle.<br />    <br />   <br /> A seulement dix ans, Paolo figure avec le jeune Donatello parmi les jeunes gar&ccedil;ons de l'atelier de Ghiberti qui travaillent &agrave; la finition de la premi&egrave;re porte du Baptist&egrave;re..On lui donna tr&egrave;s vite le surnom de &quot;Uccello&quot; (oiseau) ou &quot;degli Uccelli&quot;, probablement parce qu'il consacra plus particuli&egrave;rement &agrave; la peinture de frises ornementales contenant des oiseaux et autres animaux. Il n'est pas impossible qu'il ait &eacute;t&eacute; aussi l'&eacute;l&egrave;ve de Gherardo Starnina (Florentin ayant travaill&eacute; en Espagne entre 1300 et 1400 et consid&eacute;r&eacute; comme un des &quot;importateurs&quot; du style gothique international &agrave; Florence), ainsi que l'auteur du fascinant Th&eacute;baide des Offices.<br />   <br />   <br /> Il re&ccedil;ut sa formation lors des deux premi&egrave;res d&eacute;cennies du Quinzi&egrave;me si&egrave;cle qui voit le langage et la culture figurative gothique soumis &agrave; une perp&eacute;tuelle exp&eacute;rimentation en vue de trouver une unit&eacute; de la perspective. Malheureusement, Paolo Uccello, inscrit &agrave; la Compagnie des Peintres de San Luca en 1424, quitta Florence en 1425, appel&eacute; &agrave; Venise pour r&eacute;aliser des mosaiques (aujourd'hui perdues) &agrave; San Marco. Le seul tableau qui nous reste de sa premi&egrave;re p&eacute;riode cr&eacute;ative est l'Annonciation (1425) de la Chapelle Carnesecchi &agrave; Santa Maria Maggiore, oeuvre plut&ograve;t compliqu&eacute;e sur la perspective. Il retourna &agrave; Florence apr&egrave;s cinq ann&eacute;es, ignorant totalement qu'entre temps avait eu lieu la r&eacute;volution de Masaccio &agrave; Carmine et peu inform&eacute; du projet (tr&egrave;s secret) de Brunelleschi concernant la r&eacute;alisation de la Coupole de Santa Maria del Fiore,qui commen&ccedil;a en 1423. Ainsi, lorsqu'il rentra en 1431 &agrave; Florence, Uccello &eacute;tait artistiquement un peu en retard par rapport aux extraordinaires nouvelles peintures florentines.<br />   <br />   <br /> Il travailla &agrave; Santa Maria Novella (Histoires de la Vierge dans le Clo&icirc;tre Vert, vers 1431) et au D&ograve;me, r&eacute;alisa en fresques, en seulement trois mois, ce monumento equestre condottiere Giovanni Acutoe rendit c&eacute;l&egrave;bre: la pose du cavalier rappelle celui de San Marco, mais l'artiste &eacute;tait plus int&eacute;ress&eacute; par les formes g&eacute;om&eacute;triques que par le naturel, ce qui r&eacute;sulte en un ton beaucoup plus proche de l'abstrait. Pour Santa Maria Novella, il r&eacute;alisa &eacute;galement la d&eacute;coration de la grande horloge (1443) pla&ccedil;ant quatre t&ecirc;tes de proph&egrave;tes aux coins, et des cartons sur la R&eacute;surrection et la Nativit&eacute; (1443-45) pour les deux vitraux circulaires de la Coupole s soi-disant &quot;yeux&quot;). Parall&egrave;lement, il r&eacute;alisa des fresques dans le D&ograve;me de Prato, &agrave; San Miniato al Monte (Histoires des Moines Saints) et ex&eacute;cuta pour le compte de mandataires priv&eacute;s une s&eacute;rie de petits tableaux sur bois de style encore gothique et mythique, comme ceux repr&eacute;sentant St George et le Dragon conserv&eacute;s &agrave; Paris et &agrave; Londres (vers 1456).<br />   <br />   <br /> En 1445, il fut appel&eacute; par Donatello &agrave; Padoue, et dans la maison de la famille Vitaliani, il peignit des G&eacute;ants (perdus) qui ont probablement influenc&eacute; le jeune Mantegna. En 1447, il fut de nouveau &agrave; Florence o&ugrave; il se mit &agrave; peindre les Histoires de No&eacute; dans le Clo&icirc;tre Vert de Santa Maria Novella: notons l'extraordinaire lunette avec le D&eacute;luge Universel (1446-48) au travers de laquelle le peintre semble avoir voulu exp&eacute;rimenter toutes les perspectives possibles; la sc&egrave;ne est construite selon un point de vue double (mais un seul de perpective g&eacute;om&eacute;trique) et en cons&eacute;quence, les lignes semblent se confondre ayant plusieurs points de fuite; les effets d'optique se multiplient et d&eacute;forment parfois les personnages, cr&eacute;ant des raccourcis audacieux.<br />   <br />   <span style="font-weight: bold">La Bataille de S. Romano   </span><br />   <br /> L'oeuvre est un v&eacute;ritable morceau de bravoure allant au-del&agrave; de tous les sch&eacute;mas existants.<br /> Le moment le plus important de la carri&egrave;re de Paolo Uccello eut lieu quelques ann&eacute;es plus tard, entre 1456 et 1460, avec la r&eacute;alisation de trois tableaux c&eacute;l&eacute;brant la Bataille de San Romano, au cours de laquelle en 1432, les Florentins, sous le commandement de Niccol&ograve; da Tolentino, avaient assaillis et d&eacute;faits les Siennois alli&eacute;s &agrave; la famille Visconti de Milan. Il s'agit donc de trois panneaux r&eacute;alis&eacute;s pour une chambre du Palais Medici de la Via Larga (l'un d'eux se trouve aujourd'hui aux Offices,les deux autres respectivement au Louvre et &agrave; la National Gallery de londres) et r&eacute;sument parfaitement l'envo&ucirc;tement et le prestige de ce peintre de g&eacute;nie. Examinons le panneau aux Offices: la composition d'une foule tr&egrave;s dense se d&eacute;ploie sur fond d'un paysage encore m&eacute;di&eacute;val repr&eacute;sentant le d&eacute;sar&ccedil;onnement de Bernardino della Ciarda tandis qu'au premier plan sont rassembl&eacute;s des guerriers arm&eacute;s de lances et d'arbal&egrave;tes et des chevaux tous dans des poses tr&egrave;s vari&eacute;es. Mais les masses de soldats en conflit sont arr&ecirc;t&eacute;es dans la perspective, les guerriers cuirass&eacute;s ressemblent &agrave; des automates, les lances cr&eacute;ent des palissades, les cimiers sont pratiquement des buissons, l'atmosph&egrave;re se rar&eacute;fie, les fantastiques couleurs cr&eacute;ent un effet de marqueterie polychrom&eacute;e, et l'ensemble semble &ecirc;tre un jeu irr&eacute;el tel ceux ayant fascin&eacute; les Surr&eacute;alistes du XX&egrave; si&egrave;cle.<br />   <br />   <br />   <br /> L'artiste r&eacute;alisa encore d'autres pr&eacute;delles (le Miracle de l'ostie, 1469, Urbin), de petits tableaux sur bois aux sujets profanes et une s&eacute;rie de portraits, certains sur le mod&egrave;le de Masaccio, d'autres se rapprochant de l'&eacute;l&eacute;gance courtisane de Pisanello, mais sa bonne fortune a d&eacute;sormais disparu. En 1469, apr&egrave;s un s&eacute;jour &agrave; Urbin &agrave; la cour des Montefeltro, il &eacute;tait de nouveau &agrave; Florence et c'est l&agrave; qu'il mourut six ann&eacute;es plus tard &quot;plus pauvre que c&eacute;l&egrave;bre&quot;, accabl&eacute; par la maladie et les difficult&eacute;s financi&egrave;res.<br />   <br />   <br />  &copy; mega review      <br />   </font>           </font></div><font size="2" face="book antiqua,palatino" style="font-weight: bold"> </font></blockquote><font size="5" style="font-weight: bold"> <br /></font><p class="ta_img"><img border=0 src="http://www.blogg.org/afficher_image.php?id=306761&amp;img_x="></p>]]></description>
<category>LES PEINTRES ITALIENS</category>
<pubDate>Mon, 06 Feb 2006 06:36:46 +0000</pubDate>
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<title>RAPHAEL</title>
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<description><![CDATA[ <font size="2" face="tahoma,arial,helvetica,sans-serif"><br /> </font>             <div align="center"><font size="2" face="tahoma,arial,helvetica,sans-serif"><strong>Raphael</strong>  (Raffaello SANZIO)</font><font size="2" face="tahoma,arial,helvetica,sans-serif"><br /> </font> </div> <font size="2" face="tahoma,arial,helvetica,sans-serif"><br /> </font> <blockquote>   <blockquote>     <div align="justify"><font size="2" face="tahoma,arial,helvetica,sans-serif" color="#330099">Italian painter and architect of the Italian High Renaissance. Raphael is best known for his Madonnas and for his large figure compositions in the Vatican in Rome. His work is admired for its clarity of form and ease of composition and for its visual achievement of the Neoplatonic ideal of human grandeur.<br />     <br />     <span style="font-weight: bold">Early years at Urbino</span><br />     <br /> Raphael was the son of Giovanni Santi and Magia di Battista Ciarla; his mother died in 1491. His father was, according to the 16th-century artist and biographer Giorgio Vasari, a painter &quot;of no great merit.&quot; He was, however, a man of culture who was in constant contact with the advanced artistic ideas current at the court of Urbino. He gave his son his first instruction in painting, and, before his death in 1494, when Raphael was 11, he had introduced the boy to humanistic philosophy at the court.<br />     <br /> Urbino had become a centre of culture during the rule of Duke Federico da Montefeltro, who encouraged the arts and attracted the visits of men of outstanding talent, including Donato Bramante, Piero della Francesca, and Leon Battista Alberti, to his court. Although Raphael would be influenced by major artists in Florence and Rome, Urbino constituted the basis for all his subsequent learning. Furthermore, the cultural vitality of the city probably stimulated the exceptional precociousness of the young artist, who, even at the beginning of the 16th century, when he was scarcely 17 years old, already displayed an extraordinary talent.<br />     <br />     <span style="font-weight: bold">Apprenticeship at Perugia</span><br />     <br /> The date of Raphael's arrival in Perugia is not known, but several scholars place it in 1495. The first record of Raphael's activity as a painter is found there in a document of Dec. 10, 1500, declaring that the young painter, by then called a &quot;master,&quot; was commissioned to help paint an altarpiece to be completed by Sept. 13, 1502. It is clear from this that Raphael had already given proof of his mastery, so much so that between 1501 and 1503 he received a rather important commission - to paint the Coronation of the Virgin for the Oddi Chapel in the church of San Francesco, Perugia (and now in the Vatican Museum, Rome). The great Umbrian master Pietro Perugino was executing the frescoes in the Collegio del Cambio at Perugia between 1498 and 1500, enabling Raphael, as a member of his workshop, to acquire extensive professional knowledge.<br />     <br /> In addition to this practical instruction, Perugino's calmly exquisite style also influenced Raphael. The Giving of the Keys to St Peter, painted in 1481-82 by Perugino for the Sistine Chapel of the Vatican Palace in Rome, inspired Raphael's first major work, The Marriage of the Virgin (1504; Brera Gallery, Milan). Perugino's influence is seen in the emphasis on perspectives, in the graded relationships between the figures and the architecture, and in the lyrical sweetness of the figures. Nevertheless, even in this early painting, it is clear that Raphael's sensibility was different from his teacher's. The disposition of the figures is less rigidly related to the architecture, and the disposition of each figure in relation to the others is more informal and animated. The sweetness of the figures and the gentle relation between them surpasses anything in Perugino's work.<br />     <br /> Three small paintings done by Raphael shortly after The Marriage of the Virgin - Vision of a Knight, Three Graces, and St Michael - are masterful examples of narrative painting, showing, as well as youthful freshness, a maturing ability to control the elements of his own style. Although he had learned much from Perugino, Raphael by late 1504 needed other models to work from; it is clear that his desire for knowledge was driving him to look beyond Perugia.<br />     <br />     <span style="font-weight: bold">Move to Florence</span><br />     <br /> Vasari vaguely recounts that Raphael followed the Perugian painter Bernardino Pinturicchio to Siena and then went on to Florence, drawn there by accounts of the work that Leonardo da Vinci and Michelangelo were undertaking in that city. By the autumn of 1504 Raphael had certainly arrived in Florence. It is not known if this was his first visit to Florence, but, as his works attest, it was about 1504 that he first came into substantial contact with this artistic civilization, which reinforced all the ideas he had already acquired and also opened to him new and broader horizons. Vasari records that he studied not only the works of Leonardo, Michelangelo, and Fra Bartolomeo, who were the masters of the High Renaissance, but also &quot;the old things of Masaccio,&quot; a pioneer of the naturalism that marked the departure of the early Renaissance from the Gothic.<br />     <br /> Still, his principal teachers in Florence were Leonardo and Michelangelo. Many of the works that Raphael executed in the years between 1505 and 1507, most notably a great series of Madonnas including The Madonna of the Goldfinch (c. 1505; Uffizi Gallery, Florence), the Madonna del Prato (c. 1505; Kunsthistorisches Museum, Vienna), the Esterh&Atilde;&iexcl;zy Madonna (c. 1505-07; Museum of Fine Arts, Budapest), and La Belle Jardini&Atilde;&uml;re (c. 1507; Louvre Museum, Paris), are marked by the influence of Leonardo, who since 1480 had been making great innovations in painting. Raphael was particularly influenced by Leonardo's Madonna and Child with St. Anne pictures, which are marked by an intimacy and simplicity of setting uncommon in 15th-century art. Raphael learned the Florentine method of building up his composition in depth with pyramidal figure masses; the figures are grouped as a single unit, but each retains its own individuality and shape. A new unity of composition and suppression of inessentials distinguishes the works he painted in Florence. Raphael also owed much to Leonardo's lighting techniques; he made moderate use of Leonardo's chiaroscuro (i.e., strong contrast between light and dark), and he was especially influenced by his sfumato (i.e., use of extremely fine, soft shading instead of line to delineate forms and features). Raphael went beyond Leonardo, however, in creating new figure types whose round, gentle faces reveal uncomplicated and typically human sentiments but raised to a sublime perfection and serenity.<br />     <br /> In 1507 Raphael was commissioned to paint the Deposition of Christ that is now in the Borghese Gallery in Rome. In this work, it is obvious that Raphael set himself deliberately to learn from Michelangelo the expressive possibilities of human anatomy. But Raphael differed from Leonardo and Michelangelo, who were both painters of dark intensity and excitement, in that he wished to develop a calmer and more extroverted style that would serve as a popular, universally accessible form of visual communication.<br />     <br />     <span style="font-weight: bold">Last years in Rome</span><br />     <br /> Raphael was called to Rome toward the end of 1508 by Pope Julius II at the suggestion of the architect Donato Bramante. At this time Raphael was little known in Rome, but the young man soon made a deep impression on the volatile Julius and the papal court, and his authority as a master grew day by day. Raphael was endowed with a handsome appearance and great personal charm in addition to his prodigious artistic talents, and he eventually became so popular that he was called &quot;the prince of painters.&quot;<br />     <br /> Raphael spent the last 12 years of his short life in Rome. They were years of feverish activity and successive masterpieces. His first task in the city was to paint a cycle of frescoes in a suite of medium-sized rooms in the Vatican papal apartments in which Julius himself lived and worked; these rooms are known simply as the Stanze. The Stanza della Segnatura (1508-11) and Stanza d'Eliodoro (1512-14) were decorated practically entirely by Raphael himself; the murals in the Stanza dell'Incendio (1514-17), though designed by Raphael, were largely executed by his numerous assistants and pupils.<br />     <br /> The decoration of the Stanza della Segnatura was perhaps Raphael's greatest work. Julius II was a highly cultured man who surrounded himself with the most illustrious personalities of the Renaissance. He entrusted Bramante with the construction of a new basilica of St. Peter to replace the original 4th-century church; he called upon Michelangelo to execute his tomb and compelled him against his will to decorate the ceiling of the Sistine Chapel; and, sensing the genius of Raphael, he committed into his hands the interpretation of the philosophical scheme of the frescoes in the Stanza della Segnatura. This theme was the historical justification of the power of the Roman Catholic church through Neoplatonic philosophy.<br />     <br /> The four main fresco walls in the Stanza della Segnatura are occupied by the Disputa and the School of Athens on the larger walls and the Parnassus and Cardinal Virtues on the smaller walls. The two most important of these frescoes are the Disputa and the School of Athens. The Disputa, showing a celestial vision of God and his prophets and apostles above a gathering of representatives, past and present, of the Roman Catholic church, equates through its iconography the triumph of the church and the triumph of truth. The School of Athens is a complex allegory of secular knowledge, or philosophy, showing Plato and Aristotle surrounded by philosophers, past and present, in a splendid architectural setting; it illustrates the historical continuity of Platonic thought. The School of Athens is perhaps the most famous of all Raphael's frescoes, and one of the culminating artworks of the High Renaissance. Here Raphael fills an ordered and stable space with figures in a rich variety of poses and gestures, which he controls in order to make one group of figures lead to the next in an interweaving and interlocking pattern, bringing the eye to the central figures of Plato and Aristotle at the converging point of the perspectival space. The space in which the philosophers congregate is defined by the pilasters and barrel vaults of a great basilica that is based on Bramante's design for the new St Peter's in Rome. The general effect of the fresco is one of majestic calm, clarity, and equilibrium.<br />     <br />     <br />     <br /> About the same time, probably in 1511, Raphael painted a more secular subject, the Triumph of Galatea in the Villa Farnesina in Rome; this work was perhaps the High Renaissance's most successful evocation of the living spirit of classical antiquity. Meanwhile, Raphael's decoration of the papal apartments continued after the death of Julius in 1513 and into the succeeding pontificate of Leo X until 1517. In contrast to the generalized allegories in the Stanza della Segnatura, the decorations in the second room, the Stanza d'Eliodoro, portray specific miraculous events in the history of the Christian church. The four principal subjects are The Expulsion of Heliodorus from the Temple, The Miracle at Bolsena, The Liberation of St Peter, and Leo I Halting Attila. These frescoes are deeper and richer in colour than are those in the earlier room, and they display a new boldness on Raphael's part in both their dramatic subjects and their unusual effects of light. The Liberation of St Peter, for example, is a night scene and contains three separate lighting effects - moonlight, the torch carried by a soldier, and the supernatural light emanating from an angel. Raphael delegated his assistants to decorate the third room, the Stanze dell'Incendio, with the exception of one fresco, the Fire in the Borgo, in which his pursuit of more dramatic pictorial incidents and his continuing study of the male nude are plainly apparent.<br />     <br /> The Madonnas that Raphael painted in Rome show him turning away from the serenity and gentleness of his earlier works in order to emphasize qualities of energetic movement and grandeur. His Alba Madonna (1508; National Gallery, Washington) epitomizes the serene sweetness of the Florentine Madonnas but shows a new maturity of emotional expression and supreme technical sophistication in the poses of the figures. It was followed by the Madonna di Foligno (1510; Vatican Museum) and the Sistine Madonna (1513; Gem&Atilde;&curren;ldegalerie, Dresden), which show both the richness of colour and new boldness in compositional invention typical of Raphael's Roman period. Some of his other late Madonnas, such as the Madonna of Francis I (Louvre), are remarkable for their polished elegance. Besides his other accomplishments, Raphael became the most important portraitist in Rome during the first two decades of the 16th century. He introduced new types of presentation and new psychological situations for his sitters, as seen in the portrait of Leo X with Two Cardinals (1517-19; Uffizi, Florence). Raphael's finest work in the genre is perhaps the Portrait of Baldassare Castiglione (1516; Louvre), a brilliant and arresting character study.<br />     <br /> Leo X commissioned Raphael to design 10 large tapestries to hang on the walls of the Sistine Chapel. Seven of the ten cartoons (full-size preparatory drawings) were completed by 1516, and the tapestries woven after them were hung in place in the chapel by 1519. The tapestries themselves are still in the Vatican, while seven of Raphael's original cartoons are in the British royal collection and are on view at the Victoria and Albert Museum in London. These cartoons represent Christ's Charge to Peter, The Miraculous Draught of Fishes, The Death of Ananias, The Healing of the Lame Man, The Blinding of Elymas, The Sacrifice at Lystra, and St Paul Preaching at Athens. In these pictures Raphael created prototypes that would influence the European tradition of narrative history painting for centuries to come. The cartoons display Raphael's keen sense of drama, his use of gestures and facial expressions to portray emotion, and his incorporation of credible physical settings from both the natural world and that of ancient Roman architecture.<br />     <br /> While he was at work in the Stanza della Segnatura, Raphael also did his first architectural work, designing the church of Sant' Eligio degli Orefici. In 1513 the banker Agostino Chigi, whose Villa Farnesina Raphael had already decorated, commissioned him to design and decorate his funerary chapel in the church of Santa Maria del Popolo. In 1514 Leo X chose him to work on the basilica of St Peter's alongside Bramante; and when Bramante died later that year, Raphael assumed the direction of the work, transforming the plans of the church from a Greek, or radial, to a Latin, or longitudinal, design.<br />     <br /> Raphael was also a keen student of archaeology and of ancient Greco-Roman sculpture, echoes of which are apparent in his paintings of the human figure during the Roman period. In 1515 Leo X put him in charge of the supervision of the preservation of marbles bearing valuable Latin inscriptions; two years later he was appointed commissioner of antiquities for the city, and he drew up an archaeological map of Rome. Raphael had by this time been put in charge of virtually all of the papacy's various artistic projects in Rome, involving architecture, paintings and decoration, and the preservation of antiquities.<br />     <br /> Raphael's last masterpiece is the Transfiguration (commissioned in 1517), an enormous altarpiece that was unfinished at his death and completed by his assistant Giulio Romano. It now hangs in the Vatican Museum. The Transfiguration is a complex work that combines extreme formal polish and elegance of execution with an atmosphere of tension and violence communicated by the agitated gestures of closely crowded groups of figures. It shows a new sensibility that is like the prevision of a new world, turbulent and dynamic; in its feeling and composition it inaugurated the Mannerist movement and tends toward an expression that may even be called Baroque.<br />     <br /> Raphael died on his 37th birthday. His funeral mass was celebrated at the Vatican, his Transfiguration was placed at the head of the bier, and his body was buried in the Pantheon in Rome.</font></div>   </blockquote> </blockquote><p class="ta_img"><img border=0 src="http://www.blogg.org/afficher_image.php?id=306760&amp;img_x="></p>]]></description>
<category>LES PEINTRES ITALIENS</category>
<pubDate>Mon, 06 Feb 2006 06:21:15 +0000</pubDate>
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<title>GIOTTO</title>
<link>http://www.blogg.org/blog-36699-billet-287041.html</link>
<description><![CDATA[<br /><br /><br /><div style="margin-left: 120px;"><font size="5" style="font-weight: bold;">           GIOTTO <br />(1266 environ-1337)</font><font size="5"><br /></font></div><font size="3"><br /></font><p><font size="3">Au chant XI de son Purgatoire, Dante fait dire vers 1320 à Oderisi da Gubbio, enlumineur à Paris, que Giotto avait éclipsé Cimabue, comme en poésie le Florentin Guido Cavalcanti l'avait fait du Bolognais Guido Guinizelli. Pour Boccace, la peinture de Giotto n'égaie pas seulement les yeux des ignorants, mais réjouit aussi l'esprit des savants (Décaméron, VIe journée nouvelle V). Vers 1320 encore, un commentateur de La Divine Comédie de Dante reprend la comparaison entre Cimabue et Giotto et l'explique en référence aux textes de l'Antiquité, à Valère Maxime notamment. Les jugements de valeur, tous élogieux, certains dithyrambiques, se poursuivent jusqu'aux années 1340 environ, puis cèdent la place à des évaluations plus modérées, voire plus nuancées. Vers 1376, un autre commentateur de Dante, Benvenuto da Imola, éprouve plus de difficultés à commenter le fameux passage sur Cimabue et Giotto : il écrit que, de l'avis des bons connaisseurs, Giotto aurait aussi commis des fautes graves dans ses peintures, même si personne n'avait plus d'esprit que lui. C'est vraiment au cours de la dernière décennie du XIVe siècle que la reconnaissance de Giotto triomphe dans les villes comme dans les cours d'Italie et que son nom devient quasiment synonyme de la nouvelle notion d'artiste qui, peu à peu, émerge. Ces témoignages, divers et parfois contrastés, rendent compte de réalités beaucoup moins établies qu'on aurait pu le croire. Dans les faits, il n'existe pas un modèle giottesque, mais une construction patiente, au fil du temps, des regards portés par les générations qui se suivent jusqu'au début du XVe siècle sur sa personnalité et sur ses créations. Nous essaierons de mieux saisir l'&#339;uvre et la mouvance dans laquelle elle s'inscrit, ainsi que les jugements des contemporains.</font></pre><p><font size="3"><span style="font-weight: bold;"> 1. Repères biographiques</span></font></pre><p><font size="3">Giotto di Bondone est né peut-être vers 1266, à Vespignano, dans les collines du Mugello, à l'est de Florence. Il fait sans doute son apprentissage dans l'atelier de Cimabue et entre très tôt en contact avec le langage figuratif de l'Antiquité, d'abord sur le chantier d'Assise autour de 1280, ensuite à Rome où il séjourne peu après. Il aurait ainsi peint, dans l'église supérieure d'Assise, des scènes de l'Ancien et du Nouveau Testament sur le registre supérieur de la nef. Vers la même époque, il renouvelle la conception du crucifix de bois peint avec la réalisation, à Sainte-Marie-Nouvelle à Florence, d'une &#339;uvre d'un genre et d'un style nouveaux. </font></pre><p><font size="3">De 1295 à 1298, aidé de nombreux collaborateurs, il illustrerait en vingt-huit fresques la légende de saint François dans l'église supérieure d'Assise  et achèverait, de la sorte, le cycle décoratif entrepris à partir de 1277-1278, sous la direction de Cimabue. Périodiquement, à l'occasion de restaurations des fresques, l'attribution à Giotto est remise en question : aujourd'hui encore, Bruno Zanardi revient sur cet ensemble de peintures et l'attribue à Pietro Cavallini. En son temps, et avec justesse, André Chastel remarquait que, de toute manière, « le rôle exact de Giotto ne pouvait être établi », et qu'il faudrait savoir se contenter de présomptions. </font></pre><p><font size="3">Appelé à Rome par le pape Boniface VIII pour préparer le jubilé de l'année 1300, Giotto décore de fresques la loggia du palais de Latran, y figurant le pape ouvrant l'année sainte, et réalise sur la façade de Saint-Pierre une mosaïque, avec pour sujet l'Embarcation des apôtres guidés par saint Pierre (dans le vestibule de l'actuelle basilique Saint-Pierre). À la demande du cardinal Jacopo Stefaneschi, il conçoit pour l'autel de la basilique un grand retable, le Triptyque Stefaneschi, qui doit prendre place juste au-dessous de la mosaïque d'abside représentant, en son centre, un Christ Pantocrator, détruit du fait d'un écroulement récent : Giotto peint alors, sur le compartiment principal du retable en direction de la nef, un Christ Dieu trônant en majesté (galeries du Vatican, État du Vatican). </font></pre><p><font size="3">Quelques autres &#339;uvres témoigneraient d'un séjour florentin : ce sont le polyptyque de la Badia (musée des Offices, Florence), la Vierge trônant de l'église de San Giorgio alla Costa et des fragments de fresques retrouvées à la Badia. Selon ce que rapporte Riccobaldo Ferrarese, dans sa chronique, il travaille aussi à Rimini et y peint, entre autres &#339;uvres, le Crucifix du temple Malatesta (env. 1300-1303). De 1304 à 1306, il décore tout l'intérieur de la chapelle dite de l'Arena, à Padoue, en réussissant, pour l'une des toutes premières fois dans l'art occidental, la synthèse, sur le plan iconographique, des cycles marial et christique  . De retour à Florence, il termine le retable de la Maestà dans l'église d'Ognissanti . Il se déplace de nouveau à Assise, pour mener à bien la décoration de la chapelle de la Madeleine, dans l'église inférieure (début de la deuxième décennie du XIVe s.). </font></pre><p><font size="3">Vers 1317, à Padoue, il peint un grand Crucifix dans la chapelle de l'Arena et exécute un programme de fresques, à sujet astrologique, dans le palais de la Raison. Entre-temps, il a commencé à peindre dans la chapelle Peruzzi, à Santa Croce à Florence, les Histoires des deux saints Jean, qu'il achève plus tard, ainsi que le retable d'autel aujourd'hui conservé en Caroline du Nord, au musée Raleigh. Entre 1325 et 1328, il reçoit une très importante commande de la famille Bardi pour sa chapelle dans Santa Croce et y reprend, sous une forme plus réduite qu'à Assise, les grands thèmes de la légende franciscaine. Il conçoit, sans vraiment avoir le temps de le réaliser en entier, le retable d'autel. Peut-être recommandé par les Bardi, qui étaient les banquiers du roi Robert de Naples, Giotto se rend en 1329 à la cour de celui-ci et y séjourne, avec une partie de son atelier, jusqu'en 1333. </font></pre><p><font size="3">Durant ces quatre années, Giotto revêt les principaux titres honorifiques d'un peintre de cour : en janvier 1330, il se voit conférer les droits et les honneurs de familiaris et de fidelis du roi Robert et accède ainsi à des privilèges considérables pour l'époque, tels que pouvoir paraître à tout moment à la cour, percevoir des gages, y être nourri et logé ; le 16 mars 1332, il devient, suivant la titulature byzantine toujours en vigueur à la cour angevine, peintre de cour et maître d'&#339;uvre (protopictor, protomagister operis), et dirige l'équipe des peintres qui travaillent au palais royal. De loin, il supervise la réalisation du polyptyque aujourd'hui conservé à la Pinacothèque de Bologne et celle du retable Baroncelli, confiée à ses plus proches collaborateurs restés à Florence, parmi lesquels Taddeo Gaddi.</font></pre><p><font size="3">Rentré à Florence au début de 1334, Giotto tire parti des dignités qui lui furent données à la cour de Naples. Le 12 avril de la même année, il est chargé de la maîtrise d'ouvrage pour les travaux du dôme. Il conserve cette charge honorifique jusqu'à sa mort, en 1337 dans cette ville. Sous sa direction, en effet, ne fut construite que la base de la tour, à partir du 18 juillet 1334 : Andrea Pisano reprendra les travaux et terminera les niveaux supérieurs, tandis que son successeur, Francesco Talenti, édifiera les étages à baies. Mais, à dire vrai, ce n'est pas le plus important, comme devait le reconnaître en 1340 Giovanni Villani : dans sa chronique (livre XI, chapitre XII), il montre que la commune de Florence n'a pas engagé Giotto en pensant seulement aux travaux projetés par la cité, mais parce qu'elle voulait disposer d'un artiste « expérimenté et célèbre » qui puisse cultiver ses relations avec les cours princières. De fait, dès 1336, la commune envoie Giotto à Milan « se mettre au service » d'Azzo Visconti que l'empereur venait de nommer vicaire impérial d'Italie.</font></pre><p><font size="3"><span style="font-weight: bold;"> 2. Du peintre à l'artiste</span></font></pre><p><font size="3">Même si sa biographie laisse apparaître des lacunes dans notre information, Giotto a réalisé une &#339;uvre de belle ampleur qui tranche avec ce qui a précédé. L'appréciation de Giovanni Villani fait entrevoir, cependant, des réalités qui s'écartent de la vision, trop lénifiante, trop simple aussi, à laquelle nous sommes habitués. Les remarques de Dante et de Boccace recoupent les observations de certains contemporains éclairés. Par exemple, Cecco d'Ascoli, médecin personnel de Charles d'Anjou, qui avait été vicaire royal à Florence, vers 1320, réfléchit sur les raisons pour lesquelles, des deux saints peints par Giotto, on admire l'un et on rejette l'autre. Changements de mode, de goût ? Pas obligatoirement. À la lecture attentive des documents, nous comprenons que ce genre de réaction n'est pas isolé. Déjà, en 1353, Boccace condamne l'attitude de Pétrarque qui refuse l'invitation officielle de la commune de Florence et accepte de se rendre à la cour des Visconti, à Milan. Un événement considérable est intervenu en 1343, avec l'expulsion hors de la ville de Florence de Gauthier de Brienne, duc d'Athènes et vicaire du roi Robert de Naples. Jusqu'à cette date, la commune considérait comme un honneur d'envoyer ses artistes dans les cours : Giotto pour Florence, Simone Martini pour Sienne sont les ambassadeurs de ces bonnes relations ; leur fortune de peintres civiques s'en accroît d'autant. </font></pre><p><font size="3">Après la date de 1343, les choses changent brusquement, et le jugement porté par Boccace sur la décision de Pétrarque est, à cet égard, bien révélateur d'une autre conjoncture qui va durer jusqu'aux années 1378-1380 : le fait de rallier une cour est considéré comme une véritable « trahison » politique, selon le mot de Boccace. Au cours de la période qui précède, le cadre de référence générale est celui de l'alliance guelfe où, sous l'égide de la papauté de Rome, puis d'Avignon, se côtoient régimes communaux et cours princières : Giotto mène sa carrière, d'un bout à l'autre de la péninsule, à l'abri de ce jeu d'alliances et d'amitiés. Les échanges entre les villes et les cours s'en trouvent facilités. En revanche, la période qui suit s'ouvre avec le relâchement de l'alliance guelfe, puis sa lente disparition, et sera marquée par la forte opposition entre régimes civils et régimes princiers qui culmine vers 1376-1378, au moment des troubles sociaux dans les villes. Giotto passe alors, non sans raison, pour l'allié des cours et celui des « magnats » : ce qui avait été à l'origine de sa distinction en 1334 dans sa ville devient le grief en vertu de quoi on le condamne.</font></pre><p><font size="3">Isolé, lui aussi, Pétrarque continue de défendre l'art de Giotto à Naples, ou de Simone Martini à Avignon. Il est presque le seul à avoir cette opinion. Entre 1354 et 1366, composant le De remediis utriusque fortunae sous la forme d'un dialogue entre Raison et Plaisir, l'écrivain ressent la tension qui règne désormais entre l'attitude qui prévaut envers l'art dans les cours et celle qui domine dans les villes, comme à Florence. Accumulant des arguments, aussi rigoureux que hargneux, Raison enrage d'entendre Plaisir lui opposer : « Il me plaît tout simplement. » Dans le Testament (1370), il revient sur la situation en parlant d'une Vierge peinte par Giotto, qu'un ami florentin lui avait un jour adressée, et qu'il lègue à présent à Francesco Carrara, son protecteur princier, parce que « les ignorants, dit-il, ne voient pas sa beauté qu'admirent, au contraire, les maîtres de l'art ». Francesco Carrara est ainsi susceptible d'abstraire d'un « tableau sa beauté », alors que les « indocti » (les Florentins, dans le contexte) n'y « vénèrent que ce qu'ils voient » : le sujet religieux. Pétrarque souligne ainsi le fossé qui existe entre les cours et les villes, et déclare son franc appui aux premières.</font></pre><p><font size="3">Après l'écrasement des troubles sociaux qui ont agité la décennie 1370, le gothique de cour s'impose à Florence comme dans les autres cités, et la fortune de Giotto revient en force. Le peintre Jacopo Gerini déclare ne prendre exemple que de Giotto, alors que les voix ne manquent pas dans le patriciat florentin pour célébrer son art incomparable : dans ses Ricordi écrits de 1393 à 1421, le marchand Giovanni di Pago Morelli décrit l'aspect physique de sa s&#339;ur en se référant aux figures de femmes qu'a peintes Giotto. Celui-ci est alors vu comme un peintre de cour : c'est à nouveau l'un de ses plus beaux titres de gloire. Sa peinture entre dans la légende : auprès de ces milieux raffinés du patriciat se diffuse l'anecdote, qui deviendra fameuse, de l'enfant doué par nature. Un commentateur de Dante écrit, vers 1395, qu'en apprentissage auprès de tisserands le jeune Giotto passait ses journées en compagnie des peintres, parce que « sa nature l'y poussait ». Plus tard, dans ses Commentarii, Lorenzo Ghiberti relate comment, en se promenant dans la campagne, Cimabue rencontra un petit berger qui dessinait et qui deviendrait un jour le peintre Giotto. À ce moment, l'artiste a remplacé le peintre. En 1401, à Florence, le même Lorenzo Ghiberti remporte le prix dans le concours qui l'opposait à Masaccio : le gothique de cour triomphe et, avec lui, la figure de Giotto. L'humaniste Paolo Vergerio constate, en 1396 à Padoue où il étudie, « que la nature peut le plus » et énonce : « ... Nous devons faire comme les peintres de notre époque, qui contemplent à loisir les tableaux célèbres des autres, mais ne suivent que l'exemple de Giotto. » Giorgio Vasari pourra utiliser le topos de l'amitié liant dans l'Antiquité le peintre Apelle et le roi Alexandre pour décrire les rapports entre le peintre Giotto et le roi Robert à Naples. La légende est établie.</font></pre><p><font size="3"><span style="font-weight: bold;"> 3. Giotto et son public</span></font></pre><p><font size="3">Vasari raconte comment le pape Benoît XI, qui séjournait à Trévise (1303-1304), envoya un émissaire à Padoue, parce qu'il avait appris que Giotto s'y trouvait et qu'il désirait s'informer de cet homme qu'on disait si expert. L'anecdote n'ajoute pas grand-chose à la légende, si ce n'est qu'elle réintroduit l'un des principaux soutiens de la carrière giottesque, la papauté. Car c'est à la suite de son rayonnement, dans la seconde moitié du XIIIe siècle et au cours des vingt premières années du XIVe, que nous situerons la gloire remportée par Giotto de son vivant. Les commandes prestigieuses qui lui furent passées proviennent toutes des composantes principales du parti guelfe, les Scrovegni et les « Chevaliers joyeux de la Vierge » à Padoue, les Bardi et les Peruzzi à Florence, les Angevins à Naples, ou de la papauté elle-même : le chantier d'Assise, les travaux à Saint-Pierre de Rome. Ce sont autant de relais et d'appuis qui ont facilité les déplacements de Giotto avec son atelier, et qui ont fait connaître son art dans une aire géographique à dominante guelfe. </font></pre><p><font size="3">Quand il peint en territoire plutôt gibelin, à dominante impériale, comme dans la ville de Pise, Giotto travaille dans le milieu favorable à la papauté, c'est-à-dire parmi les ordres mendiants, ici les Franciscains. L'iconographie choisie de ses &#339;uvres ainsi que les formes et les motifs employés renvoient très souvent au passé romain et au répertoire utilisé au long du XIIIe, voire au XIIe siècle, sur les grands chantiers de la ville : basiliques Saint-Clément, Sainte-Marie-Majeure, Sainte-Marie-du-Transtévère, pour les restaurations du milieu du XIIe siècle, oratoire du Sancta Sanctorum dans l'église Saint-Jean-de-Latran. Les Christ que peint Giotto reprennent le modèle de l'icône archeiropite (non faite de la main de l'homme) conservée dans la crypte de Saint-Jean-de-Latran ; de même, les imitations de tentures au bas des fresques d'Assise, les victoires ailées, les couronnes de laurier, comme sur la Crèche de Greccio, transposent un répertoire tiré de l'antique sur des décors qui évoquent irrésistiblement ceux de la peinture romaine. Ses compositions, aussi, jouent des architectures pour dresser un fond par rapport auquel les personnages acquièrent volume et espace où se mouvoir. C'est le cas à Assise ; ça l'est encore à Padoue. </font></pre><p><font size="3">En revanche, à Florence, dans la chapelle Peruzzi, quand il met en scène la Résurrection de Drusiana, Giotto essaie de libérer la représentation spatiale de la tyrannie de l'objet solide. Un mur traverse toute la composition et se continue vers la gauche ; il ne s'arrête ni sur la droite ni sur la gauche : Giotto renonce ainsi à suggérer par un mouvement des personnages, par la coupure de certains d'entre eux, ou la suppression d'une arête trop saillante dans une architecture, la prolongation de l'espace en dehors de la composition. Ici, la surface continue fuit doucement vers la gauche et conserve à la basilique, dont nous apercevons les dômes et les deux tours de garde, les qualités spatiales propres à une construction oblique. Par voie de conséquence, Giotto parvient à créer une foule composée d'individus, qu'il traite les uns par rapport aux autres et non plus en les agglomérant en un seul bloc. Même s'il doit encore beaucoup à sa formation classique, son style est parvenu à une profonde maturité personnelle.</font></pre><p><font size="3">Or, à chaque fois, Giotto semble vouloir peindre pour le public des lettrés « en vulgaire », selon l'expression de Dante qui, à peu près au même moment (le De vulgari eloquentia est écrit entre 1304 et 1306, à l'époque où Giotto peint dans la chapelle de l'Arena), cherche à s'adresser à ce nouveau public, et aux femmes tout particulièrement. Ce public du « style nouveau », en peinture comme en poésie, qui peut apprécier les ressources raffinées de l'« italique vulgaire », est aussi le public des trouvères et des romans de chevalerie, qui aime entendre conter les histoires du roi Arthur et de ses preux chevaliers. Par-delà leurs divergences, Giotto étant plutôt guelfe, Dante plutôt gibelin, la vision des deux artistes s'élève jusqu'à un dessein national. </font></pre><p><font size="3">(source du texte  : Encyclopedia Universalis)</font></pre><br /><p class="ta_img"><img border=0 src="http://www.blogg.org/afficher_image.php?id=306759&amp;img_x="></p>]]></description>
<category>LES PEINTRES ITALIENS</category>
<pubDate>Mon, 06 Feb 2006 06:14:36 +0000</pubDate>
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<title>CIMABUE</title>
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<description><![CDATA[<font face="book antiqua,palatino"><br /> </font> <blockquote>   <div align="justify"><font color="#000066"><br />   <br />   <br />   <br />   </font></div>   <font size="5" face="book antiqua,palatino" color="#000066"><span style="font-weight: bold">CIMABUE</span> <font size="4">(environ 1250-environ 1302)</font></font><font face="book antiqua,palatino" color="#000066"><br />   </font>   <div align="justify"><font color="#000066"><br />   <br />   <br />   </font><font size="3" face="book antiqua,palatino" color="#000066">Cimabue, de son vrai nom Cenni di Pepo, est document&eacute; de 1272 &agrave; 1302. Au chant XI du <span style="text-decoration: underline; font-style: italic">Purgatoire</span>, Dante, &eacute;voquant le changement des g&eacute;n&eacute;rations, le met ainsi en sc&egrave;ne : <span style="font-style: italic">&laquo;Il avait cru tenir le champ, et maintenant Giotto a la faveur&raquo;</span> (vers 94-96). Vasari ouvre avec lui la s&eacute;rie de ses Vies des peintres et des sculpteurs illustres : &laquo;<span style="font-style: italic">Cimabue, &eacute;crit-il, fut en quelque sorte la cause initiale du renouvellement de la peinture.</span>&raquo; &Agrave; un peu plus de deux si&egrave;cles d'intervalle, ces deux jugements ont l'avantage de cerner les difficult&eacute;s qui entourent cet artiste, dans sa vie comme dans son &oelig;uvre. D'une part, on lui attribue le renouveau de l'art de peindre en Italie ; d'autre part, on reconna&icirc;t son rapide d&eacute;passement par Giotto. C'est entre ces deux p&ocirc;les, qui, &agrave; vrai dire, ne sont pas aussi contradictoires qu'il y para&icirc;t, que s'esquisse un peu par d&eacute;faut la biographie du peintre.</font><font color="#000066"><br />   <br />   <br />   <br />   </font><font size="3" face="book antiqua,palatino" color="#000066"><font size="4"><span style="font-weight: bold"> 1. Une biographie lacunaire</span></font></font><font color="#000066"><br />   <br />   </font><font size="3" face="book antiqua,palatino" color="#000066">Les documents sur la vie et l'&oelig;uvre de Cimabue ne sont pas nombreux, et souvent d&eacute;cevants quand ils existent. Nous pouvons en juger par les quelques dates rep&egrave;res dont nous disposons mais qui ne sont pas toutes av&eacute;r&eacute;es dans les textes. Vers 1265-1268, Cimabue aurait r&eacute;alis&eacute; un grand crucifix peint sur du bois, pour l'autel de l'&eacute;glise Saint-Dominique &agrave; Arezzo . </font><font color="#000066"><br />   <br />   <br />   </font><font size="3" face="book antiqua,palatino" color="#000066">En 1272, il s&eacute;journerait &agrave; Rome quelque temps, peut-&ecirc;tre appel&eacute; par les Dominicains avec qui il &eacute;tait en relations : un texte le cite &agrave; propos de l'adoption par les moniales de l'ordre de Saint-Pierre Damien de la r&egrave;gle suivie par les Fr&egrave;res pr&ecirc;cheurs du couvent Saint-Sixte. Aurait-il &eacute;t&eacute; pri&eacute; de d&eacute;corer leur &eacute;glise pour l'occasion ? Nous n'en savons rien. Contrairement &agrave; ce qu'on a affirm&eacute;, il ne reste &agrave; Rome aucune trace de ses activit&eacute;s entre 1272 et 1276, sous le pontificat de Gr&eacute;goire IX. De plus, les fresques qu'il peint dans le transept de l'&eacute;glise sup&eacute;rieure de la basilique Saint-Fran&ccedil;ois, &agrave; Assise, ne doivent rien au langage figuratif romain, tel qu'il se d&eacute;veloppe &agrave; peu pr&egrave;s au m&ecirc;me moment dans l'oratoire du Sancta Sanctorum.</font><font color="#000066"><br />   <br />   <br />   <br />   </font><font size="3" face="book antiqua,palatino" color="#000066">En 1272 toujours, il ach&egrave;ve de peindre &agrave; Florence, dans l'&eacute;glise franciscaine de Santa Croce, le crucifix de bois restaur&eacute; depuis l'alluvionnement de l'Arno, en 1966, qui le rendit c&eacute;l&egrave;bre. En 1277 et en 1278, il travaille &agrave; la d&eacute;coration du transept dans l'&eacute;glise sup&eacute;rieure d'Assise : il se trouve plac&eacute; &agrave; la t&ecirc;te de la premi&egrave;re &eacute;quipe d'artistes italiens, comptant des Romains, avec Jacopo Torriti entre autres, des Siennois, tel Duccio di Buoninsegna, des Florentins aussi, parmi lesquels le Ma&icirc;tre d'Isaac qui serait le jeune Giotto di Bondone. </font><font color="#000066"><br />   <br />   </font><font size="3" face="book antiqua,palatino" color="#000066">Apr&egrave;s une br&egrave;ve interruption, une deuxi&egrave;me campagne d&eacute;bute sous sa conduite, en 1279. &Agrave; partir de cette date, les rep&egrave;res se brouillent : il peindrait une Vierge &agrave; l'Enfant, en majest&eacute;, pour l'autel de l'&eacute;glise des Servites &agrave; Bologne, peut-&ecirc;tre en collaboration avec Duccio ; vers 1285, il termine une autre Majest&eacute; destin&eacute;e &agrave; l'autel de la Sainte-Trinit&eacute;, &agrave; Florence ; de cette &eacute;poque doit aussi dater la Majest&eacute; aujourd'hui conserv&eacute;e &agrave; Turin, dans la collection Sabauda ; il aurait &eacute;galement peint une Majest&eacute; pour l'&eacute;glise du couvent Saint-Fran&ccedil;ois, &agrave; Pise, tandis qu'il aurait peint &agrave; fresque &agrave; Assise, dans l'&eacute;glise inf&eacute;rieure (une Vierge tenant l'Enfant) et dans l'&eacute;glise de Sainte-Marie-des-Anges (un saint Fran&ccedil;ois). En 1301-1302, il est charg&eacute; d'une partie de la mosa&iuml;que qui d&eacute;core l'abside du d&ocirc;me de Pise. Il meurt au cours de l'ann&eacute;e 1302. Dans sa carri&egrave;re, assez longue selon les crit&egrave;res du temps, Cimabue exer&ccedil;a un r&ocirc;le de premier plan sur de tr&egrave;s grands chantiers, tel celui d'Assise, et marqua la g&eacute;n&eacute;ration suivante, notamment Duccio et Giotto.</font><font color="#000066"><br />   <br />   </font><font size="3" face="book antiqua,palatino" color="#000066"><font size="4" style="font-weight: bold"> 2. L'invention d'un langage figuratif</font></font><font color="#000066"><br />   <br />   </font><font size="3" face="book antiqua,palatino" color="#000066">L'apport de Cimabue, la qualit&eacute; que lui reconnaissent Dante puis Vasari tiennent &agrave; l'invention d'un langage figuratif, pouvant concurrencer les langages byzantins et illustrer une nouvelle mani&egrave;re de peindre. Il serait en quelque sorte &agrave; la source d'un art &laquo;illustre&raquo;, pour reprendre l'expression que Dante emploie dans son <span style="font-style: italic">De vulgari eloquentia </span>(1304-1306) quand il parle d'un &laquo;illustre italien&raquo; susceptible de rivaliser avec la langue latine. Cela se traduirait par l'abandon progressif des arts somptuaires, pour la ma&icirc;trise de plus en plus affirm&eacute;e des ressources d'une peinture sur bois, a tempera. &Agrave; Assise, dans le transept, et en particulier sur la grande Crucifixion du bras nord, Cimabue demeure encore tr&egrave;s proche de la peinture constantinopolitaine, telle qu'on la pratique alors &agrave; la cour des Pal&eacute;ologues : ses figures sont d'un style tr&egrave;s expressif, les mouvements brusques, les contours rendus par des traits hachur&eacute;s. De la m&ecirc;me fa&ccedil;on, sa vaste composition s'inspire directement des programmes de d&eacute;coration des &eacute;glises byzantines : il dispose les &eacute;vang&eacute;listes sur la vo&ucirc;te de la crois&eacute;e puis, sur les murs, les peintures repr&eacute;sentant des &eacute;pisodes de la Vie de Marie, de l'Apocalypse, des Vies des saints Pierre et Paul. Toutefois, un sentiment tout personnel de l'espace perce dans le rendu en perspective oblique des architectures qui abritent ses &eacute;vang&eacute;listes. </font><font color="#000066"><br />   <br />   </font><font size="3" face="book antiqua,palatino" color="#000066">Le style change plus nettement avec la Majest&eacute; de Marie qu'il peint pour le couvent Saint-Fran&ccedil;ois, &agrave; Pise : une profonde s&eacute;r&eacute;nit&eacute; commence &agrave; envahir ses compositions et se traduit par l'&eacute;l&eacute;gance des lignes et l'unit&eacute; des formes. Dans les grands crucifix qu'il ex&eacute;cute &agrave; Arezzo, mais surtout &agrave; Florence dans l'&eacute;glise Santa Croce, Cimabue d&eacute;ploie une sensibilit&eacute; nouvelle au model&eacute; du corps, tout en courbes et en volume, &agrave; la l&eacute;g&egrave;ret&eacute; des apparences vues &agrave; travers une gaze, par exemple &agrave; Santa Croce, et non plus &agrave; travers un pagne (perizonium) de couleur opaque, comme encore &agrave; Arezzo. &Agrave; la fin de sa vie, travaillant &agrave; un saint Jean en mosa&iuml;que, dans l'abside du d&ocirc;me de Pise, il r&eacute;ussit &agrave; allier la monumentalit&eacute; &agrave; la gr&acirc;ce : l'ampleur de ses drap&eacute;s, la richesse de ses mati&egrave;res donnent &agrave; la figure une forte assise, tout en lui conservant une apparence naturelle par le rendu d&eacute;licat du visage et de la chevelure. Son personnage contraste avec les autres, trapus, &acirc;pres parfois, qui sont sans doute l'&oelig;uvre d'un artiste florentin, form&eacute; dans la mouvance de Coppo di Marcovaldo (document&eacute; de 1225/1230 &agrave; 1280). Or, au d&eacute;but de son apprentissage, Cimabue a pu &eacute;tudier (ou conna&icirc;tre) le style du vieux ma&icirc;tre : &agrave; la suite de son &eacute;volution personnelle, presque tout d&eacute;sormais l'en s&eacute;pare.</font><font color="#000066"><br />   <br />   </font><font size="3" face="book antiqua,palatino" color="#000066"><font size="4"><span style="font-weight: bold"> 3. Nouveau style, nouveau public</span></font></font><font color="#000066"><br />   <br />   </font><font size="3" face="book antiqua,palatino" color="#000066">En peinture, Cimabue peut donc rivaliser avec les arts somptueux de l'Orient grec. Apr&egrave;s lui, &agrave; Sienne particuli&egrave;rement, cette tendance s'affirmera avec Duccio d&eacute;j&agrave;, mais surtout avec Simone Martini. Le premier, Cimabue utilise le support de bois enduit et peint a tempera, pour traduire aux yeux du patriciat urbain d'une commune de l'Italie centrale les effets prestigieux de l'art de cour raffin&eacute; des Pal&eacute;ologues. Sa fortune r&eacute;sulte ainsi d'un complet changement de registres, technique, formel et social : par l&agrave;, il int&eacute;resse &agrave; l'art de la peinture une g&eacute;n&eacute;ration enti&egrave;re qui se retrouvera dans les &oelig;uvres de Duccio, de Giotto, de Simone Martini. </font><font color="#000066"><br />   <br />   </font><font size="3" face="book antiqua,palatino" color="#000066">En raison de son succ&egrave;s aupr&egrave;s d'une client&egrave;le riche et influente, il obtient toute latitude pour mettre son savoir-faire au service du pouvoir politique dans sa ville et dans les villes alli&eacute;es. Les &oelig;uvres dont il re&ccedil;oit la charge, les chantiers qu'il dirige comme ma&icirc;tre d'&oelig;uvre, tout se situe &agrave; l'int&eacute;rieur de l'alliance guelfe qui regroupe quelques communes d'Italie centrale, avec le soutien de la papaut&eacute;. Sa compr&eacute;hension des int&eacute;r&ecirc;ts communaux vaut &agrave; ses peintures, notamment ses Majest&eacute;s de Marie, figure embl&eacute;matique des cit&eacute;s guelfes, une reconnaissance qui est aussi esth&eacute;tique. Le processus est complexe et nouveau dans l'art occidental. La Majest&eacute; mariale qu'il peint pour l'autel de l'&eacute;glise de la Sainte-Trinit&eacute; , &agrave; Florence, vers 1285, est exemplaire &agrave; cet &eacute;gard. </font><font color="#000066"><br />   <br />   <br />   <br />   <br />   </font><font size="3" face="book antiqua,palatino" color="#000066">Depuis la fin du XIIe si&egrave;cle, l'&eacute;glise sert d'&eacute;difice paroissial. La commande est adress&eacute;e &agrave; Cimabue au moment o&ugrave;, sous l'influence de la politique g&eacute;n&eacute;rale de la commune, on choisit le patronage de la Vierge Marie. Dans l'iconographie, le peintre suit un projet officiel. Mais, surtout, il enrichit la composition du tr&ocirc;ne en imitant les incrustations d'&eacute;maux et les filigranes dor&eacute;s qui, d'ordinaire, ornent les orf&egrave;vreries religieuses. Il rend de la sorte la pr&eacute;ciosit&eacute; des mati&egrave;res et recr&eacute;e l'illusion de la r&eacute;alit&eacute;, chatoyante, luxueuse, d'un reliquaire. La repr&eacute;sentation qu'il donne du tr&ocirc;ne monumental doit beaucoup aux sculptures de Nicola Pisano et &agrave; la Vierge tr&ocirc;nant avec l'Enfant de l'artiste toscan qui travaille dans l'abbaye de Sant'Antimo, autour des ann&eacute;es 1260. En reprenant certaines formes, Cimabue modernise le th&egrave;me trait&eacute; en imprimant &agrave; ses motifs un accent gothique appuy&eacute;, tel l'arc de forme ogivale qui orne le dessous du marchepied, et en imitant un d&eacute;cor de marqueterie. Il d&eacute;montre sa grande virtuosit&eacute; formelle, ce qui lui permet malgr&eacute; tout de conserver pour trame de sa composition l'ancien tr&ocirc;ne que repr&eacute;sentait, entre autres artistes, Coppo di Marcovaldo. </font><font color="#000066"><br />   <br />   <br />   <br />   <br />   </font><font size="3" face="book antiqua,palatino" color="#000066">Sous l'influence de Duccio, Cimabue peint une nouvelle Majest&eacute;, aujourd'hui au mus&eacute;e du Louvre, &agrave; Paris, dans laquelle il adopte plus vigoureusement un style gothique, &agrave; la fran&ccedil;aise, pla&ccedil;ant &agrave; la base du tr&ocirc;ne des arcatures doubles et triples pour sugg&eacute;rer un &eacute;lan vertical, ou &eacute;voquant &agrave; travers ses couleurs aux teintes pr&eacute;cieuses les p&acirc;tes de verres iris&eacute;s qui, &agrave; cette date, remplacent dans la d&eacute;coration de l'ameublement l'emploi d'&eacute;maux translucides. Il rejoint ici Duccio et les Siennois, mais s'&eacute;carte de leur pr&eacute;ciosit&eacute; pour mieux cerner les r&eacute;alit&eacute;s qu'il prend comme sujet de sa peinture.</font><font color="#000066"><br />   <br />   </font><font size="3" face="book antiqua,palatino" color="#000066">Cimabue assure la transition entre deux &eacute;poques et deux mani&egrave;res de voir. Parvenant &agrave; la synth&egrave;se, en milieu urbain, des valeurs de l'art de cour, il a pu inventer un langage figuratif original qui met &agrave; distance l'art byzantin et retrouve, d'une certaine mani&egrave;re, les pratiques toscanes. </font><font color="#000066"><br />   <br />   </font><font size="3" face="book antiqua,palatino" color="#000066">(Source du texte : Encyclopedia Universalis)</font><font color="#000066"><br />   <br />   </font></div>   <br /> </blockquote><p class="ta_img"><img border=0 src="http://www.blogg.org/afficher_image.php?id=306055&amp;img_x="></p>]]></description>
<category>LES PEINTRES ITALIENS</category>
<pubDate>Thu, 02 Feb 2006 17:19:05 +0000</pubDate>
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