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<copyright>Copyright 2008 Blogg</copyright>
<pubDate>Tue, 18 Jun 2013 09:11:55 +0200</pubDate>
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<description>Tant de nuits</description>
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<title>Histoires d'écrire</title>
<language>fr</language>
<category>Blogg</category>
<ttl>60</ttl>
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<title>Dimanche</title>
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<description><![CDATA[<div class="entree-corps"><span style="font-family: Verdana; font-size: 10pt;"><span style="color: #333333; font-family: Verdana; font-size: 10pt;"><img src="http://scrat.hellocoton.fr/img/classic/je-n-aurai-pas-le-temps-pas-le-temps-7902472.png" alt="" width="267" height="200" /></span></span></div>
<div class="entree-corps" style="text-align: justify;"><span style="font-family: Verdana; font-size: 10pt;"><span style="color: #333333; font-family: Verdana; font-size: 10pt;">6h30 : avant de me lever, je plonge dans la lecture de &laquo; Les lions du Panshir&raquo;. 1982, Jean-Pierre a trahi Jane et les habitants de la vall&eacute;e. Jane s'enfuit avec Ellis dans le Nuristan, &agrave; travers les montagnes d'Afghanistan. Je n'aurai pas le temps.<br />7h : douche rapide. Quel temps fait-il ? choisir des v&ecirc;tements, se coiffer. J'ai une mine blanche et grise, les cheveux en bataille. Le miroir est terrible, la cinquantaine est proche. Se maquiller. Pr&eacute;parer le petit d&eacute;jeuner, celui de ma fille, le mien. Ranger la maison, descendre la chienne, ne pas oublier de fermer les fen&ecirc;tres. Je n'aurai pas le temps.<br />8h27 : je d&eacute;pose ma fille devant la cour de son &eacute;cole, j'ach&egrave;te une baguette &agrave; l'ancienne : &laquo; Bonjour, pas de croissants ce matin ? &raquo;, le boulanger est sympathique. Tous les jours il est l&agrave; avec sa camionnette sur le parking de l'&eacute;cole. J'&eacute;coute Europe 1 : Elkabach, qui agace ses invit&eacute;s et moi aussi, ou bien des chansons fran&ccedil;aises que je reprends en refrain. La route dans les champs fleuris. Les croisements. L'arriv&eacute;e au lac. Je n'aurai pas le temps.<br />8h45. Saluer Hom&egrave;re qui se laisse caresser gentiment, malgr&eacute; son allure de molosse. Remercier G&eacute;g&eacute; pour le caf&eacute; du matin. V&eacute;rifier la tr&eacute;sorerie, penser &agrave; rappeler Gad. Ouvrir les dossiers, les refermer, r&eacute;pondre aux fournisseurs, improviser, recompter, d&eacute;compter, saluer les artistes, plaisanter avec mes coll&egrave;gues, imiter les blondes. Je n'aurai pas le temps.<br />11h30 : La Merc&eacute;d&egrave;s a franchi la grille : &laquo; bonjour, Monsieur le Pr&eacute;sident. &raquo; L'heure du repas approche, l'apr&egrave;s-midi au m&ecirc;me rythme. Je n'aurai pas le temps.<br />18h30 : retour &agrave; la maison, j'embrasse mon mari et nos filles : &laquo; Comment s'est pass&eacute;e ta journ&eacute;e ? &raquo; S'activer pour le repas du soir. Dans la cuisine, j'aide ma fille &agrave; faire ses devoirs : la conjugaison des verbes irr&eacute;guliers ou la circulation sanguine. Ruquier &agrave; la t&eacute;l&eacute; pour se d&eacute;tendre. Le journal de 20 h. &laquo; Il est l'heure de te mettre en pyjama, n'oublie pas de te brosser les dents &raquo;. &laquo; Oui, maman. &raquo; Au lit. &laquo; Maman ch&eacute;rie que j'adore, un bisou. J'ai soif. &raquo; Je n'aurai pas le temps.<br />21 heures : J'ouvre mes cahiers. J'ouvre mon ordinateur. Je ferme mes oreilles. J'entends le bourdonnement d'une rivi&egrave;re qui chute et je vois les montagnes enneig&eacute;es d'Afghanistan. Je commence d'&eacute;crire. Je prendrai le temps.<br /><br />J'avais oubli&eacute;, aujourd'hui, on est dimanche !</span><span style="color: #333333;"> <br /></span></span></div>]]></description>
<category>Nouvelles d'hier</category>
<pubDate>Sun, 26 May 2013 09:11:50 +0000</pubDate>
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<title>Lettre muette</title>
<link>http://www.blogg.org/blog-34499-billet-1468891.html</link>
<description><![CDATA[<p><img src="https://fbcdn-sphotos-c-a.akamaihd.net/hphotos-ak-ash3/s480x480/943333_10201240834012581_1710461544_n.jpg" alt="" width="200" height="229" /></p>
<p><span style="font-size: large;">T'&eacute;crire une lettre muette, http &ccedil;a commence toujours ainsi non&nbsp;? Avec des barres et sans accent.  Pour errer sur la toile quoi de mieux qu'une lettre muette qui oublie les pans entiers du blanc de la nuit. La 4G ne remplace pas la 3D du r&eacute;el. Point de r&eacute;el sans l'imaginaire f&eacute;cond. Source de sensation et d'&eacute;moi qui puise dans les &eacute;nergies obscures des cieux immacul&eacute;s. Noces tragiques quand la trique &eacute;coule sa nostalgie.&nbsp; </span></p>]]></description>
<category>Nuits blanches</category>
<pubDate>Sun, 19 May 2013 20:27:37 +0000</pubDate>
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<title>Promesse</title>
<link>http://www.blogg.org/blog-34499-billet-1464697.html</link>
<description><![CDATA[<p>La voie lact&eacute;e roule<br />Son &eacute;charpe de lumi&egrave;re<br />A mon cou glac&eacute;.</p>
<p>-----------------</p>
<p><br />La lune de lumi&egrave;re&nbsp; <br />Incline son doux visage&nbsp; <br />Au coeur de la terre</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>----------------</p>
<p>L'&eacute;toile scintille<br />Au firmament de la page<br />Son r&ecirc;ve infini&nbsp;</p>
<p>---------------</p>
<p>Sous un manteau de fleurs<br />Les amoureux combl&eacute;s<br />Dorment au printemps</p>
<p>&nbsp;</p>]]></description>
<category>Ha&#195;&#175;ku</category>
<pubDate>Mon, 06 May 2013 21:35:09 +0000</pubDate>
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<title>Le fils d'Anna</title>
<link>http://www.blogg.org/blog-34499-billet-1461297.html</link>
<description><![CDATA[<p style="text-align: justify;"><em>Le train. </em><br /><em>Dans chaque tour de roue, ton visage incrust&eacute; comme dans les vieux films am&eacute;ricains. </em><br /><em>Le train. </em><br /><em> Le petit pied en bottine d'Anna Kar&eacute;nine descendant la derni&egrave;re marche. </em><br /><em>Le train. </em><br /><em> Les visages meurtris des peuples en d&eacute;part pour les champs barbel&eacute;s. </em><br /><em>Le train. <br /></em><br /><br />Bonjour, je suis content que tu sois revenu. La derni&egrave;re fois, tu n'es pas rest&eacute; longtemps. <br />Mon p&egrave;re a t&eacute;l&eacute;graphi&eacute;, il viendra me chercher la semaine prochaine. Il m'emm&egrave;ne avec lui au Canada. Je ne connais pas le Canada. Lui, il habite l&agrave;-bas. C'est lui qui m'a donn&eacute; ce v&eacute;lo. Il a demand&eacute; &agrave; la dame du bureau de l'acheter pour moi, et moi j'ai choisi la couleur. Bleu comme le ciel o&ugrave; elle dort maintenant. Elle ne pleure plus l&agrave;-bas parce qu'il y a plein d'anges qui l'entourent. Ici, elle avait trop peur. <br />Fais voir tes mains, elles sont grandes, si longues. Qu'est-ce que tu fais avec elles ? Tes ongles sont doux. J'aimais bien caresser ses mains &agrave; elle, elle avait des ongles tout petits et roses comme des bonbons, je les l&eacute;chais et elle riait, &ccedil;a suffisait &agrave; la rendre gaie. Souvent elle me serrait dans ses bras tr&egrave;s tr&egrave;s fort et elle pleurait, longtemps. Je cachais ma t&ecirc;te dans ses genoux parfum&eacute;s. Je la regardais, moi je ne pleurais pas. Je n'avais pas mal. Je me taisais et elle me serrait tr&egrave;s fort dans ses bras. <br /> Un soir, dans l'entr&eacute;e, &ccedil;a sentait la vanille. Maman avait pr&eacute;par&eacute; un flan, c'&eacute;tait s&ucirc;rement cela. Tous ces jours-ci j'avais march&eacute; lentement sur le trajet de l'&eacute;cole pour revenir &agrave; la maison. J'attendais qu'elle vienne me chercher. Mais elle disait toujours : &laquo;Je n'ai pas le temps ce soir, Simon, demain peut-&ecirc;tre. Viens mon bonhomme, j'ai envie de t'embrasser.&raquo; Elle me serrait tr&egrave;s fort et elle m'embrassait. C'&eacute;tait &eacute;tonnant qu'elle ait pr&eacute;par&eacute; un flan. Comment avait-elle trouv&eacute; le temps ? <br />Une fois, mon p&egrave;re, il y a longtemps m'a offert un chien. Il &eacute;tait venu en France expr&egrave;s pour me l'apporter ; ce n'&eacute;tait pas vrai qu'il &eacute;tait venu expr&egrave;s mais c'&eacute;tait gentil de me le dire. Je ne savais pas quel nom donner &agrave; mon chien. Maman a choisi : Indra parce qu'il &eacute;tait rouge comme la guerre elle disait.  Le soir quand je revenais de l'&eacute;cole il se jetait dans mes jambes, je ne l'ai jamais entendu aboyer. Mon p&egrave;re disait qu'il avait d&ucirc; souffrir quand il &eacute;tait petit parce qu'il tremblait au moindre bruit. Maman, elle, ne savait pas trop si elle l'aimait : elle lui donnait &agrave; manger, &ccedil;a lui prenait du temps et souvent elle n'&eacute;tait pas l&agrave;, alors Indra et moi on pr&eacute;parait quelque chose pour tous le deux et on regardait la t&eacute;l&eacute;, les films on aimait bien. Les dessins anim&eacute;s aussi, quand ils faisaient rire. Et un jour, il est mort.  <br />Pourquoi tu es parti ? J'aimais bien quand tu &eacute;tais &agrave; la maison avec nous. Maman aussi, elle riait tout le temps. Elle passait sa main dans mes cheveux et tout de suite apr&egrave;s dans les tiens quand on jouait par terre tous les deux. J'ai appris des tas de jeux avec toi, j'aimais bien celui avec les pions rouges et blancs. Et surtout tu avais amen&eacute; ton train vert. Des heures on le regardait tourner : il passait sous un tunnel et un passage &agrave; niveau emp&ecirc;chait les voitures de passer. A No&euml;l, j'avais pr&eacute;par&eacute; mes chaussures et les siennes, c'&eacute;taient des bottes blanches. Le cirage blanc sentait bon, j'ai mis longtemps pour les blanchir. Elle portait ses bottes blanches quand le train est pass&eacute;. <br /> Ici, je n'aime pas les autres enfants, ils disent que je n'ai pas de maman, je les entends quand je passe pr&egrave;s d'eux et m&ecirc;me s'ils ne disent rien, je vois leurs l&egrave;vres remuer. Je pars sur mon v&eacute;lo et je fais le tour du parc. Les oiseaux ne disent rien, ils chantent mais quand ils me voient ils s'envolent. Heureusement tu es venu. Hier, j'ai vu un &eacute;cureuil. Il s'est assis sur la pelouse et me regardait avancer. Il n'avait pas peur de moi, peut-&ecirc;tre lui aussi il n'a pas de maman. Ses yeux &eacute;taient ronds et humides, puis il a bondi deux ou trois fois dans ma direction, je ne bougeais plus et nous avons parl&eacute; longtemps. Puis il a d&ucirc; partir pour travailler. J'ai attendu un peu parce que c'&eacute;tait bon de respirer le parc l&agrave; o&ugrave; mon ami s'&eacute;tait promen&eacute;. Les arbres ont cach&eacute; le soleil et un chien a aboy&eacute;. Alors j'ai roul&eacute; tr&egrave;s vite, la t&ecirc;te baiss&eacute;e sur mon guidon, j'&eacute;tais poursuivi mais ils ne me rattraperaient pas, je roulais trop vite, plus vite qu'eux. J'ai entendu leur voiture, elle &eacute;tait rouge. J'ai pris le virage &agrave; toute allure, et leurs pneus ont criss&eacute;, l'arbre a hurl&eacute; : ils s'&eacute;taient &eacute;cras&eacute;s contre le tronc. Il &eacute;tait devenu tout rouge &ndash;la voiture et le sang-. Le soleil &eacute;tait tout aplati et rouge au bout du ciel. Je suis rentr&eacute;, essouffl&eacute;, l'infirmi&egrave;re m'attendait, celle que j'aime bien, Nathalie, sa bouche remue tout le temps et souvent elle mord ses l&egrave;vres comme &ccedil;a. On dirait qu'elle suce des bonbons. <br /> &laquo; J'ai envie d'&ecirc;tre tendre. J'aimerais te voir davantage, chez toi, ou chez moi. Loin des autres. Prendre ta main ou simplement te regarder. Je n'ai pas os&eacute; te demander de rester cette nuit. Je ne savais pas moi-m&ecirc;me si j'en avais envie. Comme si j'&eacute;tais absente, comme si le fil qui me reliait &agrave; l'univers, aux autres, n'avait jamais &eacute;t&eacute; que chim&egrave;re. &raquo; <br />Elle &eacute;crivait beaucoup, quand tu n'&eacute;tais pas l&agrave;. C'&eacute;tait moi qui postais ses lettres quand elle n'avait plus la force de se lever. Ces jours-l&agrave;, le lit restait d&eacute;fait et &agrave; tout moment elle glissait dans les draps, les couvertures en d&eacute;sordre. Elle restait immobile, les yeux ouverts et guettait le plafond. Je faisais comme elle et mes yeux suivaient les t&acirc;ches noires qui brillaient entre mes cils. Jamais je ne parvenais &agrave; les fixer tout &agrave; fait, elles basculaient toujours plus vite que mes yeux. Et puis j'apportais mes jeux, des livres avec des images. On avait faim, elle apportait un plateau avec des tartines de beurre, du chocolat, des jus de fruit, des fruits, elle essayait de lire un magazine, on choisissait de la musique. La radio l'ennuyait, on &eacute;coutait des disques. <br />Le lit s'emplissait de toutes ces choses et quand on s'endormait tr&egrave;s tard il faisait nuit, tout roulait sur nous et les miettes la g&ecirc;naient. Alors on se relevait et on chantait &agrave; tue-t&ecirc;te pour que les d&eacute;mons sortent de la maison et on posait les disques, les livres, les jeux, les noyaux des fruits, les papiers d'aluminium, tout &ccedil;a par terre, au pied du lit. Apr&egrave;s on tirait tr&egrave;s fort les draps dans tous les sens et elle tirait plus fort que moi et je basculais dans le lit, on recommen&ccedil;ait. Elle &eacute;teignait la lampe et on joignait nos mains dans le noir pour notre pri&egrave;re du soir. Elle la r&eacute;citait lentement et moi je r&eacute;p&eacute;tais : &laquo; Merci mon dieu de me donner chaque jour cet enfant-l&agrave; (moi je disais cette maman-l&agrave;). &raquo; On finissait toujours notre pri&egrave;re par cette phrase.   <br />&laquo; Je me r&eacute;veille avec l'&acirc;me boursoufl&eacute;e d'un damn&eacute;. Parce que tu me d&eacute;daignes ? Faudra-t-il toujours r&eacute;p&eacute;ter les m&ecirc;mes gestes ? Comme si certaines sc&egrave;nes de la vie se r&eacute;p&eacute;taient &agrave; l'infini, parce qu'on a perdu la cl&eacute; de leurs myst&egrave;res. La porte reste obstin&eacute;ment ferm&eacute;e. J'ai voulu revoir des photos anciennes o&ugrave; j'&eacute;tais encore en boucles blondes, avec le regard cern&eacute; de l'enfance. D&eacute;j&agrave; le sang noir coulait &agrave; flot. Ce matin, je suis damn&eacute;e et toi tu rayonnes comme une amulette sacr&eacute;e. &raquo; <br />A la maison, on gardait une bo&icirc;te magique. Une grande bo&icirc;te en fer peinte : des femmes &eacute;tendues, presque nues, prenant leur bain. &laquo;Ce sont des femmes qui vivent dans un harem &raquo;, m'expliquait-elle. Qu'est-ce que c'est un harem ? Elle r&eacute;pondait : &laquo; Un appartement o&ugrave; vivent les femmes. &raquo; Ici aussi c'est un harem ? &laquo;Oui, et toi tu es le fils du prince. Toi seul &ndash;et le prince bien s&ucirc;r- vous pouvez p&eacute;n&eacute;trer dans l'appartement. &raquo; Comment il est le prince ? &laquo; Le jour il s'habille tout en noir, avec un longue djellaba. Dans sa ceinture, il a gliss&eacute; un poignard effil&eacute; au manche d'ivoire. Ses yeux sont noirs. Il re&ccedil;oit ses sujets, juge leurs querelles, boit dans des calices d'or. Il rince ses longues mains dans des coupes dont le fond est recouvert d'&eacute;mail translucide. Des serviteurs versent de l'eau fra&icirc;che. Le soir arrive, des femmes le d&eacute;v&ecirc;tent, le baignent et le parfument d'huile pr&eacute;cieuse. Elles lui tendent des v&ecirc;tements blancs, en &eacute;toffe l&eacute;g&egrave;re et lui seul les agrafe et dans sa ceinture brod&eacute;e il glisse un poignard au manche d'&eacute;b&egrave;ne. Ses femmes l'attendent. Mais lui en pr&eacute;f&egrave;re une, qui le regarde toujours sans baisser les yeux. &raquo; Dis, elle te ressemble ? Elle riait. &laquo;Peut-&ecirc;tre. Non, mes yeux pleurent trop souvent. Je suis laide, elle est tr&egrave;s belle.&raquo; <br />Je ne la croyais pas. Parce qu'elle avait la peau si douce, les yeux si grands, elle &eacute;tait belle. Certains jours on rangeait tout dans la maison. Elle avait d&eacute;cid&eacute; que le d&eacute;sordre devenait insupportable. On rangeait ensemble, pour jouer. On s'arr&ecirc;tait souvent parce qu'il y avait toujours un nouveau jeu &agrave; inventer avec les souvenirs : ses vieilles robes qu'elle triait, les pulls qu'elle entassait dans les placards, ces jours-l&agrave; elle les ressortait et moi je les pliais avec soin ; elle d&eacute;froissait tous ses foulards avec les mains ou les passait autour de ma taille pour me d&eacute;guiser en elfe. De toute fa&ccedil;on on retombait toujours sur la bo&icirc;te en fer. Tout &eacute;tait &eacute;parpill&eacute; mais nous on s'asseyait sur le tapis et on sortait les photos en couleurs quand j'&eacute;tais petit et celles en noir et blanc quand elle &eacute;tait petite. Sur l'une d'elles mon p&egrave;re me tenait par les pieds pour jouer au moulin. Nos bouches riaient tr&egrave;s fort. Maman disait: &laquo; Voil&agrave; la t&ecirc;te du roi et celle du prince, comme dans les cartes. &raquo; Et elle retournait la photo pour que je me voie dans le bon sens. Maman on ne le la voyait pas sur la photo mais je me souviens qu'elle riait avec nous quand elle nous a photographi&eacute;s. Je pr&eacute;f&eacute;rais celle o&ugrave; elle souriait en regardant son p&egrave;re, elle lui tenait la main, elle avait six ans. Son p&egrave;re ne la regardait pas, son regard suivait l'&oelig;il du photographe, mais maman, en petite fille, s'accrochait &agrave; sa main et &agrave; son sourire. Maman pr&eacute;f&eacute;rait celle o&ugrave; je portais un costume marin : une veste marine courte avec un col &agrave; large revers blanc qui flottait dans mon dos. Le pantalon &eacute;tait long et large et se boutonnait avec quatre boutons, deux de chaque c&ocirc;t&eacute; comme les marins. Je me tiens debout les mains dans les poches et je regarde sans sourire maman qui photographie. Pour la photo elle m'a pr&ecirc;t&eacute; un de ses chapeaux, tout blanc tr&egrave;s large et je l'ai rejet&eacute; en avant parce qu'il retombe sur mes yeux. J'ai pos&eacute; mon voilier derri&egrave;re moi, il chavire sur le sol. &laquo; Simon, ne bouge pas. Pourquoi ne souris-tu pas ? Bon, tr&egrave;s bien, oui, tu es adorable. J'ai envie de te croquer, de croquer le petit marin. &raquo; C'&eacute;taient ses mots : adorable, &agrave; croquer, tu me fais fondre. Elle les r&eacute;p&eacute;tait les jours de soleil. <br /> Il y avait du soleil quand on est entr&eacute; dans la gare. Mais les quais &eacute;taient encore mouill&eacute;s de toutes les pluies de l'automne. Elle tenait ma main. Elle avait beaucoup pleur&eacute; le matin en fermant les valises. Au t&eacute;l&eacute;phone elle avait demand&eacute; : &laquo; Tu viendras nous rejoindre, n'est-ce pas ? D&egrave;s que tu auras termin&eacute; ton travail. Je dois partir seule, oui j'ai les billets, tu me les as confi&eacute; hier soir. Tu avais promis. Ce n'est plus possible. Non je ne te reproche rien. C'est la vie, oui, je t'&eacute;cris d&egrave;s mon arriv&eacute;e.&raquo; <br />Sur le quai elle s'est tordue le pied, on annon&ccedil;ait un rapide qui volait vers le sud, ce n'&eacute;tait pas encore notre train. Elle avait les yeux rouges et pin&ccedil;ait ses l&egrave;vres. Elle a l&acirc;ch&eacute; ma main. Elle a couru un peu et le train arrivait. <br />Apr&egrave;s le sang a &eacute;clabouss&eacute; mes mains et ma bouche. Les autres ont cri&eacute; et le train a frein&eacute; dans un grand bruit. J'avais si chaud dans tout mon corps, et mes jambes &eacute;taient, comme dans un bain chaud, toutes molles. Alors je n'ai plus rien vu, plus rien entendu. <br /> Ce matin, je suis all&eacute; au fond du parc. Maman racontait l'histoire de ce roi qui avait une corne d'or dans sa chevelure. Seul son barbier le savait et il avait promis de ne jamais r&eacute;v&eacute;ler ce secret &agrave; quiconque. Mais le secret envahissait son ventre et il grossissait tellement qu'il allait &eacute;clater. Un jour, il est all&eacute; dans le d&eacute;sert et &agrave; tous les vents il a cri&eacute; : &laquo; Le roi a une corne d'or dans les cheveux ! &raquo; Trois fois, et son ventre s'est d&eacute;gonfl&eacute; ; il est revenu au palais. <br />Au fond du parc, j'ai cri&eacute; : &laquo; Ma maman est morte ! &raquo; Trois fois et j'ai pleur&eacute;. Je suis tomb&eacute; dans l'herbe, j'ai senti la terre froide entrer dans mon nez. Puis j'ai regard&eacute; le ciel, il &eacute;tait bleu, un seul nuage. Elle me regardait. Apr&egrave;s, je suis retourn&eacute; &agrave; la grande maison et tu es arriv&eacute;. C'est elle qui t'envoie ?</p>]]></description>
<category>Nouvelles d'hier</category>
<pubDate>Thu, 25 Apr 2013 21:18:29 +0000</pubDate>
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<title>Le pauvre roi à sa ménade</title>
<link>http://www.blogg.org/blog-34499-billet-1455876.html</link>
<description><![CDATA[<p><span style="color: #000000;"><img src="http://mythologica.fr/grec/pic/Penthee_menades.jpg" alt="" width="400" height="241" /></span></p>
<p><span style="color: #000000;">Evoh&eacute;, &eacute;voh&eacute;</span></p>
<p><span style="color: #000000;">Pauvre roi sans royaume<br /></span><span style="color: #000000;">Qu&rsquo;est-ce que tu fous<br /></span><span style="color: #000000;">Sur la colline dans minuit qui s&rsquo;annonce<br /></span><span style="color: #000000;">Regarde les bosquets bougent<br /></span><span style="color: #000000;">Agav&eacute; va surgir sous ses voiles<br /></span><span style="color: #000000;">Qui cachent ses m&eacute;tamorphoses<br /></span><span style="color: #000000;">Ah non elle court nue splendide sous la lune<br /></span><span style="color: #000000;">Elle a bu tous les vins de son amant divin<br /></span><span style="color: #000000;">La voil&agrave; avec son regard vert qui d&eacute;gouline<br /></span><span style="color: #000000;">Pauvre roi, Agav&eacute; ne te conna&icirc;t pas<br /></span><span style="color: #000000;">Elle va te d&eacute;membrer, <br /></span><span style="color: #000000;">Tu le sais &ccedil;a <br /></span><span style="color: #000000;">Tu n&rsquo;as pas &eacute;cout&eacute; les pr&eacute;sages<br /></span><span style="color: #000000;">Sens l&rsquo;odeur &acirc;cre des mar&eacute;cages<br /></span><span style="color: #000000;">C&rsquo;est l&agrave; qu&rsquo;elle jettera tes membres d&eacute;pec&eacute;s<br /></span><span style="color: #000000;">C&rsquo;est toi qu&rsquo;elle va sacrifier<br /></span><span style="color: #000000;">A son dieu sans barbe<br /></span><span style="color: #000000;">Le bromios, buveur et noceur<br /></span><span style="color: #000000;">Tu n&rsquo;as aucune chance<br /></span><span style="color: #000000;">De lui &eacute;chapper<br /></span><span style="color: #000000;">Tu la croyais captive <br /></span><span style="color: #000000;">D&eacute;lirante<br /></span><span style="color: #000000;">C&rsquo;est elle qui te tient<br /></span><span style="color: #000000;">Dans ses mains<br /></span><span style="color: #000000;">Voil&agrave; qu&rsquo;elle te d&eacute;p&egrave;ce<br /></span><span style="color: #000000;">Avec celles de son esp&egrave;ce<br /></span><span style="color: #000000;">&lsquo;Tu me tues ma m&eacute;nade<br /></span><span style="color: #000000;">C&rsquo;est toi qui l&rsquo;as voulu&rsquo;<br /></span><span style="color: #000000;">Le plus beau des fils de l&rsquo;homme<br /></span><span style="color: #000000;">Pourrait-il te ressusciter <br /></span><span style="color: #000000;">Pour quelle nouvelle naissance<br /></span><span style="color: #000000;">N&rsquo;as-tu pas assez v&eacute;cu ?<br /></span><span style="color: #000000;">Tu manques de foi<br /></span><span style="color: #000000;">Pauvre roi.</span></p>]]></description>
<category>Nuits blanches</category>
<pubDate>Fri, 05 Apr 2013 16:53:28 +0000</pubDate>
<guid>http://www.blogg.org/blog-34499-billet-1455876.html</guid>
</item>
<item>
<title>Matisse</title>
<link>http://www.blogg.org/blog-34499-billet-1437781.html</link>
<description><![CDATA[<p><img src="http://images.blog-24.com/1420000/1421000/1421095.jpg" alt="" width="430" height="258" /></p>
<p>Je serais ce violoniste  <br />Qui joue &agrave; la fen&ecirc;tre <br />Derri&egrave;re les volets bleus <br /> Ma musique monterait jusqu&rsquo;aux nuages<br /> Et la tristesse glisserait <br />Sur mon costume jusqu&rsquo;&agrave; terre <br />O&ugrave; elle dessinerait une tache de deuil.   <br /><br /><br />Trois fois murmur&eacute; <br />Trois fois dessin&eacute; <br />Trois fois perdu <br />Il est l&agrave; dans mes r&ecirc;ves verts <br />Il est l&agrave; dans les rues violettes <br />Il est l&agrave; dans la vie noire. <br /><br /><br /> La beaut&eacute; sortirait &agrave; peine de l&rsquo;eau <br />Je viendrais la s&eacute;cher <br />Avec des &eacute;ponges bleues. <br />Je jetterais &agrave; ses pieds des bouquets <br />Trop vite coup&eacute;s. <br />Et je pleurerais de son parfum &eacute;vanoui. <br />Elle ne bougerait pas,  <br />Ni statue, ni femme, <br /> La beaut&eacute; lointaine sortie de l&rsquo;eau.   <br /><br /><br />Trois fois murmur&eacute;<br />Trois fois dessin&eacute;<br />Trois fois perdu<br />Il est l&agrave; dans mes r&ecirc;ves verts<br />Il est l&agrave; dans les rues violettes<br />Il est l&agrave; dans la vie noire.<br /><br /><br /> La souffrance tombait de ses &eacute;paules arrondies <br />Sa robe de lin d&eacute;celait les sanglots accumul&eacute;s <br />Elle se taisait et retenait ses mains  sur ses cuisses ferm&eacute;es. <br />Greta sortie de l&rsquo;enfance bourgeoise <br />S&rsquo;enferme dans le deuil du d&eacute;sir.</p>
<p>Trois fois murmur&eacute;<br />Trois fois dessin&eacute;<br />Trois fois perdu<br />Il est l&agrave; dans mes r&ecirc;ves verts<br />Il est l&agrave; dans les rues violettes<br />Il est l&agrave; dans la vie noire.</p>
<p>&nbsp;</p>
<address>Matisse - Le violoniste - Le luxe - Portrait de Greta Prozor</address>]]></description>
<category>Matisse</category>
<pubDate>Tue, 12 Feb 2013 21:21:53 +0000</pubDate>
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</item>
<item>
<title>Sombres rêves</title>
<link>http://www.blogg.org/blog-34499-billet-1437095.html</link>
<description><![CDATA[<p style="margin-bottom: 0cm;">A ton front assombri tes r&ecirc;ves s'essoufflaient<br />Dans tes nuits blanches perlaient des paradis<br />Aux artifices dignes des enfers violets.</p>
<p style="margin-bottom: 0cm;">&nbsp;</p>
<p style="margin-bottom: 0cm;">J'ai arrach&eacute; la lance de ton flanc meurtri<br />D'o&ugrave; s'&eacute;chappaient les flots de l'amour abattu<br />L'oubli s'est creus&eacute; un nid dans tes souvenirs.</p>
<p style="margin-bottom: 0cm;">&nbsp;</p>
<p style="margin-bottom: 0cm;">J'ai cess&eacute; de parler, j'ai cess&eacute; de g&eacute;mir<br />L'herbe sauvage des voyages t'a vaincu<br />Et le vent du nord me rappelle encore &agrave; toi.</p>]]></description>
<category>Rimailles</category>
<pubDate>Sat, 09 Feb 2013 00:03:01 +0000</pubDate>
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</item>
<item>
<title>Chiasme</title>
<link>http://www.blogg.org/blog-34499-billet-1437093.html</link>
<description><![CDATA[<ul>
<img src="http://catalogue.gazette-drouot.com/images/perso/full/LOT/32/4963/466.jpg" alt="" width="250" height="264" />
</ul>
<p>&nbsp;</p>
<ul>
<li><span class="citation">&laquo; Ayant le feu pour p&egrave;re, et pour m&egrave;re la cendre. &raquo;</span> (<a class="mw-redirect" title="Agrippa d'Aubign&eacute;" href="http://file.blog-24.com/wiki/Agrippa_d%27Aubign%C3%A9">Agrippa d'Aubign&eacute;</a>)</li>
<li><span class="citation">&laquo; La neige fait au nord ce qu'au sud fait le sable. &raquo;</span> (<a title="Victor Hugo" href="http://file.blog-24.com/wiki/Victor_Hugo">Victor Hugo</a>)</li>
<li><span class="citation">&laquo; Rester dans le paradis, et y devenir d&eacute;mon, rentrer dans l'enfer, et y devenir ange ! &raquo;</span> (<a title="Victor Hugo" href="http://file.blog-24.com/wiki/Victor_Hugo">Victor Hugo</a>)</li>
<li><span class="citation">&laquo; Il faut manger pour vivre et non pas vivre pour manger. &raquo;</span> (<a title="Moli&egrave;re" href="http://file.blog-24.com/wiki/Moli%C3%A8re">Moli&egrave;re</a>)</li>
<li><span class="citation">&laquo; Les d&eacute;sespoirs sont morts, et mortes les douleurs. &raquo;</span> (<a title="Albert Samain" href="http://file.blog-24.com/wiki/Albert_Samain">Albert Samain</a>)</li>
<li><span class="citation">&laquo; En temps de paix, les enfants enterrent leurs parents. En temps de guerre, les parents enterrent leurs enfants. &raquo;</span> (<a class="mw-redirect" title="Herodote" href="http://file.blog-24.com/wiki/Herodote">Herodote</a>)</li>
<li><span class="citation">&laquo; La guerre, c&rsquo;est un massacre de gens qui ne se connaissent pas au profit de gens qui se connaissent, mais ne se massacrent pas. &raquo;</span> (<a title="Paul Val&eacute;ry" href="http://file.blog-24.com/wiki/Paul_Val%C3%A9ry">Paul Val&eacute;ry</a>)</li>
<li><span class="citation">&laquo; Absence de preuve n&rsquo;est preuve d&rsquo;absence. &raquo;</span> (<a title="Axiome" href="http://file.blog-24.com/wiki/Axiome">axiome</a> scientifique)</li>
<li><span class="citation">&laquo; Et l'on voit de la flamme aux yeux des jeunes gens. Mais dans l'&oelig;il du vieillard on voit de la lumi&egrave;re. &raquo;</span> (<a title="Victor Hugo" href="http://file.blog-24.com/wiki/Victor_Hugo">Victor Hugo</a>)</li>
<li><span class="citation">&laquo; Vivre simplement pour que d'autres puissent simplement vivre. &raquo;</span> (<a class="mw-redirect" title="Gandhi" href="http://file.blog-24.com/wiki/Gandhi">Gandhi</a>)</li>
<li><span class="citation">&laquo; Je ne songeais pas &agrave; Rose ; Rose au bois vint avec moi. &raquo;</span> (<a title="Victor Hugo" href="http://file.blog-24.com/wiki/Victor_Hugo">Victor Hugo</a>)</li>
<li><span class="citation">&laquo; Un roi chantait en bas, en haut mourait un dieu. &raquo;</span> (<a title="Victor Hugo" href="http://file.blog-24.com/wiki/Victor_Hugo">Victor Hugo</a>)</li>
<li><span class="citation">&laquo; Aux espoirs ind&eacute;finis, aux charmantes inqui&eacute;tudes. &raquo;</span> (<a class="mw-redirect" title="Maupassant" href="http://file.blog-24.com/wiki/Maupassant">Maupassant</a>)</li>
<li><span class="citation">&laquo; Les jours les plus longs &eacute;taient trop courts pour lui, et les nuits les plus courtes trop longues. &raquo;</span> (<a title="Frederick Douglass" href="http://file.blog-24.com/wiki/Frederick_Douglass">Frederick Douglass</a>)</li>
<li><span class="citation">&laquo; Vous aviez le choix entre la guerre et le d&eacute;shonneur. Vous avez choisi le d&eacute;shonneur, et vous aurez quand m&ecirc;me la guerre. &raquo;</span> (<a title="Winston Churchill" href="http://file.blog-24.com/wiki/Winston_Churchill">Winston Churchill</a>)</li>
</ul>]]></description>
<category>A la fa&#195;&#167;on de</category>
<pubDate>Fri, 08 Feb 2013 23:10:56 +0000</pubDate>
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<title>Comment j'ai endormi mon amant avec Bouddha</title>
<link>http://www.blogg.org/blog-34499-billet-1437007.html</link>
<description><![CDATA[<p style="text-align: justify; margin-bottom: 0cm;"><span style="font-size: medium;"><img style="float: left;" src="http://t2.gstatic.com/images?q=tbn:ANd9GcT1wVAD05Tl4sX8_GejONAwN5h3pm19CNUx-nYESU5E1tzwt0SE" alt="" width="199" height="253" /></span></p>
<p style="text-align: justify; margin-bottom: 0cm;"><span style="font-size: medium;">Il n'y avait qu'une chose &agrave; faire et ce matin-l&agrave; Isabelle avait choisi de faire tout le contraire. Cela avait m&ecirc;me commenc&eacute; la veille ou plus exactement depuis qu'elle connaissait Alain, son nouvel amant. Elle avait l'impression de vivre dans un film de Woody Allen, non seulement parce qu'Alain ressemblait physiquement &agrave; Woody Allen mais aussi parce qu'il agissait et parlait comme Woody Allen. Enfin comme l'acteur dans ses propres films. <br /><br />Comment Isabelle avait-elle pu devenir la ma&icirc;tresse de cet homme-l&agrave; ? Il venait chez elle avec son oreiller serr&eacute; sous son bras. Il lui &eacute;tait impossible de dormir sans son oreiller, toujours le m&ecirc;me, comme le ferait un enfant. </span></p>
<p style="text-align: justify; margin-bottom: 0cm;"><span style="font-size: medium;">L'autre question qu'elle se posait : pourquoi, alors qu'il &eacute;tait mari&eacute;, qu'il avait une autre ma&icirc;tresse, disons officielle, Alain lui interdisait-il, &agrave; elle, d'avoir d'autres amants ? </span></p>
<p style="text-align: justify; margin-bottom: 0cm;"><span style="font-size: medium;">A la premi&egrave;re question, Isabelle savait qu'elle avait craqu&eacute; -comme on dit- parce qu'elle vivait seule depuis deux mois. C'&eacute;tait la premi&egrave;re fois qu'elle se retrouvait seule, dans un appartement &agrave; elle. Donc elle avait choisi Alain parce qu'il avait d&eacute;j&agrave; sa vie affective et qu'il lui laisserait vivre sa vie &agrave; elle.<br /><br />A la deuxi&egrave;me question, Alain avait une r&eacute;ponse imparable : &laquo; Tu n'as pas le droit de me faire &ccedil;a, je suis abandonnique, tu n'as pas le droit. &raquo; <br />Malgr&eacute; l'interdiction, elle s'&eacute;tait laiss&eacute; s&eacute;duire par un jeune Islandais, pr&eacute;nomm&eacute; Arni, qui &eacute;tait &eacute;tudiant comme elle &agrave; la fac d'histoire. Isabelle trouvait Arni tr&egrave;s craquant, &agrave;&nbsp; l'oppos&eacute; d'Alain. Quand Arni lui fit des avances -vous savez le genre de phrases murmur&eacute;es qui font fr&eacute;mir les femmes- , elle oublia Alain&nbsp;-si elle &ndash;avait jamais pens&eacute; r&eacute;ellement &agrave; lui- et ouvrit tout grand la chambre de son appartement pour accueillir avec gourmandise celui qui devint son deuxi&egrave;me amant.<br />Le lendemain de cette escapade nocturne, lorsque Alain frappa &agrave; sa porte et commen&ccedil;a &agrave; lui redire &agrave; quel point il &eacute;tait abandonnique, elle lui souriait, non pas parce qu'elle se moquait de lui, mais parce qu'elle &eacute;tait encore pleinement envahie de sa nuit pass&eacute;e. De toute fa&ccedil;on, elle &eacute;tait press&eacute;e, elle devait &agrave; quatorze heures passer son examen de civilisation indienne. </span></p>
<p style="text-align: justify; margin-bottom: 0cm;"><span style="font-size: medium;">"Alain, nous reparlerons de &ccedil;a plus tard, je dois partir."</span></p>
<p style="text-align: justify; margin-bottom: 0cm;"><span style="font-size: medium;">Mais Alain avait ferm&eacute; la porte, bien d&eacute;cid&eacute; &agrave; la retenir jusqu'&agrave; ce qu'elle s'abandonne &agrave; lui ! Isabelle avait beau le supplier, il refusait d'ouvrir et avait gliss&eacute; la cl&eacute; dans son veston. Les heures passaient et il la s&eacute;questrait tout bonnement.</span></p>
<p style="text-align: justify; margin-bottom: 0cm;"><span style="font-size: medium;">Il ne lui laissait pas le choix. Elle n'avait qu'une chose &agrave; faire : coucher avec lui pour tenter de l'amadouer et&nbsp;r&eacute;cup&eacute;rer la cl&eacute; ?&nbsp;Elle pr&eacute;f&eacute;ra l'assommer avec la statuette d'un Bouddha en bronze. </span></p>
<p style="text-align: justify; margin-bottom: 0cm;"><span style="font-size: medium;">Alain respirait doucement, &eacute;tendu sur la moquette du salon, endormi comme un enfant. Elle prit soin de glisser sous sa t&ecirc;te l'oreiller. Toujours avec le sourire, elle plongea la main dans son veston, r&eacute;cup&eacute;ra la cl&eacute; de son appartement, prit ses affaires et sortit rapidement. Sur le palier, la lumi&egrave;re se fit dans la cage d'escalier. Elle respira un grand coup.&nbsp; Bouddha l'avait sauv&eacute;e. Elle passerait son &eacute;crit de civilisation indienne.<br />Tout en descendant quatre &agrave; quatre les escaliers, elle se demandait quand elle reverrait Alain. Ses bavardages lui manqueraient s'il devait l'abandonner tout &agrave; fait. Arni ? Ah oui Arni. Elle aimait aussi les sagas islandaises. Elle y penserait. </span></p>
<p style="text-align: justify; margin-bottom: 0cm;"><span style="font-size: medium;">"Demain, j'y penserai."<br /></span></p>]]></description>
<category>Nuits blanches</category>
<pubDate>Fri, 08 Feb 2013 17:24:28 +0000</pubDate>
<guid>http://www.blogg.org/blog-34499-billet-1437007.html</guid>
</item>
<item>
<title>Michel Ange</title>
<link>http://www.blogg.org/blog-34499-billet-1435032.html</link>
<description><![CDATA[<p><a href="http://library.madeinpresse.fr/samples/MPbD24U9KG7H-f">http://library.madeinpresse.fr/samples/MPbD24U9KG7H-f</a></p>
<p>A feuilleter</p>
<p>la chapelle Sixtine et des sonnets choisis de Michel Ange</p>]]></description>
<category>A la fa&#195;&#167;on de</category>
<pubDate>Mon, 21 Jan 2013 20:42:28 +0000</pubDate>
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