<?xml version="1.0" encoding="utf-8"?>
<!--  RSS generated by Flaimo.com RSS Builder [2009-11-21 16:26:26]  --> <rss version="2.0">
<channel>
<copyright>Copyright 2008 Blogg</copyright>
<pubDate>Sat, 21 Nov 2009 16:26:26 +0100</pubDate>
<lastBuildDate>Sat, 21 Nov 2009 16:26:26 +0100</lastBuildDate>
<docs>http://www.blogg.org/blog-34011.html</docs>
<description>bazar intérieur extériorisé ici-même, récréation intellectuelle, cabane virtuelle,  laboratoire  à  tout,  espace de jeux bien personnel</description>
<link>http://www.blogg.org/blog-34011.html</link>
<title>"c'est alors qu'une chaise vivante arriva" :</title>
<language>fr</language>
<category>Blogg</category>
<ttl>60</ttl>
<item>
<title>je perds mon temps à ne pas lire mes livres préférés.</title>
<link>http://www.blogg.org/blog-34011-billet-1110188.html</link>
<description><![CDATA[<p>&nbsp;</p>
<div>
<p>Amour, &agrave; trente-trois ans, il n'a pas d'enfants, est c&eacute;libataire, et vit seul dans une maison isol&eacute;e pr&egrave;s de la nature, dans la campagne.&nbsp;</p>
<p>Il fait des livres plus ou moins&nbsp;destin&eacute;s&nbsp;aux enfants. Il voit tr&egrave;s peu de gens et vit de mani&egrave;re tr&egrave;s casani&egrave;re mais il lit beaucoup de livres qui le nourrissent, l'enrichissent, le cultivent. Et de temps en temps il allume sa t&eacute;l&eacute;vision pour se plaindre de la soci&eacute;t&eacute; d&eacute;plorable dans laquelle il vit, c'est pour &ccedil;a d'ailleurs qu'il vit de fa&ccedil;on si isol&eacute;e : il n'est pas victime de matraquage m&eacute;diatique l&agrave; o&ugrave; il est, ni m&ecirc;me de la foule. De temps en temps cependant il monte dans la grande ville pour aller voir des expos, des films&hellip; et voir des relations.</p>
<p>Cet Amour je veux aussi raconter sa jeunesse et sa vieillesse mais ce que je veux surtout c'est ne pas m'&eacute;taler.</p>
<p>Il y a aussi Bastien, c'est pas la m&ecirc;me histoire. Bastien est en terminale L, il est tout seul chez lui car sa m&egrave;re ne peut revenir que le week-end, tous les soirs il prend le RER pour tra&icirc;ner dans Paris. Il y prend des tas et des tas de photos. Il va aussi voir des expos ou des films.</p>
<p>Il y a un vampire qui le suit, qui l'espionne, qui tombe amoureux de Bastien, qui est obs&eacute;d&eacute; par Bastien, ce qui est assez horrible pour ce dernier qui perd compl&egrave;tement les p&eacute;dales, n'en dort plus, devient parano&iuml;aque. Il y a aussi Clown qui se maquille le visage avec de la mousse &agrave; raser (qui craquelle au fil des jours) et God's Dog qui est un basset qui porte bien son nom.</p>
<p>C'est des personnages, comme &ccedil;a, dans un coin de ma t&ecirc;te.</p>
<p>Je ne sais pas quand est-ce que je raconterai leur histoire. De mani&egrave;re aboutie, dans tr&egrave;s longtemps je pense. Car je crois que je dois envisager les choses en bandes dessin&eacute;es &agrave; pr&eacute;sent. Les romans je ne suis pas fait pour en &eacute;crire. Mais peut-&ecirc;tre que dessiner mes "romans" je peux faire. Un jour du moins&hellip;</p>
<p>On a toujours en t&ecirc;te la passion des gens. Les musiciens passionn&eacute;s, les &eacute;crivains passionn&eacute;s&hellip; Les gens qui ne vivent que pour ce qu'ils font.</p>
<p>Ce n'est pas mon cas. Je ne vis pas pour mes histoires, en fait je les abandonne. Je les laisse dans un coin de ma t&ecirc;te au cas o&ugrave; un jour j'oserai prendre la peine de daigner leur jeter un regard&hellip;</p>
<p>J'exag&egrave;re peut-&ecirc;tre un peu, mais voil&agrave;, ce ne sont pas mes histoires qui me rendent passionn&eacute;s.</p>
<p>En ce moment je ne suis pas tant passionn&eacute; que &ccedil;a.</p>
<p>Je lis des bandes dessin&eacute;es &agrave; un bon rythme, mais pas de livres. Je ne vais que tr&egrave;s peu au cin&eacute;ma. Je ne travaille pas tant que &ccedil;a. Je n'&eacute;cris pas, ou peu. Je ne prends m&ecirc;me plus de photos&hellip; En ce moment je ne suis pas passionn&eacute; du tout.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>La v&eacute;rit&eacute; c'est qu'en ce moment je suis dans les non-habitudes.</p>
<p>Je ne suis pas habitu&eacute; &agrave; la colocation. Je ne suis pas habitu&eacute; &agrave; la la ville de Strasbourg, je ne suis pas habitu&eacute; &agrave; mon &eacute;cole&hellip;</p>
<p>Tout ce que je suis en train de vivre est absolument nouveau pour moi; ma vie n'est pas transcend&eacute;e, r&eacute;volutionn&eacute;e ou quoi, mais n'emp&ecirc;che que tout ce que je vis est tr&egrave;s nouveau. Donc, je ne suis pas habitu&eacute;. Je ne suis pas habitu&eacute; &agrave; mon quotidien, &agrave; tout ce que je peux vivre.</p>
<p>Je reste beaucoup dans l'appart', je ne sors pas beaucoup. Et je fais tr&egrave;s peu de choses (comme je viens de le dire je ne suis pas passionn&eacute; en ce moment).</p>
<p>La question que je me pose c'est est-ce que je pourrai trouver la passion pour quoi que ce soit lorsque je serai habitu&eacute; ?</p>
<p>C'est peut-&ecirc;tre paradoxal ce que je dis, l'habitude n'induit pas la passion, a priori&hellip;</p>
<p>Mais j'ai l'impression d'&ecirc;tre encore plus flemmard que d'habitude depuis que je suis ici. Je passe mon temps &agrave; faire la vaisselle, &agrave; dormir, &agrave; perdre du temps sur mon ordinateur. De temps en temps, j'ouvre une b&eacute;d&eacute;. De temps en temps, je travaille. Les jours passent, et je ne suis toujours habitu&eacute; &agrave; rien.</p>
<p>Je me dis que lorsque j'aurai pris l'habitude d'avoir ce quotidien-l&agrave; je pourrai faire l'effort de le changer un peu, de faire d'autres choses. De me remettre &agrave; raconter mes histoires par exemple.&nbsp;<em>Ravoir des projets</em>, en somme.</p>
<p>&nbsp;Si d&eacute;j&agrave; j'avais des projets dans mon boulot&hellip;&nbsp;</p>
<p>bref.</p>
<p>Au fond, ce n'est pas vrai : je ne veux pas ranconter d'histoires pour l'instant. Je veux d'abord lire celles des autres. Okay, je lis plein de b&eacute;d&eacute;s.</p>
<p>Mais quand est-ce que je lis Narcisse et Goldmund ? Quand est-ce que je lis le Loup des Steppes ? Quand est-ce que je lis tous les Kundera que j'ai pas encore lus ? Quand est-ce que je me remets &agrave; Irving ? Quand est-ce que je lis son Epop&eacute;e du Buveur d'eau, sa Veuve de papier, son Je te retrouverai ? Quand est-ce que je lis Le coeur est un chasseur solitaire de Carson McCullers ? Quand est-ce que je lis Les raisins de la col&egrave;re, &nbsp;Des souris et des hommes, A l'est d'Eden ?</p>
<p>Quand est-ce que je lis Le langage des oiseaux de Attar ?&hellip;</p>
<p>J'aimerai tellement retrouver ce mouvement, cette dynamique.</p>
<p>Au coll&egrave;ge, je lisais beaucoup. Les relations sociales m'emb&ecirc;taient beaucoup alors je pr&eacute;f&eacute;rais aller lire des bouquins au C.D.I. Du coup, j'ai beaucoup lu, dans cette p&eacute;riode-l&agrave;, c'&eacute;tait vraiment bien. Au lyc&eacute;e c'&eacute;tait plus pareil, yavait des magazines vraiment extraordinaires avec des articles franchement int&eacute;ressants, alors les livres je n'avais plus le temps de les lire l&agrave;-bas. Apr&egrave;s je me suis fait de v&eacute;ritables amies alors niveau C.D.I c'&eacute;tait encore pire&hellip;</p>
<p>Aujourd'hui je ne retrouve cet &eacute;lan qu'en &eacute;t&eacute;, c'est terrible et fou mais je n'arrive &agrave; vraiment lire que pendant les vacances (tiens c'est une bonne id&eacute;e pendant les vacances de No&euml;l je vais essayer le lire au moins un livre).</p>
<p>Comme j'aime autant les livres que les bandes dessin&eacute;es, mais que ces derni&egrave;res se lisent beaucoup plus vite, je me gave de b&eacute;d&eacute;s. Mais comme j'ai plein de bande dessin&eacute;es &agrave; lire je ne suis pas pr&egrave;s de m'accorder du temps &agrave; lire des bouquins. Par ailleurs je passe un temps clairement excessif sur l'ordinateur, c'est encore du temps de perdu pour autre chose. Beaucoup de gens lisent avant de se coucher, mais moi &agrave; ce moment-l&agrave; j'&eacute;cris une note dans mon journal intime pour garder une trace du jour pass&eacute; (je n'aime pas perdre les choses &agrave; tout jamais, m&ecirc;me mes journ&eacute;es les plus d&eacute;risoires).</p>
<p>Alors, voil&agrave;, je ne lis presque pas. J'&eacute;cris encore moins mes propres histoires.&nbsp;</p>
<p>Mais c'est terrible, car ce n'est pas parce que je ne lis que je ne veux pas lire. La liste faite ci-dessus me para&icirc;t claire&hellip;</p>
<p>Les livres me sont pr&eacute;cieux.</p>
<p>Je suis tr&egrave;s sinc&egrave;rement heureux d'avoir pu lire un jour Demande &agrave; la poussi&egrave;re de John Fante. D'avoir pu lire Zazie dans le m&eacute;tro. L'insoutenable l&eacute;g&egrave;ret&eacute; de l'&ecirc;tre, Risibles amours. Siddharta d'Hermann Hesse m'a beaucoup apport&eacute;. Extr&ecirc;mement fort et incroyablement pr&egrave;s et Tout est illumin&eacute;. Le monde Selon Garp, Une pri&egrave;re pour Owen Meany. Voil&agrave; bien des livres que j'ai profond&eacute;ment aim&eacute;s et dont j'&eacute;prouverai un plaisir certain &agrave; les relire (surtout que ma m&eacute;moire les a extr&ecirc;mement mal conserv&eacute;s).</p>
<p>Ci-dessus est certainement la liste des mes livres v&eacute;ritablement pr&eacute;f&eacute;r&eacute;s&hellip; (bien que je n'y mentionne pas les Harry Potter, que je garde chaudement dans mon coeur).</p>
<p>Mais il me reste tellement de livres "v&eacute;ritablement pr&eacute;f&eacute;r&eacute;s" &agrave; lire&hellip;</p>
<p>Cela me fait de la peine de laisser couler les jours sans me donner le temps de m'enrichir d'eux. &Ccedil;a ne sert &agrave; rien d'attendre P&eacute;taouchnok pour les lire.</p>
<p>Et pourquoi &eacute;crire ou dessiner des histoires, alors que je n'ai pas encore d&eacute;couvert toutes ces histoires-ci, qui me semblent tellement importantes ?</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>La v&eacute;rit&eacute; c'est que je perds du temps.</p>
<p>Je perds du temps parce que je suis flemmard et paresseux.</p>
<p>La v&eacute;rit&eacute; c'est que j'ai beau avoir une vie nouvelle, elle reste en v&eacute;rit&eacute; d&eacute;risoire et pauvre&hellip;</p>
<p>En plus, c'est vraiment ce que je pense. Je crois vraiment qu'il n'y a pas de plus grandes richesses que certains livres, que la curiosit&eacute; est une des plus importantes valeurs qui puisse &ecirc;tre, que la cr&eacute;ativit&eacute; peut donner un sens &agrave; la vie et l'existence.</p>
<p>Mais cette pens&eacute;e-l&agrave; ne se raccorde absolument pas &agrave; ma vie telle qu'elle est&hellip;</p>
<p>C'est plut&ocirc;t embarrassant, quand on y pense.</p>
<p>Avant de commencer &agrave; &eacute;crire cette note, je ne me rendais pas compte &agrave; quel point c'&eacute;tait grave&hellip; Parce que &ccedil;a ne m'emp&ecirc;che pas d'aller bien. Ne pas &eacute;crire, ne pas lire, ne pas &ecirc;tre aussi curieux que je pourrai l'&ecirc;tre ne m'emp&ecirc;che pas d'aller bien. Mais c'est peut-&ecirc;tre d'autant plus inqui&eacute;tant&hellip;</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>&nbsp;</p>
</div>
<p>&nbsp;</p><p class="ta_img"><img border=0 src="http://www.blogg.org/afficher_image.php?id=1198510&amp;img_x="></p>]]></description>
<category>textes</category>
<pubDate>Fri, 20 Nov 2009 23:15:27 +0000</pubDate>
<guid>http://www.blogg.org/blog-34011-billet-1110188.html</guid>
</item>
<item>
<title>A-t-on jamais quoi que ce soit à dire ?</title>
<link>http://www.blogg.org/blog-34011-billet-1103380.html</link>
<description><![CDATA[<p><span style="font-family: mceinline, Arial, Helvetica, sans-serif;">
<div>
<p>Parfois j'aimerai bien faire de la musique. J'&eacute;coute la playlist du blog "lisadawn", j'aime vraiment ce que j'&eacute;coute.</p>
<p>Ce que je trouve formidable avec cette musique, c'est cette mani&egrave;re qu'elle a &agrave; communiquer des &eacute;motions, &agrave; d&eacute;gager une atmosph&egrave;re, sans passer par les mots&hellip; Je veux dire&hellip; Cette musique cr&eacute;e un univers, qui n'a pas besoin de se raconter une histoire, qui n'a pas besoin de philosopher. S'il y a des mots, on ne se concentre pas dessus, on s'en fiche. C'est un monde magnifique et sans mots. J'aime beaucoup &ccedil;a. Des fois j'en ai marre des mots.</p>
<p>J'aimerai faire de la musique mais je n'ai que des mots. C'est tr&egrave;s ennuyeux.</p>
</div>
</span></p><p class="ta_img"><img border=0 src="http://www.blogg.org/afficher_image.php?id=1191775&amp;img_x="></p>]]></description>
<category>c'est alors qu'une chaise vivante arriva</category>
<pubDate>Thu, 05 Nov 2009 22:32:05 +0000</pubDate>
<guid>http://www.blogg.org/blog-34011-billet-1103380.html</guid>
</item>
<item>
<title>Le sommeil, le réveil, et l'ennui entre les deux.</title>
<link>http://www.blogg.org/blog-34011-billet-1101222.html</link>
<description><![CDATA[<p>&Ccedil;a fait du bien de se mettre un peu d'Iggy Pop. &Ccedil;a fait vraiment du bien.</p>
<p>Bouger dans tous les sens, tandis qu'il n'y a que Julien dans l'appart (dans sa chambre).</p>
<p>J'aime Iggy Pop.</p>
<p>C'est assez int&eacute;ressant.</p>
<p>Il y a deux souhaits qui s'opposent dans ma vie : <em>dormir</em>, et me <em>r&eacute;veiller</em>.</p>
<p>Dormir comme ce matin, o&ugrave; je ne me suis pas lev&eacute; de mon lit avant midi. Il a fallu que je re&ccedil;oive un texto pour m'obliger enfin &agrave; me lever (il fallait bien que je le lise).</p>
<p>Dormir, comme je n'ai pas pu continuer de le faire hier matin, ni m&ecirc;me la veille.</p>
<p>Dormir. Dormir est un de mes souhaits permanents, il y a des jours o&ugrave; je me dis que je pourrais passer ma vie &agrave; dormir, &agrave; ne vivre que de r&ecirc;ves.</p>
<p>Affronter l'&eacute;tat d'&eacute;veil est une affaire d&eacute;licate.</p>
<p>Mais me r&eacute;veiller est &eacute;galement un souhait, extr&ecirc;mement important.</p>
<p>Notamment lorsque je me mets du Iggy Pop, dans la cuisine, tandis que je m'appr&ecirc;te &agrave; essuyer tout la vaisselle. Je me d&eacute;foule compl&egrave;tement, tout en essuyant la vaisselle. C'est trop cool. Le probl&egrave;me c'est quand on a fini la vaisselle. Danser pour danser&hellip;</p>
<p>Iggy Pop, &ccedil;a &ccedil;a me r&eacute;veille.</p>
<p>Me r&eacute;veiller. C'est comme un automate, &agrave; qui une flamme de vie, une &eacute;tincelle lui est insuffl&eacute;e. Me r&eacute;veiller c'est m'allumer. C'est me mettre en feu (&ccedil;a me fait penser &agrave; une tr&egrave;s belle sc&egrave;ne du Indian Runner de Sean Penn, qui parle justement du feu, de la flamme).</p>
<p>Me mettre en feu.</p>
<p>C'est beau, de s'enflammer. C'est franchement beau. C'est un r&eacute;veil, une sensation d'&ecirc;tre vivant.</p>
<p>La musique, peut m'enflammer. Jouer du th&eacute;&acirc;tre. Danser. La col&egrave;re, aussi. La peinture, des fois; dans certains contextes. L'&eacute;criture ! L'&eacute;criture, un petit peu, d'une certaine fa&ccedil;on. Dans certains textes.</p>
<p>Certains FILMS m'enflamment. L'&eacute;motion, en g&eacute;n&eacute;ral, m'embrase.&nbsp;</p>
<p>Beaucoup de choses m'embrasent, et alors c'est tr&egrave;s tr&egrave;s bien. C'est comme &ecirc;tre du feu.</p>
<p>&Ccedil;a fait vraiment beaucoup beaucoup de bien.</p>
<p>Alors voil&agrave; : il y a dormir, et il y a se r&eacute;veiller.</p>
<p>Il y a geler, et s'enflammer. Les deux sont bons, supr&ecirc;mement bons.</p>
<p>Il sont pourtant absolument oppos&eacute;s.</p>
<p>Il y a l'entre-deux, quand je ne dors pas mais que je ne suis pas r&eacute;veill&eacute; non plus.&nbsp;</p>
<p>Alors, je semble endormi. Les gens ne savent pas forc&eacute;ment comment je suis lorsque je suis r&eacute;veill&eacute;. Pour certains d'entre-eux c'est une r&eacute;v&eacute;lation.</p>
<p>J'aime dormir. J'aime me r&eacute;veiller.</p>
<p>Mais je n'aime pas dormir debout&hellip;</p><p class="ta_img"><img border=0 src="http://www.blogg.org/afficher_image.php?id=1189654&amp;img_x="></p>]]></description>
<category>textes</category>
<pubDate>Sat, 31 Oct 2009 16:29:23 +0000</pubDate>
<guid>http://www.blogg.org/blog-34011-billet-1101222.html</guid>
</item>
<item>
<title>(c'est ma vie qui commence)</title>
<link>http://www.blogg.org/blog-34011-billet-1098945.html</link>
<description><![CDATA[<p>C'est marrant, les &eacute;tudes changent, mais il y a toujours quelque-chose de semblable.</p>
<p>Ce que je veux dire avec cette phrase un peu vague, c'est que le boulot que j'avais &agrave; faire avant, c'&eacute;tait des devoirs maisons, des dissertations, des choses &eacute;crites quoi. Ou alors il fallait r&eacute;viser pour les contr&ocirc;les.</p>
<p>A pr&eacute;sent, le boulot que j'ai &agrave; fournir rel&egrave;ve essentiellement du dessin. Mais c'est toujours la m&ecirc;me chose : j'ai la flemme de bosser.</p>
<p>J'ai terriblement peu envie de faire le boulot pour Carpentier alors que c'est pour apr&egrave;s-demain et que &ccedil;a va me prendre du temps.</p>
<p>C'est int&eacute;ressant, ma vie change. Ma colocataire est une bosseuse, qui aime vraiment travailler, qui se donne du mal, qui se cultive, s'enrichit. Axelle (mon autre coloc), c'est pareil. Moi, j'ai la flemme. J'ai commenc&eacute; &agrave; bosser, mais j'ai beaucoup de mal &agrave; m'y mettre. Et je ne lis certainement pas Walter Benjamin &agrave; cause de telle conf&eacute;rence, je ne lis pas Cocteau, et je ne suis pas s&ucirc;r de lire l'&eacute;loge de l'ombre de sit&ocirc;t.&nbsp;</p>
<p>C'est marrant d'&ecirc;tre en coloc, c'est un vrai changement dans ma vie.</p>
<p>Moi qui est tellement dans ma bulle, je vis en colocation&hellip; C'est dr&ocirc;le.</p>
<p>Et c'est pour &ccedil;a que ce n'est pas si facile que &ccedil;a pour moi. Je ne suis pas fait pour vivre en colocation, je suis un "embull&eacute;". Du coup, c'est un peu une &eacute;preuve, une difficult&eacute;&hellip; Mais c'est int&eacute;ressant, &ccedil;a m'enrichit.</p>
<p>Et puis, c'est un concours de circonstances. Comme toujours dans la vie. Toute biographie est une longue liste de concours de circonstances.</p>
<p>Il faut avoir de la chance.</p>
<p>Cet appart, cette coloc, c'est un peu une &eacute;preuve mais c'est surtout une chance &eacute;norme.</p>
<p>Je touche de plus en plus rarement &agrave; mon blog. C'est que je m'y retrouve &agrave; raconter ma vie alors que ce n'est pas ce que je veux faire.</p>
<p>Je veux "disserter", r&eacute;fl&eacute;chir, &eacute;crire des textes po&eacute;tiques&hellip; je ne sais pas. Et puis j'attends des choses qui m'importent vraiment, qui fassent sens, qui m&ucirc;rissent dans ma t&ecirc;te.</p>
<p>Mais je me retrouve &agrave; raconter ma vie, encore et encore.</p>
<p>Hier, j'ai trouv&eacute; une photo (sur facebook) d'une amie, datant de la seconde, ou bien de la premi&egrave;re.&nbsp;</p>
<p>C'est pas la seule qui me fasse cet effet. Toutes les photos de cette p&eacute;riode me font un dr&ocirc;le d'effet.</p>
<p>&Ccedil;a date d'il y a trois, quatre, cinq ans seulement. C'est la "p&eacute;riode lyc&eacute;enne". Comment &ccedil;a peut sembler aussi loin alors que c'est si r&eacute;cent ?&hellip;</p>
<p>Le bac ne me semble pas si loin, mais si je repense &agrave; la premi&egrave;re, la terminale&hellip; Si je repense &agrave; mes amies, la fa&ccedil;on dont elle s'habillaient &agrave; l'&eacute;poque&hellip; si je retrouve cette photo prise par Agathe, o&ugrave; elle nous a demand&eacute;s &agrave; moi et Carla de nous prendre la main en regardant dans des directions compl&egrave;tement oppos&eacute;es&hellip; J'avais les cheveux longs, mon sweat rouge&hellip;&nbsp;</p>
<p>C'est si loin, tout &ccedil;a est tellement loin&hellip; Et pourtant&hellip; Quatre ans ? Quatre petites ann&eacute;es&hellip;</p>
<p>C'est tr&egrave;s impressionnant&hellip;&nbsp;</p>
<p>M&ecirc;me si je sais pourquoi &ccedil;a semble si loin alors que c'est encore si pr&egrave;s.</p>
<p>C'est parce que c'est fini. C'est une p&eacute;riode r&eacute;volue de ma vie, alors que depuis il y a eu la CAAP, une toute petite ann&eacute;e dans ma vie mais tellement importante pour moi, tellement enrichissante. Maintenant, les arts-d&eacute;cos, Strasbourg. &Ccedil;a fait seulement un mois.</p>
<p>Mais ce petit mois de rien du tout, et cette petite ann&eacute;e de rien du tout qu'a &eacute;t&eacute; la CAAP, sont des exp&eacute;riences si riches que ce qui date d'avant me semble d&eacute;j&agrave; loin.</p>
<p>Et puis, il y a le fait d'avoir pris de la distance avec ces personnes dont nous &eacute;tions si proches &agrave; l'&eacute;poque. Notamment celle qui me procure cet effet lorsque je la vois en photo &agrave; l'&eacute;poque du lyc&eacute;e. &Ccedil;a me rend nostalgique. On faisait les fous. On s'appr&eacute;ciait, on se ressemblait un peu, on s'attachait en somme, et puis surtout on s'est fait passer pour des fous sur le gazon, on faisait n'importe quoi et tout le monde nous prenait pour des gros d&eacute;biles, mais c'&eacute;tait dr&ocirc;le, c'&eacute;tait bien. On jouait bien. Il n'y avait que nous deux pour &ecirc;tre capables de faire ce qu'on faisait.</p>
<p>Aujourd'hui on ne se voit plus beaucoup. Aujourd'hui on a termin&eacute; le lyc&eacute;e. On trace nos chemins respectifs.</p>
<p>On garde plus ou moins le contact, mais je trouve que c'est moins dr&ocirc;le. Surtout qu'on change. Celle qu'on retrouve aujourd'hui n'est pas forc&eacute;ment fid&egrave;le &agrave; celle qui se tapait l'affiche sur la pelouse.</p>
<p>&hellip;</p>
<p>Comment vont &eacute;voluer mes relations sociales, ici ? Cela ne fait que trois semaines que je suis rentr&eacute;. Est-ce qu'il y a des gens qui vont devenir mes amis ? A quel point ?&nbsp;</p>
<p>&hellip;</p>
<p>Bon.</p>
<p>&nbsp;</p><p class="ta_img"><img border=0 src="http://www.blogg.org/afficher_image.php?id=1187426&amp;img_x="></p>]]></description>
<category>textes</category>
<pubDate>Sun, 25 Oct 2009 18:07:42 +0000</pubDate>
<guid>http://www.blogg.org/blog-34011-billet-1098945.html</guid>
</item>
<item>
<title>Et merde, je suis narcissique</title>
<link>http://www.blogg.org/blog-34011-billet-1084977.html</link>
<description><![CDATA[<p>
<div>
<p>Au fond, il est peut-&ecirc;tre vrai que je suis assez narcissique&hellip;</p>
<p>Non seulement il est vrai que j'aime contempler mon image dans un miroir (quelles qu'en puissent &ecirc;tre les raisons), mais je suis de toutes mani&egrave;res tr&egrave;s pr&eacute;occup&eacute; par moi-m&ecirc;me.</p>
<p>J'&eacute;cris un journal intime o&ugrave; je me raconte jour apr&egrave;s jour. Je suis mon seul lecteur. Ce matin j'ai pass&eacute; ma matin&eacute;e &agrave; parcourir ce que j'y &eacute;crivais il y a un an exactement : je me replongeais dans mon moi pass&eacute;.</p>
<p>Lorsque je relis des passages de mon blog, je fais la m&ecirc;me chose.</p>
<p>Lorsque je me dessine, c'est bien entendu pour l'exercice, cependant l'observation de soi est un trait du narcissisme&hellip;</p>
<p>Lorsque je voudrai &ecirc;tre un g&eacute;nie, que j'ai la folie des grandeurs, c'est &agrave; propos de moi : je veux que mon moi soit immense et remarquable&hellip;</p>
<p>Lorsque je me crache dessus, que j'ai honte de ce que je suis, que j'aimerai me foutre des baffes, c'est toujours &agrave; propos de moi, j'en suis toujours &agrave; penser &agrave; moi&hellip;</p>
<p>Donc : je&nbsp;<em>pense</em>&nbsp;&agrave; moi,&nbsp;<em>j'&eacute;cris</em>&nbsp;sur moi, je&nbsp;<em>dessine</em>&nbsp;ce moi&hellip; Je&nbsp;<em>photographie</em>&nbsp;ce moi ! Puis je regarde ces dessins, je regarde ces photographies, je&nbsp;<em>relis</em>&nbsp;ces &eacute;crits, je&nbsp;<em>relis</em>&nbsp;ces pens&eacute;es&hellip; Je&nbsp;<em>baigne</em>&nbsp;dans "moi". C'est d'un narcissisme presque outrancier&hellip; Cela fait longtemps que je me suis noy&eacute; dans le lac.</p>
<p>J'ai dit que ce matin j'ai relu mon journal intime : j'ai pass&eacute; la matin&eacute;e &agrave; observer le moi d'il y a un an&hellip; C'est terriblement auto-centr&eacute;.</p>
<p>Et, quelque-part, je suis vraiment comme Narcisse qui se noie dans le bain de sa propre image : car mon image, mon moi, est comme une bulle qui m'abrite&hellip; Une bulle dans laquelle je contemple mon reflet d&eacute;form&eacute;, et qui m'abrite du monde&hellip; Des autres.</p>
<p>Je suis peut-&ecirc;tre trop pr&eacute;occup&eacute; par moi-m&ecirc;me pour m'ouvrir aux autres. Je suis Robinson Cruso&eacute; et Narcisse.</p>
<p>Mais qu'est-ce qui cause une si terrible pr&eacute;occupation de moi-m&ecirc;me ? N'est-ce pas justement l'enfermement, les murs m'abritant des autres ?</p>
<p>L'ann&eacute;e derni&egrave;re, j'ai voulu inscrire sur l'une de mes peintures : "La solitude m&egrave;ne &agrave; l'amour de soi". C'est v&eacute;ritablement ce que je pense. Du moins, dans le cas de ma propre exp&eacute;rience. Est-ce mon manque de sociabilit&eacute; qui me ram&egrave;ne &agrave; "moi", ou est-ce l'observation de moi qui m'emp&ecirc;che d'aller vers les autres ? Je crois qu'il s'agit de la premi&egrave;re option.</p>
<p>Bien s&ucirc;r, ce n'est pas tout&hellip;</p>
<p>Cette passion pour "moi" est sans doute li&eacute;e &agrave; ma propre histoire. Je suis le petit dernier de ma famille, le seul gar&ccedil;on (entour&eacute; donc de filles).</p>
<p>Un gar&ccedil;on certainement cajol&eacute;. Et puis, j'ai dessin&eacute;, j'ai &eacute;crit. J'ai montr&eacute; que j'avais des passions, des centres d'int&eacute;r&ecirc;t, que j'&eacute;tais cr&eacute;atif.</p>
<p>Je me suis&nbsp;<em>rendu int&eacute;ressant</em>, si l'on peut dire. Bien s&ucirc;r, le&nbsp;<em>travail</em>&nbsp;n'est pas&nbsp;<em>soi</em>, mais il est tout de m&ecirc;me&nbsp;<em>trace</em>&nbsp;de soi&hellip;&nbsp;Et j'aime laisser des traces. Personnaliser ce qui m'appartient (en l'ab&icirc;mant, en y dessinant&hellip;), dessiner sur les murs&hellip; laisser des traces de ma personne.&nbsp;</p>
<p>Ma part cr&eacute;ative est l&agrave;, toujours, pour&nbsp;<em>laisser des traces</em>, de moi&hellip; M&ecirc;me lorsque je ne me dessine pas moi, lorsque je n'&eacute;cris pas sur moi.</p>
<p>Ma cr&eacute;ativit&eacute; est donc elle-m&ecirc;me une part de mon narcissisme&hellip;</p>
<p>Si je n'ai pas de copine, c'est peut-&ecirc;tre bien parce qu'on ne peut pas aimer quelqu'un qui s'aime d&eacute;j&agrave; tant lui-m&ecirc;me.</p>
<p>Bref. Ma famille a donc toujours &eacute;t&eacute; fi&egrave;re de moi. J'ai &eacute;crit un roman, tout &ccedil;a&hellip; J'ai re&ccedil;u des fleurs. Cela ne me fait pas du bien.</p>
<p>Je n'ai m&ecirc;me pas besoin d'apprendre la modestie, je dois juste apprendre &agrave; me d&eacute;tacher de "moi".</p>
<p>J'ai lu un roman de Kundera, cet &eacute;t&eacute;, qui s'appelle "La vie est ailleurs". Le personnage principal a une part assez abominable, mais je crois que je lui ressemble par certains aspects. Cet type est fils unique, et sa m&egrave;re s'est occup&eacute; de lui depuis toujours et pour toujours comme d'un Dieu sur Terre, comme s'il &eacute;tait J&eacute;sus-Christ, mais, surtout, comme s'il lui appartenait, comme s'il &eacute;tait dans sa propre chair&hellip;</p>
<p>Je ne pense pas que ma m&egrave;re ait &eacute;t&eacute; aussi "d&eacute;voratrice" de moi. Mais toujours est-il que ce personnage (Jaromil) en devient lui-m&ecirc;me totalement centr&eacute; sur lui-m&ecirc;me, il ne pense qu'&agrave; lui-m&ecirc;me, il admire son image, et &eacute;crit, il fait de la po&eacute;sie o&ugrave; il parle de ce qu'il y a &agrave; l'int&eacute;rieur de lui, sur un mode surr&eacute;aliste; puis avec l'arriv&eacute;e du communisme il fait de la po&eacute;sie patriote, parlant de l'ouvrier, du paysan, des ciels bleus et des champs de bl&eacute;s. Sa po&eacute;sie, dans un premier temps appr&eacute;ci&eacute;e des intellectuels admirateurs des surr&eacute;alistes et du modernisme, est ensuite, lorsqu'il &eacute;crit en faveur de la patrie, aim&eacute;e du peuple.</p>
<p>Bref, il est aim&eacute;. Sa po&eacute;sie est aim&eacute;e : on admire son talent. Jaromil est admir&eacute;. Il re&ccedil;oit des fleurs. Il aime &ccedil;a. Il ressent son importance. Son "moi" est sa couronne.</p>
<p>Jaromil&nbsp;<em>est</em>&nbsp;Narcisse.</p>
<p>Et je me demande si une part de Jaromil n'est pas en moi.</p>
<p>Bien s&ucirc;r, je ne suis pas&nbsp;<em>seulement</em>&nbsp;Narcisse. Ce n'est qu'une part de ma personnalit&eacute;. Je peux &ecirc;tre un type int&eacute;ressant et appr&eacute;ciable au-del&agrave; de &ccedil;a. Mais c'est quelque-chose qui fait partie de moi et qui m'enferme vers moi-m&ecirc;me.</p>
<p>Les bouddhistes pensent qu'en r&eacute;alit&eacute;, l'ego n'existe pas. Je pense que c'est une bonne chose. Ne pas croire en l'ego est une chose formidable.</p>
<p>Pour l'instant j'ai du mal &agrave; m'y faire. J'ai mon ego et mon ego, n&eacute;cessairement, veut &ecirc;tre particuli&egrave;rement diff&eacute;rent des autres egos, particuli&egrave;rement unique&hellip; Ce n'est pas quelque-chose de positif. C'est m&ecirc;me embarrassant. L'ego, c'est ce qui permet la part narcissique de soi d'exister.</p>
<p>Pour m'expliquer l'illusion de l'ego, ma m&egrave;re m'a souvent parl&eacute; des bols remplis d'eau, qui portent &agrave; leur surface le reflet de la Lune. Chacun de ces bols pense &ecirc;tre la Lune. Ils portent tous la lune en leur surface. Mais la lune n'est pas eux. Elle n'est qu'un reflet.</p>
<p>"Moi". Bien s&ucirc;r, que le moi n'existe pas&hellip; Qu'est-ce que c'est, moi ? C'est mon corps ? Ma chair ? Mon cerveau ? Mon visage ?</p>
<p>Mon visage n'est-il qu'une illusion de moi ?</p>
<p>C'est ce qu'il me semble quand je proclame que "ce n'est que chair". Comme puis-je n'&ecirc;tre que de la&nbsp;<em>viande</em>&nbsp;?</p>
<p>Pourtant, ce moi est l&agrave;. Il est l&agrave; et tient trop d'importance en moi.</p>
<p>Ce qui est dr&ocirc;le, c'est que ce n'est pas le sujet que je voulais aborder lorsque je me suis "attabl&eacute;" pour &eacute;crire.</p>
<p>En relisant ce matin mon journal intime, j'ai relu des pages et des pages o&ugrave; je ne cessais de penser &agrave; une certaine personne, qui m'obs&eacute;dait en septembre, en Octobre&hellip; voire plus tard. Du coup j'ai repens&eacute; &agrave; elle toute la journ&eacute;e, et j'ai voulu &eacute;crire &agrave; propos d'elle, mais bien s&ucirc;r cela ne m'&eacute;tait pas possible car je ne peux pas parler d'elle sans &eacute;taler ma vie priv&eacute;e (et la sienne).</p>
<p>C'est tout de m&ecirc;me dr&ocirc;le. Dr&ocirc;le qu'une relation pareille ait pu se tisser. J'&eacute;tais certainement tomb&eacute; amoureux. Sinon, je me serai d&eacute;tach&eacute; plus facilement.</p>
<p>Ce qui est dr&ocirc;le, c'est qu'apr&egrave;s que les choses se soit mises au clair entre nous, j'ai rencontr&eacute; deux autres personnes de la m&ecirc;me mani&egrave;re :<em>gr&acirc;ce &agrave; mes traces</em>. Celles que j'ai laiss&eacute;es sur internet.</p>
<p>Le fait est que A. s'est accroch&eacute; &agrave; mes&nbsp;<em>traces</em>&nbsp;(et moi aux siennes&hellip;).</p>
<p>J'aime les traces des gens.&nbsp;</p>
<p>Je me suis mis &agrave; penser &agrave; des gens donc je ne connais presque que les traces. Qui incarnent une certaine forme de myst&egrave;re, puisque je ne suis pas dans leur entourage, que je ne figure pas dans leur quotidien, et inversement. Mais, tout en ne faisant pas partie de nos quotidiens respectifs, on s'adresse l'un &agrave; l'autre comme si c'&eacute;tait le cas. S'adresser &agrave; une personne dont on suit les traces sans r&eacute;ellement l'approcher, c'est quelque-chose d'assez sp&eacute;cial. N'ayant que les traces de la personne, nous ne sommes en possession que de son myst&egrave;re. On pense &agrave; elle et donc on se l'approprie. Elles finissent par appartenir &agrave; mon esprit, comme si elles faisaient partie de moi&hellip;</p>
<p>Non, l&agrave; je pars en couilles.</p>
<p>Tchuss.</p>
</div>
</p><p class="ta_img"><img border=0 src="http://www.blogg.org/afficher_image.php?id=1174212&amp;img_x="></p>]]></description>
<category>textes</category>
<pubDate>Sun, 20 Sep 2009 20:32:01 +0000</pubDate>
<guid>http://www.blogg.org/blog-34011-billet-1084977.html</guid>
</item>
<item>
<title>aujourd'hui j'ai pas seulement pas mangé une pomme.</title>
<link>http://www.blogg.org/blog-34011-billet-1084096.html</link>
<description><![CDATA[<p>Okay.</p>
<p>Apr&egrave;s au moins trois ou quatre tentatives &agrave; entrer cet identifiant et ce mot de passe en me connectant au r&eacute;seau "neuf wifi" de l'immeuble, j'arrive <em>enfin</em> &agrave; avoir internet. Ce qui me permet, <em>enfin</em>, d'&eacute;couter fip sur cet ordinateur et d'&eacute;crire ces lignes sur blogg.org.</p>
<p>Cela fait exactement un mois que je n'ai pas fait la moindre note sur ce blog.</p>
<p>Je voudrais pr&eacute;ciser, pour ma d&eacute;fense, que dans ce mois il s'est &eacute;coul&eacute; trois semaines sans que je n'ai internet en ma compagnie.</p>
<p>Quoiqu'il en soit, <em>ce soir</em>, je vous &eacute;cris.</p>
<p>Et je vous &eacute;cris de Strasbourg.</p>
<p>Aujourd'hui fut un jour relativement ordinaire. Rien ne m'est arriv&eacute; d'<em>impr&eacute;vu</em>, d'<em>extraordinaire. </em>Pas d'&eacute;l&eacute;ment perturbateur majeur.</p>
<p>Et pourtant, ce jour est &agrave; marquer d'une croix blanche. Car je suis chez moi, mais mais plus <em>chez moi</em>.</p>
<p>Je suis dans une appart formidable, franchement grand, et je suis seul : Julien passe sa soir&eacute;e je ne sais o&ugrave;, et Camille et Axelle n'arrivent que demain et apr&egrave;s-demain. Je suis seul dans cet appart formidable qui est mien. Je fais le tour de l'appart, je vois les chambres de Julien et Axelle qui sont d&eacute;j&agrave; bien occup&eacute;es, bien marqu&eacute;es par leur pr&eacute;sence. Ils se sont install&eacute;s&hellip;&nbsp;</p>
<p>Moi, j'arrive. Je suis arriv&eacute;. J'ai bu une soupe chinoise pour d&icirc;ner. C'est la seule nourriture qui soit &agrave; moi dans cet appartement, pour le moment&hellip;&nbsp;</p>
<p>Ce soir, je d&eacute;couvre. Mais, bient&ocirc;t, je serai chez moi, <em>vraiment</em> chez moi. Avec Axelle, Julien et Camille.</p>
<p>Cela fait au moins un an pour chacun d'entre eux qu'ils ne vivent plus chez leurs parents, qu'ils savent ce que c'est que la colocation.</p>
<p>Moi, c'est mon premier pas. J'esp&egrave;re que tout se passera bien. Je pense que &ccedil;a se passera bien&hellip;</p>
<p>Mais, voil&agrave;.&nbsp;</p>
<p>Bien que ce jour me semble relativement ordinaire, il ouvre pourtant une nouvelle p&eacute;riode de ma vie.</p>
<p>C'est presque le "premier jour du reste de ma vie", mais version banale, sans rien de trop ouf. Pour l'instant, je n'ai pas v&eacute;cu le v&eacute;ritable "premier jour du reste de ma vie".</p>
<p>Ce soir, je ne suis ni chez mon p&egrave;re, ni chez ma m&egrave;re, et pourtant je suis chez moi : je commence &agrave; devenir grand.</p>
<p>Bien s&ucirc;r, mon p&egrave;re m'aide financi&egrave;rement, et je me sentirai encore longtemps chez moi lorsque je passerai chez chacun de mes parents, mais pourtant, je crois qu'aujourd'hui, &agrave; d&eacute;j&agrave; dix-neuf ans, je commence &agrave; m'assumer en dehors de mes parents&hellip; Je <em>commence</em>, hein !</p>
<p>Quand j'&eacute;tais en CM2 et que j'allais entrer au coll&egrave;ge, on m'avait dit que les "profs" n'allaient pas &eacute;crire leurs cours au tableau, qu'ils allaient <em>dicter</em> leur cours&hellip; J'ai flipp&eacute; ma race.</p>
<p>Mais, en troisi&egrave;me, j'&eacute;tais habitu&eacute; &agrave; prendre en dict&eacute;e. Puis, on m'a dit : "Au lyc&eacute;e, tu vas devoir prendre en note. Le prof va juste parler, comme &ccedil;a, tranquille, et toi tu devras gratter ce que tu peux dans ton cahier&hellip;" L&agrave; aussi, j'ai flipp&eacute; ma race.</p>
<p>Pourtant, &ccedil;a s'est bien pass&eacute;. Le choses se sont pass&eacute;es progressivement, graduellement. A leur rythme.</p>
<p>Quand on est petit, TOUT est effrayant. Je veux dire,&nbsp;<em>l'avenir&hellip; </em>On a peur de ne pas r&eacute;ussir &agrave; franchir les &eacute;tapes n&eacute;cessaires pour prouver qu'on devient grand.</p>
<p>Mais, l&agrave; aussi, les choses se font progressivement.</p>
<p>On peut &ecirc;tre effray&eacute; par l'id&eacute;e de, <em>vraiment</em>, devenir grand. Par l'id&eacute;e de devenir adulte. Et dieu sait que je ne suis pas encore adulte.</p>
<p>Mais, c'est comme la dict&eacute;e, c'est comme la prise de notes : &ccedil;a s'acquiert doucement, progressivement, sans qu'on s'en rende tellement compte. Et, aujourd'hui, j'ai accompli un nouveau pas : aujourd'hui je me suis install&eacute; dans un appartement, qui n'a pas la r&eacute;sidence de mon p&egrave;re, qui n'est pas la r&eacute;sidence de ma m&egrave;re&hellip; Et que je vais devoir partager avec trois autres personnes qui ont le m&ecirc;me &acirc;ge que moi.&nbsp;</p>
<p>Progressivement, tout doucement, je continue &agrave; grandir. Je deviens adulte, graduellement, centim&egrave;tre apr&egrave;s centim&egrave;tre. Tout doucement, je commence &agrave; m'assumer en dehors de mes parents. C'est dr&ocirc;le&hellip; C'est la vie.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>Non, vraiment : aujourd'hui, &ccedil;a bouge pour moi.</p>
<p>Yeah boy ! L'aventure continue !</p><p class="ta_img"><img border=0 src="http://www.blogg.org/afficher_image.php?id=1173304&amp;img_x="></p>]]></description>
<category>textes</category>
<pubDate>Fri, 18 Sep 2009 20:34:45 +0000</pubDate>
<guid>http://www.blogg.org/blog-34011-billet-1084096.html</guid>
</item>
<item>
<title>C'est marrant ces gens auxquels on pense, qui viennent dans nos rêves, qui viennent dans nos coeurs alors qu'ils nous entourent si peu. C'est la solitude. Elle m'empresse de vous retenir.</title>
<link>http://www.blogg.org/blog-34011-billet-1070013.html</link>
<description><![CDATA[<p>&nbsp;</p>
<p>C'est un macaque qui pense &agrave; un yaourt aux fraises et &agrave; une glace &agrave; la rhubarbe.</p>
<p>C'est un macaque qui est seul. C'est un yaourt et une glace qui ne l'entourent pas. Qui ne font pas vraiment partie de sa vie.</p>
<p>Mais ils font signe de vie au macaque. Alors le macaque s'accroche &agrave; ces signes.</p>
<p>C'est bizarre.</p>
<p>&nbsp;</p><p class="ta_img"><img border=0 src="http://www.blogg.org/afficher_image.php?id=1160328&amp;img_x="></p>]]></description>
<category>c'est alors qu'une chaise vivante arriva</category>
<pubDate>Tue, 18 Aug 2009 19:55:10 +0000</pubDate>
<guid>http://www.blogg.org/blog-34011-billet-1070013.html</guid>
</item>
<item>
<title>"Foutaises !" balança-t-il. Tout le monde se tût.</title>
<link>http://www.blogg.org/blog-34011-billet-1063308.html</link>
<description><![CDATA[<p class="ta_img"><img border=0 src="http://www.blogg.org/afficher_image.php?id=1154753&amp;img_x="></p>]]></description>
<category>c'est alors qu'une chaise vivante arriva</category>
<pubDate>Wed, 05 Aug 2009 19:16:51 +0000</pubDate>
<guid>http://www.blogg.org/blog-34011-billet-1063308.html</guid>
</item>
<item>
<title>A propos du temps (once again)</title>
<link>http://www.blogg.org/blog-34011-billet-1063306.html</link>
<description><![CDATA[<p>&nbsp;</p>
<div>
<p>En ce moment, je pr&eacute;pare mes cartons pour Strasbourg. Je jette tout ce qui doit enfin &ecirc;tre jet&eacute;, je mets dans les cartons ce dont je me vois mal me d&eacute;tacher.</p>
<p>Et je me retrouve &agrave; parcourir mon premier journal intime, qui date de 2007. Ce n'est pas tr&egrave;s vieux. C'est m&ecirc;me r&eacute;cent. Extraordinairement r&eacute;cent, en fait. Car tout &ccedil;a est d&eacute;j&agrave; tr&egrave;s loin, franchement loin. Je veux dire, non seulement ce que j'&eacute;tais en train de vivre, mais m&ecirc;me mes souvenirs d'alors&hellip;</p>
<p>Je lis des lignes o&ugrave; je me rem&eacute;more des choses qui sont enfouies tr&egrave;s loin dans mes souvenirs. Je parle de petits "tableaux" pr&eacute;cieux o&ugrave; je discute avec Roman de la diff&eacute;rence entre "dire" et "&eacute;noncer", tandis que maman s'&eacute;nerve sur l'ordi, et du petit tableau pr&eacute;cieux o&ugrave; maman et moi somment tout gaga devant Bouh, la chatte de Gwen et Arthur, qui sont en train de lire des B.D. Et tout &ccedil;a&hellip; C'&eacute;tait effectivement des instants pr&eacute;cieux, d'autant plus qu'ils sont extraordinairement loin.&nbsp;</p>
<p>Paradoxalement, c'est infiniment plus &eacute;loign&eacute; que ce jour de l'ann&eacute;e 1998 o&ugrave; la France marqua trois buts face au Br&eacute;sil.</p>
<p>Je me fiche bien du football, mais quand je fais l'animateur dans une colo et que je rencontre des enfants n&eacute;s en 1998, et qui n'ont donc&nbsp;<em>aucun souvenir&nbsp;</em>de la coupe du monde, qui n'ont&nbsp;<em>aucun souvenir&nbsp;</em>du passage dans le troisi&egrave;me mill&eacute;naire, et ben, franchement, &ccedil;a me fait bizarre. Me dire qu'ils sont n&eacute;s &agrave; ce moment-l&agrave;, voire une ann&eacute;e apr&egrave;s, que ces &eacute;v&eacute;nements ne les ont pas marqu&eacute;, &ccedil;a me fait dr&ocirc;le.</p>
<p>Pourtant, nous n'avons que quelques ann&eacute;es d'&eacute;cart. Et, d'ailleurs, lorsque je vois que tels &eacute;crivains du XVIII&egrave;me sont n&eacute;s, l'un en 1764, l'autre en 1776 (je balance au pif), je me dis : "ah, tiens, oui, ils &eacute;taient vraiment contemporains". En fait, je suis &eacute;tonn&eacute; qu'ils soient aussi proches. Et je me dis bien qu'ils ont partag&eacute; les m&ecirc;me temps, la m&ecirc;me &eacute;poque.</p>
<p>Et, j'ai beau me dire que ces enfants n'ont pas connu les m&ecirc;mes &eacute;v&eacute;nements que moi, il est vrai que moi-m&ecirc;me, je suis n&eacute; en 1990. Alors, bon, quand t'es n&eacute; en 90, je ne crois pas que tu sois bien plac&eacute; pour parler&hellip; Je veux dire, je n'&eacute;tais m&ecirc;me pas n&eacute; lorsque le mur de Berlin s'est effondr&eacute; ! Je n'ai rien connu de la guerre froide !</p>
<p>Mais, voil&agrave;, cela ne m'emp&ecirc;che pas de conna&icirc;tre, d'apprendre. D'ailleurs, ce n'est pas parce que je n'ai pas travers&eacute; les ann&eacute;es 80 que je ne suis pas fan du clip "thriller", que je n'adore pas "Billie Jean", que je n'&eacute;coute pas avec un d&eacute;lice sans comparaison Prince chanter "Kiss".</p>
<p>D'autre part, nous sommes bien oblig&eacute;s d'&ecirc;tre n&eacute;s &agrave; un moment donn&eacute;. Ma propre grand-m&egrave;re, voire mes deux grand-m&egrave;res, ont rat&eacute; des coches ! "Quoi ? Elles sont n&eacute;es APRES la premi&egrave;re guerre mondiale ?! Elles ont rat&eacute; &ccedil;a ?!" Eh oui.</p>
<p>Ce qui me fascine en fait, c'est le c&ocirc;t&eacute; "<em>n&eacute;s aujourd'hui</em>", ou presque (&copy; LisaDawn). Ce c&ocirc;t&eacute; o&ugrave; nous sommes les tout derniers, o&ugrave; ces gosses dont j'ai &eacute;t&eacute; l'animateur sont une des toutes derni&egrave;res g&eacute;n&eacute;rations sur Terre. Je n'ai m&ecirc;me pas dix ans de plus qu'eux, nous sommes peut-&ecirc;tre de la m&ecirc;me g&eacute;n&eacute;ration. Mince ! Presque la derni&egrave;re g&eacute;n&eacute;ration sur Terre. Mais, l&agrave;, le truc, c'est justement qu'il y a&nbsp;<em>encore</em>&nbsp;des gosses qui naissent,&nbsp;<em>aujourd'hui m&ecirc;me.&nbsp;</em>Aujourd'hui, mercredi 5 Ao&ucirc;t 2009, &agrave; 19:59,<em>&nbsp;</em>combien de b&eacute;b&eacute;s viennent-ils de na&icirc;tre ? C'est un foutu truc permanent, et moi-m&ecirc;me, je suis n&eacute; lors d'un temps pr&eacute;sent, &agrave; un moment qui &eacute;tait le dernier en date depuis l'aube des temps. Il y a m&ecirc;me des gens qui vont na&icirc;tre dans le&nbsp;<em>futur</em>.</p>
<p>Le truc, c'est que tout cela n'a rien d'incroyable. En l'an 300 avant J&eacute;sus-Christ, depuis combien de temps l'humanit&eacute; existait-elle ? Je crois que &ccedil;a faisait d&eacute;j&agrave; belle lurette. Eux aussi, ils ont rat&eacute; un coche. Eux aussi, on peut dire qu'ils sont n&eacute;s "tard". Eux aussi, ils sont n&eacute;s &agrave; un moment qui &eacute;tant le "dernier depuis l'aube des temps". Puisque nous naissons tous &agrave; un moment donn&eacute;, tout cela est extraordinairement relatif.</p>
<p>Et puis, le fait de rater un coche ne nous prive pas de pouvoir nous rattraper. Apprendre. Je l'ai d&eacute;j&agrave; dit plut&ocirc;t d'ailleurs.&nbsp;Mais rien ne vaut l'exp&eacute;rience, et&nbsp;<em>jamais&nbsp;</em>nous ne pourrons &ecirc;tre le fruit du XVIII&egrave;me si&egrave;cle, ou du XIX&egrave;me, ou du XI&egrave;me si&egrave;cle&hellip; Et les &eacute;v&eacute;nements, eux, s'&eacute;loignent. L'influence est toujours l&agrave;, mais la simple id&eacute;e que personne ne soit plus vivant pour t&eacute;moigner d'une &eacute;poque, cela est troublant.</p>
<p>Le temps s'en va, nous &eacute;chappe. On parle toujours de J&eacute;sus, mais &ccedil;a fait belle lurette que l'ensemble de ses contemporains sont d&eacute;c&eacute;d&eacute;s. Pareil pour Socrate.&nbsp;</p>
<p>C'est &eacute;trange.</p>
<p>Mais dans mon propos initial, mon tout premier propos, au d&eacute;but de cette note, ce qui me paraissait &eacute;trange, c'&eacute;tait&nbsp;<em>deux toutes petites ann&eacute;es</em>, de d&eacute;calage. Je parlais de petits instants pr&eacute;cieux que j'avais rapport&eacute;s dans mon journal intime. La donne, c'est que je n'ai d&eacute;j&agrave; presque plus de souvenirs de mon quotidien avec Roman. Je n'ai presque plus de souvenirs de Bouh. Maintenant que Chalom&eacute; est l&agrave;, Bouh est extr&ecirc;mement loin. Tout &ccedil;a est vraiment tr&egrave;s loin.</p>
<p>Les gens avec qui j'&eacute;tais il y a deux ans ne sont plus l&agrave;. Ils &eacute;taient ancr&eacute;s dans mon quotidien, aujourd'hui j'ai peine &agrave; les rep&ecirc;cher dans ma m&eacute;moire. Ou, du moins, les moments partag&eacute;s ensemble.</p>
<p>Ce qui est au pr&eacute;sent est au pr&eacute;sent. Mais, s'il n'est pas v&eacute;ritablement un &eacute;v&eacute;nement marquant, alors il dispara&icirc;t progressivement en devenant pass&eacute;.</p>
<p>C'est normal : une ann&eacute;e a beau passer extraordinairement vite, elle contient tout de m&ecirc;me 365 jours. Mettons que je meure &agrave; 80 ans : combien de journ&eacute;es vais-je vivre ? Cinq fois huit, quarante. Six fois huit, quarante-huit. Trois fois huit, vingt-quatre. Quatre-vingt fois trois cent : vingt-quatre mille. Soixante fois quatre-vingt : quatre mille huit cent. &Ccedil;a fait donc un total de vingt-neuf mille deux cent quarante-huit jours.</p>
<p>En chiffres : 29 248. Si ma dur&eacute;e de vie est correcte, je vivrai &agrave; peu pr&egrave;s ce nombre-l&agrave; de journ&eacute;es.</p>
<p>Le probl&egrave;me, c'est que c'est &agrave; peine si je me rappelle ce que j'ai fait il y a sept jours (et c'est &agrave; cause de &ccedil;a que je tiens un journal intime), donc, vous imaginez si, &agrave; quatre-vingt ans, je me souviens ce que j'ai fait il y a vingt-mille jours !</p>
<p>Il y a un moment o&ugrave; je me disais que, si le pass&eacute; m'&eacute;tait si vague, c'est parce que j'&eacute;tais alors enfant et qu'une m&eacute;moire d'enfant n'est pas une m&eacute;moire d'adulte. C'est peut-&ecirc;tre vrai, mais cela n'emp&ecirc;che pas, je crois, une m&eacute;moire adulte de ne pas forc&eacute;ment &ecirc;tre si extraordinaire que &ccedil;a. Une vie para&icirc;t courte, elle est pourtant extr&ecirc;mement riche, de choses fort pr&eacute;cieuses et d'instants futiles, de routines redondantes et d'&eacute;v&eacute;nements exceptionnels. De <em>dizaines de</em>&nbsp;<em>milliers</em>&nbsp;de jours.</p>
<p>Alors on ne souvient pas tr&egrave;s bien. On ne souvient pas tr&egrave;s bien de ce qu'il s'est pass&eacute; lundi dernier, on ne se souvient pas tr&egrave;s bien d'il y a deux ans, et encore moins d'il y a vingt ans (dire que je n'ai m&ecirc;me pas vingt ans !).</p>
<p>Alors, voil&agrave;, je me dis que moi vieux p&eacute;p&eacute;, je serai bien oblig&eacute; de vivre au pr&eacute;sent, et je crois bien que ce qu'il se passera dans vingt ans, ce sera sacr&eacute;ment loin lorsque j'en aurai quatre-vingt. Le temps passe.</p>
<p>Il y a toujours des choses qui marquent. Je me souviendrai toujours assez bien de mon anniversaire de l'ann&eacute;e derni&egrave;re, je me souviendrai toujours assez bien du dix-sept (ou quinze ?&hellip;) Juin 2006. Etc. Mais, voil&agrave;. Tant de choses passent &agrave; la trappe !</p>
<p>A la fin de ma vie, combien d'ann&eacute;es qui ne seront plus que souvenirs vagues et emm&ecirc;l&eacute;s ?&nbsp;</p>
<p>C'est terrible, la vanit&eacute; des choses. Et &agrave; l'&eacute;chelle de l'humanit&eacute;, c'est encore plus terrible. Quoique ce qui dispara&icirc;t continue d'&ecirc;tre pr&eacute;sent &agrave; l'esprit, malgr&eacute; la distance extraordinaire.</p>
<p>Je n'arrive pas &agrave; poursuivre plus loin. Je viens de me relire. J'avais l'impression d'&eacute;crire depuis super longtemps mais ce texte ne me para&icirc;t pas si long que &ccedil;a.</p>
<p>J'arrive pas &agrave; pousser plus loin. Simplement, voil&agrave;. Bient&ocirc;t, je vais vivre &agrave; Strasbourg. L'ann&eacute;e que je viens de passer dans ma CAAP passera dans la case "souvenirs de ma vie". Le lyc&eacute;e est encore plus loin. Le coll&egrave;ge, n'en parlons pas. Mais mes cinq futures ann&eacute;es d'&eacute;tudes sont elles-m&ecirc;mes destin&eacute;es &agrave; tr&eacute;passer, &agrave; devenir des souvenirs. Pas forc&eacute;ment si vagues que &ccedil;a, en fait, mais voil&agrave;.</p>
<p>&hellip;</p>
<p>C'est dr&ocirc;le. Et dire qu'on meurt dans un "instant pr&eacute;sent".&nbsp;</p>
<p>Oui enfin bref. Jvais arr&ecirc;ter l&agrave;.</p>
<p>Cet article est pt&ecirc;t pas si g&eacute;nial que &ccedil;a en fin de compte. Mais c'est ce que j'avais envie d'&eacute;crire.&nbsp;</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>Bye !</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>(en cherchant une photo qui pourrait illustrer l'article, j'ai parcouru des photos qui datent de 2007. Elles me paraissent extraordinairement r&eacute;centes, c'est &agrave; peine si je n'ai pas l'impression de les avoir prises il y a deux mois. Tout &ccedil;a est donc tr&egrave;s disparate. Il y a des trucs d&eacute;j&agrave; tr&egrave;s vieux parce que n'appartenant plus &agrave; notre pr&eacute;sent, il y a les &eacute;v&eacute;nements marquants&hellip; et les vieilles photos qu'on croit avoir prises hier. Ah l&agrave; l&agrave; !)</p>
<p>p-s : la photo finalement choisie est relativement r&eacute;cente, mais comme c'est un chaton, elle est d'une g&eacute;n&eacute;ration tr&egrave;s r&eacute;cente. C'est presque un enfant n&eacute; en 1999 voire en 2009. &Ccedil;a me paraissait appropri&eacute;.</p>
</div>
<p>&nbsp;</p><p class="ta_img"><img border=0 src="http://www.blogg.org/afficher_image.php?id=1154746&amp;img_x="></p>]]></description>
<category>textes</category>
<pubDate>Wed, 05 Aug 2009 19:10:16 +0000</pubDate>
<guid>http://www.blogg.org/blog-34011-billet-1063306.html</guid>
</item>
<item>
<title>Poésie presque érotique</title>
<link>http://www.blogg.org/blog-34011-billet-1051248.html</link>
<description><![CDATA[<p>
<table border="0" cellspacing="0" cellpadding="0">
<tbody>
<tr>
<td class="gauche_titre">&nbsp;"</td>
<td class="milieu_titre">D&eacute;finition</td>
<td class="droite_titre">&nbsp;</td>
<td>
<table style="width: 100%;" border="0" cellspacing="0" cellpadding="0">
<tbody>
<tr>
<td>&nbsp;</td>
</tr>
</tbody>
</table>
</td>
</tr>
<tr>
<td colspan="4" height="9">&nbsp;</td>
</tr>
</tbody>
</table>
<br /> 
<table style="width: 100%;" border="0" cellspacing="0" cellpadding="0">
<tbody>
<tr>
<td>
<table border="0" cellspacing="0" cellpadding="0">
<tbody>
<tr>
<td><span class="fiche_mot_libelle_mot_definition">bazar</span>, nom masculin</td>
</tr>
<tr>
<td>&nbsp;</td>
</tr>
<tr>
<td>
<table style="width: 100%;" border="0" cellspacing="0" cellpadding="0">
<tbody>
<tr>
<td><span class="fiche_mot_libelle_rubrique_definition">Sens 1</span>&nbsp;<span class="fiche_mot_lien_sens"><a class="fiche_mot_lien_sens" href="http://www.linternaute.com/dictionnaire/fr/definition/marche-1/">March&eacute;</a>&nbsp;<a class="fiche_mot_lien_sens" href="http://www.linternaute.com/dictionnaire/fr/definition/couvert/">couvert</a>&nbsp;<a class="fiche_mot_lien_sens" href="http://www.linternaute.com/dictionnaire/fr/definition/en/">en</a>&nbsp;Afrique&nbsp;<a class="fiche_mot_lien_sens" href="http://www.linternaute.com/dictionnaire/fr/definition/du-1/">du</a>&nbsp;<a class="fiche_mot_lien_sens" href="http://www.linternaute.com/dictionnaire/fr/definition/nord/">Nord</a>&nbsp;<a class="fiche_mot_lien_sens" href="http://www.linternaute.com/dictionnaire/fr/definition/et/">et</a>&nbsp;<a class="fiche_mot_lien_sens" href="http://www.linternaute.com/dictionnaire/fr/definition/dans/">dans</a>&nbsp;<a class="fiche_mot_lien_sens" href="http://www.linternaute.com/dictionnaire/fr/definition/le/">les</a>&nbsp;<a class="fiche_mot_lien_sens" href="http://www.linternaute.com/dictionnaire/fr/definition/pays/">pays</a>&nbsp;<a class="fiche_mot_lien_sens" href="http://www.linternaute.com/dictionnaire/fr/definition/arabe/">arabes</a>.</span>&nbsp;<span class="fiche_mot_libelle_rubrique_definition">Synonyme</span>&nbsp;<a class="fiche_mot_lien_synonyme" href="http://www.linternaute.com/dictionnaire/fr/definition/souk/">souk</a>&nbsp;<span class="fiche_mot_libelle_rubrique_definition">Anglais</span>&nbsp;bazaar</td>
</tr>
<tr>
<td><span class="fiche_mot_libelle_rubrique_definition">Sens 2</span>&nbsp;<span class="fiche_mot_lien_sens"><a class="fiche_mot_lien_sens" href="http://www.linternaute.com/dictionnaire/fr/definition/magasin/">Magasin</a>&nbsp;<a class="fiche_mot_lien_sens" href="http://www.linternaute.com/dictionnaire/fr/definition/ou-1/">o&ugrave;</a>&nbsp;<a class="fiche_mot_lien_sens" href="http://www.linternaute.com/dictionnaire/fr/definition/les-des-sont-jetes/">sont</a>&nbsp;<a class="fiche_mot_lien_sens" href="http://www.linternaute.com/dictionnaire/fr/definition/vendre/">vendus</a>&nbsp;<a class="fiche_mot_lien_sens" href="http://www.linternaute.com/dictionnaire/fr/definition/tout/">toutes</a>&nbsp;<a class="fiche_mot_lien_sens" href="http://www.linternaute.com/dictionnaire/fr/definition/sorte/">sortes</a>&nbsp;<a class="fiche_mot_lien_sens" href="http://www.linternaute.com/dictionnaire/fr/definition/d/">d</a>'<a class="fiche_mot_lien_sens" href="http://www.linternaute.com/dictionnaire/fr/definition/objet/">objets</a>.</span>&nbsp;<span class="fiche_mot_libelle_rubrique_definition">Synonyme</span>&nbsp;<a class="fiche_mot_lien_synonyme" href="http://www.linternaute.com/dictionnaire/fr/definition/bric-a-brac/">bric-&agrave;-brac</a>&nbsp;<span class="fiche_mot_libelle_rubrique_definition">Anglais</span>general store</td>
</tr>
<tr>
<td><span class="fiche_mot_libelle_rubrique_definition">Sens 3</span>&nbsp;<span class="fiche_mot_lien_sens"><a class="fiche_mot_lien_sens" href="http://www.linternaute.com/dictionnaire/fr/definition/objet/">Objets</a>&nbsp;<a class="fiche_mot_lien_sens" href="http://www.linternaute.com/dictionnaire/fr/definition/en/">en</a>&nbsp;<a class="fiche_mot_lien_sens" href="http://www.linternaute.com/dictionnaire/fr/definition/desordre/">d&eacute;sordre</a></span>&nbsp;<span class="fiche_mot_libelle_rubrique_definition">[<a href="http://www.linternaute.com/dictionnaire/fr/usage/familier/1/">Familier</a>]</span>.&nbsp;<span class="fiche_mot_libelle_rubrique_definition">Synonyme</span>&nbsp;<a class="fiche_mot_lien_synonyme" href="http://www.linternaute.com/dictionnaire/fr/definition/bric-a-brac/">bric-&agrave;-brac</a>&nbsp;<span class="fiche_mot_libelle_rubrique_definition">Anglais</span>&nbsp;jumble"</td>
</tr>
</tbody>
</table>
</td>
</tr>
<tr>
<td>&nbsp;</td>
</tr>
</tbody>
</table>
</td>
</tr>
<tr>
<td height="4">&nbsp;</td>
</tr>
<tr>
<td height="1" bgcolor="#cccccc"><br /></td>
</tr>
</tbody>
</table>
</p>
<p>Voil&agrave; ce que je trouve sur le net &agrave; propos du mot "bazar".</p>
<p>A ce moment-l&agrave;, que serait un bazar corporel ?&hellip;</p>
<p>Car, comprenez-vous, l'expression "bazar corporel" m'a travers&eacute; le cerveau l'autre jour, et j'ai d&eacute;cid&eacute; de la garder dans mes filets.</p>
<p>On pourrait penser qu'un bazar coporel ce serait une partouze. Je ne suis pas d'accord. &Ccedil;a pourrait, hein, mais moi, jvois pas &ccedil;a comme &ccedil;a.</p>
<p>Je vois le bazar corporel &agrave; deux. Je vois deux corps qui seraient des bazars mutuels et qui iraient fouiner le bric-&agrave;-brac en d&eacute;tail pour voir si le souk ne rec&egrave;le pas quelque-part quelque pi&egrave;ce merveilleuse.</p>
<p>Je veux faire un jeu. Je veux essayer de parler du "bazar corporel" &agrave; partir du syst&egrave;me d&eacute;j&agrave; opt&eacute; lors de ma note pr&eacute;c&eacute;dente.</p>
<p>Bazar : bas, art, bassesse, Basse, Zob, Ras, Rasage, l&eacute;zard, hasard, Anar', Base, Blizzard.</p>
<p>Corporel : Corps, peau, pore, r&acirc;le, reine, cor, oreille, corail, roc, roche, elle, coeur, encore &hellip;</p>
<p>Corps peau r&acirc;le. Corps pour elle. Ah ah ! C'est dr&ocirc;le.</p>
<p>Il y a ton corps ta peau tes pores nos r&acirc;les tes oreilles et mon roc et il y a l'art de l&eacute;zarder la roche l'art anar et hasardeux de raser la base pour embrasser le blizzard.</p>
<p>Mon corps pour elle, nos corps nos peaux nos r&acirc;les qui collent, scotchent s'engluent dans nos pores, la fusion des corps &ccedil;a s'appelle.</p>
<p>Ton corps contre le mien tes r&acirc;les contre les miens tes pores contre les miennes, ton cor &agrave; mes oreilles et le hasard qui s'immisce pour baser nos rapports, il y a la roche contre laquelle nos bas se laissent aller et le l&eacute;zard qui s'&eacute;chappe pour nous laisser, il y a ta peau contre la mienne. Mon zob embrasse ton abricot. L&agrave; mon coco, tu vas tr&egrave;s loin&hellip;</p>
<p>Je plonge dans l'impudique. Je me d&eacute;fendrai en avan&ccedil;ant que je ne parle pas de moi, je ne fais qu'&eacute;crire des mots que je t&acirc;che de faire sonner. Et je ne fais que tutoyer personne.</p>
<p>Sur le corail et la roche se basent nos corps pour hasarder leurs peaux l'une contre l'autre, nos r&acirc;les en choeur font battre nos corps et nos pores et font transpirer mes oreilles, tandis qu'encore tu es ma reine et qu'encore et en corps mon art de l'anarchie base le blizzard chaud de nos rapports.&nbsp;</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>Pour moi le bazar c'est du d&eacute;sordre, du bordel, du mouvement. La danse peut donc aussi &ecirc;tre du "bazar corporel".</p>
<p>D'ailleurs le bazar corporel c'est carr&eacute;ment de la danse.</p>
<p>(d'o&ugrave; l'illustration de cette note)</p>
<p>&nbsp;</p><p class="ta_img"><img border=0 src="http://www.blogg.org/afficher_image.php?id=1142570&amp;img_x="></p>]]></description>
<category>textes</category>
<pubDate>Mon, 06 Jul 2009 14:50:35 +0000</pubDate>
<guid>http://www.blogg.org/blog-34011-billet-1051248.html</guid>
</item>
</channel>
</rss>
