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Mes peintures

Présentation

                                                                                        "L'arbre jaune" (89 x 116 cm)


http://www.artabus.com/lamiral  


 


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Philippe Lamiral travaille longtemps par couches successives sur une même toile et fait apparaître l'expression de la peinture ; il opère une transformation de la matière par l'énergie et par la volonté d'aller plus loin. Il peint non plus le sujet mais la « peinture » et s'intéresse de plus en plus à la couleur ! Les paysages archétypes ou les figures qu'on reconnaît sous l'épaisse matière, dans la tradition classique des thèmes de la Peinture lui permettent désormais de peindre sans souci de signification...


Son oeuvre est cotée sur artnet et dans le Guide Meyer. 




Philippe Lamiral works for a long time by successive coats on the same painting and creates the expression of the painting; he operates a transformation of the material by the energy and by the will to go farther. He paints either the subject but the "painting" and is interested more and more in the color! The landscapes archetypes or the figures which we recognize under the thick material, in the classic tradition of the subjects of the Painting allow him henceforth to paint carefree of meaning... His work is quoted on artnet and in the Guide Meyer.


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FRANCiS BACON | 17 novembre 2009

"Peinture 1946" Francis bacon, huile sur toile, 198 x 132 cm
 

La Peinture de 1946 est un grand travail qui est venu pour être reconnu comme un des chefs-d'œuvre de Francis Bacon. La chair est une partie majeure du travail, qui a continué à devenir un thème central partout dans le reste de sa carrière. Même ses portraits ont pris une apparence de chair qui pourrait même être accroché facilement dans une boucherie.

Francis Bacon 

Tate Britain - Londres

du 11 Septembre 2008 au 4 Janvier 2009
 
 

L'exposition rétrospective que consacre la Tate Britain à Francis Bacon (1909-1992) et qui ouvrira ses portes le 11 septembre 2008 inaugurera les célébrations du centenaire de la naissance de l'artiste en Grande-Bretagne. Première rétrospective consacrée à l'artiste au Royaume-Uni depuis 1985, elle vise à mettre en lumière les recherches les plus récentes sur le travail de Francis Bacon à la suite de la découverte du contenu de son atelier après sa mort en 1992. Réunissant environ une soixantaine d'oeuvres et s'étendant sur toute la carrière de l'artiste, l'exposition présente une sélection des oeuvres les plus importantes pour chacune des grandes périodes de l'oeuvre de Francis Bacon. Elle représente la plus importante présentation à ce jour sur le travail, la pensée, les sources et les processus de création de Francis Bacon.

Viandes en énigme et papes carnassiers : à la Tate Britain, près de soixante oeuvres mettent à nu une bestialité que Bacon n'a cessé d'écorcher, de sacraliser au fil de son oeuvre. Une iconographie obsessive qui, entre bourrasques de roses et de vermillons, d'os et de chair pillée, emporte tous les corps possibles. Car sa cruauté est dans cet éclatement pictural, mêlant le raffinement de l'aquarelle aux empâtements les plus denses, les Erinyes aux figures chrétiennes. Des connexions, qui, rendues explicites dans le 'Triptyque inspiré de l''Orestie d'Eschyle', scellent l'attachement du peintre à la puissance du drame antique. Effarante, également, cette pièce consacrée à la crucifixion, qui, entre emphase et turpitude, noblesse et effroi, emprunte autant à l'art de Grünewald qu'au 'Boeuf écorché' de Rembrandt. Et puis, vertu majeure de l'exposition, cette présentation du contenu de l'atelier, écuries mythiques naguère jonchées d'images issues du 'Cuirassé Potemkine', comme de l'album de Muybridge, dont Bacon reprend la fragmentation du mouvement. En atteste ce 'Triptyque en hommage à George Dyer', où la figure de son amant et modèle favori se prête aux morcellements et distorsions les plus radicales. De déformations en turbulences, cette vaste rétrospective offre un hommage majeur à un bourreau de la couleur, qui, entre déni de l'abstraction et goût pour la figuration, a su équarrir l'âme humaine et son hédonisme désespéré. Paloma Blanchet-Hidalgo

Publié par philippelamiral à 07:29:50 dans EXPOSITIONS | Commentaires (1) |

POP LiFE, ART iN MATéRiAL WORLD | 18 octobre 2009

"Made in Heaven" 1989,  Jeff Koons, lithographie sur papier sur toile, 318 x 691 cm, détail

Superstar de l'art contemporain, multimillionnaire, l'Américain Jeff Koons est souvent qualifié d'empereur du kitsch à cause de ses détournements d'icônes de la culture pop, de Michael Jackson à Mickey Mouse.
Dans "Jeff Koons : un homme de confiance" un documentaire réalisé en 2002, Koons revient sur un passage controversé de sa carrière, la série "Made in Heaven", entamée en 1989 dans laquelle il se met en scène avec sa femme à l'époque, l'actrice porno Ilona Staller, alias La Cicciolina.

Si la notoriété de Jeff Koons dépasse les limites du monde de l’art, c’est parce qu’avec des œuvres telles que le monumental Puppy qui monte la garde devant le Guggenheim Museum de Bilbao ou la série Made in Heaven, croisement de baroque et de hardcore, il a su briser la glace entre l’art contemporain et un public large.


La sculpture  de la serie Made in Heaven de Jeff Koons à l'exposition,de Pop Life, Art in Material World au Tate Moderne

Ilona Staller, alias La Cicciolina est née en 1951 à Budapest en Hongrie.
Jeff Koons est né en 1955 en Pennsylvanie aux Etats-Unis.
A eux deux un enfant, Ludwig, né en 1992.

La fameuse série « Made In Heaven » (1989) met en scène le couple narcissique dans (presque) toutes les positions du Kama-Sutra. Koons se sculpte muscles saillants et dessine à La Cicciolina une bouche pulpeuse et des fesses parfaites.

Provoquer le scandale, notamment par le recours à la mise en scène pornographique de sa propre personne, est sans doute l'intention de Jeff Koons, lorsqu'il se met en scène avec son épouse, la Cicciolina, dans une série de photos et de sculptures, Made in Heaven, même si l'artiste américain prétend avoir ici voulu rendre hommage à Boucher et Fragonard et aux libertins du XVIIIe siècle.

Pop Life Art in a Material World

Tate Modern - Londres, Angleterre
 
Du 1 Octobre 2009 au 17 Janvier 2010

 

Que ceux qui craignent que l’importance de la scénographie prenne le pas sur le contenu de nos expositions se rassurent : à voir les pratiques anglaises, on s’aperçoit qu’en France, on confond scénographie et accrochage. L’exposition "Pop Life" à la Tate Modern en est un très bon exemple : un parcours original et vivant, qui évite cependant de tomber dans le pur entertainment. Partant de l’aphorisme d’Andy Warhol "Good business is the best art", l’exposition s‘attache à présenter des artistes ayant construit leur propre marque, à travers leurs oeuvres (Murakami), leur personnalité (Warhol) ou les deux (Jeff Koons). Certains ayant créé de véritables univers, la scénographie a le bon goût de les reconstituer entièrement : on traverse ainsi le Pop Shop de Keith Haring, ouvert par l’artiste à New York en 1986, la série sexuellement très explicite "Made in Heaven" de Jeff Koons, ou les oeuvres littéralement éblouissantes de Damien Hirst. Même si la présence de certains travaux ne souligne pas toujours clairement le propos, comme le cheval mort de Maurizio Cattelan ou les travaux de Cosey Fanni Tutti, le parcours a le mérite, au minimum, d’ouvrir de nombreuses pistes de réflexion sur les différentes stratégies employées pas les artistes : tantôt purement commerciales avec des produits dérivés (Haring, Murakami), ou jouant sur les rapports entre l’art et le marché (Hirst, Warhol), entretenant une auto-mythologie (Turk, Emin, Cosey, Kippenberger, Fraser) ou manipulant les médias dans leur propre intérêt (Piotr Uklanski). Une exposition définitivement pop qui elle aussi, maîtrise bien les ficelles du divertissement. Dans le bon sens du terme. Emilie Trochu

 

"Good business is the best art" déclara un jour Andy Warhol avec insolence. Avec l'exposition "Pop Life", la Tate Modern examine comment les artistes, depuis les années 1980, ont cultivé leur personnalité publique comme un produit et ont composé un cocktail explosif de publicité, de commerce et de glamour pour construire leur propre marque. Démarrant par le grand-père du pop, Andy Warhol, le parcours inclut la série méconnue de Jeff Koons, "Made in Heaven" et son lapin inoxydable, un déploiement de pastilles peintes par Damien Hirst (record des ventes aux enchères 2008) et une reconstitution du magasin de Keith Haring, Pop Shop à New York. On y trouvera également des oeuvres de Richard Prince, Martin Kippenberger, de quelques Young British Artists, ainsi qu'une nouvelle commande de Takashi Murakami.

La serie Made in Heaven (1989), intégrant de grandes photographies et des sculptures, est un témoignage des actes sexuels partagés avec l'étoile porno Italienne Cicciolina, avec qui il s'était marié. Non sans un scandale cette série s'est exhibée à la Biennale de Venise en 1990.

Publié par philippelamiral à 09:46:06 dans EXPOSITIONS | Commentaires (3) |

PURE REPRéSENTATiON DE L'ESPRiT HUMAiN... Piet Mondrian | 15 septembre 2009



"Victory Boogie Woogie" 1942-1944, inachevé, Piet Mondrian

Huile et papier sur toile,127 x 127 cm, verticale 179 cm, Gemeentemuseum, La Haye,Pays-Bas

  

"Victory Boogie Woogie" Piet Mondrian, détails

Piet Mondrian peignant Victory Boogie Woogie

 

 

Le format losangique du dernier tableau de Mondrian renoue avec les tableaux néoplastiques des années 1920, mais s'y oppose par le passage d'un mouvement continu vers un mouvement syncopé. Il inaugure un nouvel état d'esprit qui contredit la réputation de dogmatisme attachée à la personnalité de Mondrian. Le rythme s'accélère, et les couleurs primaires se fragmentent en des plans colorés plus ou moins larges juxtaposés librement dans une structure où dominent toujours les horizontales et les verticales afin de traduire visuellement une musique et une danse que Mondrian appréciait. La rencontre de Mondrian avec cette musique et avec la vie animée de New York est une des causes de son renouvellement formel, que l'on pressent par les lignes continues de couleurs dans des tableaux précédents, comme New York City I. Ce rapport de la musique avec la construction de la peinture aura des retentissements au sein du mouvement de l'art cinétique.

La toile Victory Boogie Woogie a été achetée en 1998 par le musée municipal de La Haye pour la modique somme de 80 millions de florins. Cette toile est particulière parce que certaines zones sont colorés par des assemblages de ruban adhésifs. Pendant deux ans, les experts du musée ont observé, scanné, et passé la toile sous plusieurs sortes de rayons X, ultra-violets etc. Le résultat de ces deux années de travaux est présenté depuis le 28 août dans le musée de la capitale de Hollande du Sud et ils sont trés interessants. Il semblerait que la toile est d'abord été peinte par l'artiste avec ses trois couleurs primaires habituelles. Certaines zones ont ensuite été repiquées en peinture ou avec des collages de rubans adhesifs. C'est avec ces collages que de nouvelles couleurs comme le bleu marine ou le rouge vif sont apparus sur le tableau tel qu'on le connaît. Les experts ont même produit à l'aide d'ordinateurs, un toile montrant le tableau avant cette dernière transformation par l'artiste.

"Comme pure représentation de l’esprit humain, l’art s’exprimera dans une forme esthétique purifiée, c’est-à-dire abstraite"

Piet Mondrian

 

"L'arbre rouge" 1909, Piet Mondrian
Huile sur toile, 27 x 39 cm, Gemeentemuseum, La Haye,Pays-Bas


En 1909, L’Arbre rouge initie le début d’une épuration progressive de la forme, à partir du motif de l’arbre, peu à peu schmatisé, puis réduit à sa structure géométrique, comme l’est ensuite la Nature morte au pot de gingembre (1912). De même les bateaux d’un paysage marin se réduisent à une juxtaposition de croix noires (Composition n°10, 1915).

S’inspirant du cubisme, Mondrian parvient à une simplification des moyens plastiques : il veut réduire la nature en signes, afin, selon lui, d’exprimer l’essentiel. Selon l’artiste, l’abstraction est une nécessité morale, avant d’être un principe esthétique. La théorie mystique du "néo-plasticisme" , imaginée en 1917, est adoptée rapidement par les artistes de la revue De Stijl fondée par Theo Van Doesburg.
A l'approche de la deuxième guerre mondiale, il part à Londres, puis il s'installe à New York en 1940. Durant les deux dernières années de sa vie, libéré des obsessions qui lui faisaient multiplier les lignes noires, il supprime la couleur noire de ses tableaux. La couleur revient en force dans ses compositions. Mondrian identifie totalement la couleur à la ligne, qu’il tresse en réseaux ou qu’il morcelle en petites unités vibrantes, comme dans Victory Boogie-Woogie qu’il laisse inachevé à sa mort.

Publié par philippelamiral à 07:12:51 dans PAROLES DE PEINTRES | Commentaires (1) |

FOCUS : OSKAR KOKOSCHKA | 09 septembre 2009

 

 

"Martha Hirsch (femme rêvant)" 1909, Oskar Kokoschka
Huile sur toile, 88 x 70 cm
Serge Sabarsky Collection, New York

 

 

Focus: Oskar Kokoschka

Neue Galerie, New York

du 16 juillet au 5 octobre 2009

 

 "Focus : Oskar Kokoschka," est une exposition présentant  les peintures et les dessins de Kokoschka de la Neue Galerie collection de New York
Oskar Kokoschka  était un artiste majeur dans l'histoire de l'Expressionnisme.

Né  à Pöchlarn (Autriche), Oskar Kokoschka (1886-1980) se forme au contact des Ateliers viennois de 1905 à 1909. Dès 1910, il fréquente les milieux d’avant-garde à Berlin (Der Sturm). Après des séjours à Dresde où il est professeur (1919-24), Vienne (1931), Prague (1934-38) et Londres (1938-53), il s’établit définitivement en Suisse en 1953, à Villeneuve où il passe les vingt-sept dernières années de sa vie. A côté de Schiele, Kokoschka s’est vite imposé comme un des représentants majeurs de l’expressionnisme.


Kokoschka a reçu ses acclamations les plus grandes pour ses portraits. Il était capable de fixer ses réactions à un modèle directement sur la toile, sans études préparatoires. Les sujets de ses portraits sont illuminés de l'intérieur, plutôt que d'une source lumineuse extérieure. De cette façon, Kokoschka anime ses modèles. Comme l'artiste lui-même a une fois exprimé,

"les gens ne sont pas des natures mortes." 

 
En plus de ses portraits , l'exposition inclut une sélection de dessins de l'artiste. Des travaux graphiques que Kokoschka a créé pour le Wiener Werkstätte démontrent son passage rapide de Jugendstil à l'Expressionnisme et de l'illustrateur à l'artiste.

La Neue Galerie est une galerie d'art située à New York et ouverte en 2001 par Ronald S. Lauder pour exposer des œuvres allemandes et autrichiennes du début du XXe siècle.

Le bâtiment abritant le musée est situé au 1048 de la Cinquième Avenue au niveau de la 86e rue, dans un quartier appelé le Museum Mile (il est situé approximativement à équidistance du Musée Solomon R. Guggenheim et du Metropolitan Museum of Art). Il est situé à proximité de Central Park, sur l'île de Manhattan dans le quartier de Upper East Side.

Il fut construit en 1914 à la demande du magnat industriel William Starr Miller par Carrère & Hastings, architectes entre autres du bâtiment abritant la New York Public Library. Il fut occupé ultérieurement par Grace Vanderbilt (épouse de Cornelius Vanderbilt III) puis par la branche new-yorkaise de l'Institut YIVO (centre de recherche sur la langue yiddish). Il fut acheté en 1994 par Ronald S. Lauder & Serge Sabarsky qui ordonnèrent immédiatement sa complète restauration par l'architecte allemand Anabelle Selldorf.

De style Louis XIII, le bâtiment a été classé par la « New York Landmarks Commission ». Il est généralement considéré comme l'un des bâtiments les plus beaux érigés sur la Cinquième Avenue.

Le musée a été organisé par deux proches amis, Le propriétaire de galeries d'art Serge Sabarsky et le milliardaire Ronald S. Lauder (fils d'Estée Lauder, créatrice des cosmétiques éponyme). Ils se rencontrèrent en 1967, juste avant l'ouverture par Sabarsky de sa première galerie spécialisée dans les œuvres expresionnistes allemandes et autrichiennes. Il devint par la suite un des experts reconnus dans ce domaine. Client assidu, passionné de l'art de cette époque et ami de Serge Sabarsky, Ronald Steven Lauder fut nommé, en 1986 par Ronald Reagan, ambassadeur des États-Unis d'Amérique en Autriche jusqu'en 1987.

Malgré le décès en 1996 de Serge Sabarsky, Ronald Steven Lauder poursuivi le rève commun de rassembler les meilleures œuvres de cette période au sein de la Neue Galerie de New York.

La collection de la Neue Galerie est pluri-disiplinaire: peinture, sculpture, croquis, arts décoratifs, photographies provenant d'Allemagne et d'Autriche entre 1890 et 1940.

Publié par philippelamiral à 08:50:38 dans EXPOSITIONS | Commentaires (1) |

LE CHARiOT DE CHèVRES... Sigmar Polke | 08 septembre 2009

 

"Der Ziegenwagen (Le chariot de chèvres)" 1992, Sigmar Polke
Peinture polymérique synthétique sur tissu imprimé, 218.4 x 299.7 cm x)
Don de Werner et Elaine Dannheisser,The Museum of Modern Art, New York

 

L’artiste allemand Sigmar Polke manipule des clichés issus de la culture populaire et historique, afin de créer une imagerie personnelle ironique et singulière.



Dans les années 1960, alors que Polke effectue ses études à la Kunstakademie de Düsseldorf, le Pop Art bat son plein aux Etats-Unis. En 1963, par réaction à l’art pop et au réalisme socialiste, il fonde avec Gerhard Richter et Konrad Lueg, le "Réalisme capitaliste". A cette époque, il s’approprie et interprète les caractéristiques des avant-gardes, particulièrement les représentations issues des mass média et de la culture populaire, à l’instar du Pop Art américain.


De ses influences résulteront tout au long des années 70, un ensemble de tableaux baroques, hauts en couleurs, caractérisé par des mélanges de techniques (sérigraphie, photographie, peinture) dans lesquels se rencontrent des personnages historiques (Cléopâtre), imaginaires (Alice aux Pays des Merveilles, Lucky Luke) ou encore allégoriques (fantômes, divinités).
La fin des années 80 l’amène à l’abstraction et à de très grands formats, où l’exploration de la matière (résine, poudre de météorite) semble prendre le dessus sur celle de l’imagerie ("Les esprits qui donnent de la force sont invisibles").

Polke commence alors à utiliser la machine à photocopier pour manipuler son matériel, modifiant, tronquant les images. Dans les "Printing Mistakes", série des années 1990, il exprime sa fascination pour les imprimés et leurs degrés de signification. Dans des toiles comme "Untitled" (1998), Polke explore des erreurs d’impression - des taches, des bavures, des superpositions - trouvées dans la presse populaire. A partir d’images issues de l’actualité politique et sociale, Polke laisse libre cours à son imagination, jusqu’à brouiller l’information originelle ("Three New Commandments Found", 1998).

Plus récemment, Polke s’est lancé dans un procédé de "peintures mécaniques" dans lesquelles il retravaille ironiquement des illustrations de magazines par des procédés photomécaniques. Directement inspiré de l’actualité, "The Hunt for the Taliban and Al Qaeda" (2002) montre une image satellite transformant un groupe de cavaliers en une anomalie abstraite du paysage, en une tâche.
Sa série "Splatter Analysis" (2002) explore l’imagerie d’Amérique de l’Ouest, surtout des photographies de reportages sur les armes à feu, telles "Fastest Gun in the West" (2002). "I don’t really think about anything too much" (2002) montre un personnage posant fièrement, le pistolet à la main, devant une cible criblée d’impacts de balles, le tout vu à travers une grille abstraite. Ici aussi figuration et abstraction se rencontrent et se complètent.

Dans ses œuvres, Sigmar Polke explore la nature de la perception à travers un langage visuel unique. Le mélange des procédés, l’expérimentation de la matière et la diversité des sources échappent à toute catégorisation. Polke manipule le sens des images culturelles, mais aussi celui de la peinture.
Après la vaste rétrospective de Bonn en 1997, l’exposition de Londres permet d’apprécier les créations les plus récentes (1996-2002) d’un des grands artistes allemands contemporains. La présentation permet également de mesurer la maîtrise technique de Sigmar Polke et le regard ironique qu’il porte sur le rôle et l’authenticité des images dans une société qui en est saturée.  Sophie Richard, Londres, novembre 2003

Publié par philippelamiral à 07:14:37 dans POLKE Sigmar | Commentaires (1) |

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