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Mes peintures

Présentation

                                                                                        "L'arbre jaune" (89 x 116 cm)


http://www.artabus.com/lamiral  


 


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Philippe Lamiral travaille longtemps par couches successives sur une même toile et fait apparaître l'expression de la peinture ; il opère une transformation de la matière par l'énergie et par la volonté d'aller plus loin. Il peint non plus le sujet mais la « peinture » et s'intéresse de plus en plus à la couleur ! Les paysages archétypes ou les figures qu'on reconnaît sous l'épaisse matière, dans la tradition classique des thèmes de la Peinture lui permettent désormais de peindre sans souci de signification...


Son oeuvre est cotée sur artnet et dans le Guide Meyer. 




Philippe Lamiral works for a long time by successive coats on the same painting and creates the expression of the painting; he operates a transformation of the material by the energy and by the will to go farther. He paints either the subject but the "painting" and is interested more and more in the color! The landscapes archetypes or the figures which we recognize under the thick material, in the classic tradition of the subjects of the Painting allow him henceforth to paint carefree of meaning... His work is quoted on artnet and in the Guide Meyer.


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QUESTiONS D'OBJETS / FRéDéRiQUE LOUiSA | 20 novembre 2009

 

 "Photomaton" Frédérique Louisa, photographie 

 

Questions d'objets / Frédérique Louisa

Du 11 novembre au 11 décembre 2009

Galerie octObre

24, rue René Boulanger

75010 Paris



"Dans ce photomaton du quai de Valmy, importé de Berlin, les photos témoignent d'une autre époque. C'est ci que les objets qui ne me servent plus mais que j’aime prennent leur envol. Ils deviennent motifs. (...) Je trouve ça drôle des objets qui se déplacent pour se tirer le
portrait." FL

Frédérique Louisa nous fait traverser le miroir de sa mémoire et nous entraîne dans un monde sensible et maîtrisé oů la forme et l'espace sont rois. Frédérique Louisa donne la réponse à la question "to be or not to be ?".

Cette exposition de photomatons  en disent long : sur le temps et le devenir, l'identité et les coups de pied qu'il faut se donner pour avancer libres et sans entraves. Ce travail d'une jeune artiste de 21 ans nous ouvre un chemin et nous transforme.

Publié par philippelamiral à 07:26:28 dans EXPOSITIONS | Commentaires (1) |

PAYSAGES AHAH. BERNARD VOïTA | 11 novembre 2009

 

 

"Sans titre" 2009, Bernard Voïta, jet d'encre sur papier et sur verre, 93 x 134 cm


Bernard Voïta

Paysages ahah
17 oct.-14 nov. 2009

Paris 3e. Galerie Jean Brolly

 

Pour son exposition «Paysages Ahah», Bernard Voïta présente à la galerie Jean Brolly un ensemble de photographies en noir et blanc et utilise, pour la première fois, la couleur.

«Ahah» ou «haha» est une interjection qui existe depuis le XVIIIe siècle pour designer une surprise ou un événement dans un jardin. On prétend que le fils de Louis XIV, dit le Grand Dauphin, a fait donner ce nom à cette sorte d'ouverture qu'il aperçut pour la première fois dans les jardins de Meudon, et au sujet de laquelle il s'écria dans sa surprise: «ah ! ah !». Il s'agit en réalité d'un artifice visuel, d'un fossé creusé entre le jardin et le paysage alentour supprimant ainsi la coupure entre le jardin (lieu privé) et le paysage (espace public).

Composant des images formelles et minimalistes, Bernard Voïta invente un vocabulaire photographique et plastique, et questionne la friction entre le réel et l'artifice, ce que l'on voit (ou croit voir) et ce qui est vraiment.
La superposition de deux images, l'une, imprimée sur verre (une photo trouvée représentant une vue d'extérieur), l'autre sur papier (une photo construite dans l'atelier à partir de matériaux de récupération) produit un effet d'étrangeté et une mise en volume du tableau photographique.

L'illusion opère sur le regardeur qui ne peut tout à fait reconstruire l'image, son origine, sa source. De tout cela reste une impression de pure fabrication, de bricolage, de désordre. Saisissantes de par leurs cadrages, les photographies de Bernard Voïta deviennent des objets étranges non identifiables. Les filtres déposés sur les images, telles des pellicules très fines, disent tout un espace mental et virtuel.

Assemblages d'objets divers (des chaises, du matériel photographique, des pièces détachés, des ustensiles, etc.) ramassés dans la rue et finement agencés afin de composer de micro-architectures, vision en vert et rose d'un extérieur insituable, l'artiste manipule les codes de la mise en représentation. Ses images sont autant de mises en scènes élaborées et irréelles.

Jouant des perspectives et des échelles, du contraste entre le flou et le net, l'œuvre de Bernard Voïta s'explore, se parcourt du regard et questionne nos rapports à l'espace. La tridimensionnalité surgit des profondeurs de champ et des lignes de fuites, et la zone photographiée devient un espace fictif très construit, labyrinthique même. Véritables paysages colorés, les photographies sont des objets sculpturaux et charnels. Et cela malgré l'absence d'humains, de corps chauds.

Avec humour et poésie, Bernard Voïta modifie nos perceptions immédiates. Les objets déplacés de leurs fonctions initiales deviennent les protagonistes de fictions composées et élaborées par l'artiste. Brouillant les pistes et le regard du spectateur, l'œuvre de Bernard Voïta agit et questionne l'endroit même de la photographie.

Publié par philippelamiral à 08:20:50 dans EXPOSITIONS | Commentaires (3) |

PEiNDRE CE QU'ON NE DiT PAS ... Gérard Garouste | 03 novembre 2009

 "le masque" 1998, Gérard Garouste, huile sur toile, 130 x 97 cm

 

"Je veux peindre ce qu’on ne dit pas"

Gérard Garouste

 

Etudiant à l’Ecole nationale supérieure des Beaux-Arts de Paris de 1965 à 1972, Gérard Garouste expose pour la première fois ses Dessins monumentaux en 1969, tout en pratiquant la scénographie avec son ami le metteur en scène Jean-Michel Ribes. Dès la fin des années 1960, l’artiste prétend peindre délibérément les thèmes de la peinture les plus traditionnels, le nu, le paysage et la nature morte.

Ayant assimilé les avant-gardes, il veut faire face à l’histoire de l’art et se confronte sans cesses aux maîtres et aux textes anciens, par la représentation de scènes bibliques ou mythologiques, ou, depuis 1985, en s’inspirant de la Divine Comédie de Dante, de Don Quichotte ou de la Haggadah juive. Garouste associe parfois des sculptures à ses monumentales huiles sur toile, ou peint au pinceau noir sur des « indiennes » (toiles écrues). Ses figures sont tourmentées, fuyantes, déséquilibrées.

Garouste a été sollicité de nombreuses fois pour des décors, notamment à l’Elysée, à la cathédrale d’Evry, à la Bibliothèque nationale ou pour le rideau de scène du Théâtre du Châtelet. En 1991 l’artiste fonde l’association La Source, dont le but est d’aider des jeunes issus de milieux défavorisés à se revaloriser par la création artistique.

 

Publié par philippelamiral à 15:56:42 dans PAROLES DE PEINTRES | Commentaires (1) |

GéRARD GAROUSTE - LE CLASSiQUE ET L'iNDiEN | 28 octobre 2009

 

"Le masque de chien (autoportrait) " 2002,Gérard Garouste, huile sur toile, 92 x 73 cm

Fonds National d’Art Contemporain, Ministère de la culture et de la communication

 

 

Gérard Garouste - Le Classique et l’Indien
Du 14 octobre 2009 au 03 janvier 2010
A l’Académie de France à Rome
« Une nuit, je croise un homme sur une route de campagne. Il s'arrête et m'explique que l'humanité se divise en deux catégories d'individus : les Classiques et les Indiens. Ils sont  inséparables, marchent toujours par paire. Un Indien ne se déplace jamais sans son Classique, de même que l'intuition ne peut se passer de la raison »
Gérard Garouste

 

 

 

l’Académie de France à Rome consacre une grande exposition à Gérard Garouste, l’un des peintres français les plus internationalement reconnu, qui propose un parcours autour de soixante-dix œuvres. L’exposition commence par la série des portraits de commande d’anonymes, de personnes connues ou de proches. Ces toiles opèrent un retour classique à la tradition : une confrontation au réalisme et à la ressemblance de ses modèles. Viennent ensuite les œuvres représentant les différents thèmes abordés par l’artiste durant plus d’une vingtaine d’années : textes classiques tels que Rabelais (la Dive Bacbuc), Dante (La Divine comédie), Cervantès (Don Quichotte), ou même son histoire personnelle. Des sculptures, des petites huiles et indiennes (grands panneaux de toiles suspendus à la manière des tapisseries) complètent l’exposition.
L’atelier du Bosco clôt la rétrospective avec des tableaux inspirés par Tal la Rosée, une histoire inspirée du Pentateuque.

Gérard Garouste, vue de l'exposition "Gérard Garouste. La Bourgogne, la famille et l'eau tiède"

à la galerie templon à Paris photo Olivier de Champris

 

Un proverbe chinois affirme : « Quand le sage montre la lune, le sot regarde le doigt. » Tentons de transposer : confronté à un tableau, le même sot ne regarderait que le tableau en tant qu’objet, s’arrêterait au premier degré, celui du graphisme, de la composition, de l’harmonie des couleurs, sans tenter de comprendre le message de l’artiste, les forces qui le sous-tendent, l’histoire dans laquelle il s’inscrit.

Michel Onfray n’a rien d’un sot. Dans un essai passionnant au titre énigmatique (lire l’ouvrage permet de résoudre cette énigme), L’Apiculteur et les Indiens (Galilée, 128 pages, 24 €), le regard qu’il porte sur l’œuvre du peintre Gérard Garouste ne se limite donc pas à ce « premier effet rétinien ». Comme il le souligne, « la rétine, c’est aussi et surtout du cerveau projeté en interface du monde et de l’être. De sorte qu’il existe un effet rétinien second, celui du sens. Après l’effet du saisissement plastique pur, on débouche, normalement, dans la clairière de la signification. »

Mais, avec Gérard Garouste, face à son œuvre baroque, complexe et tourmentée, se trouve-t-on vraiment dans une clairière ? Peut-être, mais, pour y parvenir, il faut auparavant traverser une forêt dense, accepter de s’égarer un peu, de s’égratigner aux ronciers du questionnement et, surtout, savoir lire les signes qu’il a déposés tout au long du chemin – en d’autres termes, interpréter les indices qu’il a discrètement placés dans ses toiles. Michel Onfray nous aide à parcourir ce labyrinthe, avec, pour fil d’Ariane, la vie du peintre, son terrible secret – de ces secrets de famille qui font les délices de Claude Chabrol lorsqu’il croque, dans tous les sens du terme, l’honorable bourgeoisie.

Ces signes, quels sont-ils ? L’auteur les identifie dans une liste non exhaustive : « Créatures fantasques, anamorphoses de corps pneumatiques, physiologies oniriques, chimères mentales, créatures extravagantes, situations abracabrantesques, visages grimaçants sur des corps fragmentés, schémas corporels réinventés, bestiaires magiques, flore mystique, danse de figures talmudiques et autres révolutions plastiques du réel –, emportés dans un vortex sans fin. » On pense à Jérôme Bosch, à Goya, à Francis Bacon. J’y reviendrai.

Car, avant d’aller plus loin, il faut lever le voile sur ce secret : le père de l’artiste appartient à la « catégorie du salaud » : farouchement antisémite par conviction, il avait construit sa fortune (dans l’industrie du meuble) par spoliation des biens des Juifs pendant l’Occupation et en tirait plus de fierté que de remords. Garouste naît juste après la Libération, il n’est pas responsable de son ascendance mais qu’importe, la figure de ce père, violent, cynique, le hante, le ronge, le détruit. Jusqu’à la folie – une folie temporaire, dépressive, mais qu’il faut toutefois prendre au sens asilaire du terme.

Avec la sympathie évidente qu’il éprouve pour le peintre, Michel Onfray se livre à l’exploration de plusieurs de ses tableaux, dont la plupart sont reproduits dans le cahier d’illustrations. Il en décrypte les symboles, à l’aide d’informations livrées par Gérard Garouste lui-même. Cette approche n’a rien de simple car, si le peintre sème quelques cailloux blancs sur son sentier, il en dissimule d’autres parfois, obligeant à un constant jeu de piste qui, tout le long du livre, tient le lecteur en éveil.

On comprend vite quelle importance occupe le secret de famille dans l’œuvre de l’artiste. Ce fils d’antisémite, élevé par lui dans un catholicisme rigoureux, voire étouffant, va apprendre l’hébreu pour lire et étudier l’Ancien Testament et le Talmud dans le texte, pour échapper à la traduction fautive – issue de « traductions de traductions » ou volontairement erronée – qui en est donnée par l’Eglise : « Mais comment l’Eglise pourrait-elle entendre la vérité de Gérard Garouste, qui est vérité pure, quand il affirme, à juste titre, que le christianisme se constitue par la spoliation du texte vétérotestamentaire dans le dessein de prouver la vérité de l’existence de son Messie en l’affublant des qualités dont le texte ancien disait qu’elles seraient celles de l’homme attendu pour sauver l’humanité ? » Un exemple ? La traduction délibérée d’almah par « Vierge », en lieu et place de « jeune fille nubile ».

Il serait difficile d’énumérer ici les symboles relevés par l’auteur ou d’en livrer ses interprétations sans risquer de dénaturer son propos et dérober au lecteur le plaisir de sa lecture. En revanche, on ne peut passer sous silence la belle définition que Michel Onfray donne de cet artiste : « un marrane inversé », et qu’il justifie ainsi :

« Certes, il ne se convertit pas, mais il pratique la sagesse juive au grand jour en se faisant l’exégète scrupuleux et très savant de quelques versets du Talmud sur lesquels il travaille longtemps pour en peindre l’aventure. De sorte que son projet de déchristianiser le judéo-christianisme le conduit à inverser la position habituelle du marrane qui est officiellement catholique, mais judaïsant en secret : lui paraît judaïsant dans son œuvre de peintre, mais catholique, non pas en secret, mais par la grâce pénible du baptême familial et du formatage de sa psyché par la religion de son père antisémite. »

L’Apiculteur et les Indiens est nourri d’érudition, mais aussi d’un enthousiasme chaleureux. Il offre un bel exemple de lecture de l’œuvre peint de Gérard Garouste. Pourquoi « de lecture » et non « de la lecture » ? Tentons de définir la nuance. L’œuvre d’un artiste est le fruit d’une rencontre entre l’histoire (la sienne, ici marquée par le secret de famille), l’Histoire (la grande, dominée ici par le XXe siècle) et l’histoire de l’art, dont la connaissance reste déterminante pour que l’œuvre puisse s’y inscrire, mais aussi par les jeux d’influences, d’inspirations, de références qu’elle dévoile. Méfions-nous toutefois des mots. Influences, inspirations, références ne signifient ni plagiat, ni copie. L’œuvre de Gérard Garouste s’impose dans son originalité propre. Mais le regard que peut porter sur elle l’historien de l’art différera forcément de celui du philosophe. Entre ces deux regards, il ne saurait être question de hiérarchie, encore moins d’opposition, mais bel et bien de complémentarité. Michel Onfray réagit en philosophe et en ami, il cherche à percer les secrets de l’œuvre à travers les fêlures et les fractures de l’homme, sa recherche d’identité ; il s’intéresse donc davantage à l’histoire et à l’Histoire. Sans négliger ces paramètres, l’historien de l’art s’arrêtera plus longuement sur les aspects relevant de son domaine : le grand mouvement d’évolution de l’art, les passerelles lancées, à travers le temps et l’espace, entre les créateurs.

C’est pourquoi, devant les toiles de Garouste, je ne puis m’empêcher de penser à Bacon (et à ses souffrances), à Chagall (ses personnages comme suspendus dans l’air, la présence fréquente d’animaux, son interprétation de la peinture juive qu’il avait parfaitement assimilée). Cependant, j’ai le sentiment que les inspirations de ce peintre illustrateur de Don Quichotte viennent de plus loin et, avant tout, d’Espagne. Difficile, en effet, de ne pas rapprocher son graphisme et sa palette de ceux du Gréco ; mêmes cieux tourmentés, gammes approchantes de rouges, d’ocres, de bleus, manières voisines de traiter le derme et, souvent, l’ombre et la lumière.

Difficile aussi de ne pas associer à ces corps fragmentés, disloqués, la Prémonition de la guerre civile de Dali (1936) et certains tableaux de Picasso (Guernica bien sûr, mais pas seulement). La guerre semble consubstantielle à bien des tableaux de Gérard Garouste. Et, d’ailleurs, comment tenter d’expliquer sa manière de peindre ses personnages (bras et jambes inversés, parfois mutilés, têtes posées dans un hasard étudié à de multiples endroits du corps…) sans se référer à la guerre ? Plus précisément, où trouver une scène bien réelle offrant cette même représentation de corps et de membres démantelés, livrés au désordre de l’amoncellement, sinon dans les photographies des charniers d’Auschwitz ? Et comment ne pas songer à leur lien, direct ou indirect, avec un père dont le fils s’est fixé comme but de réparer les erreurs ?

Mais il est plus difficile encore de comprendre certaines peintures reproduites dans L’Apiculteur et les Indiens sans se référer à Goya et, plus spécifiquement, à sa célèbre série de 80 gravures réunies sous le titre Les Caprices (Los Caprichos, 1799) qui lui valut interdiction de la censure et confrontation avec l’Inquisition. En voici un exemple parmi d’autres : dans son essai, Michel Onfray donne une intéressante interprétation de l’âne – exactement opposée à la symbolique populaire – en le présentant comme une métaphore du sage, de la sagesse. Evoquant une toile, L’Etudiant et l’autre lui-même, il écrit : « L’étudiant, Garouste lui-même, arbore le visage attentif et tendu de celui qui apprend ; en même temps qu’il est chargé, non pas comme un baudet, mais d’un baudet. » Or, on retrouve dans Les Caprices plusieurs gravures (notamment les planches 37 à 42) qui viennent étayer son propos. Ainsi en est-il de la planche 37 (Si sabrá más el discípulo?) dans laquelle un âne enseigne l’alphabet à un ânon. Quant à la planche 42 (Tú que no puedes), il suffit de la comparer à L’Etudiant et l’autre lui-même pour que la communauté d’inspiration devienne évidente ; elle prouve que Garouste a assimilé Goya pour se livrer, en toute liberté, à sa propre création, originale entre toutes.

Michel Onfray s’agace que des commentateurs fassent « de Gérard Garouste un peintre réactionnaire, conservateur, emblématique d’un retour à la figure comme antidote arrivant fort à propos pour guérir de la modernité issue de Marcel Duchamp. » Retour à la vieille querelle des anciens et des modernes ! Il a raison. Loin de jouer à rassurer, cet artiste questionne. Ses compositions déroutent et inquiètent d’autant plus que sa technique se rapproche précisément de celle des classiques. Il invite à la réflexion dans chacune de ses toiles. Et il nous invite, finalement, à nous rapprocher de la vraie sagesse de l’âne. Savatier

Entretien avec Gérard Garouste
Propos recueillis par Michela Greco

Cette exposition est la première rétrospective de vos œuvres en Italie, et notamment à la Villa Médicis. Qu'est-ce que cela signifie pour vous ?

La Villa Médicis est l'endroit de l'académisme par excellence, mais aussi de son contraire. C'est ici que, à l'origine, on envoyait les Prix de Rome et c'est ici que l'on formait de bons artistes académiques. Plus tard André Malraux a cassé ce système, tout en soulignant qu'il ne suffit pas d'être un bon artisan pour être un bon artiste, comme le dit également Marcel Duchamp. Malraux a donc opéré une rupture avec le passé et une ouverture vers le futur, en déclenchant une aventure moderne. Aujourd'hui les artistes, et parmi eux les pensionnaires de la Villa Médicis, profitent de tous les media tout en gardant un lien étroit avec le passé. Les différentes catégories et disciplines n'ont plus la même valeur qu'à l'époque : moi-même, je m'exprime avec la peinture parce que c'est ce que je suis en mesure de faire, mais je pourrais aussi bien utiliser le cinéma en tant que moyen d'expression. Grâce à Malraux et à Duchamp, en effet, on s'est débarrassé des catégories, on est sortis de dogmes de l'avant-garde. Et l'Académie de France à Rome est une institution-symbole, qui invite les artistes à prendre conscience de leur passé et en même temps à faire des propositions pour l'avenir, sans pourtant tomber dans le piège du passéisme.

Quel est le parcours proposé par cette exposition ? Qu'y a-t-il en elle de « classique » et d'« indien »

Dans le cadre d'une rétrospective, c'est "classique" d'illustrer et de disposer les tableaux d'une manière chronologique. Parmi les peintures exposées à la Villa il y a une "Annonciation" - qui, par rapport à la lecture biblique, devrait représenter le début - et une " Véronique ", ou " Vraie Icône ", qui serait parfaite pour conclure le parcours. En commençant, comme ici, par la fin, ce parcours devient "indien" car il casse la chronologie traditionnelle. Dans cette exposition, le fait que la peinture ne soit pas au centre de mes préoccupations est aussi "indien" : je ne la considère que comme un outil au service des interrogations que je pose avec mon art. Normalement, devant l'art et la beauté, on est toujours passif : ce qui m'intéresse, c'est de susciter un esprit critique, de provoquer des questions, de me débarrasser des concepts de beau et de laid pour dépasser l'impasse de la société moderne. Ceci dit, il ne faut jamais aller dans une seule direction, mais plutôt trouver un équilibre entre " classique " et " indien ", entre raison et intuition : si l'on n'était que " classiques", on serait trop rigides ; par contre si l'on n'était qu' "indiens", on risquerait d'être fous.

Les mythes, et la religion en particulier, sont au centre de nombre de vos œuvres...

Mon propos n'est pas tout à fait religieux, la transcendance et la révélation ne sont pas les sujets de mon exposition. Ce qui m'intéresse, c'est plutôt l'exégèse, l'étude des textes  originaux, car chaque traduction est une trahison. Il faut que les textes - et notamment la Torah, fondamentale pour le Judaïsme mais aussi pour le Christianisme et pour l'Islam - soient visibles et donc critiquables. Il faut revenir à l'ontologie, à l'étude de la relation entre les êtres, et éliminer des textes religieux leur fonction d'instruments de pouvoir. Il faut qu'on leur rende leur dimension physique et philosophique. L'artiste a pour tâche de restituer cette signification métaphysique que la religion a tendance à supprimer.

Quel est votre rapport à l'art italien et à ses protagonistes ?

Mon premier succès, je l'ai eu en Italie, pas en France. Giancarlo Politi, le directeur de Flash Art, une prestigieuse revue d'art internationale, avait vu mes peintures et avait dit : tu ne pourras pas avoir de succès en France, car là-bas il n'y a que l'art conceptuel qui marche, il faut que tu exposes en Italie ...

Publié par philippelamiral à 07:06:44 dans EXPOSITIONS | Commentaires (2) |

ROBERT MALAVAL | 23 octobre 2009

"Sans titre" 1980, Robert Malaval

Huile et paillettes sur toile, 100 x 100 cm

Robert Malaval

Rétrospective exceptionnelle

13 juin-25 oct. 2009

Musée des beaux-arts d’Angers


Robert Malaval refusait la répétition, réalisant tous les quatre ans une nouvelle série. Une rétrospective de son oeuvre est donc synonyme de variété. La seule constante que l'on trouve dans son travail est son attachement à la musique rock.

Rétrospective exceptionnelle

Pour la première fois à Angers, le musée des beaux-arts accueille plus d'une centaine d'oeuvres de Robert Malaval. Cette rétrospective exceptionnelle présente des œuvres — peintures, dessins, sculptures — en provenance de collections particulières, des musées français — le centre Georges Pompidou, les musées de Nice, Dunkerque, Chartres. Les galeries ou anciennes galeries avec lesquelles Robert Malaval a collaborées sont également bien représentées, notamment celles d'Alphonse Chave, Yvon Lambert, Daniel Gervis, Pierre Nahon ou Baudoin Lebon.

Bas-reliefs, peintures et paillettes .
L'exposition retrace son parcours en six séquences chronologiques. La première salle présente Les Aliments blancs (1961-1964), faits de papier mâché, de protubérances, de bas-reliefs et d'interventions sur des objets et des meubles, puis un autre espace est consacré à la période Rose-Blanc-Mauve (1965-1969), œuvres plus picturales avec usage de la peinture acrylique réalisées à partir d'un pistolet aérographe.
Le parcours se poursuit avec des œuvres fraîches et joyeuses des périodes Eté pourri-peinture fraîche (été 1972) et Multicolor, suivies par la série Poussières d'étoiles (1974), qui marque le début de son utilisation très libre des paillettes. Les deux dernières salles présentent les œuvres de la série Kamikaze, Pastel Vortex et celles réalisées à Créteil.

Le goût de la rupture.
Robert Malaval est né en juillet 1937 à Nice et meurt brutalement à Paris en août 1980. Autodidacte, il découvre la peinture vers l'âge de 16 ans et se prend de passion pour ce mode d'expression. Son premier contrat est signé avec la galerie Alphonse Chave où il réalise son premier Aliment blanc. Mais l'œuvre de Malaval est faite de ruptures. Guidé par son refus de la répétition et sa remise en cause du cloisonnement des arts, il s'exprime aussi bien par la peinture, le dessin, l'écriture, que par la musique. L'utilisation des paillettes à partir de 1973, disposées par de grands gestes sur la toile, apparaissant et disparaissant au gré des jeux de lumière et du mouvement du spectateur, illustre sa quête de changement, d'instabilité et d'incertitude.

Supprimer les frontières.
Malaval est un des seuls artistes à avoir intégré totalement la culture rock dans son travail. C'est justement dans la confrontation de la musique et de l'art que le décloisonnement est le plus abouti. Au milieu des années 1960, notamment avec ses Pastels Vortex, le rock devient véritablement le moteur de sa pratique plastique. Il peint comme le musicien écrit sa partition. « J'ai eu envie de faire des toiles qui soient aussi rapides, aussi instantanées que la musique (...). Je me suis mis à peindre comme on fait des chansons, je joue un dessin, je le chante ». Malaval veut peindre comme on monte sur scène, ainsi en 1980, il crée l'événement en peignant en public dans le cadre de son exposition Attention à la peinture à la maison de la culture à Créteil. En supprimant la frontière entre l'atelier et le lieu d'exposition, il remet en cause les modalités de présentation de la peinture et l'image de l'artiste. Il se suicide le 8 ou 9 août de la même année.

Publié par philippelamiral à 07:13:49 dans EXPOSITIONS | Commentaires (1) |

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Lena Gieseke Lena,une artiste allemande a réalisé un modèle 3D à partir du tableau de Picasso.

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