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Présentation

                                                                                        "L'arbre jaune" (89 x 116 cm)


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Philippe Lamiral travaille longtemps par couches successives sur une même toile et fait apparaître l'expression de la peinture ; il opère une transformation de la matière par l'énergie et par la volonté d'aller plus loin. Il peint non plus le sujet mais la « peinture » et s'intéresse de plus en plus à la couleur ! Les paysages archétypes ou les figures qu'on reconnaît sous l'épaisse matière, dans la tradition classique des thèmes de la Peinture lui permettent désormais de peindre sans souci de signification...


Son oeuvre est cotée sur artnet et dans le Guide Meyer. 




Philippe Lamiral works for a long time by successive coats on the same painting and creates the expression of the painting; he operates a transformation of the material by the energy and by the will to go farther. He paints either the subject but the "painting" and is interested more and more in the color! The landscapes archetypes or the figures which we recognize under the thick material, in the classic tradition of the subjects of the Painting allow him henceforth to paint carefree of meaning... His work is quoted on artnet and in the Guide Meyer.


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LE VISAGE QUI S'EFFACE | 29 novembre 2008

                   "Sans souci" Isabelle Cornaro

Cheveux et papiers assemblés, 47 x 67 cm, 2005, collection de l'artiste 

           

           

                         "Ralph III"  Georg Baselitz

Huile sur toile, 100,5 x 80 cm, 1965, collection Centre Georges Pompidou, Paris

Originaire de l'Allemagne de l'Est, Georg Baselitz (né en 1938) grandit dans les locaux de l'école élémentaire où son père est professeur. C'est dans la bibliothèque de l'établissement que le jeune garçon découvre sa passion pour l'art, notamment en feuilletant des albums de dessins du XIXe siècle. Dès l'âge de 15 ans, il peint des portraits, des paysages, des natures mortes ; on peut déjà déceler dans ses peintures un style futuriste. Il étudie la peinture et fait la rencontre de futurs artistes comme Peter Graf ou Ralf Winklr. Georg Baselitz est par contre expulsé de l'école our 'immaturité socio-politique' après seulement deux semestres et sa première exposition solo à Berlin en 1963cause un scandale : certaines de ses peintures sont confisquées pour atteinte à l'ordre public. Les oeuvres de Georg Baselitz - comme celles de ses amis Lupertz, Immendorf et Penck - sont censurées jusqu'à la fin des années 1970. Georg Baselitz est connu pour son originalité absolue : il peint... à l'envers. Ses larges et longs coups de pinceaux font entre autres écho aux sources de l'expressionnisme allemand du début du XXe siècle tout en se démarquant de l'expressionnisme américain abstrait des années 1950.

 

           Le Visage qui s'efface

                  de Giacometti à Baselitz

                  Hôtel des Arts à Toulon

             du 20 septembre 2008 au 23 novembre 2008
 
Hôtel des arts
 
Construit en plein coeur de la ville de Toulon à la fin du XIXe siècle, l'Hôtel des Arts se présente comme l'un des lieux culturels majeurs du sud de la France. Créé par le Conseil Général du Var, il a été le siège de la sous-préfecture puis est devenu l'Hôtel de la présidence du conseil.
Depuis 1999, l'institution s'intéresse à l'art de la seconde moitié du siècle à nos jours. Les domaines de la peinture, de la sculpture et de la photographie sont mis à l'honneur, sans exclure les formes plus récentes d'art contemporain comme les installations ou les créations vidéo.
Doté d'une superficie de 600 m², l'Hôtel des Arts accueille cinq expositions chaque année au sein de ses sept salles. Chaque exposition fait ensuite l'objet d'une publication.
 
Présentation

La manifestation de l'Hôtel des Arts à Toulon réunit, du 20 septembre au 23 novembre 2008, une soixantaine d'artistes qui proposent chacun leur vision de ce sujet inépuisable qu'est le visage (Giacometti, Klee, Fautrier, Michaux, Dubuffet, Baselitz, etc .). "Le Visage qui s'efface" se veut un bilan de la transformation radicale de la représentation de la figure humaine au XXe siècle, surtout dans sa seconde moitié. Considéré depuis toujours comme le noyau dur de la ressemblance, le visage y abandonne toute aspiration à être encore le reflet de l'apparence qui est la nôtre. Singularité, 'miroir de l'âme' ou miroir social, toutes ces distinctions semblent s'effacer partiellement quand l'art commence à douter de sa capacité à capter l'être humain.

La passionnante exposition "Le visage qui s'efface, de Giacometti à Baselitz" suit l'étrange cheminement de la création artistique dans ce jeu de cache-cache entre le peintre et son modèle. "Cet événement se veut un bilan de la transformation radicale de la représentation de la figure humaine dans la seconde moitié du XXe siècle", explique Itzhak Goldberg, commissaire de l'exposition. Ce passionné d'histoire de l'art connaît particulièrement bien son sujet. Maître de conférences à l'Université Paris X et critique à Beaux-Arts Magazine, c'est l'un des spécialistes du visage en Europe : "Considéré comme le noyau dur de la ressemblance, le visage y abandonne toute aspiration à être encore le reflet de l'apparence qui est la nôtre". 

 

Texte du catalogue (extrait)

 

Il suffit de peu. Deux lignes horizontales, une ligne verticale, un ovale.... Deux points pour les yeux, une barre pour la bouche et une arête pour le nez. Dans un monde où les attentes, les joies, les frustrations, les craintes prennent toujours la forme d'un visage, dans un univers où le visage condense tous nos affects, cette forme parmi les formes semble surgir presque spontanément de partout. Schématisable à l'aide d'un minimum de signes plastiques, elle peut être stylisée à l'excès : notre habitude mentale consistant à chercher des formes anthropomorphiques dans toute représentation nous permet d'en percevoir toujours la configuration, même quand elle ne répond plus aux diktats du mimétisme.Il suffit de peu. Une mise en défi, un détail « délocalisé », un nez déformé, une bouche de travers, une oreille coupée, un trait effacé et c'est l'affolement. De même qu'on reconnaît facilement un visage, toute atteinte à son intégrité provoque un malaise immédiat, une réaction épidermique. Cette forme "iconique" s'efface difficilement, résiste à sa propre dissolution.Notre exposition a choisi de questionner cette disposition particulière de la figure humaine. Les images réunies ici provoquent un sentiment paradoxal. Ces faces déformées, éclatées, ces « portraits » souvent sans nom, sans titre même, s'éloignent de la tradition humaniste dont hérite le visage, récusent les critères classiques de la psychologie ou de l'expression.Ces œuvres s'inscrivent dans cette tradition à contre-courant, a contrario, où le regardant ne se fait aucune illusion d'atteindre la prétendue essence du regardé. Elles ne racontent pas de récits psychologiques, ne sont pas un arrêt sur image, ne cherchent pas à provoquer un strip-tease intégral de l'âme qui surgirait comme par enchantement. Elles savent pertinemment, et l'avouent sans détour, que la "vérité" qu'on attribue au visage n'est qu'une fiction rassurante parmi d'autres. Souvent il ne reste du visage qu'une trace, parfois embrouillée. Et pourtant, il provoque en nous une sensation qu'aucune autre œuvre ne produit : celle d'un dialogue avec notre semblable, aussi réduit soit-il. C'est que le visage, et c'est l'hypothèse de départ, n'est pas — pas plus dans l'univers artistique qu'ailleurs — un objet parmi d'autres. Il reste toujours, parfois même malgré lui, un sujet. Même au XXe siècle, où l'art a tendance à saisir l'anonymat plutôt que la spécificité, le passant plus que la personne, où nous prétendons que le sujet n'est qu'un prétexte, la figure humaine échappe à l'emprise de la banalisation sémantique. Ainsi, sans l'assimiler naïvement à une quelconque saisie de l'âme, sans y voir une énigme insoluble ou une manifestation triomphante de l'humanisme, on peut constater que le visage, isolé ou mis en série, reste un sujet avec lequel le rapport n'est jamais objectivant mais relationnel. Rapport à l'autre, mais peut-être aussi rapport profond au geste artistique ; c'est Bram Van Velde dont on peut voir ici le « visage » sans traits qui déclare que « peindre, c'est chercher le visage de ce qui n'a pas de visage. »

Itzhak GOLDBERG (Commissaire de l'exposition)

Il suffit de peu. Deux lignes horizontales, une ligne verticale, un ovale.... Deux points
du mimétisme.
enchantement. Elles savent pertinemment, et l'avouent sans détour, que la "vérité"
qu'on attribue au visage n'est qu'une fiction rassurante parmi d'autres.
Souvent il ne reste du visage qu'une trace, parfois embrouillée. Et pourtant, il provoque
en nous une sensation qu'aucune autre œuvre ne produit : celle d'un dialogue avec
notre semblable, aussi réduit soit-il. C'est que le visage, et c'est l'hypothèse de départ,
n'est pas — pas plus dans l'univers artistique qu'ailleurs — un objet parmi d'autres. Il
reste toujours, parfois même malgré lui, un sujet. Même au XXe siècle, où l'art a
tendance à saisir l'anonymat plutôt que la spécificité, le passant plus que la personne,
où nous prétendons que le sujet n'est qu'un prétexte, la figure humaine échappe à
l'emprise de la banalisation sémantique. Ainsi, sans l'assimiler naïvement à une
l'autre, mais peut-être aussi rapport profond au geste artistique ; c'est Bram Van Velde

dont on peut voir ici le « visage » sans traits qui déclare que « peindre, c'est chercher le
Commissaire de l'exposition
Le visage qui s'efface

Par Héléna Gebeil

L'exposition Le visage qui s'efface propose de nombreux autoportraits et portraits de 58 artistes contemporains mondialement connus, parmi lesquels Giacometti, Fautrier, Klee et Alechinsky. Le commissaire d'exposition Itzhak Goldberg rassemble des pratiques diversifiés (photographies, installations, dessins, peintures, collages, techniques mixtes...etc.) issues de collections particulières, de musées et de galeries d'arts. Cette exposition riche et variée, qui a lieu à l'Hôtel des Arts de Toulon jusqu'au 23 novembre, nous interroge sur la représentation de soi et des autres depuis la fin de la seconde moitié  du XXème siècle jusqu'à aujourd'hui.

Le portrait, genre traditionnel depuis des siècles, a évolué dans sa manière d'être traité depuis l'apparition de la photographie à la fin du XIXème siècle. Ainsi, il n'est plus simplement la représentation fidèle d'un visage. D'autres pratiques plus plastiques ont petit à petit remplacé la peinture donnant lieu à différentes expérimentations extravagantes, comme en témoigne Le visage qui s'efface.

Erik Dietman, par exemple, présente un autoportrait intitulé « Capote brûlée » où après avoir gribouillé un dessin, il brûle une capote (usagée ?) afin de la rajouter dans son œuvre. Il est intéressant de voir comment de grands artistes comme Dubuffet ou Aillaud se sont représentés. Mais on découvre aussi d'autres pratiques captivantes comme celle de Ghela Scharfstein ou Dieter Appelt. Ce dernier présente des séries de photographies en noir et blanc où il se met lui-même en scène face au miroir et maquillé. De son travail, inspiré des études photographiques de Muybridge, émane une vraie recherche sur le temps et le mouvement. 

Le visage qui s'efface

par Elisabeth Bouvet

Itzhak Goldberg prétend qu'il n'est pas physionomiste, ce qui expliquerait son attrait pour le visage, lui qui a publié en 1998, Jawlensky ou le visage promis et qui fut, l'an passé, le commissaire d'une exposition baptisée Visage ou portrait. "Ce qui me fascine, c'est le fait que le sujet ne disparait vraiment jamais, et même dans une période d'abstraction, il y a toujours quelque part des visages", reprend-t-il, dans une formule qui pourrait figurer en exergue à l'exposition toulonnaise. Car les quelque 99 pièces réunies, pour l'essentiel des peintures, font effectivement la preuve que le visage "résiste aux différentes stratégies pour le gommer".

Stratégies dont le parcours se fait bien sûr l'écho depuis la fragmentation jusqu'à la dissolution en passant par le recouvrement, la dislocation, la transparence ou la disparition de toute espèce d'expressivité. Avec le XXe siècle marqué par la grande boucherie que fut la Première guerre mondiale et par la Shoah, trente ans plus tard, on assiste de fait à un "naufrage du visage" : "Non seulement le visage en tant qu'image disparait mais les fonctions qu'on lui prêtait par le passé de ressemblance physique et d'épaisseur psychologique elles aussi. C'est comme si les artistes ne croyaient plus dans les fonctions symboliques du visage". Le visage devient ainsi de plus en plus vague ou incertain comme dans ce Portrait aléatoire (1973) de l'Espagnole Esther Ferrer découpé en fines lanières que le spectateur est invité à tirer, remodelant ainsi l'apparence de l'artiste, quand il n'est pas tout simplement remplacé par des mèches de cheveux (Sans Souci d'Isabelle Cornaro, 2005), dans une approche métonymique que l'on retrouve avec Amy (2004), toile de Jonathan Callan qui représente deux yeux sur un fond blanc. 


Et pourtant, même quand le visage n'est plus que silhouette ou amas de pigments informe, il subsiste même si sa présence ne tient plus qu'à un cheveu ou à des yeux. « Il est toujours là", confirme Ithzak Goldberg : "On a l'impression qu'il y a une sorte de double mouvement avec le visage. Il suffit de peu de choses pour qu'il soit déformé et de peu de choses pour qu'on le reconnaisse". Un double mouvement à l'aune de la dualité qui semble guider la main des artistes contemporains écartelés entre l'impossibilité de représenter le visage comme par le passé et l'incapacité de s'en détourner complètement, même si le commissaire de l'exposition a bien tenté de glisser la photographie d'un pied en trois morceaux (Pieds de John Coplans, 1989) au milieu de tous ces ovales à la charge affective finalement irremplaçable. Ineffaçable.

Car même en proie à un pessimisme radical, l'artiste continue "à faire face" : "La période évoquée est évidemment pessimiste mais il y a toujours cette volonté malgré tout de s'inscrire dans une possibilité de voir le visage humain". Et de le voir non pas sous la signature d'artistes forcément attendus. Nul Bacon, nul Warhol aux cimaises mais des artistes qu'Ithzak Goldberg tenait à faire découvrir dans un « panachage » qui n'en donne que plus de poids à la démonstration. On verra ainsi un Hans Bellmer surprenant, trois toiles d'Adriena Simotova, peintre hongroise inconnue, un Dufrêne pas forcément des plus connus et des noms d'artistes d'aujourd'hui comme Lydie Arickx ou Rosemarie Trockel côtoyer donc Paul Klee, Zoran Music, Jean Rustin, Jean Dubuffet, Edouardo Arroyo et bien sûr Alberto Giacometti. Un parti-pris heureux qui réussit in fine le tour de force de nous retenir de succomber à la détresse devant le spectacle répété de notre double déconfit.  

Publié par philippelamiral à 14:55:59 dans EXPOSITIONS | Commentaires (3) |

Raoul Dufy : le plaisir | 08 novembre 2008

"La fée électricité"  Huile sur contreplaqué, 250 panneaux, 1000 × 6240 cm, 1937, Don d'Electricité de France, 1954

Mise en lumière à Paris de l'oeuvre de Raoul Dufy

Le Musée d'Art Moderne de la Ville de Paris accueille

une rétrospective consacrée à Raoul Dufy

du 17/10/2008 au 11/01/2009

Le musée d'art moderne de la Ville de Paris - dont l'objectif est de "remettre au premier plan un artiste trop vite jugé", selon Fabrice  Hergott, directeur du musée et commissaire général de l'exposition - remet à l'honneur Raoul Dufy (1877-1953) et présente 120 peintures, 90 dessins, gravures, livres illustrés, céramiques ou tissus.

Raoul Dufy  a été "très célèbre de son vivant puis sa réputation a  considérablement décliné dans les années 70, quand le regard s'est modifié. Il n'était pas suffisamment radical", précise Fabrice Hergott.

Le titre de l'exposition est tiré d'une phrase de Gertrude Stein,  collectionneuse de Picasso, mais aussi de Dufy: "Raoul Dufy est plaisir",  écrit-elle en 1946, pour évoquer le "joie de vivre" exprimée dans la peinture de l'artiste, toute de couleurs, de formes légères, d'arabesques.

Le musée d'art moderne de la Ville de Paris possède une riche collection de cet artiste, dont la monumentale Fée Electricité, tableau de 600 m² en 250 panneaux est abrité de manière permanente dans une salle qui lui est dévolue, et termine l'exposition.

Raoul Dufy, natif du Havre, a participé au début du siècle à l'aventure de l'art moderne. Après un passage par le fauvisme, il se rapproche un temps du cubisme mais ajoute aux compositions qu'il peint au côté de Braque, des balustrades, des palmes. "Malgré tous mes efforts (...), mes études, celles que je préfère, prennent un tour décoratif", dit-il alors.

Dufy s'intéresse à l'art populaire, grave un bestiaire tiré des livres  médiévaux pour illustrer un ouvrage d'Apollinaire, créé des céramiques, s'intéresse à la mode. Sa rencontre avec le couturier Paul Poiret en 1909 amènera l'artiste à dessiner des tissus, aux superbes motifs floraux. Plusieurs  d'entre eux, ainsi que quelques robes, sont exposés.

Le monde de Dufy est un monde idéal, peuplé d'une humanité idéale, il veut représenter un "monde de parade". L'oeuvre pour lui "doit évoquer la joie de vivre. Il ne veut pas cacher le malheur mais le tenir à distance", précise Fabrice  Hergott. A la fin de sa vie, sa peinture se fera plus noire et sa palette s'assombrira.

Mettre en valeur le rôle de l'électricité dans la vie nationale et dégager notamment le rôle social de premier plan joué par la lumière électrique", tel était l'objectif de la commande passée à Dufy en juillet 1936 par la Compagnie Parisienne de Distribution d'Electricité. Il s'agissait de réaliser un vaste décor (600m2) pour l'un des deux halls du Pavillon de l'Electricité et de la Lumière construit par Robert Mallet-Stevens à l'Exposition internationale de 1937. Exécutée très rapidement, grâce à l'utilisation du médium mis au point par le chimiste Jacques Maroger et à la projection lumineuse sur le support définitif des esquisses par le biais de clichés-verre, La Fée Électricité avait été précédée d'une ample et minutieuse campagne de documentation. La composition générale du décor témoigne de la part de Dufy d'une surprenante déférence à l'égard des modèles académiques.

Reprenant un dispositif souvent fréquenté depuis La Dispute du Saint-Sacrement de Raphaël, Dufy répartit deux foules de savants (110 en tout) de part et d'autre d'un motif central, ici les dieux de l'Olympe trônant au dessus de l'ultra-moderne centrale électrique de Vitry-sur-Seine, dont Dufy avait ramené de nombreuses études.
Il est vrai que cette référence à l'Antiquité était suggérée par le programme rédigé par les dirigeants de la C.P.D.E. qui citait Lucrèce et son De natura rerum, que l'artiste s'est empressé de relire.
Par ailleurs, chaque savant, identifié par une inscription, a été précédé de plusieurs études, le représentant nu, puis habillé, suivant la méthode employée par le David du Serment du Jeu de Paume.
Plus séduisant, le registre supérieur se déroule à la façon d'un panorama (se lisant de droite à gauche), parti déjà adopté par l'artiste pour la salle à manger du docteur Viard (un Itinéraire de Paris à la mer et à Sainte-Adresse), et qu'il reprendra bientôt pour le bar du Palais de Chaillot.
Composition essentiellement rhapsodique, tissée d'images d'origine documentaire, La Fée Electricité, si elle recycle des thèmes anciens de l'œuvre de Dufy, comme La Rue pavoisée, en introduit aussi de nouveaux : orchestre et dépiquage y font leur première apparition.
Si nous ne portons plus à cette ode plutôt conservatrice au progrès technique l'admiration sans réserve de ses premiers exégètes, La Fée Électricité reste une courageuse tentative de renouveler un genre, le grand décor à visée apologétique, promis à une rapide déshérence.

Commencée en avril 1936 et terminée en 1937, Raoul Dufy réalise, pour le Pavillon de l'Électricité de l'Exposition Internationale, la plus grande peinture existant au monde sur un support indépendant : La Fée Électricité d'une superficie de 624 m². La peinture est formée de 250 panneaux de contreplaqué de 2 m de hauteur sur 1,20 m de largeur, sur lesquels il peint avec une peinture à l'huile très légère, donnant une illusion de gouache. Les personnages sont dessinés à l'encre de chine puis les couleurs sont replacées par dessus. Ce tableau avec ses 624 m² a longtemps été le plus grand tableau du monde mais a été détrôné depuis.

Les personnages, au nombre de 110, sont répartis en deux foules de savants, d'Aristote à Pierre Curie, dont les travaux sont associés à l'essor de l'électricité. Le motif central représente les Dieux de l'Olympe trônant au-dessus de l'ultra-moderne centrale électrique de Vitry-sur-Seine, dont Raoul Dufy avait ramené de nombreux documents. Le registre supérieur se déroule à la façon d'un panorama (se lisant de droite à gauche). On peut y voir de nombreuses scènes de moisson, de navigation, d'industrie...

Le financement de l'œuvre est réalisé par Électricité de France. En 1954, EDF en fait don à la ville de Paris. Elle est aujourd'hui visible dans une salle dédiée du Musée d'art moderne de la ville de Paris.

Publié par philippelamiral à 14:56:11 dans EXPOSITIONS | Commentaires (1) |

Catalogue Ciddle1 | 29 octobre 2008

"Portrait d'un ciel"  2008, livre d'artiste, 16m long x 2m de haut

              Exposition Jane le Besque et poèmes de Joël Bastard
                                   4 octobre au 16 novembre 

                          Centre d'Art Contemporain de Lacoux
                                          "l'école" - Lacoux
                                  01110 Hauteville-Lompnes

les-deux-bon.jpg

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

   Au Centre d'Art, l'exposition « Catalogue Ciddle1 » présente un panel inédit d'œuvres mises en espace dans une perspective de narration libre : chaque pièce se déploie dans une identité propre ; tous nourrissent une histoire extraordinaire, inachevée.

Les créations s'épanouissent sous une variété de formes : allant des suggestions de mets culinaires personnalisés issus directement de l'imaginaire foisonnant de l'artiste (cf. « un soufflé de pollen », livre de dessins et de recettes) à des peintures matérialisées en assiettes et disposées en « envolée » sur la surface murale du Cacl. Objets usuels détournés à des fins artistiques, l'ensemble est composé d'éléments aussi prégnants qu'uniques. Connotations humori stiques, le propos est décalé..Sans doute une recette anglaise du bonheur (..).

S'inspirant de son environnement proche et de ses accointances « botaniques » (potager, salades...), Jane Le Besque multiplie les supports, joue avec les usages, et bouscule sa pratique en explorant des univers étonnants.

Monstration d'un travail singulier où la lettre et l'image prévalent et se mettent en scène sous des formes originales (collage frontal, aquarelle à grande échelle, livre illustré..), L'exposition projette dans un monde intime où l'infiniment petit côtoie le démesuré.

Jane Le Besque travaille depuis quelques années avec un poète français, Joël Bastard, autour de l'illustration de ses livres de poèmes. Insectes, lumières reflétées, bois et végétation constituent l'espace dans lequel, depuis 2002, le peintre et le poète voyagent de façon indépendante et toutefois complice. En résultent des « leporello » (livres d'artistes) de taille s variables, dont « le portrait d'un ciel » une installation de 14 panneaux illustrés d'une rêverie poétique où le végétal s'émancipe sur 16 m de long et 2 m de haut au sein de l'aire centrale du Cacl. S'y adjoignent d'autres livres dessins, d'autres histoires à découvrir.

En parallèle de ces travaux liés à la poésie sont dévoilés divers tiroirs de la mythologie personnelle de l'artiste dont certaines visions futuristes.

Infiniment grand, origine du monde, tout est bousculé. Un effet de résonance atypique est généré par la rencontre entre le microcosme de Jane Le Besque et l'architecture interne du centre d'art, un écrin situé à flanc de montagne en milieu naturel qui, de ses surfaces murales aux revêtements de ses sols, laisse passer et souffler librement un vent d'excentricité britannique, aussi léger que réflexif...

A l'occasion de cette exposition, un catalogue éponyme est publié ainsi que deux livres d'artistes « Entre le coute au et la fourchette », « Le portrait d'un ciel ».

http://www.centre-art-lacoux.com

Publié par philippelamiral à 13:31:24 dans EXPOSITIONS | Commentaires (0) |

Van Gogh / Monticelli | 15 octobre 2008

 
Van Gogh
 
Exposition "van Gogh / Monticelli"

 
Centre de la Vieille Charité à Marseille

    Du 16 septembre 2008 au 11 janvier 2009

 
Plus d'une cinquantaine de tableaux seront exposés à La Vieille Charité, dont 18 de Van Gogh.

La peinture de Monticelli fut l'une des premières découvertes artistiques de Vincent arrivant à Paris en 1886 (date de la mort de Monticelli).

Ce sera l'un des éléments clefs de sa décision de venir séjourner en Provence. On apprend dans ses correspondances que Van Gogh se rendait à Marseille lorsqu'il s'est arrêté pour son fameux séjour arlésien. 
Il venait y rencontrer les thèmes, la couleur et la matière travaillés "en plein jaune orangé en plein soufre" (selon l'expression même de Van Gogh), par le peintre marseillais : la lumière du midi, les champs écrasés de chaleur, la primauté de la sensation sur le motif.
L'exposition se propose de montrer en parallèle ces sujets qu'ils ont tous deux traités afin de mettre en évidence leur conception de la peinture.

Admiratif de l'artiste Monticelli, Van Gogh se reconnaît aussi dans l'homme :
" (...) Quand mon ami Gauguin sera ici et lorsque nous irons à Marseille, ma ferme intention est d'aller me promener sur la Canebière, habillé exactement comme Monticelli dans le portrait que j'ai vu de lui, avec un énorme chapeu jaune, une jaquette de velours noir, des pantalons blancs, des gants jaunes, une canne de bambou et un grand air méridional (...) "(extraits de The Complete Letters of Vincent van Gogh (Greenwich, 1958, III, 446, n°W.8). Marion Bonnefond

Publié par philippelamiral à 16:42:31 dans EXPOSITIONS | Commentaires (6) |

Karin Bubas | 15 octobre 2008

 

                   Karin Bubas
A Short History of Subjects and Objects

Du 24 septembre au 20 novembre 2008
   au Centre culturel canadien à Paris

Inaugurée dans le cadre de la Semaine des cultures étrangères, l'exposition A Short History of Subjects and Objects de Karin Bubas présente l'oeuvre de cette jeune photographe de Vancouver. Cette première exposition personnelle de l'artiste en France est produite par le Centre culturel canadien en partenariat avec Monte Clark Gallery (Vancouver & Toronto).

L'exposition de Karin Bubas réunit un ensemble substantiel de la série Studies in Landscape and Wardrobe (2006), avec laquelle dialoguent des oeuvres du projet Ivy House (2003). En instaurant une relation ouverte entre les paysages peuplés d'une présence féminine fortement codée et ce qu'on pourrait considérer comme le « portrait d'une maison », cette exposition convie le spectateur à une expérience réflexive et émotive pleinement ancrée à l'histoire de l'image contemporaine. Entre portrait et paysage, entre image photographique et cinéma, mais aussi entre le sublime et le quotidien, Karin Bubas oeuvre à créer des lieux hantés par nos habitudes de perception et nos réactions imaginaires face à des représentations-types. L'univers de Karin Bubas joue avec le mystère mais tout autant avec les clichés et nous confronte de manière magistrale à la conscience que nous avons de notre rapport aux images. Le tout, en jouant avec les codes d'une somptuosité nostalgique qui s'incarne notamment dans une image idéalisée de la femme et dans les secrets d'une demeure victorienne.

Publié par philippelamiral à 14:12:24 dans EXPOSITIONS | Commentaires (0) |

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