"L'arbre jaune" (89 x 116 cm)http://www.artabus.com/lamiral
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Philippe Lamiral travaille longtemps par couches successives sur une même toile et fait apparaître l'expression de la peinture ; il opère une transformation de la matière par l'énergie et par la volonté d'aller plus loin. Il peint non plus le sujet mais la « peinture » et s'intéresse de plus en plus à la couleur ! Les paysages archétypes ou les figures qu'on reconnaît sous l'épaisse matière, dans la tradition classique des thèmes de la Peinture lui permettent désormais de peindre sans souci de signification...
Son oeuvre est cotée sur artnet et dans le Guide Meyer.
Philippe Lamiral works for a long time by successive coats on the same painting and creates the expression of the painting; he operates a transformation of the material by the energy and by the will to go farther. He paints either the subject but the "painting" and is interested more and more in the color! The landscapes archetypes or the figures which we recognize under the thick material, in the classic tradition of the subjects of the Painting allow him henceforth to paint carefree of meaning... His work is quoted on artnet and in the Guide Meyer.
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"Il ment jamais" 2002, François Arnal, huile sur toile, 206 x183 cm
"Je ne fais pas un tableau. Je ne construis pas, mais je jette une partie de moi-même sur une surface. Par analogie, j'explore le monde invisible et des forces mystérieuses."
François Arnal

Portrait de François Arnal - Image tirée d'une vidéo pour l'Encyclopédie audiovisuelle de l'art contemporain - Auteur : Pantalaskas, 1995
François Arnal devient peintre en 1947.
En 1948, il arrive à Paris où il rencontre les peintres Pierre Dmitrienko, Rezvani et des écrivains dont Raymond Queneau, Hubert Juin, J.-C. Lambert et Alain Jouffroy.
François Arnal participe au mouvement de l'abstraction lyrique (Charles Estienne) et de l'art informel (Michel Tapié).
En 1960, il aborde la sculpture.
Puis il vit aux États-Unis six mois par an, où il expose et travaille jusqu'en 1964 où il se fixe à Paris.
Publié par philippelamiral à 06:56:15 dans PAROLES DE PEINTRES | Commentaires (1) | Permaliens
"Le chevalier de l'Apocalypse" 1956, François Arnal
Huile sur toile, 200 x 200 cm
Exposition des peintures, sculptures et dessins 1955-2008
de François Arnal
au musée de l'Hospice Saint-Roch
à Issoudun du 20/06 au 20/09/2009
Le Musée de l'Hospice Saint-Roch à Issoudun présente une exposition exceptionnelle consacrée à François Arnal qui a entamé en 2008 un travail avec l'école des beaux arts de Bourges.
Suite à un workshop avec les étudiants, l'idée fut lancée de poursuivre l'aventure par une exposition conçue en commun avec le Musée. Cette exposition rassemblant un ensemble d'une cinquantaine d'oeuvres : peintures, sculptures et dessins de François Arnal depuis 1955 jusqu'à aujourd'hui est la première collaboration du genre entre un Musée et une école d'art.

François Arnal
François Arnal a commencé à peindre en 1947, et depuis il a exploré la peinture sur toile, en participant d'abord au mouvement de l'abstraction lyrique, de l'art informel... La sculpture, une de ses premières oeuvres est datée de 1963, est devenue un de ses modes d'expression, que ce soit avec le métal, le plexiglas ou encore le caoutchouc. Pour compléter cette brève présentation, il ne faut pas oublier la création de l'Atelier A en 1969 où il s'est retrouvé avec quelques amis : Arman, Brusse, Annette Messager, Télémaque, pour repenser l'environnement quotidien et dessiner des pièces de mobilier, luminaire... jusqu'en 1975.
Mais François Arnal est aussi poète et ces catégories descriptives sont insuffisantes pour évoquer sa recherche et son goût de la découverte, de l'expérimentation. Il aime dire : « tout me passionne », c'est ainsi que ses voyages, ses rencontres lors de ses longs séjours en Amérique, Inde, Mexique, ont marqué ses pratiques, ont augmenté la liberté de son geste.
Cette exposition présente en confrontation des oeuvres, de toutes les périodes et de tous les modes d'expression, qui composent le prisme des talents de l'artiste plasticien, designer. Affichée, dans son atelier, cette citation de Flaubert nous éclaire : « pour qu'une chose soit intéressante, il suffit de la regarder longtemps ».
Appliquons cette pensée à l'exposition et nous éduquerons notre regard à rechercher la cohérence de l'expression, des formes dessinées, en volume ou unidimensionnelle, uniques ou créées en série. Plus de cinquante tableaux, sculptures, objets, dessins appartenant aux collections publiques françaises et privées, de 1957 à aujourd'hui, sont rassemblées, et contemplons ce parcours dans cette unité proposée.
François Arnal, à la suite d'une invitation à l'école nationale des Beaux Arts de Bourges en 2008, a bienvoulu prolonger son travail avec un groupe d'élèves, leurs professeurs Nicolas Hérubel et Didier Mencoboni au musée de l'Hospice Saint-Roch ; le choix des oeuvres et leur scénographie ont été le fruit de ce travail. Un workshop dans son atelier en avril 2009, dont le résultat est présenté, a couronné cette rencontre généreuse.
Le musée de l'Hospice Saint-Roch
Le musée de l'Hospice Saint-Roch d'Issoudun occupe l'emplacement de l'ancien Hôtel-Dieu, fondé au XIIe siècle, et reconstruit au XVe. Ce vaste et bel édifice comprend une chapelle et des salles des malades du XVe siècle ainsi que deux ailes du XVIIe et du XVIIIe siècle. Ce patrimoine classé rassemble les Arbres de Jessé, un ensemble archéologique de la civilisation celte, des sculptures du VIIIe au XVe siècle, et l’apothicairerie...
Depuis 1995, une extension contemporaine signée par l'architecte Pierre Colboc abrite les expositions temporaires, consacrées à des artistes de notre siècle. Par son architecture autant que par sa vocation muséographique, le musée de l'Hospice Saint-Roch réalise l'alliance du passé et du présent, des richesses patrimoniales et de l'art contemporain.
Publié par philippelamiral à 09:01:02 dans EXPOSITIONS | Commentaires (1) | Permaliens
"Petite boîte carrée" 1955, Jean Fautrier
Huile sur papier maroufle sur toile, 33 x 41 cm
Désigné en son temps comme l'un des pionniers de l'art « informel » - courant issu de l'abstraction lyrique et mis au jour en France, en 1951, par le critique Michel Tapié -, le peintre Jean Fautrier, qui fut aussi graveur et sculpteur, exprima en plusieurs occasions sa perplexité vis-à-vis de cette allégation, allant même jusqu'à mettre en doute la réalité d'un art « informel » spécifiquement moderne. Ainsi qu'il l'écrit en 1958 : « le tourment intérieur qui secoue la peinture d'aujourd'hui n'est [...] pas neuf ». Si « les peintres d'intérieurs et de natures mortes sont ceux qu'on ne regarde plus - exception d'autrefois faite règle », selon lui, « le vrai rôle du tableau » demeure le même : « être placé sur le meuble pour remplir l'espace nu ». L'artiste précise par ailleurs : « Ce qui compte est le besoin de peindre. » Aussi Fautrier affirmait-il que vouloir scinder, comme on le fait parfois, son œuvre en deux phases, figurative puis informelle, revenait à décréter l'existence d'un point de rupture là où ne s'était jamais jouée qu'une réinvention perpétuelle « de ce qui est ».

Jean Fautrier ; photo de Robert Descharnes
S’interrogeant sur les médiums traditionnels de la peinture, Jean Fautrier y discerne une impasse. Il réfute cet usage des matériaux traditionnels, car il y perçoit un divorce avec le monde contemporain : l’emploi d’outils usés qui condamnent la peinture à un monologue inaudible.
"De toute manière, aussi longtemps que le peintre se limitera exclusivement à une technique rassie, usée par quatre siècles - la peinture à l’huile - il sera conduit à une œuvre précieuse dont la magie a cessé de nous trouver - l’œuvre unique - avec tout ce qu’elle comporte déjà, pour nous, de dégoût dans sa touche sacrée et éphémère ; œuvre qui, par sa rareté, vient en contre-sens de la poussée d’une civilisation qui fabrique ; par sa rareté, conduit à cette sorte de démonstration historique – le musée - où elle s’expose dans un vide."
Jean Fautrier
Si l’on exclut l’insistance de Fautrier sur la rareté de l’œuvre, on retrouve dans cette citation le débat classique, ou, faudrait-il dire, le combat entre art et décoration, qui préoccupe un grand nombre d’artistes pendant une majeure partie du XXème siècle. Mais Fautrier l’évoque dans un renversement : ce qui est condamné n’est pas « une civilisation qui fabrique », mais une « technique rassie, la peinture à l’huile », « la touche sacrée et éphémère », et finalement l’œuvre qui ne conduit à plus aucun partage du regard, puisqu’elle n’est que « démonstration historique » et « s’expose dans un vide ». Antoine Perrot
L’obstination du sujet
Un peintre, notait André Malraux, qui a pour adversaire beaucoup de peintres, pour admirateurs la plupart des poètes. » Jean Fautrier a créé dès les années vingt naissance depuis Picasso », écrit : « Chacun de ses tableaux s’ajoute à la réalité avec vivacité, résolution, naturel. » S’ajoute : ne la reproduit pas.
Prégnance du sujet pourtant : parmi les tableaux les plus célèbres de Fautrier, on connaît la série des Otages. Ne pas s’attendre à y trouver représentés des corps ou des situations qui expliqueraient ou exposeraient ce titre. Fautrier les a peints en se rappelant le bruit des détonations : près de chez lui, en 1943, on fusillait des otages. Mais les toiles sont avant tout de la peinture, au sens le plus matériel du terme, couche sur couche et pigments mêlés. Ponge avait-il raison de voir dans ces tableaux « presque autant de peinture sur la toile que de chair [sur] un visage » ? Paulhan (qui fut aussi grand promoteur de Fautrier) paraît viser plus juste quand il souligne qu’en peinture, un grain de raisin, « ça peut aller très loin » : chez Fautrier, la matière « vient à égalité » avec le fruit. « Elle n’est pas inférieure au fruit. » Fautrier « n’obéit pas moins aux volontés de l’huile et de l’enduit, à quelque besoin de sa pâte, qu’aux jeux réels de la nature et des rochers, du soleil ou de l’ombre ».
Dès 1945, c’est bien sûr un peintre, Dubuffet, qui proteste contre cette manie d’hypostasier le sujet (déjà, au milieu du XIXe siècle, Zola louait Manet d’avoir su évacuer le sujet [des bottes d’asperges] au profit de la peinture). Après avoir vu avec enthousiasme les Otages, Dubuffet écrit à Paulhan : « Je ne voyais pas d’otages dans tout cela, il ne me paraissait pas du tout utile de mêler des otages à tout cela, mais que c’était une manie de peintre. » Et il semble bien, en effet, que le désir de Fautrier ait consisté à représenter toujours moins, pour exprimer toujours plus. Résultat, écrit Paulhan : « Une étrange pâte, et fort déplaisante à regarder. Ce qui forme tant de vapeurs et de poudroiements, les plus subtils peut-être mais les plus violents qu’on ait jamais vus dans un tableau, ce sont d’épais grumeaux aplatis, un badigeon de fard, tout un sabrage de craie grasse. L’on découvre que Fautrier s’est fabriqué une matière à lui, qui tient de l’aquarelle et de la fresque, de la détrempe et de la gouache, où le pastel broyé se mêle à l’huile, à l’encre et à l’essence. Le tout s’applique à la hâte sur un papier gras, qu’un enduit colle à la toile. L’ambiguïté en quelque sorte y quitte le sujet. Elle se fait peinture. Belinda Cannone
Publié par philippelamiral à 09:28:46 dans PAROLES DE PEINTRES | Commentaires (2) | Permaliens
"Tête d'otage" 1945, Jean Fautrier
Peinture encadrée d'une baguette, montée sur panneau peint
Huile sur papier marouflé sur toile, 35 x 27 cm
Centre George Pompidou, Paris
"L'irréalité d'un informel absolu n'apporte rien. Jeu gratuit. Aucune forme d'art ne peut donner d'émotion s'il ne s'y mèle pas une part de réel. Si infime qu'elle soit, si impalpable, cette allusion, cette parcelle irréductible est comme la clef de l'oeuvre. Elle la rend lisible, elle en éclaire le sens, elle ouvre sa réalité profonde, essentielle, à la sensibilité qui est l'intelligence véritable."
Jean Fautrier

Jean Fautrier
L’artiste réalise à partir de 1943 la série des Otages, pour laquelle il trouve son style et sa technique définitifs, en mettant l’accent sur la matière comme première source d’inspiration. Ici la destruction du corps fait écho à la négation de l’humain à laquelle les Nazis s’évertuent au même moment. Ses Têtes tragiques sculptées témoignent également de ce traumatisme.
Sur des papiers marouflés sur toile, il appose un enduit épais à base de blanc d’Espagne et de colle. Cette pâte ne recouvre pas la totalité de la surface du support, elle détermine un champ sur lequel l’artiste peut appliquer d’autres couches de pâte qu’il travaille à l’aide d’une spatule. Des poudres de couleur sont également apposées sur l’enduit ou aux alentours et peuvent être retravaillées au pinceau et donner à voir tracés, contours.
Cette exploration de la matière trouvera sa pleine expression dans la série des Otages.
Composée d’une cinquantaine d’œuvres, cette série a été réalisée de 1943 à 1945 alors que l’artiste séjourne à Châtenay-Malabry à proximité d’une clairière où les Allemands fusillent des prisonniers. Quotidiennement, Fautrier entend les exécutions. Ce serait ce traumatisme qui aurait donné naissance aux Otages.
Pour Fautrier, témoigner de son émotion profonde face à la barbarie passe par cette matière épaisse qu’il triture, laboure, mais aussi par le travail des couleurs. Ce qui prime, c’est ce champ brouillé d’où peuvent émerger des éléments de corps informes, des faces tragiques comme dans Otage, 1943 et Otage n°3, 1945 où matière, couleurs et dessin participent à une défiguration.
Ainsi, dans l’œuvre de Fautrier, toute référence au réel n’est pas écartée.
"Otage" vers 1943, Jean fautrier, huile sur toile marouflé sur toile, 26 x 22 cm
Musée de l'Ile de France, Sceaux
Tour à tour professeur de malgache, philosophe, essayiste, éditeur et Académicien, Jean Paulhan a aussi exercé la critique d’art à travers la publication de nombreux textes. Grâce à sa personnalité singulière, il y formule des questions fondamentales, en inscrivant les œuvres de son temps dans la perspective de problématiques esthétiques essentielles. Mais sa critique ne se réduit pas au seul point de vue intellectuel. Tout comme il s’est engagé politiquement durant sa vie, et en particulier sous l’Occupation, par exemple en fondant Les Lettres françaises et en collaborant aux Editions de Minuit, Paulhan présente avec ferveur les artistes qu’il aime et en lesquels il croit.
C’est tout d’abord Jean Fautrier qu’il défend contre l’accusation d’esthétiser l’horreur par la série des Têtes d’Otages dans son texte Fautrier l’enragé de 1949. Puis il explique les œuvres post-cubistes de Georges Braque dans des articles et une monographie qu’il lui consacre en 1958. Enfin, il écrit un éloge de l’Art informel en 1962 dont il dévoile la nouveauté, cet art opérant selon lui un renversement inédit du rapport entre l’image et le concept : « Les anciens peintres commençaient par le sens et lui trouvaient des signes. Mais les nouveaux commencent par les signes, auxquels il ne reste plus qu’à trouver un sens ». (L’Art informel, Paris, Gallimard, 1962, p.11.) Car ce que défend Paulhan à travers sa critique d’art, c’est la primauté du sensible sur l’idée, de la matière sur le sujet.
Ce qui semble attirer Paulhan dans la peinture de Fautrier, c’est tout d’abord la matière, dont il fait un éloge à propos d’œuvres représentant des fruits, de quelques années antérieures aux Otages : « C’est une étrange pâte, et fort gênante à détailler. Ce qui forme tant de vapeurs et de poudroiements, les plus subtils peut-être mais les plus violents qu’on ait jamais vus dans un tableau, ce sont d’épais grumeaux aplatis, un badigeon de fard, un écrasis d’huile et de pastel, tout un sabrage de craie grasse. L’on découvre alors que Fautrier s’est fabriqué une matière à lui […]. L’ambiguïté en quelque sorte y quitte le sujet. Elle se fait peinture ». (Fautrier l’enragé, p.22.)
Puis, plus loin dans le même texte, lorsqu’il en vient aux Têtes d’Otages, il précise que la matière y est encore « plus opulente » et « magnifique », ce que l’on a justement reproché à Fautrier. Réalisées de 1943 à 1945, après une exécution massive par la gestapo à deux pas de la maison du peintre, ces toiles, 33 en tout, donnent à voir des têtes sans visage et des chairs meurtries, peintes dans des tons pastels vert et rose. La tension entre l’anonymat des visages et la singularité de la chair était particulièrement sensible lors de la première exposition de ces peintures à la galerie Drouin en 1945 car les pièces étaient alignées sur des cimaises noires, insistant sur l’effet de répétition des figures claires sur fond de ténèbres. Cette mise en scène ainsi que la beauté de la matière picturale ont fait accuser Fautrier d’inconséquence en conciliant la séduction avec l’horreur.
Paulhan explique pourquoi, au contraire, elles s’articulent avec le plus grand à propos. « Nous venons de connaître, dit-il, un temps où les hommes se sont trouvés soudain plus convulsés que des hommes. Un temps où l’homme vaincu se trouvait très exactement en proie à des ogres et des géants haineux – qui ne se contentaient pas de le torturer, qui le souillaient encore. Le corps disloqué, le sexe tordu, le coup de couteau dans les fesses, c’était à la fois la pire insulte, la plus immonde – et tout de même la plus nôtre : celle qui pouvait le moins se nier ; celle que tout en nous (dès l’instant que nous avions choisi d’avoir un corps) appelait. Ce n’était plus seulement la flétrissure et la décrépitude en quelque sorte normale – c’était la décrépitude provoquée, précipitée. Enfin c’est là qu’il fallait particulièrement à chacun de nous se défendre, tenir le coup, transformer tant d’immondices et d’horreurs. »
Ce que Fautrier s’attache à figurer avec les Têtes d’Otages est si paradoxal, mêlant l’atroce douleur et la volonté de résister, qu’il lui faut travailler la peinture moderne pour en tirer un pouvoir expressif intense, ce qu’a permis l’élaboration de la matière propre à ces peintures. Vanessa Morisset
Publié par philippelamiral à 08:46:40 dans PAROLES DE PEINTRES | Commentaires (2) | Permaliens
"Nature morte aux oignons" 1926, Jean Fautrier, huile sur toile, 61 x 59 cm
"Le geste de peindre n'est pas simplement le besoin d'étendre de la peinture sur une toile et il faut bien admettre que le désir de s'exprimer, à l'origine, nous vient de la chose vue. Que cette réalité soit transformée, modelée à l'image du tempéramment de l'artiste, que cette image finisse par devenir plus vraie que la réalité même ; soit ; mais l'apparence subsite toujours, même à un moindre degré."
Jean Fautrier

"I'm falling in love" 1957, Jean Fautrier
Huile sur papier gras marouflé sur toile, 89 x 116 cm
Jean Fautrier (né le 16 mai 1898 à Paris; mort le 21 juillet 1964 à Châtenay-Malabry) est un peintre français.
Jean Fautrier est, avec Jean Dubuffet, le plus important représentant du courant de l'art informel. Il est aussi un pionnier de la technique de haute pâte.
Il expose ses premiers tableaux à la Galerie Fabre en 1923. Durant l'année 1927, il réalise une série de peintures (natures mortes, animaux écorchés, nus, paysages) où la couleur noire domine. Jusqu'en 1933, date à laquelle prend fin son contrat d'exclusivité, il se partage entre sculpture et peinture ; il réalise notamment des gravures pour l'édition illustrée de l'Enfer de Dante préparée par Gallimard (qui n'aboutira pas).
Alors à court de ressources, Fautrier devient pendant cinq ans moniteur de ski en Savoie ; il se remet toutefois à peindre dès 1937. En 1943, il réalise sa vingt-deuxième et dernière sculpture, la grande Tête d'otage. La même année, arrêté par la gestapo allemande, il fuit Paris et trouve refuge à Châtenay-Malabry. C'est là que le projet des Otages voit le jour : ces peintures seront exposées en 1945 à la galerie Drouin suscitant une vive admiration de l'intelligentsia parisienne.
Dans les années qui suivent, Fautrier travaille à l'illustration de plusieurs ouvrages, parmi lesquels L'Alleluiah de Georges Bataille, et enchaîne sur une série consacrée aux petits objets familiers.
En 1950, il invente à l'aide de sa compagne, Jeanine Aeply, un procédé complexe mêlant reproduction chalcographique et peinture permettant de tirer ses œuvres à plusieurs exemplaires, procédé qui se soldera par la réalisation des Originaux multiples.
En réaction à l'invasion de la Hongrie en 1956, sur le motif des Otages, il peint la suite des Têtes de partisans. Enfin jusqu'à sa mort qui survient en 1964, Fautrier ne composera plus que des tableaux géométriques où se superposent stries, lignes colorées et grilles à plusieurs côtés.
Publié par philippelamiral à 06:59:09 dans PAROLES DE PEINTRES | Commentaires (2) | Permaliens
Lena Gieseke Lena,une artiste allemande a réalisé un modèle 3D à partir du tableau de Picasso.
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