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Lumière des jours

le blog de Jacques Ancet

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L'identité obscure | 27 février 2009

Vient de paraître

L'IDENTITE OBSCURE éditions Lettres Vives, 2009



Chant 10

La neige dis-tu aussi n'est pas un blanc manteau,
elle n'habille rien, elle révèle ce qui,
sans elle, serait invisible, l'arbre ou la ville
enfouis sous leur nom soudain surgissent dans les yeux
comme un morceau d'inconnu, un poudroiement de givre,
un damier gris et blanc où hésite la buée
fixe du regard, va-t-il se perdre, se trouver,
et s'agit-il seulement du regard quand le froid
te saisit, comme on dit, t'arrête pour mieux te mordre
mais sans bouche, bien sûr, sans dents, toutes les images
s'éparpillent, pâlissent, tu dis le froid et moi
moi et le froid, tu répètes moi, froid, tu éprouves
sur tes lèvres cette unique syllabe, l'écho
qui de l'un à l'autre vous confond, alors plus de mot,
la seule présence tombée comme un bloc massif,
une sorte de suspens où tout se pétrifie,
l'haleine, l'espace, le temps lui-même devient
pauvre, tu ne te reconnais plus, ta voix se fige,
tu suces un morceau de glace sonore, plus rien
ne sort de ta bouche qu'un filament de salive
qui luit, qui durcit, pourras-tu jamais parler,
les jours se succèdent comme des images blanches,
ils t'emportent, te ramènent à la même présence
de cette voix qui parfois en sait bien plus que toi,
on dirait qu'elle n'a pas bougé, qu'elle t'attend
tu ne sais où, quelque part au milieu de ces mots
qu'elle prononce dans ta bouche, tu les écoutes,
tu parles comme si tu ne savais pas parler,
ce que tu dis tu ne le comprends pas mais c'est là,
c'est une évidence comme l'air que tu respires,
comme cette table sous ta main où tu t'appuies,
qui te résiste, qui te rappelle le miracle
quotidien, aller dans la vapeur du jour levé,
traverser une place, dire je suis vivant,
je marche, je fais l'espace, longer une rue,
le café où l'homme lit les nouvelles du jour,
le joailler, le magasin de prêt-à-porter,
répéter je suis vivant, entrer dans une allée,
passer à côté d'un vélo, de quatre poubelles,
monter des marches poussièreuses, ouvrir une porte,
la refermer, écouter les voix dans l'escalier,
le petit chien qui s'égosille, le grincement
des pas au-dessus, ne plus dire mais se sentir
vivant, malgré tant de raisons de ne pas y croire,
vivant, oui, tu voudrais que tout répète avec toi
vivant la table, la chaise, vivant le passant
croisé, vivant le feuillage, le ciel qui se couvre,
les toits poudrés de neige, le vent froid qui te giffle,
l'air qui te traverse, vivant, mais les mains tendues,
les corps prostrés, les yeux vides crachent leur silence,
alors tu ne dis plus, tu t'enfonces dans ta honte
de vivant vivant, tu sens quelque chose qui monte
en toi, qui appelle, une rumeur, un grondement,
et quand tu cries, ce n'est pas toi qui crie mais le cri
de toutes les gorges dans ta gorge, tu voudrais
dire la vie et sa beauté , tu dis la douleur,
et la mort, tu serres les dents, tu serres les poings
ou tu ne serres rien, tu étouffes simplement,
et pourtant tu es vivant, le dieu est là tout près,
son éclair scintille, alors comment s'y reconnaître,
faire de la vie avec la mort, tirer des ténèbres
cette lumière et comment ne pas la saluer,
debout, aveugle, dans sa clameur silencieuse,
avec le corps entier qui s'ouvre comme un regard,
cristal, poudre, neige, rien n'est là et tout est là,
l'espace coule de tes yeux, le jour, la montagne,
le chêne, la clôture se lèvent dans la voix,
la même toujours, celle qui une fois encore
te traverse et d'où vient-elle pour qu'il y ait
ce suspens, cet oubli dans ce qui soudain commence,
vitre, visage, un autre jour mais sans nom, sans date,
la simple surprise d'être là, que tout soit là
comme à jamais en équilibre sur ce noyau
de foudre autour duquel tourne le monde, tu te
tais, tu regardes, tu écoutes, touches, vacilles,
le cercle des choses se referme, où es-tu

Publié par Tecna à 11:35:11 dans Dernières parutions | Commentaires (0) |

L'orage vient | 28 novembre 2008

VIENT DE PARAÎTRE

L'orage vient 

 

Tu arrives de plus loin.

On ne sais pas d'où tu es

ni quel visage tu as.

On entend une musique

sous le silence. On voudrait

la garder trouver un nom

pour la dire. Mais on n'a pas

de bouche, pas de main

pour l'écrire. Seul ce feu

du désir, l'orage vient.

 

Editions
La Porte 
Yves Perrine, 215 rue Moïse Boudhuin, 02000 Laon 

Publié par Tecna à 16:12:22 dans Dernières parutions | Commentaires (1) |

L'entre-deux | 07 novembre 2008

Vient de paraître aux Éditions TARABUSTE

rue du Fort

36170 Saint-Benoît-du-Sault

Fax 02 54 47 67 65

Jacques Ancet/Claude Melin

L'ENTRE-DEUX

Tirage 100 exemplaires

sur grands chiffons des papèteries Joahannot,

tous signés et numérotés

22,5cmX16,5cm

40 euros

 

 

Que ce soit l'éblouissement brusque, l'ombre passante sur ton

visage, c'est toujours cet instant qui s'arrache à lui-même, et

toi avec. Tu glisses à travers une douceur de feu, tes mains

sont des poignées d'étincelles. Très vite, tu as perdu ton nom

et quand ta bouche parle il en sort le jour: un voyage de syllabes.

 

 

 

 

 

 

 

Publié par Tecna à 11:32:01 dans Dernières parutions | Commentaires (0) |

Entre corps et pensée | 21 novembre 2007


Jacques ANCET

ENTRE CORPS ET PENSÉE

publié avec le concours du Centre National du Livre
Un ouvrage de 160 pages, au format 11X19 cm. Collection le dé bleu
Choix de poèmes établi et présenté par Yves Charnet
couverture : Alexandre Hollan

« Un vide venu de nulle / part, qui souffle, qui traverse / les murs, les arbres, les corps ». C'est à ces vibrations de l'invisible que s'est, du premier jour, vouée la poésie de Jacques Ancet. La poésie de ce sujet neutre qui signe — on le devine à maints indices — à regret, presque, des livres constituant, dans le temps, l'anonyme enregistrement d'une « rumeur muette ». Un sujet toujours au bord de lui-même comme du monde dont le mondoiement n'en finit plus de le fasciner. Jusque dans sa quotidienneté la plus rudimentaire. Écrire scande l'interminable attente d'une plénitude à venir. Dans la nostalgie de l'impossible. Comme signés par personne — rien qu'un masque d'os et de peau... — ces poèmes sont les stigmates d'un témoin brûlé par l'imminence d'une fulgurante apparition. Plus voyeur que voyant, ce poète tient à ciel ouvert un « journal de l'air » où il guette, traque, épie la moindre épiphanie. Chaque brin d'herbe a quelque chose à dire. Tel est le cogito poétique d'un sujet brûlant qui communique aux mots — à l'intervalle blanc qui les sépare autant qu'il les relie — le feu de son expérience la plus vive. Expérience de ce qui fait que vivre devient consubstantiel à dire. Depuis toujours déjà. « L'imperceptible brûle ». Voici, en dernière analyse, la vérité qui consume cette poésie. Ces poèmes qu'on va lire. Dans leur contagieuse ardeur. Ces poèmes qui sont la cendre encore chaude d'une incandescence minuscule et fabuleuse. Quand dire, c'est vivre — entre corps et pensée.

Extrait de la préface d'Yves CHARNET

Pour se procurer le livre écrire à

L'IDÉE BLEUE éditions, 6 place de l'Église, 85310 CHAILLÉ SOUS LES ORMEAUX

 

Publié par Tecna à 21:27:24 dans Dernières parutions | Commentaires (0) |

NU(e) n° 37 Jacques Ancet | 30 octobre 2007

NU(E) n°37 JACQUES ANCET

Un nouveau numéro de la revue Nu(e)

La revue Nu(e), dirigée par Béatrice Bonhomme et Hervé Bosio, est un lieu de travail et de correspondance. Son nouveau numéro est consacré au poète, traducteur, romancier et essayiste :

JACQUES ANCET

« Je n'écris pas pour : pour raconter, pour décrire, pour communiquer, établir un dialogue, etc. J'écris par : par impossibilité de faire autrement, par passion, au sens où je subis quelque chose qui me déborde, par désir, par saisissement... Et ce qui me saisit, c'est cet apparaître qui fait de moi un autre. Alors, plus que « chercher quelqu'un», écrire c'est « trouver quelqu'un », ce « latent compagnon », justement, qui ne se fait que dans les mots et pas ailleurs. Un double sans visage, anonyme dont la voix est pleine d'un silence bruissant de voix. Écrire, aimer, sont peut-être un seul et même mouvement de perte de soi et d'apparition, dans ce vide laissé par l'identité, d'une altérité qui éveille celle de l'autre, lecteur ou être aimé. De l'autre de soi à l'autre de l'autre s'établit un rapport qui est moins de réciprocité que de transfert. »


Le volume de 170 pages que lui consacre la revue, coordonné par Serge Martin (poète, maître de conférence en littérature française contemporaine à Caen), rassemble les contributions suivantes :

• Un entretien de Jacques Ancet avec Serge Martin, sur le continu de son écriture.

• Un inédit de Jacques Ancet : « L'égarement ».


• Des dessins d'Alexandre Hollan.

• Des créations poétiques et contributions critiques, des textes et témoignages d'amis : Bernard Noël ; Antonio Gamoneda ; James Sacré ; Henri Meschonnic ; Gaspard Hons ; Salah Al Hamdani ; Michel Collot ; Fabio Scotto ; Amelia Gamoneda Lanza ; Yves Charnet ; Bernard Vargaftig ; Béatrice Bonhomme ; Laurent Mourey ; Emmanuel Hiriart ; Ménaché ; Emmanuel Malherbet ; Serge Ritman.
• Une bibliographie des ouvrages de Jacques Ancet




Pour recevoir ce numéro, il faut envoyer un courrier sur le modèle suivant:

Mme/M. :

Adresse :

Souhaite : ...... exemplaire(s) du numéro de la revue Nu(e) sur Jacques Ancet. et paie ce jour le montant de ...... x 18 € (+ 2 € de frais de poste), soit au total ....... € à l'ordre de l'Association Nu(e), avec la mention :
« Souscription J. Ancet» :

• pour la France : par chèque, c/o Béatrice Bonhomme , 29 avenue Primerose, 06000 NICE

• pour les autres pays : par virement au compte de l'Association Nu(e) - IBAN : FR76 1831 5100 0004 2667 9641 539 - BIC : CEPAFRPP831.

 

Publié par Tecna à 12:02:59 dans Dernières parutions | Commentaires (0) |

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