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En Haïti, le bilan s'alourdit à 150.000 morts | 25 janvier 2010

200.000 autres cadavres pourraient être ensevelis sous les décombres. Une réunion d'urgence se tient à Montréal ce lundi pour coordonner l'aide humanitaire.

Les Haïtiens se sont rassemblés dimanche dans les lieux de culte du pays encore debout pour se recueillir et pleurer les 150.000 morts du séisme du 12 janvier, à la veille d'une réunion d'urgence à Montréal pour coordonner l'aide humanitaire.

Aux abords de la cathédrale de Port-au-Prince en ruine et dans d'autres quartiers de la ville, les fidèles s'interrogeaient sur la volonté divine, alors que les autorités estiment que le bilan de la tragédie atteindra 150.000 morts lundi et craignent que 200.000 autres cadavres ne soient encore enfouis sous les décombres.

Opération de déblaiement dans les ruines de Port-au-Prince le 24janvier 2010

AFP/Jewel Samad

Opération de déblaiement dans les ruines de Port-au-Prince le 24janvier 2010

Après cette journée de prière, les "pays amis" d'Haïti (Etats-Unis, France, Espagne, Brésil, Nations unies et Organisation des Etats américains) s'attacheront lundi à Montréal à faire le bilan de la situation et coordonner l'aide. Puis ils passeront à l'essentiel, la reconstruction du pays avec la préparation d'une conférence prévue en mars.

Des Haïtiens se disputent un sac de riz le 24 janvier 2010 à Port-au-Prince

AFP/Jewel Samad

Des Haïtiens se disputent un sac de riz le 24 janvier 2010 à Port-au-Prince

Le gouvernement haïtien a dit dimanche se réjouir de la réponse de la communauté internationale mais a insisté sur la nécessité de voir les promesses de dons se concrétiser. Dans le pays, la Première dame d'Haïti Elisabeth Préval a pris la défense de son époux le président René Préval accusé de laxisme par une partie de ses concitoyens pour sa gestion après le séisme.

Sur le terrain, des secouristes français qui avaient annoncé avoir détecté dimanche des mouvements sous les décombres d'un bâtiment de Port-au-Prince ont levé le chantier dans la nuit. "Nous avons levé le chantier, le radar ne détecte plus rien, nous sommes tombés sur un cadavre plein de vers c'est peut-être cela qui faisait du mouvement", a déclaré le commandant Samuel Bernès de la Sécurité civile vers 23H30 (04H00 GMT).

Samedi, Wismond Exantus, un homme de 25 ans avait été dégagé des ruines de Port-au-Prince. Au total, 133 personnes ont été dégagées vivantes des décombres depuis le tremblement de terre qui a fait plus de 194.000 blessés et un million de sans-abri.

Les équipes légères de recherches et de secours, envoyées par divers pays, ont commencé à plier bagage mais celles disposant de matériels lourds de levage et forage sont désormais employées à déblayer.

Des vendeurs de rue tentent de se défendre de pillards le 24 janvier 2010 à Port-au-Prince

AFP/Roberto Schmidt

Des vendeurs de rue tentent de se défendre de pillards le 24 janvier 2010 à Port-au-Prince

Et dans la capitale, les pillages semblaient se multiplier au fur et à mesure que les pelleteuses déblayaient les décombres des commerces effondrés sous le regard impuissant de la police qui a perdu de nombreux hommes alors que des criminels ont profité du séisme pour s'échapper.

Environ 4.000 détenus ont ainsi réussi à s'enfuir du pénitencier principal de Port-au-Prince, à Cité Soleil, quartier le plus pauvre et le plus dangereux de la capitale haïtienne.

Dans la rue du Miracle, une vingtaine de personnes perchée sur les ruines d'un gigantesque bâtiment attendait chaque coup de pelleteuse avec impatience sous l'oeil d'un policier fataliste.

"Qu'est ce que je peux faire? Nous n'avons plus de prison", a relevé le policier.

File d'attente pour une distribution d'eau le 24 janvier 2010 à Cité Soleil, quartier le plus pauvre et le plus dangereux de la capitale haïtienne.

AFP/Sophia Paris

File d'attente pour une distribution d'eau le 24 janvier 2010 à Cité Soleil, quartier le plus pauvre et le plus dangereux de la capitale haïtienne.

Du côté des opérations humanitaires, la distribution de nourriture, d'eau, de soins médicaux et d'abris se poursuivait. Près de 610.000 personnes sont hébergées dans 500 camps de fortune et plus d'une trentaine d'hôpitaux avec capacité opératoire fonctionnent.

Selon le ministère haïtien de l'Intérieur, la moitié des maisons de Port-au-Prince, Jacmel et Léogâne, les trois villes les plus affectées, sont détruites.

L'organisation internationale pour les migrations (OIM) a évalué dimanche depuis son siège de Genève à 100.000 le nombre de tentes supplémentaires nécessaires pour loger, au moins temporairement, un demi-million de sans-abri.

Des Haïtiens réfugiés sous des tentes de fortune le 24 janvier 2010 à Port-au-Prince

AFP/Marco Dormino

Des Haïtiens réfugiés sous des tentes de fortune le 24 janvier 2010 à Port-au-Prince

Des ONG ont mis en garde contre le recours à des solutions qui iraient à l'encontre de la volonté de la population. Le chef de la mission de stabilisation de l'ONU en Haïti (Minustah), Edmond Mulet, a affirmé dimanche avoir d'énormes besoins en personnel, en soldats, en essence et en véhicules pour faire parvenir l'aide à la population.

"J'ai besoin de personnel. J'ai besoin de soldats (...). Et nous avons aussi besoin de voitures, de camions" et d'essence pour aider la population, a dit M. Mulet à la chaîne américaine CNN.

La présence dans le pays du contingent américain, qui devait atteindre 20.000 hommes dans la journée de dimanche, a été critiquée par la Bolivie, le Nicaragua et le Venezuela, ainsi que par le dirigeant cubain Fidel Castro, qui a déploré dimanche le silence de l'ONU sur cette "occupation".

 

Publié par samf à 14:50:46 dans L'ACTU DU MOMENT!!!!!!!! | Commentaires (0) |

Port-au-Prince, détruite, sous l'œil de GeoEye-1 | 18 janvier 2010

Le satellite d'observation GeoEye-1 montre une image à haute résolution du centre de Port-au-Prince, la capitale d'Haïti, après le séisme qui a frappé le pays mercredi dernier. Une comparaison avec les images de Google Earth, prises avant le tremblement de terre, fait comprendre l'ampleur des destructions.

Après le séisme d'Haïti, le dernier bilan, donné par la Croix-Rouge, indique 40.000 à 50.000 morts. Les blessés sont très nombreux et beaucoup n'ont encore reçu aucun soin car les secours peinent à s'organiser.

Survenu à seulement 15 kilomètres de Port-au-Prince et à 10 kilomètres de profondeur, le séisme de magnitude 7 a provoqué des dégâts considérables. Des quartiers entiers de la capitale sont entièrement détruits.

Port-au-Prince avant le séisme  Le bâtiment blanc est le National Palace, le palais présidentiel. Image Google Earth

Les images des satellites montrent clairement, s'il en était besoin, l'ampleur des destructions. GeoEye-1, lancé en 2008 et parfois appelé le « satellite de Google », car l'entreprise américaine est un client pour les images qu'il fournit, a photographié Port-au-Prince juste après le tremblement de terre. L'image vient d'être publiée sur le site de GeoEye.

Le même quartier après le séisme, vu par le satellite GeoEye-1. © GeoEye

En comparant avec l'image présente dans Google Earth et montrant la capitale d'Haïti avant la catastrophe, on prend toute la mesure des dégâts. Plusieurs ONG ou associations caritatives centralisent les dons.

Rappelons par exemple la collecte de la Fondation de France. On peut envoyer un chèque bancaire libellé à l’ordre de Fondation de France – Solidarité Haïti, à envoyer à Fondation de France BP 22, 75008 Paris. On peut aussi utiliser le site sécurisé dons.fondationdefrance.org. Dans tous les cas, méfiez-vous des appels lancés par courriels et venus d'on ne sait où, qui sont parfois des arnaques.

Publié par samf à 00:04:07 dans L'ACTU DU MOMENT!!!!!!!! | Commentaires (0) |

Haïti dévasté après un violent tremblement de terre | 13 janvier 2010

Le tremblement de terre qui a dévasté Haïti mardi 12 janvier en fin d'après-midi a été d'une extrême violence. Selon l'Institut américain de géophysique, le pays n'avait pas subi une secousse d'une telle puissance depuis le milieu du XVIIIe siècle. Selon les premières estimations de responsables d'ONG, la catastrophe pourrait avoir causé des milliers de morts dans cet Etat parmi les plus pauvres du monde.

De nombreux édifices ont été détruits dans la capitale, Port-au-Prince, plongée dans une situation chaotique. Les rues de la ville sont jonchées de cadavres, et les pillards se sont vite mis à l'oeuvre dans les supermarchés dévastés. Et les inquiétudes étaient fortes concernant la situation de Cité Soleil, l'un des principaux bidonvilles, situé au nord de la capitale (300 000 habitants).

Les communications téléphoniques et l'électricité ont été coupées, ajoutant à la panique générale. La plupart des stations de télévision ne fonctionnent plus et quelques rares radios émettent des appels d'urgence. L'acheminement des blessés dans les hôpitaux encore debout est rendu quasiment impossible. Les survivants erraient dans la capitale, préférant passer la nuit dehors de peur d'un nouveau séisme. Utilisant des lampes torches, beaucoup se mobilisaient pour déblayer les décombres et porter secours aux personnes ensevelies.

L'épicentre de la première secousse, de magnitude entre 7 et 7,3, a eu lieu à 16 h 53 (21 h 53 GMT) dans la banlieue de Carrefour, à 15 kilomètres à l'ouest de la capitale surpeuplée. Elle a été suivie de plusieurs répliques, qui ont prolongé l'affolement des habitants. La violence du séisme a été telle qu'il a été ressenti vers l'ouest jusqu'à Santiago de Cuba et vers l'est sur une grande partie du territoire dominicain. Lancée dans les minutes qui ont suivi le tremblement de terre, une alerte au tsunami a été levée en début de soirée. Les autorités dominicaines n'ont fait état d'aucune victime ni d'aucun dégât majeur.

De nombreux bâtiments, dont le palais national, plusieurs ministères, le Parlement, la cathédrale, le palais de justice, des établissements universitaires, des centres hospitaliers se sont écroulés, selon les témoignages de journalistes haïtiens joints au téléphone. Selon le frère du premier ministre, Jean-Max Bellerive, le président René Préval, son épouse Elisabeth Delatour et tous les membres de son gouvernement seraient sains et saufs.

Plusieurs des principaux hôtels de la capitale, comme le Montana, ont également été détruits. 200 personnes qui y résidaient seraient portées disparues. Installé à l'Hôtel Christopher, le quartier général de la Mission de stabilisation des Nations unies en Haïti (Minustah) a souffert d'importants dégâts. La Minustah compte quelque 9 000 policiers et militaires qui participaient aux secours dès mercredi à l'aube. Evoquant "une catastrophe majeure", l'ambassadeur d'Haïti à Washington, Raymond Joseph, a lancé un appel urgent à l'aide internationale au micro de la chaîne de télévision CNN. Le président américain Barack Obama a rapidement annoncé l'envoi de "toute l'aide nécessaire" dont Haïti aura besoin. Le commandement sud du Pentagone, basé à Miami, a été chargé d'évaluer les besoins et d'acheminer le plus vite possible l'aide humanitaire.

Le Canada, la France, le Venezuela et la République dominicaine ont également annoncé l'envoi de secours. Paris a décidé d'envoyer 130 sapeurs-pompiers ou sauveteurs, qui devaient rejoindre Port-au-Prince dès jeudi soir. Près de 1 500 Français résident en Haïti, dont 1 200 à Port-au-Prince. Selon le secrétaire d'Etat à la coopération Alain Joyandet, une soixantaine d'entre eux étaient réfugiés à l'ambassade.

La Banque interaméricaine de développement (BID) a débloqué une aide d'urgence de 200 000 dollars (138 000 euros) devant permettre de fournir de l'eau, des vivres, des médicaments et des abrix aux victimes. De son côté, la Banque mondiale, dont les bureaux situés dans la banlieue de Port-au-Prince ont été détruits , a indiqué qu'elle commençait à travailler sur des projets de reconstruction, et qu'elle était prête à mobiliser une aide sans en préciser encore le montant.

Le programme alimentaire mondial (PAM) a décidé de faire partir deux avions, son porte-parole expliquant "que la nourriture a une importance vitale surtout à partir des deuxième et troisième jours". L'ampleur de la mobilisation internationale sera cruciale dans ce pays dépourvu de tout pour secourir les victimes.

Jean-Michel Caroit et AFP

Publié par samf à 14:38:54 dans L'ACTU DU MOMENT!!!!!!!! | Commentaires (0) |

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