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parisperdu

un certain regard sur Paris

Cité Florentine. | 14 mai 2009


C'est un endroit secret et, pour beaucoup, quasiment introuvable . Caché au plus profond du 19ème arrondissement, un étroit passage entre deux immeubles gris permet de se faufiler jusqu'à un petit trésor :
la cité Florentine.

Car c'est un peu comme à Petra, ou après s'être glissé dans le Siq, vous atteignez  le "Trésor", le  "Khazneh". Bien sûr ici, point de temple de 40 mètres de haut, mais les modestes villas que l'on trouve sur la placette, font, elles aussi, merveilles dans la lumière du matin …

L'on éprouve alors la sensation d'avoir atteint un lieu exceptionnel, hors de la cité, bien qu'encerclé, enserré par ses hauts immeubles. Et là, une profusion de couleurs s'étale devant vos yeux: le vert des barrières en bois, le rose et le rouge des roses trémières, l'ocre jaune des murs, … invariablement tout vous renvoie à une composition picturale des plus parfaites.
Alors vous vous dites que vous avez déjà vu ce tableau quelque part. Vous en cherchez le titre, l'auteur … Vous ne trouvez pas ? … Pourtant c'est simple, c'est même évident …

Voyons, vous êtes "Cité Florentine" … et le tableau que vous recherchez, n'est-ce pas une œuvre de Paul Klee ? Mais oui, bien sûr, vous avez trouvé ... il s'agit … des  "Villas Florentines"!



>> Les "Villas Florentines" de Paul Klee (1926).



Publié par barreteau à 09:04:54 dans 75019 | Commentaires (1) |

" Montmartre, made in China " | 11 février 2009

 

Il y a encore peu, les peintres qui posaient leur chevalet sur la place du Tertre créaient des toiles "typiques" de Montmartre et ils en détenaient le monopole de la vente.

Mais l'ampleur du marché potentiel a attisé la concurrence car, plus de 10 millions de personnes visitent Montmartre chaque année et beaucoup d'entre elles y achètent des peintures en guise de souvenirs,  ...
Aussi  aujourd'hui, les peintres officiels de la place du Tertre se sentent menacés par les boutiques de souvenirs de Montmartre qui vendent des peintures importées d'Asie et d'Europe de l'Est, des peintures à bas prix, de bien piètre qualité et produites à la chaîne ... Ces toiles portent des signatures "bidon" comme Georges, Claude, Paul, ... pour faire couleur locale et être vendues comme authentiquement Montmartroises.

Ces tableaux n'ont pas d'âme, mais leur coût est dérisoire comparé aux prix pratiqués sur la Place du Tertre. Certaines de ces toiles importées sont mêmes constituées d'un dessin imprimé sur lequel les vendeurs passent quelques coups de peinture pour donner une touche d'authenticité. Ce n'est pas de l'art, c'est ... au mieux ... pour ne pas dire au pire ... de la décoration. C'est sûr, à ces prix-là, on ne peut pas en attendre plus !

Les peintres de l'historique carré des artistes, parlent de concurrence déloyale de la part de ces toiles de Paris "made in China"
et pour moraliser le marché, l'association Paris-Montmartre réclame, en vain, aux élus parisiens une "traçabilité" des tableaux.

"On pourrait écrire Made in... au dos des toiles. Au moins les clients sauraient ce qu'ils achètent" entend-t-on sur
la Place. Une appellation d'origine contrôlée ? L'idée fait sourire. Car ce qui compte, c'est la beauté du tableau, pas la nationalité de son auteur.
Après tout Picasso était espagnol, non ?


>> L'association Paris-Montmartre

>> Le collectif des Artistes Montmartrois

>> Voir aussi sur Parisperdu : "Léon, gribouilleur place du Tertre". 

Publié par barreteau à 11:36:52 dans 75018 | Commentaires (2) |

Léon, gribouilleur place du Tertre. | 24 novembre 2008



Sur la butte Montmartre, la place du Tertre est connue pour être le lieu de prédilection des peintres. Toulouse-Lautrec, Van Gogh, Modigliani, Poulbot, Pissarro et beaucoup d'autres ... moins prestigieux, ont trouvé l'inspiration sur la butte.

Léon est l'un des leurs, même si, avec sa modestie naturelle, il se qualifie de "gribouilleur". Et voilà près de 40 ans, qu'il a établi son "atelier à ciel ouvert" sur la bien nommée place du Tertre qui culmine à 130 mètres d'altitude.

Léon, qui a aujourd'hui 79 ans, est installé au centre de la place, au milieu des quelques 300 artistes qui pratiquent, ici, différents styles de dessin. Ses confères l'appellent "Monsieur Léon" car, toujours "tiré à quatre épingles", il dégage un prestige certain.

Des touristes venus du monde entier s'attardent, parfois longuement,  pour voir la création de ses œuvres en "direct live", car Léon, l'un des portraitistes les plus doués, n'a pas ici son pareil pour "vous tirer le portrait" en quelques minutes.
Fusain, crayon ou pastel tenus fermement par ses vieux doigts secs mais toujours agiles, glissent sur la feuille de velin d'arches avec grâce et précision.

Amélie Poulain et son "fabuleux destin" a boosté la venue des touristes qui désormais, sont présents à Montmartre tout au long de l'année, et ce, pour le plus grand plaisir de Léon qui - dit-il - "ne pense pas prendre sa retraite avant 2020", date à laquelle, il suffira "de lui faire traverser la place !". Comprenez, qu'il a réservé une concession depuis longtemps au petit cimetière de St Pierre de Montmartre ... 

"Monsieur Léon", un artiste montmartrois "à la vie, à la mort" ... essayez-donc d'en trouver un plus authentique que lui ...


>> Les peintres de la place du Tertre, l'esprit bohème de Montmartre.

>> La place, un soir d'hiver.



Publié par barreteau à 09:44:51 dans Portraits Incertains | Commentaires (2) |

Boubat, fenêtre à Collioure. | 17 juillet 2008

"Collioure 1954".  © Edouard Boubat


Dans les années 50, Edouard Boubat photographie beaucoup Paris, surtout ses parcs, ses jardins... Puis il se met à voyager à travers le monde et, lorsqu'il traverse le Roussillon, pour lui - comme pour beaucoup - une halte à Collioure lui semble indispensable.

Boubat tient alors absolument à voir les lieux précis où Matisse et Derain ont, quelques 50 ans auparavant, inventé le "fauvisme". Il ira même jusqu'à rechercher, avec minutie, tous les angles de vue choisis par les deux "fauves" pour croquer le petit port catalan.

Il accédera ainsi au premier étage de la maison Soulier. Et c'est de ce balcon où Matisse et Derain peignaient, que Boubat prendra cette image sobrement intitulée : "Collioure 1954".

Aujourd'hui,  la maison Soulier est devenue le Café "Chez Simone", et ses balcons ont été totalement remaniés.
Toutefois, en déambulant dans le village, il est possible de retrouver certaines fenêtres dont les balcons arborent un délicat ouvrage de fer forgé ... le même que celui qui n'avait pas manqué d'attirer l'œil d'Edouard Boubat, tant il dialoguait parfaitement avec l'imprimé de la jolie robe de Sophie, sa compagne ...


>> Détail de "Fenêtre à Collioure" d'Henri Matisse. (1905)

>> Collioure aujourd'hui: "fenêtre et balcon à l'identique".

>> Edouard Boubat, récemment à la Maison Européenne de la Photographie.
 
>> Boubat, la rétrospective ... sur Parisperdu


Publié par barreteau à 09:42:29 dans Paris > Extrème Sud | Commentaires (3) |

Avant-Seine. | 11 juin 2008


Deux jeunes femmes assises, ... sur l'avant-scène du fleuve qui traverse Paris. L'on pourrait aussi presqu'écrire ... sur l'avant-Seine.

Nous sommes loin, ici, des jours d'été et de la fureur de l'opération "Paris Plage"...

Et de l'attitude de contemplation de ces deux personnes, il se dégage plutôt ... une impression d'automne.

Oui, en cette fin d'après-midi, nous découvrons un bord de Seine semblable à ceux qu'aimait peindre Sisley: des lieux calmes, paisibles ... lumineux et tout en nuances.

Bien sûr notre palette est moins colorée que celle du peintre impressionniste.
Et si le ciel est, ici, totalement absent, les nuances elles, sont bien présentes : quelques 256 gris ... tous différents !


 
>> Alfred Sisley: Bord de Seine, 1872.


 

Publié par barreteau à 09:19:02 dans Hommes et Métiers | Commentaires (2) |

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Pourquoi Parisperdu ... ?

ParisPerdu aurait pu s'appeler ParisVolé car s'il est désormais souvent impossible de porter "ce certain regard" sur l'Est de Paris , c'est que ce Paris a été dérobé par toutes les "avancées de la modernité".

Arpenter la ville à la recherche d'espaces promis à la démolition ou de personnes dont le destin va en être bouleversé : ce n'est pas pour regretter le passé. C'est pour montrer, nous montrer, nous rappeler, que la ville n'est pas une entité figée. La ville vit ... et comme tout être vivant, elle fait parfois des erreurs.


Ainsi va la ville, ainsi va la vie ...

"Ce qui nous incite à revenir en arrière est aussi humain et nécessaire que ce qui nous pousse à aller de l'avant."
Pier Paolo Pasolini


  
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