Angle de la rue Robineau et de la place Martin Nadeau. (Juin 1996)
Au n°3 de la place Martin Nadeau se tient une maison pittoresque. Sur ses trois faces visibles, des moulures simulent des branchages incorporés au crépi des façades. Les montants de l’auvent, les barrières à l’entrée, les marches de l'escalier et ses garde-corps sont également en "bois brut factice". Un décor tout à fait inattendu dans l'univers urbain du secteur Gambetta.
Qui donc peut bien "crécher" ici ?
On ne peut plus justement poser la question, car il s'agit en effet … d'une crèche !
Plus précisément de la Crèche laïque du Père-Lachaise, construite au tournant de l'année 1900 et pour laquelle l’architecte a donc retenu ce thème forestier.
La proximité du cimetière paysager du Père-Lachaise a-t-il été sa source d'inspiration ?
Nul ne le sait.
Mais toujours est-il que, face à la place Martin-Nadaud, le bâtiment a fier allure.
Plus communément, on peut dire qu'il "va bien", … et c'est tout à fait normal, quand vous saurez que la Place doit son nom à un homme politique du 19ème siècle, maçon de métier : Martin-Nadaud, l’auteur de la célèbre maxime : "Quand le bâtiment va, tout va".
>> La Crèche laïque du Père-Lachaise, vue de la place Martin-Nadeau.
>> Besoin d'une crèche à Paris ? Consulter : Pour-mon-petit-loup.com
Publié par barreteau à 10:52:36 dans 75020 | Commentaires (2) | Permaliens
Terrain d'aventures des Petits Pierrots, au 15 rue des Vignoles Paris 20ème (juin 1997)
Dans les interstices de la ville, sur les terrains laissés vacants à la suite de démolitions, les petits Pierrots s'ébattent joyeusement.
L'association "Les Petits Pierrots" - installée dans le 20e arrondissement - a pour objectif de proposer aux adolescents et aux enfants du quartier de la Réunion des activités pour qu’ils sortent de leur hall d’immeuble. Dans ce secteur de l'Est parisien, les Petits Pierrots s'occupent de jeunes dont personne ne veut s'occuper.
Au départ, en 1988, l'association a créé des "terrains d'aventures" où les jeunes peuvent se réunir librement. Un terrain d'aventures, c'est un terrain vague converti en aire de jeu et de découverte, aménagée par et pour les enfants.
Mais le terrain d’aventures ne résiste pas à la pression immobilière, il déménage au gré des constructions nouvelles qui s'édifient sur les sites occupés provisoirement par les Petits Pierrots : rue des Amandiers, rue des Vignoles, rue de Fontarabie … puis plus rien depuis 2008 : plus de terrain … plus d'aventures !
Reste aujourd'hui un espace d’accueil et de loisirs, dans un local d’une cinquantaine de mètres carrés en sous-sol, au 33 rue de la Réunion, où les jeunes peuvent se retrouver autour de jeux de société et de jeux vidéos, peindre, ou préparer des spectacles pour les parents …
Mais depuis plus d’un an, l’association ne peut plus payer son loyer et les Petits Pierrots, après 22 ans d’activité, sont menacés d’expulsion. Sans local, l’association n’aura plus qu’à fermer ses portes.
Toutefois l’association devrait pouvoir conserver son local de la rue de la Réunion après avoir trouvé in extremis un accord avec la mairie du 20e qui a ainsi voulu signifier l’importance qu’elle accorde aux Petits Pierrots dans le quartier de la Réunion.
La mairie du 20ème pourrait même envisager de verser une aide à l’association pour solutionner définitivement ses problèmes de financement.
Les Petits Pierrots ne sont pas encore sauvés, mais même au clair de la lune … leur horizon s'éclaircit bigrement …
>> Le blog des Petits Pierrots.
Publié par barreteau à 08:57:28 dans 75020 | Commentaires (2) | Permaliens
Rue Ernest Roche, Paris 17ème
La rue n'est pas très gaie. La voie ferrée de la petite Ceinture la borde sur un côté, et, sur l'autre, des HBM aux soubassements en meulière, se dressent ça et là, laissant, de temps à autre, la place à de petits espaces verts. C'est un environnement qui n'incite guère à la promenade mais il fait très beau ce jour-là et je descends tranquillement cette rue lorsque mon attention est attirée par des cris d'enfants.
Au pied des HBM, deux gamins courent dans le jardinet. Ils cherchent à s'attraper mutuellement et leurs jeux finissent le plus souvent en bagarre ... La scène est pleine de vie aussi je reste un certain temps, derrière les grilles du petit jardin, à l'observer.
Soudain une dame sort de l'immeuble et sur un ton sec leur ordonne de cesser ce jeu et de rester calme. A son allure et à la façon dont elle parle aux garçons, je comprends que ce doit être la gardienne de l'immeuble.
Les deux gamins s'arrêtent et vont même jusqu'à s'asseoir un instant sur le tabouret que la dame leur a apporté ... puis le plus jeune lance, dans un éclat de rire cette boutade : " Même pas peur " ...
Et les voilà qui reprennent leurs jeux endiablés ...
>> Autres gamins de Paris, sur Parisperdu.
Publié par barreteau à 09:44:22 dans 75017 | Commentaires (1) | Permaliens
Rue Marx Dormoy, Paris 18ème.
Lorsque j'ai croisé Camille et Nacira, rue Marx Dormoy, j'ai parié qu'elles étaient du quartier et donc qu'elles pourraient me renseigner sur mon itinéraire.
La conversation fut tout de suite amicale, mais elles ont refusé que je les prenne en photo, ou alors : "de dos, si vous voulez, car ici on est surveillées" m'ont-elles dit.
Surveillées, mais par qui, et pourquoi ? "Par les garçons pardi", ont-elles répondu en cœur!
Alors ici, même si l'on n'est pas en banlieue, ce serait donc quand même un peu la loi des cités?
Oui, mais sauf qu'à Paris, les filles sont en voyage. La structure de la ville est ainsi faite que leur coiffeur est à Marx Dormoy, les boîtes de nuit dans le quartier d’à côté, le lycée à plusieurs kilomètres de chez elles, et le cinéma à Gambetta.
Ainsi dans tous les cas, Camille, Nacira et leurs copines peuvent aisément circuler en métro ou en bus, et elles ont de bonnes motivations de le faire, c’est-à-dire des motivations qui les protègent de toute suspicion de la part des garçons : elles vont quelque part, pour faire quelque chose de dicible et de légitime.
Qui plus est, une fois passées deux ou trois stations de métro, elles s’engouffrent dans la masse anonyme, et deviennent beaucoup moins contrôlables que dans les cités de banlieue.
Camille et Nacira ont une scolarité satisfaisante, leur famille les responsabilise, elles ne touchent pas à la drogue. Leurs loisirs sont "bon enfant", elles ont de petits amis mais "ça leur prend pas trop la tête". Déjà elles se projettent dans la vie professionnelle au travers de stages et d'activités parascolaires.
Camille et Nacira, parisiennes ordinaires d'un quartier populaire, sont des filles bien.
>> Voir aussi sur Parisperdu : "La fille de Bercy".
Publié par barreteau à 08:30:40 dans Portraits Incertains | Commentaires (2) | Permaliens
En hommage à Willy Ronis
Fabien rentre de l'école, il dévale "quatre à quatre" l'escalier de la rue de l'Equerre. Aujourd'hui, il est très en retard …
L'école de Fabien est située en haut de la rue Clavel, son entrée jouxte un bâtiment montrant une mosaïque où l'on lit : "PEIGNES A.MERMET". Il s'est toujours demandé ce que cela voulait bien dire ? Mais Fabien n'a jamais osé en demander la signification à sa maîtresse d'école.
Pourtant elle lui aurait certainement répondu, qu'il s'agissait d'un vestige de la fabrique artisanale des "Peignes Mermet". Cette superbe fresque reste, en effet, le seul témoignage de l'ancienne activité industrielle du quartier.
Lorsque Fabien sort de l'école, il rentre habituellement par le square Bolivar. Un élégant square triangulaire, calme, isolé, un peu hors du monde dans ce coin retiré du 19ème … Puis il prend les escaliers de la rue de l'Equerre, un parcours que ses parents lui demandent de respecter strictement …
Mais parfois, la tentation est trop forte et, au lieu de descendre le Square Bolivar, Fabien remonte jusqu'à la rue Fessart pour atteindre le parc des buttes Chaumont. Là, il y retrouve ses copains pour jouer au foot …
Et justement, c'est ce détour qu'il a fait aujourd'hui …
Fabien sait qu'il va sans doute se faire réprimander par sa mère qui déjà doit l'attendre avec impatience …
>> Voir aussi sur Parisperdu : "Garage de l'Equerre".
>> Voir aussi sur Parisperdu : "Square Bolivar".
>> La mosaïque des "PEIGNES MERMET".
Publié par barreteau à 09:53:23 dans Portraits Incertains | Commentaires (2) | Permaliens
ParisPerdu aurait pu s'appeler ParisVolé car s'il est désormais souvent impossible de porter "ce certain regard" sur l'Est de Paris , c'est que ce Paris a été dérobé par toutes les "avancées de la modernité".
Arpenter la ville à la recherche d'espaces promis à la démolition ou de personnes dont le destin va en être bouleversé : ce n'est pas pour regretter le passé. C'est pour montrer, nous montrer, nous rappeler, que la ville n'est pas une entité figée. La ville vit ... et comme tout être vivant, elle fait parfois des erreurs.
Ainsi va la ville, ainsi va la vie ...
"Ce qui nous incite à revenir en arrière est aussi humain et nécessaire que ce qui nous pousse à aller de l'avant."
Pier Paolo Pasolini
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