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parisperdu

un certain regard sur Paris

Le plus petit trottoir de Paris ? | 31 mai 2012

Photo © Copyright : jobill

Nous sommes vers la fin de "L'Auberge espagnole", le film de Klapisch … et Romain Duris embrasse maladroitement Audrey Tautou. Il faut dire que pour les deux protagonistes, la situation n'est pas très confortable sur cet étroit trottoir.

Duris, en voix off, dit alors: " je ne sais pas pourquoi on avait choisi la rue de Paris qui a le plus petit trottoir …"

La rue en question, c'est la rue d'Orchampt, dans le 18ème, une rue où jamais les parisiens ne vont. Mais a-t-elle vraiment le plus petit trottoir de Paris ?
Pas sûr, car beaucoup de ruelles, de passages … de Paris ont des trottoirs aussi, voire plus étroits ou même … en sont totalement dépourvus.

Mais quoiqu'il en soit, et sans chipoter sur la taille du trottoir, la séquence du film fonctionne bien et il faut bien reconnaître qu'il était très tentant pour Klapisch de tourner dans ce coin perdu du quartier montmartrois.


>> Audrey Tautou & Romain Duris dans l'Auberge Espagnole.

 

 

Publié par barreteau à 09:28:35 dans 75018 | Commentaires (1) |

Butte Bergeyre, la secrète ... (3/3) | 26 février 2012

Rue Remi de Gourmont - Paris 19ème- juin 1997


Habiter une telle oasis est une chance. Des artistes y ont trouvé un cadre de tranquillité. Patrick Dupond, Jean-Paul Goude, Marc Newson, entre autres exemples, y ont leur point d’attache.

Pourtant, si curieux que cela paraisse, la colline qui nous est chère, en dépit de son pittoresque et de sa situation exceptionnelle au-dessus de Paris, n’a pas alimenté beaucoup l’imaginaire des peintres, des photographes, des cinéastes ou même des romanciers. Il est vrai que, à moins d’y résider, Bergeyre reste discrète, secrète même.

Deux exceptions toutefois : Willy Ronis qui découvre le site au début des années 1950. De ses balades ici, provient l’une des plus belles photos de son œuvre: la descente de l’escalier entre la rue Georges-Lardennois et l’avenue Simon-Bolivar.

Et, plus récemment, Claude Zidi dans “ L’Inspecteur la bavure ”, nous montre Coluche en pétanqueur cocasse sur l’emplacement de l’actuel jardin partagé de la rue Georges-Lardennois, une pente où quelques petits rangs de vigne ont été plantés pour rappeler symboliquement le passé rural et agricole – mais déjà bien lointain – de ce lieu si attachant.



>> Willy Ronis et la butte Bergeyre.

>> Coluche sur la butte Bergeyre, dans "L’Inspecteur la bavure ”.

>> Butte Bergeyre, la secrète ... (2/3)

 

 

Publié par barreteau à 10:45:53 dans 75019 | Commentaires (1) |

Le Louxor, renaissance à Barbès. | 24 septembre 2010

 

Depuis des années sa façade borgne surplombe le carrefour des boulevards Magenta et de La Chapelle; mais d'ici trois ans, le Louxor, joyau architectural des années 20, renouera avec ses premières amours : le cinéma.  Car ce bâtiment de style néo-égyptien fut, de son inauguration dans les années 20 et jusqu'à l'après-guerre, l'une des salles de cinéma les plus prestigieuses et les plus prisées de la capitale.

Depuis sa fermeture en 1987, le Louxor est devenu quasi invisible. L'affichage sauvage a eu raison de ses murs défraîchis et ses mosaïques s'effritent, disparaissent sous les couches successives de papiers.


En 2013, trois salles de cinéma d'art et d'essai ouvriront dans cet ancien Palais du 7ème art. Philippe Pumain, l'architecte, en charge du projet, veut avant tout réaliser la synthèse entre l'évolution d'un quartier en pleine mutation et l'héritage historique du lieu.


Le parti architectural adopté par Philippe Pumain est de réhabiliter la bâtisse "au plus près du bâtiment d'origine", et ainsi de respecter la volonté de l'architecte concepteur du Louxor, André Zipcy.


De grands mâts, tels qu'il en existait devant les temples égyptiens et qui ont figuré sur la façade originelle du Louxor, seront réinstallés. Des vitraux vont aussi être restitués, le décor d'origine va être dégagé, restauré et réinstallé. Car il s'agit avant tout de retrouver la cohérence esthétique entre les façades néo-égyptiennes et les parois intérieures de la salle.


La renaissance du Louxor enchantera tous les cinéphiles et tous les amoureux de Paris, qui apprécient à juste titre l'originalité et le style de cette salle mythique. Car le Louxor représente en effet, avec le Rex, la Cigale, la Pagode, un fragment de l'histoire culturelle de Paris, le souvenir vivant des années 1920, mais aussi une beauté rare, une forme d'exotisme dans le meilleur sens du terme. 

Vivement 2013 !

 

 

>>  Pour tout savoir sur l'histoire du Louxor.

>> Le Louxor sur le site officiel de l'architecte Philippe Pumain.


>>  Les Amis du Louxor..


>> ... Mais le Luxor, n'a pas que des amis !




Publié par barreteau à 10:41:06 dans 75010 | Commentaires (1) |

Pierre Etaix est de retour. | 04 juillet 2010

Affiche de l'intégrale des films de Pierre Etaix en version restaurée, © CARLOTTA FILMS

 

Après vingt ans d'imbroglio juridique, Pierre Etaix retrouve ses droits et voit l'intégrale de ses films ressortir en salles - en version restaurée -  à partir du 7 juillet 2010.

Aujourd'hui, Pierre Etaix, 81 ans, qui revendique l'héritage de Max Linder, de Charlie Chaplin, de Buster Keaton et de Jacques Tati, est un homme à l'enthousiasme intact. Chaplin était narquois, Keaton imperturbable, Tati candide. Il y a chez Etaix la trace infime d'un éternel sourire intérieur, ce quelque chose d'enjoué et d'ironique sur le visage qui laisse entrevoir qu'il n'en pense pas moins...

Alors n'hésitez pas à entrer dans les salles obscures, de surcroît climatisées - ce qui est appréciable par les températures actuelles - et vous passerez, c'est garanti, de bons moments ... en revoyant (ou en découvrant) les films de ce Pierrot mélancolique ...

 

>> En savoir plus sur Pierre Etaix et sur son œuvre.


 

>> L'Intégrale Pierre Etaix restaurée.
Cinq longs-métrages : Le Soupirant (1963), Yoyo (1965), Tant qu'on a la santé (1966), Le Grand Amour (1969) et Pays de cocagne (1971).
Trois courts-métrages : Rupture, Heureux anniversaire et En pleine forme (inédit).


 

 

 

Publié par barreteau à 10:45:21 dans Hommes et Métiers | Commentaires (2) |

La passerelle du Samouraï. | 29 mai 2010

Passerelle de la gare du Boulevard Masséna- Paris 13ème - Juin 1996.

Au bout de la passerelle, la gare du Boulevard Masséna, une ancienne gare de la ligne de la Petite Ceinture, a encore fière allure. A l'époque, le RER C la dessert encore et cette passerelle est quotidiennement empruntée. La gare sera fermée en décembre 2000 lors de l'ouverture de la toute proche station "Bibliothèque François Mitterrand". Mais le site n'a pas été définitivement condamné et les quais sont maintenus en l'état, … au cas où une réouverture se justifierait.

Le cinéma a largement exploité le lieu. En 1967, Jean-Pierre Melville, y tourne une scène de son film "Le Samouraï", dont Alain Delon tient le rôle principal de Jef Costello. La scène où Jef vient toucher son argent pour le meurtre qui lui a été commandé, se passe sur cette passerelle métallique, surplombant les voies ferrées.

Mais là aussi, la monstrueuse avenue de France est venue bouleverser ce paysage de marge urbaine qui n'en demandait pas tant.
La gare Masséna, qui a été abondamment squattée, est aujourd'hui en piteux état. La passerelle est maintenant inaccessible … et, dans cet environnement de friches, tout cela sent la fin d'un monde, comme un ultime combat, … un combat perdu d'avance par le Samouraï.



>> La gare Masséna, une friche urbaine.


>> Le Samouraï, un film réalisé par Jean-Pierre Melville, en 1967.


Publié par barreteau à 08:28:16 dans 75013 | Commentaires (3) |

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Pourquoi Parisperdu ... ?

ParisPerdu aurait pu s'appeler ParisVolé car s'il est désormais souvent impossible de porter "ce certain regard" sur l'Est de Paris , c'est que ce Paris a été dérobé par toutes les "avancées de la modernité".

Arpenter la ville à la recherche d'espaces promis à la démolition ou de personnes dont le destin va en être bouleversé : ce n'est pas pour regretter le passé. C'est pour montrer, nous montrer, nous rappeler, que la ville n'est pas une entité figée. La ville vit ... et comme tout être vivant, elle fait parfois des erreurs.


Ainsi va la ville, ainsi va la vie ...

"Ce qui nous incite à revenir en arrière est aussi humain et nécessaire que ce qui nous pousse à aller de l'avant."
Pier Paolo Pasolini


  
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