Parisperdu aurait pu s'appeler ParisVolé car si souvent "ce certain regard" sur l'Est de Paris s'est définitivement évanoui, c'est qu'il a été dérobé par les "avancées de la modernité".
Arpenter la ville à la recherche d'espaces promis à la démolition ou de personnes dont le destin va en être bouleversé : ce n'est pas pour regretter le passé. C'est pour montrer, nous montrer, nous rappeler, que la ville n'est pas une entité figée.
La ville vit ... et comme tout être vivant, elle fait parfois des erreurs.
Ainsi va la ville, ainsi va la vie ...
"Ce qui nous incite à revenir en arrière est aussi humain et nécessaire que ce qui nous pousse à aller de l'avant."
Pier Paolo Pasolini
Exprimez-vous:
@ Contact
Cette création est protégée
par Creative Commons. ![]()
Toutes les photos sont de l'auteur:
© Pierre Barreteau
sauf mention particulière.
Vignette d'accueil:
Photo André Kertész
© Claude Even
Autre blog:
pertiNantes
Depuis le 14-11-2005 :
1466849 visiteurs
Depuis le début du mois :
68179 visiteurs
Billets :
303 billets
Gérard Zlotykamien, les "éphémères".
Parmi les lieux prestigieux de Paris, il y a le superbe bâtiment conçu par Jean Nouvel pour la Fondation Cartier, et c'est là que vous pourrez découvrir jusqu'au 29 novembre 2009, l'exposition sur le Graffiti, judicieusement intitulée : "Né dans la rue".
Le "Street art" est à la mode ces temps-ci !!! Plusieurs expositions parisiennes en ont fait la preuve dernièrement ... Ce nouvel accrochage met en lumière l’extraordinaire vitalité d’un mouvement artistique qui a pris son essor dans les rues de New York au début des années 1970 et qui est rapidement devenu un phénomène mondial.
Naturellement, vous y verrez les œuvres des "stars" new-yorkaises que sont Keith Haring et Jean-Michel Basquiat, deux artistes incontournables, très "demandés" par les collectionneurs. Mais mon choix, ira vers un artiste français, un parisien à mon sens trop méconnu : Gérard Zlotykamien, un confère de Jérome Mesnager, de Mosko et de Némo.
Gérard Zlotykamien est né en 1940. Il commence son œuvre en 1963 mais se fait surtout remarquer au cours des années 1970 en dessinant à la bombe de peinture des silhouettes fantomatiques dans l'immense chantier dit du "trou des Halles" à Paris. Ses dessins, qu'il appelle "éphémères" évoquent les ombres humaines qui se sont imprimées sur les murs lors de l'explosion d'Hiroshima.
Vendeur au rayon bricolage du BHV le jour et graffitiste la nuit, très en marge du milieu de l'Art, Zlotykamien a peint ses "éphémères" dans de nombreuses villes du monde.
Si vous ne connaissez pas encore son œuvre, courrez vite à la Fondation Cartier …
>> Le site de la Fondation Cartier pour l'art contemporain.
>> Voir aussi sur Parisperdu : " art-urbain+street-art."
Publié par barreteau à 09:18:44 dans Hommes et Métiers | Commentaires (2) | Permaliens
"Un jeune tagueur s'attaquait aux murs défraîchis, il dessinait de modernes hiéroglyphes, propres à emplir d'une magnifique poésie le paysage démantelé du quai d'Ivry …"
Extrait de "Paris" de Jean Follain
Il ya encore peu, le tagueur urbain était considéré comme un nuisible, un parasite qui "bombait" à tout va les murs de la capitale.
Aujourd'hui, cet "art", (oui, ne parle-t-on pas d'art-urbain ou de "street-art" ?) est mieux considéré. Il atteint même des sommets dans la reconnaissance du public en étant actuellement exposé dans les prestigieuses galeries du Grand Palais.
Quelques 300 œuvres des plus grands graffeurs internationaux, y sont accrochées.
Tous sont mis sur un pied d'égalité formel : format unique et thème unique, celui de l’amour. Et c'est une réussite, car beaucoup de ces œuvres sont tout à fait remarquables, et il y a là plein de talents à découvrir.
Vu son succès, l’exposition est exceptionnellement prolongée jusqu’au 3 mai 2009.
Courrez-y vite, vous ne pouvez pas être déçus …
>> Découvrir l'expo.
Publié par barreteau à 09:25:13 dans Hommes et Métiers | Commentaires (1) | Permaliens
Dans ses billets intitulés "Démolition des murs ... démolition des vies", Parisperdu a montré comment la volonté de certains avait eu raison de quartiers entiers de Paris.
Dans d'autres cas, comme à Celles, un village au cœur d'un paysage remarquable associant la terre rougeâtre et les eaux bleues d'un lac ... le village a été ruiné et dévitalisé au terme d'une longue épopée ...
Dans les années 50, le village de Celles (Hérault) compte 80 habitants, pour la plupart viticulteurs. Ici, en 1959, la crise viticole amène les pouvoirs publics à envisager la reconversion du vignoble en verger, ce qui nécessite la création d'une réserve d'eau pour l'irrigation. Les études s'orientent vers l'édification d'un barrage sur le ruisseau du Salagou dont les crues sont souvent spectaculaires.
Pendant dix ans, jusqu'en 1968, se succèdent alors rachats et expropriations des propriétés concernées par la mise en eau de la vallée, prévue en deux temps : tout d'abord à la cote (altitude) 139 puis à la cote 150. Le village de Celles (altitude 143 mètres) est donc condamné à être englouti lors de la seconde étape de la réalisation de la retenue.
Mais, bien qu'indemnisés, les habitants restent pour la plupart attachés à leurs terres et à leur village.
Le département de l'Hérault devient donc, suite aux expropriations, propriétaire de la quasi-totalité du village, hors les bâtiments communaux (mairie, ancienne école, église, logement du curé et de l'institutrice) qui sont juridiquement non-expropriables.
La mise en eau du barrage a lieu en Octobre 1969. Les anciens propriétaires quittent alors le village devant la montée des eaux, mais le statut de commune perdure.
Dès 1970, on assiste au pillage des maisons par ceux qu'on dénommera "les bricoleurs du dimanche". Puis c'est une communauté hippie qui s'installe à Celles; elle y restera 3 ans.
En 1980, Joseph Envenido, surnommé "Bichette", occupe les locaux municipaux d'où - sans eau, ni électricité, ni téléphone - il assure le gardiennage du village. Les vols deviennent moins intensifs mais les maisons déjà dépouillées de leurs tuiles, fenêtres, carrelages ... se délabrent rapidement.
Entre 1985 et 1989, on assiste à la réhabilitation du secrétariat de mairie, de l'église puis à l'aménagement de deux appartements dans des bâtiments communaux. On procède également à leurs raccordements électrique et téléphonique.
En 1990, suite la décision du Conseil d'Etat en faveur du maintient du statut de commune, le conseil municipal de Celles, espérant faire "bouger" le département pour revitaliser le village, met en demeure le conseil général, propriétaire des ruines, de les sécuriser au titre de la sécurité publique. Le résultat escompté- la remise en état des maisons - débouche en fait sur une action de cristallisation du village avec le bétonnage des crêtes, des murs et la pose de grillages autour des maisons, rendant l'ensemble encore plus sinistre qu'auparavant ...
Aussi, lorsque vous parcourez le village vous pensez invariablement ... à Oradour-sur-Glane, ... à un village martyr, victime de la folie humaine !
En février 1996, c'est le coup de théâtre, le conseil Général de l'Hérault fixe la "cote maximale définitive" des eaux du lac à 139 mètres, libérant ainsi officiellement le village de Celles de la menace de submersion entretenue depuis 30 ans.
Depuis lors, la municipalité de Celles ne cesse de batailler pour briser les barrières et les rigidités administratives, pour résoudre les nombreuses difficultés techniques, juridiques et financières et pour finalement faire aboutir la réhabilitation du village.
Le dur parcours de cette petite commune en ruines se poursuit donc ... sans savoir encore si un jour le village, qui finalement fut "sauvé des eaux", pourra revivre normalement ?
>> Celles, un village au cœur d'un paysage remarquable.
>> Mesnager, un grand de l'art urbain : de Paris à Celles, le même combat.
Publié par barreteau à 14:24:58 dans Paris > Extrème Sud | Commentaires (3) | Permaliens
Pendant une grande partie des années 90, des secteurs entiers de Belleville ont ressemblé à une ville fantôme.
Les promoteurs qui, avec l'aide de la ville, ont préempté le quartier, on eu parfois du mal à faire jaillir de terre leurs immeubles flambants neufs. Alors, pendant des années, aux rez-de-chaussée, les portes sont restées murées. Des rideaux de fer, rouillés, étaient invariablement descendus sur toutes les devantures des cafés, des snacks, des épiceries, ... Plus grande activité dans le quartier ... même le coiffeur en est réduit à aller "peigner la girafe" !
Aux étages, des dizaines, des centaines de volets fermés en plein jour, et ... parfois, seul un pot de géranium, là-haut, au cinquième, dans l'encadrement d'une fenêtre ouverte, nous signale la présence d'un irréductible qui résiste encore et toujours à l'envahisseur.
Car les habitants, installés ici depuis dix, vingt, trente, quarante années, n'ont pas quitté la place en sifflotant, guillerets... Les personnes âgées ont subi une forme d'intimidation, elles ont reçu des courriers et des visites d'individus leur demandant de partir.
Avec d'autres, plus jeunes ... la seule injonction n'a pas suffi. Alors, on a eu recours à des méthodes moins avenantes : de faux squatteurs ont envahi les immeubles, détruit des canalisations, pourri la vie des locataires attitrés. Ailleurs, des départs d'incendies ont éclaté. Ailleurs encore, on a glissé des enveloppes ... Et, aussitôt l'appartement vidé, des "dévitaliseurs" entrent en action : on casse la toiture et les vitres, on démonte les canalisations, les toilettes et la salle d'eau ... tout cela pour éviter que quiconque ne puissent revenir s'y loger.
Les moins vulnérables se sont regroupés au sein de collectifs. Ils ne demandent qu'une chose : que les nouveaux appartements demeurent accessibles à tous. Ainsi, les locataires les plus combatifs, ou les mieux protégés (par des "lois 48", par exemple) seront recasés dans le parc social du quartier. Mais la plupart seront renvoyés en banlieue Nord ou Est, dans les barres d'HLM.
La violence du processus, sa soudaineté, son volontarisme rendent ici visibles, palpables, un embourgeoisement accéléré et son corollaire, l'éviction du peuple en périphérie.
Mais, bien souvent, la seule loi du marché suffit à transformer, "en douceur", et ...presque "naturellement", des quartiers entiers et leurs populations : une hausse constante du prix de l'immobilier contribue à "moderniser" la cité plus sûrement et plus discrètement que tous les "dévitaliseurs"....
>> Voir aussi : "Démolition des murs ... démolition des vies"
>> Voir aussi : "Odette, quatre fois vingt ans"
Publié par barreteau à 09:55:33 dans 75020 | Commentaires (3) | Permaliens
Pochoir et aphorisme de Miss-Tic : "C'est la vie, ça va passer ..."
Avec l'art-urbain, on est loin des concours de tags et autres graffitis qui salissent nos murs, vandalisent les devantures des commerces, les véhicules, les pilles de ponts ...
Ici, il s'agit d'une culture urbaine authentique... qui a désormais ses maîtres, ses disciples ... et aussi ses électrons libres.
Tous ces artistes urbains ont quelque chose en commun, ils veulent le beau, la surprise, le dérangement, la poésie accessibles à tous ...
Par leur travail sur les murs, ils incitent les citadins à la flânerie, à la promenade, à la découverte. L'observateur est donc quelque peu dérouté, le public l'est moins et souvent s'arrête spontanément quelques secondes pour admirer une œuvre sur un mur lépreux devenu à nouveau digne d'intérêt.
Alors, levez les yeux, scrutez les recoins, les palissades, les immeubles en attente de démolition : insolents, ironiques, amicaux, agressifs, les pochoirs et les graffs vous interpellent.
Les artistes de l'art-urbain sont ceux qui ornent les vilains murs de la ville pour nous la rende supportable ...
>> Voir aussi Street-Art ...
>> L'art-urbain dans Parisperdu
>> Miss-Tic : 20 ans d'aphorismes dans la rue !
* Les aphorismes : 2006
* Les aphorismes : 2005-2001
* Les aphorismes : 2000-1995
* Les aphorismes : 1994-1990
* Les aphorismes : 1989-1985
>> Miss-Tic, ailleurs dans Parisperdu.
Publié par barreteau à 09:19:37 dans Hommes et Métiers | Commentaires (2) | Permaliens
Parisperdu recommandé par:

blogs à part

![]()
Une sélection "Photo" de la





Vous avez dit ...