«L'homme occidental, l'homme suivant Socrate et suivant Descartes, dont l'Occident n'a jamais produit, d'ailleurs, que de bien rares exemplaires, est celui qui enveloppe l'humanité dans son idéal de réflexion intellectuelle et d'unité morale. Rien de plus souhaitable pour lui que la connaissance de l'Orient, avec la diversité presqu'infinie de ses époques et de ses civilisations. Le premier résultat de cette connaissance consistera sans doute à méditer les jugements de l'Orient sur l'anarchie et l'hypocrisie de notre civilisation, à prendre une conscience humiliante mais salutaire, de la distance qui dans notre vie publique comme dans notre conduite privée, sépare nos principes et nos actes. Et, en même temps, l'Occident comprendra mieux sa propre histoire: la Grèce a conçu la spéculation désintéressée et la raison politique en contraste avec la tradition orientale des mythes et des cérémonies. Mais le miracle grec a duré le temps d'un éclair. Lorsqu'Alexandre fut proclamé fils de Dieu par les orientaux, on peut dire que le Moyen Age était fait. Le scepticisme de Pyrrhon comme le mysticisme de Plotin ne s'explique pas sans un souffle venu de l'Inde. Les "valeurs méditérranéennes", celles qui ont dominé tour à tour à Jérusalem, à Byzance, à Rome et à Cordoue, sont d'origine et de caractère asiatique...... quant à l'avenir de l'Occident, il n'est pas ici en cause : une influence préméditée n'a jamais eu de résultats durables, et prédire est probablement le contraire de comprendre. Toute réflexion inquiète de l'Européen sur l'Europe trahit un mauvais état de santé intellectuelle, l'empêche de faire sa tâche, de travailler à bien penser, suivant la raison occidentale, qui est la raison tout court, de faire surgir, ainsi que l'ont voulu Platon et Spinoza, de la science vraie la pureté du sentiment religieux en chassant les imaginations matérialistes qui sont ce que l'Occident a toujours reçu de l'Orient» Léon BRUNSCHVICG
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poursuivons avec l'image employée dans l'article précédent : nous sommes tous des naufragés, tombés de je ne sais quel bateau , à la mer; ce bateau a sombré, tel le Titanic , mais notre sort est encore plus désespéré que celui des pauvres gens du 14 Avril 1912 car nous n'avons même pas de canots de sauvetage; nous nous débattons tous dans la mer en furie, n'ayant pour seul "espoir" qu'une mort rapide qui mettra fin à nos souffrances; mais cette mort nous terrifie, alors qu'elle devrait au contraire, si nous étions des êtres rationnels, nous sembler une issue souhaitable...
Telle est notre situation !
mais au fait, quel était ce navire, duquel nous sommes tombés à la mer, et qui a disparu sous les flots ? je n'en sais rien !
peut être le bateau, qui fait eau de toutes parts et représente dans la petite fable d'Otto Neurath, fondateur du Cercle de Vienne, le navire de la civilisation scientifique moderne(puisque, je le rappelle, le Cercle de vienne entendait favoriser et produire l'émergence d'une conception scientifique du monde); l'eau qui s'infiltre dans ce nouveau Titanic , ce sont les erreurs, approximations et défauts des différentes théories scientifiques (comme la Relativité, la théorie quantique des champs, etc..) qui en apparence marchent bien mais sont en fait menacées à un nombre grandissant de faits qui ne peuvent être expliqués dans le cadre de la théorie.
Une théorie est scientifique si elle est réfutable : cette caractérisation de Popper est connue, mais ce que l'on sait moins, c'est que l'on ne va pas changer de théorie à tout bout de champ parce qu'il y a quelques faits qui ne sont pas en accord avec les prédictions de la théorie.
En fait, il semble que la science procède par bonds, par révolutions brusques (les "paradigm shifts" de Thomas Kuhn) : des exemples de ces sauts sont la révolution copernicienne-galiléenne-newtonienne , et la révolution de la relativité d'Einstein, et de la mécanique quantique de Planck, au 20 ème siècle.
Otto Neurath dit, dans son petit apologue, qu'il serait illusoire d'espérer rentrer en cale sèche pour réparer le navire : car il n'y a pas de port pour la civilisation ! il faut réparer, colmater les brèches, en haute mer, dans la tempête!
il ne serait donc pas étonnant que ce navire connaisse le sort du Titanic ! et c'est en fait ce qui a eu lieu, dans notre petit "rêve" : nous sommes donc des noyés en sursis, ne pouvant compter sur aucun secours "humain", puisque l'humanité, c'était le Navire !
et voilà qu'apparait un hélicoptère, envoyé du ciel, comme il est bien normal pour un engin volant, et l'on nous jette une échelle de corde pour que nous puissions la saisir et nous sauver ainsi de l'engloutissement inéluctable.
Complexifions un peu notre "conte" : il y a plusieurs compagnies d'hélicoptères, car un seul ne va pas suffire : dans ce naufrage de la civilisation, qui, soyons lucides, est en train de se produire, nous sommes quelques milliards à nous noyer ainsi !
les compagnies concurrentes correspondent aux religions; seulement le problème, c'est que plusieurs portent le même nom, il y en a plusieurs qui s'appellent "christianisme", "plusieurs qui s'appellent "philosophie", plusieurs qui s'appellent "Islam", ou "bouddhisme", ou "hindouisme" etc...
Un axiome de ce blog est celui ci : il n'y a qu'une seule voie vers la vérité et vers Dieu, c'est ce que nous appelons ici "christianisme de philosophes" qui est en fait l'union indissoluble de la philosophie et du christianisme.
On nous taxera certainement de fanatisme, d'occidentalo-centrisme, tant pis ! de toutes façons nous sommes tous en train de nous noyer, alors ne perdons pas de temps avec les injures !
notre sort de naufragés est vraiment terrible : non seulement nous devons surnager dans l'eau glacée, épouvantés par la mort prochaine qui nous guette, mais en plus nous devons nous concentrer, faire preuve de discrimination et d'intelligence dans nos jugements, refuser les échelles jetées par les mauvaises compagnies, et attendre d'avoir à portée de main une échelle lancée par un des hélicoptères de la seule bonne compagnie : celle du christianisme véritable, l'échelle s'appelant "philosophie".
il est vrai que nous sommes aidés par l'observation de nos compagnons d'infortune : nous en avons vus beaucoup , qui se saisissaient des échelles lancées par un hélicoptère de la compagnie "Islam", ces échelles étaient attirantes, semblant faciles d'accès, avec des barreaux larges et rapprochés ; et nous avons vu quel sort affreux était le leur, arrivés à mi-échelle les barreaux se rompaient, et ils basculaient dans la mort ignominieuse des terroristes, ou des désespérés.
Nous voyions bien qu'ils ne rompaient pas avec l'esprit de fornication, ce qui les conduisait à retomber à la mer déchaînée des pulsions : même s'ils continuiaent à s'appeler "musulmans", et à s'estimer seuls croyants véritables du seul vrai Dieu, ce n'en étaient pas moins des athées, cédant à leurs pulsions animales, et si par exemple il arrivait que leur femme les trompait (ce qui est fort facile à comprendre, compte tenu de leur attitude envers elles), ils les battaient, voire même les tuaient, et finissaient en prison...
Imaginons que nous avons la chance de pouvoir saisir une échelle lancée par un "bon hélicoptère du christianisme véritable" : cette chance il ne faut pas la laisser passer!
nous nous hissons donc sur le premier barreau de l'échelle, qui je le rappelle est la constatation que le fait de l'existence de quelque chose comme la science moderne "prouve" Dieu.
Expliquons le sens de l'image : cette constatation suffit à nous faire pressentir, puis comprendre, qu'il y a "autre chose" que la mer déchaînée des instincts et des pulsions "naturelles", un "monde de l'esprit", qui ne se limite pas bien sûr à la science, mais dont l'entrée nous est permise par la clé qui est celle que je viens de décrire : puisqu' il y a quelque chose tel que la science moderne , celle qui est née au 17 ème siècle, alors il y a autre chose qui est "supérieur" à ce monde de la lutte des égoîsmes et des pulsions animales, ce monde de la naissance et de la mort.
appelons ce "quelque chose autre" : monde spirituel .
Grimper les barreaux de l'échelle cela s'appelle : nous élever dans le monde spirituel, par nos propres forces pour l'instant : certes nous devons rendre grâce à ceux qui nous ont jeté l'échelle, mais maitenant c'est à nous seuls de faire l'effort de grimper jusqu'à l'hélicoptère qui s'appelle "christianisme".
(à partir de maintenant, quand je dis "christianisme", je veux dire "christianisme de philosophes").
Une fois arrivés jusqu'à l'hélicoptère "christianisme", si jamais nous y arrivons, ce qui est douteux, car nous sommes si faibles que nous risquons à tout instant de lâcher l'échelle, nous continuerons notre ascension, mais bien plus vite et plus haut, grâce à la puissance de l'hélicoptère !
J'insiste encore une fois : ce n'est pas la science, ou une théorie scientifique qui "prouve" l'existence de Dieu ou de ce "monde spirituel", si je disais cela je ne serais rien d'autre qu'un de ces innombrables neuneus-gourous qui s'improvisent chefs de sectes, dans un but que nous connaissons tous, et qui est tout à fait mondain : l'argent, et le pouvoir sur les autres...non, la "preuve", c'est le fait que l'humanité ait pu créer quelque chose comme la science moderne, qu'aucune espèce animale "naturelle", soumise à ses instincts naturels, n'aurait pu créer.
C'est donc que l'humanité n'appartient pas seulement à ce monde "naturel" de la naissance et de la mort, qu'elle appartient aussi à un "autre monde", le monde spirituel :
l'homme a une double citoyenneté !
appelons pour l'instant "Dieu" cet "autre monde", supérieur à celui des pulsions naturelles égoïstes, dans la même mesure où la physique moderne explique mieux ce qui arrive que les chamanes asiatiques et les sorciers africains, ou bien que l'ancienne physique aristotélicienne qui avait cours avant la révolution copernicienne.
Nous avons donc posé le pied sur le premier barreau, ça tient, c'est du solide, vous pouvez y aller : tous les vrais philosophes et les vrais savants, depuis Descartes jusqu'à Einstein, vous garantissent la solidité à toute épreuve de ce barreau.
Seulement, une fois en cette position, allons nous en rester là ?
c'est une tentation !
bien sûr , ce n'est pas une situation très confortable, nous sommes encore en pleine tempête, mais nous sommes soutenus par le vol de l'hélicoptère, il nous semble que comme nous ne nous fatiguons plus, nous pouvons rester ainsi ad vitam aeternam, au moins nous ne sommes plus dans l'eau, en danger de nous noyer à tout instant !
rappelez vous que nous sommes des êtres qui venons de sortir, encore trempés, de la mer de l'athéisme, grâce à la miséricorde divine qui nous a lancé l'échelle : mais nous sommes encore si faibles, si épuisés par la longue lutte que nous avons dû soutenir dans "l'eau glacée du calcul égoïste", qui n'est autre que la mer de l'athéisme !
Dieu est miséricordieux, il connaît notre faiblesse : il nous pardonnera certainement de nous reposer un peu !
seulement non seulement nous sommes faibles, mais nous sommes encore des êtres foncièrement immoraux ! sortir de la mer de l'athéisme, cela consiste entre autres à prendre conscience des horribles précipices où nous mènent nos pulsions animales : gloutonnerie, fornication, alcoolisme, toxicomanie, égoïsme, orgueil, colère, etc...
mais on ne s'en débarrasse pas comme ça !
ce n'est pas parce que l'ivrogne sait les terribles effets de l'alcool sur son corps et son esprit qu'il va arrêter de boire du jour au lendemain !
Oui, nous sommes encore foncièrement immoraux et méchants, et la preuve en est que nous ne restons pas sur ce premier barreau uniquement pour nous reposer un peu : nous y restons parce que nous voyons nos camarades restés dans l'eau se noyer devant nous, et que ce terrible spectacle, bien sûr nous attriste, mais en même temps nous remplit d'une joie "inconsciente" : au moins , nous, nous avons évité cette mort affreuse !
mais le spectacle des autres, qu continuent à se débattre dans l'eau en appelant à l'aide, nous remplit aussi d'une joie ignoble qui est, elle, tout à fait consciente : nous nous sentons "supérieurs à eux", nous qui avons juste la chance d'avoir posé le pied sur le premier barreau !
nous oublions ainsi que c'est à Dieu que nous sommes redevables, et que Dieu aime nos compagnons qui sont restés dans l'eau autant que nous, plus que nous même : car leur sort est plus affreux que le nôtre.
Et s'ils sont dans l'eau, et nous sur l'échelle, ce n'est pas que Dieu en ait voulu ainsi : il est expliqué dans Malebranche que Dieu a établi des Lois générales de la création, et décidé une fois pour toutes que tout phénomène devait se soumettre à ces lois !
bien sûr, nous faisons un effort personnel, et de cela nous pouvons et devons être fiers : mais c'est pour la gloire de Dieu seul, car à Lui reviennent toutes les louanges.
Que devons nous faire ? nous reposer un peu certes, mais pendant ce temps ne surtout pas mépriser nos camarades restés dans l'eau; au contraire faire tout ce que nous pouvons pour les aider, leur dire qu'il y a une autre échelle là bas, menant au même hélicoptère qui appartient à la bonne compagnie, que s'ils se dirigent vers elle ils pourront la saisir , etc...
et pour ceux qui se noient sous nos yeux, être là, leur tenir la main, les aider par notre amour à supporter ce dernier instant...
Le mot qui nomme le second degré de l'échelle a été dit : c'est l'amour, l'amour universel pour toute l'humanité, sans rien attendre en retour (et surtout pas l'amour sexuel, qui est une passion athée, propre à ceux qui se débattent encore dans la mer)...
par l'attitude qui vient d'être décrite, nous commençons donc déjà l'ascension qui va nous faire accéder au second barreau... et rappelons nous aussi que cette échelle n'est pas destinée à nous seul : d'autres doivent y grimper à notre suite, nous devons donc faire aussi vite que possible, passer le plus vite possible du premier au second degré, pour que d'autres puissent se saisir à leur tour de l'échelle et monter au premier barreau, prenant notre place que nous veons de libérer...
cette image me plait : c'est notre devoir moral de grimper aussi vite que nous pouvons, mais en faisant bien attention aussi de ne pas aller trop vite, car dans ce cas nous retomberions dans la mer !
courage moral accompagné d'intelligence et de discrimination juste dans les jugements !
seulement ici se présente un troisième danger, terrible : il y avait la paresse, et la médiocrité, qui nous encourageaient à ne plus bouger, à rester sur ce premier barreau sans plus faire aucun effort, nous reposant entièrement sur la miséricorde divine.
il y avait l'orgueil et la méchanceté, qui nous encourageaient à y rester pour pouvoir observer le sort affreux de nos camarades restés en pleine mer, et nous juger ainsi "supérieurs à eux"...
mais maintenant se présente le doute sur nos capacités : allons nous être capables de nous élever à ce second barreau ?
car nous savons bien, au fond de nous, combien nous sommes pitoyables , faibles, minables, et nus !
le premier degré concernait la science, l'intelligence, les théories scientifiques, et philosophiques : cela, nous savons faire, toute notre éducation a façonné notre intellect, et lui seul !
Mais l'amour ? grand Dieu, comment allons nous faire ? nous savons très bien, au fond de nous mêmes, que nous sommes des êtres secs et froids, aux coeurs endurcis, incapables d'aimer qui que ce soit au fond, même pas nous mêmes, alors les autres encore moins, et Dieu n'en parlons même pas...
notre séjour prolongé dans "les eaux glacées du calcul égoïste" nous a rendus des coeurs de pierre, incapables de nous libérer de notre carapace d'égoïsme et de crainte, et de nous ouvrir sincèrement à l'autre...
nous nous sentons donc incapables de grimper jusqu'à ce second barreau de l'amour : et d'autant plus que cela impose de rompre définitvement avec les simulacres de l'amour, avec ses singeries, avec le sexe et la fornication donc...
inutile de cacher cela sous le beau mot d'amour romantique, en vue du mariage et de la fondation d'une famille, nous savons bien que ces choses là ne sont pas pour nous, naufragés de l'ère moderne : ce que nous cherchons, c'est notre ignoble satisfaction sexuelle, ainsi que l'orgueil d'avoir ajouté une nouvelle "proie" à notre tableau de chasse.
Et nous nous soucions comme d'une guigne de la pauvre femme qui nous aimait sincèrement et que nous aurons ainsi ignoblement trompée !
retomber dans ces errements sexuels c'est lâcher l'échelle et retomber à la mer !
sommes nous assez forts pour rompre délibérément avec ce faux amour, pour trouver le véritable amour, totalement désintéressé, et accéder ainsi au second barreau de l'échelle ?
sommes nous assez forts pour accomplir la tâche que Brunschvicg, dans les années 30, fixait à l'humanité intellectuelle : par l' expansion infinie de l'intelligence accéder à l'absolu désintéressement de l'amour ?
il nous semble que non !
notre seule issue, c'est alors de remercier Dieu pour l'aide qu'Il nous a apportée, et de Le prier humblement de nous aider à grimper, et à ouvrir notre coeur à l'Amour universel...
Lui seul peut ici nous aider, car nous, une fois sortis de nos bouquins et de nos théories, nous sommes complètement impuissants et incapables !
Publié par topos à 17:18:14 dans Philosophie | Commentaires (0) | Permaliens
Chaque fois que l'on s'oppose à eux, les propagandistes de l'Islam adorent vous lancer à la figure le verset 23 de la Sourate 2 "La Vache" :
23. Si vous avez un doute sur ce que Nous avons révélé à Notre Serviteur, tâchez donc de produire une sourate semblable et appelez vos témoins, (les idoles) que vous adorez en dehors d'Allah, si vous êtes véridiques.
comme une sorte de défi, assurés qu'ils sont que vous ne pourrez le relever...
et pour une fois ils ont raison, car comme les critères, sur lesquels une éventuelle "nouvelle sourate" serait jugée semblable ou non aux anciennes, ne sont pas explicités, quelqu'un qui se donnerait la peine de tenter sa chance , outre le fait de légitimer des doutes sur sa santé mentale, risquerait (et même serait assuré) de le faire en pure perte...
et d'ailleurs on pourrait les prier en retour de produire s'ils le peuvent une page semblable à celles de Balzac , Proust ou Hegel : cela me semble difficile, voire impossible, et pourtant je ne sache pas qu'aucun de ces trois grands hommes soient Dieu !
J'aimerais ici à mon tour lancer une sorte de défi, mais celui là de nature tout à fait rationnelle, mais auparavant revenons un peu à Farid Gabteni et à son bouquin : "Science pour l'heure : le Soleil se lève à l'Occident", que l'on peut consulter je le rappelle sur le site "Centre international de recherche scientifique", qui est tout ce qu'on veut sauf scientifique et où Gabteni réussit "l'exploit" d'orientaliser l'Occident,c'est à dire de l'anéantir (en paroles) :
http://www.cirs-tm.org/indexfrench.htm (cliquer sur "livres")
Il nous a déjà bien fait rire celui là, et il continuera, car comme disait Gabin dans je ne sais plus quel film, avec son intonation inimitable (encore plus inimitable que les sourates) :
"là on en tient un, et un beau !"
J'aimerais d'ailleurs lui dédicacer (à Farid Gabteni, pas à Gabin ) ces trois savoureux morceaux tirés des dialogues de Michel Audiard, qui lui vont comme un gant je trouve, à lui ainsi qu'à ses copains Rashad Khalifa et consorts :
"les cons ça ose tout, c'est même à ça qu'on les reconnait !" (Lino Ventura dans "Les tontons flingueurs")
"si la connerie pouvait se mesurer, il serait mètre-étalon ! il serait à Sèvres !" (Gabin dans "Le cave se rebiffe")
"si la connerie n'est pas remboursée par la Sécurité sociale, vous finirez sur la paille" (Belmondo dans "Un singe en hiver")
Des exemples ? facile, ils fourmillent !
Extrait du chapitre page 190 "les chiffres ont parlé" (oui, mais hélas, quand on lit ce qu'ils ont dit ...) :
«Le nombre 19 est cité une seule fois dans le Qoran, au verset 30 de la sourate 74, « L'Enveloppé » (المدّثـّر) : « Sur elle dix-neuf 30 ». “Elle” réfère à "çaqar" (سقـر), un des noms de l’enfer cité juste avant dans la sourate, au verset 27.
Et le début du verset 31 précise : « Et Nous ne Fîmes les Détenteurs du Feu que des Anges (…) 31 », d’où la déduction que le Feu est détenu par 19 Anges.
La 19ème sourate de la vulgate est la 44ème dans l’ordre de la révélation. Et la 44ème sourate de la vulgate a pour titre « La Fumée » (الدخان).
Pour résumer :

« La Fumée » et la descente de Jésus fils de « Meryem » font partie des signes de la fin des temps. »
qu'est ce que je vous disais ? étonnant non ? Sèvres n'est pas loin n'est ce pas ?
tout ça pour ça : pour arriver à "Il n'y a pas de fumée sans feu" !
comme rideau de fumée, on peut difficilement faire mieux !
et pourtant si, on le peut...ou plutôt lui il le peut (je ne sais pas s'il accomplit ces exploits à jeun, ou s'il prend des produits ) !
quelques pages plus loin du même chapitre, à propos des cinq premiers versets de la sourate 96 "l'adhérence", que nous avons déjà commentée ici; il y trouve 6 mots qui sont répétés en paire :
«Une observation attentive de la composition de ces cinq premiers versets révélés montre que six mots y sont répétés en paires :
1- "Lis" (اقرأ) ;
2- "Ton Maître" (ربّك) ;
3- "Qui" (الذي) ;
4- "A créé" (خلق) ;
5- "l’homme" (الإنسن) ;
6- "A Enseigné" (علّم).

et il se lâche ensuite complètement :
"Ces six mots qui se répètent comptent 23 lettres en arabe, soit au total dans ces cinq versets, 2 fois 23 lettres. Ceci évoque les 23 paires (soit 2 x 23) de chromosomes humains, et ce d’autant plus que le 2ème de ces cinq versets énonce que l’homme a été créé d’un lien : « A Créé l’homme d’un lien (خلق الإنسن من علق) ». L’homme est bien le fruit d’un lien entre les 23 chromosomes hérités du père et les 23 chromosomes hérités de la mère. "
oui, vous avez bien lu !
"ceci évoque les 23 paires de chromosomes humains" !
alors que ces textes ont été composés à une époque où l'on ne disposait évidemment pas des appareils expérimentaux ni des connaissances nécessaires pour mettre en évidence l'existence des chromosomes !
champion du monde, non ?
Mais c'est ici que j'aimerais lancer mon défi à l'Islam et aux musulmans, qui adorent "retrouver" dans le Coran des résultats obtenus par la science moderne.
Physique, astronomie, biologie moléculaire, rien ne résiste à leurs ardeurs scientifiques.... rappelez vous Lino Ventura : "c'est même à ça qu'on les reconnait"..
seulement il y a quand même quelque chose qui me chiffonne !
C'est qu'ils ne "retrouvent" dans le Coran des découvertes scientifiques qu'après que celles ci aient été effectuées !
ce qui m'ennuie un peu, c'est que cela donne quand même une fâcheuse impression, et que quelqu'un de mal intentionné (pas moi bien sûr) pourrait s'en servir pour décrire les musulmans comme des gros bouffons jaloux et complexés qui sont obligés de courir derrière les scientifiques occidentaux et d'attendre que ceux ci aient "trouvé" pour annoncé que leur "trouvaille" était déjà là dans le Coran, pour qui sait le lire (et "qui sait le lire", c'est eux, bien sûr !).
Mais attendez les gars : vous êtes bien en ligne directe avec Dieu, n'est ce pas ? toute Vérité est dans le Coran qui est le Livre parfait dicté par
Dieu directement à son Prophète à l'intention de toute l'humanité, n'est ce pas ?
comme le dit la sourate 11 verset 1:
"1. Alif, Lam, Ra. C'est un Livre dont les versets sont parfaits en style et en sens, émanant d'un Sage, Parfaitement Connaisseur ."
vous devez donc pouvoir déceler dans le Coran des découvertes scientifiques futures, avant qu'elles aient été faites ! c'est à dire, en somme, les provoquer !
Par exemple, la physique théorique est actuellement dans une impasse, face à un problème qu'elle n'arrive pas à résoudre : unifier la relativité et la physique quantique dans une théorie unique.
Toutes les sommités de la physique sèchent devant ce problème.
Mais à vous, cela doit être facile, non ? puisque la "vérité" concernant ce problème doit déjà se trouver dans le coran, sinon celui ci ne serait pas parfait n'est ce pas ?
Donc, allez...un bon geste ! à votre bon coeur msieurs dames ! par pure charité musulmane ! dites nous vite la réponse ! et puis si vous pouviez trouver un vaccin ou un traitement du cancer ou du SIDA...
Publié par topos à 11:05:03 dans Coran | Commentaires (0) | Permaliens

Nous en sommes arrivés, dans les articles récents, à ce "pressentiment" :
notre "but", qui est aussi le seul "but" que puisse se fixer une société vraiment humaine (totalement différente donc des sociétés inférieures qui sont devenues les nôtres) est l'accès au "monde platonicien des idées" ; suite à nos lectures de Brunschvicg, nous avons remplacé dans le mot "idées" le "I" majuscule, par un "i" minuscule, ce qui signifie que la "sortie de la caverne", ou encore l'accès au "monde spirituel", est une possibilité rigoureusement immanente et individuelle, qui est d'ordre intellectuel et non pas "mystique" ou "ésotérique" ou "occulte".
La barbe du vieux Platon est définitivement rasée par notre rasoir d'Ockham, et les gourous ou "Maîtres spirituels" et autres escrocs ne sont pas acceptés ici, même avec un sari jaune....
Nous avons aussi reconnu qu'une méthode sûre nous garantissant , à condition de travailler d'arrache pied et dans ce SEUL but (donc plus question de penser aux plaisirs, ni aux ambitions, légitimes par ailleurs, des honnêtes travailleurs de la Science), cet "accès" (et donc nous promettant, selon le mot de l'Evangile, de "ne pas goûter de la mort", ou, selon la formulation de Brunschvicg, de parvenir à "renoncer à la mort", ce que j'ai retranscrit ici même selon ma propre formulation, qui je le reconnais est un peu ridicule : "aimer D-ieu plus que l'être-pour-la-mort"... et l'on peut voir aussi ici que je vends la peau de l'ours avant de l'avoir tué, car je suis loin d'en être arrivé à réaliser cet idéal philosophique), qu'une méthode sûre , et expérimentée déjà par Spinoza, Descartes, Malebranche, Wronski, et bien sûr Brunschvicg lui même, est de commencer par les "idées mathématiques", qui se laissent plus aisément manipuler que d'autres ! c'est même là leur définition et leur "nature spécifique", me semble t'il....
Et l'une des façons les plus aisées de trouver ces idées mathématiques est bien sûr de lire le livre de Penrose dont nous sommes partis : "A la découverte des lois de l'Univers"...
Comme nous le savons déjà, il y a deux façons de "commencer", c'est à dire de nous reporter à l'aube grecque : arithmétique et géométrie, ou encore : compter des objets discontinus, ou mesurer des surfaces continues...
je choisis ici le chapitre 3 : "Le nombres du monde physique", qui mêle les deux aspects : continu (réels) et discret (naturels):
«Dans l'élaboration des idées mathématiques, une motivation importante a toujours été de trouver des structures formelles capables de rendre compte avec précision du comportement du monde physique. Mais il est en général impossible d'étudier le monde physique avec une précision suffisante pour en déduire directement des notions mathématiques claires et nettes. En revanche des progrès sont accomplis parce que les notions mathématiques tendent à avoir une "impulsion" qui leur est propre, et qui surgit presque entièrement du seul domaine des idées mathématiques. Les idées mathématiques s'étoffent, et toutes sortes de problèmes se présentent naturellement...pouvant conduire à des généralisations fondamentales des concepts en fonction desquels le problème avait été formulés, généralisations qui peuvent parfois éclore pour des raisons de commodité, de cohérence ou d'élégance mathématique...
ainsi le développement des mathématiques pourrait il sembler s'écarter de ce pourquoi elles avaient été conçues, c'est à dire uniquement pour traduire les comportements physiques. Et pourtant dans bien des cas, cette recherche de cohérence et d'élégance mathématique nous conduit à des structures et des concepts mathématiques qui décrivent le monde physique de manière beaucoup plus profonde et générale que ceux dont nous étions partis»
Penrose trouve un exemple de ce phénomène dans le système des nombres réels appliqué à la physique.
En fait le corps Q des nombres rationnels (fractions de nombres entiers, de la forme p/q, avec p,q entiers) suffirait à rendre compte des mesures réellement effectuées dans des expériences.
Mais la physique n'aurait aucunement pu se développer sans la découverte (ou bien la création) du corps R, comprenant les rationnels et les irrationnels (qui comprennent les raciens d'équations algébriques mais aussi les nombres dits transcendants, comme π = 3.1416.., e de la fonction exponentielle, etc...).
Or on sait que la découverte de ces nombres remonte au "scandale" que fut pour les grecs la découverte de l'irrationalité de la diagonale du carré, soit de √2.
Paul Dirac, dont l'oeuvre est d'une importance exceptionnelle pour l'étude entreprise ici, nous livre des pensées très proches de celles de Penrose dans un article de 1931 où il élabore les premiers fondements de sa théorie des monopoles magnétiques, voir les liens suivants pour l'article:
http://tem.fisica.edu.uy/P.A.M.Dirac-P.R.S.L.A133-60(1931).pdf
et ceux ci, pour la notion de monopole magnétique:
http://en.wikipedia.org/wiki/Magnetic_monopole
http://arxiv.org/ftp/physics/papers/0608/0608051.pdf
Mais la pensée de Dirac est reprise dans cet article de Varadarajan : "Has God made the quantum world p-adic ?":
http://www.math.ucla.edu/~vsv/p-adic%20worldtr.pdf
où sous le nom de "Dirac mode" (page 2 sur 16) Varadarajan analyse le début de l'article de 1931.

page 4 , traduction sommaire:
"le mode Dirac consiste à inventer un nouveau concept ou cadre conceptuel mathématique, et ensuite à essayer de trouver sa présence et son utilité ("relevance") dans le monde réel"
paraphrasant Dirac :
"une idée mathématiquement belle doit avoir été adoptée par DIEU" (ce qui signifie : doit être présente en physique).
Ici, les idées "belles" ou , en anglais, "relevant" pour les mathématiques, ce sont les "idées mathématiques" dont nous parlions dans les articles sur le spiritualisme de Brunschvicg et le monde platonicien de Penrose.
Varadarajan cite comme exemples les monopoles magnétiques, les théories de jauges non abéliennes, ou la supersymmétrie; mais on peut aussi rappeler que l'antimatière n'a été "trouvée" en laboratoire que plusieurs années que son existence ait été prouvée par l'équation de Dirac. L'article de 1931 donne l'unique preuve de la quantisation de la charge électrique.
Au début de ce même article de 1931 Dirac "prédit" (et l'aveniur lui a donné raison bien sûr) que le développement de la physique théorique nécessitera un approfondissement continuel des mathématiques et un "élargissement" de leurs bases axiomatiques.
On pense là, entre autres, aux récentes avancées théoriques en physique quantique grâce à la théorie des topoi.
Varadarajan passe ensuite (pages 5 et suivantes) à d'autres types de nombres que les réels : les nombres p-adiques (dont Penrose ne parle pas beaucoup dans son livre, c'est là peut être l'une de ses seules faiblesses, mais il est vrai qu'il ne pouvait pas aborder la totalité des mathématiques).
L'intervention des nombres p-adiques est aussi, et le mieux, expliquée ici (page 2) :
http://arxiv.org/PS_cache/hep-th/pdf/0312/0312046v1.pdf
http://arxiv.org/PS_cache/hep-th/pdf/0602/0602044v1.pdf (page 1 et 2)
et surtout ici :
http://arxiv.org/PS_cache/arxiv/pdf/0904/0904.4205v1.pdf (page 1 et 2)
Seuls les rationnels (fractions d'entiers) sont requis pour modéliser (décrire) des mesures physiques.
Mais les nombres réels interviennent ensuite pour l'analyse mathématique, en tant que le corps R est la complétion de Q pour la norme correspondant à une valuation spéciale, notée []∞
qui n'est autre que la valeur absolue usuelle.
Les corps p-adiques Qp sont les complétions de Q pour la norme correspondant à la valuation p-adique. Voir explications sur les liens suivants, si vous ne connaissez pas déjà ces choses :
http://fr.wikipedia.org/wiki/Nombre_p-adique
http://fr.wikipedia.org/wiki/Valuation
Le célèbre théorème d'Ostrowski montre qu'il n'existe (à une équivalence près) que les normes suivantes sur Q : la norme usuelle, correspondant à la valeur absolue usuelle, qui donne par complétion le corps R, et les normes p-adiques, qui donnent par complétion les différents corps p-adiques Qp.
La norme usuelle (réelle) et la métrique associée sont archimédiennes, par contre les normes et métriques p-adiques sont non-archimédiennes.
Ce qui signifie :
supposons que vous ayiez une certaine distance L à parcourir, disons 100 mètres : vous pouvez (et c'est ce que vous faites dans la vie quotidienne, par exemple en marchant dans la rue) la parcourir en additionnant de petites distances, ainsi à supposer qu'à chaque pas vous parcourez 50 cm, il vous faudra 200 pas pour parcourir les 100 mètres. C'est ce que l'on appelle la propriété archimédienne du monde de la géométrie classique, où les distances sont exprimées en nombres réels (en nombres appartenant au corps R obtenu par complétion du corps Q des nombres rationnels muni de la valeur absolue classique comme norme).
Eh bien ce n'est plus vrai pour les "distances" (les métriques) dans les "mondes" p-adiques !
Il est facile de voir pourquoi : c'est à cause de l'inégalité de base qui définit les normes non-archimédiennes : [x + y] ≤ Max([x], [y])
si vous faites x = y vous obtenez : [2x] ≤ [x]
Il n'est plus vrai que les "pas" s'additionnent pour augmenter la distance parcourue : au contraire la "somme" des distances va en diminuant.
Ceci donne lieu à d'autres propriétés topologiques "étranges" dans les mondes non-archimédiens que sont les "mondes" p-adiques : ainsi si vous prenez une boule (c'est à dire l'ensemble des points qui sont à une distance ≤ R, le rayon, d'un point fixé A qui est le centre) , tout point de la boule en est le centre.
Si vous prenez deux boules différentes, soit l'une est contenue dans l'autre, soit elles n'ont aucun pont commun !
Varadarajan, dans son article "Has God made the quantum world p-adic ?" :
http://www.math.ucla.edu/~vsv/p-adic%20worldtr.pdf
cite Volovich :
"l'espace temps est p-adique à l'échelle de la longueur de Planck"
On définit aussi de nouvelles entités appelées adèles, qui sont des vecteurs ayant un nombre infini de composantes, la première appartenant à R, et les autres aux différents corps Qp :
A = (a∞ , a2 , a3 , ..., ap , ......)
ce qui permet de formaliser un principe local/global (global au niveau de l'adèle, local au niveau de chaque "monde" p-adique, pour une valeur particulière du nombre premier p).
Ainsi une notion purement arithmétique, celle de nombres premiers (2,3,5,7,11,13 etc...) , c'est à dire les nombres entiers qui ne sont divisibles que par 1 et par eux mêmes, s'avère jouer un rôle fondamental au niveau de la physique. Et ce n'est pas la seule fois où nous le constaterons.
Varadarajan cite Manin :
"Le monde est en réalité (dans sa globalité) adélique. Mais nous ne pouvons "voir", à cause de la façon dont nous sommes constitués physiquement, que son côté réel"
(il veut dire : celui correspondant à la première composante "réelle" a∞ de l'adèle; les résultats de nos mesures doivent être des nombres réels, appartenant au corps R).
Par contre, nous pouvons raisonner avec d'autres corps ou algèbres de nombres (nombres complexes, nombres p-adiques, quaternions,octonions) pour élaborer des théories mathématiques de la physique.
Voir aussi :
Publié par topos à 10:40:38 dans Théorie des nombres | Commentaires (0) | Permaliens
A mon avis, deux grands "représentants" de l'humanité moderne (c'est à dire nous tous) dans la littérature sont : Faust (mis en scène par bien des auteurs, dont Marlowe, et surtout Goethe) et Hans Castorp , le "héros" du grand roman initiatique de Thomas Mann : la Montagne magique (Zauberberg) écrit en 1924.
On pourra me dire : oui mais ce sont des personnages d'oeuvres de fiction, qui n'existent donc pas ! comment pourraient ils "représenter" l'humanité moderne, qui est composée d'êtres humains en chair et en os ? encore Faust acquiert il peu à peu la consistance d'un véritable mythe, mais La montagne magique n'est qu'un roman... une grand roman certes, mais un roman parmi des milliers d'autres !
Voire...
j'oppose à ces allégations un avis tranchant, qui était d'ailleurs celui de Thomas Mann : loin d'être "seulement" des fictions, les mythes ont en fait plus de réalité que les faits et évènements (souvent dérisoires) du monde quotidien. Si, comme le dit le personnage de Shakespeare (et comme le répète le détective Sam Spade, magistralement interprété par humphrey bogart, à la fin du "Faucon Maltais" de John Huston) , "nous sommes de l'étoffe dont sont faits les rêves" , alors on peut commencer à concevoir que "le rêve dans le rêve" peut avoir plus d'importance que le rêve lui même !
d'ailleurs le film "Picnic at hanging rock" (cf article précédent) commence par cette "récitation" d'une douce voix féminine : "ce que nous voyons et percevons n'est qu'un rêve à l'intérieur d'un rêve"...
Sans être d'accord sur tout avec la "science spirituelle" d'orientation anthroposophique de Rudolf Steiner, je retiens certaines de ses intuitions géniales, notamment celles sur le sens de Faust; d'une manière générale je laisse tomber dans l'anthroposophie tout ce qui est manifestement trop imprégné de théosophie et d'occulte (les hiérarchies spirituelles, la réincarnation, l'Atlantide, etc...), ou plutôt je le considère comme des "mythes", pour lesquels joue ce que je dis un peu plus haut.
Aussi ai je analysé le mythe de Faust dans l'article suivant en relation avec l'anthroposophie :
http://www.blogg.org/blog-50434-billet-faust_de_goethe___la_rencontre_avec_le_mal-1068597.html
"Faust est le représentant de l'humanité moderne; Hans Castorp de "La montagne magique" aussi, d'ailleurs il existe de profondes proximités entre les deux ouvres, ou plutôt les deux "mythes", car ce sont, comme le dit Thomas Mann au début de son oeuvre, des récits hermétiques. Dans tous les sens de ce terme.
Oswald Spengler, dans le "Déclin de l'Occident", qualifie d'ailleurs de "faustienne" l'humanité occidentale.
Que voulons nous dire par humanité occidentale ? l'humanité européenne ? l'humanité de race blanche ?
non, mais l'humanité "moderne", celle qui se situe en héritage de l'évènement de la science moderne, l'évènement copernicien-galiléen-cartésien.
Là encore, l'anthroposophie apporte un éclairage nouveau : car la période "moderne" coïncide avec celle de l'âme de conscience, qui commence selon Steiner en 1413. Un penseur important de cette époque, prédécesseur de ceux qui fondent la science, est Nicolas de Cuse."
J'ai d'ailleurs aussi commencé à étudier, là encore en relation avec l'anthroposophie, "La montagne magique" ici :
quant à l'opposition tracée par Rudolf Steiner, et fondamentale en anthroposophie, entre les deux "puissances du Mal" que sont Ahriman et Lucifer (reprise par Raymond Abellio dans "La structure absolue" avec le couple Lucifer-Satan) elle est à mon avis d'une très grande importance, et d'une "réalité" qui là encore dépasse la réalité quotidienne qui est celle du "rêve ordinaire" (celle dont parle T S Eliot dans "La terre gaste", lorsqu'il dit : j'ai entendu la clef tourner une fois, une seule fois, dans la serrure").
Cette opposition, c'est celle entre Settembrini (l'homme des lumières, de la révolte, du "placet experiri") et le jésuite Naphta (juif conveti) dans "La montagne magique".
Dans Faust, l'opposition se situe entre le premier Faust de Goethe, où Faust est soumis à la tentation luciférienne , et le second, où devenu un personnage public rempli de "pouvoir" sur les hommes, c'est à la tentation ahrimanienne qu'il succombe...
cette "réalité" suffit, si l'on admet ce que j'ai dit plus haut à propos de la force des "mythes" et plus généralement des entités "spirituelles" (les entités mathématiques en font partie, et que l'on songe par exemple à l'influence que peuvent avoir les espaces abstraits de Hilbert dans la physique quantique, et donc dans la réalité de tous les jours : GPS, ordinateurs, etc...pour ne pas parler des missiles nucléaires, j'y viens peu après).
Donc pas la peine de se forcer à "imaginer" des dieux ou des démons : pour se "représenter" Ahriman, il suffit de former une image du web, ce "réseau" en "toile d'araignée" qui nous ensert dans des mailles de plus en plus serrées... Ahriman existe, il EST ses effets, pas un "démon" qui se cacherait dans un ciel inaccessible...
Une autre "instance" de Faust, donc de l'humanité moderne, de nous tous, dont je veux parler ici, est à mon sens composée collectivement de ces scientifiques qui dans les années 40 ont participé au projet Manhattan.
La photo qui accompagne l'article a été prise dans les années 40, elle montre trois génies de la physique ou des mathématiques (et même, dsions le, de la fusion de ces deux sciences différentes : la physique mathématique) : au centre le physicien américain Richard Feynman, tout jeune à l'époque, il est né en 1918; il est entouré de deux très grands mathématiciens, à sa droite Ulam, à sa gauche Von Neumann.
Tous trois sont juifs...
c'est d'ailleurs un fait frappant de constater la prépondérance des juifs dans la physique de pointe de cette époque, et dans le projet Manhattan, dont le "directeur scientifique", Robert Oppenheimer, est juif aussi.
http://en.wikipedia.org/wiki/J._Robert_Oppenheimer
Voici la liste des participants scientifiques au projet :
http://en.wikipedia.org/wiki/Category:Manhattan_Project_people
parmi eux, on retient entre autres :
http://en.wikipedia.org/wiki/Richard_Feynman
http://en.wikipedia.org/wiki/Stanislaw_Ulam
http://en.wikipedia.org/wiki/Le%C3%B3_Szil%C3%A1rd (Szilard)
http://en.wikipedia.org/wiki/Edward_Teller
http://en.wikipedia.org/wiki/John_von_Neumann
http://en.wikipedia.org/wiki/David_Bohm
aussi bien des "plutôt mathématiciens" (Ulam, Von Neumann) que des "plutôt physiciens" (Szilard, Teller) et Feynman ou Bohm, qui sont inclassables (mais inclassables de manière très différente : jamais Feynman n'aurait dialogué avec Krishnamurti).
Tous juifs....
quel est mon but en soulignant cette évidence ? de suggérer que les juifs seraient supérieurs aux non juifs en intelligence ? évidemment non !
ou alors de prétendre qu'il y aurait une "influence juive" dans ce qu'il faut bien appeler le premier stade du terrifiant danger nucléaire global (plus terrifiant encore de nos jours que du temps de la guerre froide, où pourtant l'humanité est passée plusieurs fois à deux doigts du gouffre de la destruction totale) ? non plus !
Car cette sur-représentation des juifs parmi les scientifiques américains de l'époque s'explique très simplement : ils avaient fui en masse l'Europe et les persécutions nazies. Dans la liste ci-dessus, seul Feynman est né aux USA (comme Oppenheimer d'ailleurs) : tous les autres sont des réfugiés d'Europe centrale, de Hongrie pour la plupart(alors va t'on en inférer que les hongrois sont plus intelligents que les tchéques ?) . A part peut être Von Neumann qui a émigré en 1930, donc avant qu'Hitler n'arrive au pouvoir (mais n'y avait il pas déjà des persécutions antisémites en Europe à cette date ?) .
En 1939; ce sont Szilard, Teller et Wigner qui, épouvantés par l'idée (qui s'est révélée fausse par la suite) selon laquelle l'Allemagne nazie était proche de construction de la bombe atomique, ont persuadé einstein d'écrire à Roosevelt en mettant tout son poids (énorme à l'épqoue) dans la balance pour encourager le gouvernement américain à construire la bombe :
"Les physiciens nucléaires Leó Szilárd, Edward Teller et Eugene Wigner (tous les trois des réfugiés juifs hongrois) étaient convaincus que l’énergie libérée par la fission nucléaire pouvait être utilisée dans des bombes par l'Allemagne nazie. Ils persuadèrent Albert Einstein, l’un des plus célèbres physiciens au monde et lui aussi un réfugié juif, d’avertir de ce danger le Président américain Franklin Roosevelt dans une lettre datée du 2 août 1939 dont Szilárd fit le brouillon. La lettre fait état de la possibilité de créer des bombes d'une puissance encore inconnue : « des bombes d'un nouveau type et extrêmement puissantes pourraient être assemblées. »
Le texte laisse présager que la Belgique serait un précieux allié pour obtenir de grandes quantités d'uranium : « les sources les plus importantes se trouvent au Congo belge. »
Einstein demande l'appui de Roosevelt, pour que le gouvernement « porte une attention particulière à la préservation de l'approvisionnement en uranium » et qu'il soutienne la recherche sur ce domaine « qui n'est à présent accompli que dans les limites des budgets des laboratoires universitaires ».
Il fait part de ses craintes au sujet de l'Allemagne qui a mis l'embargo sur les ventes d'uranium tchécoslovaque, et où « le fils du sous-secrétaire d'État allemand, von Weizsäcker, est attaché à l'Institut du Kaiser Wilheim » qui travaille sur ces problèmes.
La réponse de Roosevelt fut d’encourager des recherches supplémentaires sur les implications militaires de la fission nucléaire. Après le bombardement d'Hiroshima, Einstein déclara regretter amèrement d’avoir écrit cette lettre (I could burn my fingers that I wrote that first letter to Roosevelt).
La marine de guerre américaine dut accorder une première subvention de 6 000 USD, gérée par le Comité consultatif pour l'uranium, pour des expériences sur l’énergie nucléaire, ce qui donna ensuite naissance au projet Manhattan."
Einstein dut écrire à plusieurs reprises, voici les textes de ses lettres :
http://hypertextbook.com/eworld/einstein.shtml
Pour dire frontalement et brutalement ma pensée :
ces physiciens ou mathématiciens, ces Savants-Philosophes (au moins pour ce qui est d'Einstein), juifs ou non juifs, pris dans la tourmente de la guerre mondiale et du projet Manhattan, c'est à dire, il faut bien appeler les choses par leur nom, ayant d'une certaine façon "vendu leur âme au diable yankee WASP" (même si c'était pour de très nobles raisons), ils sont, collectivement, une incarnation de FAUST.
FAUST, c'est à dire nous tous hommes modernes, FAUST écartelé entre les deux "puissances du Mal" que sont l'Occident ahrimanien et l'Est (soviétique ) luciférien. Quant au nazisme je ne sais pas très bien le classer.... peut être comme une des ces formes encore plus virulentes du Mal dont parle l'anthroposophie sous les noms de "Sorat" ou des "Asuras" ?
toujours est il que le panorama spirituel de l'époque se présente à mon avis comme suit : avant les deux guerres mondiales, qui ont abouti à la destruction de l'Europe du centre, et donc de l'Europe (et de l'émergence dans les années 50 de sa négation sous une forme américanisée-mécanisée-ahrimanisée, sous la botte de laquelle nous nous trouvons toujours), l'Europe avait encore une chance (faible sans doute , compte tenu de l'antisémitisme montant au 19 ème siècle) de réaliser son destin et de devenir ce qu'elle EST, dans une admirable symbiose entre judaïsme et christianisme !
une jonction -fusion entre les deux entités dont des juifs allemands comme Einstein, Husserl ou Cassirer donnent une idée de la grandeur possible; la grandeur de ce qu'aurait pu devenir l'Europe par cette symbiose judaïsme-christianisme, c'est à dire la grandeur de ce qu'elle EST "archétypalement", "éternellement", en tant que cette "patrie" spirituelle où l'Infini s'est fait corps et âme (comme recherche infinie de la Vérité au moyen de la science moderne, voir husserl au début de la Krisis)...mais une grandeur perdue "temporellement" à tout jamais hélas.
C'était d'ailleurs l'idée de Nietzsche, à qui l'antisémitisme (de sa soeur notamment) faisait horreur !
Voir aussi :
Publié par topos à 17:29:18 dans Mathesis universalis | Commentaires (0) | Permaliens
1|
Notre but, notre tâche, est le réarmement intellectuel, moral et spirituel de l'OCCIDENT chrétien, et donc de toute l'humanité: passée, présente et future. Car les fruits de l'esprit sont éternels et divins, puisque Dieu est Esprit. Le monde est tout ce qui arrive, tout ce qui est le cas, tout ce qui est un fait, et glisse immédiatement au passé et semble t'il au Néant : mais l'esprit est SENS, et les oeuvres, évènements, penseurs du passé peuvent toujours être réinterprétés par l'Esprit qui construit et déconstruit. Aussi le passé vit-il toujours et éternellement sous forme de SENS, et infléchit-il ainsi le présent et le futur, qui à leur tour le modifieront en créant les conditions de sa réinterprétation. UN est le TOUT. "le chemin qui mène à ce but, au savoir absolu, ou encore à l'esprit qui se sait comme esprit, est le souvenir des esprits tels qu'ils sont chez eux mêmes et accomplissent l'organisation de leur royaume. Leur conservation selon le côté de leur libre existence dans son apparition phénoménale sous la forme de la contingence, est l'Histoire, tandis que du côté de leur organisation comprise de manière conceptuelle, c'est la science du Savoir dans son apparition phénoménale; l'une et l'autre réunies ensemble, l'Histoire comprise conceptuellement, constituent le souvenir et le GOLGOTHA de l'Esprit Absolu, l'effectivité, la vérité et la certitude de son trône sans lequel il serait solitude sans vie: Et c'est seulement du calice de ce Royaume d'esprits que monte vers Lui l'écume de Son Infinité"
Comment j'ai appris à ne plus m'en faire et à aimer D-ieu plus que l'être-pour-la-mort...
une fourmi noire,
dans la nuit noire,
sur la terre noire,
sous une pierre noire,
D-ieu seul la voit
et ici le diable souffle : Dieu....et la police, peut être ?
"le propre de l'esprit est de s'apparaitre à lui même dans la certitude d'une lumière croissante, tandis que la vie est essentiellement menace et ambiguïté. Ce qui la définit c'est la succession fatale de la génération et de la corruption. Voilà pourquoi les religions, établies sur le plan vital, ont beau condamner le manichéisme, il demeure à la base de leur représentation dogmatique... ce qui est constitutif de l'esprit est l'unité d'un progrès par l'accumulation unilinéaire de vérités toujours positives. L'alternative insoluble de l'optimisme et du pessimisme ne concernera jamais que le centre vital d'intérêt; nous pouvons être et à bon droit inquiets en ce qui nous concerne de notre rapport à l'esprit, mais non inquiets de l'esprit lui même que ne sauraient affecter les défaillances et les échecs, les repentirs et les régressions d'un individu, ou d'une race, ou d'une planète. Le problème est dans le passage , non d'aujourd'hui à demain, mais du présent temporel au présent éternel. Une philosophie de la conscience pure, telle que le traité de Spinoza "De intellectus emendatione" , en a dégagé la méthode, n'a rien à espérer de la vie, à craindre de la mort. L'angoisse de disparaitre un jour, qui domine une métaphysique de la vie, est sur un plan; la certitude d'évidence qu'apporte avec elle l'intelligence de l'idée, est sur un autre plan" Léon BRUNSCHVICG
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