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Aventurine

puisque le salut est en nous, n'est il pas assuré que l'armée des esprits débouche dans l'éternité, pourvu que nous ayons soin de maintenir à la notion d'éternité sa stricte signification d'immanence radicale ?

L'homme OCCIDENTAL

«L'homme occidental, l'homme suivant Socrate et suivant Descartes, dont l'Occident n'a jamais produit, d'ailleurs, que de bien rares exemplaires, est celui qui enveloppe l'humanité dans son idéal de réflexion intellectuelle et d'unité morale. Rien de plus souhaitable pour lui que la connaissance de l'Orient, avec la diversité presqu'infinie de ses époques et de ses civilisations. Le premier résultat de cette connaissance consistera sans doute à méditer les jugements de l'Orient sur l'anarchie et l'hypocrisie de notre civilisation, à prendre une conscience humiliante mais salutaire, de la distance qui dans notre vie publique comme dans notre conduite privée, sépare nos principes et nos actes. Et, en même temps, l'Occident comprendra mieux sa propre histoire: la Grèce a conçu la spéculation désintéressée et la raison politique en contraste avec la tradition orientale des mythes et des cérémonies. Mais le miracle grec a duré le temps d'un éclair. Lorsqu'Alexandre fut proclamé fils de Dieu par les orientaux, on peut dire que le Moyen Age était fait. Le scepticisme de Pyrrhon comme le mysticisme de Plotin ne s'explique pas sans un souffle venu de l'Inde. Les "valeurs méditérranéennes", celles qui ont dominé tour à tour à Jérusalem, à Byzance, à Rome et à Cordoue, sont d'origine et de caractère asiatique...... quant à l'avenir de l'Occident, il n'est pas ici en cause : une influence préméditée n'a jamais eu de résultats durables, et prédire est probablement le contraire de comprendre. Toute réflexion inquiète de l'Européen sur l'Europe trahit un mauvais état de santé intellectuelle, l'empêche de faire sa tâche, de travailler à bien penser, suivant la raison occidentale, qui est la raison tout court, de faire surgir, ainsi que l'ont voulu Platon et Spinoza, de la science vraie la pureté du sentiment religieux en chassant les imaginations matérialistes qui sont ce que l'Occident a toujours reçu de l'Orient» Léon BRUNSCHVICG

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    Le monde platonicien des idées et les mathématiques | 07 septembre 2009

    Revenons à l'article de Brunschvicg : "De quelques préjugés contre la philosophie" que nous avons déjà cité dans l'article sur le spiritualisme véritable :

    http://www.scribd.com/doc/3611188/Brunschvicg-De-quelques-prejuges-contre-la-philosophie

    "cette thèse considérée par Platon comme évidente, selon laquelle l'âme humaine ne peut contenir aucune notion qui naisse d'elle même, qui n'implique pas l'existence d'un objet, le progrès de la réflexion idéaliste a conduit à la rejeter: l'idée, en tant qu'acte de l'esprit, est indépendante de toute relation extérieure; elle porte en elle la marque de sa vérité; l'idée n'est unie qu'à l'idée et cette unification systématique fait de l'ensemble des idées un monde qui se suffit à lui même"

    C'est à Spinoza que nous sommes redevables, selon Brunschvicg, de ce progrès de la réflexion idéaliste, qui est progrès irréversible de la conscience; en témoigne la proposition spinoziste :

    "Les modes de la pensée comme l'amour, le désir ou toute autre affection de l'âme, ne sont pas donnés sans que dans le même individu l'idée ne soit donnée de la chose qui est aimée, désirée, etc...

    Mais l'idée peut être donnée, sans qu'aucun autre mode de la pensée soit donné"

    Et Brunschvicg note qu'il s'agit pour Spinoza d'un axiome philosophique, évident et intelligible par soi, mais que la philosophie des siècles suivants n'a pas admis cet axiome. D'ailleurs il admet qu'il n'existe pas en philosophie d'axiomes, de proposition en soi incontestable, que l'on soit dispensé de prouver, ou tout au moins de justifier. C'est la tâche dont il s'acquitte dans l'article : la réfutation des doctrines de penseurs très profonds, comme Pascal, Rousseau, Kant ou Schopenhauer, qui ont tenté d'élver le sentiment ou la volonté au dessus de la pure raison théorique.

    Je récuse pour ma part le terme d'axiome philosophique, puisque le terme d'axiome a pris en logique et en mathématiques une signification qui ne revnoie nullement à une proposition évidente et intelligible par soi (ne serait ce que parce qu'il existe des systèmes axiomatiques divergents et concurrents). Mais il me semble que la justification opérée par Brunschvicg nous autorise, pour notre part, à en revenir à la position de Spinoza (et de Descartes ou Malebranche).

    "Suivant cette proposition de Spinoza, seul, dans l'âme humaine, l'acte intellectuel, l'idée, existe d'une façon indépendante, capable de se suffir à soi même; il précède tout ce qui ressortit à l'ordre des sentiments et de la volonté, qui, dans une certaine mesure au moins, en est issu".

    Il s'agit là de la formulation la plus simple de la philosophie rationnelle. On aurait tort d'y voir un dualisme qui opposerait deux "ordres" de substances absolument existantes l'une et l'autre : monde physique des corps, et monde spirituel des esprits.  Car seul EST réellement l'esprit, ou le monde des idées, c'est à dire des actes intellectuels,  selon cette philosophie, qui est selon nous la philosophie véritable, et que nous pouvons qualifier aussi de "processus de développement du platonisme", puisque comme le note Whitehead :

    "toute la philosophie (occidentale) est composée de notes en bas de page des ouvrages de Platon".

    (à quoi il convient tout de même d'ajouter que ce qui nous reste de Platon ne forme qu'une petite partie de ce qu'il avait réellement laissé à la postérité, et que la partie la plus importante de son enseignement était orale, non écrite : nous pouvons cependant avancer que dans cet enseignement oral et "ésotérique" les Nombres, et plus généralement la mathesis et la géométrie, avaient une importance cruciale)

    La guerre d'idées du platonisme , c'est à dire de la philosophie donc, contre ses travestissements est éternelle, car ces derniers forment une palette très étendue, allant du mysticisme au scientisme ou au matérialisme.

    Le dernier exemple en date est celui qui oppose Alain Badiou, se réclamant de Platon, et sa "dialectique matérialiste", à ce qu'il appelle le "matérialisme démocratique", et qui est le système "officiel" du capitalisme financier mondialisé.

    L'opposition se situe entre deux thèses : "Il n'y a que des corps et des langages", pour le matérialisme démocratique contemporain, et "Il n'y a que des corps et des langages, sinon qu'il y a des vérités " selon les termes de Badiou.

    En fait il faut voir là le dernier avatar d'une guerre, interne au christianisme et à l'Occident, datant du concile de Nicée et même avant, entre un christianisme tronqué, limité au corps et à l'âme, et un christianisme intégral, vraiment trinitaire, selon les trois ordres du corps, de l'âme, et de l'esprit, qui a trouvé refuge en particulier dans la version orthodoxe de cette religion.

    En philosophie, on retrouve une trace moderne de ces spéculations dans les trois "mondes" de Popper, ou dans ceux du physicien-philosophe  Roger Penrose :  monde physique, monde mental, monde platonicien des Idées, qui forme le thème au sens large de ce petit cours accessible sur le web :

     http://online.itp.ucsb.edu/online/plecture/penrose/oh/01.html

     

     
    Tout tient dans le diagramme en page 1,  qui fait aussi l'objet du premier chapitre ("The roots of science") de l'ouvrage récent de Penrose  : "The road to reality", notamment du paragraphe 1.4 : "Three worlds and three deep mysteries". L'ouvrage a été traduit en français chez Odile Jacob sous le titre : "A la découverte des lois de l'Univers".
    Les "trois profonds mystères" concernent les "flèches" du diagramme, qui possède ainsi l'apparence d'un graphe, voire d'une catégorie, que nous pourrions et devrions mettre en correspondance avec un autre graphe célèbre : celui de la Sainte trinité, Père, Fils, Esprit.
    La flèche orientée du monde platonicien mathématique vers le monde physique représente l'idée de Penrose selon laquelle tous les phénomènes sont mathématisables : rien de ce qui est réel ne peut se situer en dehors de la juridiction de la science, et il n'y a de science que mathématique.
    La flèche orientée du monde physique vers le monde mental est en rapport avec le problème "corps-esprit" et les théories de l'esprit, qui essayent d'expliquer l'émergence du mental à partir de la réalité physique. Certains appellent ceci "matérialisme" mais c'est ambigu, "physicalisme" vaudrait mieux.
    Enfin la flèche orientée du monde mental vers le monde platonicien mathématique traduit le fait que selon Penrose aucune notion mathématique (aucune Idée platonicienne) n'est au delà du pouvoir de compréhension de la Raison humaine (et non humaine d'ailleurs, il n'y a qu'UNE Raison).
    Penrose laisse cependant ouverte la possibilité d'un diagramme différent où les flèches ne traduiraient pas une inclusion totale : il pourrait y avoir dans ce nouveau diagramme des Idées absolument au delà de l'intelligibilité humaine-rationnelle, des phénomènes physiques au delà de l'intelligibilité mathématique, et des "entités mentales" sans support physique (les "anges" de la scolastique par exemple).
    Mais Penrose avoue clairement sa préférence pour le premier diagramme (ce qu'il appelle modestement ses "préjugés").
    Le diagramme possède alors l'apparence du serpent "ouroboros", qui se mord la queue , d'un circuit qui tourne indéfiniment, la Roue cosmique en quelque sorte : flèche 1 ---> flèche 2 ----> flèche 3 -----> flèche 1     etc...
    Selon Penrose cela recouvre, pointe vers, un mystère plus profond que les trois mystères qu'il a décrits, touchant au fait que les trois "mondes" ne sont pas séparés, ne font qu'UN, une Vérité suprême et unitive dont nous ne possédons qu'un faible pressentiment à l'heure actuelle. Cela rejoint les conceptions de Brunschvicg à propos de l'unité de l'UN, terme asymptotique de l'ascension de l'âme humaine vers l'Esprit pur qui s'appelle "philosophie".
    A la fin de ce chapitre 1 "Aux sources de la science", au paragraphe 1.5, Penrose se réfère explicitement à une autre trinité, la triade platonicienne du Vrai, du Beau et du Bien :
    "Je n'ai envisagé la notion platonicienne du "monde des formes idéales" que dans le sens limité des formes mathématiques. Or un aspect essentiel en mathématiques est l'idéal de vérité. Platon lui même aurait insisté sur l'existence de deux autres idéaux absolus et fondamentaux, le beau et le bien. Je suis tout à fait prêt à admettre l'existence de tels idéaux, et à étendre le monde de Platon de telel sorte qu'il contienne des absolus de cette nature".
    (on pourrait tracer ici une correspondance avec les trois critiques kantiennes : celle de la raison pure pour l'idéal de vérité, celle de la raison pratique pour le bien, et celle du jugement pour le beau)
     Il est difficile d'être plus clair ici que Penrose, et nous ne pouvons qu'acquiescer et essayer de nous inspirer, si toutefois nous le pouvons, de cet esprit extraordinaire, exemple trop rare à notre époque d'un savant qui est aussi philosophe (aux  côtés d'un Einstein par exemple, ou d'un Bernard d'Espagnat).
    Il ne s'agit en aucun cas d'une dictature d'ordre scientiste des mathématiques, mais , pour nous en tout cas, d'essayer d'accéder au monde spirituel, au "monde des idées", seul vraiment réel, en utilisant l'échelle de la mathématique. 
    Cette approche est donc très différente de celles des scientifiques, qui utilisent les mathématiques comme un instrument, voire un langage, ou de celles des amateurs de maths qui les considèrent comme un "hobby".
    Elle se rapproche de celles de bien des philosophes, qui au cours de l'histoire furent conscients du caractère paradigmatique de la discipline mathématique pour la philosophie, à commencer bien sûr par Descartes et Spinoza : dans la pensée de ce dernier, la connaissance du second genre, qui fournit un "pont" vers la pure connaissance intuitive du troisième genre, est de l'ordre de la mathesis, comme cela est clairement expliqué dans l'Ethique.
    Mais on pourrait aussi penser à Christian Wolff, qui fut d'ailleurs professeur de mathématiques, et ses considérations sur la "pensée solide" qui est celle des mathématiques, et qui doit devenir l'idéal de toute métaphysique systématique.
    J'ajoute que l'on peut aussi trouver des points communs avec les approches ésotériques, comme celle de l'anthroposophie. Mais celles ci sont ici comme "élaguées" de tout ce qui peut s'avérer confus, ou "mystique" : ainsi par exemple le "monde spirituel" de l'anthroposophie est rabattu sur le "monde des idées", absolument immanent, dont parle Brunschvicg et qui est aussi le monde platonicien de Penrose.
    Il me semble que l'on peut interpréter dans un tel cadre les notions guénoniennes de "petits" et "Grands Mystères".
    Les "petits mystères", c'est l'accès au "monde platonicien" de Penrose par le biais des mathématiques : c'est prendre conscience clairement (pas de mystique "mystifiante" ici) et en toute certitude (cartésienne) qu'en manipulant les idées internes à la pensée mathématique, on s'élève au "monde commun" des initiés dont parle Héraclite, ou encore au monde spirituel qui est seul "réel" et "éternel".
    Accéder aux  "Grands mystères" , cela consisterait à résoudre , partiellement ou entièrement, les trois "mystères" dont parle Penrose, ceux de la nature essentielle des trois "liens" ou "morphismes" entre les mondes physique, mental et platonicien.
    C'est donc "réaliser" par une sorte de "compréhension ultime et intuitive" (la connaissance du troisème genre spinoziste) l'unité de  l'UN.
    Nous comprenons alors ce que dit Guénon : dans les "petits mystères" l'individualité humaine est conservée ; une fois traversés les "Grands Mystères" sa nature illusoire est clairement comprise.
    Il y a des corps humains et des âmes humaines individuelles : mais il n'y a qu" UN Esprit, qui est "Dieu".
    Le "but" de l'évolution humaine, si l'on peut s'exprimer ainsi, que ce soit au niveau de l'espèce ou des individus, est l'ascension vers l'Esprit par "l'itinéraire de l'âme individuelle vers Dieu", pour parler comme Saint Bonaventure : accèder au monde platonicien par le monde mental.
    Si l'âme individuelle ne réalise pas son identité avec l'Esprit, le "but" de la vie est manqué : l'âme meurt totalement avec le corps.
    Nous reconnaissons donc là l'identité du "but final" avec ceux des voies dites "spirituelles" comme le Vedanta.
    Mais la spécificité du chemin défini ici est assez claire : jamais l'autonomie intellectuelle dde la conscience n'est sacrifiée, si peu que ce soit, à des impératifs mystiques, dogmatiques ou transcendants qui seraient inaccessibles par nature à la raison.
    Il me reste donc à souligner l'intérêt capital de l'ouvrage de Penrose, qui est d'ailleurs largement reconnu, voir par exemple :
     
     
    et il y a même un forum (en anglais)  à propos de l'ouvrage :
     
     pour finir, ma position vis à vis du diagramme de Penrose :
    je m'aligne à peu près sur ce qu'il appelle ses "préjugés", c'est à dire que j'admet que c'est la première forme du diagramme qui est valide en gros (tout en soulignant qu'il ne s'agit pas d'un véritable diagramme mathématique, au sens où il peut en exister dans la théorie des catégories par exemple, mais d'une "aide à penser").
    Comme de toutes façons je ne peux rien "prouver", ni même justifier vraiment (car il faudrait pour cela un texte bien plus long), je me contenterai de quelques précisions :
    1 le lien entre "monde physique" et "monde mental" :
    j'admet que toute entité "mentale" a une base physique, ou apparait en relation à une entité physique. C'est là mon "matérialisme", ou mon "physicalisme", et il est minimal comme on le voit. Quelle raison me pousse à adopter une telle position ? un motif du type "rasoir d'Ockham" (il ne faut pas multiplier les entités explicatives au delà du strict nécessaire), et aussi, dans le même ordre d'idées, le fait que si l'on admet que certains phénomènes n'ont aucune "base" (au sens le plus large qui soit) physique, cela veut dire que l'on ouvre les vannes au grand n'importe quoi, et aux discours les plus délirants. Car seule la physique, en tant que science exacte du mesurable, nous permet de vérifier tous les types d'assertion en dernier recours.
    Bien entendu cela ne veut pas dire qu'il existe toujours une causalité grossière entre ordre physique et ordre mental; mais même des théories comme la survenance (pour expliquer le mental) possèdent une base physique, qui permet des vérifications.
    2 lien entre monde platonicien et monde physique :
    J'admet qu'aucun phénomène, ou "objet" , du monde physique, n'échappe à la juridiction des "formes platoniciennes" ,ou, pour paraphraser l'Evangile , "qu'aucun cheveu ne peut tomber de notre tête sans la volonté du Père"; les formes platoniciennnes sont selon Penrose des formes mathématiques, mais il admet qu'il peut y avoir d'autres types de formes (ressortissant au Bien, au Beau de Platon), et d'autres parts on doit reconnaitre que notre mathématique est encore à l'état d'enfance, et peut considérablement évoluer dans le futur (s'il en reste un). Pouvait on en 1910 imaginer l'émergence de la théorie des catégories dans les années quarante ?
    Mes raisons : comme le monde platonicien est selon moi le seul véritablement "réel", comme le veut tout véritable "idéalisme", et qu'il est en quelque sorte l'Esprit, c'est à dire Dieu, où les deux autres "mondes" doivent être "résorbés" lors de l'achèvement du processus d'unification-spiritualisation qui est la tâche de la conscience humaine individualisée, on ne voit pas bien comment certains éléments physiques ou mentaux resteraient en dehors de sa "juridiction" au sens large (très large !)
    3 lien entre monde mental et monde platonicien :
    c'est ici que les questions qui se posent sont les plus ardues et d'ailleurs les plus cruciales pour le devenir spirituel de l'entité humaine (c'est à dire pour nous tous , êtres individués en une âme et un corps). Car nous savons bien que notre "corps" doit finir par se détériorer et disparaitre, mais par contre notre "conscience", notre "âme" nous semble tellement précieuse que nous nous interrogeons avec le plus d'angoisse sur son "devenir" ultime.
     Et c'est ici que j'ai le plus de mal à trancher, et cela d'ailleurs sans aucune certitude.
    Doit on admettre comme Descartes que la raison humaine possède une souveraineté absolue sur son royaume, ou sur son "domaine d'exercice", mais que ce domaine possède des limites absolues en dehors desquelles cette même raison n'a plus aucun pouvoir ?
    ou bien doit on suivre Spinoza et conclure à la possibilité pour la Raison humaine de s'égaler à Dieu, en une intelligibilité parfaite du Tout ?
    je choisis la seconde option, comme Penrose me semble t'il (mais c'est là simplifier un peu , et il faut aller bien plus au fond de ses discussions), ou comme Hegel.
    Par contre Brunschvicg ou le premier Fichte sont plus "prudents", ils refusent de même envisager la possibilité pour une conscience humaine de cesser de se trouver dans les conditions incarnées, avec les limitations qui accompagnent ces conditions...
    mes raisons ? je n'en ai pas de véritablement "rationnelles", c'est bien là le pire...
    disons que j'ai du mal à comprendre comment une "borne" pourrait être édifiée par la Raison en ce qui concerne l'oeuvre de la Raison... ou, pour paraphraser Blake : "you never know what is enough unless you know what is more than enough"
    C'est tout le problème notamment des théorèmes de limitation et d'incomplétude (comme les théorèmes de Gödel) : on peut les voir soit comme "limites", de manière négative, soit comme marque de puissance absolue (le fait pour la raison de s'auto-limiter, de décréter quel est la "forme" de son domaine d'exercice, ses frontières, un peu comme Dieu dans le "Livre de Job" fixe ses limites à la mer).
    mais de toutes façons, je n'écris ces quelques lignes que pour "prendre date" : si dans l'avenir je trouve des raisons sérieuses de changer de position, je le ferai...

    Publié par topos à 12:42:15 dans Actualité | Commentaires (0) |

    L'antidote au poison post-moderne : l'homme occidental selon Brunschvicg | 10 juillet 2009

    Pour replacer les réflexions sur ce qu'est vraiment l'Occident dans une juste perspective, je commence par cet extraordinaire court texte de Brunschvicg définissant ce qu'est "L'homme occidental", il date si je me souviens bien de la fin des années 20, on le trouve en annexe à la fin du premier tome des "Ecrits philosophiques":

    "L'homme occidental, l'homme suivant Socrate et suivant Descartes, dont l'Occident n'a jamais produit, d'ailleurs, que de bien rares exemplaires, est celui qui enveloppe l'humanité dans son idéal de réflexion intellectuelle et d'unité morale. Rien de plus souhaitable pour lui que la connaissance de l'Orient, avec la diversité presqu'infinie de ses époques et de ses civilisations. Le premier résultat de cette connaissance consistera sans doute à méditer les jugements de l'Orient sur l'anarchie et l'hypocrisie de notre civilisation, à prendre une conscience humiliante mais salutaire, de la distance qui dans notre vie publique comme dans notre conduite privée, sépare nos principes et nos actes.

    Et, en même temps, l'Occident comprendra mieux sa propre histoire: la Grèce a conçu la spéculation désintéressée et la raison politique en contraste avec la tradition orientale des mythes et des cérémonies. Mais le miracle grec a duré le temps d'un éclair. Lorsqu'Alexandre fut proclamé fils de Dieu par les orientaux, on peut dire que le Moyen Age était fait.

    Le scepticisme de Pyrrhon comme le mysticisme de Plotin ne s'explique pas sans un souffle venu de l'Inde.

    Les "valeurs méditérranéennes", celles qui ont dominé tour à tour à Jérusalem, à Byzance, à Rome et à Cordoue, sont d'origine et de caractère asiatique......

    quant à l'avenir de l'Occident, il n'est pas ici en cause : une influence préméditée n'a jamais eu de résultats durables, et prédire est probablement le contraire de comprendre.

    Toute réflexion inquiète de l'Européen sur l'Europe trahit un mauvais état de santé intellectuelle, l'empêche de faire sa tâche, de travailler à bien penser, suivant la raison occidentale, qui est la raison tout court, de faire surgir, ainsi que l'ont voulu Platon et Spinoza, de la science vraie la pureté du sentiment religieux en  chassant les imaginations matérialistes  qui sont ce que l'Occident a toujours reçu de l'Orient"

    Il est impossible de surestimer la portée et la valeur de ce texte merveilleux, qui place évidemment la barre très haut, en exposant de manière claire et succincte (mais sans rien omettre) les exigences de probité intellectuelle et morale qui définissent le véritable Occident.

    En même temps il s'agit d'une antidote au poison du désespoir et du nihilisme qui frappent nos consciences, par médias interposés, depuis...bien longtemps !

    Car il est impossible de vivre, de vivre humainement, dans la honte de ce que l'on est et dans la "mauvaise conscience" ...

    Or ce texte de Brunschvicg nous explique non pas ce que nous sommes, mais ce que nous devons être, et en même temps il nous fait comprendre pourquoi nous en sommes arrivés au point de rupture où nous en sommes, par notre propre faute , paresse et lâcheté: parce que nous n'avons pas eu le courage et la force de faire ce qu'il fallait pour être dignes de devenir des "occidentaux véritables", de devenir donc ce que nous sommes.

    Dans le même ordre d'idées, le grand Kant définissait ainsi les Lumières :

     "Les Lumières sont la sortie de l'humanité hors de l'état de tutelle dont elle est elle même responsable".

    Les conceptions de Brunschvicg se situent aux antipodes de celles des "grands orientaux" que sont des gens aussi différents que Joseph de Maistre, René Guénon, Fritjof Schuon , ou Henry Corbin; à ma connaissance Guénon et Corbin ne nomment jamais Brunschvicg (qui pour eux doit être un peu le "diable" en personne), mais dans son livre "Structures", Gilbert Durand, disciple de Corbin, le cite plusieurs fois nommément, comme exemple même de la paranoia théorique occidentale (expression employée par Gérard Granel à propos de Husserl). Et pourtant dans ce même livre "Structures" Durand évoque les équations de la physique mathématique d'Einstein comme analogue de la "voie sèche" de l'Alchimie spirituelle, opposée à la voie humide des images, contes et mythes. Alors : paranoia théorique, ou "voie sèche" ? il faut se décider...et si durand choisit de rester dans ses contradictions, nous nous décidons, nous, pour la voie sèche et abrupte de la mathesis occidentale, par opposition à la voie humide des contes de nourrices orientaux propres à l'état d'enfance de l'humanité, datant d'avant le 17 ème siècle.

    il vaut aussi la peine de citer le début du grand livre d'initiation à la spiritualité d'Occident que constitue le "Progrès de la conscience dans la philosophie occidentale", qui commence par la guerre autour de Platon et du platonisme : laissera t'on Platon aux mains des orientaux et des romantiques ? ou bien le replacera t'on à sa juste place, celle de fondateur (avec son maître Socrate, qui n'a pas laissé de traces écrites) de l'Occident ?

     

    "Joseph de Maistre écrit dans le livre Du Pape : « Lisez Platon ; vous ferez à chaque pas une distinction bien frappante. Toutes les fois qu’il est Grec, il ennuie, et souvent il impatiente. Il n’est grand, sublime, pénétrant, que lorsqu’il est théologien, c’est-à-dire lorsqu’il énonce des dogmes positifs et éternels séparés de toute chicane, et qui portent si clairement le cachet oriental, que, pour le méconnaître, il faut n’avoir jamais entrevu l’Asie. Platon avait beaucoup lu et beaucoup voyagé : il y a dans ses écrits mille preuves qu’il s’était adressé aux véritables sources des véritables traditions. Il y avait en lui un sophiste et un théologien, ou, si l’on veut, un Grec et un Chaldéen. On n’entend pas ce philosophe si on ne le lit pas avec cette idée toujours présente à l’esprit. » (IV, VII.)

    Il est remarquable que, dès les premières années du XIXe siècle, la réaction contre le rationalisme se traduise par l’« appel à l’Orient ». Le rêve que Bonaparte avait rapporté d’Égypte, n’était-il pas de restaurer cet impérialisme alexandrin qui, dès le lendemain de la mort de Platon, avait consommé la ruine de la civilisation occidentale, et dont aussi bien l’impérialisme romain a été seulement le décalque  ?"

    Henry Corbin, notamment dans ses études sur Sohravardi, définit ce qu'il appelle les "orientaux" dans une perspective spirituelle, etnon pas ethnique ou géographique; nous nous accorderons au moins sur ce point avec lui, puisque Brunschvicg déclare:

    "Aux yeux du philosophe, l’antithèse de l’Orient et de l’Occident est beaucoup moins géographique qu’historique ; et elle ne se limite nullement à une période déterminée de l’histoire européenne. Il ne serait même pas juste de la réduire à l’antithèse de la foi chrétienne et de la philosophie rationnelle ; car le caractère du christianisme, manifestement, a été de ne pas se résigner à demeurer tout entier du côté de la foi, d’aspirer à se fonder sur l’universalité de la raison"

    Et cette antithèse, ou même cette dualité entre Orient et Occident, elle est celle qui existe entre les néo-platoniciens de Perse dont Sohravardi est le plus grand, et les platoniciens qui se rattachent plutôt à l'augustinisme et au cartésianisme comme Brunschvicg et toute la tendance rationaliste occidentale ; elle sépare la tradition, enfermée dans les mythes et les dogmes reçus tout faits par la conscience passive de l'enfance, de la réflexion rationnelle à propos de la science, qui se  caractérise par l'autonomie, le doute cartésien vis à vis des préjugés inculqués pendant l'enfance, propre à la conscience active, virile  et non plus féminine passive ou réceptrice dans la "foi":
    "La dualité, dans le platonisme, de la réflexion philosophique et de la tradition mythologique, fournit un point de départ naturel pour une étude qui consiste à suivre les vicissitudes de la conscience occidentale, et dont la portée est nécessairement subordonnée à l’objectivité de ce que nous appellerons (d’un mot qui nous servira souvent pour exprimer l’esprit de notre entreprise) la mise de l’histoire en perspective."
    Pour échapper au piège et à la prison du relativisme post-moderne, pour qui toutes les cultures et religions se valent, puis qui passe un cran plus loin en se lavant les mains de l'exament rationnel avec un "tout se vaut" bientôt suivi d'un "à quoi bon ?", il convient de tirer les conséquences du texte de Brunschvicg , sans aucune complaisance envers l'esprit du Temps (actuel) qui n'est autre que le démon du nihilisme, celui qui nous avons vu officier il y a quelques jours à Los Angeles (voir les deux articles précédents).
    Non, tout ne se vaut pas : et la civilisation d'Occident est supérieure à celle d'Orient (celle dont les "valeurs" ont dominé tour à tour à Jérusalem, à Byzance, à Rome et à Cordoue) dans la mesure où l'autonomie active, solaire, virile, de la Raison, caractérisée par la lumière intime de la conscience parfaitement claire et lucide, et la transparence morale et intellectuelle absolue,  est supérieure à l'hétéronomie féminine, lunaire et passive de la Foi, caractérisée par l'obscurité et le mystère, qui se mue vite en (auto)mystification.
    Seulement ici attention ! ce que nous venons de dire, et que nous assumons entièrement, ne sera pas bien reçu par l'Esprit du Temps, et les accusations d'europeo-centrisme, voire de racisme, fuseront vite.
    Personnellement cela ne me fait ni chaud ni froid : il y a belle lurette que j'éprouve un complet mépris envers les "belles âmes antiracistes", ce qui ne veut pas dire que j'approuve les racismes, bien au contraire même, c'est exactement l'inverse : l'antiracisme est dévoyé parce qu'il alimente et fait vivre ce qu'il prétend combattre.
    Mais puisque je m'exprime sur un support public, autant essayer de me faire comprendre de la manière juste.
    Certes nous pourrions dire (ce qui serait parfaitement exact) que l'Occident dont nous parlons n'a rien d'ethnique, qu'il est celui de toute femme et tout homme qui entend en faire partie en se conformant à ses exigences de probité et de pureté intellectuelle et morale.
    Mais je sais très bien que cela ne suffira pas, car on nous rétorquera que nous opposons , dans un "choc de civilisations" , deux humanités, que nous cherchons le conflit, la guerre.
    Et en effet nous voulons la guerre d'idées, nous vomissons, nous aussi, les tièdes, les lâches, les partisans du compromis, du "tout se vaut"...
    Voici donc la précision supplémentaire que fera comprendre, du moins je l'espère, ce qui est en jeu ici, et qui n'est rien d'autre que le destin de l'humanité : non, nous n'opposons pas deux populations, deux humanités qui seraient l'une occidentale, l'autre orientale.
    Car l'Occident tel qu'il est défini dans le texte de Brunschvicg n'enferme aucun "héritage", aucun "avoir culturel substantiel" qui permettrait à quelqu'un de dire : "voilà, moi je suis un occidental, et je suis donc supérieur en tant qu'in dividu ou en tant que groupe aux autres aux non-occidentaux".
    Car ce texte ne définit que des exigences d'activité, de réflexion et de pensée, en aucun cas des "acquis" en lesquels nous pourions nous "reposer" dans le sentiment de supériorité satisfaite et de mépris condescendant : car cet état d'esprit, c'est justement celui des "orientaux", comme Joseph de Maistre ou Guénon !
    C'est l'état d'esprit de tous ceux qui pensent que la Vérité a été dite une fois pour toutes dans le passé, dans un Livre (que ce soit les Vedas, la Bible ou le Coran) et que donc les "fidèles de la vraie Foi" , ceux qui se réfèrent à ce Livre Saint, sont supérieurs aux mécréants, ceux qui doutent, qui remettent toujours tout en question.
    L'Occident tel que le définit Brunschvicg ne promet aucun "patrimoine culturel", aucune récompense dans les cieux, il promet seulement du sang, de la sueur et des larmes : car il appelle seulement à travailler sans relâche à bien penser , suivant la raison occidentale qui est la raison tout court, loin des imaginations matérialistes de transcendance , de "monde intelligible" , ou d'éternité imaginative, dans une durée perpétuelle , "dans les cieux"....
    qui peut dire qu'il a satisfait une fois pour toutes à ces exigences ? personne , car ce serait montrer que l'on n'a pas compris la nature de ce qui est ici proposé !
    Mais alors, si personne ne peut se dire "occidental" en ce sens, n'y a t'il pas là seulement de belles formules creuses...
    je ne le crois pas, car il me semble que trois êtres humains au moins, certainement plus, ont "incarné" ces valeurs : Spinoza, Einstein et Brunschvicg.
    Nous pouvons nous en assurer, vérifier la vérité de ce qui est dit ici, en examinant non pas leur vie, quoique celle ci soit au plus haut point digne d'être admirée, mais leur oeuvre !
    C'est à dire en accomplissant le travail , énorme et interminable, d'étudier les philosophies de Spinoza et Brunschvicg, et la physique relativiste d'Einstein. Qui n'est autre que le travail de réflexion et de pensée qui est celui auquel appelle le texte de Brunschvicg...
    Ces trois personnalités représentent trois "incarnations" de ce que Brunschvicg appelle le Médiateur dans la treizième leçon , "La conversion à l'humanité" de "Philosophie de l'esprit" , "médiateur" qui n'est autre que ce que nous pourrions appeler le Christ, ou le Verbe-Logos, qui n'a rien à voir avec le personnage historique de Jésus-Christ ni avec les imaginations et les fabulations à propos du "Fils de dieu" et de la résurrection "après la mort" qui sont celles du christianisme historique (puisque celui ci est contaminé par les valeurs asiatiques, comme le dit Brunschvicg):
    « ce qui s’oppose avec Socrate à la force matérielle du passé social, c’est l’humanité idéale que portent en soi la découverte et le développement de la raison pratique, c’est une sorte de Médiateur tel que sera le Verbe selon Malebranche dans les Méditations chrétiennes, ou le Christ selon Spinoza dans le Tractatus theologico-politicus.

    Le Médiateur est présent chez Galilée devant le Saint Office, comme plus tard, devant la violence acharnée des critiques, chez Lavoisier ou chez Cauchy, chez Pasteur ou chez Einstein. C’est lui aussi qui est, devant les condamnations prononcées par les autorités sociales, présent chez le Pascal des Provinciales et chez le Voltaire de l’affaire Calas, chez le Rousseau de l’Emile et chez le Kant de la “Religion dans les limites de la simple raison”.

    Cette présence est ce qui rend heureux le modèle de justice que Platon a dépeint dans le second livre de la République:

    il sera fouetté, torturé, mis aux fers, on lui brûlera les yeux; enfin, après lui avoir fait souffrir tous les maux, on le mettra en croix, et par là on lui fera sentir qu’il faut se préoccuper non d’être juste mais de le paraître”

    Or le juste parfait, quelle que soit sa destinée, du point de vue physique ou social, est heureux non en songeant à l’avenir, par l’espoir d’un temps où serait matériellement compensé et récompensé le sacrifice actuel, mais par une joie immédiate, intérieure et pleine qui ne laisse place à aucune idée de sacrifice, où il s’exalte au contraire dans le sentiment d’incarner la justice éternelle et universelle »

    Publié par topos à 10:06:55 dans Choc des civilisations | Commentaires (0) |

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    LE BUT DE NOTRE CROISADE

    Notre but, notre tâche, est le réarmement intellectuel, moral et spirituel de l'OCCIDENT chrétien, et donc de toute l'humanité: passée, présente et future. Car les fruits de l'esprit sont éternels et divins, puisque Dieu est Esprit. Le monde est tout ce qui arrive, tout ce qui est le cas, tout ce qui est un fait, et glisse immédiatement au passé et semble t'il au Néant : mais l'esprit est SENS, et les oeuvres, évènements, penseurs du passé peuvent toujours être réinterprétés par l'Esprit qui construit et déconstruit. Aussi le passé vit-il toujours et éternellement sous forme de SENS, et infléchit-il ainsi le présent et le futur, qui à leur tour le modifieront en créant les conditions de sa réinterprétation. UN est le TOUT. "le chemin qui mène à ce but, au savoir absolu, ou encore à l'esprit qui se sait comme esprit, est le souvenir des esprits tels qu'ils sont chez eux mêmes et accomplissent l'organisation de leur royaume. Leur conservation selon le côté de leur libre existence dans son apparition phénoménale sous la forme de la contingence, est l'Histoire, tandis que du côté de leur organisation comprise de manière conceptuelle, c'est la science du Savoir dans son apparition phénoménale; l'une et l'autre réunies ensemble, l'Histoire comprise conceptuellement, constituent le souvenir et le GOLGOTHA de l'Esprit Absolu, l'effectivité, la vérité et la certitude de son trône sans lequel il serait solitude sans vie: Et c'est seulement du calice de ce Royaume d'esprits que monte vers Lui l'écume de Son Infinité"

    Moi

    Comment j'ai appris à ne plus m'en faire et à aimer D-ieu plus que l'être-pour-la-mort...


     


    une fourmi noire, 


     


    dans la nuit noire,


     


    sur la terre noire,


     


    sous une pierre noire,


     


    D-ieu seul la voit


     


    et ici le diable souffle : Dieu....et la police, peut être ?


     


     


     


     

    Notre CREDO

    "le propre de l'esprit est de s'apparaitre à lui même dans la certitude d'une lumière croissante, tandis que la vie est essentiellement menace et ambiguïté. Ce qui la définit c'est la succession fatale de la génération et de la corruption. Voilà pourquoi les religions, établies sur le plan vital, ont beau condamner le manichéisme, il demeure à la base de leur représentation dogmatique... ce qui est constitutif de l'esprit est l'unité d'un progrès par l'accumulation unilinéaire de vérités toujours positives. L'alternative insoluble de l'optimisme et du pessimisme ne concernera jamais que le centre vital d'intérêt; nous pouvons être et à bon droit inquiets en ce qui nous concerne de notre rapport à l'esprit, mais non inquiets de l'esprit lui même que ne sauraient affecter les défaillances et les échecs, les repentirs et les régressions d'un individu, ou d'une race, ou d'une planète. Le problème est dans le passage , non d'aujourd'hui à demain, mais du présent temporel au présent éternel. Une philosophie de la conscience pure, telle que le traité de Spinoza "De intellectus emendatione" , en a dégagé la méthode, n'a rien à espérer de la vie, à craindre de la mort. L'angoisse de disparaitre un jour, qui domine une métaphysique de la vie, est sur un plan; la certitude d'évidence qu'apporte avec elle l'intelligence de l'idée, est sur un autre plan" Léon BRUNSCHVICG

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