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seken no awa

Images du monde flottant

Cauchemar de scientifique | 01 mars 2005

1h du mat, tranquillement endormie sous votre couette, vous rêvez:

Stockholm, remise du prix Nobel de physique, vous êtes la, devant un parterre d'éminents scientifiques, vous vous apprêtez à faire votre discours de remerciement "Merci papa, merci maman, merci à tous, je suis trop contente d'avoir le prix Nobel, je ne sais comment exprimer ma joie ma gratitude" etc... quand soudain, dans l'assemblée, un bidon à azote liquide se lève et vous pointe d'un doigt accusateur (enfin, façon de parler, tout le monde sait très bien qu'un bidon à azote liquide ça n'a pas de doigt, même dans les rêves). Sa voix nasillarde s'élève: "Je proteste, elle ne peut pas prétendre au prix Nobel, elle a commis une erreur impardonnable hier soir en quittant le labo: elle a oublié d'ouvrir la vanne de sécurité"

Réveil en sursaut, zut, il a raison, hier soir en quittant le labo vous n'avez pas ouvert la vanne de sécurité de la bouteille d'azote liquide. En tout cas, vous ne vous rappelez pas l'avoir fait...C'est embêtant...En tout cas, vous n'arrivez plus à vous rendormir, vous imaginez le pire. Scénario catastrophe: la pression augmente dans le bidon, explosion, 3 de vos collègues au moins périssent dans l'incident.

Mauvais côté de la vie au Japon: votre chef va entrer dans une rage folle, il va devenir tout rouge, va vous insulter. Puis il se reprendra et d'un geste parfaitement calme et maîtrisé, il vous tendra un sabre. Seule issue possible: laver votre honneur dans le sang (le vôtre bien sur).

Bon côté de la vie au Japon: à toute heure du jour et de la nuit, vous êtes sure de trouver quelqu'un au labo. Vous appelez donc vite fait le bureau. Vous tombez sur le plus insomniaque de vos collègues qui va s'empresser d'ouvrir la vanne qui pose problème. 2 minutes plus tard, petit mail sur votre keitai pour vous dire que tout va bien. Et vous replongez avec délice sous votre couette.

Aaah, y'a pas à dire, le travail intensif ça a du bon, surtout quand ce sont vos collègues qui bossent comme des malades pendant que vous êtes tranquillement chez vous.

 

Publié par marie110575 à 03:50:30 dans Journal au titre du laboratoire | Commentaires (12) |