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Cet après-midi au bar du théatre, j'ai discuté un peu avec deux collègues, deux femmes, qui travaillent comme ouvreuses depuis plus de 20 ans. Elles ont une vie difficile, parce qu'elles travaillent au rythme des spectacles et sont soumises par conséquent à des horaires très élastiques. Je les aime bien parce qu'elles pourraient etre mes mères, et pourtant elles n'hésitent jamais à venir faire la causette, à s'intéresser, à me raconter leurs histoires, etc.
Au fil de la conversation, je leur ai appris que je quittais Rome définitivement en juillet. Je me suis alors souvenu que je ne l'avais dit qu'à très peu de personnes, et en l'occurence pas à elles. Elles ont exprimé leur déception en me prenant dans leurs bras, je ne m'y attendais pas, j'ai failli verser ma larme !
Si ça commence ainsi, mais dans quel état je vais me retrouver à la veille de partir ? Déjà que maintenant, à J - 2 mois, je sens m'envahir petit à petit la nostalgie de Rome et de ma petite vie italienne... Je vais devoir sérieusement me préparer à sortir les mouchoirs.
Publié par sylviette à 19:11:32 dans Chronique de la dolce vita | Commentaires (4) | Permaliens
Hier soir j'ai poursuivi mon délicieux train train de dolce vita, en faisant la tournée des bars et des boites avec mes potes du bar. J'avais l'impression d'etre en Erasmus, on sillonnait la ville en scooter sans meme avoir froid, et on mangeait un sandwich toutes les deux heures pour compenser notre rythme infernal.
Nous avons fini la nuit dans un bar du centre, que je ne connaissais pas et où je ne serais jamais allée de ma propre initiative. En sortant, quelle ne fut pas ma surprise de rencontrer Mathieu, et oui toujours le meme, fumant sa clope à l'entrée du club ! J'étais crevée, mais j'ai trouvé l'énergie de m'extasier face à une telle absurdité. Comment peut-on, lorsque l'on est perdu dans une ville immense et surpeuplée, tomber par hasard, dans un lieu où l'on ne va jamais, sur l'une des rares personnes que l'on connait, et de plus un Français ?
Publié par sylviette à 23:04:53 dans Chronique de la dolce vita | Commentaires (2) | Permaliens
Dans la série "je n'en peux plus de triper", j'ai passé hier l'après-midi à la mer. Il y avait encore très peu de monde, le ciel était limpide parce que le vent dégageait tous les nuages vers Rome, j'étais en maillot sur ma serviette et j'avais chaud, sans que ce ne soit jamais désagréable. Plus tard, je suis arrivée au théatre en tongues, mes Converses à la main, et j'ai pris un malin plaisir à mettre du sable partout dans le garde-boissons du bar.
Je continue de me lever à midi, c'est le matin que je dors le mieux. Je n'en éprouve aucun scrupule, parce que je profite bien de mes après-midis et que je sors tous les soirs. Je me suis rendue compte dernièrement à quel point j'aime la bière, ce n'est pas très classe mais ça a le mérite de satisfaire ma grande soif.
Aujourd'hui la petite serveuse colombienne (ou mexicaine ?) du bar près de chez moi m'a demandé si je parlais l'espagnol. Je viens souvent prende mon café chez eux, ils ont l'abitude de voir ma tete de bridée, et pourtant ils ont cru que j'étais sud-américaine. On a discuté, je me suis alors fait la remarque que cette nana pourrait très bien devenir une amie.
En ce moment il pluviotte sur Rome, mais le climat est de type tropical. Ainsi le soir il fait encore chaud, les terrasses sont bondées, c'est vraiment mon moment préféré de l'année. Un seul détail à revoir : fermer la bouche quand je suis extasiée.
Publié par sylviette à 15:54:51 dans Chronique de la dolce vita | Commentaires (2) | Permaliens
Publié par sylviette à 14:45:44 dans Photos | Commentaires (0) | Permaliens
En ce moment, dans le cadre du festival international de la photo de Rome, de nombreuses galeries, librairies et autres cafés accueillent une centaine d’expos en tout genre. Je suis assez friande de ce genre de manifestation, évidemment parce que j’adore la photo, mais aussi parce que cela permet toujours de découvrir une multitude de lieux exceptionnels et de mieux connaître la ville.
J’avais déjà entamé un parcours que je m’étais imaginé par quartier, afin de râtisser un maximum d’expos de façon intelligente. Généralement, je ne regarde même pas de quoi ça parle, je ne fais pour ainsi dire aucune sélection : c’est de cette manière que l’on déniche des petites merveilles, inattendues. Après deux semaines d’arrêt maladie qui m’ont clouée à la maison, je décide hier de reprendre mon parcours. Zone ciblée cette fois-ci : pourquoi pas San Lorenzo ? C’est l’un des quartiers de Rome les plus populaires. Bastion de la contestation universitaire et sociale, il serait occupé par des ouvriers, des intellos progressistes, des artistes et des étudiants. J’y passe souvent, mais seulement la nuit, parce que le quartier regorge de petits bars et restos et que les rues, envahies par les jeunes Romains une fois le soir tombé, s’animent d’une joyeuse ambiance noctambule. Ainsi, bien que vivant à Rome depuis un an et demi, je n’ai jamais eu la moindre idée de ce qui se trame là en pleine journée : quartier mort ? Petits vieux ? Poussettes ?
J’ai été complètement séduite. Le quartier respire la vie, les rues sont calmes mais pas trop, les bâtiments sont jolis et colorés, il y a même un parc familial qui côtoie les magasins de disque. En suivant mon guide du festival de la photo, je me suis retrouvée à suivre des rues charmantes et peu fréquentées, menant vers des lieux comme j’aime en découvrir. Une galerie classique nichée au fond d’une cour dans laquelle cohabitent des artisans. Une galerie chic de style très épuré perchée au 5e étage d’un immeuble accessible seulement en grimpant à bord d’un monte-charge (vous savez, ces ascenseurs énormes dont les portes s’ouvrent comme celles d’un garage, ça fait très underground). Une maison de quartier proposant une expo visitable seulement en chevauchant les jeux pour enfants éparpillés au sol. Une galerie nouvelle génération avec tuyauterie visible au plafond, cave en vieilles pierres et déco minimaliste, dans le style du Palais de Tokyo à Paris. Un atelier d’impression photo grand format, avec planches de découpe énormes, rouleaux éparpillés à droite et à gauche, machines en tout genre et un canapé en plein milieu, pour s’asseoir deux minutes et observer les œuvres épinglées aux murs.
Vous le comprendrez, j’ai complètement tripé. J’ai cru revenir à mes premiers pas à Rome, lorsque mes yeux émerveillés s’extasiaient à chaque nouveauté, à chaque découverte. J’ai eu l’impression de percer les secrets de ce quartier et de rendre hommage à ses beautés cachées. Il me reste que deux mois pour en découvrir encore plus, j’en salive d’avance.
Photo de Sylviette
Publié par sylviette à 14:44:25 dans Ce que j'ai vu et qui tue | Commentaires (7) | Permaliens
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