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Les niouzes d'une expatriée à Rome

Piazza Santa Cecilia, hier après-midi | 05 juin 2006


Photo de Sylviette

Publié par sylviette à 14:56:14 dans Photos | Commentaires (0) |

... (soupir) ... | 05 juin 2006


Photo de Sylviette

Publié par sylviette à 14:52:44 dans Photos | Commentaires (0) |

Première étape : trouver un emploi | 05 juin 2006

J’ai commencé à chercher sérieusement du travail. Passivement, à travers une veille internet et ma candidature aux offres intéressantes, mais en tout cas bien plus active que jusqu’à présent. Quel sens cela pouvait bien avoir de chercher un taf deux mois avant de rentrer à Paris ? Ces histoires-là se règlent généralement en quinze jours maxi, parce que les offres sont souvent urgentes. Donc je cherche un emploi de chargée de communication ou conceptrice-rédactrice, parce que ma spécialité est d’écrire mais je connais aussi toutes les techniques liées à la communication institutionnelle (organisation d’événements, relations publiques, lèche-bottes presse…). Mes premières recherches ont de quoi être optimiste : il y a des offres, il y en a même plein ! Ce n’est évidemment pas dit que je trouve tout de suite, mais au moins c’est encourageant, pas comme il y a cinq ans lorsque je venais de finir le Celsa et qu’une belle galère nous attendait tous au tournant. Et puis j’ai maintenant un peu d’expérience, ce n’est pas comme si je n’avais jamais travaillé dans mon domaine.

Désormais, mon CV raconte que j'ai été enseignante de français, commerciale dans le domaine du multimédia, photographe d'entreprise, rédactrice internet et chargée de communication pour un théatre. Disons que j'ai joliment reformulé l'intitulé de mes diverses missions. J'ai par ailleurs omis de préciser que celles-ci n'avaient duré, pour la plupart d'entre elles, que quelques jours, et que mes activités principales ont été serveuse et barmaid. Mon truc c'est la communication oui ou non ?

Publié par sylviette à 14:50:41 dans Chronique de la dolce vita | Commentaires (0) |

Une ménagère est née | 04 juin 2006

Hier matin j’étais un peu down. Sans doute parce que je ne me sens pas en super forme depuis quelques jours, que je me sens fatiguée alors que je ne glande rien, que j’ai des vertiges sans raison et que le beau temps a cédé à la pluie. A tel point que j’ai décidé d’annuler le dîner chinois que j’avais accepté d’organiser chez moi le soir-même, à la demande d’Andrea.

J’ai donc commencé la journée avec 2 de tension, et pour échapper à ma léthargie, je me suis forcée à sortir un peu. Je me suis rendue au marché de l’Esquilino, mon préféré, convaincue qu’une immersion parmi les Indiens et les Chinois (parmi les miens en somme) me rendrait un peu de vigueur. Ca a plus ou moins marché : le joyeux bordel qui régnait ainsi que la vue de tous ces produits frais ont réveillé la ménagère qui sommeille en moi. J’ai eu subitement envie de me remettre aux fourneaux. Tiens, et si je créais un blog de cuisine ?

J’ai expérimenté la recette sicilienne de la pasta alla norma : sauce à base de tomates et basilic auxquels on ajoute des dés d’aubergine frite et un peu de ricotta salée. Résultat passable, mais rien à voir avec la norma de Luigi, qui me rendait carrément folle. Le soir, j’ai eu envie des nems de ma mère. Vu qu’il est impossible d’en trouver au menu des restos chinois de Rome (mystère que je n’ai pas encore réussi à percer), le seul moyen d’en manger est de les faire soi-même. Un exercice périlleux parce qu’il faut réunir un tas de petits ingrédients, que la préparation est longue, que l’odeur de friture embaume toute la baraque et que la vitesse avec laquelle cela se mange est désespérante. Elodie, Alessandro, Francesca et Andrea sont venus tester, trop heureux d’être conviés à une séance de dégustation. La soirée s’est terminée par une partie de Jungle speed (ça faisait longtemps) et votre Sylviette a remporté 9 manches sur 10 (j’ai laissé Andrea gagner une fois, ça devenait gênant). J’avais une patate d’enfer, rien à voir avec ma mollesse du matin.

Maman avait donc tout compris dès le début : prendre soin de sa maison, de son frigo et de ses convives est la clé du bonheur. J'ai enfin trouvé à but à mon existence... si c'est pas de la vocation ça !

Publié par sylviette à 15:41:01 dans Ce que j'ai vu et qui tue | Commentaires (3) |

L'Italie, prison intellectuelle | 03 juin 2006

Hier j’étais chez l’Arabe d’en-bas (qui est en fait un Indien). Il m’appelle « chérie » et me fait toujours une petite réduction. Il m’a demandé ce que je comptais faire pour les vacances, et j’ai été amenée à lui expliquer que pour moi il n’y en aurait pas, parce que je rentrais en France en juillet et qu’il fallait que je me remette au travail. Il semblait étonné et toute sa petite famille a commencé à faire un cercle autour de moi. Il est vrai que pour eux un retour au pays n’équivaudrait pas à la même chose, eux sont commerçants et pas vendeurs de roses comme 90% des Indiens à Rome. Un petit vieux qui passait a entendu la conversation : « Laissez-la, c’est normal qu’après les études elle ait envie de chercher du travail dans son pays, non ? ». J’ai expliqué rapidement que je n’étais pas étudiante, même si je donne l’impression d’avoir 22 ans, et qu’au contraire c’était de l’histoire ancienne. J’ai alors ajouté (les clients s’amassaient petit à petit autour de nous) que je ne croyais plus en l’Italie, que c’était un pays extraordinaire et fascinant, mais que j’étais déçue par la manière dont il est fonctionne.

La veille, j'avais emprunté à Veronica son DVD "Viva Zapatero", documentaire italien dont j'avais beaucoup entendu parler lors de la sortie du "Caiman" de Nanni Moretti mais que je n'avais jamais eu l'occasion de voir. Je me suis pris de nouveau une bonne claque. La réalisatrice, Sabina Guzzanti, est un peu notre Pierre Carles français. Après avoir eu le courage, dans un pays dont la presse est muselée et controlée par les politiques, de lancer un programme télévisé satirique prenant notamment en dérision le gouvernement de Berlusconi, et après avoir vu son émission tout simplement annulée par la Rai et son nom bafoué par la presse elle-meme, Sabina Guzzanti s'est intéressée à savoir pourquoi la presse dite indépendante ne s'est jamais rebellée, comment dans un pays civilisé la politique peut exercer une telle pression à la vue de tous en toute impunitée, et pourquoi chez les voisins européens de l'Italie (notamment l'Angleterre, la France et l'Allemagne) la satire politique est aussi bien acceptée. Il faut tout de meme préciser que l'Italie est classée au 77e rang mondial en terme de liberté d'expression et de la presse, derrière des nombreux pays africains et sud-américains...
Bref, ce film m'a passionnée et en meme temps dégoutée. Je me suis sentie très fière d'etre française, sentiment qui ne cesse de croitre depuis que je vis en Italie.

Publié par sylviette à 16:21:31 dans Ce qui se passe dans ma tête | Commentaires (7) |

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