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printemps des poètes | 11 avril 2008

Mercredi soir.. bien avant les mojitos cités plus bas, j'ai assisté à un spectacle multiculturel, dans lequel des poèmes étaient déclamés.

J'ai découvert Jacques Rebotier, et un de ces textes m'a particulièrement touché, tant il est effoyable. Il faut dire que M. L. l'a bien fait vivre aussi.

Je vous le fait partager:

 Litanie du retournement du corps

 


Trois litanies
(Troisième volet) - Litanie du retournement du corps
De Jacques Rebotier
Poète, musicien
Inédit


 in
Orphée Studio
Poésie d'aujourd'hui à voix haute
Présentation et choix d'André Velter
nrf
Poésie/Gallimard
(droits réservés)



Toi, depuis le temps que tu te dis que ta peau doit être mieux de l'autre côté, que tes épaules, ta poitrine, ton dos, tes ongles gagneraient à être vus par en dessous, tes cuisses, tes doigts, ton pénis, retournés comme des gants, ou de vieilles chaussettes, ta gorge renversée, ton larynx écortiqué, comme carapace de langoustine au verso de laquelle s'appliquent des pouces, tes phalanges démontées par le menu, tes papilles à gustation une à une rebroussées, désénervées, tes artères nommément déjantées comme soudains ces pneus de vélo, diables jaillis de nos bottes, ton oreille ébigornée, désenfouie, cette soi-disant oreille interne, avec marteau, enclume et je ne sais quel artisanal étrier, tes nerfs dégainés comme l'acier, la veine cave troussée et retroussée comme peau de lapin, ou vieux boudin, ta vessie déballonnée, hérissée comme un poisson-lune, hissée comme un jeu au fil du cerf-volant, ton aorte excavée, tes poumons débroussaillés, tes orteils révulsés, dépenaillés, tes yeux dépeignés, torréfiés, inoculés, anophtalmés, puis dépeignés à nouveau, ton pénis ébouriffé, parapluie qu'une bourrasque a fait sortir de ses gonds, tes cheveux déchaînés un à un Dieu évidemment reconnaîtra les siens, ton oreille à outils (l'autre) enfin désinternée, déterrée en grande hâte avec une fourchette à cerveau, tes reins décapsulés, ta vulve renversée, révolutionnée, qu'on puisse un peu voir de quoi il retourne, tes ovaires décoiffés, rangés l'un après l'autre dans des boîtes à œufs, ton foie éclaté comme une mangue, ton foie exhibé comme un fait divers, ton foie qui demande à être tranché au plus fin pour mieux démultiplier ses surfaces au soleil, ton pharynx désengoncé, ton œsophage déboyauté, ton pancréas percé à jour, ta trachée précipitée face contre terre dans la position de la pire humilité, et ton estomac : retournement d'estomac dans son exceptionnelle situation, vieil estomac, avant-déluge, sac à pattes, que ton tube-à-digérer tout entier soit balancé de l'amont vers l'aval, jeté cul par-dessus tête, et particulièrement échiqueté, tortillonné, torsionné, comme un anneau de Moebius qui aurait mal tourné, ton intestin patiemment écouvillonné, je ne veux pas voir un centimètre carré de la paroi interne de ce gros et de ce petit côlon qui ne soit proprement remis à sa place, que chacun d'eux soit rendu à sa nature vraie jusqu'au dernier de tes pores et toutes moelles dehors le dernier de tes derniers os, jusqu'au dernier de ton premier paléo-cerveau, hémisphères à deux dos, gorgés de tout, pleins de faux, hurlant qu'on les étale enfin aux quatre points de –mille milliards de neurones palpitant dans la nuit comme villes-lumières – la planète. Ah, depuis le temps que tu ne rêves non pas seulement sens dessus dessous mais sens dedans dehors, depuis le temps, enfin, ah, oui, pouvoir enfin te retourner sur toi-même...


 

Publié par ellavoila à 22:32:59 dans Figures de style | Commentaires (0) |

anagramme | 26 décembre 2004

L'anagramme est un procédé qui consiste à recomposer un mot par l'association de lettres ou phénomènes disséminés dans un autre mot, voire dans le texte. Ainsi, dans le poème de Marbeuf, le dernier mot « larme » est l'anagramme de « la mer » et de « l'amer ».

 

A vos claviers !!!

Publié par ellavoila à 12:00:34 dans Figures de style | Commentaires (9) |

Paronomase... | 13 décembre 2004

Bon,  en plein révision sur les figures de style, je souhaiterais vous en proposer pour que chacun puisse s'exercer ! Alors, commençons par la paronomase.

            La paronomase consiste à rapprocher des mots dont les sonorités sont à peu près semblables mais dont le sens est différent :

 

            Les souris ont des sourcils, les sourcils n'ont pas de souris.

            Touche la mouche, mouche pas la touche...

(E. Ionesco)

 

            Vos bouches mentent

            Vos mensonges sentent la menthe

            Amantes ! (R. Desnos)

 

A vos claviers !!!

Publié par ellavoila à 07:41:51 dans Figures de style | Commentaires (13) |

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