| La République jacobine 1 | LA CONTITUTION DU 24 JUIN 1793 >>
Lançons-nous. Le Peuple ignore trop les fondements de la théorie jacobine qui, pourtant, est encore présente partout dans leur vie quotidienne. Alors que l’Histoire, on commence à s’y habituer, n’est qu’un construit social en faveur de la doxa (le discours dominant), je vais tâcher de réhabiliter le discours jacobin à l’origine de la République. Oubliez-donc la machine centralisatrice, sanguinaire et autoritaire : les livres d’histoire commandités par deux siècles d’oligarques liberticides se sont suffisamment chargés d’entretenir cette image négative de la radicalité populaire des jacobins. Sachez que c’est le citoyen Robespierre qui est à l’origine de notre grande devise républicaine :
LIBERTE
EGALITE
FRATERNITE
INDIVISIBILITE DE LA REPUBLIQUE
OU LA MORT
LIBERTE : La République se construit d’abord et avant tout sur l’émancipation des Peuples : l’inscription des libertés fondamentales par la déclaration des droits de l’Homme et du citoyen part de cette affirmation que « tous les hommes naissent libres et égaux en droit ». Le citoyen de la République jacobine est avant tout un homme libre. Mais attention ! La liberté républicaine revendique son perfectionnement par le fait qu’elle s’exprime par la souveraineté populaire. Or, il n’est pas question ici de liberté individuelle car on admet le principe fondateur du citoyen acteur à part entière de sa propre gouvernance. Sans entrer dans les détails de la théorie du contrat social de Rousseau, pour être bref, la liberté, c’est l’Etat, ce dernier étant l’expression de la volonté générale. C’est ainsi que le seul débat républicain encore d’actualité médiatique se résume à la part de sacrifice des volontés individuelles dans le respect de l’intérêt général. Dans le but de perpétuer la Révolution populaire, la République doit tout mettre en œuvre pour conserver éduquer les consciences citoyennes à un esprit critique et à la connaissance du monde, de l’histoire et de ses droits.
==> Souveraineté populaire, volonté générale, intérêt général, consciences citoyennes.
EGALITE : La République jacobine est un Etat de droit. La démocratie est effective et pérenne dès lors qu’elle est imprégnée d’un fonctionnement administratif complexe et procédurier. En d’autre terme, la bureaucratie à la française est garante de notre démocratie (j’y reviendrai plus tard). Si, depuis le sénat romain, le législateur est la plupart du temps juriste de formation, c’est bien parce que le droit fait la politique et vis versa. La liberté républicaine est fondée sur l’égalité en droit et l’égalité de droit. En droit parce qu’il est bien connu que tous les citoyens sont égaux devant la loi, et de droit parce que la loi, l’institution et l’administration protègent le citoyen, comme je l’ai dit, par un approfondissement technique de l’abstraction procédurière (exemple de la personne morale). Pour la République jacobine, toute forme de discrimination, qu’elle soit négative ou positive, est intolérable car tout individu est vu comme un citoyen dès lors qu’il est au sein de l’espace public.
==> Etat de droit, égalité en droits, égalité de droit, citoyenneté
FRATERNITE : L’individualisme est une tendance fortement condamnée par l’idéal jacobin. Si la République Française a su repousser les invasions royalistes européennes, c’est bien grâce à la solidarité et à la fraternité de tous les français. L’Etat jacobin est unitaire : la volonté générale n’est pas une somme de toutes les volontés individuelles, il s’agit d’un tout inaliénable. C’est par le collectif que le citoyen trouvera l’affirmation de sa souveraineté, le patriotisme est donc fondateur du lien social nécessaire à l’unité de la République. Le citoyen doit tout à ses concitoyens et à la République, la République doit tout à ses citoyens.
==> tout inaliénable, collectif, patriotisme, lien social, unité de la République
INDIVISIBILITE DE LA REPUBLIQUE : Ce qui découle de tout ce qui vient d’être dit, c’est que la République jacobine est une et indivisible ! Rien ne prévaut à la république, nul n’est au-dessus ou au-dessous des lois. L’intérêt général étant son objectif premier, tout particularisme est méprisé chez l’acteur de l’espace public. Or, la sphère privée n’est pas remise en cause, mais ce qui lui appartient y demeure, et la République se garde d’y pénétrer. Aussi, dès lors que l’individu se trouve au sein de l’espace public, il est citoyen, et s’applique alors à lui comme à tous le principe suivant : « nul n’est censé ignorer la loi », sans quoi l’institution ne serait pas. Le citoyen jouissant de sa liberté et de son égalité, bénéficie de l’accès à la santé publique, à l’éducation, à la politique et à toute prestation publique, où qu’il se trouve sur le territoire de la République. Mais les droits sont indissociables des devoirs qu’ils incombent.
==> République une et indivisible, droits, devoirs
Quintus Brutus
Décadi 10 Frimaire 220
Publié par jacobin69 à 01:21:20 dans Le discours jacobin | Commentaires (0) | Permaliens
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