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¤¤¤ LE CINEMA DE LARA ¤¤¤


 



 


L'art et l'appréciation de l'art sont des notions purement subjectives








Critiques de films de 2007 à 2010


Le Kaléidoscope 2 Lara 


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LA NOUVELLE GUERRE DES BOUTONS | 24 septembre 2011

Synopsis : Mars 1944. Alors que la planète est secouée par les soubresauts de la guerre mondiale, dans un petit coin d’une campagne française se joue une guerre de gosses… Car, depuis toujours, les gamins des villages voisins de Longeverne et Velrans s'affrontent sans merci. Mais, cette fois, leur guerre va prendre une tournure inattendue : tous les petits prisonniers se voient délestés des boutons de leurs vêtements, en sorte qu’ils repartent presque dénudés, vaincus et humiliés. Ce conflit porte désormais un nom : la "guerre des boutons".

De Christophe Barratier avec Guillaume Canet, Laetitia Casta, Kad Merad, Gérard Jugnot et Jean Texier

Sortie le 21 septembre 2011

 

Je poste volontairement une affiche non officielle, vous comprendrez plus bas pourquoi ...

Mais voilà, ça y'est, nous y sommes en plein dans une "analyse comparative" (ouh la la ça fait un peu pompeux je n'ai nulle prétention d'être pertinente sur l'affaire !!) qui va être fatale ... à celui-ci. Parce que là, malgré l'admiration que je porte à Christophe Barratier après le phénoménal succès des Choristes et l'excellent Faubourg 36 que j'avais beaucoup aimé, j'avoue être amèrement déçue par cette plus que libre adaptation.

Le réalisateur s'éloigne radicalement du livre, le dénaturant, lui ôtant sa substance et son ton bon enfant.

En tentant de développer et d'étoffer son film (toutefois je lui donne un avantage sur la qualité de l'écriture), il accentue les rôles d'adultes et le fond historique qu'il situe pendant la Seconde Guerre Mondiale.

Mais à vouloir trop bien faire, il en perd la légèreté, l'enthousiasme et la spontanéité qui sont ici indispensables pour rendre le film plus accessible car, en alourdissant son propos par l'Histoire, il parasite son film de tas de scènes difficiles qui n'apportent rien à l'intrigue principale qui devrait être le pivot central alors que "la guerre des boutons" entre les deux clans d'enfants semble quasiment anecdotique. Certes il la qualifie de "nouvelle" mais est-ce bien suffisant ? Tout le film en est altéré.

Par contre, il sait choisir ses acteurs, le casting masculin de Barratier est irréprochable.

Guillaume Canet est toujours aussi juste, Kad Merad est excellent et surprenant, Gérard Jugnot égal à lui-même. Le cinéaste a su par ailleurs trouver des gamins à la hauteur. A noter la présence du jeune Théophile Baquet (d'où l'affiche que j'ai postée) dans le rôle de Grand Gibus, le fils de Gregori (un artiste complet que j'aime beaucoup), le petit-fils de Maurice. Un enfant de la balle fort prometteur et mignonnet comme tout.

Par contre, Laetitia Casta ne s'est toujours pas améliorée. Dieu qu'elle est mauvaise ! Oui bon elle est belle, on ne peut le nier, lorsqu'elle n'est pas fardée, lorsque le rouge à lèvres ne lui bouffe pas la bouche ... mais elle n'a nul don d'actrice.

Christophe Barratier est pour moi ici plus un auteur qu'un réalisateur. La mise en scène n'a rien d'ébouriffant. Son film est très bien écrit, dense et même intense et je l'aurais sans nul doute apprécié si je n'avais été dérangée par une adaptation plus qu'approximative du roman de Louis Pergaud, dérangée par une réalisation un peu trop carrée, stricte et académique, convenue et classique, dérangée par une fin un peu abrupte et par les deux lignes de texte qui concluent son œuvre. Il a oublié sans nul doute que la cible principale était les plus jeunes. J'aurais bien vu un épilogue en images. Ici, du coup, nulle émotion ne vient vous étreindre.

Je pense donc que dans sa structure et sa construction, le film de Barratier est très bien maîtrisé et abouti (mieux que celui de Yann Samuell) mais s'adresse davantage aux plus âgés, les tout jeunes enfants seront sûrement un peu perdus et auront du mal à comprendre certaines scènes un peu ardues.

Bien que La guerre des boutons de Yann Samuell ne m'avait pas non plus convaincue plus que cela, je pense toutefois que je le préfère à celui-ci trop dramatique.

L'adaptation de Yann Samuell est bien plus poétique et touchante, il a davantage soigné son image et ses séquences finales a contrario de Christophe Barratier dont on a la pénible impression qu'il a voulu rendre une copie un peu trop propre et sans faute, y perdant au passage son naturel, sa sincérité et son émotion. Je préfère donc mille fois les failles, faiblesses, couleurs et coloriages de Yann Samuell que l'infaillibilité de Christophe Barratier.

Résultat des courses : 1 partout, balle au centre, avantage Samuell ...

Et si on se revoyait celui de Yves Robert hein ? Finalement !! réflexion faite ...

Publié par lara1340 à 11:59:25 dans Critiques de films | Commentaires (0) |

CRAZY STUPID LOVE | 22 septembre 2011

Synopsis : A tout juste quarante ans, Cal Weaver mène une vie de rêve - bonne situation, belle maison, enfants formidables et mariage parfait avec sa petite amie du lycée. Mais lorsqu’il apprend que sa femme, Emily, le trompe et demande le divorce, sa vie « parfaite » s’écroule. Pire, dans le monde des célibataires d’aujourd’hui, Cal, qui n’a plus dragué depuis des lustres, se révèle un modèle d’anti séduction. Passant désormais ses soirées à bouder tout seul au bar du coin, l’infortuné Cal est pris en main comme complice et protégé d’un séduisant trentenaire, Jacob Palmer.

De John Requa et Glenn Ficarra avec Steve Carrell, Ryan Gossling, Julianne Moore, Emma Stone, Analeigh Tipton, Jonah Bobo et Marisa Tomei

Sortie le 14 septembre 2011

Le titre n'est pas évocateur, l'affiche n'est pas forcément des plus accrocheuse, le casting est des plus hétéroclite mais quelle comédie exquise que voilà.

Déroutante et intelligente où les deux réalisateurs s'amusent à nous dévoiler les secrets les plus retors de leur intrigue aux bons moments, ménageant leurs effets de surprise avec subtilité.

Ils brossent surtout quelques portraits piquants. Le père de famille, candide et maladroit, le dandy classe et beau gosse qui papillonne de flirt en flirt jusqu'à rencontrer celle qui va tout changer, la femme paumée qui fait sa crise de la quarantaine, l'ado surdoué et amoureux, la maîtresse d'école nymphomane, la baby sitter qui se cherche, tous se croisent et se recroisent, s'affrontent, s'aiment, se détestent, s'engueulent, se fâchent, se retrouvent.

Certes on ne s'attardera pas sur une réalisation loin d'être époustouflante mais plutôt sur un scénario brillant et inventif, des dialogues excellents (quelques répliques énormissimes), des situations parfois drôlissimes parfois émouvantes, et des scènes qu'on pourrait d'ores et déjà qualifier de cultes (la bagarre foutoir finale est géniale).

S'y baladent allègrement des acteurs qui trouvent ici des rôles forts, profonds et bien étudiés.

Steve Carell campe son personnage avec brio et trouve ici je pense le meilleur rôle de sa carrière face à Ryan Gossling qui a le vent en poupe en ce moment à Hollywood.

Le jeune acteur canadien a, il est vrai, un indéniable charisme, porte le costume avec magnificence, promène son regard bleu avec intelligence et joue superbement. Déjà aperçu et apprécié précédemment dans diverses productions réussies, je lui prédis un bel avenir (prochainement aux côtés de mon adoré Bradley Cooper dans The place beyond the pines, ça promet !) ...

Les rôles féminins ne sont pas en reste, n'étant ni des seconds rôles ni des faire-valoir.

Julianne Moore vieillit bien et a toujours autant de charme, Emma Stone est une vraie révélation et Marisa Tomeï révèle un potentiel comique qu'on ne lui soupçonnait pas.

Mais celui qui éclaire l'écran de sa bouille d'ange est sans nul doute le jeune Jonah Bobo, un adolescent prometteur auquel je souhaite le meilleur car il est vraiment très bon.

Alors certes, on n'éclate jamais vraiment de rires francs (à part deux ou trois fois ...) mais on sourit souvent et je dirais même que j'ai pleuré à la fin, émue par certaines répliques qui m'ont touchée en plein cœur, telle "Quand tu as trouvé ton âme sœur, n'abandonne jamais". Cette phrase à elle seule résume un peu l'histoire d'amour que je vis actuellement, d'où mon émotion intense.

Ce n'est peut-être donc pas une comédie à gags comiques mais plutôt lorgnant vers la comédie sentimentale mais très réussie car jamais larmoyante, jamais mielleuse, très bien écrite, percutante et efficace, fort bien rythmée, pleine de caches secrètes, de pochettes surprises, de feux d'artifices, de rebondissements jubilatoires.

Réjouissant et jouissif.

Publié par lara1340 à 11:55:55 dans Critiques de films | Commentaires (1) |

LA GUERRE DES BOUTONS | 22 septembre 2011

Synopsis : 1960, un village dans le sud de la France. Une bande de garçons, âgés de 7 à 14 ans, menée par l’intrépide Lebrac, est en guerre contre les enfants du village voisin, leurs ennemis jurés. Une guerre sans merci, qui dure depuis des générations. On se bat pour l’honneur et la fidélité et, pour gagner, tous les moyens sont bons. Même, s’il le faut, combattre nu comme un ver, ou pire, accepter l’aide de Lanterne - une fille ! - la nouvelle recrue de la bande, pleine de panache et d’ingéniosité.D

De Yann Samuell avec Eric Elmosnino, Alain Chabat, Fred Testot, Vincent Bres, Salomé Lemire et Mathilde Seigner

Sortie le 14 septembre 2011

Alors là un tel événement cinématographique est incontournable. La sortie à une semaine d'intervalle de deux versions différentes du célèbre roman de Louis Pergaud.

Ici, la démarche de Yann Samuell n'était pas de faire un remake du cultissime film de Yves Robert (dont la fameuse réplique "Si j'aurais su j'aurais pas venu" de Petit Gibus n'apparaît pas ici, appartenant au réalisateur d'origine qui en garde les droits d'auteur et dont les ayants-droits ont posé une condition sine qua non pour qu'elle ne soit pas dans ce film ci (ni dans celui de Christophe Barratier à sortir la semaine prochaine d'ailleurs)).

Yann Samuell réadapte plutôt le roman à sa façon, fidèle à son thème de prédilection : comment les événements vécus dans l'enfance influencent le passage à la puberté puis à l'âge adulte.

Après Jeux d'enfants et L'âge de raison, celui-ci s'inscrirait presque naturellement dans la continuité s'il n'était pas autant empreint de l'histoire originelle.

Il est vrai que la comparaison avec l'oeuvre de Yves Robert est inévitable et celui-ci en souffre forcément.

Car j'ai regretté un vrai manque de légèreté et d'humour. Certes c'est amusant mais parfois aussi presque effrayant tant les relations entre les deux clans d'enfants sont tendues voire même cruelles. Les deux chefs s'affrontent bien souvent durement. Heureusement que Petit Gibus amène cette part innocence et de naïveté nécessaires pour alléger le ton, d'autant plus exacerbé par les rapports conflictuels également vécus par les adultes qui entretiennent - peut-être même consciemment - cette guerre des clans.

Toutefois, cela nous permet de se délecter de savoureux face-à-face entre Eric Elmosnino et Alain Chabat, tous deux vraiment excellents (a contrario d'une Mathilde Seigner totalement éteinte et effacée).

Toutefois, le film recèle de bonnes surprises au niveau de la réalisation très soignée, certains plans sont superbes et la fin est magnifique et émouvante (Yann Samuell aime les couleurs et les coloriages et les utilise ici à bon escient).

La relation entre les deux adolescents fait énormément penser à celle de leurs glorieux aînés, Guillaume Canet et Marion Cotillard, presque comme si la fin de ce film correspondait au début de Jeux d'enfants. D'ailleurs, le jeune Vincent Bres a un petit je-ne-sais-quoi de Guillaume Canet (j'imagine bien que ce dernier devait lui ressembler au même âge).

Dans la bande d'enfants, Vincent Bres est celui qui se détache du lot. Il propose déjà une grande maturité de jeu, il est sensationnel. J'aime beaucoup aussi la gamine et la petite bouille craquante des deux frères Gibus.

Un film agréable à suivre mais peut-être un peu trop "scolaire" ; il lui manque à mon sens un brin de fantaisie et la petite étincelle magique qui brille dans les regards de gosses. Il aurait mérité une plume plus simple et plus abordable pour les plus jeunes qui pourraient s'y ennuyer et aurait pu passer outre le fond historique sur guerre d'Algérie qui a son importance peut-être mais qui n'apporte rien et qui même plombe un peu le tout.

Un peu plus de modernité, de rythme et de drôlerie aurait été judicieux.

Il en reste une œuvre toutefois bien jolie (les vingts dernières minutes sont très belles) et attachante, dans laquelle on sent de belles intentions, mais un peu fade et par moments trop lente.

Publié par lara1340 à 11:45:30 dans Critiques de films | Commentaires (0) |

PRESUME COUPABLE | 14 septembre 2011

Synopsis : Le film raconte le calvaire d'Alain Marécaux - "l'huissier" de l'affaire d'Outreau - arrêté en 2001 ainsi que sa femme et 12 autres personnes pour d'horribles actes de pédophilies qu'ils n'ont jamais commis. C'est l'histoire de la descente en enfer d'un homme innocent face à un système judiciaire incroyablement injuste et inhumain, l'histoire de sa vie et de celle de ses proches broyée par une des plus importantes erreurs judiciaires de notre époque.

De Vincent Garenq avec Philippe Torreton, Wladimir Yordanoff et Noémie Lvovsky

Nouveauté

Difficile de trouver les mots pour parler de ce film choc. Une claque. Une oeuvre importante et magistrale, plombante et indispensable qui évoque l'affaire d'Outreau à travers le témoignage d'un homme qui a exorcisé son épreuve par un récit autobiographique ayant servi de trame à cette adaptation poignante (Chronique de mon erreur judiciaire de Alain Marécaux).

L'affaire avait bien ébranlé la France et révèle les rouages de l'implacable machine judiciaire. On en connaissait le contexte dans sa généralité sans en soupçonner les circonstances ni les conséquences désastreuses, l'impact sur la vie des innocents injustement condamnés un peu trop vite par un juge d'instruction orgueilleux, suffisant et zélé.

D'un réalisme bouleversant, d'une crudité choquante, le film décrit sans artifice ni musique (choix audacieux mais intelligent) une erreur judiciaire gravissime qui a fait basculer dans l'horreur la vie de plusieurs familles.

D'une inexorable dimension dramatique, d'une atmosphère pesante, il nous arrache les larmes à chaque plan, tant l'intensité de chaque scène vous prend aux tripes.

Il est d'autant plus marquant et remarquable que, sans jamais tomber dans le pathos et le mélo, il retrace avec exactitude et justesse les moindres détails du parcours de l'huissier de justice même si fatalement certains ont été éludés pour densifier le film, mais l'on sent un travail minutieux dans la reconstitution des faits jusque dans la conclusion quelque peu hâtive (je pense que le réalisateur évite habilement d'entrer dans la complexité de l'affaire pour ne pas ennuyer le spectateur).

La mise en scène est simplissime, d'une sobriété extrême, pour mieux nous plonger dans l'enfer de ce qu'a vécu Alain Marécaux pendant deux longues années, au coeur de cellules grises et minuscules, où promiscuité, tristesse et solitude règnent.

A partir d'une dénonciation calomnieuse, cet homme va peu à peu sombrer dans l'improbable : interrogatoires, perquisitions, intimidations, humiliations, tentatives de suicide, grève de la faim, amaigrissement spectaculaire, visage creusé, gris, regard éteint ... rien ne nous est épargné à l'image et le visage de l'acteur nous hante longtemps après la fin du film (même encore aujourd'hui, cinq jours après l'avoir vu ... c'est la première fois qu'il me faut autant de temps pour "digérer" ce que j'ai vu et ressenti).

Ah l'acteur, venons-en à parler de l'Acteur avec un grand A qui s'est tellement investi qu'il en a perdu presque trente kilos pour être totalement crédible (Alain Marécaux en a perdu en réalité plus de 50 ...). Philippe Torreton, davantage acteur de théâtre, revient ici au tout premier plan au cinéma dans un rôle césarisable (je ne vois pas comment il pourrait échapper à la statuette). Il est phénoménal, portant le film à bout de bras avec, paradoxalement, une force incroyable. Tout son corps n'est que souffrance, à l'intérieur, à l'extérieur. Il dégage une telle empathie qu'on souffre avec lui. Il délivre surtout une prestation absolument extraordinaire sans laquelle le film ne serait rien qu'une coquille vide et qui en perdrait tout son sens et sa substantifique moëlle.

Il éclipse bien évidemment tous les seconds rôles alors qu'ils sont tous tout aussi excellents.

Vincent Garenq signe une oeuvre qui procure un vrai malaise tant on est anéantis par cette révoltante affaire, par ce que l'on découvre (que l'on sait déjà depuis longtemps mais parfois il est bon de recevoir quelques piqures de rappel) de la justice française qui peut à elle seule broyer et anéantir des vies innocentes.

Un film outrageusement fascinant dont on ressort différent, qui ne peut laisser indifférent, qui donne des frissons d'horreur dans le dos et des noeuds dans le ventre, un affreux sentiment de honte, et qui vous reste dans la tête très très longtemps. Une fiction qui n'en est malheureusement pas une.

A VOIR pour ne serait-ce qu'un devoir de mémoire et d'hommage à toutes les victimes d'erreurs judiciaires.


 

Alain Marécaux : "Je pense à Outreau tous les jours"

Accusé de pédophilie lors de l'affaire d'Outreau, Alain Marécaux a repris son activité de huissier de justice. Dix ans après le début de ce scandale, il se confie à France-Soir.

Il y a dix ans, l'affaire Outreau éclatait. Avant que cela ne devienne un scandale judiciaire, le juge d'instruction Fabrice Burgaud pensait avoir mis à jour un vaste réseau de pédophilie. Alain Marécaux, huissier de justice au moment des faits, avait été placé sur la liste des accusés. Il a été incarcéré pendant 23 mois avant d'être définitivement acquitté par la cour d'assises d'appel de Paris en 2005. De cette époque, il a écrit un livre : Chronique de mon erreur judiciaire.  

France-Soir. Que faîtes-vous aujourd'hui ?
Maître Alain Marécaux. Je suis redevenu huissier de justice, j'ai à nouveau prêté serment en 2007. Lorsque j'ai été accusé et incarcéré, j'ai du démissionner et vendre mon étude. Aujourd'hui je suis associé. Pour la petite histoire, je travaille à Calais et je suis souvent amené à être agent instrumentaire pour le tribunal de Boulogne-sur-mer et il arrive que je revienne dans la ville d'Outreau.

F.-S. Repensez-vous souvent à l'affaire ?
Me A. M. Je peux essayer d'oublier, me dire que j'ai certes un passé mais surtout un avenir, que ma vie n'est pas terminée... Mais les fantômes d'Outreau me hantent toujours et il ne se passe pas une journée sans que j'y pense. Cela a été un tel tsunami judiciaire, un tel massacre d'innocents que l'affaire demeure en moi. Les cicatrices resteront toujours.

F.-S. Comment vous reconstruisez-vous ?
Me A. M. Cela se fait petit à petit, par étape. La première d'entre elle a été le livre que j'ai écrit. Ensuite la commission d'enquête parlementaire m'a aidé. Je me reconstruis également grâce à ma nouvelle compagne, et grâce à ma renaissance professionnelle.

F.-S. Depuis la fin de l'affaire, souffrez-vous du regard des autres ? Le soupçon pèse-t-il toujours ?
Me A. M. Non. Les regards portés sur moi ont toujours été positifs. J'ai reçu et je continue de recevoir des marques de soutien et d'affection lorsque je suis dans la rue, dans le train ou en faisant mes courses. Il y a eu une immense prise de conscience de la part des Français sur les dysfonctionnements de la justice. L'affaire d'Outreau a jeté un pavé dans la mare.

F.-S. Quel regard portez-vous sur le traitement médiatique de l'affaire?
Me A. M. J'en ai beaucoup voulu aux médias dans un premier temps. En 2001, lorsque l'affaire a éclaté, j'ai trouvé qu'ils n'avaient pas fait correctement leur travail. Qu'ils avaient recopié ce que les autres disaient sans vérifier leurs informations. Mais par la suite, ils nous ont permis d'avancer et nous ont aidé à faire valoir notre innocence. Je crois que, dans cette affaire, les médias ont réellement été un contre pouvoir.

F.-S. Et sur son traitement judiciaire ?
Me A. M. Sur le plan judiciaire, Outreau n'est pas une erreur puisqu'aucun innocent n'a été condamné. La justice est donc passée. Ce qu'on peut lui reprocher c'est qu'elle soit passée avec autant de souffrances, avec un juge d'instruction qui faisait n'importe quoi. En 2001, nous avons été embastillés non pas par une lettre du roi mais par une lettre de Fabrice Burgaud. Lorsque  j'ai été arrêté, j'avais l'impression de revenir 60 ans en arrière, que la Gestapo venait chez moi. La présomption d'innocence n'a jamais existé.

F.-S. La justice a-t-elle tiré les conséquences de ce désastre ?
Me A. M. La Commission d'enquête parlementaire sur Outreau a fait des propositions qui vont dans le bon sens même si les réformes restent timides. Je pense que les mentalités ont évolué et que les rapports entre les avocats et les juges d'instruction ont changé. Burgaud se croyait tout puissant.

F.-S. Qu'attendez-vous aujourd'hui ?
Me A. M. Lorsque nous avons été acquittés, nous avons reçu une lettre d'excuses du Garde des Sceaux ainsi que du Premier Ministre et du président de la République. Aucun des magistrats qui a instruit l'affaire ne l'a fait. Certains ont même eu des promotions et Fabrice Burgaud a seulement été admonesté par sa hiérarchie. Ce n'est pas normal. Le corporatisme des magistrats a fait que tout un corps a soutenu la brebis galeuse. Dans les autres professions, la brebis galeuse ne reste pas. Fabrice Burgaud aurait dû démissionner car en plus de broyer des vies, il a sali la justice. Une justice en laquelle je crois même si elle m'a exclu à l'époque. Aujourd'hui j'attends quelque chose d'humain. J'attends que Fabrice Burgaud s'excuse, j'en ai besoin pour pardonner comme j'ai pardonné à Myriam Badaoui. Mais je ne sais pas s'il a l'éducation pour le faire.

F.-S. Revoyez-vous les autres anciens accusés ?
Me A. M. Je revois Karine Duchochois qui est devenue journaliste et prépare un documentaire, Roselyne Godard qui dirige une association dont je suis trésorier, Dominique Viel lorsqu'il revient sur Calais et Daniel Legrand, fils. Les autres, je n'ai pas de nouvelles. Quand nous nous voyons, nous parlons de ce qui s'est passé évidemment et nous cherchons à comprendre comment cela a pu se produire.

(source : http://www.francesoir.fr/actualite/justice/alain-marecaux-je-pense-outreau-tous-jours-75475.html)

Publié par lara1340 à 14:13:58 dans Critiques de films | Commentaires (0) |

SEXE ENTRE AMIS | 11 septembre 2011

Synopsis : Lorsque Jamie, chasseuse de têtes à New York, tente de recruter Dylan, un directeur artistique de Los Angeles, tous deux s’aperçoivent vite qu’ils sont sur la même longueur d’onde. Leur premier point commun est d’avoir totalement renoncé à l’amour, auquel ils ne croient plus, pour se consacrer uniquement au sexe. Ils expérimentent alors le "sexe entre amis" ...

De Will Gluck avec Justin Timberlake et Mila Kunis

Nouveauté

Ah que ça fait plaisir de retrouver une bien jolie comédie romantique à la sauce "Nora Ephron" ... cela faisait longtemps que je ne m'étais pas autant régalé devant une histoire "d'amour" moderne et dynamique, fraîche et rafraîchissante. Certes le parallélisme avec le cultissime et inoubliable Quand Harry rencontre Sally est vite fait mais ici l'histoire est condensée sur une période beaucoup plus courte, ce qui lui évite de se déliter et de se diluer.

Will Gluck, avec l'aide de quelques comparses, nous a concocté surtout un scénario intelligent et fort spirituel, doublé de dialogues brillants parfois très drôles (quelques réflexions à mourir de rire), parfois plus émouvants (quelques scènes finales entre le père et le fils qui m'ont particulièrement touchée en plein cœur).

Il nous propose surtout, par une réalisation enlevée et fluide, une vraie comédie pétillante qui nous réconcilie avec le genre, même si déjà traité récemment dans Sex Friends (avec Natalie Portman et Ashton Kushter) que je n'ai pas vu (Ashton Kushter est peut-être charmant au demeurant mais un bien piètre acteur dont le nom seul ne m'incite certes pas à me précipiter en salle), auréolée d'un duo d'acteurs épatants.

Justin Timberlake et Mila Kunis, tous deux à la plastique parfaite, beaux et irrésistibles, forment un couple dont on sent la complicité à travers chaque plan, trépidant et terriblement attachant. Leur enthousiasme, débordant par tous les côtés, est communicatif et le plaisir incommensurable qu'ils ont vraisemblablement pris à interpréter leurs personnages nous tombe dessus sans crier gare.


Ce qui fait qu'on se réjouit de leurs aventures, de leurs déboires sexuels et/ou amoureux, de chacune de leur réplique, de chaque scène où ils s'éclatent (au lit ou pas).

Will Gluck alterne avec pertinence scènes "amicales" et scènes "amoureuses" voire "érotiques" en dosant avec justesse le tout, sans oublier d'approfondir les personnages secondaires (j'aime beaucoup la sœur interprétée par Jenna Elfman et surtout le père interprété par Richard Jenkins) et de glisser au passage une jolie morale sur l'importance d'aller à l'essentiel dans la vie qui est trop courte.

L'introduction du sujet de la maladie d'Alzheimer dans cette comédie a peut-être de quoi surprendre mais elle s'avère déterminante selon le réalisateur qui juge bénéfique le fait de mélanger éléments tragiques et comiques, et ainsi conduire le spectateur à rire de tout. En effet, Richard Jenkins déclare : "Quand vous êtes atteint de la maladie d’Alzheimer, vous prenez conscience qu’il ne vous reste pas beaucoup de temps. Si vous avez des sentiments pour quelqu’un, vous devez vous lancer." Son personnage dit deux-trois répliques (lors de la mémorable scène de repas à l'aéroport) qui m'ont fait "gloups" dans la gorge et j'ai versé une petite larme d'émotion lorsqu'il évoque son premier amour.

Et même si la fin est prévisible et attendue, cousue de fil blanc, elle ne tombe pas dans la miellosité dégoulinante, elle ne fait que révéler les sentiments qu'on sentait latents depuis le début. On évite mièvreries et niaiseries en tous genres et c'est tant mieux pour la dynamique de l'ensemble.

C'est une comédie vraiment délicieuse qui révèlent deux acteurs qui montent, qui montent.

Justin Timberlake dont on a pressenti déjà l'immense talent dans l'excellent Social Network est réellement charmant (et super beau gosse on ne peut le nier !!!) et son jeu trouve un vrai relief et un potentiel comique évident.


Quant à Mila Kunis que j'avais presque préféré à Natalie Portman (sans rien retirer de sa performance) dans Black Swan est splendide, vivifiante, pétulante et aérienne. Je lui prédis un bel avenir dans la jungle hollywoodienne.

Il ne faut surtout pas hésiter à s'offrir un plaisir de deux heures même si l'on pourrait se juger presque coupable d'adorer une comédie qui ne sera pas non plus celle de l'année ... mais sans conteste drôle et divine et dont on ressort avec une patate d'enfer.

Publié par lara1340 à 15:25:26 dans Critiques de films | Commentaires (0) |

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