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Nicolas Le PEN
Le titre récent du "Wall street journal" concernant "Nicolas Le Pen" posait clairement la question de savoir si, désormais, Marine Le Pen est la seule représentante de l'extrême droite et si elle n'était "débordée" par le Président sortant. Retraçons le parcours qui nous amena, progressivement, en cinq ans de quinquennat, à ce titre du grand quotidien américain de "Nicolas Le Pen".
La création du "Ministère de l'immigration, de l'intégration, de l'identité nationale et du développement solidaire" introduisit naturellement le débat sur "l'Identité nationale" en novembre 2009. L'objectif de l'UMP était de sédentariser durablement les électeurs du Front National (FN) après la réussite du "phagocytage" du FN par le candidat Sarkozy lors de la présidentielle de 2007. Le "ton" du quinquennat était donné. N. Sarkozy entendait s'approprier les thèses et les discours xénophobes du FN.
La suite ne fut que la mise en place régulière de cette stratégie confiée à Brice Hortefeux d'abord, puis à Claude Guéant ensuite et parfois assumée par N. Sarkozy lui-même.
Quelques florilèges des discours et actions frontistes de l'UMP :
* "L'envolée" de N. Sarkozy lors du discours de Grenoble en juillet 2010, sur les Room et les gens du voyage, coupables de non-assimilation.
* Les déclarations de C. Guéant sur les enfants d'immigrés qui font baisser le niveau dans les écoles, sur les civilisations qui ne se valent pas, sur le droit de vote des étrangers et dernièrement le débat sur la viande Halal...
* Le durcissement des conditions de séjour des étrangers légaux en France concernant l'accès au RSA et aux régimes sociaux...ainsi que le regroupement familial.
* L'obsession des mariages blancs qui conduit à multiplier les difficultés d'entrée en France pour les conjoints étrangers de citoyen français.
* Les modifications des conditions d'entrée et de séjour des étudiants étrangers en France : augmentations de 50% des conditions de ressources et suppression de la possibilité d'exercer un premier emploi en France.
* Les discours sur la déchéance de la nationalité, la remise en cause de la bi-nationalité, l'amalgame entre exilés fiscaux et français de l'étranger qui fait le lien entre nationalité et fiscalité comme si les Français de l'étranger ne payaient pas des impôts.
* La remise en cause des accords de Schengen dont l'objet est de renégocier les conditions d'entrée des étrangers en Europe et en France...
La liste n'est pas exhaustive. La droite Sarkoziste surprend par cette inclinaison xénophobe prononcée qui était habituellement l'apanage du FN. Si l'objectif électoraliste est évident, N Sarkozy et son entourage donnent cependant l'impression de s'enliser dans l'obsession de la distinction entre Français et entre étrangers, une obsession "ignorante et destructrice des valeurs fondamentales de la République" selon Patrick Weil (p.210 dans "80 propositions qui ne coûtent pas 80 milliards", Grasset, janvier 2012). Il ajoute que cette obsession de l'origine "est la marque de fabrique de cette présidence...Quand c'est un Président de la République en fonction qui cherchent à délégitimer, par des discours répétés, la présence dans la nation française d'un certain nombre de ses concitoyens...cela contribue à la désintégration de la nation."
Nicolas Le Pen est bien prêt à tout pour conserver le pouvoir, y compris à épouser les thèses xénophobes du FN dont nous avons vu, avec Patrick Weil, qu'il n'en était pas si éloigné par ses convictions et ses choix politiques. Le 22 avril et le 6 mai doivent permettre de tourner cette page noircie de notre République française.
Jean-Daniel Chaoui, Conseiller à l'Assemblée des Français de l'Etranger (AFE)
Candidat élection législatives 2012 pour la 10ème circonscription des Français de l'étranger. 30/04/2012
Vendredi 27 Avril 2012
Durant les dernières semaines de la campagne présidentielle, Jean-Luc Mélenchon a affirmé vouloir s’attaquer prioritairement au Front national en menant le combat culturel, Front (de gauche) contre Front (national). Les résultats du premier tour sont décevants au regard de cet objectif puisque, avec 17,9% des voix et près de 6,5 millions d’électeurs, Marine Le Pen devance largement son adversaire principal, qui ne recueille que 11,1% des suffrages exprimés.
Pris dans l’absolu, le score de Mélenchon est un beau score : il a démultiplié le score réalisé par Marie-Georges Buffet en 2007 à la même élection, et surtout grâce à une campagne très réussie, très esthétique (colorée notamment par de nombreuses références historiques et littéraires), il a remis sur les rails une certaine tradition de la gauche, tout à la fois frondeuse (pour ne pas dire révolutionnaire), républicaine et sociale.
Pour autant l’écart avec Marine Le Pen est important et mérite quelques tentatives d’explications. Pourquoi Jean-Luc Mélenchon a-t-il échoué à ramener dans le giron de la gauche les catégories populaires, qui continuent de voter massivement pour le FN ? Quatre raisons, en vérité reliées et interdépendantes, mais isolées ici pour le bien de l’analyse, nous paraissent expliquer cet échec partiel.
Manque de temps
Jean-Luc Mélenchon a affirmé vouloir mener une bataille culturelle contre Marine Le Pen à trois mois du premier tour. La stratégie était la bonne : c’est bien l’imaginaire collectif que la gauche doit reconquérir à l’hégémonie de la droite, par l’action militante et syndicale, par l’éducation populaire, par la formation politique. Mais cela ne peut se faire que sur le temps long et dans un climat apaisé.
Une victoire de François Hollande à la présidentielle desserrerait l’étau et permettrait aux différentes composantes de la gauche de mener ce combat culturel, après avoir gagné le combat électoral.
Silence face au sentiment d’insécurité culturelle
Jean-Luc Mélenchon a offert des réponses plutôt convaincantes à l’insécurité économique et sociale des Français comme le montrent plusieurs enquêtes. Malheureusement, et comme le rappelle Laurent Bouvet dans un texte publié le 24 avril dans le Monde, sa campagne a été beaucoup moins percutante s’agissant de l’insécurité culturelle, à quoi l’on pourrait ajouter l’insécurité affective qui est un déterminant important du vote FN.
L’insécurité a bel et bien été le thème central de cette campagne, tellement massif et protéiforme que les commentateurs ne s’en sont pas rendus compte. Cette insécurité a pris mille visages et n’est plus la seule insécurité « policière » qui avait occupé la campagne de 2002 : il y a l’insécurité économique (peur du chômage et des délocalisations dans un contexte de crise de la mondialisation), l’insécurité sociale (peur de la casse des services publics et des commerces de proximité), l’insécurité culturelle-identitaire (peur de l’immigration et de la dissolution de l’identité française-occidentale) et enfin l’insécurité la plus difficile à appréhender pour le sociologue, l’insécurité affective, qui est le sentiment de voir ses points de repères habituels se dissoudre ou se rétrécir dans un monde où tout s’accélère. Force est de reconnaître que le Front de gauche n’a pas su répondre à ces deux dernières formes d’insécurité qui sont moins discursives mais qui pourtant surdéterminent les autres.
Impression d’incohérence voire de contradiction
Si Jean-Luc Mélenchon n’a pas réussi à articuler une réponse forte à ces quatre insécurités, c’est d’abord parce qu’il est difficile pour la gauche de les traiter en bloc. Au besoin de protection économique et sociale, la gauche ajoute toujours une composante d’émancipation collective (protection des plus démunis et des exclus, égalité, universalisme) qui ne répond pas (plus) au sentiment d’insécurité culturelle et affective exprimé par les plus fragilisés de nos compatriotes.
C’est ce qui a brouillé le discours de Jean-Luc Mélenchon pour de nombreux électeurs, qui ont eu l’impression qu’il était à la fois protecteur en matière économique, et laxiste en matière d’immigration, d’identité nationale, ou de lutte contre la délinquance.
Les tentatives très louables de Jean-Luc Mélenchon de proposer un discours original sur l’immigration ont été franchement infructueuses. A l’opposé, le discours de Marine Le Pen, sans composante émancipatrice, a donné l’impression d’une plus grande cohérence et « compacité », répondant d’un bloc aux quatre insécurités.
Marine Le Pen a paru proposer un ensemble homogène de remparts, contre la finance, contre l’Europe de Bruxelles, contre l’immigration, contre la solitude des « oubliés » et des « invisibles ». Surtout, elle n’a pas été embarrassée par la dimension collective, voire collectiviste, portée par le Front de gauche. Quand la détresse atteint son paroxysme et que le terreau culturel n’est pas favorable, il est hélas très difficile de faire de la composante émancipatrice un sérieux argument de campagne pour toucher les classes populaires.
La droitisation de l’imaginaire collectif très bien décrite par Gaël Brustier et Jean-Philippe Huelin dans Voyage au bout de la droite touche particulièrement les classes populaires depuis trente ans. Parallèlement, l’imaginaire de gauche est en déclin, pour de nombreuses raisons : effondrement du PC et de sa contre-culture, ralliement d’une partie des socialistes au néo-libéralisme, etc.
Entre un discours protecteur individualiste, celui de Marine Le Pen, et un discours protecteur collectiviste et universaliste, celui de Jean-Luc Mélenchon, les classes populaires (principalement les ouvriers et les jeunes sans diplôme) préfèrent celui de Marine Le Pen. L’idée de communauté (mon village, ma « race », ma religion et, plus étonnant, « ma République ») a remplacé celle de société dans la représentation commune. Comme le redit Alain Mergier dans une interview aux Echos parue le 23 avril « dans les classes populaires, l’antisocialisme domine ».
En temps de crise, Hobbes a raison contre Rousseau : le pessimisme anthropologique et l’individualisme sont plus porteurs. La reconstruction d’un imaginaire alternatif prendra du temps.
Pour la permettre, ou du moins lui créer des conditions favorables, une victoire de François Hollande le 6 mai prochain est indispensable
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Le Monde.fr | 27.04.2012 à 10h58 • Mis à jour le 27.04.2012 à 11h20
Par Dominique de Villepin, ancien premier ministre
La campagne du premier tour a été indigente. Celle du second devient indigne. L'instrumentalisation de faits divers, l'improvisation de bien des propositions, le débauchage sans vergogne de voix extrémistes, tiennent aujourd'hui lieu de débat. Les lignes rouges républicaines sont franchies une à une.
Je veux le dire aujourd'hui avec gravité. C'est une route sans retour. La dérive électoraliste qui s'est engagée est un processus incontrôlable et sans fin. Une concession en entraînera toujours une autre. Un gage à l'extrémisme toujours un plus grand encore. Une digue rompue en fera céder une autre. Halte au feu !
Je ne peux cautionner cette dérive.
Le combat contre la logique des idées simples, de la peur et de la force, c'est l'engagement de toute ma vie politique au nom d'une certaine idée de la France. C'est la même spirale qui a entraîné la guerre en Irak et qui nourrit l'islamisme au nom du choc des civilisations. C'est la même spirale qui entraîne le Proche-Orient vers un désespoir toujours plus profond. La division n'a pas de fin. La haine n'a pas de fond. C'est cette conviction qui avait conduit Jacques Chirac à tracer des limites claires entre la droite républicaine et l'extrême droite. C'est cette conviction qui m'a conduit, cinq ans durant, à alerter contre les risques de dérive, de stigmatisation et de division.
Je ne supporte pas l'hystérie générale qui s'est emparée de l'élection dans laquelle le peuple français est pris en otage par six millions d'électeurs en colère. Aujourd'hui, tout se passe comme s'il n'y avait en France que des électeurs du Front national. Comme s'il n'y avait pas d'autres questions que le halal, l'immigration légale, les horaires de piscines municipales. La compétitivité, l'éducation, l'agriculture, l'innovation : disparues. L'Europe, le chômage, les déficits sociaux, la délinquance ? Lus jusqu'à l'absurde à travers les lunettes déformantes et rétrécissantes du FN. Les responsables politiques ne cessent de se laisser creuser l'écart entre le discours et les actes, nourrissant la rage et le désenchantement. Le FN n'est que le produit dérivé de ce mensonge généralisé.
C'est mon devoir de responsable politique d'assumer aujourd'hui l'exigence de mon héritage gaulliste en disant le poison mortel qui menace la droite : celui du reniement de ses valeurs, celui du sacrifice de ce qui fait notre identité. C'est mon devoir vis-à-vis des électeurs de la majorité qui, comme moi, s'interrogent, doutent du bien-fondé d'une telle politique, mais qui veulent croire que dans cette majorité il y a des hommes et des femmes dont la conscience reste en éveil et qui ne cesseront de se dresser pour que l'intérêt général prévale, pour que la dignité de notre pays l'emporte.
Ne nous abîmons pas. Chacun de nous doit prendre ses responsabilités pour faire revenir notre monde politique à la raison et retrouver un chemin d'espérance, de réconciliation et de refondation. A la force et à la peur, nous ne pouvons, citoyens libres, qu'opposer le droit, la raison et l'humanité.
La véritable réponse à cette dérive, ce sera de reconstruire un avenir pour notre pays.
Aujourd'hui, c'est vrai, la droite m'effraie, mais la gauche m'inquiète. Le 6 mai, quoi qu'il arrive, sera la victoire d'un homme, mais pas la victoire de la France. Tout sera à faire. Tout sera à réinventer. Nous aurons une tâche formidable devant nous: la réconciliation des Français.
Aucun des deux projets ne sera à même d'apporter les réponses nécessaires à une crise d'une gravité exceptionnelle. Alors faisons vivre deux exigences.
La première exigence, c'est de regarder plus loin que cette élection pour affronter les grands défis à venir. Notre réponse au chômage, au déclin industriel, au défi énergétique, notre réorientation vers une économie de la connaissance par une éducation nationale plus juste et plus efficace, notre place en Europe, nous ne les trouverons pas dans l'idéologie. La clé de ces urgences, c'est le rassemblement, c'est l'action, c'est le sens du devoir.
La deuxième exigence c'est, au-delà du bulletin de vote, au-delà du choix d'un nom, d'assumer jour après jour notre citoyenneté, avec vigilance et responsabilité face à tous les grands choix de notre nation.
Mon rôle n'est pas de dire pour qui voter, car chacun doit prendre ses responsabilités. Les citoyens ne sont ni des moutons ni des enfants turbulents. Le 6 mai, que chacun vote en pensant à la France et à ce qu'elle a toujours porté de meilleur, à ses valeurs de respect, de dignité et d'humanisme, parce que, en conscience, il faut bien choisir.
Et le 7 mai, tout restera à faire, il faudra se rassembler pour agir. C'est dans cette ligne que je m'engagerai dans la voie du redressement de notre pays.
Dominique de Villepin, ancien premier ministre
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Le Monde publie, cet après-midi, un article qui rapporte des propos très durs du milliardaire et propriétaire du Point, François Pinault, contre le Président de la République.
Le Monde écrit:
*Le milliardaire tire ses salves en direction du président sortant dont il moque la dernière formule : "Présomption de légitime défense, c'est comme au Far West, il faut dégainer le premier ! Il perd les pédales. Les gens proches de lui pensent qu'il pourrait encore gagner. Il est cuit! C'est comme dans le bunker de 1945.""
Publié par ps-10eme-2012 à 20:06:02 dans Campagne présidentielle " Le changement, c'est maintenant" | Commentaires (0) | Permaliens
Révélations ; Média-Part, samedi 28 avril
Par Fabrice Arfi et Karl Laske
Le régime de Mouammar Kadhafi a bien décidé de financer la campagne présidentielle de Nicolas Sarkozy en 2007. Mediapart a retrouvé un document officiel libyen qui le prouve. Cette note issue des archives des services secrets a été rédigée il y a plus de cinq ans. L’en-tête et le blason vert de la Jamahiriya préimprimés s’effacent d’ailleurs légèrement. Ce document, avec d’autres, a échappé aux destructions de l’offensive militaire occidentale. D’anciens hauts responsables du pays, aujourd’hui dans la clandestinité, ont accepté de le communiquer à Mediapart ces tout derniers jours.
Dès 2006, le régime libyen avait choisi « d’appuyer la campagne électorale» de Nicolas Sarkozy à la présidentielle de 2007, et ce pour un « montant de cinquante millions d’euros » : c’est ce qu’indique en toutes lettres cette note datée du 10 décembre 2006, signée par Moussa Koussa, l’ancien chef des services de renseignements extérieurs de la Libye.
Un accord « sur le montant et les modes de versement » aurait été validé quelques mois plus tôt par Brice Hortefeux, alors ministre délégué aux collectivités locales, en présence de l’homme d’affaires Ziad Takieddine, qui a introduit dès 2005 en Libye les proches du ministre de l’intérieur, notamment Claude Guéant, et Nicolas Sarkozy lui-même. Le directeur de cabinet de Mouammar Kadhafi, Bachir Saleh, alors à la tête du Libyan African Portfolio (LAP, soit l'un des fonds d'investissement financier du régime libyen), aurait de son côté été chargé de superviser les paiements.
« Mon client n'était pas présent à la réunion indiquée dans le document, nous a indiqué Me Samia Maktouf, l’avocate de M. Takieddine. En revanche, il pense que ce document est crédible, vu la date et les personnes qui apparaissent dans ce document outre lui-même. »
« Ce document prouve qu'on est en présence d'une affaire d'Etat, que ces 50 millions d'euros aient été versés ou non, a lui-même commenté M. Takieddine, rencontré par Mediapart vendredi 27 avril. L'enquête sera difficile parce que beaucoup d'intervenants sont morts pendant la guerre en Libye, mais c'est déjà important de rendre public ce document. » Cette réponse de Ziad Takieddine – malgré son hostilité exprimée de multiples fois à notre égard – est celle d’un acteur clé de la lune de miel franco-libyenne, qui a secrètement conseillé Claude Guéant jusqu’à la veille de la guerre, comme en attestent de nombreuses notes publiées par Mediapart.
L’une d’entre elles, rédigée le 6 septembre 2005 par Ziad Takieddine et adressée à Claude Guéant, affirmait ainsi que certains pourparlers franco-libyens devaient « revêtir un caractère secret ». « L’autre avantage : plus d'aise pour évoquer l'autre sujet important, de la manière la plus directe...», précisait le document, mystérieusement.
L’élément nouveau que nous publions aujourd’hui vient désormais confirmer les accusations portées par les principaux dirigeants libyens eux-mêmes peu avant le déclenchement de la guerre sous l'impulsion de la France, en mars 2011. Mouammar Kadhafi, son fils Saïf al-Islam et un ancien chef des services secrets, Abdallah Senoussi, avaient en effet tous trois affirmé publiquement détenir des preuves d'un financement occulte du président français. La découverte de la note de M. Koussa exige désormais que s’engagent des investigations officielles – qu’elles soient judiciaires, policières ou parlementaires – sur cet épisode sombre et occulte des relations franco-libyennes.
La face cachée de l’arrivée de Nicolas Sarkozy sur la scène libyenne, en 2005, puis en 2007, apparaissait déjà en filigrane dans le dossier des ventes d’armes à l’Arabie saoudite et au Pakistan instruit par les juges Renaud Van Ruymbeke et Roger Le Loire, en particulier à travers l’activité de lobbying déployée par M. Takieddine en faveur de l’ancien ministre de l’intérieur auprès de Tripoli. Or l’enquête entre leurs mains vient d’être élargie par un réquisitoire supplétif, le 5 avril dernier, à tous les faits de blanchiment présumés apparus jusqu’à ce jour.
Les investigations visent l’intermédiaire, mais aussi plusieurs proches du chef de l’Etat, Thierry Gaubert, Brice Hortefeux, Nicolas Bazire ou encore plus indirectement Jean-François Copé. Echappée des secrets de la dictature déchue, la note décisive que nous reproduisons ci-dessus – et dont la traduction intégrale est sous l'onglet Prolonger – vient en outre confirmer les propos de l'ancien médecin de M. Takieddine, qui avait suivi alors les déplacements de l'homme d'affaires, notamment en Libye, et avait rapporté des projets de financement de la campagne présidentielle de Nicolas Sarkozy par la Libye.
Selon des connaisseurs du régime libyen à qui nous l'avons soumis, ce document, dont le signataire et le destinataire appartenaient au premier cercle de Kadhafi, est conforme, jusque dans son style, aux habitudes bureaucratiques du régime. Outre celle du calendrier grégorien, la deuxième date qui y figure conforte son authenticité : elle n'est pas celle du calendrier musulman habituel, mais de celui imposé par le dictateur, qui part de l'année du décès du prophète Mahomet, l'an 632.
Depuis plusieurs mois, nous avons entrepris des recherches pour retrouver des dépositaires d’archives du régime déchu, en rencontrant à Paris et à l’étranger plusieurs représentants de factions libyennes, dont certaines avaient conservé des documents et d’autres s’en étaient emparés, en marge des affrontements armés. Ainsi, Mediapart a publié ici, dès le 10 avril dernier, des documents des services spéciaux libyens demandant des mesures de surveillance d’opposants toubous domiciliés en France.
Le document décisif que nous publions aujourd’hui, sous la signature de Moussa Koussa, a été adressé, le 10 décembre 2006, à un ancien homme clé du régime libyen, Bachir Saleh, surnommé le “caissier de Kadhafi”. Directeur de cabinet du “guide” déchu, M. Saleh était aussi le responsable du Libyan African Portfolio (LAP), le puissant fonds souverain libyen crédité de plus de 40 milliards de dollars. Sous l’ère Kadhafi, le LAP a servi à d’innombrables opérations d’investissement. Certaines avouables (tourisme, pétrole, agriculture, télécommunications…). Et d’autres moins, comme l’ont confirmé plusieurs sources libyennes concordantes. Contacté sur son numéro de téléphone portable français, M. Saleh n’a pas donné suite à nos sollicitations.
Connu pour avoir été l’un des plus proches collaborateurs de Mouammar Kadhafi et le mentor de deux de ses fils (Motassem et Saïf al-Islam), Moussa Koussa a quant à lui été le patron pendant plus de quinze ans, entre 1994-2011, des services secrets extérieurs libyens (l’équivalent de la DGSE française), avant de devenir le ministre des affaires étrangères de la Libye.
Notons que l’auteur de cette note et son destinataire ont vécu, à l’heure de la chute du régime Kadhafi, des destins similaires. Moussa Koussa vit actuellement au Qatar, sous protection, après avoir fui la Libye en guerre, en mars 2011, ralliant d’abord Londres, puis quelques semaines plus tard Doha. Bachir Saleh, emprisonné brièvement par les rebelles du Conseil national de transition (CNT) avant d’être relâché en août dernier, a été exfiltré et accueilli par les Français. Comme l'a rapporté Le Canard enchaîné, lui et sa famille bénéficient toujours de la protection des autorités françaises qui leur ont accordé un titre de séjour provisoire.
Les deux paragraphes écrits par Moussa Koussa sont sans équivoque sur le sujet explosif abordé. « En référence aux instructions émises par le bureau de liaison du comité populaire général concernant l’approbation d’appuyer la campagne électorale du candidat aux élections présidentielles, Monsieur Nicolas Sarkozy, pour un montant d’une valeur de cinquante millions d’euros », peut-on d'abord y lire. Puis M. Koussa affirme transmettre et confirmer « l’accord de principe sur le sujet cité ci-dessus ». Le montant pharaonique promis par les Libyens est à rapprocher des 20 millions d’euros officiellement dépensés par Nicolas Sarkozy lors de sa campagne présidentielle de 2007.
L’ancien chef des services secrets extérieurs de Mouammar Kadhafi ajoute dans sa note que l’accord évoqué est formulé « après avoir pris connaissance du procès-verbal de la réunion tenue le 6. 10. 2006, à laquelle ont participé de notre côté le directeur des services de renseignements libyens (Abdallah Senoussi, ndlr) et le président du Fonds libyen des investissements africains (Bachir Saleh, ndlr), et du côté français Monsieur Brice Hortefeux et Monsieur Ziad Takieddine ». Ce serait « au cours » de cette entrevue qu’« un accord a été conclu pour déterminer le montant et le mode de paiement ». Le document ne précise cependant pas le lieu de cette réunion, qui s’est tenue un an jour pour jour après une visite de Nicolas Sarkozy en Libye.
Ziad Takieddine, rencontré par Mediapart en présence de ses avocats, vendredi 27 avril, n’a pas contesté l’authenticité du document que nous lui avons présenté, tout en précisant comme Me Samia Maktouf, son avocate, qu’il n’avait pas été présent, le jour indiqué, à cette réunion.
« Je n'ai pas assisté à cette réunion, mais elle a certainement pu avoir lieu, nous a indiqué M. Takieddine. Votre document reflète un accord signé par Moussa Koussa pour soutenir la campagne présidentielle de Nicolas Sarkozy en 2007, et Brice Hortefeux a été effectivement là-bas à cette date ainsi qu'à d'autres dates, ça, c'est sûr. M. Moussa Koussa et les autres personnes citées étaient effectivement des relais avec la France. »
Selon M. Takieddine, Claude Guéant, l’ancien directeur de cabinet de Nicolas Sarkozy, et « son correspondant en matière de renseignement d'Etat », Bernard Squarcini, étaient parallèlement en lien étroit avec M. Koussa. « Cela se passait nécessairement en secret, vu la sensibilité des relations entre les services de renseignement », précise-t-il, tout en confirmant l’implication, côté libyen, de Béchir Saleh, comme représentant du LAP, et Abdallah Senoussi lui-même « dans les relations de la Libye avec la France ».
Les relevés des voyages de M. Takieddine, dont la justice française détient la copie depuis plusieurs mois, montrent toutefois que l’homme d’affaires était à Tripoli le 9 décembre 2006, soit la veille de la rédaction de la note de Moussa Koussa. Il était également en Libye quelques jours plus tôt, les 20 et 21 novembre.
Dans un entretien accordé le 25 avril à l’hebdomadaire Jeune Afrique, M. Takieddine déclare avoir été informé en mars 2011 par Saif al-Islam Kadhafi de l’existence d’un « versement d’argent » pour la campagne présidentielle de Nicolas Sarkozy en 2007.
« Lors de ma dernière rencontre avec Seif al-Islam que j'ai interrogé, il m'avait bien dit : “J'ai les éléments et je n'hésiterai pas à les sortir”, explique M. Takieddine à Mediapart. En réalité, il ne pensait pas que Nicolas Sarkozy irait jusqu'au bout. On peut penser que c'est pour cette raison que le système a protégé Bachir Saleh (exfiltration et production d'un passeport diplomatique) et qu'ils ont essayé par tous les moyens de tuer Saif al-Islam qui a été à l'origine de ces révélations. Par ailleurs, cela explique l'accueil que Monsieur Claude Guéant m'a réservé dès mon retour de Libye, en m'arrêtant à l'aéroport (ndlr, le 5 mars 2011), car il pouvait penser que j'étais moi-même en possession de ces documents, pour pouvoir les subtiliser. »
Ce n’est pas la première fois que le nom de Brice Hortefeux est associé à l’arrière-plan financier des relations franco-libyennes. Mais le haut responsable de l’UMP, intime de Nicolas Sarkozy, a toujours démenti. « Je n'ai jamais rencontré Moussa Koussa et Bachir Saleh, a déclaré M. Hortefeux à Mediapart, le 27 avril. J'ai déjà rencontré Abdallah Senoussi, qui connaissait beaucoup de monde, mais nous n'avons jamais eu de discussion sur un financement électoral. Je suis allé en Libye une seule fois dans ma vie, en 2005. J'oppose donc un démenti catégorique et vérifiable. »
Comme Mediapart l’avait rapporté (ici), les confessions de l’ancien médecin de M. Takieddine, couchées sur papier le 20 décembre 2006 par le directeur d’une société de renseignements privés suisse, Jean-Charles Brisard, évoquaient déjà le nom de M. Hortefeux dans un schéma de financement de la campagne de Nicolas Sarkozy par la Libye en 2007. En des termes plus télégraphiques : « MODALITES FIN CAMPAGNE NS », « FIN LIB 50 ME », « MONTAGE INCLUT SOC BH PAN + BANQUE SUISSE (ND) » et « FIN CAMPAGNE TOTALEMENT REGLE ». Le mémo Brisard avançait aussi le chiffre de 50 millions d’euros affectés à la campagne de M. Sarkozy.
« C'est grotesque », avait réagi Nicolas Sarkozy sur le plateau de TF1, le 12 mars dernier. « S'il (Kadhafi, ndlr) l'avait financée (la campagne, ndlr), je n'aurais pas été très reconnaissant », avait ironisé le président-candidat, en référence à l’intervention militaire française en Libye. Contacté vendredi 27 avril, l'Elysée n'a pas souhaité faire de nouveaux commentaires.
L’actuel ministre de l'intérieur français, Claude Guéant, directeur de cabinet de Nicolas Sarkozy place Beauvau, en 2006, a lui-même admis ses contacts répétés avec Moussa Koussa, début 2007, devant la commission d'enquête parlementaire sur la libération des infirmières bulgares. La sollicitude de la France vis-à-vis de Bachir Saleh pourrait aujourd’hui trouver son explication par sa connaissance des lourds secrets franco-libyens. Et des circuits financiers qu'il a lui-même supervisés.
Quant à Abdallah Senoussi, également cité dans la note de décembre 2006, comme ayant participé aux réunions préparatoires avec Brice Hortefeux, au sujet du financement de la campagne électorale de 2007, il aurait été arrêté il y a quelques semaines en Mauritanie, mais aucune image n’est venue confirmer une telle affirmation. Il est réclamé par la Libye, mais également par la Cour pénale internationale (CPI), et la France, ayant été condamné par contumace à Paris dans l’affaire de l’attentat contre le DC-10 d’UTA.
Une chose est en revanche certaine : les forces de l’Otan ont bombardé le 19 août 2011, à 5 heures du matin, la maison d’Abdallah Senoussi, située dans le quartier résidentiel de Gharghour, à Tripoli. Un cuisinier indien avait trouvé la mort dans le raid et une école avait été détruite. « C'est un quartier résidentiel. Pourquoi l'Otan bombarde ce site ? Il n'y a pas de militaires ici », avait alors dénoncé un voisin, Faouzia Ali, cité par l’Agence France-Presse.
La réponse se trouve peut-être dans les secrets qui lient M. Senoussi à la France. « C'est le principal témoin de la corruption financière et des accords qui ont impliqué de nombreux dirigeants et pays, dont la France », a affirmé en mars dernier à l'agence Reuters une source « haut placée dans le renseignement arabe ».
Publié par ps-10eme-2012 à 18:20:18 dans Campagne présidentielle " Le changement, c'est maintenant" | Commentaires (0) | Permaliens
Nouvelles de la campagne du 2ème tour
Questions de société
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Manuel Valls a rappelé les grandes dates qui nous séparent du 6 mai :
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La campagne du second tour a commencé dès hier. Nous savons que la tactique de Sarkozy est d'imposer un tempo d'enfer (c'est son agitation désordonnée du premier tour) et d'attaquer sans relâche notre candidat. Son orientation sera "à droite toute".
Pourquoi François Hollande est le meilleur candidat et sera le meilleur Président.
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L’info en continu : Sarkosy et l’emploi
Alain Vidalies, responsable du Pôle Travail-Emploi 10/02/12
Chômeurs
« Nicolas Sarkozy songe à soumettre aux Français un référendum sur un renforcement des obligations des chômeurs, notamment de ne plus pouvoir refuser un emploi ou une formation. Si le président sortant n’en est pas à sa première tentative d’utiliser la détresse de nos concitoyens pour faire un coup « bassement politicien », celui-ci est particulièrement choquant. Quand Nicolas Sarkozy attaque les chômeurs, François Hollande, lui, veut s’attaquer au chômage.
Fonctionnaires
« Parmi les propositions fracassantes promises par le président Sarkozy, il en est une qui viserait la remise en cause de la garantie de l’emploi dans les services publics. Alors que les risques psycho-sociaux n’ont jamais été si importants, comment la majorité ose-t-elle sous entendre que les fonctionnaires sont des privilégiés ou, pire, qu’ils sont un fardeau pour la croissance française ? »
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Najat Vallaud Belkacem
Porte parole de François Hollande 5/02/12
Claude Guéant
« Avec ses propos sur l’inégalité entre les civilisations, Claude Guéant opère une synthèse politique parfaitement cohérente entre les discours de Dakar et de Grenoble et assume désormais une pensée qui établit une hiérarchie de valeurs entre les hommes selon qu’ils appartiennent à telle ou telle civilisation. Il est urgent que ces propos soient désavoués par celles et ceux qui, à droite, estiment encore que le débat d’idées dans la campagne présidentielle doit rester dans le champ républicain.
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Bruno Juliard, Pôle Education de l’équipe de campagne de François Hollande
Yannick Trigance, pôle Education de l’équipe de campagne de François Hollande 8/02/12
Réforme enseignement
« Dans son rapport, la Cour des comptes est formelle : la réforme de la formation des enseignants est un désastre. Réforme conduite sans réflexion pédagogique, concours trop tardifs, conduisant à des échecs massifs, et surtout, absence totale de formation pratique sont à juste titre pointés du doigt par les rapporteurs. A force d’improvisation et de cynisme, le gouvernement n’aura réussi finalement qu’une seule chose : creuser plus encore la dette éducative de notre pays. Avec François Hollande, nous referons de la formation des enseignants et de la revalorisation de ce métier nos priorités pour redonner de la valeur à ce métier. »
Publié par ps-10eme-2012 à 06:59:00 dans Campagne présidentielle " Le changement, c'est maintenant" | Commentaires (0) | Permaliens
Par Renaudot
Sévère mise en garde de Bayrou à Sarkozy sur le FNNous avons soulignés en matinée le silence coupable des centristes face à l’attitude de Nicolas Sarkozy à l’égard du Front National et des idées d’exclusion qu’il véhicule. Parmi ces centristes, François Bayrou et Hervé Morin. En début d’après-midi, tous les deux se sont exprimés.
Hervé Morin a définitivement troqué son âme contre des circonscriptions en déclarant : « je leur dis (aux électeurs centristes, ndlr) qu’ils sont programmatiquement plus proches de Nicolas Sarkozy que de François Hollande » et qu’il n’avait jamais eu « l’impression d’être obligé de sortir (son) mouchoir ».
L’irruption dans le débat de François Bayrou est plus intéressante car elle va avoir un impact sur le choix que fera son électorat dont Nicolas Sarkozy a besoin tout autant que celui de Marine Le Pen. Le Président du Modem a affirmé dans une déclaration dont il a pris l’initiative auprès de l’AFP qu’« aborder la question de l’immigration en validant la thèse du Front national et en prétendant que les déséquilibres des comptes sociaux étaient dus aux immigrés, c’est une reniement d’un demi-siècle de politique sociale en France » et que « les propos de Nicolas Sarkozy tendant à confondre les électeurs qui ont voté pour moi et ceux de Marine le Pen sont absurdes et offensants ». Première déchirure due au grand écart Sarkozyste que nous avons déjà pointé.
Cette prise de position forte préfigure-t-elle le choix que fera François Bayrou en vue du second tour ? Rien n’est moins sûr. Elle pourrait même servir à justifier le « ni ni » qu’il souhaite faire prévaloir pour constituer un centre fort et autonome après la présidentielle : ni le candidat de la dépense publique en cette période de crise, ni celui de l’alliance avec le Front national.
Mais au-delà de ces considérations tactiques, la mise en garde de François Bayrou fixe au grand jour une ligne rouge concernant la chasse aux voix frontistes, que Nicolas Sarkozy a dépassé en mésestimant peut-être, obnubilé par son avenir personnel, le fait qu’il a mis le doigt dans un engrenage diabolique.
Le Front National est en effet comme un ogre jamais repu de chair fraîche. Plus on lui cède et plus il repousse les limites de l’acceptable. Après avoir beaucoup reçu sur le plan de l’acceptation de ses idées, il demande désormais à l’UMP de s’engager formellement sur un vote en faveur des candidats frontistes aux législatives en cas de duel PS-FN au second tour.
Quel que soit au final le choix du président du Modem qu’il fera connaître au lendemain du débat de l’entre-deux-tours, ses électeurs sont aujourd’hui prévenus : la reprise à son compte par Nicolas Sarkozy des thèmes et propositions du Front national, est, selon les mots de François Bayrou, « un reniement du gaullisme aussi bien que des démocrates-chrétiens et humanistes ».
Pour préserver les valeurs humanistes, les électeurs du Modem doivent donc écarter celui qui les met en danger.
Par Renaudot
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Présidentielle : les hommes du président font leurs cartons
Ambiance morose à l’Elysée. Alors que la campagne électorale bat son plein, les conseillers de la présidence se morfondent un peu dans leurs bureaux. L’œil rivé sur les chaînes info, ils expédient les affaires courantes en attendant le verdict du second tour. « Cela tourne un peu au ralenti, admet l’un d’eux. On règle les dossiers urgents.
L’actualité est ailleurs, c’est logique, même si on a été habitué à un rythme effréné. » Xavier Musca, le secrétaire général de l’Elysée, tente d’intercepter le président quand celui-ci passe une tête dans son bureau pour lui demander un arbitrage. C’est lui qui a été chargé de prendre contact avec les dirigeants de Neo Sécurité, numéro deux français de la sécurité, qui vient de se déclarer en cessation de paiement.
Ils activent leurs réseaux
Même si certains conseillers espèrent encore faire un deuxième quinquennat, la plupart n’y croient plus vraiment. « Ce n’est pas un sujet que l’on aborde tous les jours à la cantine, mais, très sincèrement, beaucoup pensent que la réélection du président s’annonce compliquée, reconnaît l’un d’eux. On regarde les sondages comme tout le monde. De toute façon, même s’il gagne, il voudra sans doute renouveler profondément son équipe. » Xavier Musca a déjà prévenu qu’il ne rempilerait pas, quoi qu’il arrive. Tout comme le conseiller en communication, Franck Louvrier. Le patron de la cellule diplomatique, Jean-David Lévitte, lui, prendra sa retraite.
D’autres ont déjà trouvé un point de chute. C’est le cas d’André Parant, conseiller aux affaires africaines, nommé ambassadeur en Algérie. Il entre en fonction le… 4 mai. Ceux qui n’ont encore rien cherché activent leurs réseaux car les contrats de cabinet s’arrêtent le 15 mai, veille de l’éventuelle passation des pouvoirs.
Il y a un peu plus d’un mois, Christian Frémont, le pointilleux directeur de cabinet de la présidence, a jeté le trouble en annonçant qu’un bureau privé de « resourcing » (cabinet de conseil en recrutement) serait contacté pour permettre à tous les collaborateurs qui le souhaitent de se recaser. Une initiative perçue comme défaitiste dans les couloirs de l’Elysée. Au final, la facture s’est avérée trop salée et le cabinet n’a pas été sollicité. Mais Christian Frémont veut mettre la maison en ordre d’ici le 6 mai. Récemment, il a demandé aux conseillers de contacter le service archives de l’Elysée pour y déposer certains documents sensibles (les autres finiront à la poubelle). Il a aussi averti les collaborateurs qu’ils ne devaient pas quitter les lieux sans avoir rendu leur smartphone et leur ordinateur portable appartenant à la présidence.
Le Parisien
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Éditorial assassin du Monde après les déclarations de Nicolas Sarkozy sur Marine Le Pen
Après la Une contestée de Libération, l'éditorial du Monde. Dans son édition à paraître cet après-midi, le quotidien de référence accuse Nicolas Sarkozy de "faute politique et morale" après ses déclarations sur le FN, mardi soir à Longjumeau. Le Chef de l'Etat avait considéré Marine Le Pen comme "compatible avec la République" lors d'un aparté avec les journalistes après avoir prononcé un discours aux accents frontistes. "Le président de la République est, par définition, le président de tous les Français (...) Il est donc logique que les candidats à la fonction s'adressent à tous les électeurs, y compris, évidemment, ceux du Front national" écrit le quotidien à sa Une dans un éditorial titré "La fin ne justifie pas tous les moyens."
Puis Le Monde s'attaque violemment aux positions du président sortant, qui "a franchi, depuis deux jours, la frontière entre compréhension et compromission" malgré son engagement à ne pas signer d'accord avec le Front National ce matin sur France Info. "Il a désormais adopté le langage, la rhétorique et, partant, les idées, ou plutôt les obsessions, de Mme Le Pen écrit le quotidien. Ainsi de cette façon d'attiser les peurs de la société française plutôt que de tenter de les apaiser. Ainsi de cette stigmatisation des 'élites', jetées en pâture au 'peuple'. Ainsi de cette dénonciation du 'système', dont on se demande bien ce qu'il est, sinon la République dont il devrait être le garant".
Le quotidien n'hésite pas à parler de "faute politique" car "le coeur du projet lepéniste reste ce qu'il a toujours été : rétrograde, nationaliste et xénophobe." Rappel est donné de la position de son prédécesseur, Jacques Chirac, qui "avait courageusement rappelé que la République française assure l'égalité de tous, 'sans distinction d'origine, de race ou de religion', selon les termes de la Constitution". Le Monde parle aussi de "faute morale" car "l'élection ne légitime pas tous les cynismes."
Cet éditorial risque de faire grand bruit. Et Nicolas Sarkozy ne manquera probablement pas de railler "les médias et les élites" comme il s'y emploie depuis plusieurs semaines, tout en rappelant les positions idéologiques des propriétaires du quotidien. Pierre Bergé, Mathieu Pigasse et Xavier Niel, tous réputés proches de la gauche. En janvier dernier, Pierre Bergé avait officiellement déclaré son soutien à François Hollande, tout en précisant que Le Monde ne devait pas donner de consigne de vote.
Publié par ps-10eme-2012 à 18:32:49 dans Campagne présidentielle " Le changement, c'est maintenant" | Commentaires (0) | Permaliens
Vote hors de France : première analyse.
Les Français de l'Etranger se distinguent des Français de France dans le sens ou l'on n'observe pas les mouvements et déplacements d'opinion remarquables en métropole, à la fois en terme de participation (elle est en baisse à l'étranger alors qu'elle dépasse 80% en France) et en rapport de force entre N. Sarkozy et F.Hollande (N Sarkozy maintient globalement ses positions en dehors des deux "bastions de gauche que sont la 7ème circonscription et la 9ème circonscription) .
Pour notre circonscription, la 10ème des Français de l'Etranger, le rapport droite/ gauche reste très favorable à la droite, comme en 2007 / Sarkozy+Le Pen+Nicolas Dupont -Aignant = 50,75%, Hollande+Joly+Mélenchon+Arthaud+Poutou=40,01%. Le report des voix de Bayrou 8,89% ainsi que celui de Le Pen sur N. Sarkozy sera intéressant à observer pour le deuxième tour.
Nos points forts demeurent les pays francophones où FH dépasse partout les 40% voir les 50% au premier tour (44% à Madagascar, plus de 50% au Togo... Nos points faibles sont aussi identifiés / Djibouti et le Gabon montre que le vote militaire reste un vote très à droite / Le moyen Orient avec particulièrement le Liban où même si FH progresse de 14,5% à plus de 20%, le différenciel est énorme car N. Sarkozy dépasse les 50% au premier tour.
Ne gâchons cependant pas notre plaisir, nous aurons, nous l'espérons, plus, nous l'attendons, un Président de la république de gauche au soir du 6 mai. Rien n'est jamais acquis d'avance mais cela se présente bien. Nous en tirerons alors les conséquences pour la campagne des législatives qui entrera dans sa deuxième phase. La défaite de la droite ouvrirait une situation politique nouvelle et A.Marsaud n'est pas N.Sarkozy. Rendez-vous au lendemain du 6 mai.
J'ai fait un débat en léger différé avec Alain Marsaud sur RFI Afrique avec le journaliste Philippe Boisbouvier le lundi 23 mai, diffusé à 7h 40 et 10h40, essentiellement sur l'analyse des résultats du premier tour des présidentielles. Certains l'ont peut-être entendu, il sera sur le site http//www.legislatives2012.jdchaoui.com
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La presse dans la Campagne autour du candidat PS aux élections législatives Jean-Daniel Chaoui
Les élections présidentielles françaises s’invitent à Madagascar avec une démarche inédite : le porte à porte électoral !
Les Français de Tananarive comme tous ceux de Madagascar, voteront dimanche prochain, 22 avril 2012, pour élire le Président de la République Française pour cinq ans. L’élection s’annonce serrée entre principalement le Président sortant, Nicolas Sarkozy, et le candidat du Parti Socialiste, François Hollande, ce dernier étant en tête dans les sondages pour la victoire finale. Le deuxième tour aura lieu le 6 mai.
Les représentants de François Hollande et la section du Parti socialiste à Tananarive s’activent, sous la houlette de Jean-Daniel Chaoui, Conseiller à l’AFE (Assemblée des Français de l’Etranger) et candidat PS à l’élection législative, et de Jean-Paul Nicoli, Secrétaire de la Section PS, depuis des semaines pour informer l’électorat franco-malgache des enjeux de cette élection et pour les encourager à se déplacer pour aller voter.
La démarche du porte à porte est inédite à Madagascar. Nous avons suivi une équipe en campagne vers Ivato puis à Tsaralalana (Photos jointes). L’accueil est réceptif. Les franco-malgaches sont d’abord surpris puis ravis que l’on s’intéresse à eux et que l’on prenne le soin de venir chez eux pour leur parler et les inviter à une réunion de quartier où Jean-Daniel Chaoui et Jean-Paul Nicoli présentent le programme socialiste pour les Français de l’étranger. Près de 3000 électeurs ont ainsi été contactés et leur première réunion a rassemblé plus de 150 personnes, « un vrai meeting de campagne » selon Jean-Daniel Chaoui.
Deux questions aux organisateurs.
Qu’est-ce qui vous a poussé à entreprendre une telle démarche ?
Jean-Daniel Chaoui : D’abord, l’exemple de la France. Le PS est un parti populaire, proche des gens et le porte à porte est un moyen irremplaçable pour rencontrer nos compatriotes et pour leur exposer les enjeux de cette élection. Mais aussi et surtout à cause de la situation particulière créée en France par les remises en cause de la binationalité, la stigmatisation des étrangers à chaque détour de phrase de la part du Président Sarkozy comme de Marine Le Pen. Cette dérive droitière de l’UMP est insupportable et fragilise la situation des Franco-malgaches qui doivent réagir avec leurs bulletins de vote. Nous sommes venus leur dire qu’ils devaient se mobiliser pour défendre leur situation.
Que pensez-vous du scrutin de dimanche prochain ?
Jean-Paul Nicoli : Ce sera un premier tour très serré entre Nicolas Sarkozy et François Hollande. Rien n’est jamais gagné d’avance et j’invite tous les électeurs qui souhaitent un changement à se rassembler sur le vote François Hollande. Rappelons-nous le 21 avril 2002. Chaque vote compte pour tourner la page du sarkozysme qui restera une page peu glorieuse de notre histoire.
Midi Madagascar
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L’interview
Jean Daniel Chaoui
« Bientôt, un député pour les Français de l’étranger »
En cette période d’élections présidentielles, la préparation de l’élection pour un représentant des Français de l’étranger à l’Assemblée nationale passe presque inaperçue. C’est pourtant une première dans l’Histoire de la République qui verra l’élection de 11 députés, soit un par circonscription (lire l’encadré). Notre équipe a rencontré Jean Daniel Chaoui, résident à Madagascar, qui se présente sous la bannière du Parti Socialiste pour la dixième circonscription. Le Conseiller élu pour l’Océan Indien à l’Assemblée des Français de l’étranger nous éclaire sur le profil de ces Français, dresse un bilan des problématiques rencontrées et explique le bien-fondé de ces élections.
Le Memento : Pouvez-vous résumer la genèse de ces élections à venir le mois prochain. Pourquoi et comment ces nouveaux députés vont représenter les Français de l’étranger ?
Jean Daniel Chaoui : Ces élections sont issues d’un projet porté à la fois par le PS et l’UMP, et par les associations Français du Monde-ADFE et l’UFE (Union des Français de l’Etranger). Ce projet a abouti à une révision de la Constitution en 2008 afin de permettre ces élections qui intéressent plus de deux millions de Français qui n’étaient pas représentés à l’Assemblée Nationale. Toutefois, je tiens à souligner qu’il n’y aura pas d’augmentation du nombre de députés à l’Assemblée Nationale Française. Ces élections se feront au détriment d’autres candidats en Métropole où seront supprimé onze postes de députés.
Le Memento : Les Français de l’étranger se distinguent à chaque élection par leur faible taux de participation. Quelle est votre analyse sur ce point et qu’en est-il à Madagascar ?
Jean Daniel Chaoui : Il y a deux raisons à ce que l’on prend à tord pour un désintérêt.
La première est le manque de proximité des bureaux de vote. A Madagascar par exemple, qui a voté au second tour en 2007 à hauteur de 47,5% des votants, nos compatriotes ne peuvent pas faire des centaines de kilomètres pour trouver un bureau de vote. Ceux-ci ont souvent de surcroît peu de ressources financières. Nous pensons qu’avec plus de bureaux de vote, le taux de participation doit évoluer. Aussi cette année, l’administration a fait un gros effort et nous aurons 17 bureaux de vote dans le pays, au lieu de 10 les autres années.
La seconde est le « décrochage culturel et citoyen », le manque d’information et le désintérêt qui s’installe pour la vie citoyenne. D’où l’importance d’avoir des élus actifs et une administration très ouverte. La mise en place du vote par Internet et du vote par correspondance va aussi dans le sens de facilité la participation au vote.
Le Memento : Vous soulevez le problème des ressources plutôt faibles de ces Français loin de l’Hexagone. Pourtant ils sont souvent perçus à tort comme de riches rentiers hérités de la colonisation. D’après vous, même si certaines familles ont fait fortune, pourquoi autant de nos compatriotes sont aussi démunis ? A Madagascar, nous sommes classés au bas du tableau dans ce domaine…
Jean Daniel Chaoui : Les anciennes colonies ont généré des populations qui ont fait souche et se sont mêlées aux populations locales avec des riches et des pauvres. Mais aussi, à l’indépendance, la population résidente à Madagascar pouvait choisir de rester française en faisant une déclaration auprès de l’administration française. Certains l’ont fait et ils sont demeurés français, aujourd’hui double-nationaux. Ici à Madagascar le profil majoritaire typique est celui d’un Français assez modeste financièrement avec une tendance à voter à gauche. Cette situation est une raison de plus pour les aider davantage avec des représentations à l’Assemblée Nationale.
Le Memento : Sans entrer dans le programme du PS, quel est votre constat ? Quelles sont les urgences ?
Jean Daniel Chaoui : Le premier constat que nous faisons, c’est que la politique d’austérité mise en place par le non remplacement d’un fonctionnaire sur deux avec les départs à la retraite, a vraiment mis les consulats en difficulté. Les fonctionnaires sont débordés et les dossiers ne sont plus traiter en temps raisonnable. Il n’est pas normal qu’il faille attendre 2 ou 3 ans pour un certificat de nationalité par exemple.
L’autre urgence tient dans la scolarité. Depuis que le gouvernement a instauré un « plafond d’emplois », le recrutement des enseignants est bloqué au niveau mondial, et les établissements sont obligés de recruter localement des enseignants sur leurs fonds propres. C’est pénalisant, cela met en danger des écoles et entraîne la fermeture d’autres. Ainsi, à Madagascar, Anthala, Mananakara, Fort-Dauphin se sont vus retirer leurs enseignants Français titulaires et leur situation est devenue forcément précaire. A Fianarantsoa, la section lycée a été fermée. Cette politique de centralisation de l’enseignement sur Tananarive abandonne nos compatriotes de province. Je ne peux qu’exprimer mon total désaccord.
Le Memento : Il y a aussi le problème des fermetures de classes, de la gratuité des frais de scolarité remise en cause…
Jean Daniel Chaoui : En effet, la gratuité des frais de scolarité a commencé par les classes de Terminale, puis les Première et les Seconde, et tout s’est arrêté pour des raisons de restrictions budgétaires. Sur le sujet je suis en accord avec le Conseiller Xavier Desplanques de l’UFE. Cette gratuité a été financée par des restrictions au niveau des bourses dont les critères d’attribution ont été durcis, les frais d’écolage ont été augmentés ce qui a pénalisé surtout les non-Français
Nous pensons qu’il fallait faire l’inverse en commençant par les classes Maternelle et aller vers les Terminale progressivement. Cela aurait été déjà plus égalitaire car en finançant les lycéens uniquement, on n’aide que ceux qui ont déjà en partie réussi et non ceux qui en ont besoin plus tôt dans leur scolarité.
Le Memento : C’est assez rare pour être souligné : les relations que les Conseillers entretiennent sont plutôt bonnes. Vous venez de citer Xavier Desplanques avec qui vous menez des combats communs, partagez-vous le même combat sur la Sécurité Sociale par exemple ?
Jean Daniel Chaoui : Il est vrai que nos avis sont souvent proches. Mais ce n’est pas le cas avec tous. Par exemple, Patrick Martin, représentant le Candidat UMP Alain Marsaud aux législatives, s’était prononcé favorablement pour le projet de fermeture des écoles contre l’avis de Xavier Desplanques et de moi-même.
Sur le plan social, il n’est pas normal que les Français de l’Etranger, souvent modestes comme nous venons d’en parler, soient exclus du système. Il y avait eu une petite avancée sous le gouvernement Jospin en accordant 1/3 de financement de la CFE* aux personnes en difficulté mais c’est insuffisant. Même remarque avec l’allocation vieillesse, équivalent de la retraite, de l’ordre de 140 euros par mois… D’une manière générale, les fonds sont sous-estimés. Comment voulez-vous protéger plus de 2 millions de personnes avec seulement 16 millions € annuels ? Un autre exemple est significatif avec seulement 8 assistantes sociales qui nous sont dédiées à travers le monde (dont deux sont à Madagascar, preuve que les besoins sont importants dans le domaine NDLR).
En bref, pour nous, l’élection de députés pour la défense des Français de l’Etranger n’est qu’une étape. Nous défendons l’idée d’une vingt quatrième région française qui engloberait tous ces Français du monde. Ils auraient du coup les mêmes droits que les autres régions françaises.
*Caisse des Français de l’Etranger, la Sécurité Sociale pour les Français de l’Etranger, qu’il faut payer chaque mois.
Propos recueillis par J. Rombi
*Caisse des Français de l’Etranger, l’équivalent de la Sécurité Sociale pour les Français de l’Etranger (à payer chaque mois).
Le Mémento
Publié par ps-10eme-2012 à 08:31:27 dans Campagne élections législatives de 2012 -10ème Circonscription | Commentaires (0) | Permaliens
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