Eriomem 30 (et 1 en vrai) ans veut découvrir l'Amérique du Sud. Flanner, travailler, randonner et pourquoi pas monter à cheval, mais que se passera t'il sur ce blog????
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10 mai 3h du matin départ pour la Bolivie. Y´a pas d´heure pour prendre un bus par ici, c´est donc parti pour un long voyage qui doit me mener à Sucre ou j´ai RDV pour rencontrer un groupe de français. Pour faire vite, Tucuman, Salta, Jujuy, la quebrada de Humahuaca, La Quiaca et voici la frontière. En réalité ça a duré pas loin de 12h. Je passe la douane et mets enfin le pied en Bolivie dans la ville de Villazon. Tout les conseils sont unanimes, il ne faut pas traîner ici, il n´y a pas grand chose a voir et comme quasi toute ville frontalière c´est un repère de voleurs (très simpliste mais souvent juste). Donc direction un bureau de change pour pouvoir me payer le bus et c´est reparti. Le change donne à peu près ceci : 1€ pour 10 bs (bolivianos). Sans m´en rendre compte j´ai zappé le changement d´heure, il est ici une heure de moins qu´en Argentine, du coup j´attendrai une heure de plus mon bus. 12h de bus en Bolivie c´est pas comme dans n´importe quel pays.... Le bus est plus que dépassé, la température extérieur proche de 0 et l´absence de chauffage se font sentir, mais le pire reste l´état des routes ou plutôt des pistes empruntées. Bref c´est long mais on fini tout de même par arriver à Sucre, première ville que je m´apprête à découvrir dans ce beau pays qu´est la Bolivie (c´est mérité après 1 jour et demi de transport). Je sorts donc du terminal et marche droit devant moi sans prêter attention aux taxis et autres rabatteurs. Je fais donc mes premiers pas dans cette ville aux quatre noms : Charcas, Sucre, Ciudad Blanca y La Plata (pour les fous d´histoire cf web 2.0). Bon la ville est encore endormie et je suis presque seul dans les rues. Au fur et à mesure de mon avancée des petits stands se montent et ce qui semblais être des palettes de matériaux recouvertes de bâches s´avère être des petits commerce de rue qui s´animent en approchant des 9h. Je suis en fait dans le quartier populaire et plus précisément dans la zone du marché. Ici comme dans une grande partie du pays tout est commerce, les rues se remplissent de vendeurs de fruits et légumes, de téléphones portable, de savons et mouchoirs, de pâtes et de riz, de balais, de je ne sais quoi encore. Vous aurez compris ici tout se trouve dans la rue (à de rares occasions il faut entrer dans un commerce pour acheter ce dont on a besoin). Ça va faire quelques heures que je crapahute dans la ville sans pouvoir me dépêtrer de ce quartier (autant dire que je suis perdu et en plus HS).

Ma boussole interne me fait suivre le sud (c´était peut être bien l´est mais qu´importe) et je fini par trouver le centre ville et par me rendre compte que le nom de ville blanche n´était pas erroné. Le centre regroupe tout un ensemble de bâtiments blancs de style colonial du plus bel effet. Direction un hôtel pour pouvoir finalement poser ce sac et se reposer un peu.

Le RDV est à 12h place centrale, je m´y rends donc et rencontre Fred et Céline fraîchement arrivés de la Paz. Gael manque à l´appel mais finira pour nous rejoindre plus tard dans la journée. Le petit groupe est maintenant au complet et en faisant connaissance on semble d´accord pour partager une partie du voyage.

Fred profite de ses vacances pour partir 3 semaines en Bolivie, je pense qu´il est celui qui a le plus préparé la destination (moi a part prendre le bus.....) et nous présente un itinéraire auquel on adhère. Céline fait un tour du monde sur un an tandis de Gael visite l´amérique du sud en 6 mois.
Donc première étape, une trek de 3 jours jusqu´au cratère de Maragua. En faisant les différentes agences on affine notre plan de route et on se décide a partir avec l´agence de l´Université et David qui va nous guider durant ce périple.

Pablo un autre guide de cette agence nous montre un superbe endroit d´ou observer le coucher de soleil sur la ville (collège St Félipé??). Sucre est vraiment une belle ville, ce qui en fait aussi une des destinations favorites des touristes voulant apprendre l´espagnole au vue du prix des cours. RDV 6h15 devant l´hôtel, il faut partir tôt si on veut voir tout ce qui est prévu car des travaux coupent la route de 7h à 12h et de 13h à 19h. Malgré une panne de réveille, Freddy notre chauffeur nous fait passer à temps grâce à sa conduite sportive.

Le blocage dépassé on en profite pour prendre un petit déjeuné avant d´attaquer la marche. Superbe journée grimée d´un ciel bleu sans aucun nuage (comme beaucoup de journées passées en Bolivie).

Nous voila donc à Chataquila, point de départ de la rando, devant un église à la teinte verte perchée en haut de la montagne. But de cette première journée de marche, la pinturas pré-hispaniques. Il ne fait pas très chaud en commençant mais les lieux sont tellement beaux et tranquilles que c´est un réel plaisir de se les geler...Super idée que ce trekking, encore merci Fred.

Dans la matinée on arrive à "Puma Machay", premier site du parcourt, une grotte ou un homme saoul, Puma de son petit nom s´est réveillé avec une gueule de boit avec face à lui un E.T. peint sur la pierre.

Pas très loin de là, le site de "Inca Machay" permet aussi d´observer des peintures remontant à des lustres (je sais c´est précis mais moi et l´histoire....). On descend de la montagne pas à cheval, direction le cours d´eau pour le pick-nick.

Un petit bain digestif dans une eau à 10º et c´est reparti direction Chaunaca notre lieu de villégiature pour la nuit. L´après midi est courte et le chemin bien plus facile que celui du matin. Bilan de la journée, 12km de marche en montagne où on a pu observer des E.T., des paysages de rêve, on a aussi goûté à la chicha (alcool de maìs fermenté) offerte par un jeune homme à la veille du mariage, bref le bonheur.

On a des bûches (hein Céline, elle t´a pas trop marquée heureusement...), du rhum abuelo et de la bière, donc après le repas on se fait une petite veillée autour du feu, l´occasion pour David de nous mettre au courant des croyances locales (attention à la chaolita!) et fin de cette première journée.

Programme allégé pour la seconde étape avec seulement 5km nous menant à l´intérieur du cratère de Maragua.

Plusieurs hypothèses concernant ce cratère : il pourrait s´agir d´une météorite, de l´effet toujours épatant de la tectonique des plaques, d´un ancien volcan ou d´un soucoupe volante pourvue du plus gros réacteur au monde (comme d´hab je racconte n´imp!). Toujours est il qu´on traverse une fois de plus des paysages épatants avant d´entrer dans ce site impressionnant.

Une petite bière en attendant le repas, un coca quina et voila les pâtes aux sardines.

On rejoint ensuite l´auberge, on pose nos sacs et direction la "Garganta del Diablo" (troisième ou quatrième depuis mon départ de France...), mais celle-ci à comme qui dirait de la gueule.


La nuit tombe rapidement et on se retrouve au chaud près du feu une fois de plus (mais à l´intérieur cette fois) à déguster une soupe de blé plus que rassasiante (à en oublier les œufs, les frites et le riz).

Dernier jour de la caminata, on commence par un petit cours de tissage.

La sortie du cratère s´avère un peu dure (altitude et dénivelé) mais comme toujours l´effort se justifie à la beauté du site.

La pause déjeuner est aussi l´occasion de faire une pause musical et est mon premier contacte avec un charango (pauvre bête).

L´après midi on marche sur les pas de Denver le dernier dinosaure, le temps d´une dernière ascension avant la longue descente vers Potolo (distance parcourue 15km).

Super trekking, assez accessible remplit de moments inoubliables de marche au milieu de ces paysages enchanteurs a à peine 30 km de Sucre. Retour en ville pour une nuit avant le transfert vers Potosi.

Donc Potosi, capitale mondiale du capitalisme (merci les espagnoles) d´ou durant plusieurs centaines d´années fut extrait l´argent et fabriquée la monnaie. Aujourd’hui les mines sont toujours en activité (mais la monnaie n´est plus en argent) et avec la "Casa de la moneda", elles constituent un des principaux centre d´intérêt touristique de la ville. Cette ville, la plus élevée au monde (à plus de 4000m) et toute en pente n´a pas le charme de Sucre mais parait tout aussi touristique. Qu´il fait froids à Potosi...

Dans l´hôtel (j´ai dormi en compagnie de Jésus!!!!), heureusement il n´y a pas moins de 4 couvertures par lit car au petit matin la glace recouvre les carreaux. La visite de ce musée de la monnaie est fort instructive. Il s´agit de l´ancien fabrique de pièces, un grand bâtiment labyrinthique présentant les processus de fabrication, leurs évolutions ainsi que l´ensemble des minéraux sortant des mines de la région. Très intéressant...
Deuxième curiosité touristique au programme, découvrir les mines de l´intérieur.

Départ le matin avec un petit groupe, on s´équipe de casques, lampes, bottes et vêtements étanches et GO dans le cœur du monstre : "El Cerro Rico". Pas loin de 5000 entrées si j´ai bien compris. Nous emprunterons la galerie Rosario pour une visite de presque 2 heures. Plus on descend plus il fait chaud et de croiser les mineurs se dirigeant vers la surface avec des changements d´une tonne de minerais est très impressionnant. Difficile de s´imaginer travailler ici et passer de 8 à12h sous terre sans voir le jour.

Notre guide nous présente "El Tio", dieu de la mine. Comme partout en Bolivie on offre du tabac, de la coca et de l´alcool à ce dieu, l´occasion de goûter à ce "fameux" whisky bolivien, l´alcool le plus pur que j´ai eu la chance si on peut le dire de goûter car en fait il s´agissait d´alcool a 96º (ça pique un peu mais c´est buvable et d´ailleurs ça peut expliquer l´état dans lequel on peut voire certains boliviens le week-end).

La visite de la mine est une expérience particulière à éviter en cas de claustrophobie, c´est effrayant de penser à tous ces mineurs (certain le sont doublement car on peut commencer à travailler ici dès 15 ans) gagnant leur vie et écourtant leurs jours sous terre pour nous permettre de porter des bijoux (espérance de vie 45 ans).
Donc merci Potosi, ville aussi peuplée que Paris ou New York au 18ieme siècle; sans toi et surtout la conquête espagnole le capitalisme ne serait pas le maître de notre monde moderne.

Fin de cette première partie du récit de ma découverte de ce fabuleux pays sans mer et haut perché aux paysages aussi enchanteurs que variés.
Publié par eriomem à 03:06:33 dans Carnet de bord | Commentaires (1) | Permaliens
10-06-2011 21:16
De Elen Sujet:
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