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Mercredi seize juillet, Yves quitte le doux monde de l'inconscience. Un oeil ouvert, l'autre qui ne tarde pas à
suivre, c'est bon Yves Michelet est bien en vie. Et en l'occurrence le mal de crâne est de la partie, il aurait
même tendance à monopoliser le jeu. Manifestement son encéphale lui reproche sa soirée de la veille.
Après un instant passé avec Marie-jeanne, la présentatrice de météo du mardi, et de loin sa favorite, les
autres souffrant d'un cruel manque de personnalité, Yves avait opté pour une soirée spéciale "Vie ma Vie".
Il s'agissait de Pascale, poissonnière de son état qui, pendant une semaine, devait échanger son poste
avec celui de Marléna, chanteuse a succès. La présentatrice avait promis une soirée riche en émotions,
mais Yves n'avait pas eu son compte:au bout de trois jours Marléna craquait déclarant:"ma place n'est pas
auprès des moules mais de la renommée" et Yves s'enfilait son pack de bières acheté à prix discount. Une
chose de sure, c'est qu'il ne regarderai plus "Vie ma Vie", mais cette petite bière n'était pas mal du tout. Yves décide d'aller colmater l'espace douleur récemment formé dans sa boite crânienne. N'ayant pas d'infirmières sous la main, il décide de prendre un cachet. Partant du principe que l'on trouve généralement ce type drogues dans des petites armoires sur lesquelles figure une croix verte, Yves part en expédition dans ladite armoire. Hélas, mille fois hélas, exception faite d'un pansement solitaire, le contenu de la boite achetée au prix modique de vingt francs s'apparente au néant. Il va falloir sortir. Ce constat met Yves, qui n'aime pas beaucoup franchir son palier, dans tous ses états. Habituellement, m.Michelet faisait ses courses pour quinze jours, puis se barricadait. Là, il devenait "Mégaman" et devait tenir ses deux semaines en état de siège. Il était plutôt balèze à ce petit jeu. Seulement voilà, cela faisait exactement neuf jours que Yves était sorti et ça ne cadrait pas avec les plans de Mégaman. S'en suivit une lutte entre l'encéphale micheletin et Mégaman, lutte qui se solda par un échec du super héros. Comme quoi cela arrive même aux plus grands. Sur ces entrefaites, Yves décide d'aller se vêtir, notre société réprimant les partisans de la petite tenue. De plus Yves se voit assez mal se promener en pyjama dans la rue, quelle drôle d'idée. Yves s'esclaffe. Rire durement puni par sa zone occipitale, laquelle tend à s'impatienter. Après moult réflexions Yves opte pour son short hawaiien car il le fait penser à la jungle tropicale et avec une chemise couleur de mariage chinois, histoire de faire intellectuel. Le tout accompagné de chaussettes flambant neuves et de sandales à scratch. Yves s'aime plutôt bien et, trêve de modestie se trouve même un petit air à la brucewillis. En espérant qu'on ne lui ferai pas remarquer cette ressemblance, ce qui saurait être gênant, Yves, conformément aux ordres de sa matière grise souffrante, passe son palier, descend quatre à quatre les escaliers, passe dans la peau de Carl Lewis et se retrouve enfin devant la porte vitrifiée du bâtiment à la gloire d'Asképios. Dieu soit loué, il n'a croisé aucun quidam sur son chemin. « ding dong » Quelle drôle d'idée d'installer une sonnerie : une créature comme l'homme, à savoir un savant assemblage de quatre membres un buste et une tête, un mètre soixante-quinze en moyenne pour les sexes mâles, une larme moins grand chez les femmes, ne devrait pas avoir l'aide d'une misérable sonnette pour signaler sa présence. Enfin, peut-etre que le monde pharmaceutique est une secte ?Une immense secte cachée et le « ding dong » un signal d'alarme visant à avertir les pharmaciens de la présence d'un inconnu, lequel pourrait compromettre l'organisati...
« -Monsieur, vous allez bien ? »
Depuis tout petit, Yves aimait à s'asseoir en tailleur dés qu'il entrait en intense activité cérébrale, c'était là une manie que très peu de gens savaient apprécier. Lorsqu' Yves voulut descripter la physionomie de son interlocutrice, il vit une jeune femme manifestement peu soucieuse de son alimentation, si bien sûr on admet des joues généreuses et des éruptions cutanées comme critères fiables dans le cadre d'une telle déduction. Rosaline, à en croire le nom inscrit sur sa veste sans manche verte pomme était coiffée d'un duo de couettes rousses. Yves évaluait sa consistance de l'ordre de deux à trois. La consistance d'une personne X est son niveau de richesse spirituelle, elle se mesure sur une échelle de zéro à dix. En bon patriote, Yves avait attribué un neuf virgule cinq à m.Chirac, car vive la France.
« -Ouhou, monsieur ! Jean-Paul, ramène tes fesses, on a un malaise ! »
Quand Rosaline parlait, le gras de ses joues tremblotait, comme soumis à un mini séisme, c'était rigolo. Yves pensa tout de suite que ce Jean- Paul devait être un haut représentant de la secte pharmaceutique. A coup sur, il était grand chauve et moustachu, avec une petite cicatrice sur la joue. Il se trouvait que Yves n'aimait pas beaucoup les moustaches. Avec la prestance d'un guépard, il courut vers la sortie, renversant une boite de « cuissesfines 3000 ». La couleur de l'emballage était du même jaune que son short hawaiien : un jaune entre la banane et le soleil quand il est à son zénith. Yves, n'y tenant plus, ramassa l'objet et le « ding dong » résonna a nouveau dans le temple anti-microbien. Une connexion se produisit dans le cerveau de Rosaline et, comme elle l'avait vu faire à la télévision, cria à tue-tête :
« -Au voleur, au voleur ! Jean-Paul ! »
Publié par philadelphe à 21:57:36 dans chalutier citron | Commentaires (1) | Permaliens
07-03-2004 14:09
De fang Sujet:
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