Quand j'étais au collège, mon prof d'arts plastiques s'appelait Michel Berger. C'était ma grande époque Ace of Base (happy nation livin' on happy nation, etc), Gala, No limit.
Bref, j'étais une ado bien boutonneuse et encore bien loin de connaître un grand maître de la chanson française.
C'était en Août 92, je me rappelle bien, on regardait les infos à la télé chez mes grands-parents. Le journaliste a annoncé "Michel Berger est mort, il a succombé à un malaise cardiaque après avoir joué au tennis".
Punaise, ça m'a fait un choc : mon prof était si connu que ça ? Ouhla, on va avoir un remplaçant à la rentrée ou bien encore des heures de perm (en fait, ça m'arrangeait plutôt bien parce que je détestais cette matière). Et le reportage a suivi, et j'ai vu qu'il s'agissait de quelqu'un d'autre. J'étais soulagée quand même. Plus tard, quand j'ai découvert "Celui qui chante", "l'Amour impossible", "Ma déclaration", et encore de nombreux titres, j'ai réalisé que ce sont souvent les meilleurs qui partaient les premiers...
Hier soir, moins grave, plus léger, il m'est arrivé un truc de ouf. Le répertoire de mon mobile, c'est le boxon total. Pour quelqu'un qui est censé faire de la rédaction technique, ça la fout mal. En fait, j'ai commencé à rentrer les numéros de mes amis mais pas de manière cohérente. Ce qui fait qu'à l'entrée "Jo", j'ai au moins 5 personnes différentes possibles : jonathan, joël, josé, jonathan et jonathan (franchement, y a des parents qui n'ont aucune imagination, à moins que c'était l'effet mode dû à "l'amour du risque, Jonathan et Jennifer les justiciers milliardaires" ).
Alors j'ai voulu ruser un peu, ils s'appellent pas tout Jo mais jopjo, jojo, Jo, Johmn, John. Le problème, c'est que je ne me rappelle plus à qui j'ai filé quel surnom. Résultat pour éviter les mauvaises surprises, je les appelle plus trop, voire plus du tout. (quand je vous dis que je perdais tous mes amis...)
Mais y a pire. Y a l'entrée Chris. Alors là, y a Christian, Christine, Christophe, Christelle, Christine, Christian (son autre portable). Bref, en général, j'attends que ce soit eux qui m'appellent.
Et puis, y a les autres. Ceux qui ont des prénoms un peu plus rares. Manu en fait partie.
Je l'appelle hier. En fait, j'ai cru l'appeler hier.
Non, j'ai appelé Manu l'autre, celui que j'avais pas appelé depuis 3 ans dans l'espoir de tomber sur Manu l'un.
- Salut Manu
- Euh c'est qui ?
- ben c'est Malaga !
- hein ? Malaga XXX ? Comment ça va ? Ca fait trop plaisir de t'entendre.
Et puis on rigole pendant quelques minutes, à s'échanger des nouvelles. Je suis un peu interloquée parce qu'il a l'air vachement content de m'entendre alors que ça fait à peine 2 mois qu'on est censés ne pas s'être vus.
Comme dans les pièces de Molière, le quiproquo a duré 10 bonnes minutes Manu l'autre, bien que très sympa et super génial, me demandant quand même pourquoi je l'appelais. Et moi, débile comme je suis je croyais que c'était encore une taquinerie de Manu l'un.
Jusqu'au moment (10 minutes later, faut le faire quand même), où je lui dis :
- Arrête ton petit jeu ridicule. Euh attends, t'es pas Manu X ?"
- Non
- Ben t'es qui alors ? (sous-entendu, comment t'as atterri dans mon répertoire, terroriste cybernétique va)
- Devine
- Euh Manu Y ? Celui de ma vie ante-journalistique ? (c'est comme les temps préhistoriques, ça remonte)
- Et ouais.
- Aaaaaaaaaaah.(grand moment de solitude. Je reprends mon souffle. Et l'air de rien, je continue à parler). Salut ça va, qu'est-ce que tu deviens ? (la pôv débile mentale)
Bon, on s'est promis un restau en Juin. (prudents les gens...) Heureusement qu'il est chou quand même.
N'empêche, si vous organisez un Diner de cons, invitez-moi, z'êtes à peu près sûrs de gagner. Mon email est sur le côté gauche.
Ca papote, ça papote