La ville, de manière insidieuse, modifie complètement notre rapport à la nature. Ce n'est pas une profession de foi d'une citadine prête à troquer métro et restauration rapide pour aller élever des chèvres dans le Larzac (faisons dans les clichés, c'est ma nouvelle devise). C'est juste un constat désabusé d'une fille dont les grands-parents vivent encore à la campagne.
Quelques pistes qui me permettent de penser cela ...
- Quand j'entends des vrais oiseaux cuicuiter (=gazouiller), je prends mon téléphone pour essayer de lire le nouveau SMS que j'ai cru recevoir (pour les non-initiés, j'ai aussi une sonnerie "croassement de grenouilles)
- J'éprouve moins de difficultés à imaginer que va finir dans mon assiette un blanc de poulet sur une barquette en polystyrène, recouvert d'un film avec une étiquette de date et de prix plutôt qu'un poulet vivant, plein de plumes. (de toutes façons, de nos jours qui sait encore tuer un poulet, l'évider et le déplumer, franchement ?)
- Quand il fait beau, avec des amis, on va s'aérer au contact de "la nature". Comprenez par là : on va se poser dans un parc de Paris i.e un bout de gazon avec quelques fleurs plantées à la va-vite. En espérant qu'il restera une place où s'asseoir parce que tous les Parisiens ont eu la même idée ce jour-là.
Et si on colle nos oreilles au parterre, on peut même entendre et sentir un grondement souterrain, beaucoup moins terrifiant que ceux en Asie : le métro.
- Pour voir des vaches en vrai (et pas seulement à la télé), on prend la marmaille, la voiture, le périph. On se paie les embouteillages, la queue à l'entrée, un certain montant en euros pour arriver enfin devant ladite vache au Salon de l'Agriculture.
Alors que j'ai la même du côté de chez mes grands-parents... Peut-être que la plus-value de ce type de manifestations, c'est qu'on peut y voir certaines bêtes politiques... :-)
Ridicule, ridicule, ridicule. Pourtant, c'est ma vie. Et je l'aime :-) Je vivrai jamais à la campagne au milieu d'un champ de betteraves...
Ca papote, ça papote