Au détour d'une rue ou d'une station de métro, on LES voit. Eux, ce sont ces visages familiers sur lesquels on a du mal à placer un nom, une discussion, une histoire. En général, ils sont complètement déconnectés de leur contexte, donc on a trop du mal à les situer. J'en ai rencontré un, ce dimanche.
Je suis allée voir
la petite crevette qui tête à la maternité. J'étais plutôt déboussolée parce que je vais très rarement dans les hôpitaux. Les maladies, la mort, le corps médical, j'associe cet endroit à des choses pas très gaies à vrai dire : ). L'odeur en plus y est très particulière. Et même si j'y vais pour fêter une naissance, je ne m'y sens pas très à l'aise.
Bref, c'était pas la joie. Et dans le hall de l'accueil, je l'ai vu. LE visage familier.
Il avait sa mine renfrognée de d'habitude. J'ai souri d'un sourire qui voulait dire "hey, on se connaît! Mais d'où déjà ? En tout cas, ça me rassure de voir une tête familière dans cet univers si froid, si impersonnel, si hermétique, si aseptisé en un mot si glaucque.". (punaise, si le mec a compris tout ca en l'espace des 4 secondes où je l'ai fixé du regard, il est super balèze ! )
Mais, nada. Après avoir rendu un bref regard fuyant à mon sourire interrogateur, il s'est déporté légèrement sur la droite pour m'éviter. Et il a continué son chemin d'un pas leste et rapide.
Gros vent dans ma tronche.
Ironie du sort c'est à ce moment que je me suis rappelée d'où je le connaissais et l'humiliation quotidienne qu'il devait ressentir.
C'était le mec qui distribue des tracts publicitaires toute la journée devant Jussieu.
Ca papote, ça papote