Je me pose la question de fermer cet espace de manière assez récurrente.
Mais j'ai une addiction délicieuse (et chronophage diraient mes employeurs): l'écriture.
Rien à dire de plus, sinon que les archives sont plus sympas à lire que les billets actuels...
Pour anticiper vos questions, je suis une fille. J'écrivais des modes d'emploi. Maintenant, ce sont des articles.
Pour les fleurs et autres commentaires constructifs, préférez mon mail .
Malaga
Bref moment de répit aujourd'hui dans ma vie trépidante : la visite chez le médecin de travail. Pendant tout le trajet en métro, je me chantais le même couplet dans la tête pour me rassurer. "Viens, voir, le docteur; viens, voir, le docteur; non n'aie pas peur. En fait, j'étais un peu stressée par cette visite. Rapport au traumatisme de mon enfance où notre médecin de famille - bien que très sympa, très douce et très patiente, avait malheureusement hérité du même physique que la sorcière dans Blanche-Neige.
Quand on est adulte, on fait la part des choses. Par contre, quand on est petit... Avant même qu'elle ne mette la pointe de son stéthoscope sur ma petite peau fragile, j'étais tétanisée par la peur. Et apparemment, je n'étais pas la seule. Si vous vouliez savoir où se trouvait le centre de PMI de B.; il suffisait de suivre les cris des enfants effrayés.
Bref, j'aime pas les docteurs, et ça remonte à loin. Je n'y vais que quand je suis au bord de l'apoplexie, et encore. Rien qu'à l'idée de devoir y aller, je guéris ! Alors vous pensez bien qu'aller chez le docteur quand on est en pleine forme, c'est moyen.
Je me pointe donc à l'heure indiquée.
Une gentille infirmière? assistante ? secrétaire ? Bref une blonde à blouse blanche m'accueille, sympa. Formalités d'usage. Nom, prénom, etc... (elle a quand même buté sur le mot "rédaction technique"; ça va me suivre toute ma vie ça j'ai l'impression....)
Et là, c'est le drame. (à prononcer façon TF1 ou M6)
Elle me tend le petit gobelet en plastique. En fait, c'était ça qui me stressait : devoir faire pipi sur les ordres de quelqu'un. Chuis trop rebelle ;-) Et ça m'avait fait tellement stressée que j'avais pas pu tenir et j'avais vidé ma vessie 1h avant.
Donc problème. Je me suis appliquée quand même (rebelle, mais pas trop ;-) ) et j'en suis venue à cette conclusion. Soit :
- je ne suis vraiment pas douée
- faut vraiment être un mec et s'être entrainé toute une vie pour bien viser.
Super intéressant, le post, aujourd'hui :-)))
Après cette mise en jambe poétique et ce grand moment de solitude vient la consultation en elle-même.
Expéditive.
Déjà, le docteur, il ne te voit pas du tout en habits normaux mais directement en sous-vêtement. Comme premier contact, c'est pas top. Je me suis souvent demandé dans quel état un médecin devait se retrouver en fin de journée. Voir défiler des corps mi-nus, des bourrelets en veux-tu, en voilà; des peaux boutonneuses, purulentes, pleines d'eczema; tout cet étalage de chair, parfois flasque; beuark, beuark, beuark. En plus niveau hygiène, c'est vraiment pas super... (faire un bac+7 pour en arriver là, faut vraiment la vocation).
Et puis, c'est l'interrogatoire.
"-Vous fumez ?
- non
- vous faites du sport ?
- non
- vous avez des varicese
- non
- du diabète ?
- non
- de l'asthme ?
- non
etc pendant une vingtaine de questions...
Une sorte de formulaire administratif. Précis, direct, sans fioriture. Il devrait faire de la rédaction technique ce médecin.
La visite ? Torchée en 10 minutes. RDV dans un an, Mr le médecin du travail...
Publié par Malaga à 02:07:03 dans Ah, si j'avais un avion | Commentaires (0) | Permaliens
"- tu fais quoi cette année ?
- ooh, un DESS de rédaction technique
- un DESS de quoi ?"
C'est en gros le type de dialogue que j'ai 20 fois par jour (euh, avec des personnes différentes à chaque fois, fallait-il le préciser ? :-) Quoiqu'avec Alzeheimer, ça aurait pu le faire aussi...)
Alors pour toi ami lecteur (peut-être que là, je suis un peu trop optimiste), je vais expliquer ce que fait un Rédacteur Technique (RT) dans la vie.
Le but d'un RT, c'est d'écrire des modes d'emploi, des notices techniques à l'intention de l'usager.
Systématiquement, quand j'explique ça, la personne en face de moi esquisse un sourire narquois ou se fout ouvertement de ma gueule parce qu'elle a en souvenir le dernier meuble d'IKEA qu'elle a mal monté.
Bon alors,
- primo : si la notice technique est mal écrite, c'est que ce ne sont pas des RT pros qui l'ont conçue, c'est peut-être un ingé ou un technicien qui était déjà en retard sur son projet alors généralement la doc technique (lorsqu'on y pense); elle passe en dernier.
- secundo : c'est pas de la faute des RT si les gens de nos jours ne sont pas bricoleurs ;-)
C'est marrant la rédaction technique. On a plein de slogans mnémotechniques. C'est normal parce que ça vient des USA, et ce sont eux les fortiches pour ca.
Du genre : on doit faire de la rédaction KISS: Keep It Short and Simple; ou bien "les mots les plus courts sont toujours les meilleurs".
Et ma préférée : RTFM : Read The F*** Manual. C'est ce que le support technique demande en premier à un utilisateur qui l'appelle : avez-vous lu le manuel ?
Déja que c'est pas jojo de lire ces manuels alors les écrire, je vous dis pas. Le pire, c'est quand on a le choix entre deux explications possibles pour une même action. Il faut choisir la plus logique, la plus intuitive. Comme si la logique, elle était universelle.
Je trouve que la logique, c'est comme la démocratie : c'est la dictature du plus grand nombre. Et je ne vois pas pourquoi mes choix persos, mon mode de fonctionnement serait illogique. LE fait est que je dois systématiquement demander à quelqu'un d'autre quel est le choix le plus logique pour le commun des mortels parce que ce n'est jamais mon choix naturel.
Et puis, contrairement à ce qu'on pense, je trouve qu'écrire de manière simple et intelligible, c'est super compliqué. Facile de dire que c'est facile d'écrire simplement.C'est compliqué d'expliquer que ce qui est simple est compliqué pour moi. Simple, non ? :)
Publié par Malaga à 02:05:11 dans La rédaction technique, tout un art ... | Commentaires (1) | Permaliens
Ca papote, ça papote