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OH NON ENCORE DU FOOT!

Chronique débile sur le monde merveilleux du football

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Lettre à Frédéric Thiriez, président de Fédération Française de Football | 05 novembre 2009

Monsieur Frédéric Thiriez,

Si je m'adresse à vous aujourd'hui c'est que je suis désespéré. Je me présente François Smith. Je travaille au Monoprix de Malakoff, je réapprovisionne les rayons et gagne le SMIC. Ma passion : l'Equipe de France ! OK, elle est loin de faire rêver mais moi je la kiffe. J'ai tous les maillots des joueurs de l'équipe de France depuis 2000. J'adore dormir avec celui de Govou, j'ignore si il est fait avec les mêmes matières que les autres (je ne crois pas à ce que disent les étiquettes) mais il est plus doux que les autres. J'ai presque envie de sucer mon pouce quand je le porte, c'est dire ! Et pourtant Govou n'est pas le joueur que je préfère. Moi, c'est Abidal ! On est injuste avec lui, tout ça parce qu'il fait des bourdes. Moi, personnellement, je n'ai jamais vu un joueur aussi bien remplir un couloir. Il a la classe. Même quand il commet une toile. Toile qui donne souvent un but à l'adversaire ! Vous en connaissez beaucoup des arrières qui font des toiles qui offrent des buts à l'adversaire ?! Moi, je dis non, moi je dis Abidal est un grand seigneur. Et je dis aussi qu'en agissant ainsi, il veut réveiller le formidable potentiel de l'équipe de France !

Mais venons-en au but de ma lettre : Pour posséder tous ces maillots et supporter l'équipe de France au SDF, je me suis endetté. Lourdement endetté (j'ai pris des crédits à la Sofinco, Cegetel etc...). il faut dire que ce n'est pas donné d'aller supporter l'équipe de France ! Il faut avoir le compte en banque d'un cadre supérieur si on n'a pas internet ou le temps d'aller chercher son billet avant tout le monde. Ainsi, j'ai souvent payé mes places minimum 80 euros, sauf pour France-Autriche mais il n'y avait pas d'enjeu. Dernièrement, j'avais promis à mon neveu, Raphaël, 9 ans, d'aller voir le match France-Irlande le 18 novembre. Manque de bol, en un jour, toutes les places abordables étaient vendues. Il ne restait plus que des billets à 80 euros et des brouettes. Endetté jusqu'au cou, je suis dans l'incapacité d'acheter ne serait-ce qu'un billet. Si cela avait été le cas, je l'aurais pris pour mon neveu, l'aurais accompagné au stade et attendu à l'extérieur jusqu'à la fin du match en mangeant une merguez-frites.  Je vais devoir lui annoncer que nous regarderons le match à la télé. Son travail scolaire va sans aucun doute s'en ressentir. Lui qui ramait déjà. Tant pis. J'imagine que le public de ce match du 18 novembre sera costard-cravate. Pendant que l'équipe de France se battra avec ses tripes pour la qualif, ils seront tous à leurs portables à négocier je ne sais quel contrat faramineux. Et nous, les vrais supporters seront comme des cons devant la télé.

Vous savez, si vous aviez installé des gradins à l'extérieur du stade avec des hauts parleurs émettant les sons du match (bruits des shoots sur le cuir du ballon), j'aurais été prêt à dépenser cinq euros pour une place. J'aime être proche de l'équipe de France. Je pense que mon neveu en aurait été aussi comblé. Quand on est enfant quelques miettes de rêve sont inestimables. C'est une idée comme ça, en passant.

Voilà monsieur Thiriez, je vous ai fait part de mon désarroi et ça m'a fait du bien. Pour consoler mon neveu, j'envisage de lui offrir mon maillot de Toulalan. Il va nager dedans mais je pense que ça va lui faire plaisir. C'est une bonne idée, non ?

François Smith

 

Publié par barzoukid à 17:03:01 dans | Commentaires (0) |

Vraie fausse déclaration | 01 novembre 2009

« Le plus beau geste technique que j'ai réalisé c'est une touche mais personne ne l'a remarqué » Lionel Messi

Publié par barzoukid à 11:06:21 dans | Commentaires (0) |

Ronaldinho | 28 octobre 2009

 

Ok, Ronaldinho est moche. Avec ses dents de cheval, ses coupes de naufragé, sa gueule de la quatrième dimension, il gagnerait haut la main son procès contre dame nature s'il était procédurier et aigri (avant d'être connu, quand Ronaldinho souriait à quelqu'un, la personne croyait qu'il lui avait fait un bras d'honneur). Mais Ronaldinho est-il seulement moche ? Réduire Ronaldinho à son physique ingrat n'est-ce pas réducteur voire mesquin pour ne pas dire minable ? Les footballeurs moches sont nombreux et très souvent sur le terrain (jusqu'à ce jour aucun entraîneur n'a encore osé foutre tous ses joueurs moches sur le banc des remplaçants). Pourquoi Ronaldinho et pas Ribéry ? Le brésilien mérite t-il vraiment d'être sur la plus haute marche du podium niveau laideur depuis maintenant plus de dix ans ? Oliver Kahn n'avait-il pas un plus gros potentiel avec sa face « guerre du feu » en papier mâché ? Et Rooney, ce boulard ? Qui a véhiculé au sujet de Ronaldinho cette désastreuse idée ? N'y a-t-il pas un complot contre l'artiste Brésilien afin de le perturber ? Car Ronaldinho est avant tout un artiste du ballon rond, un magicien qui fait rêver les petits et les grands, une fée clochette en crampons. Sans lui, le football serait désespérément balourd. On ne verrait que des éléphants se tamponner le postérieur en courant après le ballon. Les terrains seraient les territoires des pieds carrés et autres monstres dégénérés (les pots de colle, les tacleurs, les golgoths...) . Les gestes techniques disparaîtraient au profit des gestes guerriers. Plus de feinte de corps, de passements de jambes, de coup du sombrero, de talonnade, de petit et grand pont, de zag et de zig, de panenka, de cheese cake, plus de sensual air intérieur de salsa à chaque toucher de ballon. Le football se rugbyserait (je sais, nos amis du rugby vont arguer qu'il y a beaucoup de gestes techniques dans leur sport et je ne voudrais pas me les mettre à dos, mais quand même une mêlée c'est bien bourrin, non ?). Un joueur comme Ronaldinho est un rempart contre cette évolution. Préservons-le et arrêtons de dire qu'il est moche ! Il le sait, pas besoin de le lui rabâcher ! Et quand il essaie une nouvelle coiffure, lui lancer un petit compliment - j'adore tes tresses - pour l'amour et l'avenir du football. Est-il utile de rappeler qu'à Milan, Ronaldinho a... non, pas à Milan, il n'est que remplaçant. Citons plutôt Barcelone où Ronaldinho a... pas fait grand-chose effectivement mais il l'a bien fait, enfin... quand il jouait... Bon, mais il a quand même brillé par intermittence dans son club précédent ! Qui est déjà ? Ah oui, le PSG, c'est ça... humpf... Ok, d'accord, c'est bon, je le reconnais, Ronaldinho est vraiment moche.

 

Publié par barzoukid à 17:06:11 dans | Commentaires (0) |

Pourquoi la Ola | 20 octobre 2009

Si on interroge cent personnes pour savoir d'où vient la Ola, quatre vingt dix huit répondront à coup sûr du Mexique, quant aux deux qui restent on s'en branle puisqu'elles aussi. Là, il serait légitime de se demander pourquoi à chaque fois qu'on pose une question sur le lieu d'origine de toute chose, les gens répondent 13 fois sur 15 le Mexique mais c'est un autre débat. Non, quitte à en surprendre ou décevoir plus d'un ou une, la Ola n'est pas mexicaine mais autrichienne. Quant à sa signification, elle n'est pas ce qu'on croit qu'elle veut dire, c'est-à-dire une formidable manifestation de l'enthousiasme enfantin retrouvé des spectateurs. Ceux qui prétendent cela n'ont d'une part jamais mis les pieds dans un stade, d'autre part rien compris à la Ola. La Ola qu'on devrait normalement appeler le Ola puisque son auteur s'appelait Olaf Schmurtz :

Très vite après sa naissance (en mars 1948), Olaf souffre d'un mal tristement commun. Il s'ennuie. Sa mère tente de l'intéresser à la musique en lui achetant un harmonica mais Olaf s'en fout. Il n'a envie de rien. Pas même de construire un château fort avec ses Lego encore rangés dans leurs emballages ou de jouer avec ses copains à la balle au prisonnier. Ainsi, l'enfant arrive jusqu'à l'âge de quinze ans sans rien faire à part manger, boire, dormir et faire pipi-caca. Un jour, un de ses amis l'invite à assister à une partie de tennis. Olaf hausse les épaules et le suit. Au deuxième set, son ennui et son besoin de l'exprimer sont tels qu'il se lève d'un coup en dressant les bras au ciel et en disant : « Ola ». Ainsi, l'homme gardera ce tic pour exprimer son profond emmerdement. Dans un repas familial, les conversations l'emmerdent, Olaf se lève et fait : « Ola ». Pièce de théâtre ou concert chiants, même combat : « Ola ». Exposition d'art contemporain, « Ola » devant toutes les installations zarbies et vidéos cheloues. A vingt deux ans, Olaf est invité par le même ami de l'autre fois (un grand optimiste) à aller voir un match de football au Mexique. Sans conviction, Olaf s'y rend. Il le regrette amèrement au bout de vingt minutes. Sur le terrain, les joueurs mouillent à peine leurs maillots et ratent des gestes techniques inratables à ce niveau là et à ce stade de la compétition. « ich langweile mich bei diesem traurigen Schauspiel » murmure t-il en se levant. Autour de lui, tous les spectateurs mexicains bilingues allemands acquiescent et imitent Olaf en se levant à son tour.

Ainsi la Ola est l'expression du profond ennui que ressent le public devant le triste spectacle offert par les joueurs de football sur le terrain. En se formant, elle va même jusqu'à concurrencer le match puisqu'elle s'offre elle-même en spectacle. Son message est d'ailleurs sans équivoque. Il dit : « joueurs, vous n'êtes pas capables de nous émerveiller, nous les spectateurs, en conséquence nous allons faire le spectacle et émerveiller les gens devant leurs télés, na ». En allant au bout de notre raisonnement, nous pouvons donc affirmer qu'une Ola réussie est une Ola qui parvient à attirer l'œil des caméras. Dans ce cas là, on dit aussi que les spectateurs du stade ont marqué un but contre les joueurs sur le terrain.

Publié par barzoukid à 07:21:00 dans | Commentaires (0) |

France-Autriche | 15 octobre 2009

Qu'est-ce qu'y croyait le Raymond ? Que parce qu'il allait composer une équipe pour du beurre, j'allais pas venir au stade ! C'est mal me connaître ! On me largue pas sur une feinte minable, moi ! Et j'l'ai juré devant le poster d'Aymé en débardeur bleu, blanc, rouge et pantalon de survêt'  : tant que le Raymond sera à la tête de cette équipe, j'assisterai à tous ses matchs pour la pourrir. Il est temps qu'un supporter s'élève contre la médiocrité patente de ce binoclard à bouclettes. Qu'un homme fasse entendre la voix de la vérité même si elle est cruelle. J'dirais pas que j'ai été élu mais je le pense fort - et je sais que là haut dans le ciel, Aymé me regarde et approuve mon combat (Ouais, bien sûr, je sais qu'il est vivant, mais depuis 98 ses pieds touchent plus la terre au contraire de Raymond qui depuis 2006 a le bide dans la mouise et continue de s'enfoncer).

Bref, dès le coup d'envoi, je rigole - les Français jouent comme les Autrichiens. On ne sait pas qui s'est refilé le virus de l'insuffisance technique mais tout le monde est contaminé. Les passes trop longues succèdent aux passes trop courtes. Les joueurs se dribblent tous seuls et tirent en 6 mètres ou dans d'imaginaires buts installés sur le toit d'un immeuble de 4 étages. Pendant que quelques aveugles hurlent allez les bleus, moi, je lâche mes piques, faisant marrer mes voisins : Oh la la la, la belle passe ! Ou la la la, le beau tir ! C'est quoi cette mi-temps de touches ? Pardon monsieur, vous pourriez m'indiquer le match de football ?...  Entre ces vannes, j'oublie pas de réclamer la démission de Domenech - faut que le message passe. Je suis d'ailleurs plus d'une fois parvenu à faire crier cette phrase à tout le stade (faut croire que les gars de la fédération Française de Football n'ont pas d'oreilles ou que Raymond détient sur eux des secrets inavouables, il est malin le binoclard à bouclettes). Et je l'avoue, ça a été extrêmement jouissif. Ce soir, ça a été plutôt le type qui démarre les olas qu'a pris son pied (on dit que c'est un Suisse) - on en a fait 24 d'affilée, pas loin du record mondial qui s'élève à 78 et est détenu par la Suisse justement. C'est dire si le spectacle sur le terrain était à chier. Mais bon la France a gagné grâce à un pénalty généreusement donné par l'arbitre. A 2-1, il était facile pour Gignac, fraîchement rentré, de foutre un autre pion. Malgré une défense fébrile, un milieu balbutiant et une attaque brouillonne, mon « Domenech, démission ! » n'a donc pas pris. Pas grave. Bon joueur, J'ai changé ma formule en « Estelle, divorce ! » puis j'ai plié bagage 10 minutes avant la fin du match. Fallait que je choppe mon RER avant qu'y ait trop de peuple et que je garde des forces pour les barrages - Matchs que j'attends avec impatience et à l'issue desquels, je l'espère, cessera peut-être enfin ma mission.

William Ronchonchon

Publié par barzoukid à 20:51:58 dans | Commentaires (0) |

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