moi j'm' en fous
j ai du poil aux pattes
quand j'm emmerde
moi j en fais des nattes
L'amour dure un à trois ans : cette révélation biologique a totalement dévasté les certitudes loyales du Gneugneu. En effet, il appert de manière évidente, selon sa propre expérience, qu un ou trois ans sont une franche exagération. Ainsi, n'importe quelle fille ou du moins une grande majorité d'entre elles tiennent bien moins que cela. Un heure, tout au plus, et le dindon est en feu... Alors trois ans, j'eusse voulu que l'on me montra la torride et lubrique hyène, que l'on me présenta la furieuse pour que j'en fusse convaincu.
L'amour dure selon moi autour de quarante minutes, les jours de grande marée, lorsque les vents sont favorables. Après, l'alcool aidant, l'union devient plus solide. Le couple se construit et devient aussi palpitant que les rediffusions des chiffres et des lettres. Subtiles... En sept lettres.. Commençant par un sor, finissant par un dide. Je dis cela avec un immense respect pour la gent féminine, d'autant qu'il est évident que des oreilles indiscrètes voire familiales nous regardent. J'exagère..
Stop, trêve de pseudo style... le fond de ma pensée. Ayant malencontreusement innocemment rencontré une personne, appelons là S., me voilà tout bousculé, parasité en chaque instant. Son visage, son regard, tout son reste. Ca me hante pire qu'un assassinat ou je ne sais quelle action mémorable dont on ne se défait jamais. Ca me tracasse à l'infini, le souvenir omniprésent de cette fille que je croise et recroise au quotidien. C'est sans déraisonner véritablement insupportable. D'autant qu'il s'agit d'un phénomène à sens unique, mon pessimisme naturel me le garantit. Au pire moment, de surcroît, quand mon frère se meurt... Trois ans avant que ça passe ?? Plutôt me trucider avec une saucisse. C'est ça, le sentiment amoureux, ce truc que chacun souhaite, ce phénomène biologique transcendant que tous espèrent ? Sincèrement, c'est une véritable douleur, une torture de l'âme. Un paralysant glacial. Et puis moi, au bord de la sénilité. Ah jésus, mes pantoufles, ma télévision...
Pitié, c'est trop insoutenable, cette tension qui n'est en rien purement sexuelle me domine et me navre. Hélas. Ah, je suis vieux, je me résigne mais soyons francs : un petit espoir me taraude et me ruine.
Un problème sans solution n'est pas un problème, disent nos Africains amis.
Il n'existe sur la planète des singes qu'une seule et unique guenon capable de m'affliger autant. Il fallait que je la croise.
Bon, allez, je cours à la messe ou au bordel. Au bordel plutôt, mais ça sent la flanelle.
Mon cerveau est pris de grand mal.
Je me résigne : « la mort est la fin d'une prison obscure, pour les nobles âmes. »
Je pense infini, je sais la nature changeante, la femme capricieuse, et l'ennui toujours au rendez vous. Je n'espère rien.
Mais en attendant, ça travaille sévère dans ma cafetière...
Toi, là, tu sais, avec ta petite couette, ton petit piercing... tu veux pas m'aider ??Publié par drddupuy à 21:10:04 dans poetegneugneu | Commentaires (0) | Permaliens
Tu es jeune, beau, sensible et plein d'amour au plus profond de toi même. Tu veux rencontrer des garçons, des filles ou des transsexuels de ton age ? Tu veux chatter avec miss France ou lorgner le fion de ton actrice préférée ? Tu aimerais que ta prof de math te taille un crayon à la récré ?
C'est facile avec le service m n s Liberagneugneu.
Prends ton portable et compose le bouton off, en pressant fort la touche comme un bouton d'acné. Sors ta main de ton pantalon et va taquiner la belette, chasser la morue pour de bon. Ton portable ? Pose le sur son derrière et fais le donc vibrer. Tu verras comme c'est amusant.
Le chat, c'est ennuyeux.... La chatte, c'est plus joyeux.
N'oublie pas, lorsque ton kiki se sera rétracté, que tes vésicules séminales se seront temporairement aplaties, que tu frôleras un instant l'apaisement si furtif qui suit l'acte d'amour, de noter sur ton cahier de texte le numéro de la demoiselle.
Le service clientèle de Liberagneugneu et sa hot line toujours prête tenteront leur chance.
Un jour, sans en douter, l'une d'elles dira oui.
Ca ne saurait manquer de se produire.
Enfin, il espère.
Mais c'est long, affreusement long.
Publié par drddupuy à 16:57:56 dans liberagneugneu | Commentaires (0) | Permaliens
J'aimerais passer un peu de temps, une trentaine d'années tout au plus, chez les moines. Les trappistes. Si possible impliqués dans la culture brassicole. Exercer un repli sur moi même. Bien évidemment, ma démarche spirituelle n'intéresse personne mais peu importe.
Clodo, ç'est terrible comme sorte de repli : j'en ai soigné des gens de la cloche... ils ne sont pas du tout à la fête. Picoler, ronfler sur le trottoir, ne pas se laver pendant 10 ans : ça tente tout le monde, moi le premier, bien entendu. Se pisser dessus de temps en temps, bouffer du melon bien pourri au dessus d'une poubelle, dormir entre trois mollards et deux excréments canins, je suis partant pour les plaisirs d'une existence rustique. Mais derrière ce bon coté, la face noire est tapie : les bastons, le froid, le chaud, le bruit assourdissant des villes et leur puanteur, le manque d'alcool, la pourriture qui vous happe de façon bien plus ostensible que chez le commun des mortels, chez qui le pourrissement est lent et parfois difficile à discerner. Alors par manque de courage, je choisis le petit confort de ma morne vie. La misère morale n'en est pas exclue pour autant.
Chez le moine, surtout celui de la Trappe, on ferme sa gueule, on médite dans la paix, l'ascétisme et le recueillement. Un jour, on doit je l'imagine s'éveiller tel bouddha : plus d'angoisse, plus de questionnement stérile. L'apaisement...La vie n'est qu'un bref instant au sein de l'éternité. Le bonheur est un concept humain positivement stupide, que je soupçonne d'être féminin à l'origine.
L'amour, par exemple, vous l'avez certainement lu, ça dure un à trois ans, pour de chimiques et biologiques raisons : concevoir un nouvel être et l'élever. Trois ans , c'est à la fois peu et beaucoup. Reste ensuite à entretenir cette petite entreprise qu'est le couple. Une vie de bonheur résumée...
Alors quid ? Que retenir de ces lieux communs et de ces truismes prétentieux ?
Rien qu'un ennui infini, manifestement inscrit dans l'ordre des choses pour ce qui est de mon existence. Une petite voix me susurre que la solution à cet ennui est au fond d'un flacon, ou plutôt d'une petite culotte mais la raison et l'expérience m'indiquent clairement que jai tord.
Savoir de surcroît que l'abbé pierre a tringlé comme un dément ne m'aide en rien.
Trop compliqué..
Je vous livrerai mes réflexions après 30 ans chez les trappistes. Bière à gogo, silence quand je dors. Il ne reste plus qu'à piquer le carnet d'adresse de l'abbé pierre et je sens que j'aurai atteint l'extase. Enfin j'imagine.Publié par drddupuy à 15:36:45 dans liberagneugneu | Commentaires (0) | Permaliens
Les spots, la presse, les caméras. Je ne connais pas bien sûr, mais je songe que cela ne nous apporte pas, à nous citoyens, de bonnes choses. J'entends : que sarko ou vilpo passent leur temps en maillot de bain devant les photographes, même si leur maman leur a tricoté ledit maillot, ou avec des speakerines alléchantes de l'ORTF, pourrait causer quelque emballement préjudiciable à tous.
Je transpose : moi, dans ma clinique, là bas, petit chirurgien, tout ça...
Tout à coup, la télévision débarque. Me voila Georges Cloneygneugneu dans « urgences ». Je ne vois plus les évènements de la même manière, ma vue s'embrouille. Je suis dans l'histrionisme, l'agitation fébrile, le dérisoire paraître et somme toute la légèreté. Pas le réel en tous cas.
Une infirmière à la frimousse coquine, jeune et belle à croquer, entre brutalement dans l'office. Je suis là, assis, nonchalant, les pieds sur le bureau, en train de lire un chef d'œuvre de la bibliothèque verte.
« Docteur, vite, je crois que le cinq a des hémorroïdes.
« Bon dieu, sursautais je, doux jésus, vite : un doigtier. »
Je me rue dans la chambre tel sarko dans la banlieue.
Quelques minutes plus tard, j'expose aux journalistes la situation :
« Hémorroïdes externes, à 0 heure et midi. Je pense qu'il faut passer tous les trous du cul au karcher. »
Bien sûr, jamais je n'aurais oser prononcer telle phrase sans cet emballement médiatique. Je m'écoute, on boit mes paroles.
A cet instant même, la petite infirmière, cette ingénue friponne, hurle haletante :
« Docteur, vite, je crois que le cinq saigne.
« Oh sort funeste, oh noire fatalité : vite, le bloc, la boite vasculaire, les clamps...
« Toujours les hémorroïdes..
« Ah, merde. Soyez courageuse, mon enfant, comprimez d'un doigt ferme. Je crois qu'il s'agit d'une crise et je dois prendre des mesures, éviter l'endémie, la pandémie, la fièvre hémorroïdale cholérique aviaire ou porcine. J'appelle le président qu'il gagne son abri anti-atomique. Vite, je ressens moi même une douleur. Pourriez m'aider, belle enfant ....
Elle court, elle se dérobe :
« Je file au cinq, docteur. »
L'ingrate...
Enfin, à huit heures, les caméras ne sont plus là. Un infirmier hirsute me tape sur l'épaule, m'arrachant à une douce somnolence.
« Docteur, je crois que le cinq fait un infarctus.
« ..... je vous rappelle mon bon»
« Docteur, me dit alors une aide soignante, je crois que le cinq a chié au lit..
« Laissez, ça séchera. Les caméras sont parties.»
Ouf...
Pardon, je m'éparpille, comme toujours. Vous avez senti la teneur de mon propos, vous en avez extrait la substantifique moelle : toute cette agitation ne sert pas la cause de nos patients, comme le maillot de vilpo et son torse velu ne firent en rien baisser nos impôts, nos dettes et notre chômage. La société du spectacle me donne des aigreurs.
Heureusement, dans mon coin là bas boudu, nous sommes en paix, au bord du Mirail, près d'AZF et des voitures qui brûlent. Nous sommes de modestes travailleurs qui oeuvrons dans la discrétion, de petits tacherons attachés à soigner la maladie plus que nos ego démesurés.
Si vous avez une caméra, vous pouvez venir vérifier.
Publié par drddupuy à 14:21:24 dans liberagneugneu | Commentaires (2) | Permaliens
J'attendais aujourd'hui une mauvaise nouvelle. C'est bien pire encore. Pour moi, c'est certain, dieu est mort.
L'athéisme, ça n'empêche pas les gris-gris. C'est humain somme toute. Les conduites de réassurance. L'appel de l'infini, l'espoir renaissant.. Moi, j'ai inventé une prière efficace. Elle s'inspire de l'expérience mystique des derviches tourneurs, autant que de l'approche pascalienne de l'univers, mais aussi de certains rites animistes voire taoïstes. Vous devinez l'universalité du phénomène.
J'utilise un accessoire un peu onéreux : une bouteille de whiskey estampillée du nom des deux saints américains : Jack et Daniels.
Un soir de pleine lune, ou au clair d'une nuit étoilée, je tourne sur moi même, fixant l'astre céleste, tout en vidant à même le goulot le spiritueux flacon. Après quelques secondes de cette mystique gymnastique, je pisse vers les étoiles, en m'appliquant à les bien atteindre. Après un court moment, une chaleur bien douce se saisit de mon être. Non, ça n'est ni l'urine, ni les vomissures, simplement un phénomène que les scientifiques n'expliquent pas et qui relève d'une force divine. Parfois, j'utilise deux voire trois flacons, ce que mon corps m'autorise. Le miracle s'accomplit quand un blanc absolu s'empare de toutes mes pensées, de tout mon corps, de mon petit être sans intérêt. C'est cela, la prière efficace, celle qui agit, qui fonctionne un instant.
Cependant, au matin, je m'éveille meurtri sur la pelouse, frigorifié, tremblotant comme un lapin à la rosée d'un nouveau jour. L'horrible poids de la réalité écrase ma carcasse. Mes pensées reprennent leur cours et mon frère est toujours bien malade.
Je reprends péniblement mon rang sur la planète des singes, espérant seulement que le blanc me revienne.
Pour finir en contrepet, le goût du blanc me titille...
Publié par drddupuy à 18:27:46 dans liberagneugneu | Commentaires (2) | Permaliens
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