moi j'm' en fous
j ai du poil aux pattes
quand j'm emmerde
moi j en fais des nattes
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Où nos trois amis rencontrent Hysztrdbklsch, la voyante.
Nous fumes ainsi trois à dîner. Plus désireux que jamais d'oublier un instant le mal qui me rongeait, je commandais un litre de whiskey que je bus avec peine. Ma gorge était positivement nouée d'angoisse. Ah dieu tout plein de grâce, s'eut il pu que vous eussiez conçu tel malheur. Ne s'agirait il plutôt là de l'œuvre du malin. Qu'est il de plus cruel qu'être éloigné de l'unique être ? Comment concevoir se passer un jour de ses rires d'enfant, de ses yeux, de son teint et de ses mains agiles ? Où reposer sa tête ailleurs que sur son ventre ? Et quelle femme au monde lui comparer, en terme de grâce, de fraîcheur, de poésie et d'amygdales ? Je me laissais aller et commandais un deuxième litre. Le malheur mène à l'excès, l'excès à la mort et je commençais d'espérer son glacial souffle.
Mes nouveaux amis, me voyant en peine, tentèrent bien de me rassurer, de me choyer. Mais bière, vodka, valium ou héroïne : aucun de ces emplâtres grossier ne fit le moindre effet.
Je terminais péniblement mon cassoulet quand une vieille femme, plus ridée qu'un anus de babouin, se présenta à notre table. Une véritable gitane, fière et belle, issue de l'origine des peuples Rom et de la caravane Sterckeman. Elle agitait tout en parlant ses mains sous nos narines. Nous lui fîmes cadeau d'un peu de pain, de quelques sous, d'un litre de rhum et d'un vieux préservatif dont LJ se défit avec tristesse.
« Quel dommage, tout de même, qu'elle ne m'ait donné aucun prénom, aucun numéro de téléphone
« Je peux t'aider, gadjio, fit la vieille, un regard mystérieux, inquiétant, un regard bien étrange sur les lèvres. Je sais les moyens de lire dans le futur.»
Je frémis en l'instant, stupéfait.
Elle se saisit de la main de Tronglefouille, qui sommeillait, abruti par je ne sais quel excès.
« Ah hurla t il »
Son chien cessa de ses lécher. L'intelligence animale...
« Ah... » fit de nouveau Tronglefouille, alors que la pauvre bête reprenait son labeur. Le vocabulaire de l'agent s'était avec l'émotion ratatiné comme verge en eau glacée.
« Je te connais, sorcière.. Tu es »
Il se gratta le crane. Une pluie de particules blanchâtres tomba en avalanche dans sa choucroute au camembert.
« Tu es...
« ....
« ....
« Jeanne Calment ? demanda LJ
« Non, fit Tronglefouille. Tu as les traits de cette femme que j'ai arrêtée en 74, au 27 de la Rue du Sinistre. Tu es apparentée à Roland Culé le bestial. Tu es la belle sœur du génial Alonzo Balmaské...
« Point du tout monsieur, vous méprenez.
« Je sais alors, le grand frère de Jeff Ekaka ? L'arrière tante de d'Odile Atmoilanus ??
« Point vous dis je
« Tu es Agathe Zepower, je te reconnais, verrue, peste choléra...
« Point du tout monsieur, le curé »
S'ensuivit échange verbal dont je vous ferai grace.
Rien ne fit craquer la ridée. Jusqu'à ce qu'enfin, par une illumination que seule la puissance de l'amour pourrait expliquer, je la mette enfin à jour.
« Vous n'auriez pas cette nuit échangé de l'urine avec un vieillard chauve atteint du psoriasis ? »
Elle se figea :
« Exact, touché, coulé, bingo, carton plein. Du café, mon bon, cet homme mérite de connaître la vérité. Tu recherches une Lulu n'est ce pas ? »
Incroyable, impensable, inouï, in peto.
« Vous allez lire dans le mark de café ? lui demandai je
« Non mon petit, je vais m'en boire un grand, parce ce que j'ai indiscutablement la tète dans le cul. Après, mon petit, si tu es sage avec mémé, tu sauras où, comment pourquoi et pour combien s'en est allée ta belle. »
Mais vous, vous ne saurez pas, pas avant en tous cas le prochain épisode dont mon éditeur m'a demandé par contrat de ne rien vous dire, sinon qu'il y aura de la passion de l'exaltation, du sentiment, de la poésie et du cul, du cul bien fendu.
Publié par drddupuy à 14:17:54 dans Liberagneugneu : LE livre | Commentaires (0) | Permaliens