moi j'm' en fous
j ai du poil aux pattes
quand j'm emmerde
moi j en fais des nattes
marre des mauvaises nouvelles...
au début de la carrière, on croit se rendre important.. on annonce la maladie et ses immondes conséquences.. on a la solution...
et puis passent les années. chacun a sa limite. un grand champion de F1 le disait, Jackie Stewart. il a arrêté après avoir perdu Jim Clark, Jo Siffert puis François Severt.
en médecine, on annonce la mort du gamin en moto, la leucémie du petit.. ça commence à peser. on pense à soi, à ses enfants. on finit par apprécier de dire :
"Bilan négatif, vous allez bien, bon pour le service."
aujourd'hui, deux bons vieux cancers à annoncer.
faut pas s'écouter...
après ça, je vois un monsieur, chauffeur d'engins, pas bien malade. je lui demande pourquoi tous ces antidépresseurs. il m'explique
"mon fils unique, à 21 ans, il était expert comptable, reçu au diplôme. super moyenne. il avait un niveau élevé aux échecs et s'éclatait au tennis. il s'est fait agresser deux fois, et puis il mal vécu AZF. en tous cas, on sait pas pourquoi. il s'est dressé face au train."
Deux heures du matin : la police. Eux, leurs nouvelles sont jamais bonnes. Rien que pour ça, on peut les comprendre, les soutenir, voire les encourager, les lardus, les bleus de base, ceux qu'on envoie réveiller la mère et le père.
ils s'en voulaient avec sa femme. un gamin qui leur avait préparé les cadeaux de Noël un mois avant.
Leur fils unique
"il y plus, rien maintenant, plus de fête des pères, de fête des mères, de Noël..."
et toutes les nuits, vers deux heures, ils étaient éveillés malgré toutes les drogues du monde... cauchemars
le suicide, on en cause mais ça fait bien terriblement mal à l'âme d'entendre un père pleurer comme cela..
comme à l'époque romantique, comme à bien d'autres encore, les ados se suppriment pour des raisons esthétiques, voire parce qu'il n'ont pas ce qu'ils sont en droit d'attendre et qui mérite bien que l'on meure : la dernière ps ou je ne sais quelle fringue. ceux là sont moins radicaux : petites plaies, quelques anxiolytiques, mais parfois ils se ratent et meurent.
le gamin de mon patient, c'est autre chose. une vraie douleur, les capacités intellectuelles et peut être un choix philosophique. souhaitons le ..........
Publié par drddupuy à 20:19:48 dans liberagneugneu | Commentaires (1) | Permaliens