<< La Femme de Trente ans, Balzac | Nana, E. Zola | Effi Briest, T. Fontane >>

Publié en 1880, Nana a fait une vive impression dans le monde littéraire, mais ce « roman quadrupède » d’après Le Charivari suscita l’intérêt et l’admiration de Flaubert et Huysmans. Son caractère cru, pourtant sans excès d’impudeur, son réalisme du à de minutieuses enquêtes, propre au naturalisme, dévoile avec symbolisme l’apogée et le déclin du Second Empire (1852 – 1870). En effet, fille de Gervaise et de Coupeau, personnages de l’Assommoir, Nana est née en 1851, morte en 1870 : les dates coïncident, l’action s’inscrit dans l’époque. Nana raconte comment l’héroïne éponyme, fille de rue, actrice, entame une ascension fulgurante et inexorable à travers les classes sociales, entretenue par les hommes qu’elle séduit, dont le chaste comte Muffat. Courtisane accomplie, s’idolâtrant elle-même, grâce au succès théâtral de « La blonde Vénus », elle devient célèbre et recherchée. Mais elle semble détruire avec un plaisir non dénué de sadisme et s’approprier tout ce qui traverse son passage, dominant ainsi Paris et sa bourgeoisie. Dans un article, La Fauchery la surnomme justement « La Mouche d’Or » :
« Elle avait poussé sur le faubourg du pavé parisien ; et grande, belle, de chair superbe, ainsi qu’une plante de plein fumier, elle vengeait les gueux et les abandonnés dont elle était le produit. Avec elle, la pourriture qu’on laissait fermenter dans le peuple remontait et pourrissait l’aristocratie. […] … une mouche couleur de soleil, envolée de l’ordure […] et qui […] empoisonnait les hommes rien qu’à se poser sur eux, dans les palais où elle entrait par les fenêtres. »
Ainsi entretenue, devenant de plus en plus populaires, elle ruine les fortunes de la capitale, brise l’innocence de la jeunesse avec le petit Georges qui, amoureux, ne s’en remettra jamais, et court toujours après son ancienne compagne de débauche, Satin, la ramassant sans cesse sur des pavés pour l’enfermer dans son luxe. Un style cru, vif, et très moderne, caractérise l’écriture de Zola. On est bien loin de l’univers édulcoré du Rêve et de la tendre Angélique bercée d’illusions. L’auteur nous entraîne dans l’âpre réalité dénuée de romance, et critique par ailleurs la société.
peinture: Nana, vue par Edouard Manet
Publié par AdVitamAeternam à 09:35:17 dans XIXème siècle | Commentaires (0) | Permaliens
Donatien Alphonse François, marquis de Sade, M. Levy
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