Une nuit, les lampadaires devant moi, je rentre chez moi. Les lunettes sombres deviennent floues, la pluie tombe tandis que je remonte mon col. En retirant mes lunettes je ferme les yeux et aprecie les gouttes, petits pas de fée, carressant mon visage. Alors que mes yeux se rouvrent en baissant mon visage, une ombre se profile sous un lampadaire, un manteau sur les epaules, elle s'avance vers le poteau et s'appuie dessus en perdant l'équilibre. A la lumiere je vis que c'etait une femme, les cheveux dénoués, un peu trempée et sur sa joue une trace pourpre lorsqu'elle leva la tete. Presque machinalement, elle sortit un bras de son manteau, au bout duquel se tenait difficilement un pistolet. La peur me prit, une arme entre des mains, ne fait pas de difference entre celui qui l'a tient et celui qu'elle vise. Je vis ses yeux, plein de peurs et de pitié, me priant de ne rien faire pour qu'elle appuie sur la detente. Je n'en qu'à ma tete, qui me dit que cette fille a besoin d'aide.
Premier pas. Je baisse les bras le long de mon corps.
Second pas. Elle joint sa deuxieme main sur l'arme pour l'équilibrer.
Troisieme pas. Je leve legerement un bras la main ouverte
. Quatrieme pas. Elle est sur le point de s'effrondrer.
Cinquieme pas. Je m'arrete et demande de la main de me donner son arme, la pluie masque la sueur de mon front, mes yeux restent fixent pour ne pas devoiler ma peur. A bout de force elle baisse son arme, baisse la tete et tombe, mais avant de toucher le sol, je la ratrappe par la taille dans un sursaut. Je sentais quelque chose de moins liquide que l'eau peu à peu remplir ma main sur sa taille, je déplia quelques doigts pour voir le rouge de sa blessure. Dans cette rue, un soir de pluie, sous un lampadaire, une femme blessée se tenait entre mes mains, prete à mourir de tout son sang qui s'échappe. Me levant, elle dans mes bras, je continue d'aprecier les petits pas de fées, dansant sur le visage rouge de cette inconnue, laissant derriere moi les lunettes sombres. Ce soir je prend un nouveau chemin pour rentrer chez moi, il commence dans cette rue avec elle.
Sixieme pas.