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Publié par Ecointerviews à 22:44:50 dans Actu des papiers | Commentaires (0) | Permaliens
Billet accessible ici.
Publié par Ecointerviews à 12:48:18 dans Actu des papiers | Commentaires (0) | Permaliens
Source: Atkinson, Hamilton, Ruta et Van der Mensbrugghe (2010). Estimations pour 2004.
L'idée d'un protectionnisme écologique, ou plus modérement, le projet d'instituer une taxe carbone aux frontières pour préserver la compétitivité des pays les plus soucieux de l'environnement, fait des émules.
Quelles en seraient les conséquences sur les pays visés? Pourquoi l'Europe parait-elle beaucoup plus réticente que les Etats-Unis?
Une étude récente montre que les effets d'une telle représaille sont à prendre au sérieux et invite à nuancer les responsabilités.
Qui émet le plus de carbone?
Pour évaluer qui fait quoi en matière d'émission de gaz carbonique dans l'atmosphère, une première étape consiste à comparer ce que chaque pays (ou groupe de pays) rejette lorsqu'il produit des biens et services.
Si vous vous reportez à la figure ci-dessus, vous constatez que c'est aux Etats-Unis et en Chine que la production s'avère la plus polluante (les traits noirs indiquent respectivement 5 et 4,2 millions de tonnes de CO2). Par comparaison, l'Europe des quinze émet moitié moins de carbone que la Chine*.
Une analyse plus fine consiste à mesurer l'intensité de la production en CO2: trois principaux pollueurs se détachent: la Chine (0,9 tonnes par 1000 dollars de PIB), la Russie (0,85) et l'Afrique du Sud (0,79), loin devant l'Europe (0,19) et les Etats-Unis (0,42).
Du CO2 dans la mondialisation
Intéressons nous maintenant au CO2 qui circule à travers le monde via le commerce international. A l'image des soldes extérieurs de biens et services, on peut calculer des "balances carbone" (par exemple, un pays qui produit plus de carbone qu'il n'en consomme est exportateur net de CO2).
On peut faire trois constats:
-La Chine exporte une quantité considérable de CO2: un million de tonnes, soit l'équivalent des émissions totales de l'Inde.
-L'Europe et le Canada sont très dépendants du carbone importé. L'ensemble des importations européennes de carbone représentent la moitié des besoins (alors que c'est une vaste zone économique). L'internationalisation des échanges permet donc à l'Europe d'importer l'équivalent d'un million de tonnes de CO2 sous forme de biens et services à caractère final.
-Le CO2 importé est souvent incorporé dans la production locale. La mondialisation actuelle se traduit par un "partage de production" qui stimule les flux inter-entreprises en biens intermédiaires (on visualise les émissions de CO2 induites par ces flux par la fraction des rectangles grisés situé dans la surface délimitée par les traits noirs ). Aux Etats-Unis et au Japon, le volume CO2 incorporé dans la production locale fait jeu égal avec celui que l'on importe via des produits finis.
Taxer ou ne pas taxer?
Les auteurs de l'étude ont calculé qu'une taxe carbone à la frontière aurait des effets importants sur les pays visés.
Par exemple, une taxe de 50 dollars par tonne de CO2 équivaut à un droit ad valorem respectivement de 10,3 et 8,9% à l'encontre de la Chine et de l'Afrique du Sud.
Est-ce justifié et surtout crédible?
Puisque le CO2 contenu dans les exportations chinoises correspond à du "carbone délocalisé" par les pays les plus avancés, qui faut-il incriminer? le consommateur occidental, "l'atelier du monde" ou bien les multinationales qui appliquent là bas des techniques de production plus économes en CO2 que les entreprises locales?***
Ajoutons que la part élevée de CO2 étranger incluse dans la consommation et la production européennes devrait dissuader pour un certain temps de se se livrer à une guerre tarifaire "écologique". C'est beaucoup moins le cas aux Etats-Unis.
DG
*eit=ex pays socialistes européens (en transition), liy=pays à bas revenus, xhy=pays exportateurs de pétrole, xmy=autres pays à revenu moyen, xx1=autres pays signataires de l'Annexe 1 du protocole de Kyoto (s'engageant à réduire leurs émissions de CO2).
**La consommation correspond à une demande indirecte de CO2 incluse dans la production qui satisfait ce besoin.
***Au risque de m'avancer un peu, je propose le rapprochement suivant: la Chine exporte environ 40% de son PIB, or d'après la figure 1, ses exportations ne sont à l'origine que d'un quart du CO2 qu'elle produit, ce qui tend à démontrer que le secteur exportateur (largement sous contrôle étranger) applique des techniques de production relativement écologiques.
G. Atkinson, K. Hamilton, G. Ruta, D. Van der Mensbrugghe, Trade in "virtual carbon", Empirical results and implications for policy, Policy research working paper, janvier 2010.
Publié par Ecointerviews à 16:55:35 dans Actu des papiers | Commentaires (0) | Permaliens
Publié par Ecointerviews à 21:51:29 dans Actu des papiers | Commentaires (0) | Permaliens

Evolution du taux de dette publique en France (% du PIB) entre 1978 et 2010
La dette publique monte si haut que le français redoute qu'elle lui tombe sur la tête sous forme d'impôt et d'inflation.
Deux économistes ont examiné la chose sur 200 ans et convoqué les statistiques annuelles de 44 pays, mais rien n'y a fait: Carmen M. Reinhardt et Kenneth Rogoff n'ont pas découvert de "lien évident" entre dette publique et taux de croissance économique.
Plus précisément, l'économie ne semble pas affectée par des ratios dette publique/PIB modérés (entre 30 et 90%).
En revanche, au delà de ce seuil, on observe que le taux de croissance réel médian perd un point (plus encore aux Etats-Unis).
Toutefois cette situation "extrême" est loin d'être fréquente (à peine 2% des observations), soit que l'économie ne tolère pas un franchissement durable du seuil de 90%(thèse privilégiée par les auteurs), soit que cette éventualité corresponde à des récessions exceptionnelles (idée défendue par Paul Krugman, comme l'explique l'article signalé dans un commentaire de ce billet).
Examinons le cas français.
D'après les calculs des auteurs, la croissance française est remarquablement insensible aux variations de l'endettement public (à peine un dixième de point en moins lorsque le taux de dette grimpe de 30 à 90% du PIB).
Au delà, la croissance est plus faible de 0,5 point mais l'interprétation de cette corrélation dépend de la façon dont on prend en compte la causalité inverse, c'est-à-dire l'influence du cycle sur l'endettement (une récession tend à accroître le ratio dette/PIB par effet dénominateur).
Les auteurs sont un peu elliptiques sur ce point, ils en appellent à des études aux cas par cas. Or ce n'est pas un hasard si le taux de dette publique français dépasse le seuil de 43,5% (taux moyen parmi les pays les plus avancés depuis cinquante ans) au début des années 90, c'est-à-dire en plein marasme. La dette se stabilise aux alentours de 60% entre 1996 et 2002 puis progresse à nouveau avec le tassement de la croissance. Elle s'envole à partir de la fin 2008 en raison de la diminution du PIB et du plan de relance.
Il est fort probable que le lien dette publique/croissance s'explique, en France, de façon notable par l'influence du rythme de croissance.
Bien sur, toutes les statistiques du monde ne devraient pas empêcher les oiseaux de mauvaise augure, tel Jacques Attali, de claironner que nous serons "tous ruinés dans dix ans". Or l'étude Reinhardt et Rogoff est plus pondérée. Elle met l'accent sur les limites de l'endettement public mais ne cède pas à l'alarmisme puisque les épisodes de fortes dettes publiques restent exceptionnels et n'ont pas d'effet sur l'inflation.
DG
C. M. Reinhardt, K. Rogoff, Debt and growth revisited, VoxEu, 11/08/2010.
Publié par Ecointerviews à 10:30:28 dans Actu des papiers | Commentaires (3) | Permaliens
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