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Violon | 06 novembre 2009

J'avais déjà déposé dans mon ancien petit  coin cet extrait que j'adore...  (Un petit clin d'oeil à tous les amoureux/amoureuses de cet instrument et de la musique).
Revoici:


Violon

[...] Cette métaphore : corps-violon est belle, même si, comparé au corps, le violon est lui-même mille fois simplifié, il reste quand même, dans l’ordre de l’harmonie poétique, une équivalence. Tous deux, violon et corps, sont conducteurs de musique. Tous deux sont en somme ces purs passages : « Ce n’est que corde sèche, bois sec, peau sèche, mais il en sort la voix du bien-aimé ».

La construction d’un instrument comme le violon ne peut se réaliser que par la convergence d’un savoir multiple. D’abord le bois. Le choix du bois. Le choix de l’arbre. Ce sera, m’a dit un luthier, un arbre qui poussera dans un vallon afin que son bois n’ait pas eu trop à lutter avec les vents et la tempête, juste ce qu’il faut d’oscillement, de balancement pour que sa fibre soit souple, délicate, mais point trop. Puis les doigts du luthier vont en palper la qualité, en choisir un fragment. En permanence, tout ce qui va aboutir à cet objet, ce violon, va être à la fois de l’ordre du réel et de l’irréel, du savoir et de l’intuition, de la précision extrême et du somnambulisme.
Déterminantes vont être les fibres dont seront formées les ouïes, les éclisses, le manche, la lame qui va soutenir la table supérieure et, lorsque enfin les cordes vont être tendues, il suffirait que le chevalet qui les supporte ait été déplacé d’un dixième de millimètre pour que le son en soit gâché. Du resserrement ou d’un desserrement minimal des chevilles qui tendent ces cordes va dépendre la qualité. Et tout cela qui pourrait se décrire indéfiniment, toute cette kyrielle de gestes, de détails infimes qui aboutissent à l’œuvre « violon », qui pourrait encore être de l’ordre de la matière, la déborde de toute part.
Viennent maintenant l’archet et la main qui le guide vers la musique qui va jaillir. Tout cela n’est jusqu’à présent que prolégomènes de l’entrée en jeu : la main, le bras, l’épaule. N’est-ce pas plutôt l’oreille qui va faire jaillir la musique ? L’appel de l’oreille, la nostalgie de l’oreille à la percevoir ? Que dire alors des longues années d’apprentissage ? Ce n’est pas encore cela. Plutôt la présence, l’inspiration de celui qui se tient là : qui va du forestier à l’ébéniste, de l’ébéniste au luthier, du luthier au professeur de violon, du professeur à l’élève doué, de l’élève doué au maître qui le guide, puis, un pas plus loin, au maître intérieur, au maître qui l’habite. Et tout cela à l’infini.
Cheminement infini jusqu’à l’absence suprême, jusqu’à l’absence d’où va naître la musique qui va nous hanter, où tout va être aboli : tout ce qui a précédé l’instant où naîtra la vraie musique, cette musique qui ne va plus dès lors se jouer sur les cordes du violon, mais sur les fibres mêmes de notre être et de notre cœur ; cette longue chaîne phénoménale qui va aboutir à l’absence de tout phénomène et s’amenuiser jusqu’à n’être plus que l’absence lumineuse de toute écoute, de tout jeu, à la limite de toute musique.


Tiré de: Où cours-tu ? Ne sais tu pas que le ciel est en toi Christiane Singer
Albin Michel 200

Toile: Michel Jean: http://www.micheljeanpeintre.com/collection2.htm

 

Publié par Suzan à 21:07:01 dans Balades en mots et images | Commentaires (3) |

La Colline aux gentianes | 06 novembre 2009

En attendant que je prépare les quelques billets en retard, voici un autre bon roman lu il y a un bout.

La colline aux gentianes de Elizabeth Goudge

Phébus, 1999

 

Citation de la Fnac

Au moment où parurent ses romans, c'est à dire juste avant et juste après la seconde guerre mondiale, Elizabeth Goudge fut comparée à Emily Brontë. A l'image de leur créatrice qui vivait retiré du monde, ces romans sont peu à peu tombés dans l'oubli. Cette nouvelle édition de la Colline aux Gentianes permet de retrouver ou de découvrir cet écrivain que d'aucuns jugeaient démodé à son époque. Elle nous raconte ici, sur fond de guerres napoléoniennes, l'histoire de Zachary, déserteur de quinze ans. Retiré dans un village au fin fond de la campagne, il tente de se faire oublier. Il fait la rencontre de la petite Stella, fille adoptive d'un couple de paysans. Tous deux rêvent d'une autre vie, désirent d'autres contrées. Elizabeth Goudge se fait le chantre des âmes en peine, des exclus et nous suggère en douceur que la vie est ailleurs.

 

Mon avis

Depuis un bout on me conseille de la même auteure : Le Pays du dauphin vert mais je n’arrive pas à mettre la main dessus. Alors la devant moi sur le rayon il y avait La colline aux gentianes qui semblait me dire :’’ Bien tu peux me lire aussi , allez, viens que je te raconte une jolie histoire» Et ce bougre de bouquin avait raison. Une très, très belle histoire qui, page après page nous dévoile la belle aventure de Zachary et de Stella. Un livre présenté tout en douceur malgré certains passages nous relatant l’époque brutale des combats napoléoniens. Un roman  jouant aussi entre les murs du surnaturel et les contes et légendes ce qui n’est pas pour déplaire et ajoute au bonheur de le parcourir. Une écriture poétique, riche de mots qui vous donnent envie de ne jamais lâcher prise, un roman où l’espoir et le courage ne font qu’un. Une plume qui n’hésite pas à nous décrire ces petites choses, celles qu’on ne voit jamais mais qui contribuent à savourer la vie malgré ses mauvais côtés. Un roman que je conseille pour les amoureux de belles histoires qui nous font dire que oui lire, c’est aussi magique.

 

Source pour jaquette et résumé : Fnac.com

Publié par Suzan à 04:35:11 dans Autres lectures | Commentaires (4) |

La Mémoire suspendue de Louise Plante | 04 novembre 2009

Lu il y a un bout

La Mémoire suspendue de Louise Plante

Fides, 2000, 173 pages

 

 

Présentation

La mémoire est la faculté qui oublie, dit-on, mais qu'arrive-t-il lorsque, après des années de sommeil, elle se réveille soudain pour livrer ses secrets les plus profondément enfouis ? C'est ce qu'apprendra avec étonnement d'abord, puis rapidement avec fascination, un jeune homme qui, le jour même de la mort de sa mère, découvre des cahiers aux révélations bouleversantes... Amour, secrets, drames et mensonges : voilà la toile de fond de la scène où évoluent des personnages secoués par la tourmente d'une époque en pleine mutation, mais surtout en quête de leur propre vérité.

 

Mon avis

Et ce jeune homme,  par les écrits de ces cahiers, nous narre l’histoire de sa famille qui vivait dans les vieux quartiers montréalais dans les années quarante. Années de peine, de misère, de religion avec un pouvoir énorme et bien entendu les années de la seconde grande guerre.

Notre narrateur découvrira au fil des pages vieillies de ces cahiers jaunis par les années des secrets de famille qui le perturbera. Un bon bouquin, bien écrit, d’une manière sobre par une auteure qui a su, au travers la trame de son roman,  nous rappeler la condition féminine de l’époque où les femmes se mariaient très jeunes où elles n’avaient  aucun droit ni de vote ni de décisions familiales et encore moins le droit de refuser «la famille» et il n’était pas rare à l’époque de voir un nombre inouï d’enfant par famille.  Heureusement certaines «sortaient» du lot et étaient plus indépendantes, plus fortes, plus rebelles un peu comme l’héroïne de cette histoire : Florence . Petit bout de femme autoritaire, marginale, gagnant bien sa vie mais qui ne sera pas vraiment heureuse comme elle l’aurait bien méritée.

Enfin, ce n’est pas une grande œuvre mais c’est une belle histoire qui se lit bien et qui nous laisse le plaisir d’un bon moment de lecture.

 

Source pour présentation et jaquette : Editions Fides

Publié par Suzan à 16:14:01 dans Autres lectures | Commentaires (0) |

Entre amis | 03 novembre 2009

Toile: Charles Burton Barber

Source: allposters.com

Montage: © Sue2009

 

Publié par Suzan à 23:29:16 dans Balades en mots et images | Commentaires (5) |

Le libraire de Gérard Bessette | 03 novembre 2009

Lu il y a un bout

Le Libraire de Gérard Bessette

Éditions Pierre Tisseyre, 1993

 

Amazon.ca
Le personnage principal du Libraire est une espèce de Meursault, la candeur en moins, le sarcasme en plus, mais tout aussi indifférent à ce qui l’entoure. Il s’appelle Hervé Jodoin, il a perdu son emploi de répétiteur au collège Saint-Étienne, à Montréal, et il est prêt à accepter n’importe quel boulot, du moment qu’il y ait peu à faire et qu’on le laisse tranquille. Quand, au bureau de chômage, on lui propose un travail de commis dans la librairie d’un petit village, Saint-Joachim, à plusieurs heures de la grande ville, il n’hésite pas : “Saint-Joachim ou ailleurs, je m’en balançais.”

 

Mon avis

Et notre héros se retrouve libraire dans un petit village encore soumis à l'Église catholique et où la censure est omniprésente y compris celle des livres! Hervé est un sacré phénomène. Bourru, ivrogne, asocial, d'un humour grinçant; toutes censures l'irritent au plus au point en particulier les lois de cette bonne vieille mère l'Église. Il découvre une sorte de petit coin secret dans lequel sont rangés bien des livres «interdits». Se souciant très peu des interdictions, il fera petit à petit commerce de ces livres et très vite, monsieur le curé en aura vent.

L'auteur nous relate ici fort bien le contexte contestataire du milieu littéraire face à l'oppression et le pouvoir clérical dans les années soixante.  Ces années de «Révolution tranquille» où les québécois, ayant marre de se faire étouffer par le carcan politique et ecclésiastique, décident de se «libérer» de tout ça. J'ai eu un plaisir fou à parcourir ce tout petit bouquin même que par moment je me suis prise au jeu en incitant Hervé à ne pas lâcher et à continuer de tenir tête à ces bien-pensants «oppresseurs». Une plume agréable, simple, sarcastique, drôle et très directe à la fois. Un tout petit bouquin et malgré qu'il soit d'un âge certain, est fort intéressant. Je vous le recommande vivement

 

 

Source pour jaquette et résumé : amazon.ca

Publié par Suzan à 02:35:13 dans Autres lectures | Commentaires (4) |

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