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Enterre mon coeur à Wounded Knee : Dee Brown | 02 décembre 2009

 

Enterre mon coeur à Wounded Knee de Dee Brown

Albin Michel 2009

 

Présentation de l'éditeur
Largement fondé sur des documents inédits - archives militaires et gouvernementales, procès-verbaux des traités, récits de première main ce livre exceptionnel retrace, de 1860 à 1890, les étapes qui ont déterminé " La Conquête de l'Ouest ". De la Longue Marche des Navajos au massacre de Wounded Knee, il se fait ici la chronique de la dépossession des Indiens de leurs terres, de leur liberté, au nom de l'expansion américaine. Si l'Histoire a souvent été écrite du point de vue des vainqueurs, Dee Brown donne la parole aux vaincus, de Cochise à Crazy Horse, de Sitting Bull à Geronimo, et compose un chant tragique et inoubliable. Publié pour la première fois en 1970 aux Etats-Unis, traduit dans le monde entier où il s'est vendu à plus de six millions d'exemplaires, " Enterre mon coeur à Wounded Knee " est devenu un classique. La présente édition, totalement remaniée, a fait l'objet d'une nouvelle traduction.

 

Mon avis

Un livre qui accroche dès ses premières lignes. Un récit relatant une histoire au sujet très poignant. L’arrivée de l’homme blanc sur des terres habitées par des indiens qui perdirent non seulement leur terre mais aussi la vie pour un trop grand nombre d’entre eux.

Oui il en existe des livres de ce genre, oui on peut lire des témoignages, essais et récits sur ces premières nations mais vu sous l’angle dur et sournois d’un si cruel et inutile massacre Enterre mon coeur à Wounded Knee est unique et à lire afin de ne jamais oublier.

 Difficile  je vous avoue de commenter cette lecture car très honnêtement, ça ne se commente pas. Une grosse boule au fond de ma gorge vient de prendre place et je ne sais si un jour elle disparaîtra. Je suis triste et sans voix face à de tels évènements perpétrés par des humains contre des humains.

Ce massacre est un des plus cruel car préparé petit à petit par des blancs, sans scrupules, des hauts dirigeants qui voulaient tout posséder.  Des traités non respectés, des chasses» contre  ces indiens, ces sauvages, ces êtres sans éducation, vus comme des brigands, des tueurs, tant de raisons ignobles qui aboutirent au final par ce massacre..

Des êtres qui faisaient peur, qui dérangeaient alors on les poursuivait jusqu’à les cantonner dans des réserves où la faim, le froid, les maladies étaient omniprésents.

Je rage et j’ai peine de lire et d’imaginer tout ce mal.

Big foot chef Minnecoujou, très malade et plusieurs des siens, femmes, enfants, vieillards, des êtres à part parce que coutumes et culture différentes, parce qu’ils dérangeaient, parce que leurs danses faisaient peur et pouvaient mener à la rébellion, seront exterminés une journée de décembre 1890. Plus de 300 êtres humains tués, criblés de balles par des soldats d’une cruauté inouï du 7ème régiment de cavalerie américaine.

Tant de mal pour une simple danse, couleur de peau différente et quelques parcelles de terrains…..

 

Ce livre est très bien écrit et l’auteur n’y a rien inventé. Il relate tous ces faits basés sur des témoignages et informations tirés d’Archives de l’armée américaine et des Affaires indiennes. Dee Brown dépeint ce qui fût une partie inexcusable de l’histoire de la conquête de l’Ouest sans glisser vers le sentimentalisme extrême, un livre écrit avec respect et en mémoire d'êtres qui étaient d’un Grand Peuple.

 

Quelques mots encore: Je n’était pas conscient alors de tout ce qui avait disparu. À présent quand je regarde en arrière du haut de la colline de ma vieillesse, je vois encore les femmes et les enfants massacrés, leurs corps entassés le long du ruisseau, aussi clairement que je les voyais  quand mes yeux étaient encore jeunes. Et je vois bien que quelques chose d’autre est mort dans la boue rouge par le sang, quelque chose qu’on a enterré sous. Là-bas est mort le rêve d’un peuple. C’était un beau rêve […] le cercle de la nation est brisé, ses morceaux éparpillés. Il n’y a plus de centre, et l’arbre sacré est mort. Black Elk, Chef Sioux Lakota

 

Source pour  Résumé et jaquette: Edition Albin Michel

Publié par Suzan à 17:54:26 dans Témoignages et faits vécus | Commentaires (1) |

Et ne jamais la laisser partir: Ann Rule | 01 décembre 2009

Lu il y a un bout

Et ne jamais la laisser partir: Ann Rule
Michel Laffon 2003


Mon avis
La possession et la jalousie sont deux sentiments que l'on retrouvent trop souvent au fil de relations amoureuses et parfois même amicales. Ce sont des sentiments qui, malgré qu'ils aient été « décortiqués » par les psychologues ou psychiatres afin d'en trouver le remède, demeurent tout de même mystérieux surtout lorsque par ceux-ci, l'on commet l'irréparable.

C'est ainsi que je viens vous jaser de ce livre dont le sujet n'est malheureusement que trop réel: « Et ne jamais la laisser partir » d'Ann Rule. Cette histoire est celle d'Anne-Marie Fahey et Thomas Capano.

Elle, trente ans, cadette d'une famille modeste de six enfants, orpheline de mère dès l'âge de dix ans, elle est élevée par un père incapable d'assumer ses responsabilités et alcoolique de surcroît.
Lui, la cinquantaine, avocat d'origine italienne, homme politique influent, il n'a jamais connu la misère. C'est un homme autoritaire qui ne supporte aucunement la défaite. Marié et père de quatre filles, il entretient déjà une relation adultère lorsqu'il rencontre Anne-Marie. Celle-ci, fragile et influençable, tombe amoureuse de cet homme qui, croit-elle, lui apportera l'équilibre affectif et la confiance en elle.
Cependant, le beau rêve ne dure pas et elle désire mettre fin à leur relation car elle s'aperçoit que Thomas veut tout contrôler chez elle.
Puis un jour, Anne-Marie disparaît.....

Ce fait réel est bouleversant et la description qu'en fait Ann Rule est captivante. L'auteure nous démontre qu'elle a le souci du détail en nous décrivant autant l'avant-disparition, ( la vie des deux protagonistes, leur enfance et adolescence, leurs relations amicales et professionnelles), que l'après-disparition ( enquête policière, réactions des proches et des suspects, leurs inquiétudes).
Au fil des pages, on ne peut également rester insensible à tout l'aspect psychologique de l'affaire.  C'est un très bon livre et malgré le sujet difficile, je vous le conseille.


Source pour jaquette: amazon.ca

Publié par Suzan à 17:18:52 dans Témoignages et faits vécus | Commentaires (0) |

Le Paradis un peu plus loin : Mario Vargas Llosa | 27 novembre 2009

Lu il y a un bout

Le Paradis un peu plus loin : Mario Vargas Llosa
Folio, 2005.

Quatrième de couverture :
Le 7 avril 1803 naît à Paris la militante féministe et ouvriériste Flora Tristan. Un siècle plus tard, le 8 mai 1903, son petit-fils, Paul Gauguin, meurt seul et presque aveugle dans son faré des îles Marquises. Sous la plume de Mario Vargas Llosa, Flora Tristan et Paul Gauguin deviennent Florita l'Andalouse et Koké le Maori, deux êtres libertaires, passionnés, profondément humains, hantés par une quête de l'absolu qui donne à leur vie une dimension tragique, et qui vécurent l'enfer pour avoir désespérément voulu bâtir le Paradis. A travers les destins croisés d'une militante et d'un artiste, Mario Vargas Llosa évoque, dans un roman à la construction magistrale, les grandes utopies politiques et artistiques des temps modernes.


 

Mon avis

Flora Tristan, Paul Gauguin deux êtres de la même famille mais inconnus l’un de l’autre n’étant pas de la même époque. Deux êtres différents mais ô combien semblables dans leur façon d’être. Elle, féministe très engagée sous une époque où la femme se devait de rester au foyer. L’époque du tout début de la révolution industrielle où injustices, pauvreté et misère faisaient bon ménage. Une des premières femmes a désirer s’affirmer et combattre tout ce qui était antiféminisme.
Lui, Gauguin, peintre impressionniste, quitte femme et enfants pour un monde qu’il espère, vrai, simple et encore sous le signe de la beauté. Il se réfugie en Polynésie et se fait, tout en peignant, complice des colons polynésiens combattant l’injustice.
Ces deux êtres se rejoignent en quelque sorte par les mêmes idéaux et sous la magnifique plume de Mario Vargas Llosa j’ai appris beaucoup autant sur la vie de Flora Tristan et de ses luttes ouvrières , politiques et féministes que sur Paul Gauguin, ses œuvres, sa vie, son combat et sa solitude. Deux êtres, une quête celle d’une certaine liberté pour Flora (celle des femmes et ouvriers) et la liberté d’expression de son art et liberté sexuelle pour le peintre.
Enfin, certaines parties m’ont parues longues surtout celles où les œuvres de Gauguin sont décrites. (Faut dire que je ne suis pas bien connaisseuse). Outre ce petit bémol, j’ai beaucoup aimé cette lecture car écrite d’une main de maître, un talent incroyable. Un nouvel auteur pour moi mais une plume que je vais parcourir à nouveau avec plaisir.


Source pour jaquette et résumé Éditions Galimard Folio

Publié par Suzan à 20:48:46 dans Témoignages et faits vécus | Commentaires (2) |

Avant la nuit de Reinaldo Arenas | 24 septembre 2009

Lu il y a un bout

Avant la nuit de Reinaldo Arenas

Actes Sud, 2000, 448 pages.

 

 

Petite description
Reinaldo Arenas eut une vie hors du commun. Une existence de personnage de roman qu'il voua à l'écriture, son combat contre tout ce qui tenta de l'anéantir – répression, bêtise, mort. Du spectre de ces humanités qui façonnent les hommes, il a sans doute revêtu chaque couleur. Une enfance pauvre mais libre avec comme premier souvenir le goût de la terre. L'espoir en la révolution castriste et la déception, les amours homosexuelles, la passion de l'écriture, la censure, les travaux forcés, l'emprisonnement. L'obligation de rester libre pour exister, de ne pas se vendre et, malgré la conscience d'une douleur à venir, cette volonté, plus forte que tout, de quitter Cuba, de se sauver et de se perdre dans l'exil.

Maintenant je vois l'histoire de mon pays comme ce fleuve de mon enfance qui charriait tout sur son passage dans un fracas assourdissant ; ce fleuve aux eaux troubles nous a tous anéantis lentement, les uns après les autres.

[…] Avant la nuit a été adapté au cinéma par Julian Schnabel en 2000. --Hector Chavez

 

Mon avis
Avant la nuit est l’émouvant témoignage d’un homme, d’un écrivain, d’un être humain qui, par et pour sa différence a payé de sa vie. Né à Cuba, pays sous dictature castriste, Reinaldo Arenas nous raconte les persécutions subies tout simplement parce qu’à Cuba, les écrivains sont rejetés et encore plus s’ils sont homosexuels. L’auteur nous raconte en toute sincérité sans rien omettre ce que subissent ceux et celles qui osent écrire. C’est une histoire bouleversante et j’en suis encore émue car je ne peux m’imaginer qu’encore aujourd’hui de telles intolérances existent. Interdit de dire, d’écrire, de vivre sauf si tu adhères à l’idéologie de Fidel Castro encore au pouvoir depuis trop de temps.


Arenas a écrit son récit en exil car il n’aurait pu autrement mais il n’a jamais oublié son pays, ses amis, ses proches. Cette terre ne l’a jamais quitté et il nous narre autant ses lieux, ses paysages que la discrimination communiste en place. Son témoignage fait mal, bouleverse et atteint profondément. Lorsqu’il décrit ces lieux infectes en prison, ce que les détenus doivent endurer, c’est intolérable. Puis lorsqu’il parle de ses amis, auteurs comme lui, morts dans l’oubli c’est déchirant. Et de ceux qui, pour sauver leur peau, ont accepté ce régime totalitaire exemple : Gracia Marquez!!! C'est incroyable!
Dès les premières pages, les mots d’Arenas nous attirent comme des aimants et malgré des passages durs et difficiles, on ne veut quitter. C’est un témoignage troublant, révoltant mais captivant car écrit avec passion, sincérité et surtout sans censure.
Un livre à lire afin de savoir ce qu’il en est encore aujourd’hui dans un pays dirigé par un régime cruel et totalitaire. Mais aussi un témoignage où l’espoir que tout ça se termine pour la liberté d’un peuple.

 

Source pour résumé et jaquette : éditions actes sud

Publié par Suzan à 18:47:43 dans Témoignages et faits vécus | Commentaires (5) |

La Pendaison d'Angélique | 04 septembre 2009

La Pendaison d’Angélique : Afua Cooper

Éditions de l’Homme. 2007

 

Résumé

 

Dans la soirée du samedi 10 avril 1734, Montréal brûle. L’esclave Marie-Joseph-Angélique est traduite devant la justice et accusée d’avoir mis le feu. Soumise à la question extraordinaire, forme de torture atroce pendant laquelle on brise les os des jambes, elle craque et avoue avoir commis cet incendie criminel.
Puis, elle est pendue. Angélique entre dans l’histoire canadienne en tant que criminelle. Cependant, son procès nous offre une occasion unique de raconter sa vie d’esclave, une vie dont on n’aurait pas entendu parler autrement.
Afua Cooper fait revivre brillamment un chapitre méconnu de l’histoire du Canada, celui d’une Noire rebelle d’origine portugaise qui a cherché à briser ses chaînes. En nous présentant le vécu de cette jeune femme, elle met en lumière ce qui l’a sans doute poussée à commettre pareil crime. Par le fait même, elle détruit le mythe d’un Canada considéré comme un paradis pour les Noirs ayant échappé à l’esclavagisme des États-Unis.

 

Mon avis

Cette lecture m'a laissé comme un drôle de goût au fond de la gorge. Je me doutais bien que notre Canada du temps très fort de l’esclavage ne devait pas être aussi accueillant qu’on nous a toujours laissé croire. Trop copieux de son voisin américain, le «canadien»  ne devait pas être en reste non plus et le livre de Afua Cooper nous le confirme vraiment.

Elle nous fait découvrir, après de longues années de recherches, une partie très sombre de notre histoire canadienne concernant l’esclavagisme, le racisme et l’intolérance de la race blanche envers les Noirs.

Enrageant, fâchant, bouleversant plusieurs «qualificatifs» me viennent à l’esprit concernant le propos de ce livre et surtout cette vérité honteuse. Oui j’ai honte de ce que j’ai appris  même si j’avais des doutes. Je suis extrêmement mal à l’aise des sévices et rejets qu’ont subit plusieurs  êtres humains simplement parce qu’ils étaient noirs. Et l’histoire de Marie-Joseph-Angélique en est un triste exemple.

 

Ça ne me dit pas de vous raconter ma lecture car chacun, chacune, doit lire pour savoir et ne pas oublier à jamais. Je suis choquée et profondément touchée dans mes propres valeurs lorsque je lis de tels faits et gestes (pour ne pas dire atrocités) accomplis par des gens se disant humains et par-dessus le marché cautionnés par d’autres.

Enfin, Afua Cooper a fait tout un travail et surtout elle a écrit ce livre avec amour en mémoire d’Angélique oui mais aussi pour que ces actes cessent et que le racisme ne soit plus. Un excellent bouquin.

 

Source pour couverture et résumé : Éditions de l’Homme

Publié par Suzan à 18:25:00 dans Témoignages et faits vécus | Commentaires (4) |

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