S’il est une donnée fondamentale de mon être, c’est bien l’attachement viscéral que j’éprouve à l’égard de ma langue, de ma terre et de ma culture. Charles Bertin
Un petit coin pour venir vous jaser de lectures, d'auteurs, de musique, bref, de ce qui me passionne. Entre les lignes, au coeur des mots, les vôtres, les miens tout simplement. Bonne visite.
Merci à Allie pour le bouton Blogue québécois.
Lu il y a quelques temps
Celle qui marche sur du verre de Christiane Frenette
Boréal, 2003, 150 p.
Description
Une femme, un écrivain, en séjour au bord du fleuve, entre le clocher du village, qui sonne l’angélus à contretemps, et sa table de travail. Elle arpente la plage pour cueillir des tessons de verre multicolores que la marée a rendus aussi doux que des galets. Elle en a toute une collection. Il y en a des bruns, des verts, des blancs, et plus rarement des bleus, le bleu «Noxema», les plus précieux. Chaque fois qu’elle en découvre un, son coeur bat plus fort. Chacun est unique, un petit miracle, le fruit d’un long et patient travail des éléments, du hasard, du destin peut-être.
Mon avis
Et cette femme écrivain va nous raconter la nostalgie, la recherche du bonheur, le désir d’être heureux qui , à chaque nouvelle, ressortent des personnages. De la jeune fille monoparentale à cette adolescente amoureuse qui n’espère qu’un tout petit geste de celui pour qui bat son coeur, en passant par un jeune professeur intimidé devant un élève érudit et fou de Giono ou encore ce couple qui déambule dans Bruges en découvrant «le monde» ; tous ont leur personnalité et leurs rêves, joies et peine. Au travers chacune de leur histoire, on apprend à les découvrir, à les aimer.
C’est une écriture magnifique et sensible qui nous mène aux côtés de ces personnages, de leur vie pas toujours facile, de leur fragilité. Des nouvelles belles, certaines dures, touchantes et agréables à lire. Bref une très belle découverte.
Source pour jaquette et description : Livrequebecois.com
Publié par Suzan à 17:43:22 dans Nouvelles, poésie et théâtre | Commentaires (4) | Permaliens
Je lis toujours et encore
Poésies complètes d'Émile Nelligan
Fides 1950, Réédition 1979
Citation
Comme Rimbaud, Émile Nelligan, poète d'origine irlandaise, a connu une heure de gloire, qui s'est étalée sur un court laps de temps, soit de 1896 à 1899. Ce beau jeune homme vécut son apogée à 17 ans, après quoi il sombra dans l'abîme du rêve, expression qui désignait à l'époque la folie. On peut comprendre que, vivant auprès d'un père opposé à l'expression de son don pour l'écriture, son âme s'enroula comme un serpent pour s'étouffer elle-même. De par la facture de ses poèmes, il appartient à l'école parnassienne. Son oeuvre retrace son enfance et laisse paraître son manque de maturité, qui l'incline vers son moi qu'il sent déprécier. En ce sens, il est bien de son âge. Mais ses préoccupations alimentent surtout les pensées propices au mois de novembre. Sa vie fut un automne qu'il termina dans l'hiver glacial des murs d'un institut psychiatrique.
Petit mot
Il est difficile d'émettre une critique sur un tel recueil. Cependant, ce bouquin comprenant des poésies de ce grand auteur reflète la vie d'un être blessé au plus profond de son âme. Ses écrits sont d'une écriture qui atteint le cœur et l’âme . J'adore ce livre et pour moi c'est un trésor de poésies inoubliables. Une référence, vraiment.
Un poète
Laissez-le vivre ainsi sans lui faire de mal !
Laissez-le s'en aller ; c'est un rêveur qui passe ;
C'est une âme angélique ouverte sur l'espace,
Qui porte en elle un ciel de printemps auroral.
C'est une poésie aussi triste que pure
Qui s'élève de lui dans un tourbillon d'or.
L'étoile la comprend, l'étoile qui s'endort
Dans sa blancheur céleste aux frissons de guipure.
Il ne veut rien savoir ; il aime sans amour.
Ne le regardez pas ! que nul ne s'en occupe !
Dites même qu'il est de son propre sort dupe !
Riez de lui !... Qu'importe ! il faut mourir un jour...
Alors, dans le pays où le bon Dieu demeure,
On vous fera connaître, avec reproche amer,
Ce qu'il fut de candeur sous ce front simple et fier
Et de tristesse dans ce grand oeil gris qui pleure !
Source: ÉditionFides
Publié par Suzan à 19:22:26 dans Nouvelles, poésie et théâtre | Commentaires (1) | Permaliens
Nouvelles locales de Nicole Filion
Les Éditions Trois-Pistoles, 1999, 144 pages
Lu il y a un bout
Quatrième de couverture
«J’ai vu la voiture qui s’éloignait rapidement dans le noir. Ses feux arrière ont brillé quelque temps encore avant de disparaître. La route avait pris un mauvais tournant. J’aurais dû pleurer, trembler de peur, de froid, frissonner de honte, invoquer le ciel, mais je n’en ai rien fait. Je me suis contentée de regarder autour de moi en me demandant sur quelle planète j’étais. L’endroit était sinistre: un cap de roche suintant, une eau sourde et monstrueuse qui longeait hypocritement la route à quelques pas de moi. Une odeur d’orage. Les oiseaux s’étaient tus, les arbres retenaient leur souffle. Un éclair traversa le ciel et, tout à coup, j’entendis une drôle de petite voix qui disait: «S’il te plaît, dessine-moi un saumon.»
C’est ainsi que Nicole Filion raconte son arrivée dans la vallée de la Matapédia, bien involontaire puisque le bon samaritain qui l’avait prise à bord de sa voiture trouvait qu’elle chantait trop mal pour continuer plus longtemps la route avec elle. Ses valises dans les mains, Nicole Filion est donc entrée dans la petite ville d’Amqui et s’y est établie : une petite maison au bord d’une rivière, un mari chasseur, des enfants pas tout à fait comme les autres, une mère, une femme et une écrivaine qui savent voir une réalité comme nul autre ne le pourrait : dans les supposés petits faits quotidiens d’une presque anonyme ville de l’arrière-pays, de grandes forces telluriques sont à l’œuvre, porteuses d’un onirisme dont Nicole Filion, par petits tableaux qui composent autant de nouvelles, nous révèle aussi bien la légèreté que la pesanteur. Dans ces textes, tout est affaire de ton et celui des Nouvelles locales nous fait découvrir une grande écrivaine, rien de moins.
Mon avis
Je ne m’éterniserai pas à vous décrire ce recueil de nouvelles histoire après histoire car je ne pourrai jamais vous raconter aussi bien ces écrits que si vous les parcouriez vous-même.
Par contre je peux vous affirmer que vous ne vous ennuierez pas ni dans une ni dans l’autre car chacune est un petit met qui se déguste avec plaisir. Tantôt drôles, tantôt émouvantes, les nouvelles de cette auteure savent nous captiver chacune à leur manière.
Nicole Filion a un talent fou pour nous décrire ses personnages, les situations, les décors, les lieux car elle a une sacrée plume je vous dit. Que nous passions par Les Marcoux, Tant qu’à y’être ou Parfois je me lève à l’est ou encore Le Défilé et nombre d’autres étalées sur une page ou sur quelques unes, chacune transporte le quotidien fait de peines, de petits et grand bonheurs.
Un grand plaisir je vous l’assure alors n’hésitez aucunement et bonne lecture.
Source pour jaquette et quatrième : Les Éditions Trois-Pistoles
Publié par Suzan à 19:00:45 dans Nouvelles, poésie et théâtre | Commentaires (2) | Permaliens
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Merci pour vos mots