S’il est une donnée fondamentale de mon être, c’est bien l’attachement viscéral que j’éprouve à l’égard de ma langue, de ma terre et de ma culture. Charles Bertin
Un petit coin pour venir vous jaser de lectures, d'auteurs, de musique, bref, de ce qui me passionne. Entre les lignes, au coeur des mots, les vôtres, les miens tout simplement. Bonne visite.
Merci à Allie pour le bouton Blogue québécois.
Oblomov de Ivan Gontcharov
L'Age d'Homme, 1990, 475 pages
Résumé
Tolstoï adorait le roman de Gontacharov, Oblomov. Il trouvait que l'auteur avait su créer par le biais de son personnage un type de caractère nouveau. Ainsi Oblomov entra dans l'histoire de la littérature et de la vie courante au même titre qu'un Tartuffe ou qu'une Madame Bovary. Oblomov est un propriétaire terrien vivant à Saint-Pétersbourg à qui rien n'arrive tant notre héros est mou, flemmard à un point jamais atteint, pathologiquement paresseux. Rien n'arrive jamais, ou presque. Une chance inespérée se présente un jour dans la vie d'Oblomov. La belle Olga, introduite par l'ami d'enfance d'Oblomov, Stolz, se laisse a priori séduire par le riche propriétaire terrien. Mais notre héros arrivera-t-il à partir vers la conquête amoureuse ou restera-t-il terré dans son vice, l'apathie ?
Mon avis
Oblomov, aristocrate russe bien nanti, propriétaire de plusieurs terres et un noble dans la plus pure tradition qui a un plusieurs défauts dont celui qui ressort tout au long de ce fabuleux roman : la paresse.
Cette histoire racontant la vie d’un être d’une lâcheté pathologique est triste, drôle, mais surtout porte à réflexion. Cet être qui n’a aucune ambition que celle de se laisser faire a heurté souvent mon incompréhension devant cet état mais aussi j’avoue que par moment, je l’ai envié de se laisser aller simplement au fil du temps.
Paresseux il l’est et ce dans tous les sens du mot. Incapable ni de décision, ni de bien gérer ses avoirs, il se plait à rester le plus longtemps possible allonger sur son lit ou assis à siroter breuvages sur breuvages. Un homme d’une oisiveté sans borne même que c’en est pathétique. Car il fait pitié le bougre ! Même pour l’amour, pour le bonheur qui frappe à sa porte, il ne sait comment réagir, comment faire, comment le vivre car il n’a jamais trouvé autre chose à faire que ….rien. Mais jusqu’òu peut aller un être d’une telle paresse ? Que peut-il gagner d’être constamment inactif ? Lui qui a tout ou presque, que peut-il perdre ?
Un excellent roman, une écriture belle, puissante et fine à la fois qui m’a fait autant réfléchir que rire. Un roman dans lequel on apprend aussi sur la culture russe du temps des tsars. Une culture jouant entre la richesse incommensurable de certains et la pauvreté extrême des paysans moscovites.
Un auteur que je ne connaissais pas, une plume, riche et simple allant du très détaillé au plus court mais sans jamais m’avoir fait perdre l’intérêt. Roman à découvrir absolument.
Source pour jaquette et résumé:evene.fr
Toile : imagegoogle, art.net
Montage : © Sue2009
Publié par Suzan à 00:06:16 dans Classiques | Commentaires (0) | Permaliens
Effi Briest de Theodor Fontane
L'imaginaire Gallimard, 2007
Quatrième de couverture
Effi Briest, jeune femme adultère, brisée par une société d'hommes, est la victime d'un monde soumis aux lois des conventions morales. Dans la Prusse dévergondée par l'argent, le destin de cette femme n'est que résignation et mélancolie. Ce roman, considéré comme le chef d'oeuvre de Fontane, est aussi l'un des chefs-d'oeuvre de l'école réaliste allemande.
Mon avis
À la fin du XIXème siècle et ce, peu importe l’endroit où l’on habitait, les convictions de la bourgeoisie étaient partout les mêmes. Les jeunes filles de belles familles étaient inévitablement promises aux hommes déjà bien établis avec biens et fortunes assurément et ce peu importe l’âge des prétendants. Puis, majoritairement les jeunes dames s’y soumettaient sans oppositions parce que c’était ainsi un point c’est tout. Et dans cette belle histoire Effi, jeune fille de 17 ans, voit son destin être unit à Innstetten, un homme plus âgé qu’elle, de belle apparence, très aimable et surtout de bonne famille. Une histoire comme bien d’autres je me suis dit craignant un roman style feuilleton romanesque à l’extrême mais au fil des pages, cette lecture m’a fait passer de l’ordinaire, à la surprise en passant par l’étonnement et même de très belles émotions.
Au tout début, il me faut vous dire que l’écriture de l’auteur étonne par un style désinvolte, voire même ordinaire décrivant les premiers personnages et implantant tranquillement l’histoire comme ce doit être, ni plus, ni moins. Puis petit à petit, un vent de changement opère et dès le deuxième chapitre mon intérêt s’est accentué au point que je devais me faire violence pour laisser de côté cette histoire et vaguer à mes occupations.
Car elle est belle cette histoire et le destin d’Effi est touchant plus que je ne l’aurais cru. Ce n’est pas genre histoire d’amour à l’intrigue archi connu, ce n’est pas un roman dans lequel on retrouve «le bon, la brute et le truand», il n’y a pas de cruauté ni horreur malgré certains personnages sortant de l’ordinaire. Effi belle enfant devenue femme, Innstetten l’époux, militaire, riche, autoritaire mais d’une douceur surprenante et Crampas, l’ami d’Innstetten qui trahira cette amitié en devenant l’amant d’Effi et Annie fruit d’un mariage obligé puis Alonzo et même le fidèle Rollo…
Effi Briest est une sacrée belle rencontre croyez-moi. Ici je ne veux pas trop vous décrire car tout le charme de ce roman il vous faut le découvrir, le lire, l’imaginer à votre tour. Des décors magnifiques, une maison aux murs renfermant un angoissant locataire, des personnages attachants même trop j’avoue car la trame de ce très beau livre m’a questionnée, fait réfléchir et j’ai eu bien des émotions en le parcourant passant de l’étonnement, la colère et la tristesse.
Merci à Romanza pour cette belle découverte et ces beaux moments qu’elle m’a permis de vivre aux côtés d’un personnage au cœur beaucoup trop grand. Bon, suffit, je m’arrête maintenant et vous laisse prendre note à votre tour car ce roman est un très beau coup de cœur.
Source pour jaquette et résumé: Éditions Gallimard
Publié par Suzan à 22:30:47 dans Classiques | Commentaires (8) | Permaliens
Le Maître et Marguerite de Mikhaïl Boulgakov
Éditeur : Pocket, 2003
Présentation de l'éditeur
Écrit sous la terreur par un homme malade et désespéré, " Le Maître et Marguerite " a mis vingt-cinq ans pour s'imposer comme l'un des chefs-d'œuvre de la littérature russe et devenir un livre culte dont la construction diabolique n'a pas fini d'enchanter les lecteurs. Comment définir un mythe ? Les personnages de ce roman fantastique sont le diable, un écrivain suicidaire, un chat géant, Jésus et Ponce Pilate, la plus belle femme du monde... On y trouve des meurtres atroces et des crucifixions. C'est une satire acerbe, une comédie burlesque, une parodie politique, un poème philosophique dévastateur avec des fantômes et des transformations magiques.
Mais cette fantasmagorie baroque, ce film noir, cette vision d'apocalypse est aussi l'une des plus belles histoires d'amour jamais écrites.
Mon avis
Époustouflant du début à la fin. J’emploie rarement ce qualificatif à propos d’une lecture mais ce mot convient parfaitement pour vous décrire mon ressenti face à ce roman. Il y a de tout dans cet excellent bouquin. Diable, Jésus, terreur, sorcellerie, magie noire, de l’ironie mais aussi de l’absurde, des invraisemblance et de l’amour. Le vrai, le profond, celui qui fait mal mais qu’on veut vivre pour ses sensations qu’il procure.
Une sacrée histoire dans laquelle le diable, Woland, en compagnie d’étranges compagnons comme l’inquiétant chat noir Béhémoth et le terrifiant Azazello, séjournent à Moscou y semant panique et misère.
Ce roman se déroule entre Moscou et Jérusalem et comprend une suite d’événements jouant entre politique, société totalitaire, religion, humour et j’en passe. L’auteur nous entraîne tantôt dans un rythme «endiablé», (je ne pouvais pas passer à côté), tantôt dans un style plus posé, plus réel tout ça au travers une magnifique histoire d’amour.
Il m’est difficile de bien résumer ce que cette lecture m’a procuré car c’est un écrit qui s’adresse à tous mais qui se «vit» personnellement par ces notions de bien et de mal, et valeurs qu’il véhicule.
Un bouquin que je vous conseille d’emblée, pas toujours facile à lire, un peu trop de personnages mais ce n’est rien parce que Le Maître et Marguerite est une lecture tout à fait séduisante.
Source pour jaquette et résumé : Éditionpocket
Publié par Suzan à 16:57:33 dans Classiques | Commentaires (6) | Permaliens
Bonheur d'occasion de Gabrielle Roy
Boréal compact 1993
Résumé du livre
L'histoire se situe à Montréal, principalement dans le quartier pauvre (à l'époque) de Saint-Henri entre février et mai 1940 pendant la Seconde Guerre mondiale alors que le Québec souffre encore de la Grande dépression. Florentine Lacasse, une jeune femme de 19 ans qui aide ses parents à subsister en travaillant comme serveuse au restaurant le Quinze Cents et qui rêve d'une vie meilleure, tombe amoureuse de Jean Lévesque. Voulant satisfaire son égo atrophié, il accepte les propositions de rendez-vous de Florentine. Lassé rapidement de cette relation, Jean Lévesque lui présente un ami, Emmanuel Létourneau, un soldat en permission, qui tombe amoureux de Florentine. Or, l'attirance de Florentine envers Jean aura d'importantes conséquences sur sa vie. Parallèlement, l'histoire présente Rose-Anna et Azarius, les parents de Florentine, et leur vie de famille difficile en raison de leur pauvreté.
Mon avis
Lu depuis un sacré bout déjà, je m’en souviens comme si c’était hier car j'ai littéralement dévoré ce superbe livre. Un magnifique bouquin écrit dans une langue d’une richesse inouïe parce que belle et pure. L’histoire nous est dépeinte simplement mais profondément par une auteure d’un humaniste incroyable. Son amour pour les gens, hommes ou femmes, son respect pour ces mêmes êtres qui, au travers la misère profonde, restent sensibles, beaux et humains car ils sont vrais.
Florentine, Rose-Anna, Azarius, Emmanuel, Alphonse, Pitou ou Jean, chacun des personnages de ce livre à son histoire propre, ses qualités et défauts et chacun est d’une sincérité déconcertante parfois.
Arrêtes-vous , prenez le temps de lire, de découvrir ce classique du roman québécois et dès la première page vous serez déjà conquis n’en doutez aucunememt.
Voir ici la petite maison où vécurent Florentine et les siens:
http://fr.wikipedia.org/wiki/Fichier:BonheurDOccasion_LaMaisonEnCoin.jpg
Source pour jaquette et résumé: Boréal compact
Publié par Suzan à 14:10:50 dans Classiques | Commentaires (2) | Permaliens
Lu il y a très longtemps. Notez que la jaquette et le résumé ne sont pas de l'édition que j'ai lue car celle-ci est introuvable maintenant.
J'irai cracher sur vos tombes: Boris Vian
Sous pseudonyme de Vernon Sullivan
Editeur : LGF - Livre de Poche, 1997
Résumé
Lee Anderson, vingt-six ans, a quitté sa ville natale pour échouer à Buckton où il devient gérant de librairie. Il sympathise dans un bar avec quelques jeunes du coin. Grand, bien bâti, payant volontiers à boire, Lee, qui sait aussi chanter le blues en s'accompagnant à la guitare, réussit à séduire la plupart des adolescentes. Un jour il rencontre Dexter, le rejeton d'une riche famille qui l'invite à une soirée et lui présente les soeurs Asquith, Jean et Lou (17 et 15 ans), deux jeunes bourgeoises avec "une ligne à réveiller un membre du Congrès". Lee décide de les faire boire pour mieux les séduire... et poursuivre son sinistre dessein.
Mon avis
Lee Anderson ou l’art de se mettre dans le pétrin par vengeance. Je m’explique Lee né de parents noirs mais ayant la peau plus blanche avait un jeune frère qui fut pendu parce qu’il était amoureux d’une blanche. Décidé de venger la mort de son frère, il se rend dans cette ville où il fut pendu et s’intègre petit à petit dans une bande de voyous et devient une des terreur du coin. Mal lui en prit car….
Le seul roman que j’ai lu à ce jour de Vian et ouf, laissez-moi vous dire que cette histoire n’est pas pour les âmes sensibles. Dure, violente, crue, vulgaire par moment; dans le fond, exactement comme pour mieux décrire le propos de son histoire : un racisme froid, cruel et incontrôlable du Sud américain. Ce roman est extrêmement dérangeant, il provoque mais sait aussi nous faire réfléchir sur le mal, l'intolerance, et sur jusqu'où peut-on aller par vengeange.
Une écriture intense et froide à la fois qui, malgré le sujet très sombre est d'un réalisme désarmant face à toutes ces brutalités néees du racisme bête et inhumain. Diffiicile lecture mais aussi difficile à lâcher parce que malgré que cette histoire nous bouleverse, elle nous attire comme un aimant au point qu'on veut savoir jusqu'à la toute fin. Impitoyable, intriguant et dur récit mais à lire.
Source pour résumé et jaquette: amazon.fr
Publié par Suzan à 16:50:35 dans Classiques | Commentaires (4) | Permaliens
Merci pour vos mots