Accueil | Créer un blog | Blog Beauté | Blog Séries 247

Deux belles traversées avec les mots de Tremblay | 25 novembre 2009

Lu il y a un bout

La Diapora des Desrosiers : Michel Tremblay
La Traversée du continent : Tome 1
Leméac 2007 (Actes Sud)

 

Résumé
En 1913, à Sainte-Maria-de-Saskatchewan, Rhéauna apprend de sa grand-mère que sa mère souhaite l’avoir près d’elle à Montréal. Il lui faudra quitter cette famille d’adoption où, en compagnie de ses sœurs Béa et Alice, elle grandit entourée d’amour, au milieu d’infinis champs de maïs.
En trois jours et trois rêves, elle va traverser le continent et rencontrer des personnages aux ailes felliniennes. À son arrivée à Montréal, une des pages les plus importantes de sa jeune vie aura été tournée: Nana n’ira plus entendre pousser le maïs dans la nuit en craignant l’œil du Grand Manitou. Ce qui l’attend, au-delà du bonheur fragile de retrouver sa mère, n’a pas encore de nom en elle.
Inspiré par l’affection qu’il porte à la personne et au personnage de sa mère, Michel Tremblay renoue avec la veine centrale qui alimente le cœur de son œuvre. Voilà un roman d’une immense tendresse, qui nous fait remonter aux origines mêmes de son projet littéraire, bien avant que Nana ne devienne l’universelle Grosse femme d’à côté.


Mon avis
Ah Nana (Rhéauna) cette bonne grosse femme que l’auteur a décidé de ressusciter afin que l’on apprenne plus de ce personnage extraordinaire qu’on a connu dans les merveilleuses Chroniques du Plateau Mont-Royal. Nana, enfant avant d’être mère et grosse femme, Nana dans sa ville natale qu’elle doit quitter pour retrouver sa mère qui l’a abandonnée. Rhéauna en fillette de 10 ans avec qui, sous la plume de Tremblay j’ai voyagé de la Saskatchewan à Montréal et plongé avec elle dans un monde inconnu pour elle. Pas facile pour Nana de quitter son petit monde et devoir traverser tout le continent . À travers cette traversée cette enfant fera plusieurs rencontres qui l’a bouleversera dont Lou la cousine prostituée, la meneuse et sévère tante Bebette, l’incompréhensible et sévère Régina, l’énigmatique Jacques, bref autant de belles et bizarres rencontres qui feront découvrir à Nana la complexité de sa famille éparpillée aux quatre coins du Canada.
Bien sûr ce roman tourne autour de la famille comme dans Les Chroniques mais cette fois on quitte Montréal pour d’autres horizons et j’avoue que c’est très bien de voir autre chose de l’univers de cet excellent écrivain. Bien sûr on y retrouve certains personnages si chers à l’auteur mais présentés ainsi, d’un autre monde, dans d’autres décors, c’est un autre régal que ce roman. Décidément, le charme persiste entre moi et les écrits de Tremblay. Pas difficile avec une si belle et talentueuse plume.



La Traversée de la ville : tome 2
Lémeac 2008



Résumé
Octobre 1912, à peine arrivée à Montréal depuis le Rhode Island, Maria Desrosiers a l'intention de faire venir de l'Ouest sa fille Nana pour l'aider à prendre soin d'un bébé qui naîtra bientôt. Août 1914, un an après avoir traversé le continent canadien pour rejoindre sa mère, Nana frémit en entendant les rumeurs de la guerre: comment pourrait-elle retrouver son paradis perdu, ses plaines de la Saskatchewan?
A deux ans d'intervalle, mère et fille deviennent des fugueuses et parcourent un jour la même rue Sainte-Catherine, ces Champs-Élysées de Montréal, pour tenter de rattraper leurs vies en déroute. Emportées par la nostalgie des lieux qu'elles ont quittés, elles espèrent recoller les morceaux de leurs rêves, brisés comme une tirelire par le marteau du destin. Traversant ainsi la ville dans un chassé-croisé fébrile, elles sentent bouillonner fort en elles la maladie des Desrosiers: changer le mal de place en pensant que le bonheur se trouve ailleurs...

Mon avis
En pleine période d’incertitude économique et du début imminent de la première guerre mondiale, c’est tout de même un pur plaisir que de retrouver la petite enfance de Rhéauna, ses découvertes , ses ennuis, sa nostalgie au cœur même de d’une ville qui deviendra «son coin de pays» malgré elle.
En parallèle avec l’histoire de Maria, mère de Rhéauna, et qui se déroule deux ans plus tôt, Tremblay nous raconte le récit d’une famille rêvant de jours meilleurs et des premiers «regards» de Rhéauna dans une ville nouvelle.
La Traversée de la ville n’est pas qu’un superbe tableau de Montréal du début du vingtième siècle avec ses tramways, ses grands magasins, ses rues interminables, ses habitants aux multiples couleurs et cultures mais aussi une rencontre étonnante et bouleversante pour une fillette venue d’un autre coin de pays. Je pourrais vous en dire plus, vous raconter les surprises et les déceptions de Rhéauna, la jalousie des uns, les ricanements des autres et ainsi de suite mais non, je ne le ferai pas car j’enlèverais à votre plaisir de la découverte d’un autre excellent roman.
Suite à La Traversée du continent, Tremblay nous présente une fois encore une fresque remarquable d’un petit monde marginal à ses heures, parlant un langage incompréhensible mais fier d’être ce qu’ils sont. Une histoire familiale, des êtres uniques, d’une richesse de cœur, une écriture belle, poétique et tellement ….humaine. À lire et à relire en attendant la sortie du troisième volet : La Traversée des sentiments.


Source pour jaquettes et résumés : Leslecteursquébécois.com

Publié par Suzan à 19:16:23 dans Autres lectures | Commentaires (4) |

Les Yeux bleus de Mistassini: Jacques Poulin | 23 novembre 2009

Lu il y a un bout

Les Yeux bleus de Mistassini: Jacques Poulin

Actes sud/Leméac 2003

 

 

Mon avis

 

Par hasard Jim entre dans une petite librairie du Vieux Québec. Il y fait la connaissance de Jack, vieil écrivain, malade car souffrant d'Alzheimer. Au fil de cette rencontre, Jim va accepter de devenir l'employé de Jack, va emménager dans l'arrière boutique et, petit à petit, les deux hommes vont se lier d'une formidable amitié.

Je ne vous en dit pas plus car, il vous faut prendre ce roman, que dis-je, dévorez ce livre dans lequel la tendresse domine ce qui n’est pas pour déplaire au contraire. Jacques Poulin est un maître, un mentor de l'écriture québécoise. Ce merveilleux bouquin nous le prouve. Dans «Les yeux bleus de Mistassini, on retrouve son amour des livres, des mots, de la littérature en général. On y retrouve également beaucoup d'émotion. On découvre l'amitié pure entre deux êtres qui s’apprennent, se comprennent et s’aiment. Poulin nous parle de vieillesse, de refus, d'acceptation mais aussi de sagesse pure et simple. Que j'aime cet auteur. Que j'aime sa fragilité, sa sobriété et surtout, que j'admire son amour des mots. Une très belle lecture que je souhaite très contagieuse parce qu'il vous faut absolument la découvrir à votre tour.

 

Source jaquette : archambault.ca

Publié par Suzan à 18:37:55 dans Autres lectures | Commentaires (6) |

Liaisons étrangères de Alison lurie | 15 novembre 2009

Liaisons étrangères : Alison Lurie

Rivages poche, 1997

 

 

Résumé

Pour des anglicistes américains, un congé d'études à Londres, c'est le rêve. Vinnie Miner et Fred Turner, deux professeurs de collège en Nouvelle-Angleterre, vont réaliser leur rêve anglophile, loin de la " barbarie " américaine. Le bonheur de lecture vient du fait que Alison Lurie décrit avec intelligence et humour l'ambiguïté des attitudes américaines vis-à-vis de l'Angleterre. Connivence feinte, hypocrisie, fascination réciproque ou rejet mutuel, complexe d'infériorité ou de supériorité. Tous ces sentiments conflictuels ne cessent de se croiser et font de ce livre réjouissant le plus anglais des romans américains. Alison Lurie a reçu pour ce livre le Prix Pulitzer en 1983.

 

 

Mon avis

D’entrée de jeu je regrette de devoir quitter cette belle histoire car dame Minne et sire Turner vont me manquer vraiment. Deux sacrés personnages dont la compagnie me fut fort agréable car ils m’ont fait traverser de très beaux moments.

Vinnie, pas vraiment gâtée par la vie côté physique car très moche doit se rendre en Angleterre pour un congé d’études. Un de ses collègues, Fred Turner, récipiendaire d’une bourse similaire et très différent de Vinnie sera également du voyage. Elle, la solitaire, ( ayant tout de même un chien imaginaire comme compagnon), amère et revêche mais inconditionnelle du pays de Shakespeare, lui, jeune, beau, déçu de son mariage raté, deux êtres que tout sépare  mais ayant un même but : que ce voyage leur apporte un baume et un peu de bonheur.

Deux superbes personnages dont les histoires en parallèle m’ont emballée. Non pas parce qu’il arrive des choses extraordinaires et que pendant leur séjour ils vivront intrigues et suspens non pas du tout. Leur histoire sera tout simplement la vie comme on doit s’en attendre avec ses bas et ses hauts, son lot de comédies, d’hypocrisie, de beaux, petits et grands bonheurs. 

Deux portraits racontés par une plume drôle, même hilarante par moment, parfois cynique et surtout très humaine. Une plume que je ne connaissais pas et qui m’a conquise totalement. Alison Lurie  traite avec talent plusieurs thèmes dont le dépassement de soi, la peur des qu’en dira-t-on, les faux-semblants  et bien des aléas de la vie. Elle raconte, elle peint, elle dirige d’une main de maître ces deux destins différents mais dans le fond si semblables… Bref, une très belle lecture que je vous recommande vivement.

 

Source pour jaquette et résumé : la Fnac

Publié par Suzan à 21:01:29 dans Autres lectures | Commentaires (4) |

Champagne de Monique Proulx | 13 novembre 2009

Lu il y a un bout

Champagne de Monique Proulx

Boréal, 2008

 

 

Présentation de l'éditeur
Lila protège le territoire contre les prédateurs et ressasse ses amertumes. Claire fabrique des scénarios de films qui empiètent peu à peu sur la réalité. Simon, résolu à panser tout ce qui souffre, découvre qu'il y a des blessures irréparables. Le petit Jérémie rêve de l'incantation magique qui le délivrera de l'avenir, Violette cherche l'arme définitive qui tuera le passé. Et un homme vêtu d'une veste à carreaux rouges rôde dans la forêt. Dans la prose ferme, exacte, chatoyante qu'on lui connaît, Monique Proulx nous donne à voir en magicienne cette nature où la vie est faite pour glisser et se dérober, où tout ce qui lève disparaît un jour. Où rien ne dure, rien. Sauf la beauté

 

 

Mon avis

Mais la beauté dure t’elle?  C’est à espérer et c’est le désir de madame Proulx car Champagne nous parle beaucoup de nature et je n’ai rien contre au contraire. L’’auteure nous dépeint tellement bien ces paysages comme un peintre amoureux fou de son art qu’on ne peut que s’émerveiller devant de si belles images et espérer à notre tour que rien ne pourra détruire la beauté du monde.

Et il ya aussi l’espoir de toujours croire en la beauté de l’être humain malgré ses défauts. Jérémie qui se prend pour Harry Potter,  Lila Szach veuve et qui s’ennuie de son Jan , Simon,  Violette, Claire, Marianne tous des êtres bons mais écorchés par la vie. Ce roman nous raconte et tourne  autour de ces personnages, la vieillesse, la solitude, la peur, le traumatisme, l’espoir, la résignation, la destruction, bref  tant d’émotions humaines sous plusieurs angles.

Bien écrit c’est indéniable mais j’aurais préféré une fin plus précise moins ambiguë concernant «l’avenir» de certains personnages auxquels je me suis attachée au fil de ma lecture. Comme envers Lila par exemple que j’aurais voulu voir enfin «sourire» ou encore envers Simon pour qui l,avenir semblait entre deux amours : entre Violette ou Claire? Enfin c’est tout de même un très bon livre ne serait-ce que pour cette nature si bien offerte à nous mais j’avoue que j’ai préféré Le coeur est un muscle involontaire .

 

 

Source pour jaquette et résumé : Éditions Boréal

Publié par Suzan à 15:09:05 dans Autres lectures | Commentaires (6) |

Lettres gelées | 10 novembre 2009

Lu il y a un bout

Lettres gelées : Hélène Le Beau

Edition Plon, 2002
 

Présentation de l'éditeur
Un homme disparaît. De son histoire, il ne reste que cent cinquante-huit lettres éparpillées dans une ruelle enneigée, traces écrites que l'eau et la gadoue menacent d'effacer définitivement. Une femme les découvre en baladant son chien. Ne supportant pas l'idée que ces lettres puissent être englouties dans la benne d'un camion poubelle, elle s'en empare avec l'impression de voler à un inconnu son passé. Cette femme s'appelle Anna Potocki. L'homme des lettres, Nabil Suleiman.


Mon avis
Un petit bouquin plein de rêves, d’espoir mais aussi de grande tristesse. Plein de recherches aussi dont celle de l’amour, un désir presque malsain pour un être que l’on connaît que par ses lettres. Anna devient entièrement dépendante de l’auteur de ces plis qu’elle a trouvé au hasard d’une ballade. Anna exilée russe, Nabil exilé kurde, deux êtres qui se rejoignent sur plusieurs points sans vraiment se connaître. Anna s’accroche à ce «fantôme» qui devient sa quête du Graal. Elle qui comme Nabil a dû se refaire une identité, apprendre une nouvelle culture, elle qui comme Nabil a perdu non seulement un pays mais surtout des êtres chers, au fil des lettres et des mots développera une idée fixe et s’y accrochera comme a une bouée de sauvetage….
Hélène Le Beau a une très belle écriture, ses mots glissent doucement au fil des pages et nous transportent dans plein de sentiments. J’ai bien aimé parcourir les lignes de cette touchante histoire malgré certaines longueurs dues au grand nombre de lettres qui donne un aspect répétitif. Outre ce petit défaut, j’ai passé un très bon moment et j’ai appris bien des choses sur les conséquences psychologiques qu’apporte avec lui l’exil involontaire à ceux et celles qui le subissent

Source pour jaquette et résumé: Amazon.ca

Publié par Suzan à 16:03:55 dans Autres lectures | Commentaires (6) |

1| 2| 3| 4| 5| 6| 7| 8| 9| 10| >>