S’il est une donnée fondamentale de mon être, c’est bien l’attachement viscéral que j’éprouve à l’égard de ma langue, de ma terre et de ma culture. Charles Bertin
Un petit coin pour venir vous jaser de lectures, d'auteurs, de musique, bref, de ce qui me passionne. Entre les lignes, au coeur des mots, les vôtres, les miens tout simplement. Bonne visite.
Merci à Allie pour le bouton Blogue québécois.
Le Maître et Marguerite de Mikhaïl Boulgakov
Éditeur : Pocket, 2003
Présentation de l'éditeur
Écrit sous la terreur par un homme malade et désespéré, " Le Maître et Marguerite " a mis vingt-cinq ans pour s'imposer comme l'un des chefs-d'œuvre de la littérature russe et devenir un livre culte dont la construction diabolique n'a pas fini d'enchanter les lecteurs. Comment définir un mythe ? Les personnages de ce roman fantastique sont le diable, un écrivain suicidaire, un chat géant, Jésus et Ponce Pilate, la plus belle femme du monde... On y trouve des meurtres atroces et des crucifixions. C'est une satire acerbe, une comédie burlesque, une parodie politique, un poème philosophique dévastateur avec des fantômes et des transformations magiques.
Mais cette fantasmagorie baroque, ce film noir, cette vision d'apocalypse est aussi l'une des plus belles histoires d'amour jamais écrites.
Mon avis
Époustouflant du début à la fin. J’emploie rarement ce qualificatif à propos d’une lecture mais ce mot convient parfaitement pour vous décrire mon ressenti face à ce roman. Il y a de tout dans cet excellent bouquin. Diable, Jésus, terreur, sorcellerie, magie noire, de l’ironie mais aussi de l’absurde, des invraisemblance et de l’amour. Le vrai, le profond, celui qui fait mal mais qu’on veut vivre pour ses sensations qu’il procure.
Une sacrée histoire dans laquelle le diable, Woland, en compagnie d’étranges compagnons comme l’inquiétant chat noir Béhémoth et le terrifiant Azazello, séjournent à Moscou y semant panique et misère.
Ce roman se déroule entre Moscou et Jérusalem et comprend une suite d’événements jouant entre politique, société totalitaire, religion, humour et j’en passe. L’auteur nous entraîne tantôt dans un rythme «endiablé», (je ne pouvais pas passer à côté), tantôt dans un style plus posé, plus réel tout ça au travers une magnifique histoire d’amour.
Il m’est difficile de bien résumer ce que cette lecture m’a procuré car c’est un écrit qui s’adresse à tous mais qui se «vit» personnellement par ces notions de bien et de mal, et valeurs qu’il véhicule.
Un bouquin que je vous conseille d’emblée, pas toujours facile à lire, un peu trop de personnages mais ce n’est rien parce que Le Maître et Marguerite est une lecture tout à fait séduisante.
Source pour jaquette et résumé : Éditionpocket
Publié par Suzan à 16:57:33 dans Classiques | Commentaires (6) | Permaliens
Mikhaïl Afanassievitch Boulgakov né à Kiev le 3 mai du calendrier julien/15 mai 1891, mort à Moscou le 10 mars 1940, est un écrivain et médecin russe.
Son œuvre la plus connue est Le Maître et Marguerite (Мастер и Маргарита), dans laquelle il mêle habilement le fantastique et le réel, de telle sorte que le fantastique passe pour réel, et le réel pour fantastique, ainsi que les époques et les lieux, Jérusalem au Ier siècle, sous Ponce Pilate, et Moscou, dans les années 1930, sous la dictature soviétique.
Bibliographie
La Garde blanche
La Vie de monsieur Molière ou Le Roman de monsieur de Molière
Le Roman théâtral également publié sous le titre: Les Mémoires d'un défunt
Le Maître et Marguerite
Nouvelles
Notes sur des manchettes
La Bohème
Endiablade
Les Œufs du destin
Cœur de chien
Morphine
Carnets d'un jeune médecin
o La Gorge en acier
o La Serviette au coq
o Baptême de la version
o La Tourmente de neige
o Ténèbres sur le pays d'Égypte
o L'Éruption étoilée
o L'Œil votalisé
Pour plus de détails sur la biographie et ses oeuvres ici: http://fr.wikipedia.org/wiki/Mikha%C3%AFl_Boulgakov
Source: wikipedia.org
Publié par Suzan à 16:55:17 dans Portraits d'auteur(e)s | Commentaires (2) | Permaliens
Lu il y a un bout
Avant la nuit de Reinaldo Arenas
Actes Sud, 2000, 448 pages.
Petite description
Reinaldo Arenas eut une vie hors du commun. Une existence de personnage de roman qu'il voua à l'écriture, son combat contre tout ce qui tenta de l'anéantir – répression, bêtise, mort. Du spectre de ces humanités qui façonnent les hommes, il a sans doute revêtu chaque couleur. Une enfance pauvre mais libre avec comme premier souvenir le goût de la terre. L'espoir en la révolution castriste et la déception, les amours homosexuelles, la passion de l'écriture, la censure, les travaux forcés, l'emprisonnement. L'obligation de rester libre pour exister, de ne pas se vendre et, malgré la conscience d'une douleur à venir, cette volonté, plus forte que tout, de quitter Cuba, de se sauver et de se perdre dans l'exil.
Maintenant je vois l'histoire de mon pays comme ce fleuve de mon enfance qui charriait tout sur son passage dans un fracas assourdissant ; ce fleuve aux eaux troubles nous a tous anéantis lentement, les uns après les autres.
[…] Avant la nuit a été adapté au cinéma par Julian Schnabel en 2000. --Hector Chavez
Mon avis
Avant la nuit est l’émouvant témoignage d’un homme, d’un écrivain, d’un être humain qui, par et pour sa différence a payé de sa vie. Né à Cuba, pays sous dictature castriste, Reinaldo Arenas nous raconte les persécutions subies tout simplement parce qu’à Cuba, les écrivains sont rejetés et encore plus s’ils sont homosexuels. L’auteur nous raconte en toute sincérité sans rien omettre ce que subissent ceux et celles qui osent écrire. C’est une histoire bouleversante et j’en suis encore émue car je ne peux m’imaginer qu’encore aujourd’hui de telles intolérances existent. Interdit de dire, d’écrire, de vivre sauf si tu adhères à l’idéologie de Fidel Castro encore au pouvoir depuis trop de temps.
Arenas a écrit son récit en exil car il n’aurait pu autrement mais il n’a jamais oublié son pays, ses amis, ses proches. Cette terre ne l’a jamais quitté et il nous narre autant ses lieux, ses paysages que la discrimination communiste en place. Son témoignage fait mal, bouleverse et atteint profondément. Lorsqu’il décrit ces lieux infectes en prison, ce que les détenus doivent endurer, c’est intolérable. Puis lorsqu’il parle de ses amis, auteurs comme lui, morts dans l’oubli c’est déchirant. Et de ceux qui, pour sauver leur peau, ont accepté ce régime totalitaire exemple : Gracia Marquez!!! C'est incroyable!
Dès les premières pages, les mots d’Arenas nous attirent comme des aimants et malgré des passages durs et difficiles, on ne veut quitter. C’est un témoignage troublant, révoltant mais captivant car écrit avec passion, sincérité et surtout sans censure.
Un livre à lire afin de savoir ce qu’il en est encore aujourd’hui dans un pays dirigé par un régime cruel et totalitaire. Mais aussi un témoignage où l’espoir que tout ça se termine pour la liberté d’un peuple.
Source pour résumé et jaquette : éditions actes sud
Publié par Suzan à 18:47:43 dans Témoignages et faits vécus | Commentaires (5) | Permaliens
Lu il y a un bout
Éditions Fides, 2001
Citation :
L’auteur, avocat, journaliste et professeur situe dans le cadre d’un roman, les événements douloureux survenus aux résidents de la pointe de Forillon, en Gaspésie. Le 22 juillet 1970, 225 familles gaspésiennes apprennent que le gouvernement provincial exproprie leurs terres pour en faire un parc national.
Suivent alors des pratiques incroyables d’expropriations et d’expulsions. Une fois que les citoyens sont chassés de leurs résidences, les maisons, les granges et les dépendances sont brûlées. C’est la consternation générale; la colère puis la révolte éclatent devant tant d’inhumanité. Commence alors une bataille judiciaire sans précédent. [...]
L’auteur écrit : «Tous les faits relatifs à l’expropriation sont historiquement vrais. La chronologie des événements respecte aussi, dans ses grandes lignes, la vérité historique. Certains personnages publics ayant été associés à divers épisodes de cette saga sont identifiés par leurs vrais noms. Ainsi en est-il, par exemple, du juge Guy Dorion, du protecteur du citoyen, Me Louis Marceau… Par respect pour les expropriés, particulièrement pour ceux qui vivent encore, les noms des personnages du roman ont été inventés, même ceux pour qui les tribunaux ont rendu des jugements». (p. 561) : Laval Lavoie
Mon avis
Ouf quelle histoire triste et choquante à la fois. Un complot entre deux paliers de gouvernement pour un Parc!!! Quelle tristesse, quel malheur pour toues ces familles à qui on a tout enlevé. La terre, la maison, la famille…la vie pour certains. Je rage encore après avoir parcouru ce livre. Et quel livre! Non seulement c’est l’histoire racontée telle que vécue mais c’est aussi un exutoire pour l’auteur pour qui ce fût aussi une épreuve difficile.
Je suis native de la Gaspésie et j’aime la nature et tout ce qu’elle nous offre comme beautés. Je suis fière de mon coin de pays et aussi de ses parcs et rivières mais jamais, au grand jamais je serai en accord avec cette façon de faire pour «embellir» un paysage ou s’approprié le bien d’autrui. Ici je m’arrête car cette histoire pour mieux «la vivre», la «sentir» car il vous faut la lire aussi pour bien saisir l’ampleur de cette tragédie. Il vous faut faire connaissance avec ces gens qui ont tout perdus, avec la mère, le fils le vieux pêcheur ne serait-ce que pour leur rendre hommage.
Source : Revue d’Histoire Cap-aux-diamants
Publié par Suzan à 16:21:07 dans Historiques et Uchroniques | Commentaires (2) | Permaliens
Image: fondecrandunet.com
Montage:© Sue2009
Publié par Suzan à 21:23:41 dans Balades en mots et images | Commentaires (11) | Permaliens
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