S’il est une donnée fondamentale de mon être, c’est bien l’attachement viscéral que j’éprouve à l’égard de ma langue, de ma terre et de ma culture. Charles Bertin
Un petit coin pour venir vous jaser de lectures, d'auteurs, de musique, bref, de ce qui me passionne. Entre les lignes, au coeur des mots, les vôtres, les miens tout simplement. Bonne visite.
Merci à Allie pour le bouton Blogue québécois.
Lu il y a un bout
Sonate en fou mineur : Éloi Paré
Edition Guy St-Jean, 2009
Résumé
Pascal est un compositeur doué, rongé par le désir de composer une sonate, un chef-d'oeuvre qui le propulsera au sommet de son art. Pour y parvenir, il occupe plusieurs petits boulots jusqu'à ce qu'il décroche un emploi de rêve : gardien de nuit à l'institut Saint-Martin, un hôpital psychiatrique. Là, dans le silence de la nuit, son inspiration pourra éclore sans entrave, croit-il ; il n'aura plus qu'à la laisser courir sur son piano le matin venu. C'est dans cet endroit étrange, où les couloirs résonnent de bruits lugubres et sinistres, qu'il fait la connaissance de Tristan, un jeune homme interné à cause d'une histoire sordide. Prisonnier de l'hôpital depuis sept ans, celui-ci tente de convaincre Pascal qu'il est sain d'esprit et qu'il doit à tout prix être libéré. Intrigué, le musicien-gardien se fait prendre au jeu des questions que Tristan lui impose. Et chaque nuit, Pascal alimente le jeune homme d'anecdotes banales, tranches de vie sans intérêt, qui pourtant captivent son auditeur. Ainsi s'installe une relation toute particulière où chacun devient indispensable à l'autre. Puis, les récits du gardien prennent une dimension insoupçonnée lorsqu'ils révèlent l'existence d'Agathe Dumas. Pascal devient alors bien malgré lui l'instigateur d'une relation épistolaire entre le patient et la jeune femme, chacun envoûté par l'existence de l'autre. Et c'est parmi tous ces méandres que le compositeur trouvera la « clé » de l'inspiration qu'il espérait tant, à un moment aussi surprenant qu'inattendu.
Une histoire somme toute intéressante. Un compositeur en mal d’inspiration est engagé comme gardien de nuit dans un institut psychiatrique où sont internés de dangereux criminels. Il voit là l’opportunité du calme de la nuit pour se remettre à composer. Il se lit «d’amitié» avec un jeune criminel, Tristan, enfermé depuis sept ans car accusé d’un crime atroce. Notre personnage principal Pascal, va écouter Tristan se raconter et petit à petit l’inspiration va lui revenir basée sur la vie de ce jeune homme. Bien entendu au fil du roman nous faisons connaissance avec d’autres personnages dont Agathe qui interviendra aussi dans la vie de notre Pascal.
Ce n’est pas un mauvais roman pour un premier écrit. Bon style, des phrases courtes bien structurées, un rythme intéressant bien qu’entrecoupé de quelques longueurs mais un bon roman.
Je vous avoue que je n’ai pas été hyper emballée malgré certains passages touchant mon autre passion la musique car je me suis un peu perdue au travers quelques péripéties peu vraisemblables. Par contre, je dois admettre que pour un premier roman c’est tout de même réussi.
Source pour résumé et jaquette :editionguystjean
Publié par Suzan à 16:59:26 dans Autres lectures | Commentaires (2) | Permaliens
Je suis une amoureuse des mots de ce grand monsieur car non seulement il est un excellent auteur mais il a et aura toujours à coeur la langue française et la culture, notre culture, celle qui nous est propre.
« La culture d’un pays, c’est sa façon de s’exprimer, de se décrire lui-même, de se chanter, de se danser, de se voir, de se fêter, de se critiquer, de se comprendre grâce à l’imagination des artistes, et de s’affirmer devant le reste du monde en lui montrant qui il est et ce qu’il est capable de faire. Couper dans la culture, vouloir l’étouffer, la censurer, lui défendre de voyager, c’est empêcher un peuple, à travers ses artistes, d’utiliser son imagination et empêcher l’imagination mène à l’apathie et à l’ignorance. Ou à la seule version du monde d’un gouvernement frileux qui a peur de la subversion. La subversion vient souvent de la culture, c’est vrai, elle est la plupart du temps dérangeante et pas souvent belle, elle dit ou montre des choses qu’on ne veut pas toujours voir ou entendre, mais elle est nécessaire à la vie d’un pays démocratique. Parce que la culture existe aussi pour dénoncer ce qui ne fonctionne pas dans la société et que la subversion soulève des questions que jamais un gouvernement n’oserait poser par peur de se rendre impopulaire et de perdre de précieux votes. La culture a, entre autres, une tâche presque aussi importante que celle d’un gouvernement : dénoncer ce qui va mal. Couper dans le soutien à la culture tout en prévoyant acheter des engins de guerre usagés dont personne dans le monde ne veut est un geste non seulement arrogant et inconséquent, mais aussi une preuve d’ignorance crasse. Essayer de faire taire une partie de la culture d’un pays, surtout celle qui voyage et qui peut faire la réputation de ce pays, sous prétexte d’économies de bouts de chandelle, c’est assassiner ce pays à petit feu ou, du moins, commencer à le pousser vers l’inertie et l’insignifiance. La culture donne un sens à la vie ; pas l’achat d’engins de guerre.
Une fois pour toutes, vive la créativité, le sel même de l’existence d’un peuple, et à bas la censure néfaste et dévastatrice pratiquée par un gouvernement qui veut ne voir prévaloir qu’une façon de penser, la sienne ! »
Michel Tremblay
24 novembre 2008
Discours de l’auteur à la réception de son prix de La Presse et du grand public pour son roman La Traversée du continent au salon du livre de Montréal 2008.
Source pour article: cyberpresse.ca
Montage image : © Sue2009
Publié par Suzan à 17:17:35 dans Balades en mots et images | Commentaires (8) | Permaliens
Les Filles : Lori Lansens Éditions Alto, 2009 Résumé Nées au plus fort d’une tempête dans le sud de l’Ontario en 1974, Rose et Ruby Darlen mènent une vie à la fois exceptionnelle et tout ce qu’il y a de plus ordinaire, entourées de leurs parents adoptifs, oncle Stash et tante Lovey. L’une aime la télé, l’autre le baseball ; l’une se passionne pour les artefacts amérindiens, l’autre pour les lettres et la poésie. À l’approche de leur trentième anniversaire, les plus vieilles jumelles reliées par la tête toujours vivantes entreprennent de livrer le récit de leur existence hors du commun. Au fil de réflexions graves et drôles, d’une justesse émouvante, se dessinent deux destins unis par la fatalité, mais aussi par un amour inconditionnel, plus grand que soi. Lori Lansens nous révèle, à travers leur histoire singulière, une part d’humanité où chacun se reconnaîtra. Ni monstres, ni merveilles, ni phénomènes de foire, Rose et Ruby sont tout simplement « les filles ». Mon avis L’histoire de Rose et Ruby m’a énormément secouée. Non que ce roman soit truffé de détails tristes et hyper larmoyants mais plutôt rempli de leçons de vie, d’espoir et d’amour avec un grand A. Car c’est ainsi que s’aiment ces deux sœurs jumelles craniopages (jumelles conjointes, reliées par la tête). Un fascinant récit de deux êtres hors du commun dont le parcours nous est raconté par une auteure de talent. Ce n’est pas une histoire vraie bien que Lansens nous présente si bien Les Filles avec une belle profondeur qu’on croirait vraiment que Ruby et Rose sont là, à nos côtés. Elles s’aiment ces deux sœurs d’un amour inqualifiable même si elles sont constamment côte à côte. Jamais l’une ou l’autre n’est seule pour lire, dormir, se laver. Elles sont contraintes par la force des choses de toujours partager le même endroit. Et pourtant elles s’aiment bien que différentes. Rose à la parole facile et bien qu’avare de certains de leurs secrets, elle laisse Ruby nous les dévoiler malgré que celle-ci soit plus «introvertie». Au fil des pages on fait la découverte de deux êtres extraordinaires qui, malgré qu'elles ont un cheminement de vie très difficile, trouvent le moyen de trouver de beaux côtés à leur vie pas ordinaire et de vivre, malgré tout leur différence! Un superbe histoire racontée sans voyeurisme, parfois avec humour, sans excès et avec respect et humanité. Un excellent récit qui fait partie de ceux qui ne fait pas que nous raconter mais nous parle profondément. À lire sans modération. Source pour jaquette et résumé : Éditions Alto Alto
Publié par Suzan à 19:31:26 dans Autres lectures | Commentaires (6) | Permaliens
Publié par Suzan à 22:51:00 dans Balades en mots et images | Commentaires (2) | Permaliens
Lu il y a un bout
Danseur: Colum McCann
Belfond 2003
Aussi disponible aux Éditions 10/18
Descriptif
Ébloui par le danseur, attentif à l'homme, séduit par le mythe, Colum McCann fait de la vie de Rudolf Noureev son matériau romanesque. En prenant la liberté de réinventer son sujet, en donnant forme à des destins fictifs, en faisant se côtoyer personnages de son invention et figures publiques, en mêlant événements réels et pure spéculation, il offre un roman poignant, ambitieux, d'une profonde générosité.
Citation
« Quand j'ai commencé à aller au ballet, j'ai été surpris, c'est fantastique comme c'est beau et viscéral. La danse classique est extraordinairement violente, […] mais la danse comme l'écriture sont fondamentales à l'être humain. Nous avons tous le besoin, le désir de raconter une histoire comme nous avons celui de danser. Noureïev cristallisait ce désir profond. » Colum McCann
Mon avis
Qui n'a jamais entendu parler, lu un article ou même vu un spectacle de ce prodigieux danseur Rudolf Noureïev aujourd'hui malheureusement décédé de ce terrible virus: le sida. Sûrement que vous êtes rares à moins d'être nés après 1990. Plusieurs livres, sous forme de biographies, d'albums photo et des milliers d'articles de journaux sont apparus depuis la mort de Noureïev. Mais un livre comme «Danseur» est le seul et unique dans ce genre. Ce n'est pas une biographie. Ce n'est qu'une merveilleuse histoire écrite par un homme dont la passion et l'admiration envers le danseur qu'était Rudolf Noureïev se sont changés en cette forme d'hommage.
Dans ce roman, on assiste au début de Rudik qui, dès l'âge de six ans, dansait pour les soldats russes. On rencontre, tout droit sortis de l'imaginaire de McCann, des personnages autant fabuleux que durs et cruels. Un père qui, ne voulant pas que son fils devienne danseur, le battait jour après jour. Une mère qui, après le succès de son fils ne pu le reconnaître. Sa première professeure de danse, le mari de celle-ci et leur fille. Des amis et des amants, des stars tout comme Rudolf, des rencontres à l'ouest et les malheurs d'un retour à l'est. Bref, une sacrée belle histoire.
Tout m'a plu dans ce livre. La vie de ce danseur fût tout à fait fascinante et la façon que McCann nous raconte ce parcours m'a totalement subjuguée. Un magnifique roman qui, aussi fictif qu'il soit, m'a tellement emporté. Noureëv, La Russie, la misère, la gloire, la déchéance. Tout au long des pages de Danseur, je n’ai cessé de me dire wow, quelle plume, belle et riche. Quel auteur!
Source pour jaquette et descriptif: la Fnac
Publié par Suzan à 16:26:59 dans Autres lectures | Commentaires (4) | Permaliens
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